Le monde nouveau
Le sang perlait de sa blessure, mais il n'avait pas le temps ; pas de guérison, ni même un simple bandage de fortune. Ils seraient trop à mourir durant ce court laps de temps.
Peur qui vous cloue le ventre, vous affaibli malgré de si longues années en sa compagnie. Même la douleur se tait en sa présence.
C'est un champ de bataille, plus de morts que de blessé, plus de sang que de larmes. LA terre est boue, la pluie n'est que crachin, bruine : froide, insinueuse.
-Harry regarde !
On a trop envie de hurler de rage quand on est mort de peur, pour l'effacer à défaut de l'oublier. Ou est ce le contraire ?
Le monde tournait, sombre et implacable ; le ciel illuminé par des milliers d'étoiles.
Il aurai voulu être n'importe où sauf ici, n'importe qui sauf lui car les crocs du destin se refermaient, l'enveloppant dans leur moiteur inconfortable.
-Harry Potter, voici ta fin !
Voix sifflante, persiflante, amer et dure. Voix suffocante qui étreint et étouffe.
-Voldemort.
Simple souffle enrayé, enfermé, compressé par la peur.
C'est là 7 ans d'apogée de terreur , sur les cadavres qui ensemence la nouvelle ère. Jamais le souffle du vent ne paru si glacé, le goût de la terre si fade, les couleurs si sombres.
Jamais le vert ne fut si laid à ses yeux, un simple sortilège insulte à la vie, à la vie de sa mère.
Le regard se voile quand les genoux fléchissent de faiblesse, l'air le frôle, l'épargne, avec cette chance qui l'a toujours suivie.
Il est prosterné, les yeux ancré dans deux rubis reptiliens aux reflets d'excitation, de vengeance froide, de cruauté sanglante…
Sursaut d'espoir lorsque enfin son corps réagit à la vitesse de son esprit.
Lueur d'incompréhension. La fraîcheur de la nuit s'infiltre en lui, sa chair devient pierre, son cœur ralenti. L'éclair, si douloureusement célèbre, si lié avec son ennemi, s'efface.
-Tu n'es plus.
Le vent charrie encore ces mots devant la poussière éternelle et tourbillonnante, sculpté dans le marbre ; immobile.
Une silhouette accourt au loin ignorant les décombres.
Le cri d 'angoisse, de victoire, le libère enfin.
Le Survivant s'écroule dans ses larmes, dans l'ombre qui l'accueille.
Tout est flou.
-Harry, oh merlin, je suis là Harry, je ne te laisserai plus jamais, plus jamais. Tu resteras à moi pour toujours. Tu seras heureux. Heureux.
Tout est flou dans ma mémoire.
Le réveil est lourd et froid quand on est seul.
-Hum Harry.
Odeur fruité, agressive, trop…féminine.
Le soleil le brûle, il le réchauffait avant, mais la chaleur est étouffante.
Penser à ses bras qui l'enlacent, tellement plus doux, plus libre.
Penser que ses mains éveillent le désir jusqu'à ce qu'il soit palpable.
Là , il est prisonnier d'une étreinte.
Maintenant trop réveillé, le brun s'extirpa des draps et des bras de sa femme pour prendre une longue douche. Au sortir, vêtu d'un simple pantalon de toile noir il s'aperçu que la chambre était vide. Comme d'habitude.
-Le petit déjeuné est prêt.
Tout est trop blanc, trop lumineux,comme s'il fallait prouver au monde sa faiblesse passé. Oui il avait peur du noir, et alors ?
-Harry !
La routine est si ancré dans sa vie qu'il la suit par automatisme. Il attrape une chemise dans les tiroirs près de la fenêtre l'enfile et descend.
Ils sont déjà attablé, Albus son fils de 6 ans est muré dans un silence qui l'opprime, il fait peine à voir. Son autre fils, Alan à seulement 8 mois, et il ne sait toujours pas ce que c'est qu'être libre. Tout à coup en arrivant devant ses tartines de pain trop beurré et son café trop fort Harry se sentit pitoyable. Toute cette mise en scène l'étouffait jusqu'à se demander comment il avait survécu à cela auparavant. Ginny était partout, voulait que tout sois parfait, et il cru un moment qu'il allait hurler pour qu'elle cesse toute cette agitation. Mais elle s'assit, enfin et de son propre chef, pour faire manger le plus petit.
-Tu as prévu de faire quelque chose cette après midi chéri ?
-Je pensais sortir…
-Oh, mais c'est parfait, avec Albus et Alain nous devions faire les courses, or tu n'es vraiment pas doué pour cela mon chéri.
-Tu vas travailler ? demanda timidement son fils.
La réalité ne le frappa que plus durement, qui était ce petit garçon aux cheveux indomptables et aux yeux plus bleus que l'océan, à la peau d'albâtre et aux petites mains. Que savait il de cet enfant qui était la chair de sa chair ?
-Non Al, je vais juste faire un tour en ville, tu veux venir avec moi ?
Le monde cessa de tourner, pour l'enfant d'abord qui n'en espérait pas tant de ce père absent et célèbre, par la mère ensuite qui le ressentit comme une trahison, qu'on lui enlevait son enfant, pour le père enfin qu'une question qui devrait être si banale ou naturelle soit à ce point surprenante.
-Tu n'as qu'a prendre tes affaires moldus, nous irons ensemble nous promener, tu n'as pas spécialement besoin de lui Gin ?
Devant lui le vide, mais le bruit des pas dans l'escalier se précipitant pour s'enfermer dans la chambre le laissa perplexe.
-Elle est faché ?
-Ne t'inquiète pas, va préparer tes affaires et celles de ton frère, nous allons passer un peu de temps entre père et fils.
Harry n'oublia sans doute jamais le sourire étincelant que lui offrit Albus ce matin là mais ce qui resta dans sa mémoire ce fut surtout sa première véritable dispute avec sa femme quelques minutes plus tard.
-TU ES COMPLETEMENT INCONSCIENT !!!! CE NE SONT QUE DES ENFANTS, QUI ES TU POUR LES EMMENER AVEC TOI LOIN DE MOI !!! JE SUIS LEUR MERE JAMAIS ON NE LES SEPARERA DE MOI TU M'ENTENDS JAMAIS.
La suite fut noyé dans les pleurs et les hurlements d'hystérie que le Survivant supporta jusqu'à ce qu'elle se calme.
-Ce sont aussi mes enfants Ginnerva, maintenant que j'ai la possibilité de les voir je ne vais pas m'en priver, tu as compris ?
-VAS T'EN, MONSTRE SANS CŒUR, TU LES BRISERAS.
La journée était si pleine de soleil qu'ils durent tous s'acheter une casquette pour ne pas attraper une insolation. Ils avait passé presque une heure dans le métro de Londres pour arriver enfin ans la périphérie.
-Pourquoi ne pas avoir transplaner ? demanda l'aîné des frères.
-Il n'est pas toujours bon d'utiliser la magie a des fins personnelles, même si on se serait bien passé de tout ce monde, avait répondu son père en souriant. Pourquoi, tu as eu peur ?
L'enfant haussa les épaules et continua de marcher.
Harry les avaient emmené dans un parc très verdoyant qui était pourvu de quelques manèges en son centre s'il avait bonne mémoire.
Les animaux sauvages étaient rare mais bien présent et si on était attentif on pouvait voir passer un écureuil d'un arbre à un autre.
Vers 10h ils croisèrent un vendeur de glace ambulant.
-Tu en veux une ?
-Maman dit que ce n'est pas bon pour la santé.
-Je ne t'ai pas demandé ce que ta mère en pensait Al, juste si tu en voulait une.
-Je ne sais pas, je n'ai jamais goûté.
-C'est le moment où jamais, décréta malicieusement le plus âgé.
Il s'approcha du vendeur et demanda trois glaces chocolat. Quand Albus demanda timidement ce qu'était le chocolat, le glacier eu un sourire surpris.
-Il ne sort que très rarement avec sa mère, expliqua le professeur légèrement inquiet lui aussi de la réponse de son fils.
-C'est quelque chose que tout les enfants aime. Goûte tu vas voir.
Maladroitement le garçon lapa une goutte marron qui coulait sur le cornet.
-C'est froid, s'écria t'il !
-Bien sûr puisque c'est une glace. C'est bon au moins ?
-Oui !
Et le sourire fut si grand et si innocent que le marchand leur fit cadeau des trois cornets.
-Que je sois pendu si je recroise à nouveau un gosse qui ne sache rien du chocolat avec tant de plaisir dans les yeux quand il en mange.
Plus tard la petite famille s'installa sur un banc où l'adulte eu toutes les peines du monde à faire manger son second fils sans en mettre partout sur ses vêtements miniatures.
-Tu t'y prend mal, riait l'aîné, on dirait que tu veux lui apprendre les tables de multiplication.
-Pourtant ça n'est pas le cas, se défendait son père piteusement, une petite cuillère en plastique dans une main, le bébé dans l'autre.
Et cet air de chien battu faisait rire plus encore Albus, enchantant le parc par sa candeur et sa pureté.
L'après midi passa si rapidement que le soir venue ils durent cette fois transplaner pour ne pas que la rouquine fasse une crise d'angoisse à l'idée que ses « petits chéris » sois dehors à une heure pareille.
C'était finalement si peu une semaine de vacance, songeait le brun en embrassant ses fils avant de monter dans le Poudlard axpress.
Il avait tenté chaque fois que possible de sortir avec Albus et Alain durant cette semaine et les crises de pleurs et de cris de Ginny avaient alourdie l'ambiance.
Le regard un peu lointain de son fils aîné était déprimant, celui rougit de sa femme agaçant. Qu'avait elle à le fixer comme un martyr ? Elle toujours si prompt à lui reprocher de ne pas passer assez de temps avec ses enfants…
Harry soupira puis commença à s'éloigner, le sifflet du contrôleur sur le point d'entrer en action. Mais une petite voix l'appela derrière lui et le fit se retourner.
-Papa !
Heureusement quelques années en tant qu'auror lui permirent d'attraper le petit corps crispé de sa progéniture.
-Je veux venir avec toi, supplia la petite voix, si faible et si étouffé.
Merlin il aurai tellement voulu que cela soit possible, il sentait le regard lourd de menace de son épouse mais il s'en fichait. Il aurait voulu ne pas partir, l'enlever de sa vie de règles et de son carcan trop étroit pour l'emmener avec lui dans ce château si magique… Mais pour faire quoi ? Il était si occupé et puis il y avait Severus. Jamais il n'accepterais d'enfants, même sous la contrainte.
-Un jour Albus, je te le promet.
C'était une dure rentrée qui l'attendait.
-Oh, je vous en prit Snape, ne soyez pas si impatient, il ne devrait plus tarder,
s'impatienta Hermione.
-Et qu'est ce qui vous fait croire que je suis impatient Granger ?
-C'est la quatrième fois que vous portez votre verre à vos lèvres alors qu'il est à moitié vide sans en boire une gorgée.
Un sourire satisfait le fit se renfrogner un peu plus.
-Ne soyez pas si réjouie Mlle Granger, il me tarde juste de savoir s'il à survécu à son étouffante conjointe.
L'enseignante leva les yeux au ciel face à la mauvaise foi de son collègue, mais ne serait il pas Severus Snape sinon ?
-De plus ma tasse n'est pas à moitié vide mais bien à moitié pleine
Au moment où elle allait répliquer les portes de la Grande Salle s'ouvrirent sur un groupe d'élèves plutôt bruyant accompagné de leur professeur de DCFM, le visage fermé par une réflexion intense.
Il s'installa sans effusion à sa place habituelle entre le maître de Potion et sa meilleur amie et commença silencieusement son repas.
Tout le corps enseignant fut surpris par cette attitude si lointaine de celle qu'il connaissait sauf Hermione et Severus.
Eux l'avait côtoyé sous ce tempérament éteint : durant la guerre.
-Le jour où Potter pense est un jour qui nous approche un peu plus de l'apocalypse, ironisa le responsable des Serpentard pour le faire sortir de sa torpeur.
-C'est une blague de très mauvais goût Severus, répondit il, mais bonjours à toi aussi.
-Tu as passé de bonnes vacances ? Questionna la jeune femme à sa gauche.
Un doux sourire étira ses lèvres, adoucissant les traits de son visage. Bien sûr qu'il avait passé de bonnes vacances. Entre la veille de son départ, tantôt mouvementé tantôt doux, avec Severus et les moments passé avec ses fils…
Il se rembrunit à la suite de ses pensées, quelque chose le tracassait et ce depuis son départ.
Il avala la fin de son croissant, bu la dernière gorgée de son chocolat chaud et quitta la table en s'excusant.
Il avait besoin d'être seul, juste un moment, sans le bavardage incessant de ses élèves, sans le regard interrogatif de ses condisciples, sans le silence pesant que lui offrirai ses appartements. Poussé par son envie de calme et de réconfort Harry se dirigea vers les cachots. Arrivé devant le tableau des appartements de son amant il prononça distinctement le mot de passe ( patermonia (1)) mais rien ne se passa. Stupéfait il tenta d'autres sentences, plus serpentard les unes que les autres. Le tableau devant lui s'ouvrit enfin lorsqu'une voix plus grave énonça la phrase correct.
-La Bochaine s'éveille et les perles du Büech s'éternisent dans son lit de pierre. (2)
Le brun se retourna vivement.
-C'est un long mot de passe. Imaginatif mais compliqué, remarqua t'il à demi boudeur.
-J'ai eu quelques visites surprise durant ton absence d'où cette nouvelle précaution.
-C'est de toi ?
-Non, c'est l'extrait d'un poème. Tu entres ou tu restes à la porte ?
-Ne sois pas si diligent, j'entre bien sûr mais je ne risque pas d'être très bavard.
Indifférent en apparence de ses paroles l'effrayant maître des potion pénétra dans son antre suivit par son jeune et déstabilisé amant.
Est ce un rêve ou est ce la réalité…. Je crois bien que c'est la réalité… J'ai réellement publié (tellement en retard que je ne compte plus les mois mais on a dit un rêve pas un miracle…)
Je dit un grand MERCIIIIIIIIIIIII à mes revieuweuses (ça s'écrit comme ça ?) et à mes revieweurs pour leur soutient qui m'on beaucoup encouragé alors que j'en avais besoin… Je ne vous promet pas que le prochain chapitre sera là bientôt mais je vous garantie qu'il arrivera un jour !!!!
Pour les notes
1 Patermonia est le nom de la psychomage de Drago dans Opération marions le qui est une fic à la fois drôle et touchante… N'hésitez pas à allez voir.
2 La Bochaine est une région en France près de Nîmes (à une demi journée en voiture quand même) tandis que le Büech est une rivère qui suit la route pour aller en Bochaine. Ce poème à été écrit par moi même il y a un an lors d'un voyage là bas.
« Brûle été pour devenir automne
Brûle frêne et devient cendre
La montagne de feu est un éden doré
Respire l'éther des braises flamboyante
La Bochaine s'éveille et les perles du Büech s'éternisent dans son lit de pierre »
Inutile de vous dire que le paysage du coin est magnifique en automne…
A la prochaine
