Bonjour ! Un petit mot avant de commencer à lire : Comme je l'avais dit au Chapitre 1, cette fic fait suite à ma fic "Banal ? Et fière !" (Qui est en cours de réécriture en plus -') et donc la chronologie est différente de l'histoire Rowling. Ne vous étonnez donc pas de lire des choses nouvelles, ou des changements. J'essaye un max de tout vous expliquer petit à petit, histoire que vous n'ayez pas besoin de lire BEF.

Bonne lecture !

Chapitre 10 : Etre là, l'un pour l'autre.

Il n'y avait plus qu'elle et moi. Mamie Hudson me parlait de ses journées, de tous les potins du quartier et de toutes ces choses pas intéressantes que j'ai ratée. Je reste assise par terre devant elle, les bras sur ses cuisses, supportant ma tête.

Rogue ne la coupe pas et je ne l'entends même pas soupirer d'ennui une seconde. Je suis pas certaine qu'il écoute encore, mais je n'en avais rien à faire.

-Et toi ma chérie ? Raconte-moi. Comment ça va à l'école ?

Je me racle la gorge et lance un signe de tête vers Rogue.

-A part ça... rien.

-Toujours pas de petit copain ?

-Mamie. Non.

-Mais, tu...

-Non.

La vieille dame lève les yeux au ciel en souriant. Quand elle me regarde de nouveau je fais de nouveau un signe discret vers Rogue et joue de mes sourcils pour lui faire comprendre que mon petit ami était assis juste là. Elle pouffe de rire et met sa main devant sa bouche pour ne pas se laisser aller dans un rire et intriguer Rogue.

-Ah ? Vraiment ?

La voix taquine de Rogue me fait me tourner vers lui avec étonnement. Les joues de mamie gonflent de rire. Elle doit penser qu'il confirmait mes dires.

-De quoi vous parlez ?

-Je me trompe ? Ajoute le jeune professeur.

Je fronce les sourcils et regarde droit dans ses yeux noirs, sans comprendre.

-Fontfour ?

Je sais qu'il y prend du plaisir. Il a un sourire en coin et ma grimace a l'air d'être le meilleur moment de sa journée.

-Fontfour ? Demande Mamie, qui avais repris son sérieux.

Je plisse les yeux vers Rogue et essaye de lui faire comprendre qu'il devait se taire.

-Ce n'est personne, il plaisante Mamie.

Le rictus de Rogue s'agrandit, mais il n'ajoute rien. Mon attention revient à ma voisine et je lui fais un sourire innocent.

Mamie Hudson avait beau être très ouverte à la magie, elle était assez vieux jeu quand il s'agissait de la romance et de « l'art de courtiser », comme elle l'appelle. Lui dire que j'ai embrassé un gars quand j'étais ivre alors que je dis depuis des années aimer Rogue... Elle va me faire la morale pendant 10 minutes, je la connais.

-Je suis malpoli, Severus, excusez-moi. Je ne vous ai même pas proposé à boire.

Elle s'aide de ses bras pour se lever en s'appuyant fortement sur les accoudoirs. Je me lève rapidement en voyant sa grimace.

-J'y vais, Mamie.

La vieille dame à un sourire en coin et secoue la tête.

-Mais non, c'est mon invité, un hôte se doit de ...

-Je sais, je sais. Je vais le faire. Je vais aussi préparer le diner, t'en dis quoi ?

J'essaye de la pousser doucement dans son canapé, mais têtue comme une mule elle se lève complètement.

-Laisse-moi au moins lui servir un verre, Andréa. Tu me fais me sentir fragile. Et vieille.

-Tu es fragile, Mamie. Tu crois que je ne vois pas tes grimaces ? Tu prends tes médicaments ?

-Ça suffit, Andréa.

Je soupire et décide de la laisser tranquille. Elle est gentille, mais super fière. J'ai depuis longtemps appris qu'il ne fallait pas la chercher, et surtout, la laisser faire.

-Qu'est-ce qu'il vous ferait plaisir, Severus ?

Je la regarde appuyer sur le bas de son dos comme pour le remettre droit. Je me sens très triste tout d'un coup. Je sais qu'elle n'est plus toute jeune... mais j'ai tellement peur de la perdre... J'aimerais tant trouver un truc qui la rendrais éternelle... ou du moins pour qu'elle puisse vivre assez longtemps pour que je puisse partir en même temps qu'elle...

Je sais que c'est impossible... mais l'idée de vivre dans un monde où elle n'est plus là pour m'aimer m'est impossible aussi.

-Un whisky, sans glaçons, une rondelle de citron, je réponds à la place de Rogue.

Mamie Hudson me lance un regard étonné et Rogue fronce les sourcils. Il prend toujours la même chose. Sauf le vendredi soir, où il se prenait une petite bière.

-Un whisky sans glaçons, rondelle de citron, confirme Rogue.

-Bien.

-Et moi ? Tu ne me demande pas ce que je veux boire ? Je lance, faussement vexée.

-Non. Toi tu n'as pas le droit de boire. Tu ne tiens absolument pas l'alcool. Tu ne fais que des bêtises ! Ajoute Hudson, non sans un petit rire moqueur en ouvrant le mini-bar.

Rogue lâche un petit « Peuh » comme pour confirmer et je lui lance un regard noir. Son sourire narquois s'agrandit.

Il s'amuse un peu trop à mon goût.

Mamie Hudson lui apporte son verre et il se lève pour le prendre de ses mains.

-Merci beaucoup.

-De rien mon garçon. Cela faisait longtemps que je n'avais pas servi de whisky de cette manière... Mon mari ne le prenait qu'avec du citron.

Je vois bien que Rogue ne sait pas quoi répondre et il se contente de simplement hocher la tête. Mamie Hudson a l'air perdue dans ses pensées une seconde en fixant le verre, et Rogue se racle la gorge.

-Je... suis désolé pour votre perte, Madame, lâche-t-il enfin.

Cela sort Mamie Hudson de ses souvenirs et elle lui fait un sourire.

-Merci.

Un ange passe et je vois bien que Rogue ne sait pas s'il peut se rasseoir ou s'il doit essayer d'autres formules de politesse. Et Mamie Hudson n'arrêtais pas de le regarder avec un sourire.

-Bon... on se le fait ce dîner ?

La vieille dame hoche la tête.

-Oui, je viens te tenir compagnie dans la cuisine.

Je lui offre mon bras et elle y passe le sien.

-Tu as envie de quoi ?

-De ce que tu pourras bien préparer avec ce qu'il reste dans les placards.

Je lui souris. -Je ferais de mon mieux.

Je m'arrête d'un coup alors que mes poumons se vidaient de leur air. Rogue toussote au même moment.

-Je... vais vous accompagner, décide-t-il, contre son gré.

-Ah... effectivement, 3 mètres c'est pas beaucoup... constate ma tutrice, qui avait vite compris de quoi il s'agissait.

-Non. Malheureusement, non, avoue Rogue.

La cuisine des Hudsons était assez grande. Les meubles était d'un orange vif et une table à manger bleue était entourée de chaises blanches dépareillées. Un banc était installé dans le coin de la cuisine. J'y vois le vieux plaid de Mamie Hudson et un journal visiblement plié à la hâte. Sur la petite table d'appoint à coté était posée une tasse de thé qui avait surement refroidie. C'est surement ce qu'elle faisait quand on est arrivés.

Je pense que Rogue a dû faire une tête bizarre en voyant ce mélange de couleurs, mais surtout en voyant le banc qui avait l'air bien trop confortable pour être dans une cuisine.

-C'est mon mari qui l'a installé là. J'adorais le regarder cuisiner. Et lui s'amusait à essayer de m'apprendre, mais on savait tous les deux qu'il se fatiguait pour rien. Mais c'était notre petit moment à nous deux. Puis c'est devenu un moment à nous trois, ajoute tendrement la vieille dame en caressant doucement mon avant-bras.

-Si seulement. Quand il prenait un couteau de cuisine et que tu étais installée avec ta tasse de thé, je n'existais plus, je rigole.

Mamie Hudson secoue la tête.

-Si tu savais comme ça lui faisait plaisir de cuisiner avec toi, même s'il râlait beaucoup.

Mon cœur se sert au souvenir de Monsieur Hudson. J'accompagne Mamie Hudson jusqu'au banc où elle s'installe, puis montre la table d'un geste de la tête à Rogue.

-Installez-vous, Professeur.

Il ne dit rien et s'assoit, posant son verre sur la table.

Pendant un petit moment, Mamie Hudson me donne des nouvelles de gens que je ne connaissais pas, ou pas bien. Puis la discussion revient sur le monde sorcier. Elle ne s'en lassait jamais.

-Est-ce que le calme est revenu, après tout ce qu'il s'était passé ? Demande-t-elle, pendant que je pose une nouvelle tasse de thé devant elle.

-De quoi tu parles ? Je lui demande, sans comprendre.

-Tu m'avais dit qu'il y'avait la guerre chez vous, avec le... vomdelore ?

-Vomdelore ? soulève Rogue, et j'entends l'envie de se moquer dans sa voix.

-Voldemort, Mamie. Ça va mieux. Rien à signaler depuis !

-Ah, tant mieux ! Je continue de m'inquiéter pour toi malgré tout.

-Je suis en sécurité à Poudlard, ne t'inquiète pas.

Je vous avoue qu'il y'a quelques années, je n'aurais pas été aussi joyeuse à ce sujet. Dans mes premières années à Poudlard, les attaques de mangemorts étaient très fréquentes. Céline a failli être transférée en France pour finir ses études, tant ses parents étaient inquiets.

Mais un jour, le 29 Octobre 1981, quelque chose se passa. Personne ne savait vraiment de quoi il s'agissait ni comment tout s'est réellement passé, mais il n'y avait que deux noms qui resonnait dans la bouche des sorciers quand on parlait de ce jour-là.

Potter et Dumbledore.

La version qui revenait le plus souvent est que Voldemort voulait tuer le petit Harry Potter. Personne ne comprenait pourquoi. Mais ce jour-là, une chose inattendue semblait avoir perturbée Vous-Savez-Qui. Il était dit qu'il était très en colère et que les Mangemorts étaient totalement perdus. Un tas d'attaques avait eu lieu à différents endroits, et beaucoup ont compris que c'était pour faire diversion, pendant que leur maître allait attaquer la maison des Potter.

Mais malheureusement pour lui, Dumbledore l'y avait devancé. Il parait que la rue n'était plus que cris, sorts et cadavres... Mais Voldemort mourra ce jour-là. De la main de James Potter, sauvant ainsi son fils.

Il était aujourd'hui considéré comme un héros.

Je ne l'avais jamais vu, mais à Poudlard il se dit que Severus Rogue le connaissait personnellement et qu'ils n'étaient pas amis. Après, personne n'osait vraiment parler sur le dos de Rogue, de peur qu'il ne l'entende.

Dans tous les cas, le monde magique avait retrouvé une certaine paix, si on oublie la chasse au Mangemorts. Beaucoup était toujours recherchés.

Je retourne à mes pommes de terre quand j'entends la porte d'entrée s'ouvrir. Rogue se crispe sur sa chaise et sa tête se tourne légèrement vers la porte de la cuisine.

-Maman, tu es là ?

Un sentiment froid me traverse la colonne vertébrale. Ma poignée autour du couteau se crispe, mais je ne lève pas la tête et continue de préparer le dîner.

-Sois gentille, Andréa, me préviens Mamie Hudson en se levant. Dans la cuisine, Thomas ! lance-t-elle pour l'homme qui venait d'entrer.

Un homme d'une quarantaine d'années entre et je vois du coin de l'œil qu'il se fige en voyant que sa mère n'était pas seule.

-Ah. Elle est là, celle-là ?

-Thomas, voyons, gronde Mamie Hudson.

-C'est bien, Sherlock, tu arrives encore à voir malgré ton âge, je balance vers le blond.

Thomas était le dernier des enfants Hudson. Il était de corpulence plutôt moyenne, mais avait un énorme bide. Il se laissait pousser la barbe qui n'arrivait pas à s'étaler sur l'ensemble de sa mâchoire, il n'y avait que des petites touffes ici et là, faisant très négligé. Divorcé depuis un moment, il ne venait voir sa mère que quand il avait besoin de quelque chose.

Et il ne peut pas me supporter. Son divorce était tombé le jour où ma lettre de Poudlard était arrivé, et même si lui n'était au courant de rien, tout ce qu'il savait, c'est que son père avait passer ses derniers instants à s'occuper de moi, et non pas de lui.

Et là, je parle de son point de vue.

De mon côté, j'avais bien vu les Hudson l'aider à déménager. L'héberger. L'aider à arrêter de boire. L'aider à trouver un nouveau travail. Garder sa fille.

Mais tout ce dont il se souvient, c'est moi qui lui avait volé ses parents.

Le taré.

-Je vois que tu es toujours aussi polie, on ne t'apprend pas les bonnes manières dans ton internat ? Crache ce dernier.

-Si, mais on m'apprend aussi à ne pas me laisser faire par le premier imbécile venu.

Il ne me répond pas et je me tourne pour le voir fixer Rogue. Puis son regard marron revient sur moi.

-C'est ton gars ? Tu n'as pas honte de le ramener chez ma mère ?

-Les enfants... commencent Mamie Hudson, déjà fatiguée.

- Pourquoi je devrais ? Au moins le mien est présentable... et est là gratuitement.

Il comprend vite mon allusion à ses conquêtes payantes d'une nuit et son visage tourne au rouge. Il s'approche de moi et pointe son doigt vers moi, le touchant presque avec.

-Excuse-moi ? Tu te prends pour qui pauvre conne, tu...

-Ça suffit.

La voix froide et cassante de Rogue résonne dans la cuisine comme un verre qui venait de se briser, nous faisant taire tous les deux. Mais Thomas ne comptait pas se laisser faire par quelqu'un de plus jeune de lui.

-Qui t'as permis de parler, toi ?

-Je n'ai pas besoin de permission. Eloignez-vous d'elle, siffle Rogue et je vois sa main aller vers la poche de son pantalon, où je savais que sa baguette était cachée.

Oh... il... me défend. Je sens mon cœur se mettre à battre rapidement et je n'arrive plus à le quitter du regard. Le sien est braqué sur Thomas, un air agacé dans les yeux.

-Arrêtez !

Mamie Hudson avait ses poings sur les hanches et semblait très en colère.

-Je ne veux pas de ça chez moi ! Si c'est pour avoir ce langage, vous feriez mieux de partir ! Quelle honte vous me faites devant notre invité, je ne vous ai pas élevés comme ça !

Je baisse la tête, bouillant de l'intérieur.

-Désolée, Mamie.

-Pourquoi tu me vires, je suis ton fils ? Demande Thomas, toujours aussi con. C'est elle qui faudrait dégager, elle n'est personne.

Je sais que ça ne devrait pas, mais ses mots me touchent, et pas au bon endroit. J'ai envie de l'étrangler.

-Oh, tais-toi, pauvre idiot. On va dans le salon, allez.

Sans un mot de plus, Thomas sort de la cuisine.

-Je suis désolée pour leur comportement, Severus, s'excuse Mamie Hudson, gênée.

Rogue balaie ses excuses d'un geste de la main.

-Nous vous en faites pas.

Hudson rejoint rapidement son fils, non sans un regard déçu pour moi.

Je lâche enfin le couteau et grimace quand je sens que mes doigts me font un peu mal, à force d'avoir serré le manche. Je marche vers la table où était Rogue, et sans lui demander, je prends son verre et en bois la dernière gorgée. Rogue ne dit rien, mais me lance un regard désabusé quand je dépose le verre vide.

Il ne me demande rien et se contente de croiser les bras.

-Allons-nous rester encore longtemps ?

Je soupire. Je me disais aussi qu'il n'allait pas tarder à en avoir marre.

-On part dès qu'on a fini de manger. Sauf si l'autre tâche décide de rester.

-Bien. Et je ne suis pas là gratuitement. Je paye votre erreur chaque seconde en votre présence.

Mes épaules s'affaissent et je lui donne un regard vide. Il faisait allusion à ma remarque un peu plus tôt. Je viens de me prendre la tête avec l'autre abruti et il en profite pour remettre ça sur le tapis.

-Vous n'êtes vraiment pas sympa.

-Je sais.

Je me tourne sans lui répondre vers ma préparation. Les minutes passent et je ne m'occupe plus de lui, et essaye tant bien que mal d'écouter la conversation qui avait lieu dans la pièce à côté. Mais les Hudsons parlaient à voix basse.

J'étais en train de poser les couverts sur la table, quand Mamie Hudson revient.

-Ça sent bon ici ! Me dit-elle.

Je lui souris et vais vers elle pour la prendre dans mes bras.

-Désolée de m'être emportée. Je ferais attention la prochaine fois.

La vieille dame me caresse le dos et hoche la tête.

- Ne t'inquiète pas ma chérie, je sais que Thomas n'est pas quelqu'un de facile. Et vos caractères ne sont pas du tout compatibles. Je le sais très bien. Bon... on se met à table ?

-Heu... il... reste manger ?

-Non, il est parti. Tu peux respirer, me rassure-t-elle.

Je vous avoue que je suis très soulagée.

Pendant le dîner Rogue ne parle pas et se contente d'hocher la tête quand Mamie lui parlait. Et celle-ci lui parlait beaucoup. Elle lui parle de son passé, de sa scolarité, de ses amies, un peu de son mari aussi.

Et tout le long, j'essayais de voir si Rogue appréciait ce que j'avais préparée. Je sais que c'est idiot, vu comme il ne m'aime pas, mais je me disais que peut-être il y'aurait une chose qu'il appréciait chez moi. Même si c'est quelque chose d'aussi bête qui savoir cuire une patate.

Mais rien. Aucune expression. Il mangeait sans rien montrer et se contentais d'écouter Mamie Hudson.

-Qu'allez-vous faire de votre été, du coup ? Demande-t-elle pendant que je faisais la vaisselle, après le diner.

-Demain, il faut que j'aille voir mes parents. On passera surement les deux premières nuits là-bas. Le 5 nous devons aller au ministère magique, pour essayer de régler ce problème.

Je fais signe vers une corde imaginaire entre Rogue et moi.

-Ensuite on va chez le professeur Rogue. Il m'a promis de m'emmener à la piscine.

Rogue lâche un soupir blasé et laisse tomber sa tête en arrière et se pince l'arête du nez. Quant à Mamie Hudson, et se met à rire franchement de sa réaction et lui tapote le bras d'un geste réconfortant. Elle lui chuchote quelque chose que je n'entends pas et Rogue se remets droit dans sa chaise, avec un regard agacé vers elle.

-Ça m'étonnerait.

La vieille dame ne se formalise pas de son ton, et pouffe de rire.

XxX

Nous voilà de retour chez mes parents. Aussitôt arrivés, Rogue s'était posé dans le canapé, a ouvert sa valise et en avait sorti un livre. Depuis il ne bouge pas.

Je ne sais pas quoi faire. Chez lui il avait ses habitudes et je n'avais qu'à m'adapter.

Ici... je n'en ai pas.

Je me sentais obligée de ... l'occuper, on va dire. De prendre soin de lui, tant qu'il était chez moi. Mais je ne savais pas comment.

-Vous êtes fatigué ? Je demande d'une petite voix, brisant le silence qui s'était un peu trop installé à mon gout.

Le brun ne me répond d'abord pas, puis il lève la tête de son livre.

-Vous êtes moins à l'aise ici que dans mes appartements. Je ne comprends pas.

Je baisse le regard vers mes mains et commence à chipoter avec ma jupe.

-Je... n'aime pas être ici. Je ne m'y sens pas chez moi. Je préfère être chez Mamie Hudson, je lui avoue.

Rogue ne dit rien et retourne à son livre. Il relève la tête une minute après.

-Vous passer tout l'été chez elle, d'habitude ?

Je mets ma tête sur le côté, et attrape une de mes boucles avec mon doigt.

-Heu... oui et non. Je suis souvent chez elle, mais je travaille en ville. Cela fait 3 ans je travaille chez un fleuriste pour pouvoir rembourser mes frais scolaires.

-Rembourser qui ? demande-t-il curieux.

Je ne sais pas s'il s'intéresse sincèrement à ce que j'ai à dire, mais le fait d'être assise là et de bavarder simplement avec lui me fait tellement plaisir. J'ai envie de parler toute la soirée, toute la nuit, juste pour le voir m'écouter comme il le fait en ce moment.

-Mes parents. Vu que c'est moi qui ai insisté pour aller à Poudlard, c'est à moi de payer.

Rogue ne dit rien, et hoche simplement la tête.

-Mes premières années ont été payés par les Hudson. Puis, quand monsieur Hudson est décédé, ce n'était plus possible. Mais je voulais absolument finir ma scolarité.

Hochement de tête.

-Et comme c'est loin, je ne peux pas faire l'aller et le retour dans la même journée. Mon patron m'a donc proposée une chambre au-dessus de la boutique. Gratuitement. C'est un homme très gentil.

Je remarque que Rogue ne me regardait pas directement, mais qu'il avait le regard fixé sur mon doigt qui faisait rebondir ma boucle, encore et encore. J'arrête immédiatement et son regard revient vers le mien aussitôt. Il se racle la gorge.

-Je vois. Je comprends mieux pourquoi vos devoirs de vacances ne sont jamais fait. Le manque de temps, vos problèmes avec la police et votre retard n'aide pas.

Il me fatigue.

XxX

-Mais... vous ronflez.

Je lève les yeux au ciel et laisse tomber la couette que j'avais en main.

-Ce n'est pas vrai ! Je me défends.

Ma chambre ayant été transformé en gymnase improvisé, j'avais proposé à Rogue de dormir dans le salon. Il dormirait sur le canapé, qu'il transformerait en lit, et je dormirais plus loin, par terre.

-Mais à moins que vous soyez prêt à remeubler ma chambre et à bouger le lit de mes parents et à passer 20 minutes à tester si la distance est bonne, nous n'avons pas trop le choix. Et je vous avoue que je suis fatiguée. Je veux juste dormir.

Rogue à l'air de réfléchir à ce que je venais de dire. J'attends un moment qu'il se décide et sourit quand il cède avec un soupir.

Il lève sa baguette et rapidement le canapé devient un lit, et un des fauteuils vola jusqu'à l'autre côté de la pièce et s'aplatit, prenant la forme d'un matelas.

Je me baisse pour récupérer la couette et la donne à Rogue. Puis j'en fais venir une autre pour moi avec ma baguette et m'installe dans mon lit de fortune.

On s'était rapidement lavé chacun notre tour et on n'attendait tous les deux plus qu'une chose : dormir.

-Il faudrait que vous m'appreniez ces sorts, c'est génial. Je pourrais dormir partout.

Rogue ne me répond pas et je le regarde s'installer dans son lit. Il me tourne le dos et se couvre de la couette. Je me couche, le visage tourné vers lui, un sourire au visage.

On va dormir ensemble.

Je ferme les yeux, mon sourire ne quittant pas mes lèvres.

Il est juste la... tout près.

J'ouvre un œil et le regarde encore. Sa respiration se fait de plus en plus régulière.

-Bonne nuit, professeur.

Il ne me répond évidemment pas. Je me couvre mieux de ma couverture quand sa voix me fais sursauter.

-Et je en suis pas « votre gars », Chatterton.

Je ne réponds pas, le sourire aux lèvres.

Bien sûr qu'il l'est.

Je regarde son dos un petit moment, puis je m'endors, le cœur apaisé de la savoir la. J'en oublie même que demain, il rencontrera mes parents.

********message de la bêta ******

Desolé du retard. Mais ma chérie est trop dure avec elle-même. Il n'y a pas tant de fautes que ça. C'est lisible.

Ensuite j'adore ce chapitre. Et je vous avoue... Sur le coup... J'ai eu une grosse frayeur en voyant la date.

Je me suis dit... Mais qu'est ce qu'elle me fait là ? Faut que j'appelle les urgences. Elle a dû avoir une attaque. Mais non c'est juste que vu que cette histoire faut suite à Banale et fière. Elle ne suit pas LA trame originale de Notre déesse à toutes et à tous. Et avec toutes les fanfictions que je lis... Bah j'ai plus calculé.

Personnellement je déteste Thomas. Pas vous ?

XxX

Voilà, j'espère que ce chapitre vous a plu, et qu'il a répondu à certaines de vos questions. Un grand merci à LeReverbreBlue pour sa review en invité, je suis ravie que ca te plaise!

Passez une belle semaine, prenez soin de vous, on se lit dimanche !

S.