Bonjour !
Je suis en retard, je le sais. La semaine a été difficile. Enfin, nous voici avec l'avant-dernier chapitre.
C'est... étrange. Je pensais que vous auriez plus de réaction, la réponse à un mystère qui est présent depuis le premier tome et qui est la base même de ce projet. Êtes vous déçus par le chapitre précédent ?
Avant dernier chapitre avant le tome 5, donc. Le fonctionnement d'une publication régulière me satisfait, et je pense le continuer. Néanmoins, cela signifie que vous devrez attendre plus longtemps.
J'avais déclaré que les tomes 5 et 6 seraient faits d'une série d'OS pour rattraper, et ne pas savoir ce qu'il en serait du tome 7. Ceci n'est plus d'actualité. Le tome 5 sera bien complet mais avec une absence d'intrigue parallèles, un peu comme ici mais croyez moi, il sera tout aussi long que les premiers tomes. En ce qui concerne les tomes 6 et 7... Je continue de réfléchir, et je vous en reparle la prochaine fois.
Un immense merci à Nicky Martin pour sa review adorable.
Et... bonne continuation !
Les applaudissements crépitaient, assourdissants. Fort, trop fort, tandis que l'odeur de l'herbe humide et de la terre dans laquelle ils avaient atterri pénétraient dans leurs narines jusqu'à leurs cerveaux.
La douleur lancinante atteignit l'insoutenable. Les yeux fermés, ils s'accrochaient l'un et l'autre, refusant de lâcher leurs mains, s'agrippant aux doigts de l'autre comme si leur vie en dépendait.
Les larmes coulaient, malgré ses yeux hermétiquement fermés. Sa gorge à l'agonie hurlait sans produire aucun son, de ces hurlements silencieux qui ressemblent à des sifflements. Il hurlait, et serrait plus fort sa main, leurs mains. Indissociables.
Sur son cou, le zig zag brûlait vif.
Ils hurlaient sans un cri.
-Harry, Harry !
La voix de Dumbledore retentit, trop proche.
-Lucifer ?
Brusquement, ils furent retournés sur le dos, et ils purent respirer, mais chaque inspiration leur était douloureuse. Ils étaient douloureusement en vie. Le sol vibrait sous les pas des autres humains résonnait sous la colonne vertébrale de Lucifer. Ils serrèrent leurs mains plus fort, et Lucifer ouvrit les yeux sur le ciel étoilé, le reste de sa vision floue.
-Il est revenu. Il est revenu. Voldemort est revenu.
La voix de son frère, un murmure désespéré, força Lucifer à se concentrer. La silhouette de Dumbledore au dessus d'eux fit jaillir les mêmes mots.
-Il est revenu.
Une confirmation atroce, avec tout le calme effarant dont il était capable. Ils avaient lâché le Portoloin, le doigt de Lucifer noircissait à vue d'oeil, brisé, et ils tenaient le corps de Cedric. Et soudain, Lucifer n'arrivait plus à occulter la mort de son préfet. Quelque chose en lui se brisa.
-HARRY !
Le cri de James couvrit les constatations affolées, la litanie que les spectateurs commençaient à répéter : « Il est mort. Cedric Diggory est mort. »
-Harry, lâche le.
Fudge, reconnut vaguement Lucifer en se demandant pourquoi ce détail importait. Le visage de Dumbledore apparut dans son champ de vision.
-Harry, Lucifer, vous ne pouvez plus l'aider. C'est fini.
-Il... Il voulait...
La poitrine de Lucifer était secouée de spasmes à intervalles irréguliers.
-Il voulait qu'on le ramène, murmura Harry. Cedric voulait qu'on le ramène auprès de ses parents.
-Il a dit...
Qu'avait dit Cedric ? Que ce n'était pas leur faute ? Qu'il fallait sortir les baguettes ? Quels avaient été ses derniers mots ? La douleur avait été si intense...
-Ca y est. Ca y est, Harry. Lâchez le. Desserre les doigts, Lucifer.
-HARRY !
-Tenez James éloigné, ordonna Dumbledore. Et prévenez Amos.
Savoir que leur père ne serait pas autorisé à les approcher pour le moment constituait un soulagement. Il ne pouvait pas l'affronter. Lâcher Cedric paraissait au dessus de ses forces, et son corps convulsait toujours, mais quand Dumbledore toucha Harry, Lucifer s'agrippa à son frère de ses deux mains. Le bras libre de son jumeau l'enserra, féroce. Autour d'eux, tout n'était que chaos, cris, sanglots. Avec une force extraordinaire pour quelqu'un de son âge, Dumbledore parvint à les mettre debout. Harry vacilla sur sa jambe blessé et Lucifer agrippa un peu plus sa main.
-Dumbledore, Amos Diggory arrive en courant, fit la voix de Fudge. Je ne peux pas gérer James et...
-Je m'occupe d'eux, grogna quelqu'un.
Les ongles de son jumeau se plantèrent dans le dos de sa main. Tout tournait, la réalité semblait inexistante. Seul importait Harry, que Harry et lui soient ensemble. Indissociables. Ensemble. Lily l'avait demandé. Mais son jumeau s'éloignait et une pression sur son épaule le força à avancer. Quelqu'un voulut séparer leurs mains, et Lucifer cria, se débattit, feula comme un lion.
-Ca va aller, fils, murmura une voix rauque à son oreille. Ca va aller, viens, tu as besoin de t'allonger.
Une autre pression sur son épaule, et Harry marchait... Ils avançaient. Le bruit des pas irréguliers sur les pierres renseigna Lucifer : ils étaient auprès de Maugrey Fol Oeil.
-Que s'est-il passé ?
Ils devaient répondre aux questions d'un Auror, résonna Lucifer, mais Maugrey aurait du savoir... Il voyait à travers les haies, il avait très certainement vu sa présence... Harry répondait avec automatisme aux questions mais son propre esprit refusait de le laisser en paix.
-Tout va bien. Asseyez vous. Tenez.
Un gobelet fumant dans la main droite, Lucifer tentait tant bien que mal de reprendre pied. Quelque chose n'allait pas... Maugrey n'aurait-il pas du voir qu'ils avaient disparu plus d'une heure auparavant ? A travers les haies du labyrinthe ? N'aurait-il pas du voir si le Mangemort à Poudlard...
-Un Mangemort ! Il y a un Mangemort à Poudlard, hurla-t-il.
Sa vision était toujours floue. Un peu du liquide brûlant se renversa sur lui mais c'était une douleur tellement moindre à ce qu'il avait enduré ces dernières heures...
-Chh, bois, tu verras, ça ira mieux. Je sais qui est le Mangemort.
La main libre de Harry le força à porter le gobelet à ses lèvres. Le goût était poivré.
-Karkaroff ? demanda son jumeau dans le même temps ?
Lucifer rit. Ce ne pouvait pas être lui. Son frère sautait toujours aux solutions les plus évidentes... Et les moins plausibles. Il y avait quelque chose d'étrange... Maugrey...
-Harry, alerta-t-il.
-Non, dit Maugrey après avoir indiqué la fuite de l'homme. Tu vois, ton jumeau commence à comprendre. Je suis celui qui a mis ton nom dans la Coupe.
Maugrey, qui avait expliqué à son frère comment faire avec les dragons, qui avait parlé avec McGonagall de la Branchiflore devant Dobby...
-Non.
-C'est lui, confirma Lucifer. Il a toujours été là... C'est vous, n'est-ce pas, qui avez tué Croupton ? Vous étiez là, ce jour là aussi.
-Intelligent, commenta Fol Oeil.
Puis, alors que le rouquin commençait enfin à voir un peu plus clair, que la douleur aiguë à son cou diminuait, Maugrey explicita ses actions de l'année, et Lucifer emmagasina alors que sa baguette était pointée sur Harry. L'homme savait qu'il les tenait tous les deux par cette action. Il était un Auror... où l'était-il ? Maugrey Fol Oeil avait dédicacé sa vie à coffrer les Mangemorts, en avait lui-même tué... Une information manquait. Une information, réalisa Lucifer, que Croupton avait eu. Il avait supplié de voir Dumbledore avant que l'homme qui se trouvait face à eux ne le tue.
-Vous êtes fou, siffla Harry, atterré.
-Fou ? C'est ce que nous allons voir ! Nous allons voir qui est fou, maintenant que le Seigneur des Ténèbres est revenu et que je suis à ses côtés ! Il est revenu, Harry Potter, tu n'as pas réussi à le vaincre et, à présent, c'est moi qui vais te vaincre.
-Et il vous tuera pour ça, répliqua Lucifer. Il a ordonné à ses Mangemorts de ne pas nous toucher. Il est celui qui doit tuer Harry.
Maugrey, très agité, trop agité, se tourna vers lui.
-Harry peut-être, mais chaque fois tu as été là, pas vrai Lucifer ? Chaque fois tu as empêché le Seigneur des Ténèbres d'accomplir son œuvre ? Tu es celui que je tuerais et sans toi, Harry Potter mourra.
Harry plongea vers sa baguette sans lâcher la main de son frère, livide d'épuisement et de rage.
-Stupéfix !
La porte du bureau de Maugrey explosa alors qu'un éclair rouge atteignait l'homme.
-HARRY ! hurla James.
Il irradiait de fureur et Lucifer le dévisagea, les yeux écarquillés et la bouche entrouverte. Baguette brandie, se jetant devant ses deux fils pour les protéger du mal, James Potter était effrayant, puissant, et possédait une aura exceptionnelle. Dans l'encadrement de la porte, se tenait Albus Dumbledore, le seul sorcier que Voldemort ait jamais craint. Le regard fixé sur la silhouette inerte de Maugrey, il était plus terrifiant que tout ce que Harry et Lucifer auraient pu imaginer. Il n'y avait plus de sourire bienveillant sur son visage et ses yeux ne pétillaient plus de malice derrière ses lunettes en demi-lune. Une fureur glacée animait chaque ride de son visage et une impression de puissance émanait de lui comme s'il avait été entouré d'un halo de chaleur brûlante.
-Venez, Potter... A l'infirmerie.
McGonagall leur tendait la main, l'air bouleversé.
-Non, dit sèchement Dumbledore.
-Albus, ils devraient... Ils ont été suffisamment éprouvés pour ce soir...
-Ils doivent rester, Minerva, répliqua l'homme. Ils doivent rester tous les deux. Ils ont besoin de comprendre ce qu'il s'est passé. Il est nécessaire de comprendre la réalité avant de pouvoir l'accepter et seule l'acceptation de la réalité peut permettre la guérison. Il faut qu'ils sachent qui leur a imposé l'épreuve qu'ils ont subie ce soir et pourquoi.
Lucifer ferma brièvement les yeux et le monde se mit à tourner autour de lui.
-Je suis en fau...
-Non.
La voix d'Harry était si ferme et si féroce qu'il se tut. La poigne de son jumeau se referma. Leurs mains étaient abîmées à force de serrer autant mais se lâcher était impensable. Insupportable. James, assuré que Rogue, Mc Gonagall et Dumbledore contrôlaient Maugrey, se retourna et le gratifia d'un regard glacé.
L'homme n'était pas Alastor Maugrey. Lucifer avait soupçonné du Polynectar, et il avait eu raison. Il s'agissait de Barty Croupton Junior. Sous Veritaserum, il expliqua comment sa mère avait pris sa place et comment son père l'avait emprisonné. Il éclaircit pourquoi Harry n'avait pas sa baguette lors de la Coupe de Monde, pourquoi Winky avait été renvoyée, et comment exactement, Croupton était mort. Comment il avait aidé Voldemort.
-Avant le dîner, j'ai proposé d'aller placer le trophée dans le labyrinthe. Je l'ai transformé en Portoloin et le plan de mon maître a marché. Il a retrouvé le pouvoir et me récompensera au-delà de tous mes rêves.
Et Lucifer se contentait d'écouter, les larmes roulant sur ses joues, distancé de la réalité, de la même manière qu'il avait découvert les rouages de la Nuit de 1594. Le mystère révélé n'apportait jamais le soulagement d'enfin savoir ils étaient choqués et horrifiés. Plus tard, ils analyseraient. Se distancer émotionnellement paraissait impossible.
Dumbledore demanda à la directrice de Gryffondor de garder Croupton et à Rogue d'aller chercher Mrs Pomfresh ainsi que Fudge.
-Harry ? Lucifer ?
Les deux frères relevèrent la tête vers le directeur.
-James, je sais que vos fils ont besoin d'aller à l'infirmerie, mais je voudrais qu'ils rejoignent d'abord mon bureau. Sirius nous y attends, et nous devons parler.
Harry se leva, et James voulut poser une main sur son épaule mais il se déroba. Les jumeaux serrèrent la main de l'autre plus fort encore.
-Harry, murmura James, je t'aiderai, mon lion. Je suis là, et je t'aiderai, je te le promets.
-Lucifer, répondit Harry. Lucifer.
Il s'adressait à son jumeau, et des larmes brouillaient ses yeux verts.
-Cedric, haleta Lucifer dans un sursaut de souffrance. Les parents de Cedric...
-Ils sont avec Mrs Chourave, répondit Dumbledore. Elle est la directrice de Poufsouffle, et celle qui le connaissait le mieux.
Le cœur du garçon fut parcouru d'une douleur lancinante de part en part. Ils marchèrent dans le couloir dans un silence pesant. James tenta de prendre la main libre de son fils, qui se récria.
-Lucifer.
-Il va bien, répondit James. Il n'est pas blessé et il est avec toi.
Etait-ce du reproche dans sa voix ? Du regret ? Ou une intense fatigue ?
-Harry.
Parce qu'ils étaient incapable de prononcer autre chose que leurs prénoms mutuels. Que de s'assurer par ce mot qu'ils seraient toujours là pour l'autre.
Sirius se trouvait en effet dans le bureau de Dumbledore. Il bondit à leur rencontre, le visage livide.
-Harry, Lucifer ! Je le savais ! Je le savais que quelque chose comme ça se produirait ! Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Dumbledore alla s'asseoir à son bureau, l'air vieux et épuisé. Sirius passa une main sur le visage de Lucifer, sur son bras éraflé, s'arrêta sur le sang qui maculait sa robe et que le garçon avait depuis longtemps oublié. Ce simple contact aimant produisit un effet de chaleur apaisant chez lui.
-Tout ce sang... d'où vient-il ? continua Sirius.
Le sang, qui avait éclaboussé sa robe, s'écoulant du moignon fraîchement tranché de Peter... Lucifer eut un haut le cœur mais garda les lèvres hermétiquement closes. Sirius le força à s'asseoir sur une chaise tandis que James prenait soin de Harry. Les deux frères se tenaient toujours la main. Dumbledore résuma rapidement leur entrevue avec Barty Croupton Junior tandis que Fumseck s'élevait de son perchoir pour venir se lover sur les genoux de Harry, ses longues plumes rouges et or caressant la main de Lucifer.
-J'ai besoin de savoir ce qui s'est produit après que vous ayez touché le Portoloin, dans le cimetière.
-Ca ne peut pas attendre demain ? dit Sirius d'un ton abrupt.
-Non, répondit James. Ce ne serait pas une bonne chose. Endormir la douleur ne servirait à rien d'autre qu'à rendre le récit plus ardu.
-Vous avez fait preuve de plus de bravoure que tout ce que j'aurais pu attendre, et je vais vous demander de montrer encore une fois du courage.
Lucifer détourna ses yeux des prunelles bleues de Dumbledore. Il n'avait aucunement fait preuve de bravoure. Suivre Harry, tenter de le protéger, échouer... Et revenir avec le cadavre de Cedric.
-Comment Lucifer s'est-il retrouvé avec toi ? demanda James.
Sirius ouvrit la bouche pour répondre vertement mais Lucifer savait ce qu'il avait à faire. Il avait prévu ceci des mois auparavant, quand il avait pris la place de son jumeau lors de la Deuxième Tâche. Lâchant la main de son frère, le forçant à dénouer leurs doigts malgré la douleur physique et psychique que ce geste entraînait, il se leva et se tint droit, plongeant ses yeux dans ceux de leur père.
-Je voulais une partie de sa gloire. C'est tellement injuste qu'il soit celui qui ait le droit à toutes les aventures, à toutes les attentions. J'ai pris sa place lors de la deuxième Tâche pour éprouver les sensations, et j'ai décidé de l'accompagner pour partager sa gloire. Je voulais attirer l'attention.
-Non !
Harry se leva et Fumseck vint se poser sur l'épaule gauche de Lucifer.
-C'est faux, rugit-il avec une énergie surprenante, que son jumeau ne possédait pas.
Sa propre tirade avait été débitée avec autant de défi que possible, mais tout autant de lassitude.
-Lucifer est toujours à mes côtés. Il est venu pour me protéger, il a pris ma place parce que l'eau me tétanise et que je risquais de me noyer, il a essayé d'empêcher Voldemort de revenir. Il a toujours été là. Il est tout autant le Survivant que moi.
Les yeux de Dumbledore scintillèrent d'une lueur alertée. James et Sirius se levèrent d'un même mouvement, et toute l'attention se riva sur le jeune Poufsouffle qui se sentait glacé de l'intérieur.
-Lucifer, dit lentement Dumbledore, peux-tu approcher s'il te plaît ?
Le garçon demeura ancré sur ses pieds, mais Harry le força à obtempérer et il contourna le bureau pour venir se placer devant le directeur. D'une main plus ferme qu'il ne paraissait tranquille, l'homme dégagea ses longs cheveux rouges collés de sang et passa une main sur le long zig zag sur son cou.
-Cette cicatrice te fait-elle mal quand celle de Harry le brûle ?
-Oui.
Ils avaient souffert le même martyr dans le cimetière, les mêmes rêves durant l'année.
-T'es-t-il arrivé de parler avec des reptiles ?
Lucifer cilla, à peine.
-Non.
Il entendit son jumeau prendre une profonde inspiration.
-Je crois que tu parles Fourchelangue, Lucifer.
Le garçon se retourna pour ancrer ses yeux dans celle de son jumeau, où s'y reflétait son intense chagrin.
-Je n'ai jamais parlé avec le moindre reptile.
-Tu as compris Tom Jedusor en deuxième année, lorsqu'il parlait au Basilik. Il ne parlait avec lui qu'en Fourchelangue.
Lucifer voulut répliquer mais son esprit tourbillonnait sans accrocher la moindre pensée cohérente.
-Qu'est-ce que ça veut dire ? fit James.
-Tu parles Fourchelangue, Lucifer. Tu m'as répondu.
-Je l'ai fait en anglais.
Sirius posa une main ferme son épaule.
-Non, Lucifer.
Le monde n'avait plus aucun sens et pourtant tout paraissait à sa place. Dumbledore se rassit, et ferma les yeux. Harry reprit sa main et la pressa avec autant de force que de douceur.
-C'est impossible, contra leur père, la Prophétie...
La prophétie... Une prophétie que son jumeau n'avait évoquée qu'une seule fois, lorsqu'il avait voulu lui expliquer qu'il était celui destiné à vaincre Voldemort.
-La prophétie pouvait concerner deux familles, répondit Dumbledore. Ce qui a enclenché la prophétie est le sacrifice de Lily. Elle a donné sa vie pour que vivent ses deux fils. La gémellité demeure un mystère sur bien des points, mais il s'agit indéniablement d'un lien puissant. La vieille magie les a protégé et leur a permis à tous deux de survivre au sortilège de la mort. Si je devais deviner, je dirais que le sort de mort a atteint leurs doigts entrelacés, les touchant tous deux au même moment.
Parce que leur mère les avait aimés tous deux avec la même intensité et aurait refusé de faire un choix quant à l'enfant à sacrifier. Les mots de Dumbledore tombèrent sur les deux adultes comme une sentence.
-Lucifer est tout autant le Survivant que Harry.
-Non, réfuta Lucifer. Je ne suis pas le Survivant. J'ai survécu au sortilège de la mort au même titre que Harry, et mon destin se mêle au sien, mais je ne suis pas le Survivant. Le Survivant est un titre, un symbole au sein de la communauté sorcière. Il est le statut de sauveur, de célébrité, et le commencement de légendes et de ballades, de livres et de mythes. Harry est le Survivant. Pas moi, et je ne veux pas l'être.
-Comme toujours, tu fais preuve d'une impressionnante sagesse, et d'une capacité d'analyse tout aussi appréciable, commenta Dumbledore.
-Je ne veux pas du statut de sauveur. Je suis plus efficace dans l'ombre. Seuls ceux qui combattent contre Voldemort doivent savoir.
-Je peux te promettre cela, Lucifer, mais tu dois être conscient que les fidèles de Voldemort sont désormais au courant. A présent, je suis navré d'avoir à réitérer ma demande, mais je dois savoir ce qui s'est produit dans le cimetière.
Le garçon vacilla sous l'épuisement, et Sirius le rassit sur sa chaise tandis que Fumseck laissait échapper une note pure qui leur conféra la force nécessaire pour faire le récit de l'atroce nuit. Ils expliquèrent comment ils avaient interverti leurs places pour la deuxième tâche, pourquoi Lucifer se trouvait dans le parc le soir où Croupton était réapparu.
La main de Sirius était crispée sur l'épaule droite de Lucifer. Les jumeaux parlaient, et voyaient se dérouler de nouveau les événements de la nuit devant leurs yeux. Ils parlaient sans discontinuer et sentaient qu'on extrayait le venin de la nuit passée de leurs veines, se libérant par la paroles. A la mention de Peter prélevant le sang d'Harry avec un poignard, Dumbledore bondit et vérifia la plaie, une lueur de triomphe illuminant brièvement son regard. Il inspecta l'épaule de Lucifer, qui se rappela une nouvelle fois qu'une partie du sang marronnâtre sur lui appartenait à Peter, à sa main tranchée... La main de Sirius se crispa tant sur son épaule qu'elle en devint douloureuse.
La protection de Lily coulait dans leurs veines autant que celles de Voldemort. James blanchit.
Ils arrivèrent aux sortilèges, que Dumbledore nomma Priori Incantatum. La mention de Cedric les fit trembler tous deux, inconsciemment, ils se rapprochèrent et Fumseck s'étala sur leurs deux épaules.
-Un écho, avertit Dumbledore. Un écho qui a conservé l'apparence et la personnalité de Cedric. Je devine que d'autres formes ont du apparaître aussi. Des victimes moins récentes de Voldemort...
-Un vieil homme, murmura Harry d'une voix étranglée. Bertha Jorkins... et...
Il regarda Lucifer, qui était tout aussi incapable que son jumeau d'achever.
-Votre mère ? dit Dumbledore à voix basse.
Lucifer ferma les yeux. Une unique larme brûlante roula sur sa joue. « Mes si précieux fils. » La voix aimante, si aimante de Lily était le plus douloureux des souvenirs. Fumseck s'envola jusqu'à la jambe de Harry et ses larmes guérirent la blessure.
-Je vais le répéter. Vous avez fait preuve d'une bravoure et d'une loyauté l'un à l'autre qui dépasse tout ce que j'aurais pu attendre de vous. Vous avez manifesté le même courage que ceux qui sont morts en combattant Voldemort lorsqu'il était au sommet de sa puissance. Ce soir, vous avez porté sur vos épaules le fardeau d'un sorcier aguerri et vous êtes montré à la hauteur de l'épreuve. A présent, vous nous avez donné tout ce que nous pouvions vous demander. Je vais vous emmener à l'infirmerie. Je ne veux pas que vous retourniez tout de suite au dortoir. Vous avez besoin d'une potion de Sommeil et d'un peu de paix... Sirius, vous voudrez bien rester avec eux, cette nuit ?
Sirius approuva, et les deux garçons se levèrent mais Lucifer ne pouvait pas supporter sa culpabilité et ses questions.
-Si je n'avais pas été là, Voldemort serait revenu moins fort, ou son rituel aurait échoué. C'est ma loyauté qui a causé tout ceci.
-Je ne voulais pas que tu sois ailleurs que là, répondit Harry à voix basse.
-Nul ne peut le savoir, intervint Dumbledore. C'est une immense culpabilité que tu vas te faire porter, et elle ne devrait pas être tienne. Personne ne pouvait prévoir.
Lucifer se retourna vers James.
-Mais tu le penses, n'est-ce pas ? Tu vas me reprocher ma vie entière d'avoir suivi Harry.
Son frère fit volte face et ses yeux émeraudes dardèrent leur père.
-Lucifer est autant le Survivant que moi. Il ne m'a suivi que par loyauté, par amour. Et si les rôles avaient été inversés, c'est moi que tu aurais abandonné ? Si Dumbledore avait compris autrement et déterminé que c'était Lucifer qui avait vaincu Voldemort, qui était le Survivant, c'est moi que tu aurais laissé chez Pétunia Dursley. C'est lui que tu aurais élevé et aimé, et c'est à moi que tu aurais hurlé sans cesse que je voulais sa gloire.
La voix de Harry vibrait de fureur. Sa main serrait tant celle de son frère que ses ongles s'enfonçaient dans la chair déjà meurtrie.
-Ca aurait pu être moi que tu aurais abandonné ! Tu ne m'as gardé que parce que j'étais le Survivant. Je ne sais même pas si tu m'aimes pour moi, ou pour ce que j'ai accompli !
James hoqueta, mais Lucifer s'interposa.
-James t'aime. Il te connaît plus que personne et a toujours pris soin de toi. Il t'aime pour ce que tu es.
-Mais il t'a abandonné, pas pour ce que tu es, mais pour ce que tu n'as pas fait.
-Tu sais très bien que je ne pouvais pas vous élever tous les deux, gronda leur père.
-Tu as abandonné Lucifer. Tu nous as séparé. Si tu étais allé le voir chaque année, si tu lui avais montré que tu l'aimais, ce serait différent, mais tu l'as mis de côté. Tu as refusé de voir tes erreurs, années après années. Tu nous as séparé, et tu ne nous a jamais permis d'être ensemble, alors que nous étions si proches malgré tout. J'aime Lucifer depuis toujours mais tu nous a séparé et j'ai du m'en souvenir.
Harry éclata de rire soudain, un rire entre sanglot et ironie, le même que celui de son frère.
-Mais si c'était Lucifer que tu avais gardé, il ne m'aurait pas rejeté. Il serait revenu vers moi de lui même.
-Harry...
-Maman a un message pour toi, continua l'adolescent sans aucune pitié. « Rappelez à votre père que je suis tombée amoureuse de lui une fois qu'il est devenu moins arrogant. » Tu as décidé de n'écouter que toi. Tu as décidé que Lucifer voulait s'approprier ma gloire, tu pensais qu'il serait jaloux de moi, et je sais que tu le croyais réellement. Tu le croyais parce que c'est la façon dont tu aurais réagi si tu avais eu un frère célèbre, mais Lucifer n'est pas toi. Lucifer n'a jamais voulu aucune gloire, n'a jamais fonctionné avec la gloire. Il aime. Il est mué par son amour, par l'amour qu'il porte à ses proches.
Harry se tut enfin, et un lourd silence s'abattit sur le bureau du directeur. Il enserra son jumeau dans une étreinte féroce, dans une poigne où il fit passer tout son amour, et Lucifer s'agrippa à lui comme si leur vie en dépendant. Ensemble, depuis toujours.
Sirius, sous sa forme de chien noir, menait leur cortège. Harry refusait le moindre contact de James. En poussant la porte de l'infirmerie, ils tombèrent sur Ron, Hermione, Susan et Sally-Ann qui harcelaient Mrs Pomfresh de questions. Noah était recroquevillé dans un coin, livide et les yeux cernés, semblables à un cadavre.
-Harry ! s'exclama Hermione.
Noah releva deux yeux fiévreux vers Lucifer et tenta de se relever mais il vacilla devant l'apparence de son meilleur ami.
-Ecoutez-moi un instant. Harry et Lucifer ont traversé une terrible épreuve cette nuit. Et il a fallu qu'ils la revivent pour me la raconter. La seule chose dont ils aient besoin, maintenant, c'est de sommeil, de tranquillité, de calme. S'ils souhaitent que vous restiez avec eux, ajouta-t-il en regardant les cinq adolescents, vous pourrez le faire. Mais je ne veux pas que vous lui posiez de questions tant qu'ils ne seront pas prêts à y répondre, c'est-à-dire certainement pas ce soir.
Noah s'appuyait contre le mur, tremblant de tous ses membres. Lucifer le regardait sans avoir la force de lâcher la main de son jumeau pour aller à sa rencontre. Même Mrs Pomfresh ne parvint pas à leur faire se lâcher. James se contenta sans un mot de rapprocher deux lits pour qu'ils puissent dormir l'un à côté de l'autre.
-Je vais bien, assura Harry à Ron et Hermione.
Susan et Sally-Ann paraissaient dévastées.
-Je sais, dit Lucifer.
Noah posa une main tremblante sur le bord de métal du lit, et Lucifer lui tendit la main. Le garçon s'y agrippa, et se blottit contre lui sans un mots. Lucifer dégagea son bras pour l'entourer de ses bras, sa main droite dans celle de son frère. Ils burent sans discuter la potion de Sommeil violette que Mrs Pomfresh leur donna.
Noah tremblait contre lui, Lucifer pouvait le sentir. Confortablement installé, il sentit peu à peu les brumes du sommeil s'évaporer. La nuit n'était pas terminé... En face de lui, les yeux verts de Harry le fixaient avec le même questionnement et le même chagrin que leur peu de sommeil n'avait pas atténué.
-Ils vont les réveiller à faire du bruit. Maman, tu avais vraiment besoin de venir ?
-Dumbledore nous a contacté.
Lentement, Harry se redressa et lâcha la main de son frère avec un sourire rassurant. Lucifer enserra aussitôt Noah dans ses deux bras. Le professeur McGonagall se disputait avec le Ministre de la Magie.
-Noah, murmura Lucifer d'une voix rauque.
Son ami se retourna et nicha son visage dans son cou, sur la cicatrice qui l'avait tant brûlé ses derniers heures. Il pleurait, et Lucifer le savait traumatisé.
La porte de l'infirmerie s'ouvrit à la volée sur un Ministre de la Magie exigeant de voir Dumbledore, vitupérant contre McGonagall. Ils avaient, une fois encore, supprimé un témoin, avec le baiser du détraqueur. Lucifer sentit Noah se tendre dans ses bras.
-Quel abruti, gronda le garçon, et il s'agissait des premiers mots que son meilleur ami l'entendait prononcer depuis qu'ils s'étaient retrouvé. Ils vont modifier l'Histoire à leur guise.
Il tenta de se lever mais il tremblait toujours, et Lucifer le ramena à lui.
-Je suis là, Noah. Je suis là. Je ne te laisserai plus.
Il hésita sur cette promesse, mais la détresse intense du garçon le bouleversait.
-Voldemort est revenu, mais je ne te laisserai plus. Si tu veux venir avec moi, tu le pourras.
-J'ai eu... Tu n'as pas idée de ce à quoi tu ressembles, Lucifer. Ton visage est couvert de sang séché, et tu es pâle comme la mort.
-Je suis désolé. Je suis désolé, Noah, je suis tellement désolé. Je n'ai pas eu le choix, tu comprends ? J'ai toujours été trop loyal, et tu as toujours eu raison.
Dumbledore et Fudge débattaient, et James s'y mit. Les deux garçons savaient qu'ils devaient écouter, qu'ils devaient faire attention à ce que la vérité soient retenue, mais ils avaient besoin de se retrouver.
-Je serai toujours là, Lucifer.
Noah s'appuya sur lui, et ils écoutèrent le monde se déliter un peu plus, atterré, se rassurant par leur présence mutuelle.
-Vous avez lu l'article de Rita Skeeter sur parole, Mr Fudge, murmura soudain Harry.
Le silence se fit. Le Ministre fixait le Survivant avec un air victorieux, et toute la lassitude du monde était inscrite sur le corps du garçon. Les doigts de Noah s'enfoncèrent dans l'épaule de son meilleur ami, qui accentua son étreinte. Mais même l'intervention de Dumbledore, même le coup d'éclat caractéristique d'Harry hurlant les noms des Mangemorts ne parvinrent à faire changer le Ministre d'avis.
-J'étais présent, dit Lucifer. Je puis vous redonner les noms exacts. Voldemort a nommé tous les Mangemorts par leur nom de famille, puis Lucius Malefoy par son prénom. L'un d'entre eux a tenté de se faire pardonner.
Le nom surgit devant ses yeux.
-Avery. Il a reçu un Doloris.
-Ridicule, répliqua Fudge. Pourquoi Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom torturerait-il ses alliés ?
-Monsieur le Ministre, intervint Noah, l'année dernière, vous avez refusé de nous croire lorsque nous avons affirmé que Sirius Black était innocent mais un procès pour le prouver est en cours et le dossier examiné. Vous avez deux témoins prêts à vous relater des faits, qui ne peuvent être dûs à une hallucination commune.
Fudge transpirait et son teint virait au violet. Il tournait la tête dans toutes les directions, cherchant une échappatoire.
-Le jumeau d'Harry Potter ne peut être pris en compte comme témoin. Il est prêt à tout pour de l'attention, même à faire accuser sa propre famille.
-Mon fils est à Poufsouffle, cracha James. Il est loyal.
Lucifer entrouvrit les lèvres, stupéfait. Jamais encore son père ne l'avait ainsi revendiqué. Harry paraissait sur le point de sauter à la gorge du Ministre, et Dumbledore intervint de nouveau avant que la situation ne dégénère, conseillant à l'homme de retirer les Détraqueurs d'Azkaban, d'envoyer des émissaires aux géants. Noah attrapa le poignet du Survivant.
-Cela ne sert à rien, Harry. La décision de Fudge est prise. Il réécrira l'histoire comme il le désire même s'il doit se contredire à chaque phrase, à chaque argument qu'il réfute. Nous devrons agir de notre côté.
Les yeux creusés dans ses orbites, amer et épuisé, Noah semblait inquiétant. Fudge lui donna raison en suppliant Dumbledore de lui dire qu'il n'était pas de retour. Rogue dévoila sur son bras une marque noire, et Lucifer revit celle de son parrain qui venait de lui arracher de la peau, de le blesser sans aucun état d'âme. Un gémissement sortit de ses lèvres, et Sally-Ann et Susan opérèrent aussitôt un mouvement identique vers lui. Rogue s'interrompit brusquement et son teint cireux devint livide lorsqu'il lui jeta un regard.
-Si nous avions su que ça fonctionnait comme ça... murmura James, écoeuré. Il nous aurait suffi de vérifier les bras de Peter, de Sirius...
Fudge fixait la marque avec dégoût et lâcha un sac de Gallions sur le lit d'Harry, qui paraissait au bord de la nausée. Enfin, il disparut.
Noah et Lucifer savaient qu'ils étaient en train d'assister à la formation d'une résistance. Dumbledore fit appeler ses alliés, et demanda à Sirius de reprendre forme humaine. James, lui et Rogue se fixèrent avec la plus grande répulsion.
-Le moment est venu d'oublier vos anciennes querelles.
Il se passait autre chose que la simple inimitié d'adolescence. Le dégoût mutuel qui tordit les traits de Sirius et du Maître des Potions n'était rien à côté de la tension qui apparut lorsqu'il dut serrer la main de James. Il y avait plus que la haine dans le regard de leur père, il existait une férocité effrayante, qui trouvait son écho dans les orbes noires et amères de l'homme.
-Miss Bones... Puis-je compter sur votre discrétion ? Votre présence ici ce soir ne sera pas répercutée sur votre tante, mais que vous ayez connaissance de la suite des événements pourrait lui porter préjudice.
Susan se redressa et lança un regard à l'évadé, à son professeur de potions puis à Lucifer.
-J'imagine qu'il ne me sert à rien de prétendre plus longtemps que je ne sais pas, soupira-t-elle. Le Ministère refuse de croire au retour d'un Mage Noir quand je sais qu'il l'est. Parfois, il est nécessaire de se dissocier du gouvernement mais pas des lois. Je vous donne ma parole que je garderai secret tout ce que j'apprends ce soir.
Lucifer esquissa un rictus triste à son égard. Dumbledore, après l'avoir remerciée, envoya Sirius contacter les anciens. Une autre résistance, datant de la Première Guerre, où le Ministère ne devait pas avoir été plus utile. Sirius étreignit les deux jeunes Potter puis reprit sa forme animagus et fila hors de l'infirmerie.
-Severus, vous savez ce que je dois vous demander... Si vous y êtes prêt...
-J'y suis prêt, répondit l'homme.
Ses yeux noirs brillaient étrangement. Harry retourna à son lit, sa main toujours dans celle de son jumeau. Il fixait le sac d'or avec répulsion.
-Je ne veux pas de cet or. Prenez-le. Donnez-le à n'importe qui. Ce n'est pas moi qui aurait dû le gagner. C'est Cedric.
-Ce n'est pas ta faute, murmura Mrs Weasley.
-Je lui ai dit de prendre le Portoloin, répondit Harry d'une voix sans timbre.
Lucifer serra sa main et détourna les yeux. Mrs Weasley prit son frère dans ses bras, et Lucifer se blottit contre Noah, assoiffé d'amour et torturé par la culpabilité, assoiffé d'amour maternel. « Mes si précieux fils. » Il se mit à pleurer silencieusement, le corps secoué de sanglots, et Susan et Sally-Ann vinrent s'étendre contre lui, le presser entre leurs bras pour apaiser sa souffrance tandis que la Potion de Sommeil sans rêve faisait effet.
