Bonjour à tous et bienvenue dans ce 9ème chapitre ! Je m'excuse pour la publication qui a cafouillée hier soir, en effet il semblerait que le chapitre n'apparaissait pas correctement. J'espère que le problème sera réglé à présent !
Alors que Legolas et Eldarion se querellaient dans la chambre de ce dernier, Thranduil fit son entrée bien que mortellement blessé pour révéler qu'il l'avait vu de ses propres yeux : ce n'était pas son fils qui était allié à Sauron, mais quelqu'un que tous devraient craindre…
Comme d'habitude merci à tous ceux qui lisent, commentent ou suivent cette histoire !
CHAPITRE 9
" On veut la liberté aussi longtemps qu'on n'a pas la puissance ; mais si on a la puissance, on veut la suprématie. "
- Friedrich Nietzsche
Nord d'Eryn Lasgalen, 15 mai 120 du Quatrième Age
Sous les premiers rayons du soleil levant qui baignaient le nord d'Eryn Lasgalen d'une lumière fraiche et rosée, le cycle de la nature reprenait son cours, comme tous les matins. Les oiseaux se levaient et chantaient, les fleurs ouvraient leurs pétales éclatants sous la rosée et la rivière enchantée reprenait son cours, laissant dévaler son eau pure entre les arbres et les rochers, tout comme le sang de Thranduil dégoulinant de sa blessure…
Si l'éveil de la forêt était un spectacle époustouflant à ne pas manquer où la sérénité régnait, elle habitait pourtant en son nord une petite chambre dans un somptueux palais souterrain où la sérénité semblait avoir disparue.
En effet après avoir révélé l'innocence de son fils, le grand roi des lieux avait manqué de s'évanouir à plusieurs reprises suite au coup mortel qu'il avait reçu de la main d'un Orque venu détruire sa cité. Il lui fallait des soins au plus vite et les trois hommes présents dans la pièce le savaient, mais l'heure était trop grave et Thranduil n'avait pas fini de tout révéler à Eldarion au sujet de l'avancée de sa quête. Ainsi Legolas, le sang bouillonnant d'inquiétude, installa son père sur le lit modeste qui trônait au milieu de la pièce arrachant au roi quelques plaintes refoulées. Puis de ses délicates mains, le prince tenta de panser à nouveau la blessure du plus âgé pour que le sang qui coulait à flot cesse de s'échapper de son corps en souillant les draps blancs d'une couleur vivement mortelle.
Voyant son père d'habitude si fort et intouchable dans cet état sembla briser Legolas, qui après avoir arrangé sa profonde blessure, le regarda avec des yeux si tristes et sincères que personne ne doutait plus de l'amour au premier abord indéterminable qui liait en réalité les deux Elfes gris. Alors que Thranduil tentait de lutter contre les vertiges qui l'emportaient suite à la quantité de sang qu'il avait perdu, il ferma les yeux quelques secondes afin de reprendre ses esprits. Néanmoins sa souffrance était si visible sur les traits crispés de son visage illuminé par le soleil que Legolas voulu y porter sa fine main pour tenter de rassurer son père d'une caresse, mais se ravisa au dernier moment avant que ses doigts ne touchent leur cible, montrant à quel point le prince était contrôlé par une retenue qu'il avait du mal à oublier. En effet depuis que les deux Sindar avaient perdu la femme de Thranduil, ils étaient tous deux bercés d'un deuil inoubliable qui avait fini par ronger le roi, quitte à parfois manquer de tact paternel avec son fils, fait qu'ils regrettaient tous deux du plus profond de leur cœur.
Eldarion, qui assistait à cette scène en retrait suite à sa dernière discussion mouvementée avec Legolas -ou peut-être à cause de l'intimité qui ressortait des deux sylvains- se tenait contre la porte par laquelle Thranduil avait fait son entrée quelques minutes plus tôt, les jambes tremblantes et l'esprit brouillé suite à tous ces derniers évènements. En observant le comportement du blond envers son père, il se souvint à présent que Legolas n'avait jamais osé lui parler du roi des Elfes lorsqu'ils étaient si proches et il comprit pourquoi… la relation qui les liait devait être si difficile à exprimer ou même à comprendre que personne ne pouvait l'expliquer, même eux.
Alors que le roi du Gondor songeait profondément à cet amour incompréhensible, Thranduil se redressa sur son lit en gémissant et fixa de son regard embué mais toujours imposant le brun qui se tenait avec mal contre l'encadrement de la porte.
- Vous êtes le fils d'Elessar, n'est-ce pas ? commença le roi d'une voix se voulant forte, mais qui cachait les remontées de sang qui parvenait jusque sa bouche. Je l'ai su à l'instant où je vous ai vu… vous lui ressemblez d'une façon évidente.
Eldarion releva son regard de corbeau vers Thranduil tout en fronçant les sourcils. Il était surpris de cette comparaison, comme si son père et le roi était de bons vieux amis. C'était peut-être le cas après tout, il n'en avait aucune idée… Décidément Aragorn lui cachait encore bien des mystères, même de l'au-delà.
Néanmoins ce n'était pas le moment pour Eldarion de discuter de futilités. Le roi Elfe était de plus en plus mal en point et il fallait qu'il explique à Eldarion clairement toute la situation pour qu'il puisse continuer de mener sa quête, avant qu'il ne soit trop tard. Ainsi le brun reprit de la constance et se dirigea d'un pas rapide et confiant vers Thranduil, allongé, pour lui faire face d'un regard déterminé tout en s'agenouillant à sa hauteur.
- Aran nìn ( mon seigneur ), je sais que vous êtes souffrant mais il faut pour le ressort de la Terre du Milieu que vous répondiez à mes questions. Si ce n'est pas votre fils, qui est donc du côté de Sauron ?
A ces mots lui semblant douloureux, le roi dirigea son regard vers la seule petite fenêtre qui prenait place dans la chambre, de laquelle on pouvait distinguer les arbres se développer harmonieusement sous le soleil. A la vue de cette forêt, de sa forêt, le roi sut qu'il devait venir en aide à Eldarion au plus vite pour que son peuple et toute la Terre soit sauvée. Toujours le regard fixé sur ses arbres, il prit un souffle de nostalgie mêlée à de la peur maitrisée et commença son récit.
- Depuis quelques mois je sentais que la forêt tentait de me faire passer un message lorsque je me promenais dans les bois. Je sentais que l'ambiance et l'air étaient différents… mais malheureusement je n'ai compris ce message que trop tard. En effet il y a quelques semaines j'ai reçu un message de Celeborn me demandant de me rendre en Lórien Orientale le plus rapidement possible pour parler d'une urgence. J'y suis donc allé le jour même et plus je descendais dans la forêt, plus je sentais une ombre maléfique s'intensifier. Lorsque je suis arrivé dans sa cité, Celeborn m'a avoué que depuis quelques temps sa partie au sud-est de la forêt commençait à mourir d'un mal étrange, sans aucune explication. Il avait alors envoyé une patrouille pour s'enfoncer un peu plus dans la forêt et tenter de trouver quelle était la raison de ce mal, mais malheureusement personne n'en était jamais revenu. J'ai donc décidé de m'y rendre seul durant la nuit pour tenter de comprendre la situation. Plus je suivais la trace des arbres malades et plus ces derniers perdaient leurs feuilles et pourrissaient… je pouvais sentir leur souffrance à travers tous mes os frissonnants. Puis finalement en m'enfonçant de plus en plus à travers cette ombre, j'ai fini par arriver à la colline surmontant les ruines de Dol Guldur et ce que j'y ai vu était au-delà de toute imagination.
A l'évocation du nom de Dol Guldur, toute la petite chambre se plongeât dans le silence quelques instants. Tous savaient ou se souvenaient du rôle joué par ce lieu maudit durant les guerres précédentes lorsqu'il était le siège du Nécromancien. Thranduil lui-même avait combattu lors de ces guerres au front, dont il n'était jamais sorti indemne…
Le roi tenta de calmer les tremblements incontrôlables qui s'éprenaient de plus en plus de son corps sous les yeux inquiets de son fils et reprit sa narration.
- Se trouvaient en ces ruines d'immenses armées d'Orques, toutes plus nombreuses les unes que les autres et menées par une Magicienne dont je n'avais jamais appris l'existence. De peur que sa magie noire ne me repère, j'ai dû faire à contre cœur marche arrière pour avertir Celeborn de ce qu'il se préparait sur son territoire. Nous avons cherché parmi tous les vieux parchemins une trace de l'existence de cette Sorcière, mais même après des mois et des mois de recherche, nous ne trouvions aucune trace, aucune ligne parlant d'elle. Sûrement avait-elle pris bien soin de se cacher jusqu'alors. Nous aurions aimé pouvoir la combattre, mais ses armées étaient si nombreuses et personne n'aurait accepté de nous croire ou nous aider…
Plus Thranduil continuait ses explications, et plus Eldarion voyait le corps de Legolas lâcher prise, s'écroulant de plus en plus au sol à côté du lit dans lequel son père reposait, semblant détruit par les révélations au sujet de sa forêt et de son peuple qui se retrouvaient en si grand danger. Son père était l'un des guerriers les plus courageux et les plus aguerris. S'il n'avait pas pu combattre cette Sorcière, alors personne ne le pouvait.
- Adar ( père ), pourquoi ne m'avez-vous pas appelé lorsque vous sentiez qu'un mal abritait notre forêt ? J'aurais pu venir vous aider…
Tandis que le prince semblant si vulnérable pour la première fois de sa vie baissait ses yeux d'un bleu éteint vers le plancher, Thranduil se retourna vers lui d'un air bienveillant qu'on ne lui connaissait que très peu.
- Je ne voulais pas m'immiscer à nouveau dans ta vie hên nìn ( mon enfant ) ... C'est toi qui avait choisi de t'en aller il y a longtemps, c'était à toi de choisir quand rentrer.
Les paroles si sincères du roi semblèrent toucher profondément Legolas, qui n'était en rien au courant des révélations de son père. Mais sa force de caractère faisait que le prince restait d'apparence stoïque, comme si cela ne le touchait point. Or à l'intérieur, une rivière de sentiments contradictoires s'échappait en lui. Il est vrai que Legolas avait songé à revenir auprès de son peuple depuis quelques années… depuis quinze années précisément, lorsqu'il avait appris qu'il ne verrait sans doute plus jamais Eldarion. Pourquoi rester à Fondcombe si plus personne n'était là pour lui ? Sans doute avait-il toujours gardé espoir que son ami revienne un jour lui rendre visite et avait donc décidé de rester. Ou peut-être était-ce par peur de se confronter à son père qu'il n'avait pas vu depuis tant d'années et qu'il regrettait toujours d'avoir quitté après la bataille des cinq Armées. « Je ne rentre pas », les simples mots mais lourds de conséquences qu'il avait offert à Thranduil lorsqu'il lui annonça qu'il ne souhaitait plus vivre à ces côtés et mener une nouvelle vie. « Je ne rentre pas », de simples mots qui ont hantés les deux Sindar depuis tout ce temps.
Voyant que son fils tentait de garder la tête haute face à la découverte d'une si grande affaire sur son peuple qu'on lui avait cachée, Thranduil sembla prendre conscience de son erreur. Il avait toujours pensé que son fils ne voulait plus entendre parler de Mirkwood depuis qu'il avait décidé de partir, mais finalement peut-être en était-il autrement.
Eldarion, conscient de la prise de conscience des deux Elfes ne voulait pas s'immiscer encore plus entre eux, mais sa soif de réponse était telle qu'il porta sa main sur l'épaule de Thranduil pour que ce dernier se retourne vers lui et reprenne le cours de la réalité, tout en continuant ses explications. Le roi comprit l'empressement et l'urgence de l'autre, et termina son récit tout en se promettant de remettre à plus tard sa discussion avec son fils.
- Néanmoins un jour, j'avais décidé de retourner à Dol Guldur pour voir si les choses avaient évolué et lorsque je suis arrivé au sommet de la montagne, de nombreux Orques et la Magicienne avec eux étaient partis. Plus tard j'ai appris grâce au retour de mon fils parmi nous que cette disparition correspondait avec la date de l'attaque de votre cité, Eldarion. C'est ainsi que j'ai été certain de l'obscurité de cette femme. C'est elle qui a dû voler votre pierre de vision avant que La Guerre du Gondor n'éclate, elle aurait pu entrer dans la salle du trésor sans aucun problème grâce à sa magie et ainsi réveiller l'esprit de Sauron qui dormait profondément enfoui dans le palantír pour s'allier à lui… Après ces évènements en revenant à Dol Guldur, la Sorcière avait sans doute souhaité ne prendre aucun risque en tentant d'attaquer notre peuple se situant sur son chemin, nous qui aurions pu savoir qu'elle avait élu domicile au sud-est de notre territoire. Mais déjà affaiblie par le Gondor, nous avons réussi à la repousser. J'espère qu'elle n'a pas ensuite tenté de s'en prendre à Celeborn…
Les révélations de Thranduil enfin achevées, Eldarion qui avait passé les deux derniers mois à tenter de démêler toute cette situation aurait dû se sentir libéré d'un poids immense, comme s'il n'avait plus à porter le monde sur ses épaules. Mais au lieu de cela, son esprit sembla s'envoler vers un autre monde, se détachant de son corps qui restait sur place en tremblant, tel un mort vivant. Cela faisait deux mois que le nouveau roi passait ses journées et ses nuits à cogiter au sujet de la mort de ses parents et du mal revenant en Terre du Milieu, deux mois que son cœur était déchiré suite à sa relation semblant sombrer avec le prince Elfe, deux mois qu'il semblait mener une vie qui n'était pas la sienne.
Transporté ainsi dans un autre monde, Eldarion ne comprenait plus rien à ce qu'il se passait autour de lui. Ainsi il ne se rendit pas compte que le roi des Elfes avait été pris de convulsions et pertes de sang incontrôlables. Il ne vit pas à quel point Legolas semblait mortifié et tentait de calmer son père. Il n'entendit pas non plus ce dernier lui hurler d'aller alerter les gardes et les guérisseurs. Il ne comprit pas pourquoi soudainement tant de monde était entré en panique dans sa chambre ni pourquoi le roi baigné de rouge avait été évacué suivi de tous, sur un brancard fait de bois robuste… non il ne voyait plus rien, il n'entendait plus rien, il ne comprenait plus rien. Tout ce dont Eldarion était conscient à présent est le vide qui l'entourait, les draps autrefois blancs à présent tachés de sang lui faisant face et les paroles de Thranduil qui résonnaient dans sa tête. « C'est elle qui a dû voler votre pierre de vision avant que La Guerre du Gondor n'éclate ». C'était cette femme, cette sorcière qui avait détruit sa cité, son peuple, ses parents… et à présent Eldarion n'avait qu'un but : la détruire à son tour, pour venger toutes les pertes qu'elle avait causées, toutes les pertes qui avaient détruit son cœur à jamais.
Vous êtes arrivés à la fin de ce chapitre, révélant l'existence d'une Sorcière Noire qui aurait souhaité s'allier à Sauron dans le but de s'emparer de la Terre du Milieu et réveiller l'âme du Maia enfouie dans le Palantír.
Merci pour votre lecture, et prenez soin de vous !
-Valentine822
