Coucou tout le monde!
Non non, vous ne rêvez mais pour me faire pardonner de toutes les fois où je laisse un énorme temps d'attente entre deux chapitres, voici déjà la suite. Et cette fois, ce chapitre est plutôt long. Il s'agit du passage que j'avais le plus envie d'écrire dès le début de l'histoire, c'est pourquoi j'espère sincèrement qu'il vous plaira.
Comme d'habitude, j'en profite pour remercier mes fidèles lecteurs Fic-World, satokooo, Awesome Einsamkeit, ouassi et Aokaga168 pour vos reviews.
Atsukocchi: Merci pour ta gentille review, je suis heureuse que ce chapitre et le rapprochement entre Daiki et Taiga t'ai plû. Et ne t'en fais pas, même si parfois je reste un long moment sans rien posté, jamais je n'abandonnerais ma fiction.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture ~
Un mois été finalement passé depuis l'humiliation qu'avait vécu Daiki dans les couloirs du lycée. Et, même si ce n'était toujours pas parfait, on pouvait dire que sa vie s'était tout de même sensiblement améliorée. Il avait continué à rencontrer régulièrement la génération miracle pour faire des matchs et affronter également Kagami tous les mardis comme il avait été convenu. D'ailleurs, malgré son niveau, le roux n'avait pour le moment toujours pas réussit à le vaincre. Côté cours, ses deux ennemis, Hanamiya et Haizaki, n'avaient pas renoncé à l'idée de lui rendre la vie impossible mais il avait toujours pu compter sur son camarade pour le soutenir, voir distribuer des coups de poings à sa place.
Cependant, il y avait quelque chose qui avait changé chez Kagami justement. En effet, ça faisait une semaine maintenant que Daiki s'était rendu compte que le roux le regardait de nombreuses fois avec insistance sans jamais rien lui dire. Bien sûr, les sentiments du métis étant toujours très présents au fond de lui, il s'était dit qu'ils étaient peut-être retournés mais se refusait de tirer des conclusions trop hâtives pour ne pas être déçu par la suite. Cela ne l'empêchait pas de rêver régulièrement du roux et de voir son amour partager. Cependant, chaque matin le replongeait dans la réalité et le faisait se sentir toujours plus seul.
Daiki secoua cependant la tête pour chasser toutes ses pensées de son esprit tout en terminant de se préparer. Après tout, aujourd'hui était un nouveau mardi qui commençait, ce qui annonçait le match qu'il attendait toutes les semaines avec celui pour qui son cœur battait. Autrement dit, sa journée préférée. Il alla donc prendre son petit déjeuner avant d'attendre son amie d'enfance au bas des escaliers.
- Tu es déjà prêt Dai-chan ?
- Ben ouais.
- Tu dois vraiment apprécier les matchs que tu joues le mardi, constata-t-elle en rejoignant le jeune homme. C'est d'ailleurs le seul jour de la semaine où tu es à peu près motivé pour aller en cours.
- Ouais, c'est cool, j'aime bien.
Satsuki lui sourit tandis qu'ils quittaient finalement la petite maison pour se mettre en route.
- Sinon, ton père rentre bientôt non ?, questionna le métis.
- Oui, dans trois jours et pour deux semaines. Il sera plus souvent là que le mois dernier et c'est tant mieux.
- C'est clair, c'est une bonne nouvelle.
La jeune fille sourit. Après tout, elle n'était pas sans savoir que son ami se confiait beaucoup à son père. Malheureusement, l'adulte n'avait pas été souvent là quand le métis avait eu le plus besoin de lui le mois dernier et c'était vraiment dommage.
- Bon et bien c'est ici que je te laisse Dai-chan, déclara-t-elle finalement en s'arrêtant devant son lycée. Amuse-toi bien alors ce soir.
- Oui merci. Bonne journée et à ce soir.
Satsuki lui adressa un sourire et un petit signe de la main auquel Daiki répondit avant qu'elle ne traverse la rue. Le jeune homme reprit donc tranquillement sa route en direction de son lycée dans lequel il entra avant d'apercevoir au loin Kagami. Il lui adressa un petit signe auquel le roux répondit vaguement avant de se détourner, ce qui lui força un haussement de sourcils. Cependant, il n'y fit pas plus attention, la sonnerie annonçant le début des cours.
La matinée sembla durer une éternité, les cours, plus inintéressants les uns que les autres, se succédant avec lenteur. D'ailleurs, Daiki entreprit de s'endormir sur sa table toute la matinée.
Ainsi, la sonnerie annonçant le repas arriva comme une délivrance et il ne lui fallut pas plus de temps pour prendre son sac qu'il n'avait même pas ouvert et se diriger vers le toit, s'asseyant contre les barrières et déballant son repas. Et comme d'habitude, Taiga ne tarda pas à le rejoindre, s'asseyant à ses côtés et commençant à manger en silence.
- Quelque chose ne va pas Bakagami ? T'as l'air bizarre aujourd'hui.
- Hein ? Ah non, je réfléchissais juste à un truc sans importance, c'est tout.
- Parce que ça t'arrive de réfléchir ?
- Parle pour toi Ahomine !
Le métis haussa vaguement les épaules en terminant d'engloutir son repas.
- Sinon, c'est toujours bon pour le match de ce soir hein ?
- Ben ouais, comme d'hab. En plus, on a de la chance, il fait beau et pas trop chaud, assura Kagami. C'est le temps idéal. Je sens qu'aujourd'hui sera le jour de ma victoire.
- Dans tes rêves ! T'es né un bon siècle trop tôt pour pouvoir espérer me battre !
- C'est ce qu'on verra !
Daiki ricana, heureux que l'atmosphère se soit détendu et que le roux soit redevenu lui-même. Il n'aimait pas le voir faire ce genre d'expression. Cependant, alors qu'il buvait tranquillement, il s'aperçut bien vite que son camarade recommençait à le regarder bizarrement, lui qui pensait que ça lui avait passé…
- Quoi ? Pourquoi tu me regardes comme ça ? Tu veux ma photo ?
Taiga détourna immédiatement le regard pour se reconcentrer sur sa cannette vide.
- Non non, pour rien, marmonna-t-il avant de commencer à rassembler ses affaires. On devrait y aller, ça ne va pas tarder à sonner.
- Ouais…
Le métis prit donc à son tour son sac avant de commencer à se diriger silencieusement vers leur salle de cours. Depuis quelques temps, ses conversations avec Kagami se terminaient toujours de la sorte de toute façon et c'était dommage. Au moins, il ne l'avait jamais laissé tomber, c'était déjà ça. Et ça lui permettait d'essayer d'enterrer plus facilement ses sentiments qui le rongeaient depuis un mois. Alors, même si ça lui faisait mal, c'était peut-être mieux comme ça.
Il cogita cependant sur la question tous les cours qu'il lui restait, admirant sans vergogne le roux se tenant plusieurs tables devant lui, attendant avec impatience leur match hebdomadaire. Ainsi, dès que la sonnerie de seize heures retentit, il fut le premier dehors, son sac sur l'épaule, à se diriger rapidement vers le terrain de basket. Et Kagami ne tarda pas à l'y rejoindre, posant ses affaires à son tour dans un coin.
- C'est bon, t'es prêt Bakagami ?
- Ouais. Prépare-toi à perdre !
Daiki ricana légèrement à cette affirmation avant de se mettre en place, ballon en main, pour commencer à dribbler. Le match débuta alors, aussi endiablé que jamais, chacun décidé à prendre le pas sur l'autre. Ainsi, ils enchaînèrent les feintes, les shoots et les contres avec rapidité, souriant comme toujours en profitant de ce petit moment rien qu'à eux. Daiki en était d'ailleurs heureux, surtout depuis que Kagami lui avait un jour confiait qu'à part un ami qu'il considérait comme son frère et qui se trouvait dans un autre lycée, il avait peu de camarades avec qui il passait du temps parce qu'il n'aimait pas leurs attitudes opportunistes. Alors le fait de savoir qu'il était un privilégié suffisait à rendre le métis heureux.
- 'Tain, j'ai encore perdu !, pesta finalement Taiga en essayant de reprendre son souffle. D'un point en plus, j'étais vraiment proche du but !
- Je t'avais dit que tu n'y arriverais pas Bakagami, assura son adversaire en riant.
En ce moment même, il semblait vraiment heureux, un immense sourire sur son visage tandis que le soleil illuminé sa peau hâlée, à tel point que le roux ne parvenait pas à décrocher son regard de lui. Il était beau, tout simplement. Ainsi, sans réfléchir, il s'approcha à grands pas du métis pour finalement le pousser contre le grillage.
- Aïe ! Mais qu'est-ce que tu fais Bak…
Mais Daiki n'eut pas l'occasion de terminer sa phrase, sentant des lèvres s'écrasaient contre les siennes. Il écarquilla les yeux à ce geste, n'osant plus bouger, ne parvenant pas à réaliser la situation. Kagami était en train de… L'embrasser ? C'était impossible ! Et pourtant…
Cet instant ne dura que quelques secondes mais sembla durer une éternité pour le métis avant que le roux ne s'éloigne, dévisageant son camarade d'une drôle de façon.
- Kagami…
- D-désolé, j'ai à faire, je dois y aller.
Sans rien ajouter d'autre, il se dirigea vers ses affaires qu'il prit avant de quitter rapidement les lieux sans un regard en arrière, laissant Daiki seul dans son incompréhension, ne parvenant pas à réaliser ce qu'il venait de se produire. Il n'avait pourtant pas rêvé. Il se dirigea donc doucement vers ses affaires en se caressant doucement les lèvres. Peut-être que finalement, le roux l'aimait ?
C'est donc en cogitant durement qu'il rentra chez lui pour constater que son amie d'enfance n'était pas encore rentrée. Il chercha donc ses clés et ouvrit la porte avant d'entrer et de se déchausser pour se diriger vers sa chambre. Une fois changé, il redescendit dans le salon et s'assit dans le canapé, cherchant quelque chose d'intéressant à regarder.
Moins d'une dizaine de minutes plus tard, il entendit la porte d'entrée s'ouvrir rapidement.
- Je suis rentrée Dai-chan !, s'exclama joyeusement Satsuki en refermant derrière elle et en se déchaussant.
- Ouais, bon retour.
Il pouvait dire adieu au calme et à la tranquillité désormais. Cependant, il se leva et éteignit le téléviseur pour aller à sa rencontre.
- Tu as passé une bonne journée ?, questionna-t-elle en le voyant.
- Comme d'hab je dirais, avec des hauts et des bas. Et toi ?
- Super. En plus, on nous a rendus deux interros aujourd'hui et ça me fait deux bonnes notes de plus, je suis contente.
Daiki ne répondit rien à cela, acquiesçant simplement d'un signe de tête.
- Dis-moi Satsu, fallait que je te pose une question.
- Vas-y, je t'écoute.
- Quand tu embrasses quelqu'un, ça veut dire que tu l'aimes, n'est-ce pas ?
La jeune fille le regarda, les yeux écarquillés de surprise.
- T'es tombé sur la tête Dai-chan ?
- Tu vas pas me faire le coup à chaque fois que je te pose une question ! Et puis elle vient cette réponse ?
- Ben oui, c'est quand tu aimes quelqu'un que tu l'embrasses. Mais pourquoi tu me pose cette question ? Tu as embrassé quelqu'un ? C'était la fille dont tu sembles amoureux ? Raconte-moi tout, je veux tout savoir !
Daiki soupira, exaspéré par ce côté de la personnalité de son amie. Mais il ne pouvait décemment pas lui dire qu'il avait embrassé un homme alors qu'elle lui avait dit elle-même que c'était une relation anormale. Il ne voulait pas que son regard pour lui change à la suite de cela.
- C'est pas pour moi ! J'ai un pote qui était amoureux d'une fille sans que celle-ci lui est jamais montré un sentiment en retour et voilà qu'elle l'a embrassé aujourd'hui. Je voulais savoir si c'était bon signe.
- Vraiment ?
- Puisque je te le dis, assura le jeune homme en détournant néanmoins légèrement les yeux.
- Et bien oui, c'est bon signe pour lui alors. Cela veut dire que ses sentiments sont partagés.
- Je vois, c'est une bonne nouvelle.
Le métis ne put s'empêcher de sourire légèrement. Lui qui avait toujours été haïs de tout le monde, voilà qu'il était enfin aimé. Et même si c'était un couple « anormal », Kagami n'avait pas l'air de s'en préoccuper et ça le rendait heureux. Du coup, même s'ils n'avaient pas eu l'occasion de discuter après cela, Daiki était vraiment pressé de retrouver le roux le lendemain.
Cependant, sa bonne humeur s'effilocha néanmoins quand il dut supporter pour seul repas la cuisine infâme de son amie d'enfance et qui faillit bien avoir raison de lui. Cependant, malgré ce point noir, il passa tout de même une bonne soirée, ayant enfin l'impression d'avoir trouvé une petite place pour lui dans ce monde qui le rejetait depuis sa naissance.
Le lendemain matin, il ne fallut guère de temps à Daiki pour être fin prêt, terminant de nouer correctement sa cravate dans le miroir. C'était d'ailleurs la première fois de sa vie qu'il était pressé d'aller en cours. Même s'il n'avait que faire des enseignants et de leurs disciplines, toutes ses pensées allant vers le populaire Kagami Taiga. D'ailleurs, cet empressement n'échappa pas aux yeux de son amie d'enfance alors qu'ils marchaient dans les rues.
- Tu as vraiment l'air de bonne humeur aujourd'hui Dai-chan. Et ce n'est sûrement pas grâce à tes cours.
- Non mais j'ai des trucs à faire. En plus on a un match avec la génération miracle ce soir. Je suis sûr que ce sera une excellente journée.
- C'est ce que je te souhaite en tout cas, assura joyeusement Satsuki. Je préfère te voir comme ça en plus.
Elle s'arrêta finalement devant son lycée.
- On se retrouve ce soir au terrain de street-ball alors. Passe une bonne journée.
- Ouais, toi aussi.
Daiki lui adressa un léger signe de la main avant de se diriger vers son propre établissement scolaire dont il ne tarda pas à franchir les grilles. Et au fond de la cour, il aperçut bien vite son camarade, facilement reconnaissable par sa taille et sa couleur de cheveux atypique. D'ailleurs, il lui fit un signe de la main quand le roux se tourna vers lui mais celui-ci détourna rapidement le regard, ne lui répondant pas, feignant visiblement de ne pas l'avoir vu.
- Hey Kagami !
- Salut.
La réponse était un peu froide contrairement à d'habitude.
- Tu sais, je voulais qu'on parle de ce qui s'est passé hier. D'ailleurs, à ce propos, je voulais te dire que moi aussi je…
- Je… Je ne vois pas de quoi tu parles.
Daiki s'arrêta un instant, regardant son camarade pour essayer de déceler chez lui une certaine trace d'humour.
- Mais si tu sais ! Ce qui s'est passé hier, après le match !
- Ecoute, j'ai oublié. Et tu ferais bien d'en faire autant.
- Hein ? Mais pourquoi ?
- Je sais pas du tout ce qui m'a pris, j'ai déconné, et je regrette ce geste, déclara Kagami. Et je veux pas que tu t'imagines qu'il y est quoique ce soit entre nous, on est seulement ami. T'as assez de problème comme ça alors t'en rajoute pas, c'est dans ton intérêt. Et puis je veux pas être un anormal comme toi moi…
Taiga se tut alors, réalisant l'impact de ses paroles, mais trop tard. Le pauvre métis eut l'impression que son cœur venait de rater un battement tellement les mots du roux lui faisait mal. Il serra les dents avant que son poing n'aille rencontrer violemment le visage de son interlocuteur, lui faisant perdre l'équilibre sous l'impact.
- T'es qu'un enfoiré ! T'avais pas le droit de me faire ça ! Depuis le début, je pensais que t'étais un mec bien ! Tous les mots de soutiens que tu m'as dits, je les ai cru ! J'avais que ça à quoi me raccrocher ! Je pensais que j'étais enfin aimé par quelqu'un ! Mais en fait t'es qu'un connard, comme tous les autres !
Taiga ne put nier sentir son cœur se serrer face aux paroles de l'adolescent, empreint d'une détresse indescriptible. D'ailleurs, son regard, en plus de la colère, montrait qu'il était profondément blessé.
- Ao…
- Tu te prends pour qui Monstros !, s'exclamèrent certains des équipiers du roux en s'approchant des deux garçons. D'où tu te permets de frapper et d'insulter Kagami ?
- Occupez-vous de ce qui vous regarde vous !
- T'as qu'à pas brailler comme une bête sauvage ! Surtout que tu te permets de blesser Kagami après tout ce qu'il a fait pour toi. Tu pensais sérieusement qu'il pouvait t'apprécier, toi et ta tronche horrible ? T'es vraiment trop con !
Daiki serra les points, se sentant trahis et blessé comme jamais, et tourna rapidement les talons avant de partir en courant.
- Reviens Monstros, on a pas finit de te parler !
- Foutez-lui la paix, ordonna Taiga en se redressant tout en se massant la joue.
Il regarda le métis disparaître de son champ de vision, rongé par un sentiment de culpabilité, tandis que la sonnerie retentissait, annonçant le début des cours.
Daiki, lui, ouvrit la porte du toit à la volée avant de jeter son sac sur le sol, écœuré.
- C'est vraiment le pire des connards ! Il avait pas le droit de me dire ça !
Il renifla légèrement avant de sentir des perles d'eau salée quitter leurs prisons d'azur pour rouler sur ses joues pour la première fois depuis longtemps. Il se sentait définitivement brisé. Lui qui avait toujours cherché sa place sur Terre sans y parvenir, alors qu'il pensait y être arrivé, venait de voir tous ses espoirs anéantis. Ce n'était qu'un anormal, à cause de sa couleur de peau, qui ne faisait que des trucs interdits. Même Satsuki lui avait dit qu'aimait un homme était anormal.
Se sentant ainsi au fond du gouffre, il s'approcha maladroitement des barrières du toit, regardant le sol se trouvant plusieurs mètres plus bas.
- A quoi bon me battre si personne ne veut de moi ?
- Tiens tiens… Voilà un jeune homme bien triste.
Daiki sursauta à cette phrase et s'essuya rapidement ses yeux pour ne montrer ses larmes à personne avant de se retourner. Il fit alors face à une personne de grande taille, bien que plus petite que lui. Elle arborait un visage aux traits fin, éclairait par de grands yeux verts étoilés de longs cils et de très longs cheveux ébènes. Celle-ci était vêtu d'une chemise et d'un pantalon semblable à l'uniforme du lycée et semblait plus âgée que l'adolescent.
- Qu'est-ce que vous faites là ? Et puis c'est un établissement masculin, les femmes n'ont rien à faire ici.
Cette réponse valut de faire rire son interlocuteur.
- Mais justement, malgré mon apparence qui suggère le contraire, je suis un homme, assura-t-il d'une voix grave, tranchant avec son physique. Et je suis venus pour te voir Daiki.
- Qui êtes-vous ? Et comment connaissez-vous mon nom ?
- Je me nomme Sumeragi Kojiro. Et je suis venus te trouver pour discuter un peu avec toi, étant sans doute une des personnes les mieux placées pour comprendre ce que tu ressens.
- Comment… ?
- J'ai moi aussi étudié dans ce lycée il y a quinze ans.
- Quinze ans ? Mais alors, vous aussi vous faites partis des anormaux ?
- Oui, ceux qui naissent tous les quinze ans. J'ai traversé les mêmes épreuves que toi, subit la même discrimination, justement parce que je ressemble à une fille, expliqua le dénommé Kojiro. Mes propres parents se sont débarrassé de moi et j'ai donc était cloitré dans un couvent, élevé toute ma jeunesse par des bonnes sœurs. Et toutes mes années de scolarité, je les ai passé en subissant la haine et le dégoût de tous mes camarades.
- … Comme moi…
- Tu le ressens toi aussi, ce sentiment de n'avoir ta place nulle part et de ne pas être accepté, malgré tes efforts. Ce sentiment de rejet, de n'être qu'un monstre et de servir de bouc-émissaire aux autres.
Daiki ne répondit rien, sachant que cet homme avait raison. En même temps, si c'était réellement un « anormal », ce qui était fortement suggéré par son apparence, il avait dû effectivement traversé les mêmes épreuves, les mentalités ne changeant pas malgré les années en ce qui concernait les gens différents.
- J'imagine que toi aussi, tu as déjà ressenti l'envie irrépressible de te venger de tous ceux qui t'ont fait souffrir.
- … Oui. Mais je sais bien que c'est pas possible.
- Détrompes-toi, c'est possible et cela grâce à toi, raison pour laquelle je suis venu te trouver. Si tu te joins à moi, nous pourrons faire payer tous ceux qui t'ont fait du mal.
- Vraiment ?
Il pensa immédiatement à Hanamiya et Haizaki, bien sûr, mais le reste de sa classe également. Et Kagami aussi. Cette dernière pensée lui serra d'ailleurs le cœur.
- Oui. Si tu me prête ta force, nous créerons un monde sans discrimination, je te le promets, reprit Kojiro en tendant la main vers l'adolescent.
Pour une raison inexplicable, en croisant ses yeux émeraudes, Daiki avait senti son esprit se vider complètement, comme endoctriné, tandis qu'il avançait lentement sa main vers celle qui lui était tendu.
Cela faisait dix minutes que la sonnerie avait retentit quand le professeur arriva enfin. Certains élèves râlèrent d'ailleurs à ce sujet, s'étant imaginé ne pas avoir cours. Mais Taiga, lui, n'y faisait pas attention, perdu dans ses pensées.
- Je suis vraiment un con. J'avais pas le droit de lui dire ça.
De plus, ce serait mentir que de dire qu'il ne ressentait rien pour le métis. Ce n'était pas pour rien qu'il l'avait embrassé la veille. Cependant, une petite partie de lui s'était mise à redouter de devenir à son tour un « anormal », d'être victime de discrimination lui aussi, ce qui lui avait valu d'agir comme le dernier des idiots. D'ailleurs, lors de l'appel, il ne put s'empêcher de se tourner vers la table du fond, vide, en entendant le nom du basané. Il fallait à tout prix qu'il recolle les morceaux, même si Daiki ne voudrait certainement plus jamais entendre parler de lui.
- Tiens d'ailleurs, il est où Monstros ?, questionna finalement Hanamiya, quelques tables non loin de lui.
- J'en sais rien et au pire je m'en fous, assura Haizaki. Mais il me semble l'avoir vu se diriger vers le toit. Il avait l'air malheureux, on aurait dit qu'il allait chialer, c'était vraiment un spectacle hideux. Du coup, si ça se trouve, il a enfin décidé de débarrasser le plancher en faisant le grand saut ?
- Oh arrête, ce serait trop bien !
Et ils se mirent tous deux à ricaner. Cependant, Taiga ne l'entendait pas du tout de cette oreille, horrifié par cette simple idée. D'ailleurs, cela lui valut de se lever d'un bond, oubliant qu'il était en cours et recevant ainsi le regard de toute la classe.
- Peut-on savoir ce qui vous arrive monsieur Kagami ?, questionna alors l'enseignant.
- Je me sens pas bien du tout, il faut que j'aille à l'infirmerie.
Et avant d'attendre la moindre réponse, il prit son sac qu'il avait toujours fermé près de lui et partit en courant de la salle, remontant le couloir à toute allure. Malgré sa course effrénée, il ne faisait que penser à Daiki. Il ne voudrait peut-être plus le voir, l'accueillerait certainement avec un autre coup mais Taiga s'en moquait. Il voulait juste retrouver le métis, le serrer dans ses bras et lui dire combien il l'aimait et combien il était désolé pour sa lâcheté.
Ainsi empli de motivation, il monta les escaliers quatre à quatre et déboula comme une furie sur le toit, se prenant les pieds dans un sac de cours laissé là et qu'il identifia rapidement comme appartenant au métis. Cependant, il n'y avait pas la moindre trace de son propriétaire dans les environs.
- Putain, qu'est-ce que j'ai fait…, marmonna-t-il, tétanisé.
