Notes : Je suis toute emoustillée de publier ce chapitre qui marque un tournant de l'histoire, j'en sautillerais presque d'impatience en attendant vos reviews, mais bon, j'suis dans un bar dans la magnifique ciudad de Salta alors je vais me calmer un peu. C'est dingue de voir que lorsque la fic est reviewée, suivie et aimée, ça donne envie d'écrire. J'ai grave carburé pour écrire ce chapitre et ma bêta l'a corrigéà la vitesse de la lumière comme toujours. Certaines de vos demandes ont été étudié avec soin et constamment j'apporte quelques changements à l'histoire en suivant vos avis et vos commentaires... alors voilà, j'espère que cela vous plaira.

Merci encore à vos reviews et à mes fidèles lectrices qui j'en suis sûre se reconnaitront. Besos.


Chapitre 10

Les pneus de la Bmw grise crissèrent sur le bitume et Mei, malgré sa ceinture de sécurité, fut obligé de mettre une main sur le tableau de bord pour atténuer l'arrêt plus que brutal. En face d'eux, à environs cinq cents mètres se tenait l'immeuble.

Il était situé au centre d'une résidence de luxe surveillée 24h sur 24 par une société de gardiennage. La résidence avait une superficie d'environs 5 hectares en comptant les services à la communauté comme le cours de tennis ou la piscine couverte et découverte. Bref, une résidence pour les bourgeois et les retraités effrayés par la violence grandissante des rues de Yokohama.

Akihito jura mentalement devant tant de bigoterie et de peur mal placée : cela allait lui compliquer la tâche mais ne l'empêcherait pas de pénétrer en ces lieux.

" Il y a des caméras de surveillance un peu partout, sans compter les rondes des vigiles et les codes à l'entrée de chaque portes.

_ Rien d'insurmontable, répliqua Akihito d'une voix sèche.

_ En effet monsieur."

Alors que le thaïlandais sortait son matériel informatique, Akihito passa à l'arrière et enfila un pantalon et un tee-shirt noir. Il passa son holster l'arrimant bien à son torse et fourra ses deux flingues dans leurs étuis. Il enfila ensuite sa veste en cuir noire et entreprit de fixer à ses hanches et à ses cuisses le matériel nécessaire à son intrusion en toute discrétion.

Il repassa à l'avant et son homme de main lui tendit son micro qu'il fixa autour de son cou et à son oreille. Puis il se saisit de sa cagoule noire et l'enfila sans plus de cérémonie.

" Ces lunettes sont reliées à l'ordinateur, lança Mei en lui tendait une paire de lunette, je vous indiquerais sur votre vision les ondes thermiques, les points d'intérêts et les caméras de surveillance.

_ Bien."

Sans plus attendre, il sortit de la voiture à la faveur de la nuit et courut rapidement jusqu'au mur d'enceinte de la résidence. Les lunettes activées, il ne décelait aucune présence humaine à ses côtés.

" Test micro, Mei tu m'entends ?

_ Affirmatif monsieur.

_ Calcule les rondes des gardiens et marque moi sur la vision l'endroit le plus sûr pour escalader le mur d'enceinte.

_ Tout de suite."

Il devait déjà l'avoir préparé car cela ne mit que quelques secondes pour que Akihito ait en vue le point d'intérêt. Il se déplaça de quelques mètres sur la droite, il sortit son grappin et le fixa. Le mur ne faisait qu'environ six ou sept mètres de haut et cela ne lui prit pas longtemps pour l'escalader. Il évita soigneusement les barbelés et récupéra son matériel.

Il vérifia ensuite que la voie était libre et sauta dans le jardin magnifiquement bien dessiné de la résidence. Ses buissons et bosquets, lui jouant des tours car grâce à eux il se dissimula parfaitement bien des gardes et des caméras.


L'homme rampa dans la cellule qui lui avait été attribué, il se hissa tant bien que mal sur le lit de fer et se coucha sur la paillasse sale et humide de crasse. Il aurait voulut tousser mais sa gorge était trop sèche pour cela, il se contenta de passer sa langue sur ses lèvres gercées.

Il ne savait décemment pas depuis combien de temps il était enfermé mais son mental était toujours là. Il avait peut être eut une enfance heureuse dans une banlieue résidentielle du Japon mais, à ses seize ans, il était parti. Il avait connu les bas-fonds des sombres mégalopoles, il avait connu la violence, il avait expérimenté les plus mauvaises choses.

Ça n'allait pas être deux mois voir trois d'emprisonnement et quelques mauvais traitements qui allaient le casser, il était le chef du plus gros réseau mafieux du sud-est de l'Asie, il était Amasawa Yukimura, le chef de la mafia de Singapour.

La porte grinça en s'ouvrant, laissant découvrir un Mikail Arbatov d'apparence joviale, accompagné comme toujours de Iouri Arbatov.

" Tiens ? De la visite !, lança Yukimura en s'asseyant difficilement sur le lit, c'est trop d'honneur.

_ Tu ferais bien de ne pas trop faire le mariole Amasawa, cela pourrait te jouer des tours, répliqua Iouri.

_ Quels tours ?, rigola Yukimura, franchement, je ne vois pas ce que je pourrais craindre de toi."

La réplique se fit immédiatement sentir et la tête de Yukimura partit sur le côté. Il cracha le peu de sang qu'il avait dans la bouche et se tourna de nouveau vers les russes sans qu'aucun signe sur son visage ne montre qu'il ait eu mal.

" La folie est un trait de caractère des russes ou n'est-il propre qu'à vous deux ?, demanda innocemment Yukimura.

_ Tu vas mourir, se contenta simplement de répondre Mikail, tu vas mourir pour avoir osé porter les mains sur Feilong.

_ Ainsi c'est pour cela..."

Yukimura secoua la tête de dépit devant l'air enflammé du russe. Apparemment sa passion semblait dévorante et lui enlevait une bonne partie de ses facultés de penser. Un homme amoureux, fou amoureux malheureusement.

" Tu mourras devant lui, en sachant qu'il sera mien ensuite, continua le russe.

_ Feilong ne se donnera jamais à toi, murmura le frère d'Akihito avec hargne.

_ Inutile qu'il se donne, je souhaite juste qu'il m'appartienne, répliqua Mikail dans un sourire.

_ Tu le tueras alors. Feilong n'appartient à personne.

_ Je préfère le voir mort que entre tes bras."

Le chef de la mafia du sud-est serra les dents et cracha.

" Tu es taré Mikail."

Le russe haussa les épaules et se tourna vers Iouri.

" Nous retournons à Tokyo demain. Fais en sorte, mon frère, de l'empêcher de faire du grabuge pendant le voyage."

Iouri Arbatov sourit en se faisant craquer les doigts et en s'approchant du mafieux. Yukimura serra les dents en le regardant s'approcher, plaquant sa langue contre son palais il attendit le premier coup.


Asami parcourut rapidement le dossier Stanislas Illianov et serra les dents de rage devant les découvertes de ses hommes. Le dossier claqua lorsqu'il le referma et sans s'en rendre compte il repoussa le chinois qui essayait de sortir depuis une bonne demi-heure.

Feilong se hérissa comme l'aurait pu faire un chat lorsqu'Asami le propulsa pour la seconde fois de la soirée dans le canapé. Ils avaient finalement décidé de quitter le Shion et le yakusa avait emmené Feilong dans son propre appartement.

Le leader du Baishe se redressa aussi sec et cracha.

" Je ne resterais pas ici une seconde de plus ! Laisse-moi partir Asami !

_ Non."

Simple, court, net et précis. Cela aurait peut-être pu impressionner un enfant mais pas un mafieux, pas lui, pas Feilong, il se dirigea rapidement vers la porte qu'il tenta d'ouvrir en vain. Il ne sentit pas le yakusa arriver par derrière et le jeter une troisième dans le canapé, tordant son épaule douloureusement malmenée précédemment par Akihito. Il grinça des dents et fusilla du regard l'homme en costume trois pièces.

" La porte est fermée à clef Feilong, et même si par hasard tu réussissais à l'ouvrir, il faudrait te débarrasser des gardes à l'entrée de l'appartement et de ceux de l'immeuble pour espérer pouvoir partir.

_ Va te faire foutre !, hurla Feilong sur les nerfs.

_ Et ensuite tu ferais quoi ? Tu irais chercher Yukimura ? Et où ? Comment ? Hein !

_ Je... je... il faut que j'y aille ! Asami tu ne comprends pas : je DOIS y aller !"

Feilong s'était relevé et se pendait à présent au veston du yakusa, lui hurlant à la face les larmes aux yeux.

" Pourquoi Feilong ?

_ Parce que... je... je ne lui jamais dit... que je l'aime !"

A ses mots les deux hommes se séparèrent et se dévisagèrent en chien de faïence. Asami semblait surpris par la tournure prise par la conversation et Feilong était étonné que de tels mots aient pu sortir de sa bouche. Il laissa retomber ses bras le long de son corps mais répéta comme pour en être sûr.

" Je l'aime bordel ! Je l'aime et je ne peux pas rester ici à ne rien faire alors qu'il court le risque de mourir. Tu ne peux pas comprendre, rajouta-t-il d'une voix aigre et accusatrice.

_... Si... je comprends.

_ N'es-tu pas inquiet Asami, continua le chinois d'une voix douce, n'es-tu pas inquiet pour Akihito ?

_... je le suis, révéla le yakusa du bout des lèvres.

_ Alors pourquoi l'avoir laissé partir ! Pourquoi ne l'avoir pas retenu ici ? Pourquoi ne lui as-tu pas dit que tu tenais à lui ?

_... parce que...

_ Parce que quoi ? Tu es un handicapé des sentiments Asami ! Lui as-tu seulement dit une seule fois que tu l'aimais ?

_...

_ Je tiens à Yukimura, je l'aime, et je ne veux pas le perdre. Je ne veux pas le perdre, répéta-t-il, tu comprends ?"

Oui il comprenait, mais entre le comprendre et le dire il y avait un monde pour lui. Feilong s'était laissé retomber sur le canapé et Asami le regarda fermer les yeux pour intégrer ce qu'il venait lui-même de dire.

Oui il était inquiet, oui... pour sans doute la première fois de sa vie il regrettait son acte. Akihito l'avait protégé. Il s'en voulait d'avoir rejeté ainsi son amant. Oui, Akihito lui manquait et oui il voulait plus que tout le protéger de tout son être. Il se saisit de son portable.

" Kirishima, sors la voiture nous sortons.

_ Bien monsieur."


Akihito se dissimula en vitesse derrière une colonne. Un vigile ignorant de sa présence passa devant lui, discutant sans doute avec sa femme au téléphone. Patiemment Akihito attendit puis se dirigea vers la gauche en direction de l'immeuble 7. Il y parvint assez rapidement.

" Mei, je suis à 100 mètres de la porte de l'immeuble, craque le code.

_ Code craqué dans dix secondes.

_...

_ Neuf, huit..."

Akihito se mit à courir, veillant à ne pas se faire prendre par les caméras de surveillance. Au dernier instant il roula sous un bosquet évitant un garde. Il contrôla son souffle.

" Merde...

_... Cinq, quatre..."

Il rampa sur quelques mètres et se releva pour mieux foncer vers la porte, priant pour que le vigile ne se retourne pas.

"... Deux, un."

Il poussa la porte au même instant qui dans un clic discret s'ouvrit. Il se jeta immédiatement sur la droite, passant discrètement sous la caméra de surveillance et prit l'ascenseur qui n'était pas pourvu de caméra pour la 'discrétion' de ses résidents.

" Sixième étage monsieur, sur la droite ensuite appartement 3.

_ Ok Mei."

Akihito se détendit grâce à la petite musique d'ambiance de l'ascenseur, faisait rouler ses muscles sous son tee-shirt moulant. Les portes s'ouvrirent et Akihito se dirigea tranquillement vers l'appartement 3. Il sortit ses flingues et les arma de silencieux.

Puis une fois devant la porte, il toqua discrètement et mit le canon de son revolver face au judas. Il entendit baragouiner en russe mais n'y prêta pas attention. A l'instant où il vit une ombre se profiler devant la porte, il tira. Deux coups ensuite, un pour faire sauter la serrure, un pour détruire la sécurité et il entra refermant la porte d'un coup de pied.

Il enjamba ensuite le corps au sol prenant soin d'éviter la cervelle répandue sur la moquette et soupira en entendant, les russes alertés par le bruit de chute se précipiter sur lui. Bien, se dit-il, surtout, éviter de tous les tuer. Il refroidit néanmoins, sans scrupules, les premiers qui venaient dans sa direction : les chefs ne se jettent jamais en première ligne.

Puis, se sentant charitable, il se contenta de tirer dans les bras et les jambes des autres. Il fouilla ensuite rapidement l'appartement, sécurisant l'endroit. Il ramena les cadavres dans les chambres et prit soin de ligoter les trois russes survivants dans la pièce la plus éloigné du couloir. Tout cela ne lui avait pris qu'une poignée de minute à peine.

Il trouva du scotch et s'en servit pour les bâillonner. Il se saisit ensuite d'une chaise qu'il retourna avant de s'asseoir dessus. Il regarda un instant les trois russes qui, malgré la douleur de leurs blessures, le fixaient avec hargnes.

" Bien le bonsoir messieurs, désolé de vous déranger en cette nuit particulièrement douce. Et pour la gêne occasionnée, la mort de vos hommes et tout ce que je vais vous faire subir, je m'en excuse d'avance. Bref... Première question : savez-vous qui je suis ? Vous pouvez hocher simplement la tête."(Mimosa : J'adore cette partie. Je l'ai relus au moins cinq fois, va savoir pourquoi. J'ai des coups de cœurs irraisonnés)


La berline noire d'Asami filait rapidement sur l'autoroute en direction de Yokohama. Les deux hommes étaient silencieux à l'intérieur. L'un se rongeait les sangs sur le sort de son amant tandis que l'autre... eh bien à peu près la même chose.

" Que sais-tu Feilong ?

_ Ils ont parlé d'un immeuble dans une résidence de luxe."

Asami se saisit de son portable et appela ses informateurs. Il discuta un moment avec eux puis se tourna de nouveau vers Feilong.

" Rien d'autre ?

_ Euh... non... si ! La résidence a un parking souterrain contrôlé par des caméras de surveillance.

_ Tu as entendu ?, demanda Asami à son homme.

_ Oui monsieur, j'ai fait une rapide recherche en entrant ces paramètres... et... je trouve deux résidences qui répondent à ces critères... en fait, il y en a plus mais il n'y a pas de...

_ Et donc ?, le coupa Asami d'une voix sèche.

_ Euh oui... eh bien, elles se situent au nord de Yokohama. Dans les hauteurs de la ville, je commencerais par là si...

_ Tu nous accompagnes.

_ Moi, mais je ne suis pas vraiment...

_ Dans vingt minutes au point de rendez-vous, coupa court Asami."

Il raccrocha aussi sec sans lui laisser le temps de répondre et commenta à Feilong.

" Ces rats de labo... de vraies petites fouineuses mais sur le terrain, ils sont nuls.

_ Pourquoi l'emmener alors ?

_ Il sait où se trouve les résidences et d'après ce que tu m'as dit Akihito semble posséder un équipement de pointe, il ne sera pas de trop.

_ Si tu le dis, soupira le chinois en se renfonçant dans son siège."

Comme prévu, vingt minutes plus tard l'homme, un certain Shôta Junyshiro attendait bien au coin de la rue, droit comme un piquet, transpirant la peur par tous les pores de sa peau. Feilong retint un sourire en le voyant prendre place dans la berline avec difficulté, essayant de charger son matériel en toute douceur.

Il prit place sur le siège avec un "Asami-sama" et un regard pour lui chargé de respect. Il ouvrit rapidement son ordinateur portable et pianota quelques instants avant de s'adresser directement au chauffeur.

" La première résidence est à environ deux kilomètres vers le nord. Tournez à gauche à la prochaine."

Kirishima hocha simplement la tête et suivit les instructions de l'informateur. Dix minutes plus tard il arrivait enfin en vue de la première résidence. Ils firent un tour au alentour, l'œil aux aguets avant que Feilong ne se colle à la vitre d'excitation.

" La BMW grise, là, là ! C'est la voiture d'Akihito j'en suis sûr !

_ Kirishima, fais le tour et gare toi derrière, discrètement, lança Asami.

_ Bien monsieur, répondit l'homme de main en s'exécutant."

La berline passa devant la voiture garée au coin de la rue discrètement, elle passa le carrefour et fit une boucle pour se garer derrière. Mei sursauta en voyant les phares illuminer pendant un instant son rétroviseur et l'habitacle.

Il pesta entre ses dents sur le mauvais sort qui semblait s'acharner contre son boss, il déposa sur le côté son matériel et sortit de la voiture les mains en vue puisque Kirishima le tenait en joue.

" Asami-sama et Feilong-sama, que me vaut l'honneur de cette visite impromptue."

Akihito serra les dents en entendant la voix de son homme de main résonner dans ses oreilles. Asami et Feilong étaient là apparemment. Il se retint de jurer tout haut devant leur entêtement à lui compliquer la vie et essuya le couteau maculé de sang sur la chemise de sa victime.

" Feilong a grandement insisté pour venir porter secours à l'homme de sa vie, annonça Asami d'une voix sarcastique s'attirant les foudres du chinois.

_ Grand bien lui fasse, répliqua le thaïlandais sans même sourciller, mais mon patron avait précisé qu'il ne voulait pas que vous fouiniez dans ses affaires.

_ Personne, pas même Akihito ne me dicte ma conduite, sache le Maliwan.

_ Je...

_Vous là ! Mains en l'air ! Et posez votre armes à terre !"

Un vigile plus scrupuleux que les autres avait remarqué la petite scène et à la vue de l'arme dans le poing de Kirishima, il s'était avancé. Puis voyant que Mei, mains en l'air semblait se faire agresser par des types à l'allure de yakusa, il faut bien l'avouer, il était intervenu.

" Monsieur, tenta Feilong en s'approchant sourire aux lèvres, vous devriez...

_ Taisez-vous !, hurla l'autre pointant son flingue sur le chinois, face contre terre !"

Feilong à son tour leva les mains. Asami soupira devant tant de mauvaise volonté de la part des petites gens et fit le geste de se saisir de son Beretta mais le vigile avait l'œil et son arme dévia sur le yakusa. Sa voix monta d'une manière alarmante dans les aigues, le stress sans doute.

" Vous, ne pensez même pas à..."

Il ne put finir sa phrase, une ombre passa derrière lui, sans bruit, rapide. Akihito remonta dans son dos, se saisissant de son menton et lui retourna la tête d'un coup sec, sans qu'il eut le temps d'esquisser le moindre geste. Shôta sursauta en entendant l'affreux craquement des vertèbres.

Akihito repoussa avec dégout le corps contre le mur, il ne serait découvert qu'au matin et retira ses lunettes et son masque d'un geste vif. Les yeux d'Asami se plissèrent en découvrant son état. Le sang maculait ses habits, ses mains et son visage. Une quantité important qui ne semblait pas gêner le jeune homme mais qui faisait grimacer Feilong.

Mais c'est ses yeux surtout qui surprirent le yakusa, ternes et froids, sans la moindre lueur de compassion. Il avait l'impression d'avoir en face de lui un inconnu. Akihito se détourna d'eux et lança un regard courroucé à son homme de main qui courba la tête devant la colère de son patron.

" J'ai manqué de vigilance, veuillez m'excuser monsieur.

_ Prépare mes affaires de rechange, lança-t-il en ignorant ses excuses, j'ai les infos, nous nous y rendons de suite.

_ Bien monsieur, répondit Mei en montant dans la voiture."

Akihito se tourna ensuite avec nonchalance vers les quatre hommes en face de lui. Il ignora le regard d'Asami sur lui et se tourna vers Feilong.

" Ne t'avais-je pas dit de rester à Tokyo ?

_ En effet, mais c'est mon droit de venir, Yukimura est...

_ Yukimura est mon frère, jusqu'à preuve du contraire. Je n'ai pas besoin de toi, ni de personne, insista-t-il sur le personne, pour lui venir en aide.

_ Tu n'as pas le droit de m'écarter !

_ J'ai tous les droits, alors maintenant tu fermes ta gueule et...

_ Vous êtes... le Shinigami ?"

Une voix timide mais non moins excitée, le coupa dans sa tirade. Il se tourna vers le jeune homme qui s'approchait de lui, une main placée sur le cœur comme s'il n'y croyait pas.

" Vous êtes vraiment lui, le Shinigami ?"

Akihito se retint de sourire et glissa rapidement derrière le jeune homme se saisissant fermement de sa nuque et plaquant sa bouche sur son oreille.

" Si je te réponds, je devrais te liquider ensuite."

Il le sentit se raidir d'envie et d'appréhension et eut un sourire sans joie tout en caressant le long du bras du garçon qui frissonna de bien être.

" Et je n'ai pas le cœur à tuer encore cette nuit, poursuivit-il d'une voix rauque et sensuelle."

Asami comme toutes les personnes présentes se tendit devant la scène qui se jouait devant lui. Akihito avait plaqué les hanches du garçon tremblotant d'excitation contre son bassin tout en lui murmurant des obscénités à l'oreille néanmoins il ne lâchait pas Asami du regard. Il plongeait avec effronterie et un plaisir malsain son regard noisette dans ses orbes glacés. Le yakusa serra le poing et les dents devant l'affront. Il ne céderait pas.

" C'est quoi ton petit nom, mon cœur.

_ ...Shôta Junyshiro, et... vous...

_ Tsss, tsss... quel manque de discrétion, répliqua Akihito en jouant avec les petits cheveux de son cou, cela ne se demande pas voyons.

_ Oui pardonnez-moi, souffla le jeune homme en frissonnant.

_ Bien, je dois y aller, les affaires m'appellent, lança-t-il plus fortement, Shôta-kun fais moi le plaisir de m'accompagner. J'aurais grand besoin de ton... aide pour me changer, termina-t-il avec un sourire.

_ Bien sûr Shinigami, répondit le jeune homme complètement hypnotisé par Akihito."

Oublieux du regard ulcéré de son patron, il monta rapidement à l'arrière de la Bmw tandis qu'Akihito se tournait vers les autres, claquant sa langue de satisfaction.

" Tu avais raison Feilong. Tout finit toujours par s'arranger.

_ Akihito, répondit le chinois d'une voix lasse, ne fais pas ça.

_ A la réflexion Feilong... je crois que je vais le faire. Sur ce, conclut-il dans une œillade à Asami, je vous laisse.

_ Nous te suivrons Akihito."

Le jeune homme se retourna vers Asami qui avait parlé et lui cracha presque dessus.

" Tu m'appelles par mon prénom à présent, ô grand Asami, je ne suis plus la nuisance ou ta pétasse... hein ! Connard ! Suis-moi si seulement tu le peux !"

Il monta rapidement dans la voiture, faisant signe d'un geste à Mei de dégager de la place de conducteur. Rapidement son homme de main passa sur l'autre siège et Akihito démarra dans un crissement nerveux de pneus.

Asami suivit son exemple, Kirishima et Feilong se jetèrent presque dans la voiture avant que le yakusa ne démarre en trombe. Dans un tremblement Feilong boucla sa ceinture de sécurité et jeta un regard affolé à Kirishima qui répondit par un haussement d'épaule plus ou moins décontracté tout en s'accrochant à son siège.

Ils conduisirent à une vitesse folle dans les rues encombrées de Yokohama. Ils avaient dépassé l'heure de pointe mais néanmoins les rues de nuit étaient encore chargées de monde.

S'il ne conduisait pas il aurait tapé du pied de rage, Asami ne lâchait rien et conduisait avec la même dextérité que lui. Akihito tourna brutalement le volant et prit l'échangeur se dirigeant vers l'ouest de la ville. En ligne droite, sur les routes de campagne, la berline du yakusa se faisait petit à petit distancer. Asami jura entre ses dents serrées, et pieds au planché tenta de rattraper la Bmw. Bien plus loin, il la vit tourner à gauche au loin.

Akihito continua sur le chemin de terre pendant quelques minutes comme s'il avait le diable à ses trousses, éteignit ensuite les phares et se gara sur le côté. Il passa rapidement à l'arrière, ignorant les caresses que lui donnait Shôta sur son torse alors qu'il se débarbouillait et se changeait.

" Prépare le matériel, lança-t-il à Mei d'une voix urgente."

L'homme de main sortit de la voiture. Akihito se tourna ensuite vers Shôta et le plaqua sans douceur contre le siège. Il l'embrassa si durement que leurs dents s'entrechoquèrent mais Shôta ne sembla pas refuser le traitement rude et arrima ses bras autour du cou d'Akihito, rejetant la tête en arrière, dévoilant son cou aux baisers affamés du Shinigami.

Dans l'urgence, Akihito arracha le pantalon du jeune homme, soulagea également sa virilité et le pénétra sans aucune préparation. Il connaissait par expérience la douleur que cela procurait, il savait la souffrance mais sourd aux cris de douleurs du jeune homme, il commença à la pilonner sauvagement. C'était bon. C'était sa première fois ainsi.

" Aaaah... ahan ! Ngh... Oui !"

Les cris de Shôta se transformèrent rapidement en râle et gémissement de plaisir. Il aimait cela, être prit ainsi dans l'urgence par un homme respirant le danger et la mort, ça le changeait de son sous-sol sombre où il passait des heures à surveiller la vie des autres. Ouais il prenait son pied.

L'ancien photographe ne pensait plus à rien, il se contenait de besogner rapidement l'homme qui écartait les cuisses pour lui. Sentant la jouissance arriver, Shôta s'accrocha un peu plus fort à Akihito et calqua son mouvement de bassin sur la cadence des reins effrénés du tueur.

Son corps s'arqua sur la banquette arrière et il se déversa sur son ventre dans un cri. Du coin de l'œil Akihito remarqua les phares de la berline du yakusa s'éteindre, un dernier mouvement et il jouit lui aussi dans l'intimité resserré du jeune homme.

Tout aussi rapidement qu'avait duré leurs ébats, il se rajusta en vitesse et sortit de la voiture, sous l'œil noir d'Asami. Il se saisit des armes que lui tendait Mei et les ajusta à sa tenue.

" Tu as pris ton pied ?"

Akihito eut un sourire sans joie devant le ton glacial et se tourna à nouveau vers le yakusa pour répondre.

" Plutôt pas mal pour un geek même si je n'ai pas eut le temps de... vraiment profiter."

C'est à cet instant que choisit Shôta pour sortir, les cheveux collés par la sueur et les jambes encore flageolantes par l'orgasme qui l'avait pris. Il se pendit au bras d'Akihito avant de déclarer d'une voix timide.

" Merci pour cette expérience Takaba-sama, je dois avouer que...

_ Takaba-sama ?

_... Euh, je...

_ Je pensais que tu ne savais pas qui j'étais, déclara Akihito d'une voix éteinte.

_ Et bien, comment ne pas connaître l'amant de son employeur, tenta de dire Shôta tout en ayant un petit rire d'angoisse.

_ Je vois, dit simplement Akihito avant de se dégager."

Il s'éloigna dans la nuit accompagné de son homme de main jusqu'à la lisière du bois. On pouvait encore les distinguer au loin par la nuit de pleine lune. Shôta quant à lui se recroquevilla de peur devant l'air sombre de son boss.

" Ah j'oubliais !, lança Akihito d'une voix joyeuse."

Il sortit vivement son silencieux et malgré la distance tira une balle juste entre les deux yeux du jeune homme. Celui-ci s'effondra juste devant les trois hommes surpris, raide. Akihito haussa les épaules et rangea son arme.

" Je te laisse nettoyer cela Asami-sama, c'est ton larbin après tout."


Notes de Mimosa : Mais, mais qu'as-tu donc fait de notre Aki-chan tout mignon pleurant de toute son âme pour que son amant le reprenne... puis là c'est ... j'arrive pas à dire ce que c'est en fait... les mots me manquent.

Il fait moins le fier maintenant Asami. Akihito est a coupé le souffle avec ses airs de mec hyper dangereux, j'en frissonne. Puis tuer le mec avec lequel il vient de s'envoyer en l'air (heu en voiture), au moins Asami n'aura pas à le faire à sa place.

Mince pourquoi l'autre grand dadais de yakusa ne lui dit tout simplement pas qu'il regrette ses paroles qu'il ne les pensait pas, qu'il tient à lui et tout et tout... Et comme j'étais contente de voir que Yukimura allait bien (heu il n'est pas mort quoi). Ce Mikail est fou, c'est un barge, faire tout ça pour avoir Feilong et ben c'est mal barré.

Sinon une question me brule les lèvres : Asami va-t-il resté passif tout le long de l'histoire ? Ce n'est pas un reproche mais je veux juste savoir... j'suis curieuse. Bon je crois que je vais arrêter là car sinon j'écris un roman.

Donc pour conclure, ton histoire est de plus en plus attrayante et j'avoue être en extase. Tu tiens le bon bout cocotte continue comme ça et vivement la suite... heu love mode c'est pour bientôt aussi (hihihihihi)

Peace

Mimosa

Remarques de l'auteur : Mais oui, pourquoi Asami ne dit pas qu'il regrette ses paroles ? Pourquoi Akihito continue-t-il de s'enfoncer dans la noirceur ? Grande question : Asami va-t-il continuer à être passif ? ou va-t-il enfin se bouger les miches pour son amooouur ? Sincèrement j'ai déjà imaginé la suite et je peux vous dire une chose... elle répond à toutes ses questions et bien plus encore... je vous réserve une surprise de TAILLE !