RAR : Ariani Lee (merci de ta review, ravie que ça te plaise toujours :D en ce qui concerne tes questions : oui, il y aura un autre monde après celui-ci. En fait, j'ai prévu quatre mondes au total. Quant à la fin, ils ne sont pas au bout de leurs épreuves, mais je promets une happy end.) Serya-chan : (j'aime beaucoup ces scènes aussi. Je ne me lasse pas d'exploiter/explorer les réactions Axel après le départ de Roxas. xD moins d'angst à prévoir pour la suite. Enfin tout est une question de point de vue xD) Nayru25 (hugs et encore merci) ValOoh AsakOora (et bien il a craqué. Fallait que cela arrive à un moment ou à un merci pour ta review ! ) Duncan Heart (grins merci, merci, MERCI XD je suis vraiment contente que le précédent chapitre t'ait plu, c'était l'un des textes les plus difficiles que j'ai eu à écrire. Euh à vrai dire, j'ai rajouté les bannis dans mon word count, lol… j'avais besoin de prendre un break sur mon histoire de zombies. Je suis émue que mon texte fasse passer autant d'émotions. Merci.) Bouddha (pas d'inquiétude à avoir quant à la suite de la fic, je la continuerai et la finirai. J'ai toute l'histoire en tête, mais c'est une fic difficile à écrire car elle demande beaucoup de choses de moi. Merci vraiment de ta review, qui m'a beaucoup touchée. Voilà la suite, en espérant qu'elle te plaira également)
Je vous remercie encore une fois de vos X
Merci asphodèle pour la bêta, nayru25 pour son soutien et les Muses de Clio. Merci aussi à toutes de review qui me font toujours sauter de joie/sourire/couiner/piquer les yeux. A présent trêves de bavardage et place au chapitre !
Note : ce chapitre est posté en avant première sur le forum Clio (si vous êtes curieu(x)se, venez faire un tour, l'adresse est sur mon profil.
Note bis : je dois arrêter de lire les romans gothiques T.T
Monde 2
V
Il y a quelque chose
Qu'hier encore n'existait pas
(La Belle et la bête)
Les yeux mis clos, Acsel regardait Roxas dormir. La tentation de se rapprocher était presque trop tentante pour être ignorée. Être plus proche, assez pour le toucher, l'embrasser ou le tuer – Axel n'arrivait pas à se décider. Il resta dans l'ombre, veillant sur son sommeil, ignorant la colère, tapie dans un coin de son crâne.
La voix rieuse de Cid se fit entendre près de son oreille droite – il ignorait pourquoi il avait permis à cette maudite araignée d'élire domicile dans ses cheveux.
« Nous savons tous les deux que tu ne veux pas le tuer, » susurra l'arachnide.
Axel l'ignora, incapable de comprendre ce qu'il ressentait. Roxas réveillait en lui des choses qu'il n'avait jamais ressenti du moins dans cette vie. Même lorsqu'il était vivant, il ne se souvenait pas avoir ressenti des choses aussi intenses.
« Il m'a abandonné, » dit Axel, la voix basse et blessée « il m'a laissé mourir. »
-Que s'est-il passé ? » demanda Cid.
Axel n'était même pas certain de le savoir. Ses souvenirs étaient confus. Il y avait de la terreur et de la douleur, la douleur autour de son cou, l'étranglement et la trahison qui effaçait les éclats de rire. Axel ne parvenait pas à se souvenir de moments heureux ; ils étaient tous entachés par la souffrance et la colère.
« C'était avant.
-Quand tu respirais ?
-Avant. Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois, dit Axel. Je crois que celle-ci est la troisième.
Ou peut-être a quatrième, mais Axel n'en était pas certain – mais finalement, cela n'avait pas d'importance.
« Ils nous ont condamnés parce que nous étions ensemble. »
/La nuit dans le cachot. L'homme dans la cellule attenante à la sienne chante un air triste. Axel se souvient des hurlements./
« Et lui ?
-Lui m'a laissé mourir. »
Cid ne dit rien, suspendu à une de ses mèches par un fil de soie.
« Tu aurais voulu qu'il meure avec toi ? »
Axel ignorait s'il haïssait assez Roxas pour répondre à cette question.
-o-
/Roxas rêve.
Il sait que c'est un rêve, parce que Axel sourit. Axel ne sourit plus, plus maintenant. Maintenant, son visage est fait d'acier et de flammes ; maintenant, il n'a plus de sourire pour Roxas, parce que ses sourires ont été avalés par les larmes et la terreur.
Roxas embrasse le sourire d'Axel.
« Je serai bientôt là, » dit-il. « Je te retrouverai. »
Roxas veut dire quelque chose (il est déjà là, il le déteste et Roxas le mérite) mais les mots collent sur sa langue et refusent de sortir de ses lèvres.
« Attends-moi. »/
Lorsque Roxas se réveilla, il était seul.
-o-
Axel avait besoin de s'échapper. Dans un endroit où il n'y aurait pas Cid, mais Axel avait appris depuis longtemps que c'était chose impossible. Il se contenterait donc d'un endroit où il n'aurait pas à poser les yeux sur Roxas. Il avait besoin de parler à quelqu'un, d'éclairer les pensées qui tourbillonnaient dans sa tête, calmer l'acide sous sa peau froide ; mais il ne voyait pas à qui.
Cid disait qu'il devait oublier.
Cid disait que la seule chose qui comptait c'était Roxas, de nouveau près de lui (et oui, il avait raison, Axel ne voulait qu'une chose, le serrer dans ses bras et ne plus jamais le lâcher, maintenant, ils avaient l'éternité toute entière pour être ensemble, et personne pour les séparer).
Mais ce n'était pas si facile, d'oublier la voix insidieuse et susurrante dans sa tête, d'oublier l'envie de meurtre et de douleur, d'oublier les images de souffrances imprimées sous son crâne, avec tant d'évidence qu'Axel pensait parfois qu'on les avait gravés au burin et au marteau.
Face aux souvenirs, il y avait Roxas. Ou plutôt Dorsax. C'était presque assez.
-o-
Dorsax n'avait jamais autant dormi que depuis qu'il était dans le monde des morts ; mais ce n'était pas pour autant que son sommeil était agréable ou même reposant. Il se leva, enfila des vêtements couverts de poussière et retourna s'asseoir sur la couche où il avait dormi. Il se demanda ce qu'il devait faire. Rester ici, attendre Acsel (Axel), partir à sa recherche ou retourner chez Bonejangles. Il ne mit pas longtemps à se décider : il ne supportait pas de rester assis à ne rien faire, il avait désespérément besoin d'occuper son esprit.
Il se leva et partit explorer en Ville. Même s'il avait déjà déambulé dans ses ruelles, la Ville était toujours pleine de surprises. Parfois, Dorsax avait l'impression que le nom des rues et leur agencement changeait mais c'était complètement impossible. Il y avait deux statues de Cavalier sans tête, l'une s'appelait Lord Douglas et l'autre Mc Kingsley, voilà tout. Les habitants de la Ville ne cessait de l'étonner (l'épouvanter, parfois, même si Dorsax ne l'aurait avoué pour rien au monde). Certains n'avaient plus de jambes et se déplaçaient en rampant ou dans des chaises roulantes, d'autres n'avaient plus de bras. Certains perdaient leurs membres en marchant et revenaient en arrière pour les ramasser. Certains avaient encore l'air normal (c'était ceux qui étaient morts récemment), d'autres n'avaient franchement plus l'air humain et ressemblaient aux monstres qui peuplent les histoires que l'on racontait aux enfants pas sages.
Comme il descendait vers la rue des Macchabées, Dorsax s'arrêta net quand il reconnut cinquante mètres plus loin la silhouette familière d'Acsel.
Un frisson parcourut tout son corps. Et malgré tout ce qu'il s'était passé et ce qu'il savait d'Acsel, ce n'était pas un frisson de peur. Il avait envie voir Axel parce qu'il était la seule personne qui lui ait jamais fait ressentir quoique ce soit (même si c'était de la peur et de la douleur).
Pour la première fois, Dorsax avait l'impression d'être vivant.
-o-
Dorsax retourna d'où il venait. Il n'avait nulle part où aller, et il ne voyait pas ce qu'il pouvait faire d'autre. Axel était dans sa tête, sous sa peau, il était la seule chose à laquelle Dorsax pensait.
Acsel ne sembla pas surpris de le trouver là ; mais Dorsax n'était pas capable de lire les expressions de son visage qui ne se traduisaient que par un léger froncement de sourcil, un rictus ou une rétractation de la pupille. Acsel était mort, mais son corps lui répondait toujours.
« Roxas, » dit-il. La voix n'était pas froide, juste inexpressive. Dorsax aurait presque préféré qu'il soit encore en colère.
« Mon nom est Dorsax » dit-il doucement.
Acsel ne répondit pas et se percha sur une table de bois défoncée, rongée par les vers. Les jambes ramassées sous lui, Acsel lui lança un regard qui aurait pu être qualifié de « curieux » s'il s'était agi de n'importe qui d'autre.
« Pourquoi tu es revenu ? » demanda-t-il.
Il y avait quelque chose de féroce dans son ton, quelque chose qui disait « je pourrais te briser les os, faire saigner ton corps, arracher ton cœur/ je pourrais déchirer ton visage et voir si ton crâne a le sourire d'un traître. »
« Je n'aurai jamais dû partir » répondit doucement Dorsax.
Le silence tomba entre eux, si lourd et tendu que Dorsax croyait sentir son poids sur ses épaules. Sa gorge était sèche, ses mains tremblantes ; et il attendait qu'Acsel réagisse.
Soudain, il bougea, vif comme un serpent. Si bien que Dorsax n'eut une réelle conscience de ses mouvements que lorsqu'il sentit la poigne d'Acsel se refermer sur sa gorge.
« T'as raison » siffla-t-il. « Tu n'aurais pas dû. »
Dorsax tenta de se débattre, de le frapper, mais c'était peine perdu, comme s'il essayait d'abattre un géant de pierre avec la seule force de ses bras. Axel était bien trop fort pour lui. Dorsax lutta pour respirer, s'étouffa dans ses propres mots (« je suis désolé, s'il te plaît, axel, je t'aime, s'il te plait »).
Acsel se demanda si Roxas pouvait mourir dans ce monde (ainsi, ils resteraient toujours ensemble et rien ne pourrait les séparer – rien à part la colère d'Axel et la douleur de Roxas, rien à part eux-mêmes).
La voix de Cid lui revint.
/Tu aurais voulu qu'il meure avec toi ?/
Non.
Le simple mot suffit à refroidir la colère et à desserrer la main qui étranglait Roxas..
Acsel recula, hébété et anesthésié. Si ses yeux en avaient été capables, il aurait peut-être pleuré.
/Le sourire de Roxas/ Tu es… mon ami ?/ Parce qu'on est ensemble, il ne peut rien nous arriver./
Il ne releva pas la tête lorsqu'il sentit une main (hésitante) sur son épaule. Ni quand la pression sur son épaule se transforma en corps chaud contre lui.
« Axel. »
Axel referma ses bras sur Roxas, et pour la première fois depuis des siècles, les spectres de la mort, du feu et de la trahison s'évanouirent.
(fin du chapitre)
