Voici enfin un nouveau chapitre. Je suis désolée comme toujours du retard. J'ai pas mal de boulot à la fac malheureusement.

Il faut que j'essaye de recontacter nyctalope pour voir si elle peut reprendre le travail de correction. En attendant, j'ai fait de mon mieux mais je me doute qu'il reste pas mal de fautes et je m'en excuse encore.


Chapitre 9 : La sorcière sous la cape.


4 août 2003 – 13h04 – Département des aurors, ministère de la magie.

- Tout était orchestré à quel point ? Murmura le survivant pour lui-même. Plus je t'écoute, plus j'ai le sentiment que les Malfoy ont tirés de nombreuses ficelles dans l'ombre qui nous ont facilitées la victoire.

- Tu n'es pas loin de la vérité Harry. Toutefois, ne commence pas à penser que leur but était le bien du monde sorcier. Tous ce qui compte pour un Malfoy c'est le bien de la famille, rien de plus.

- Donc, tu me dis qu'ils savaient qu'ils avaient intérêt à nous aider indirectement, et que ce n'est qu'un concours de circonstance si au final ils étaient de notre côté, façon de parler, et pas réellement de celui de Voldemort ?

La brune tapota son index sur ses lèvres.

- A la fois oui et non. C'est…Oh Merlin…Je pense que tu comprendras quand j'aurais avancé dans mon récit. On peut bouleverser totalement l'ordre du monde en un an…Et je suis forcée de reconnaître que mon séjour dans le passé à changer bon nombre de choses. Pas forcément ce que l'on pouvait attendre d'ailleurs.

Hermione fit une courte pause, son regard se perdant sans repère fixe.

- Tu sais, c'est très difficile de savoir que tu as le pouvoir de changer tout l'avenir. C'est une arme très dangereuse et qui peut bouleverser tout l'équilibre de l'univers.

- Je crois que je saisis où tu veux en venir. Si j'avais été à ta place, d'un côté je sais que j'aurais voulu sauver mes parents. Mais ça aurait voulu dire que Voldemort n'aurait peut-être jamais disparu, et que je ne l'aurais jamais vaincu par la suite. D'ailleurs, leur échéance aurait peut-être été simplement retardée de quelques mois… Si tous ce qui touche au temps est si surveillé, c'est bien pour une raison.

- Mais si dans ton passé, les évènements ce sont déjà produits. Que tu réalises que bien plus tard que c'est toi qui en as engendré certains ? Que tu conduis des personnes à la mort indirectement, mais pour en sauver bien plus derrière ?

Harry se mit à soupirer.

- N'est-ce pas ce que nous avons fait pendant la guerre ? Toutes les personnes qui sont mortes autour de nous, n'était-ce pas pour que les générations suivantes puissent vivre en paix ? Je ne sais pas ce qui te pèse sur la conscience Hermione, mais je te connais. Je sais que tu as fait de ton mieux.

- De mon mieux…Je ne sais pas, chuchota-t-elle tout en laissant sa tête tomber contre la table devant elle. Je me suis dit que je devais simplement faire en sorte que tout se produise comme dans mes souvenirs. Je craignais que si je ne changeais ne serait-ce qu'une seule chose, il se pouvait que tu ne viennes pas à bout de Voldemort.

- Ça se comprend 'Mione.

- Harry, je suis responsable du fait que Dobby soit intervenu dans ta vie dès notre deuxième année d'études à Poudlard, avoua-t-elle tout en se redressant.

Le brun recula d'un pas en entendant sa meilleure amie.

- Mais…Qu'est-ce que tu veux dire par là au juste ?

Hermione soupira, se leva de sa chaise et fit plusieurs pas en rond avant de se rasseoir.

- Dobby n'aurait jamais trahi les Malfoy s'ils ne lui en avaient pas donné l'ordre…

- Attends ! Attends s'il te plaît… Là, j'ai bien peur de vraiment avoir du mal à avaler tout ça.

Harry se massa les tempes tout en se servant un verre d'eau. Il lui fallait quelques instants pour réellement assimiler ce qu'on la Gryffondor essayait de lui dire.

- Si je résume, Lucius Malfoy a mis le journal de Jedusor dans les affaires de Ginny, espérant ainsi me tuer, mais tout en s'assurant que Dobby serait là pour me « protéger » ?

- Hum…Plus ou moins.

- Mais Dobby était heureux d'être libéré non ? Gémit le survivant.

- Hé bien…


23 décembre 1979, Manoir Malfoy.

Hermione se trouvait dans la serre d'hiver, contemplant les nombreuses plantes fleuries malgré la neige qui tombait à l'extérieur. Elle était en train d'humer le doux parfum des roses tout en caressant les pétales de ces dernières.

Même si les plantes à l'air libre ne souffraient pas de la neige, elle si. C'était pour cette raison qu'elle était dans la serre et non pas dans le parc directement.

- Miss Hermione, je vous cherchais.

Au son de la voix d'Abraxas, la brune sursauta rapidement et se retourna.

- Navré de vous avoir surprise, s'excusa le Lord. Je voulais vous parler concernant demain. Lucius et moi pensons que le plus sage serait de vous faire passer pour une cousine éloignée d'une des branches familiales…

- Est-ce assez raisonnable ? Questionna-t-elle. Je peux rester dans ma chambre durant la soirée si nécessaire. Ce serait peut-être mieux d'ailleurs, non ?

- C'est à vous que revient le dernier mot. Mais sachez que vous êtes libre de participer à cette soirée si vous le souhaitez.

Hermione ne l'aurait pas avoué tel quel, mais à vrai dire, elle ne désirait aucunement se mêler à une soirée d'apparence de la haute société sorcière. Ce n'était pas sa place lui soufflait sa conscience. De plus, elle serait bien trop exposée. Ce n'était pas un acte négligeable.

- Je resterais dans ma chambre, décida-t-elle sûre d'elle. En toute sincérité, je pense que c'est le mieux à faire. Je ne suis pas très douée pour la comédie et je risquerais de créer bien plus de problèmes qu'autre chose.

- Vous n'avez pas à vous justifier, la rassura Abraxas. J'espère juste que ce réveillon de Noël ne sera pas trop triste pour vous. Passer ce soir-là seul n'est jamais ce qu'il y a de plus appréciable.

La brune adressa au vieil homme un sourire.

- Il y a encore un nombre inimaginable de livres dans la bibliothèque que je désire lire. Ce sera l'occasion parfaite pour avancer un peu dans cette tâche.

Le blond acquiesça légèrement de la tête. Lui-même savait que la jeune femme avait pris la meilleure décision compte tenu de la situation.


24 décembre 1979, Manoir Malfoy.

Les elfes du manoir étaient occupés à préparer le grand salon qui servait de salle de balle. Le soir même, de nombreux invités allaient venir. Près d'une soixantaine de ce que la sorcière avait compris. Il fallait en plus préparer tous les plats qui allaient être servis durant la soirée. Et les elfes étaient seuls pour ça… Malfoy père et fils donnaient les instructions pour les différents préparatifs mais n'avaient eux-mêmes guère de temps à donner pour aider leurs elfes. La Gryffondor ne sachant pas du tout comment préparer une telle soirée préférait ne rien faire. C'était mieux que de créer des incidents qui feraient perdre un temps précieux aux autres.

Malgré tout, Dobby pris soin de penser au déjeuner pour la brune, arrivé au midi, tandis que Lucius et Abraxas avaient décidé de sauter le repas.

- Merci Dobby, c'est vraiment gentil de ta part alors que tu es déjà surchargé.

- Dobby n'est jamais surchargé Miss, Dobby fait ce qu'il doit faire pour la jeune Hermione.

Les elfes de maison avaient la caractéristique d'être totalement humbles, ou tout bonnement totalement soumis…

- Je suis désolée de te déranger malgré tout.

- Miss Hermione ne dérange pas du tout Dobby, s'empressa de répliquer le concerné. Jamais Miss ! Vous êtes une personne importante pour Maître Lucius et Dobby ne veut que le bonheur de Maître Lucius !

- Tu as l'air d'être beaucoup attaché à Lucius, constata Hermione.

- Oh oui ! Dobby a grandi auprès de Maître Lucius. Dobby jouait beaucoup avec Maître Lucius quand il était plus jeune. Maître Lucius a toujours pris grand soin de Dobby. Maître Lucius est le meilleur Maître dont Dobby pouvait souhaiter !

La façon dont le clamer haut et fort Dobby témoignait de la véracité de ses propos. L'elfe éprouvait réellement beaucoup de respect et d'affection pour son Maître. C'était assez surprenant, parce que de ce que son instinct lui soufflait, les sangs-purs avaient la réputation de maltraiter leurs elfes. Mais peut-être avait-elle tort après tout. Peut-être n'étais-ce qu'une idée reçue qui ne reposait sur rien de concret si ce n'est que les « on dit ».

La soirée avait débutée depuis plusieurs heures déjà. Comme prévu Hermione lisait un ouvrage fort intéressant dans sa chambre. Celle-ci avait sa porte d'accès verrouillée par un sortilège apposé par Lucius. Seule une personne possédant du sang Malfoy pouvait l'ôter. Il ne suffisait pas d'avoir un ancien oncle éloigné pour ça, mais bel et bien d'être reconnu comme Malfoy de la lignée directe. De ce fait, seuls Lucius et Abraxas pouvait accéder à cette pièce. Hormis les elfes bien sûr.

Le livre qu'elle tenait racontait comment les différents villages sorciers et institutions sorcières avaient été créés en Grande-Bretagne. Cela avait été forcé surtout quand les chasses aux sorcières avaient débutées. Le besoin de se cacher des moldus c'était fait ressentir plus que jamais. C'est ainsi que bon nombre de sorciers avaient alors commençaient à vivre en autarcie.

Alors que l'horloge indiquée une heure du matin, la porte de la chambre rouge s'ouvrit doucement pour laisser place à Lucius. Il referma derrière lui aussi tôt avant de s'avancer vers la jeune femme.

- Je suis officiellement à la salle d'eau, indiqua-t-il avec un petit sourire en coin. Je me suis dit que je pouvais en profiter pour voir comment tu allais.

- Bien, comme tu peux le constater, répondit-elle tout en baillant.

- Un peu fatiguée à ce que je vois.

- J'avoue, admit-elle tout en posant le livre sur la table. Je vais me coucher je pense.

- Attends au moins que je sois reparti, s'amusa le blond.

Lucius fouilla quelques instants dans ses poches avant d'en ressortir un petit paquet soigneusement emballé auquel il redonna sa taille normale d'un coup de baguette. Il faisait à présent une vingtaine de centimètres de longs sur dix de large.

- On est le 25…Alors joyeux Noël, dit-il tout en lui tendant son cadeau.

La brune pris le paquet, un peu mal à l'aise.

- Je n'ai rien pour toi, s'excusa-t-elle piteusement.

- Aucune importance, Mais tu devrais ouvrir ton cadeau.

Il regarda sa montre en soupirant.

- Je dois repartir, sinon mes invités vont se poser des questions…Je reviendrais te voir dès que tout le monde sera parti.

Une fois la porte close de nouveau, Hermione entreprit de défaire délicatement le papier cadeau. A l'intérieur se trouvait un carnet en cuir accompagnait d'un petit mot : « Un journal vierge pour que tu puisses y coucher toutes tes pensées et souvenirs afin que jamais ça ne s'envole ».

La brune en eut les larmes aux yeux. C'était un cadeau très touchant pour elle dans le cadre de son problème de santé. Elle ne savait pas encore comment allait continuer d'évoluer ses souvenirs et avait toujours peur de tous les perdre à un instant ou l'autre. Mais si elle écrivait tout ce qu'elle pensait, alors elle pourrait toujours s'en souvenir en quelque sorte, quoi qu'il arrive.

Hermione glissa un doigt sur la couverture de carnet. Ce n'était pas de la qualité de seconde main, ça se voyait au premier coup d'œil. Mais même si ça avait été le cas, elle n'aurait pas moins apprécié le présent.


Courant 2002, Ministère de la Magie.

Hermione Granger venait tout juste de terminer son cursus en « Sortilèges et Métamorphose » à l'Université de Sorcellerie Supérieure de Cardiff. Elle avait longuement hésitée avec l'Université Magique de Londres pour poursuivre ses études après Poudlard. Mais cette dernière ne faisait pas de cursus intégrant les deux composantes qu'elle souhaitait en même temps. Elle aurait dû suivre un double cursus, ce qui ne lui aurait guère laissé de temps pour prendre des cours supplémentaires en potions à côté de ça.

Quoi qu'il en soit, elle était à présent diplômée et fraichement employée au Ministère de la Magie dans le département des langues de plombs. C'était son mémoire ayant pour thème « Artefacts magiques métamorphosés et sortilèges du temps » qui lui avait offert cette place. Sous cet intitulé hasardeux se cachaient de longues recherches sur les portoloins déguisés.

C'était alors qu'elle se rendait au travail un matin qu'elle avait percuté par accident Draco Malfoy dans l'atrium où arrivaient et partaient les employés. Elle ne l'avait pas revu depuis plusieurs années. Exactement depuis le procès de la famille Malfoy suite à la défaite de Lord Voldemort. Elle avait témoignée en leur faveur, expliquant qu'elle leur devait sûrement la vie au bout de compte. Suite à ça, elle avait alors choisi de faire comme si les Malfoy n'avaient jamais existés dans sa vie.

- Granger. Ca faisait longtemps, constata simplement le blond.

- Effectivement…Je ne savais pas que tu travaillais ici, remarqua Hermione tout en indiquant d'un signe de tête le badge d'employé que portait le jeune homme.

- Je suis au Département de la Justice Magique en fait…J'ai terminé mes études en « Politique et Droit Sorcier » il y a quelques mois, lui indiqua-t-il aimablement, ce qui désarçonna la Gryffondor.

- Ah…Bien…

On ne pouvait pas dire que la Justice Magique soit vraiment le secteur où Hermione aurait imaginé voir Draco Malfoy travailler… Même si sa famille avait été innocentée, tout le monde savait qu'ils avaient malgré tout eu une large implication parmi les mangemorts au cours des deux guerres. C'était à se demander qui avait été assez fou pour embaucher le fils Malfoy.

- Si un jour tu as besoin d'un bon avocat, je ne sais pas, disons d'ici deux ans, fais signe.

Ce fut les dernières paroles du blond avant qu'il ne s'éloigne sans un mot de plus, laissant Hermione totalement pantoise. Pourquoi au juste le Serpentard pensait qu'elle pouvait avoir besoin de lui dans les deux ans à venir ?


27 décembre 1979, Manoir Malfoy.

Abraxas Malfoy était reparti la veille, arguant qu'il était déjà resté bien trop longtemps en Grande-Bretagne et qu'il avait autre chose à faire à présent. Lucius avait expliquait à Hermione que son père n'aimait pas se poser trop longtemps au domaine familial, ça lui rappelait bien trop que sa femme n'était plus de ce monde. Trop de souvenirs en commun y étant rattachés.

Le vieil homme était attachant avec son caractère. C'était donc avec un peu de peine qu'elle l'avait vu s'éloigner. Il avait dit qu'il reviendrait très certainement pour l'anniversaire de Lucius. Ce qui ne l'avançait pas tellement, puisqu'elle n'avait pas encore osé demander à Lucius à quelle date il était né.

Etaient ensuite venus Severus et Narcissa pour prendre le dessert. Ils avaient été invités lors du bal de Noël mais comme ils n'avaient pas pu y voir la jeune sorcière, il avait été convenu qu'ils viendraient discuter autour d'un thé et de pâtisseries quelques jours plus tard.

- Dire que dans à peine moins de deux semaines tu auras vingt ans Severus, s'amusa Narcissa a un moment de la conversation.

- Hein ? S'exclama à haute voix la Gryffondor.

- Tous se retournèrent vers elle, ne comprenant pas sa soudaine réaction.

- Vous n'avez que vingt ans ? Mais…Mais…Vous êtes déjà potioniste. Je pensais que vous aviez vingt-quatre ou vingt-cinq ans.

Narcissa se permit un petit rire sans méchanceté avant de boire une gorgé du délicieux thé brulant qu'elle avait entre ses mains.

- Severus est un véritable génie en potions à vrai dire. Pas la peine de faire cette tête là Severus, tu sais que c'est la vérité…

- Il a passé l'an dernier en candidat libre les examens de première et deuxième année à sa sortie de Poudlard, puis ceux de troisième et quatrième année l'an suivant. C'est ce qui fait qu'il a été gradué aussi rapidement, précisa Lucius.

- C'est épatant, remarqua Hermione d'une voix où perçait toute l'admiration qu'elle portait envers le Maître des potions.

- Sans compter qu'à présent il prépare une thèse.

- Parce que je n'ai rien de plus intéressant à faire, rien de plus…, grommela le jeune homme bien mal à l'aise.

A peine Hermione eut-elle saisi sa tasse entre ses mains qu'une vive douleur à la tête la lui fit lâcher immédiatement. La tasse était brisée en mille morceaux et le thé inondait le sol, mais elle n'en avait cure. Elle se tenait aussi fort que possible la tête entre ses mains, gémissant de douleur. Des flashs éclataient à la surface de sa mémoire. Ils étaient très rapides et sans grande concordance, mais c'était malgré tout des images de son passé, et visiblement du futur des personnes devant elle.

- Hermione, s'inquiéta Lucius à ses côtés. Hermione ?

Elle ne répondit pas instantanément, se tenant toujours la tête en gémissant.

- J'ai…des…réminiscences…, réussit-elle à articuler avec mal.

- Je vais appeler le médicomage.

- Non !

- Hermione…

- Ca va…passer…

Au fond d'elle, elle le savait. Pourtant, en temps normal jamais elle n'aurait pris une décision tant inconsidérée. Peut-être qu'en ne voyant pas son médicomage elle prenait des risques. Mais elle voulait faire confiance à son intuition.

- Ca va déjà mieux, finit-elle par souffler après quelques minutes.

- Tu es sûre que ça va ? Tu te souviens de quelque chose ? Lui demanda calmement le blond.

- Mmm. Rien de concret. Je suis juste persuadée de bien connaître Severus, dit-elle en fronçant les sourcils.

Les trois autres adultes se regardèrent décontenancés. Hermione compris alors que ses paroles pouvaient être mal interprétées.

- Comme…un vieil ami…ou un mentor, précisa-t-elle. Je n'ai vu que de brèves images de Severus. Mais elles m'inspiraient un profond respect et…hum, un brin d'angoisse, admit-elle mal à l'aise.

Narcissa se mit à rire de façon totalement libérée.

- C'est bien le genre de Severus effectivement, offrit-elle avec un léger sourire en coin.


4 août 2003 – 13h47 – Département des aurors, ministère de la magie.

- Je me suis toujours demandé pourquoi Rogue était devenu simple professeur à Poudlard, marmonna le survivant. Je suis forcé de reconnaître qu'il a toujours été un putain de Dieu en potions. Alors pourquoi devenir simple professeur ?

- Harry, commença Hermione avec un rictus. Crois-tu qu'il ne s'agisse que d'une coïncidence si Severus a été embauché par Dumbledore en 1980 justement ?

Le brun ouvrit la bouche avant de la refermer. Il se leva et s'éloigna de sa chaise, tournant en rond tout en faisant de grands gestes.

- Il culpabilisait d'avoir révélé une partie de la prophétie à Voldemort parce qu'elle mettait ma mère en danger, non ?

- C'est une des raisons…

- Mais pas la seule ? Demanda Harry d'une petite voix.

- Pas la seule, non…

- Est-ce que Dumbledore le savait ? Demanda Harry d'une voix rauque.

- Oui… Mais ce n'est pas ce que tu crois, d'accord ? Tous ce qui concernait mon voyage dans le temps était un tabou Harry. Personne ne devait en parler avant qu'il ne se produise. Du moins, c'est ce dont nous avons convenu avant que je ne revienne. J'imagine qu'ils ont tenus leur parole tout simplement…


3 janvier 1980, Ministère de la Magie.

La césure de fin d'année avait pris fin. Il était devenu temps pour Lucius de retourner travailler. De même pour Hermione qui continuait ses recherches au département des mystères avec l'aval de M. Kurt.

Elle prévoyait déjà une expérimentation de grande importance pour quelques semaines plus tard. Il lui fallait du matériel assez rare pour cela par contre. Ce qui rendait l'expérience bien plus délicate. Notamment l'usage du Belithium ne pouvait s'effectuer que dans des conditions bien précises.

Assise à son bureau, elle griffonnait à la va vite de nombreuses formules sur tous les parchemins qu'elle avait à portée de main. Peut-être qu'en ajoutant des gousses de Jolibare du Cap ça pourrait stabiliser le côté explosif du Belithium…Mais le Jolibare et les pattes de Roussette n'étaient pas compatibles. Donc, il fallait remplacer la Roussette par un ingrédient pouvant donner les mêmes effets…

- Hermione ? Nous n'allons pas tarder à rentrer si tu es prête, il commence à se faire tard, fit remarquer Lucius tout en s'approchant du bureau de la jeune sorcière.

- Hum. Je devine que je n'arriverais à rien de plus ce soir de toute façon.

Elle posa sa plume et mis un peu d'ordre dans tous les parchemins dispersés n'importe comment.

Ils éteignirent les lumières derrière eux et se rendirent au niveau des vestiaires pour récupérer leurs vestes et capes. Hermione devait notamment toujours bien faire attention de ne pas avoir le visage bien exposé quand elle devait traverser le ministère pour arriver et partir via l'atrium.

Elle terminait de rabattre la capuche de sa cape par-dessus sa tête lorsque Sylvanus vint se préparer pour partir aussi.

- Ah, Lucius, j'espérais justement te voir, s'exclama le langue de plomb. On nous a enfin donné l'accord pour commencer les essais sur l'obsidienne et son efficacité dans les retourneurs de temps. Le premier est prévu pour demain et doit durer près de vingt heures…Prévois de quoi passer la nuit ici donc.

- Bien. Je me doutais qu'ils ne tarderaient pas à donner le feu vert. Ca fait des mois que le projet est prêt pour l'expérimentation après tout.

C'était l'arrivée de la voyageuse temporelle qui avait retardé le tout. Sa venue avait eu un impact important, ce qui était normal. A présent, l'équipe devait continuer ses projets premiers tout en tenant compte du voyage de sa nouvelle coéquipière.

Tout trois sortirent du département des mystères et se dirigèrent vers l'atrium pour rentrer. Ils étaient encore dans l'ascenseur les menant à l'atrium lorsqu'ils perçurent des bruits anormaux. Il y avait comme des détonations mêlées à des cris. Lucius fut le premier à saisir sa baguette.

- Hermione, quoi qu'il se passe, tu restes en arrière, c'est compris ?

Sa voix était dure, ne laissant pas de place à la discussion. Elle acquiesça, tout en tenant fortement sa baguette elle aussi. Son cœur s'était mis à battre plus rapidement que jamais. Quelque chose se passait. Quelque chose d'anormal et de grave. Un frisson glacé parcouru sa colonne vertébral de tout son long.

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent sur l'atrium et tout trois sortirent en vitesse, essayant de se mettre à couvert aussi vite que possible. Lucius tenait Hermione d'une main derrière lui tandis que Sylvanus était déjà parti dans le feu de l'action.

Devant eux se dérouler une bataille. Des sorciers vêtus de longues capes noires et de masque en acier se battaient contre quelques agents du ministère ainsi que des personnes qui n'arboraient pas le badge d'employés des lieux.

Il était normal qu'il y ait peu d'employés du ministère compte tenu de l'heure tardive. La plupart partaient aux alentours de dix-huit heures. Or, il était déjà près de vingt et une heure. Ils étaient restés tard ce jour-là à travailler.

Quand un sort faillit les percuter, Lucius décida de se mêler à la bataille. Il attaquait les sorciers adverses sans tenir compte d'à quel camp ils semblaient appartenir. Il essayait simplement d'en stupéfixer le plus possible. Sauf qu'en face, ils n'étaient pas si gentils que lui. Des sorts de magie noir jaillissaient, mais aussi des interdits.

Hermione eut peur plusieurs fois alors que des sorts frôlaient le blond.

Puis, l'angoisse, la douleur, la tête qui semble se déchirer…

Les souvenirs qui coulent à flot…

La guerre…

Voldemort…

Les mangemorts…

L'odre du Phoenix…

Harry, l'élu, en plus d'être avant tout son meilleur ami…

Elle qui n'est qu'une née moldue, ou une « sang-de-bourbe »…

L'accident qui l'a conduite ici, dans le passé…

Elle relève la tête vers la bataille qui fait rage. Ce n'est rien en comparaison de ce qu'elle a déjà vécu. D'ailleurs, elle peut voir que ceux qui se battent sont loin d'avoir une vraie expérience de ce qu'est la guerre.

Son regard est plus froid, déterminé. Mais personne ne peut le voir parce qu'elle est toujours vêtue de sa cape et sa capuche rabattue sur sa tête.

Elle a tout juste le temps d'entendre un avada être prononcé pour se jeter sur Lucius et le plaquer à terre juste à temps. Elle ne réalisera que plus tard son geste. Le fait qu'elle lui ait sauvé la vie alors qu'il représente bien des choses qu'elle exècre plus que tout. C'est l'un des mangemorts les plus fidèles à Voldemort à cette époque-là après tout.

Elle n'a pas encore le temps de réaliser ce que ses souvenirs revenus lui crient. Elle ne pensera qu'une fois rentrée au Manoir à tous ce qu'elle a fait depuis les cinq derniers mois qu'elle regrettera avec amertume. Comme le fait qu'elle ait trompé Ron, son fiancé. Comme le fait qu'elle ait couché avec Lucius Malfoy qui plus est. Comme le fait qu'elle soit devenue amie avec Severus Rogue alors qu'il l'a toujours humiliée et rabaissée depuis sa première année à Poudlard même si elle éprouve pour lui du respect…

Sans compter que ça signifie aussi qu'ils savaient très bien qui elle était avant même qu'elle ne sache elle-même qu'elle était une sorcière. Ils avaient bien du rire tous…

Lucius qui lui assurait qu'il n'y avait rien entre Narcissa et lui. Pourtant, ils allaient se marier d'ici très peu de temps et fonder leur famille. Peut-être que Draco avait été mis dans la confidence aussi. Peut-être que son « Ma mère est une femme incroyable Granger, et tu ne lui arrive pas à la cheville… » avait été une façon de lui rappeler que jamais elle ne pourrait concurrencer Narcissa Black, future Lady Malfoy.

Elle n'était qu'une sang-de-bourbe après tout…

Mais elle ne laisserait pas la situation continuer ainsi bien plus longtemps. Elle allait continuer à jouer la comédie. Faire comme si elle était toujours une pauvre sorcière amnésique et perdue. Sauf qu'elle en profiterait pour récolter le plus d'informations possibles concernant les mangemorts et Voldemort. Informations qu'elle transmettrait à Albus Dumbledore d'une façon ou d'une autre !