Yo! Me voici de retour avec le chapitre 10 de Frères. Que j'aurais sûrement pu écrire plus tôt si je n'étais pas tomber dans overwatch...
Bref merci à Arthygold, Dumini et Aurelia-love-Saga pour leurs reviews
Bonne lecture
Le soleil perçait à l'horizon, le ciel se parait de couleur rosâtres et orangées, les oiseaux piaillaient, un vent frais balayait la ruelle déserte. Seul des bruits de pas venaient perturber cette quiétude matinale, pressés, saccadés, fuyants.
Une femme aux courts cheveux blancs et au teint cadavérique se traînait en boitant dans l'allée étroite, jetant constamment des coups d'œil derrière elle. Sa jambe lui faisait un mal de chien.
Son objectif, si près, lui semblait particulièrement loin. Elle y était presque, son poursuivant semblait semé mais pouvait à tout moment réapparaître.
Un virage à gauche, une dernière ligne droite courue dans la mesure du possible, sous le regard interrogateur de quelques passants, elle y était. Ses doigts s'approchèrent fébrilement de l'interphone de l'immeuble pour choisir le bouton correspondant à un nom bien connu.
Quelques secondes qui lui parurent une éternité et quelqu'un répondit.
« -Qui est-ce?
-Sari' c'est moi... »
Aucune réponse hormis le son strident signifiant que la porte avait été déverrouillée. Avec difficulté, la femme poussa la lourde structure de bois et pénétra l'édifice. Une porte dans les étages supérieurs claqua, les planches de l'escalier grinçaient sous le poids de quelqu'un clairement en train de dévaler les marches. Du colimaçon finit par apparaître une certaine népalaise complètement retournée, elle se précipita alors sur la nouvelle venue pour la soutenir et l'empêcher de s'écrouler.
« -Je te croyais morte, murmura Sarita, après tout ce temps sans nouvelles.
-J'ai bien failli y passer plusieurs fois, rétorqua l'autre d'une voix rauque.
-Tout va bien se passer maintenant. »
Les deux femmes remontèrent dans l'appartement de la brune, prenant cependant soin cette fois de prendre l'ascenseur. Une drôle d'assemblée se trouvait à l'intérieur du logement, le blond dans un coin s'énervant sur son téléphone, le brun aux traits tirés allongé sur le canapé, la tête blanche lui ressemblant étrangement en pleine discussion avec un autre homme à la tignasse de la même couleur .Tant de visages familiers pour qui Nora était une parfaite inconnue. Toutes ces personnes se tournant vers elles à leur arrivée.
« -Bon Mimi t'avais raison c'est pas Julian, admit Eaque.
-Ce n'est pas Kanon non plus, siffla Rhadamanthe.
-Cesse de t'inquiéter autant pour lui, intervint Rune, il a sûrement trouvé une piste et mais à besoin de plus de temps que nous l'imaginions pour l'exploiter.
-Il ne devrait pas être sous silence radio comme ça, même Saga n'a aucune nouvelle.
-Ayoros doit être collé à lui toute la journée, il ne doit pas avoir une minute pour nous contacter. »
Sarita se racla la gorge avec un certain agacement.
« -Si nous arrêtions de nous inquiéter pour Kanon simplement parce que ça fait à peine douze heures qu'il n'a pas envoyer de sms pour nous recentrer sur quelque chose de plus important. J'ai quelqu'un à vous présenter. »
D'un signe de la main, elle invita la nouvelle arrivante à s'approcher.
« -Laisse moi deviner! S'enthousiasma son fils biologique. C'est ta petite-amie et après des années que vous sortiez ensemble en cachette, tu te décides enfin à nous la présenter!
-Il faut vraiment que tu arrêtes de voir des couples partout, s'exaspéra Minos, tu ressembles de plus en plus à Aphrodite.
-Et il faut aussi que tu te fasses à l'idée qu'il y ait une personne hétérosexuelle dans cette famille, compléta l'anglais.
-Ah bon, coupa la népalaise, et qui est-ce? »
La fratrie l'observa avec des grands yeux.
« 'Ne me regardez pas comme ça, je n'ai jamais dit que j'étais hétérosexuelle.
-Telle mère, tel fils, déclara le brun d'un air approbateur.
-Elle est blessée, intervint Rune d'une voix neutre. »
L'attention se porta de nouveau sur l'inconnue qui s'appuyait difficilement contre une commode pour s'empêcher de tomber.
« -Et on repart à l'hôpital alors que je viens d'en sortir, chantonna Eaque avec désespoir.
-Ce n'est rien, affirma-t-elle bien que son visage dise le contraire. Ne vous inquiétez pas pour moi.
-No' quand tu dis ce genre de chose je peux être sûre à 500% que tu as quelque chose de cassé.
-On doit discuter de choses importantes, je ne suis pas en sucre, ne t'en fais pas.
-No' arrête de jouer la femme sans faille et...
-Tu comptes nous présenter ton amie un jour? Questionna Minos. »
Cette femme n'arrêtait pas de lui jeter des regards en coin et c'était particulièrement perturbant.
« -Bien sûr, approuva Sarita. Les enfants, voici Nora.
-Nora comme...
-Comme la mère de Minos, oui. »
Le norvégien écarquilla les yeux
« -Alors c'était donc vrai, tu ne te teignant pas les cheveux en cachette pour qu'ils soient blancs, réalisa le brun, c'est bien ta couleur naturelle.
-Bien sûr que c'est ma couleur naturelle, siffla l'aîné. Tu crois vraiment qu'à trois ans je me décolorais les cheveux ?
-On ne sait jamais avec toi... D'ailleurs Rune, c'est naturel ta couleur de cheveux à toi ?
-Eaque ! »
Une belle famille de fous, c'était la seule chose qui venait à l'esprit de Nora pour décrire le spectacle sous ses yeux. Sarita elle-même levait les yeux au ciel et Rhadamanthe lui lança un regard désolé avant de s'approcher d'elle.
« -N'en voulez pas trop à Eaque, c'est un mécanisme de défense chez lui de changer le sujet de conversation vers quelque chose de plus léger quand il y a des problèmes.
-Ne t'inquiète pas, même si je n'étais pas avec vous toutes ces années, Sari' m'a tenue au courant de ce qui se passait dans vos vies et je savais à quoi m'attendre venant de lui,ce n'est pas le fils de Sari' pour rien. Au passage, tutoie moi, je sais que je n'ai pas eu de rôle directe avec vous tous mais je n'aime pas l'idée d'être une inconnue.
-Comme tu le veux.
-Je... »
Minos s'était approché d'eux, suivit de près par son amant, et observait sa génitrice avec hésitation, ne sachant pas quoi lui dire. ''Une vrai tête de chiot perdu'' aurait dit Eaque s'il n'était pas en train de se faire engueuler comme du poisson pourri par sa mère, exaspérée de ses remarques. L'anglais effectua un repli vers son téléphone pour tenter à nouveau de contacter son petit-ami.
« -Qu'est-ce que tu as grandi... La dernière fois que je t'ai vu tu tenais dans mes bras et tu dormais douze heures par jour. »
La tension était palpable et gênante. Qu'était-il censé répondre à cette femme qu'il ne connaissait pas ? Sa mère biologique dont il n'avait rien à faire jusqu'à il y a encore quelques semaines. Sa vie était parfaite avant tout ça, une famille aimante : mère incroyable et fratrie soudée, un petit-ami parfait, une entreprise florissante, tout allait comme il pouvait l'espérer. Et puis voilà que du jour au lendemain son père refaisait surface ainsi que sa génitrice au bord de la mort, Eaque manquait de mourir empoisonné et Rhadamanthe était la cible de prédilection de l'assassin pour une histoire d'amour, point bonus si Kanon était réellement en danger et que le prochain à disparaître soit Rune. Comment pouvait-il agir normalement avec Nora alors qu'il la rencontrait dans ces conditions ?
« -Écoute, reprit-elle, je n'ai pas été la mère parfaite, je n'étais pas présente pour toi, je ne t'ai pas élevé et je t'ai laissé croire que je t'avais complètement abandonné, je me suis contenté de te voir grandir de loin et de cacher ton existence et celle de tes frères à ton père. Mais je devais le faire, pas seulement pour toi mais aussi pour Rhadamanthe, Eaque et Sarita. C'était la seule chance pour que ce taré ne puisse pas vous atteindre alors je l'ai prise. Tu peux m'en vouloir si tu veux mais je ne regrette pas ma décision, j'espère juste que tu pourras me pardonner.
-Je ne t'en veux pas, je n'arrive simplement pas à te voir comme tu voudrais que je le fasse. »
L'amertume était présente dans la voix du fils et, bien que le visage de la mère restait stoïque, un éclair de regret traversa ses yeux.
« -Comment pourrais-tu la voir comme ta mère alors que cela ne fait que cinq minutes que tu la connais ? Interrogea pragmatiquement son bras droit.
-Et bien je...
-Laisse le temps à votre relation de se créer au lieu d'abandonner tout de suite.
-Depuis quand tu me donnes des conseils sur comment gérer mes relations ?
-Depuis que ta famille de fous est aussi la mienne.
-Alors c'est son petit-ami, constata simplement Nora.
-Effectivement.
-Je vois...
-Pas la peine de lui faire les menaces de morts sur le fait qu'il ne faut pas blesser Mimi' ! Intervint Eaque. Rhada s'en ai déjà chargé.
-Des ''menaces de morts'' ? S'étrangla la norvégienne. Pourquoi je menacerais son petit-ami ? Il est bien assez grand pour s'occuper de ses affaires de cœur tout seul.
-Rune a raison, réalisa le népalais, on a vraiment une famille de fous...
-On s'inquiète simplement pour le bonheur les uns des autres, contesta Rhadamanthe.
-Tu ne m'enlèveras pas l'idée que menacer l'intégrité des personnes avec qui l'un de nous sors, c'est quand même abusé.
-Je savais que tu étais du genre protectrice Sari', mais de là à contaminer nos gosses, je te dis chapeau.
-Je ne suis pas comme ça, s'offusqua le plus jeune frère.
-Je parlais de Rhadamanthe et Minos, pas de toi, mais si tu te sens concerné, c'est peut-être vrai pour toi aussi.
-Mais...
-Et si on prenait une tasse de thé ? Proposa Sarita, coupant court à toute discussions.
-Tu n'as pas du café ? Tenta Nora.
-Pas plus qu'il y a vingt ans. Il n'y a pas de café chez moi, il n'y en a jamais eu et il n'y en aura jamais.
-Hélas, marmonna Minos. »
La partie norvégienne de la famille, aussi connue comme les seuls consommateurs de café, s'adressa des gestes de soutien. Les temps étaient difficiles pour ceux qui vivent sous la domination des buveurs de thé. Toujours en est-il qu'ils se retrouvèrent tous assis où ils le pouvaient, un canapé entier ayant été réservé à Nora à cause de sa blessure, le népalais s'assura que tous le monde avait une tasse pendant que l'anglais revenait de la cuisine avec une théière fumante pour servir tout le monde. La chef de famille revint rapidement dans la pièce avec une boite d'antidouleurs qu'elle posa devant son amie.
« -Sari' arrête de t'inquiéter pour moi, je vais bien.
-No', la seule raison pour laquelle on est pas déjà à l'hôpital pour te faire soigner, c'est parce qu'on a déjà eu notre dose avec les enfants ces derniers jours. Alors soit gentille et prend ça. »
L'autre s'exécuta avec mauvaise grâce.
« -Qu'est-ce que vous fichiez à l'hôpital ?
-On a reçu trop tard ta lettre nous avertissant du danger et Eaque s'est retrouvé empoisonné.
-Pauvre gosse... Est-ce que ça va ?
-Oui, j'ai été soigné dans les temps. Mais je ne mangerais plus jamais quelque chose qui a été proche d'un des potentiels ennemis de Rhada, ou d'un des ex des nos petits-copains/petites-copines.
-Hein ? »
Nora fut mise au courant sur Ayoros et ses potentielles motivations, la mère de Rhadamanthe ayant voulu reprendre contacte et tout le reste de l'affaire. Elle eut l'air de réfléchir un instant avant de se tourner vers l'anglais.
« -Il faut que tu ailles rencontrer ta mère biologique pour lui tirer des informations, si elle a voulu reprendre contact avec toi, c'est forcément qu'il se trame quelque chose.
-Il y a quand même une faible chance qu'elle veuille le voir pour se racheter, rappela Sarita.
-Sari' tu as vraiment trop de foi dans la bonté naturelle des gens... Susan est une ordure qui ne pense qu'à sa petite personne, elle n'agit certainement pas par bonté de cœur. Elle aurait pu nous envoyer Rhadamanthe directement au lieu de le foutre dans un orphelinat pourri au fin fond de la cambrousse anglaise. Bordel, on a presque dû la menacer pour qu'elle nous dise où il était.
-Langage. Et s'il elle n'a que des mauvaises intentions comme tu dis, je ne tiens absolument pas à envoyer mon fils se faire trancher la gorge.
-On a qu'à envoyer Rhada' avec quelqu'un capable de se défendre, proposa Eaque. Avec Marine par exemple, elle est policière et armée, elle n'a qu'à se faire passer pour sa fiancée qu'il veut lui présenter pour ne pas perdre de temps.
-Je ne pense pas que Rhadamanthe et Marine soit vraiment les meilleurs personnes pour se faire passer pour un couple ensemble, déclara Minos septique.
-Je proposerais bien qu'il emmène Vio' mais Shaina acceptera jamais.
-Rhadamanthe, est-ce que c'est d'accord avec toi ? »
Le blond soupira violemment.
La mère biologique de Minos était de retour dans leur vie et avait clairement l'intention d'y rester, Eaque avait été mis au monde par la personne qui les avait aidé, il était le seul de la fratrie à avoir une génitrice qui était dans le camp opposé. Rune était toujours dans le champs de vision de son frère et Julian était prêt à venir au benjamin si il lui demandait, il n'avait pas de nouvel de Kanon qui était entre les mains de son ex et meutrier.
En ce moment précis, l'anglais avait l'impression qu'il n'avait rien à perdre.
« -Je vais le faire. »
…
Lorsqu'Ayoros avait rejoint son appartement, il avait tout de suite remarqué le calme omniprésent, chose impossible si Kanon était dans les parages. Il avait rapidement fais le tour du logement vide pour être de plus en plus inquiet.
Le manteau et les clefs de son amour étaient présents dans l'entrée alors qu'il n'était pas assez tête en l'air pour partir sans.
Dans le salon, quelques goûtes écarlates maculaient le parquet, et il en avait assez sur les mains pour savoir que c'était du sang.
L'armoire de la chambre avait été ravagée, ses vêtements éparpillés aux quatre coins de la pièce. La boite contenant son pistolet était sur son lit, complètement détruite, les photos étaient négligemment renversées sur le sol, certaines déchirées, son arme avait disparu. Avec la plus grande précaution, il saisit les clichés qui avaient survécus à la furie pour les ranger soigneusement dans un autre conténaire, s'attendrissant sur le visage angélique de Kanon. Une vague de rage le submergea, soit son petit-ami était à l'origine de se massacre et il s'était fait avoir comme un débutant, soit quelqu'un d'autre voulait s'en prendre à lui et avait décidé d'utiliser son amant comme moyen de chantage.
La main tremblante, il saisit son téléphone pour appeler le guitariste. Le téléphone sonna dans le vide et personne ne répondit. Un sms vint cependant lui porter des nouvelles.
« Il semblerait que tu sois incapable d'accomplir ta mission correctement. Ton arme est confisquée pour un temps indéterminée. Tu as dû voir ce qui était arrivés au photos de ton cher petit-ami, rate encore une fois et la même chose arrivera à l'original. Ne nous déçois plus et fais ton boulot, je t'observe de loin.
-K »
La haine l'emplit totalement, c'était la guerre.
Voila voilà, merci d'avoir lu, n'hésitez pas à laisser votre avis et rendez-vous au prochain chapitre !
