Blabla de l'auteure:
Pas de review pour le chapitre précédent? Mais pourquoi?
Enfin bref voila, rappelez vous, une review ça prend trente seconde et ça fait super plaisir à l'auteure qui sera donc plus motivée pour écrire un autre chapitre!
Bonne lecture!
Chapitre 10 : Eva :
Où comment découvrir AutreMonde...Et ne pas le supporter :
Robin avait passé sa journée et une bonne partie de sa nuit à chercher, à recouper et à classer des informations sur la mère de Fabrice et le peintre de la cour. Au début il n'avait rien trouvé. Elisa vivait sur Terre et le peintre sur AutreMonde, rien ne les rapprochait à part leur profession. Le demi-elfe avait failli abandonner quand il l'avait vu. Ce visage sur cette coupure de presse. S'était alors tendu un lien fragile, éphémère entre les deux victimes. Il avait tout fait pour faire de ce simple lien un pont entre les deux artistes et y était parvenu. Tout collait, il ne lui restait plus qu'à mettre un nom sur ce visage et à le trouver.
Il envisagea un instant d'aller parler à Fabrice et à Tara mais abandonna cette idée. Au vu des dates, il était simplement impossible qu'ils aient connu la personne qu'il cherchait. Pour dénicher son tueur il devait remonter plus loin dans le passé. Il devait aller rendre une seconde visite au père de Fabrice.
Tara entra sans frapper dans la chambre de Fabrice. C'était le petit matin, à l'heure où tout le palais dormait encore mais la jeune femme savait qu'il serait seul. Moineau était partie faire une ou deux recherches pour sa mère au Lancovit.
La suite était silencieuse et sombre, rien ne bougeait mais, quand elle poussa la porte de la chambre, elle fut surprise de trouver son ami depuis, en train de peindre l'aube devant la fenêtre ouverte. Son ami en train de peindre l'aube devant la fenêtre ouverte.
Cette vision et l'air frais du matin la ramena très loin en arrière, quant elle pouvait encore s'absenter sans que personne panique, quant elle n'était encore que Tara, une petite fille parmi les autres petites filles.
L'aube pointait à peine, éclairant la campagne d'une lumière blafarde et timide. On était au début de mois d'avril et, même si l'air commençait à se faire plus chaud, le froid était encore présent à cette heure et la rosée mouillait les chaussures et le pantalon des deux enfants qui bravaient la fraîcheur matinale.
Le garçon portait au-dessus de sa tête un chevalet et une planche de dessin pour ne pas les mouiller. C'était lourd mais il était décidé, il n'allait pas abandonner maintenant. La fille le suivait de près mais en traînant un peu des pieds, on voyait bien qu'elle aurait préféré rester au lit.
Ils passèrent un ruisseau où elle faillit laisser une de ses chaussures ce qui déclencha les rires de son ami auxquels elle répondit par un tirage de langue. Ce dernier se calma, posa ses affaires et lui tendit une main pour l'aider à sortir de l'eau.
Finalement ils arrivèrent devant un étang bordé d'arbres sur lequel se reflétait le soleil levant. Le temps que le garçon installe son matériel, il avait déjà bien grimpé dans le ciel, illuminant d'or le paysage. La petite fille alla poser son menton sur le crâne de son ami en train de choisir ses couleurs et entoura son buste de ses bras avant de soupirer :
« Tu avais raison. C'est vraiment très beau... ».
Moment présent :
Tara esquissa un sourire à ce souvenir. Il y en avait eu beaucoup ,des escapades de ce genre, surtout les soirs d'été, quand le soleil se couche tard ou les matins d'hiver, quand il illumine le paysage enneigé. Mais plus que tout elle se souvenait de l'expression de Fabrice quand il peignait. Il avait l'air si calme, si mûr, si serein, tant d'expressions qu'elle avait rarement revues sur son visage après la mort de sa mère.
Elle attendit que Fabrice ait plongé son pinceau dans la peinture pour signaler sa présence par un raclement de gorge. Le jeune homme se retourna avec un léger sursaut mais, en la voyant, lui adressa un léger sourire avant de revenir à sa toile.
« Je croyais que tu ne peignais plus ? Demanda-t-elle en s'approchant.
-C'est ce que je croyais aussi. Mais Gloria m'a persuadé de m'y remettre, répondit-il en ajoutant une touche de rouge au-dessus d'un arbre.
-Tu aurais dû le faire avant. Tu as vraiment du talent, murmura Tara en contemplant le tableau inachevé mais pourtant déjà magnifique.
-J'étais trop triste, peindre me faisait trop penser à ma mère. Et puis on a été plutôt occupés ces dernières années, sourit-il en mordillant le bout en bois de son pinceau. »
Le silence s'étira. Fabrice peignait, Tara regardait. Comme autrefois, comme avant. De temps à autre elle lui suggérait une couleur, une forme mais elle se contentait surtout de regarder. Elle n'aurait jamais osé le formuler mais elle pensait sincèrement que si son ami avait continué de peindre peut-être n'aurait-il jamais rejoint Magister. En effet, comment aurait-il pu se sentir inférieur avec un tel don pour l'art ?
« Robin va l'avoir, dit-elle soudain, comme si c'était une évidence.
-Tu n'en sais rien. Il est doué, certes, mais certains indices sont vieux de dix ans.
-Tu n'as pas confiance en lui ?
-Bien sûr que si, mais je ne veux pas me faire de faux espoirs comme la dernière fois. Si je n'espère rien, je ne serais pas déçu. »
Elle lança un regard triste à son ami avant de venir l'étreindre.
Eva claqua la porte de sa voiture et poussa un petit sifflement. Ce manoir, ce n'était vraiment pas de la gnognotte et son voisin en granite rose n'était pas mal non plus dans le style imposant. Elle s'était torturé les méninges pendant un petit moment pour savoir comment retrouver Robin mais la solution lui était apparu très simplement, alors qu'elle prenait son déjeuner. Il lui avait dit enquêter sur le meurtre de la peintre nommée Elisa et ça, elle sentait que ce n'était pas un mensonge. Or qui avait-il sûrement interrogé en premier ? La famille, bien sûr !
Grâce à Internet, elle avait donc appris que la peintre avait été mariée à un homme vivant dans le sud, un certain comte de Besois-Giron. Un petit tour par l'annuaire avait suffi pour voir qu'il vivait toujours dans son manoir. Elle avait donc sauté dans sa voiture, roulé toute la nuit et avait débarqué au petit matin à Tagon où on lui avait indiqué la direction du manoir.
La jeune femme marcha vers l'immense portail en fer forgé et appuya sur le bouton de l'interphone. Elle fut surprise de constater que la personne qui lui répondit était le comte en personne et non un vulgaire domestique.
« Moi, si j'avais une baraque pareille, je me payerais une armée de domestiques, au moins pour faire le ménage, songea-t-elle en avançant dans le jardin. »
Eva avança jusqu'au perron, monta une volée de marches et la porte s'ouvrit avant qu'elle n'ait pu toquer. L'homme en face d'elle avait une petite cinquantaine d'années et, malgré un nez assez imposant, avait dû beaucoup plaire aux femmes dans sa jeunesse. Là, il avait juste l'air mal réveillé.
« Vous êtes ? Demanda-t-il en haussant un sourcil broussailleux.
-Je vous l'ai dit, je suis Eva et…
-Vous voulez me parler, je sais. Mais ça ne me dit pas qui vous êtes.
-Je suis peintre, c'est moi qui ait repris la restauration que votre femme avait commencée il y a dix ans. Un homme, un soi-disant inspecteur de police est venu me parler il y a quelques jours et j'aimerais savoir si vous saviez où je peux le trouver, ou si vous auriez un numéro de téléphone ?
-Pour quoi faire ? Demanda le comte, méfiant et appréciant peu d'être dérangé pendant son petit-déjeuner.
-Il n'est pas vraiment de la police et j'aimerais lui demander des explications.
-C'est un détective privé que j'ai engagé moi-même. Je vais lui dire de vous contacter mais maintenant veuillez sortir, j'ai du travail. »
Par travail, le comte entendait une famille de Tatris venant passer des vacances sur Terre et si jamais cette jeune femme les voyait...elle serait bonne pour un Mintus ou l'internement, au choix. Elle fronça les sourcils mais hocha la tête et commença à descendre les marches quand une voix l'arrêta.
« Comte ? Désolé de vous déranger mais...Eva ? »
Robin venait d'apparaître derrière le père de Fabrice sous son apparence elfique. Eva se retourna et se figea. Son regard alla des oreilles de Robin à ses cheveux argentés puis elle détailla son étrange costume avant d'ouvrir légèrement la bouche et de dire d'une voix tremblante :
« Tu fais du cinéma ? »
Avant que Robin n'ait pu répondre, elle porta la main à sa tête et vacilla, comme si elle était en train de faire un malaise puis, d'un seul coup, s'effondra par terre et roula au bas des marches. La surprise avait empêché le jeune homme de la rattraper mais il fila aussitôt en bas des marches et lui lança un Reparus qui ne fit rien.
« Prévenez AutreMonde, comte, appelez un chaman et dites-lui que c'est urgent. »
Ne sachant pas quoi faire, Robin mit la jeune femme dans un état de veille magique, quoi qu'elle ait, le sort le stopperait, au moins jusqu'à l'arrivée d'un chaman.
Alors? Un petit avis? C'est bientôt la fin de cette fic, sûrement vers fin décembre ou début janvier.
