Et voilà le dernier chapitre de cette fic avez des mois de retard... Je suis impardonable, d'autant plus qu'il était terminé depuis un bon moment... Bon, certaines d'entre-vous vont trouver la fin un peu abrupte mais je pense essayer de faire un épilogue centré sur Harry et Jason. Je ne vous donne pas de délais cependant, cela dépendra de mon inspiration..

Voilà, j'espere que vous prendrez plaisir à lire ce dernier chapitre.

N'oubliez pas les reviews et a bientot !

Phenix


Chapitre 10

Harry passa quelques heures en compagnie du clan d'Icare et à leur arrivée, il constata avec soulagement que les Harpies qu'il avait fait disparaitre s'y trouvaient également. Il s'excusa auprès d'eux de les avoir ainsi envoyer balader mais il ne savait pas ce qu'il faisait et il ne le savait du reste toujours pas.

- Père, il va être temps de retourner auprès des vôtres…

- Oui, j'ai hâte, fit Harry en soupirant. Les as-tu prévenus ?

- Je m'en suis chargé, fit Elvih en s'approchant, tout sourire.

- Tu as un fils magnifique, Icare, fit alors Harry en effleurant les plumes rouge sang de la jeune Harpie. Je pense qu'il tient sa couleur rouge de ma mère qui avait les cheveux de la même couleur.

Elvih sourit, dévoilant de petites dents pointues, puis Harry se tourna vers son fils et une Harpie s'approcha, une femelle, vêtue d'une longue robe de soie bleue.

- Voici Nera, fit Icare. Elle est à demi-sorcière, comme moi, et c'est elle qui va vous renvoyer chez vous.

La Harpie fit un signe de tête à sa consœur qui leva la main. Un portail magique s'ouvrit alors, ondoyant paisiblement, et Harry fronça les sourcils.

- Vous ne craignez rien, Ami des Harpies, fit Nera d'une voix flûtée qui jurait avec sa carrure de boxeuse. Passez le portail et vous retrouverez les vôtres.

Harry hocha la tête puis Nera se détourna et disparu dans le tronc d'un immense arbre creux.

- Ton campement est vraiment sympathique, Icare, fit alors Harry en regardant l'immense vallée verdoyante et pourvue d'arbres aussi grands que des immeubles. J'espère que les nouveaux habitants vont s'y plaire.

- Je pense. N'hésitez pas à amener Drago, père. Il ne connait pas Elvih et j'aimerais autant que les miens n'aillent pas dans le monde des humains, c'est trop dangereux.

Harry sourit légèrement. Il posa une main sur la joue de son fils accroupi près de lui puis il se tourna vers le portail et inspira profondément avant de le franchir d'un grand pas.

Dans le bureau de McGonagall, cependant, devenu QG du sauvetage de Harry.

- Assit !

Malefoy s'assit aussi sec. McGonagall soupira alors profondément.

- Icare va nous le renvoyer d'une minute à l'autre alors soyez un peu patient. Il n'a rien d'accord ?

- Oui, oui… Mais ca fait quand même quatre jours !

- Je sais… Tenez en place, bon sang !

Drago se figea. Il remuait sur sa chaise nerveusement. Près de lui, Sniffle était couché sur le tapis et observait son entourage d'en bas. Hermione et Ron, tous deux debout près d'une fenêtre, cachaient mal leur propre impatience.

Soudain il y eut un éclair de lumière et un tourbillon apparut au centre de la pièce.

- Le voilà… fit McGonagall en se levant.

Malefoy bondit sur ses jambes et Harry apparut alors à travers le portail qui se referma aussitôt dans son dos.

- Harry !

Le brun se retourna, un peu perdu, puis il sourit. Malefoy se jeta alors à son cou et Harry recula contre une table pour contenir cet élan.

- Oh bon sang, tu nous as fait une de ces peurs ! s'exclama le blond.

- Je n'ai rien, fit Harry en le faisant reculer. Je suis là, je n'ai rien, tout va bien.

Il sourit et Malefoy appuya son front contre le sien, visiblement très soulagé. Il recula ensuite et Hermione et Ron vinrent enlacer leur ami qui regarda McGonagall.

- Merlin soit loué, vous n'avez pas une égratignure.

Harry haussa un sourcil. Il recula d'un pas et examina du bout des doigts sa joue gauche, là où Benzine lui avait laissé une balafre quelques heures plus tôt. Il ne sentit que la peau satinée et chercha des yeux un miroir… qui apparut instantanément dans sa main.

Hermione bondit de surprise.

- Comment tu as fait ça ? s'exclama-t-elle en lui arrachant le miroir des mains.

- Mione, je ne sais pas et rends-le-moi, tu veux ? fit Harry en le lui reprenant.

Le brun observa alors sa joue et constata de ses yeux qu'il n'avait plus de balafre sur la joue.

- Que se passe-t-il, monsieur Potter ? demanda McGonagall, étonnée.

- Je… Benzine m'avait fait une balafre… Mais il n'y a plus rien…

- Benzine ? fit Malefoy.

- Une balafre ? demanda Hermione.

- Vous l'avez vu ? demanda McGonagall.

- Oui, oui, et oui, répondit Harry en faisant disparaitre le miroir dans un soupir. Et il est mort.

- Pardon ?

Harry regarda McGonagall qui avait un offusqué sur le visage.

- Je ne l'ai pas tué, rassurez-vous, fit Harry en s'asseyant sur la chaise de Drago. Le volcan sous lequel il avait son refuge a explosé.

- Racontes-nous, fit Remus en se le regarda un peu de travers.

Il ne l'avait pas remarqué près de la bibliothèque. Rogue était derrière lui, debout, appuyé contre ladite bibliothèque.

Hochant la tête, Harry se mit alors à raconter ce qui avait été, pour lui, seulement quelques heures, et pour ses amis et sa famille, morts d'inquiétude, plusieurs jours d'angoisse.

Quand son récit prit fin, seulement quelques minutes plus tard, tout le monde eut l'impression de rester sur sa fin.

- C'est tout ? demanda Hermione, surprise. C'est… court.

- Selon Icare plusieurs jours se seraient écoulés ici, fit Harry en haussant brièvement les sourcils. Hors pour moi seulement quelques heures et encore je ne sais pas combien de temps je suis resté inconscient quand j'ai été enlevé…

- Pour nous ca a été quatre jours d'un véritable supplice, Harry…

Malefoy serra sa main qu'il avait posée sur l'épaule d'Harry pendant son récit.

- J'ai cru que je n'allais plus jamais te revoir…

Il serra soudain les mâchoires et tourna les talons. Rogue lui emboita aussitôt le pas et une fois l'homme sortit, Hermione soupira en disant :

- Il s'en veut, Harry… Il dit que tout est de sa faute.

- De sa faute ? Mais quoi donc ?

- Le fait que votre couple batte de l'aile surtout, dit McGonagall en pinçant les lèvres. Que vous n'alliez pas bien, qu'entre vous ce ne soit pas le bonheur parfait comme avant votre coma… et plein d'autres choses…

Harry secoua la tête.

- J'ignorais qu'il se sentait à ce point coupable de notre mal-être… Je le lui ai certes souvent reproché de ne pas passer suffisamment de temps avec moi mais j'ai fini par me faire une raison…

Un silence pesant tomba sur la petite pièce et Harry soupira soudain.

- Quoiqu'il en soit, pour le moment vous allez vous remettre tranquillement de cet agression et puis après vous…

- Je n'ai pas à me remettre de quoi que ce soit, madame, fit Harry en regardant McGonagall. Je vais parfaitement bien et si vous vouliez que je passe quelques jours au château pour me reposer, je décline l'invitation.

- Mais Harry…

- Quoi ? Non Hermione, je vais bien moi et maintenant je sais ce que je dois faire pour que le reste aille mieux à son tour.

Sur ce, le Gryffondor se leva de sa chaise et quitta le bureau sans mot dire. Tout le monde se regarda alors, surprit puis Remus amorça le geste de suivre son filleul mais McGonagall lui fit signe de ne pas bouger.

- Mais enfin Minerva…-

Laissez-le, il va tenter de renouer avec Drago alors laissez-le faire. Vous ne pensez pas qu'il serait dommage qu'ils se séparent après tout ce qu'ils ont vécu ensembles ?

Hermione et Ron hochèrent la tête de concert et Remus les regarda, indécis. Il fini par acquiescer puis tout le monde quitta le bureau et retourna vaquer à ses tâches habituelles, un peu perturbé quand même…

Harry sortit des escaliers menant au bureau de McGonagall en se demandant où son compagnon avait bien pu aller se réfugier. Il tomba nez à nez avec Rogue au bout du couloir et tous deux se firent face.

- Il était terriblement inquiet, vous savez ?

- Je m'en doute, monsieur… Où est-il ?

- Chez moi, j'ai réussi à le convaincre de rester encore un peu… Vous savez où c'est…

Harry hocha la tête puis tourna les talons et longea le couloir sombre. Il tourna à droite au premier carrefour puis se faufila sous une tapisserie et grimpa laborieusement un escalier en colimaçon très raide et très étroit. Lorsqu'il sortit dans le couloir de l'étage supérieur, la décoration était différente, plus opulente, plus cosy : il était à l'étage où tous les professeurs avaient leurs appartements, même si beaucoup d'entre eux en avaient un autre près de leur salle de classe comme Rogue ou encore Lupin qui vivait et travaillait dans son petit bureau circulaire.

En longeant le couloir, regardant autour de lui, Harry avisa une porte au sommet arrondi, où se trouvait une plaque en argent gravée au nom de Severus Rogue, suivit de la mention Privé. Le Gryffondor inspira profondément puis s'approcha de la porte et ressenti l'énergie magique de son amant. Cela l'étonna, il n'était d'habitude pas en mesure de savoir si un sorcier était dans un endroit où il s'apprêtait à entrer. D'ordinaire, il localisait la personne magique déjà dans les lieux une fois qu'il y était lui même.

Avançant la main vers la poignée ronde, le Gryffondor se donna du courage puis entra et s'approcha d'un coin salon décoré de deux canapés en cuir vert et d'un immense fauteuil du même cuir.

- Drago ?

Le fauteuil tournait le dos au brun, face à la cheminée allumée, et son occupant remua.

- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda la voix cassée du Serpentard. Tu devrais aller te reposer…

- Je n'ai nul besoin de repos, chéri, nous devons parler, toi et moi.

- Comme toujours…

Un soupir monta du fauteuil et Harry s'approcha. Il le contourna, dos aux flammes, et fit face à son amant qui leva les yeux sur lui.

- Je ne sais pas pourquoi tu t'infliges notre échec conjugal, fit alors le Gryffondor. Mais il n'y a pas que toi dans l'histoire… Je suis aussi responsable que toi et maintenant j'ai bien l'intention que tout rentre dans l'ordre, même si pour cela je dois te bousculer.

Malefoy baissa les yeux. Il soupira et Harry tira le repose-pied pour s'assoir. Il posa ses mains sur les genoux du blond qui le regarda et il dit :

- Rentrons à la maison, tu veux ?

- Pour quoi faire ? Nous disputer à nouveau ?

- Et pourquoi est-ce que nous disputerions ? Non, nous avons besoin d'être un peu seuls tous les deux, tu ne crois pas ? Maintenant que tu es en vacances, nous allons en profiter pour nous remettre à flots et pour ça, j'ai ma petite idée.

- Explique ?

Harry sourit légèrement. Malefoy posa une main sur les siennes et le brun ajouta :

- Nous allons partir en vacances, juste toi et moi.

- En vacances ? Et combien de temps ?

- Quand reprends-tu l'Université ?

- Le premier octobre…

- Alors nous allons partir jusqu'au trente septembre, à partir de demain.

- Dès demain ? Mais… Nous sommes en Aout et…

- Et trois mois loin des autres ne seront pas de trop pour comprendre ce qui nous arrive, tu ne crois pas ?

Malefoy ne répondit pas tout de suite. Il sembla réfléchir un instant puis finalement, il hocha la tête.

- D'accord, fit-il. Nous souffrons tous les deux de cet éloignement qui nous accable…

Harry baissa les yeux en hochant la tête. Il serra la main du blond dans la sienne puis se redressa, pencha la tête sur le côté et demanda :

- Est-ce que si je te dis quelque chose tu vas le garder pour toi ?

- Ca nous concerne ?

- Pas directement…

- Dis, tu sais bien que je ne suis pas le genre de personne à aller colporter ce qu'on me confie.

- Disons que tu ne l'es plus, fit Harry avec un sourire.

Malefoy plissa le nez puis Harry reprit :

- Quand j'étais dans le monde souterrain tout à l'heure… avant qu'Icare ne me trouve, il s'est passé un truc bizarre…

- C'est-à-dire ? Plus bizarre que d'habitude ?

Harry hocha brièvement la tête puis il lâcha la main du blond et la leva entre eux deux, paume vers le haut. La seconde suivante une rose rouge éclatante apparaissait dans un petit nuage de paillettes vertes et Malefoy sursauta.

- Qu'est-ce que… Comment tu as fait ça ? demanda-t-il en prenant la rose à la tige soigneusement débarrassée de ses épines. Déjà dans le bureau tout à l'heure, avec le miroir…

Harry hocha la tête puis passa sa langue sur ses lèvres et dit :

- Drake, je crois que j'ai assimilé les pouvoirs de Voldemort…

- Pardon ?

Au fond du grand fauteuil, Malefoy s'était brusquement tendu. Harry regarda vers la cheminée puis dit :

- Quand j'étais là-bas tout à l'heure, quand le volcan s'est mit à gronder et à exploser, j'ai voulu faire partir les Harpies de Benzine mais aucunes ne voulait, je me suis énervé, j'avais peur… Et puis soudain, j'ai ressentit un grand coup au ventre, comme si on m'avait poignardé. Des souvenirs sont revenus, de quand j'attendais Icare, puis après quand j'étais chez Voldemort… Puis j'ai vu des visages, des connus, des inconnus, des anciens, des récents, et enfin tout s'est calmé et j'ai rouvert les yeux. Une Harpie s'est approchée de moi, une femelle, le bras tendu, et elle m'a dit que mes pouvoirs s'étaient déchainés et là j'ai vu mon bras enveloppé d'un filet d'énergie. Le volcan s'est mit à gronder au même moment et il a expulsé une langue de lave qui se dirigeait droit sur nous… J'ai ordonné aux Harpies de partir en accompagnant mes mots d'un grand geste du bras et… elles ont disparu dans une pluie de paillettes vertes…

Harry baissa les yeux et Malefoy le regardait de travers, ne sachant quoi répondre.

- Il faut que j'apprenne à les contrôler correctement de toute façons, fit alors le Gryffondor en se redressant, lâchant la main de Malefoy qui déglutit, se refaisant une figure. Ma baguette magique est probablement avec le corps de Benzine, sous les restes du volcan et tu sais comme moi combien il est compliqué pour un sorcier de se faire à une nouvelle baguette…

Le blond hocha la tête puis dit :

- Les pouvoirs de Voldemort sont incommensurables, Harry…

- Je sais, mais je les avais en moi depuis sept ans, tu ne crois pas qu'ils ont commencé à se mêler à ma propre magie ? Moi, plus j'y pense et plus j'en suis persuadé.

Malefoy hocha la tête. Il passa sa langue sur ses lèvres puis demanda :

- Et où allons-nous ?

Harry haussa les sourcils, surprit.

- Où… ? commença-t-il avant de comprendre. Je ne sais pas encore, termina-t-il avec un sourire.

Le blond lui renvoya son sourire puis Harry se pencha pour l'embrasser. Rogue entra au même moment dans la pièce et les deux garçons se séparèrent.

- Vous êtes encore là tous les deux ? fit le sombre professeur comme si c'était normal, déposant son veston sur le dossier d'un des canapés.

- Nous allions partir, professeur, fit Harry en se levant. Nous devons faire nos malles…

- Ah bon ? Et pour aller où ?

- Nous partons en vacances, répondit Malefoy en se levant à son tour.

Il passa un bras sur les épaules de son amant en disant :

- Demain.

- Demain ? N'est-ce pas un peu précipité ?

- Si jamais vous dites que j'ai besoin de repos, je vous transforme en crapaud, gronda Harry, les sourcils froncés.

Rogue leva les mains, innocent, puis les deux garçons quittèrent l'appartement et se hâtèrent d'aller prévenir leurs amis qu'ils n'allaient pas les voir avant la fin du mois de septembre…

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- Chéri, il est minuit passé, nous devrions y aller…

- Pas de panique, nous seront à l'heure au Portoloin, ne t'inquiète pas.

Sa malle grande ouverte sur leur lit, Harry fourrait divers habits dedans, aussi bien d'été que d'hiver, ignorant encore où ils allaient se fixer pour les deux prochains mois.

- Et puis, je dois faire une course en ville, fit le brun en aplatissant un pull dans la malle.

- Une course ?

- Oui, je dois aller voir un ami…

- Je le connais ?

Le Gryffondor secoua la tête tout en enfournant une réglisse, histoire de ne pas avoir à se justifier. Malefoy haussa les épaules puis ferma sa valise et entreprit de la miniaturiser.

- Tu peux t'occuper de ca pour la mienne, s'il te plait ? demanda alors Harry. J'en ai pour cinq minutes…

Malefoy hocha la tête. Harry vint l'embrasser puis il disparu dans une pluie de paillettes vertes et le blond soupira.

- Je ne sais pas si j'arriverais à m'y faire à ca…

Il secoua la tête puis reporta son attention sur les valises.

Harry, lui, venait de réapparaitre sous le porche en bas de l'immeuble de Jasper. Levant le nez, il constata que c'était encore allumé chez le jeune Moldu aussi monta-t-il jusqu'à son appartement. Arrivé devant la porte, il hésita cependant. Qu'allait-il lui dire ? Qu'il était un sorcier ? Qu'il était en couple avec un homme ? Qu'il allait enseigner dans un collège magique à la rentrée ? Qu'il nourrissait de tendres sentiments pour lui ?

Pris de vertiges, Harry secoua la tête et appuya sur la sonnette.

- J'arrive ! s'exclama une voix de l'autre côté de la porte.

Une seconde Harry songea à filer mais la porte s'ouvrit au moment où il amorçait un demi-tour.

- Hey ! Harry ! s'exclama le jeune Moldu avec un grand sourire. Hé ben mon cochon, je me demandais si tu m'avais oublié depuis janvier !

Harry eut un sourire contrit.

- Je suis désolé, j'avais pas mal de choses à faire et bon…

- Aller, aller, entre, on ne va pas discuter sur le pallier.

Harry hocha la tête. Jasper referma la porte dans son dos puis proposa du café.

- Mes amis viennent de partir, il est encore tout chaud.

- Alors je veux bien, merci. Je suis désolé de venir aussi tard mais je pars dans quelques heures en vacances…

- Ah oui ? Cool ça, où ?

- Nous ne savons pas encore…

- Nous ? Ta copine et toi ?

Harry pinça les lèvres.-

En fait c'est plus mon copain mais oui c'est ça

.- Oh je vois, tu es homo. Bah ma foi.

Harry haussa un sourcil, surprit.

- T'as l'air plutôt à l'aise avec ça… fit-il.

- Bah, faut vivre avec son temps, tu ne crois pas ?

- Certes… Et, hem, si je te dis autre chose, tu va aller crier au loup ou pas ?

- C'est pas mon genre, fit Jasper en apportant une tasse de café au Gryffondor qui s'assit sur une pile de livres vacillante en le remerciant. T'es venu faire des aveux, toi, j'ai l'impression…

- Hem, on va dire ça comme ça…

Jasper haussa un sourcil à son tour et prit place sur un tabouret d'appoint. Il regarda Harry fixement puis le brun déposa sa tasse sur le rebord de la fenêtre et avança son bras droit vers le jeune Moldu. Lorsqu'il claqua des doigts, une rose rouge apparut dans une pluie de paillettes vertes et Jasper sursauta.

- Ouah ! s'exclama-t-il en prenant délicatement la rose. Hé mais c'est une vraie en plus ! T'es magicien ?

Harry pencha la tête sur le côté en plissant le nez.

- Je n'aime pas ce terme, fit-il. Je préfère sorcier…

Cette fois-ci Jasper fronça les sourcils. Il regarda Harry de haut en bas puis marmonna :

- T'es pas sérieux…

Harry inspira profondément, regarda sa tasse et tendit la main vers elle. La tasse vint s'y poser doucement, provoquant la stupeur de Jasper.

- Mais comment t'as fait ça ! s'exclama-t-il. Y a un truc ce n'est pas possible !

- Non, non, rien, ni fil, ni trucage, fit Harry en reposant sa tasse sur le rebord de la fenêtre. Je suis un sorcier, un vrai de vrai, né de parents sorciers tous les deux… Je ne vis pas dans le Londres que tu connais, mais dans un monde parallèle que nous appelons le Londres Magique. Notre monde est quasiment comme le tient, mise à part que nous n'avons aucun… Moldu… aucun être sans pouvoirs.

Jasper semblait sous le choc. Il se reprit, se redressa, et regarda la rose.

- Alors ça… Si je m'y attendais… Et tu vas me dire que c'est parce que tu es…

- Sorcier…

- Hum… Parce que tu es un sorcier, tu tiens bien l'alcool ?

Harry hocha la tête.

- Je peux boire autant que je veux, je ne serais jamais ivre à en rouler sous la table… Et est-ce que tu te souviens de cette question que tu m'avais posée la première fois que je t'ai accompagné ici ?

Jasper plissa un œil, réfléchissant.

- C'était à propos… d'un bruit suspect dans ta manche, il me semble… Oh ! fit-il soudain. Non ce n'était quand même pas…

- Ma baguette magique, si, répondit Harry.

- Nan attend, c'est trop gros là…

- Ne me crois pas si tu veux, mais je devais t'en parler.

- Pourquoi ? On se connait à peine…

- Peut-être, mais je t'aime bien, t'es un gars bien, Jasper… Et puis, c'est peut-être la dernière fois qu'on se revoit aussi…

Jasper sembla brusquement déçu. Il se mordit la lèvre inferieure et Harry se leva de sa pile de livres. Il tendit une main à Jasper qui le regarda d'en bas, intrigué.

- Lève-toi, je voudrais te présenter quelqu'un…

- Mais… Nous ne sommes que tout les deux… qui…

- Je voudrais te présenter celui qui partage ma vie depuis sept ans, fit Harry. Je vais nous emmener chez moi pour que tu le rencontres et qu'il te rencontre à son tour. Après je te ramènerais chez toi…

Jasper sembla hésiter puis il secoua vivement la tête.

- Non, fit-il. Non, je ne bouges pas d'ici…

- Tu n'as pas confiance ?

- Si mais… Non…

Harry baissa son bras.

- Comme tu voudras. Bien, je dois y aller maintenant…

- Mais tu viens d'arriver…

- Je t'ai dit que je partais en vacances dans quelques heures et notre moyen de transport ne nous attendra pas… J'aurais aimé t'en dire plus, te montrer mon monde, mais je suis à court de temps, malheureusement. Seulement, je tenais à te dire que je t'en serait à jamais reconnaissant, tu m'as aidé à remonter à un moment de ma vie où je n'allais pas bien du tout, je venait de m'engueuler avec ma moitié, nous étions au bord de la séparation et je t'ai rencontré…

Jasper baissa les yeux, ému. Il se leva ensuite et Harry et lui se firent face une seconde avant de tomber dans les bras l'un de l'autre.

Serrant le jeune Moldu contre lui, Harry le repoussa et lui caressa tendrement la joue. Jasper rougit et le brun l'embrassa sur le front.

- Quand ma vie sera redevenue stable, je reviendrais te voir et je te montrerais mon monde, je te montrerais tout ce que tu voudras. Tu es mon seul ami sans pouvoirs, Jasper.

Ce dernier eut un hoquet.

- Pourquoi pleures-tu ?

- Je ne sais pas…

Harry sourit et le reprit dans ses bras. Il le serra un long moment puis le repoussa, le fit asseoir sur le tabouret et demanda :

- Tends les mains, Jasper.

- Pourquoi faire ?

- Tends les mains…

Le garçon obéit et Harry agita sa main. Un petit hibou apparut alors dans les paumes ouvertes de Jasper, regardant autour de lui d'un air un peu perdu. Le jeune Moldu sursauta avant d'agripper la bestiole en l'entourant de ses mains.

- C'est un…

- Un hibou. C'est avec ces oiseaux que nous communiquons nous autres sorciers et celui-ci ne fait pas exception à la règle. Ecris-moi, donne lui ta lettre et il me trouvera, peu importe où je suis dans le monde. Je te répondrais toujours, Jasper…

Le brun lui fit un sourire puis se dématérialisa sous les yeux effarés du jeune Moldu qui regarda fixement l'endroit où se tenait le Gryffondor deux secondes plus tôt. Ce fut le hibou qui le tira de sa stupeur en hululant. Jasper le lâcha alors et l'animal alla se percher sur le frigo en vue de picorer le pain qui y était posé.

Sous le choc, Jasper le laissa faire. Lentement il prit la rose rouge qui était tombée sur le sol quand Harry avait fait léviter la tasse, et il la regarda fixement. Soudain il fondit en larmes et s'effondra sur son lit près de la chaise. Il se roula en boule, serrant la rose contre lui.

- Qu'est-ce qui m'arrive ? hoqueta-t-il. Qu'est-ce que j'ai…

Il fourra son visage dans les couvertures et tenta vainement de se calmer, sous le regard de son nouvel animal de compagnie.

Harry reparut dans le salon du 12 un peu perturbé. Malefoy était dans la pièce, en train de fermer soigneusement tous les volets de la grande maison.

- Ca va, chéri ? demanda-t-il comme son amant restait planté près de la table basse sans bouger. Harry ? Tu es parmi nous ?

- Hein ? Oh oui, ca va, je suis juste un peu… perdu.

- Perdu ? A cause de tes nouveaux pouvoirs, c'est ça ? T'en fait pas va, tu vas t'y habituer.

Harry pinça les lèvres en hochant la tête. Il n'allait quand même pas avouer à son amant et accessoirement l'homme de sa vie, qu'il nourrissait de tendres sentiments pour un Moldu plus jeune que lui…

- Mais tu m'écoutes ?

- Hein ? Oh Drake, je suis désolé…

Le blond secoua la tête nonchalamment.

- Ce n'est rien va…

- Tu me demandais quoi ?

- Si tu n'avais rien oublié, parce qu'il est minuit et demi et que le Portoloin part à une heure…

Harry secoua la tête et Malefoy lui sourit. Il vint l'embrasser tendrement et Harry se serra ensuite entre ses bras, le cœur fendillé. Soudain la pendule sonna la demie et les deux garçons se hâtèrent de récupérer le sac de voyage qui contenait leurs deux malles pleines, les affaires de Sniffle et, cueillant le chien sur le tapis, Harry attrapa le bras de Drago et ils transplantèrent pour le centre de Londres, juste au pied de Big Ben, où se trouvait un attroupement silencieux et quelque peu terrifiant.

- Voila des retardataires, fit un homme bedonnant en levant haut la main. Venez vite, installez-vous.

Harry et Drago se frayèrent un passage entre les gens, se tenant par la main pour ne pas se perdre en route, et ils posèrent un doigt sur le long tube en métal, un ancien lampadaire, qui faisait office de Portoloin collectif.

- Nous attendons encore dix minutes puis nous partons, fit le sorcier qui semblait diriger l'expédition par Portoloin. Tout le monde va à Berlin ?

Toutes les têtes remuèrent positivement et Drago loucha sur Harry qui déposa un baiser discret sur sa joue en disant :

- C'est une surprise…

- Tu m'en diras tant…

Le blond tourna ensuite la tête vers son voisin de droite qui lui fit un petit sourire en coin en disant à mi-voix :

- Voyage de noces ?

- On peut dire ça comme ça, fit le Serpentard avec un sourire. Nous sommes ensembles depuis sept ans.

- Bravo. C'est bien ça. La fidélité, il n'y a rien de mieux.

En entendant cela, Harry rougit violemment. Il se racla la gorge discrètement et le craquement de trois transplanages successifs lui évitèrent d'avoir à commenter ces paroles…

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- Vous voilà enfin !

Harry et Drago tombèrent dans les bras d'Hermione avant même d'avoir franchi les portes de Poudlard.

- Que c'est bon de revenir chez soit ! s'exclama le Gryffondor.

- Sympathique pour notre maison, chéri, fit Drago avec un sourire.

Le brun lui tira la langue puis Hermione sourit et dit :

- Allez vite déposer vos affaires dans votre appartement, professeur Potter.

Harry haussa les sourcils. Il sourit puis Hermione fit venir un Préfet et lui demanda de conduire le nouveau professeur de DCFM au cinquième étage de l'aile ouest.

Le jeune couple posa ses valises avec le sentiment de ceux qui rentrent de vacances, c'est-à-dire à la fois la joie d'être enfin de retour, et une petit pointe de regret d'avoir quitté leur lieu de villégiature.

- Je ne resterais pas longtemps ici, fit Malefoy en ouvrant sa malle. Je vais devoir retourner à l'Université donc je retournerais m'installer sur le Campus.

- Entendu. Tu restes quelques jours ? Après tout, nous sommes revenus une semaine plus tôt que prévu…

- Oui, mais je ne sais pas, j'ai plein de choses à préparer pour la rentrée, je n'ai fait aucune course… Je verrais demain, j'irais à la maison chercher le courrier.

- Hermione a dû s'en occuper, telle que je la connais, dit Harry avec un sourire.

Il enlaça le blond en posant ses bras sur ses épaules, nouant ses mains sur sa nuque, et ils se regardèrent dans les yeux un long moment avant que Malefoy ne se détourne après un baiser. Harry le regarda s'éloigner et se sourit à lui-même. Il baissa sa main et regarda l'anneau d'argent passé à son annulaire. Il sourit de plus belle puis serra le poing et disparu dans sa chambre pour ranger ses affaires.

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- Monsieur Potter !

Harry bondit. Il fit un tour sur lui-même et vit venir le professeur de Potions, Hercule Anfeus, à grands pas, visiblement agité.

- Professeur Anfeus, que se passe-t-il ? Vous semblez bien agité…

- Il… Le secret du château a été compromit…

- Pardon ? Le secret du château ? Mais… Par qui ?

- Pas vous il semblerait…

Harry fit volte-face. McGonagall s'approcha des deux sorciers, les mains dans les manches, apparemment mécontente.

- Par moi mais… Non enfin, comment aurais-je pu faire une telle chose ? Vous me connaissez professeur…

- Oui, je vous connais depuis suffisamment longtemps pour savoir que vous n'auriez jamais dévoilé votre nature à un Moldu, cependant… Les faits sont là.

Harry déglutit. Il ne comprenait pas ce qu'il se passait. Secouant la tête, il dit :

- Je suis navré, professeur, j'ignore de quoi vous parlez, je…

McGonagall plissa les yeux derrière ses lunettes carrées.

- Vous n'avez jamais révélé votre nature à un Moldu ? demanda-t-elle. Jamais, jamais ?

- Je…Harry fouilla dans sa mémoire.

Il repoussa les souvenirs magiques des deux derniers mois et soudain, tout lui revint.

- Jasper… fit-il.

- Plait-il ? demanda McGonagall. Jasper ?

- Qui est-ce, monsieur Potter ? demanda Hercule. Un ancien amant ?

Harry regarda Anfeus de travers puis il regarda McGonagall et déglutit. Il baissa les yeux puis McGonagall remercia Anfeus et demanda à Harry de la suivre. Ils se rendirent dans son ancien bureau de Directrice, en délogeant Hermione qui ne fit pas la difficile, prenant ses dossiers et allant s'installer dans un bureau vide.

- Asseyez-vous Harry, vous voulez ? Vous allez tout me raconter…

- Oui mais avant je… Je voudrais vous demander comment…

Il agita les mains et McGonagall hocha la tête. Elle regarda un peu sur le bureau puis claqua des doigts et une lettre apparut entre ses doigts.

- Ceci a été intercepté par le Ministère, il y a de cela deux bons mois, fit-elle. Comme elle vous était adressée, ils nous l'ont transmise…

- Elle provenait de…

- Du monde Moldu. Le Ministère a remonté le trajet du hibou utilisé et a trouvé un appartement à Londres, dans sa partie Moldue, habitée par un étudiant… Connaissez-vous cet étudiant ? Est-ce ce… Jasper ?

Harry passa sa langue sur ses lèvres puis hocha la tête.

- Ca date de l'époque où entre Drago et moi c'était très tendu… Un soir j'ai quitté la maison pour me changer les idées, on venait de se disputer et je l'avais presque jeté dehors… Je suis allé dans le Londres Moldu pour me souler et j'étais en train d'admirer la Tamise en buvant de la Vodka quand un jeune garçon m'a approché au moment où je jetais ma bouteille vide dans l'eau. Il a cru que je voulais sauter…

- Continuez…

Harry passa une main sur sa bouche puis reprit :

- On a discuté un moment puis il m'a offert un verre et ensuite je l'ai raccompagné chez lui. Il m'a invité à monter en me proposant du café, nous avons regardé un film puis je suis partit, il devait être quelque chose comme quatre heures du matin… Je n'avais pas envie de rentrer…

- Monsieur Malefoy était partit ?

- Oui, il s'est réfugié chez sa mère et quand je suis revenu au petit matin, il était là. On s'est encore un peu disputé puis on a discuté un bon moment…

- Et quand… quand avez-vous révélé votre nature à Jasper ?

- Je…

Harry passa sa langue sur ses lèvres.

- Quelques heures avant de partir en vacances… Je suis allé le voir une dernière fois…

McGonagall fronça les sourcils. Elle prit soudain un air choqué et Harry leva les mains.

- Ce n'est pas ce que vous croyez, professeur ! s'empressa-t-il de dire. Nous n'avons rien fait !

- Je l'espère pour vous, Harry.

- Parole de Sorcier…

La vieille femme pinça les lèvres puis hocha la tête et Harry raconta comment il en était venu à dévoiler son secret à Jasper.

- Il l'a bien prit à ce que j'en sais… fit la sorcière.

Elle agita la lettre puis demanda :

- Allez-vous le revoir ?

- S'il me le demande, oui, répondit Harry. Je me suis prit d'affection pour lui, madame… Je suis toujours fou amoureux de Drago, et ça ne risque pas de changer…

Il leva alors sa main gauche et McGonagall haussa les sourcils.

- Vous avez… ? fit-elle.

- Oui, nous nous sommes mariés, répondit Harry avec un large sourire.

- Mais… Mais quand ?

- Il y a un mois et demi, le douze aout.

- Un mois et demi… Très bien… Et cela vous aurait-il fait mal de nous prévenir ?

- Nous ne voulions pas gâcher nos vacances. Sans vous offenser bien sûr…

McGonagall fit une grimace et Harry reprit :

- Cet éloignement nous a fait un bien terrible, nous nous sommes retrouvés, Drago et moi, désormais, le passé n'est plus qu'n mauvais souvenir, nous avons fait des plans sur notre avenir et la première étape de cet avenir était de nous marier. Rassurez-vous, nous n'avons pas précipité la chose, nous avons prit plusieurs jours pour organiser la cérémonie et les invités et nos témoins étaient des gens pris dans les rues de Prague…

- Prague ? Vous vous êtes mariés à Prague ? Mais pourquoi donc ? Vous êtes tous les deux Anglais…

- Oui, mais nous avons visité toute l'Europe pendant ces deux mois et Prague a été notre coup de cœur. Nous avons déjà prévu d'y retourner l'été prochain, pour notre premier anniversaire de mariage.

Harry sourit largement. Il était clair qu'il était aux anges et visiblement, cela n'avait rien à voir avec l'euphorie d'un lendemain de mariage vu que celui-ci datait de plusieurs semaines en arrière. McGonagall hocha la tête.

- Vous semblez revivre, Harry, c'est très plaisant, fit-elle avec un petit sourire. Mais revenons à nos moutons, vous le voulez bien ?

Le sourire d'Harry se décrocha légèrement et il hocha la tête.

- J'aime beaucoup Jasper, Madame… Peut-être même que je l'aime un plus que je ne le devrais mais je ne trahirais mon mari pour rien au monde, vous le savez.

- Oui, je le sais, vous avez toujours été quelqu'un de fidèle, et ce en tout. Mais vous comprenez que ce que vous avez fait est passible de lourdes sanctions ? Un sorcier ne doit jamais dévoiler l'existence de notre monde, monsieur Potter ! Imaginez un peu que votre ami n'ait pas été quelqu'un d'honnête… Qu'auriez-vous fait ?

Harry rangea son sourire progressivement en écoutant la vieille femme puis il dit :

- Je l'aurais moi-même supprimé. Mais Jasper est un garçon adorable, il a un cœur énorme et je sais qu'il ne me trahira jamais. S'il vous plait, Madame, ne m'obligez pas à lui jeter un sort d'Oubli…

Le brun afficha un visage suppliant et McGonagall soupira.

- Je suis décidément trop sentimentale…

Harry sourit.

- Très bien, soupira à nouveau la vieille femme avec un sourire. Je vous autorise à garder le contact avec votre ami, mais attendez un peu avant de le faire venir ici, d'accord ?

- Venir ici ? Je veux dire… Un Moldu de pure souche peut entrer dans Poudlard ?

- S'il ingurgite la potion adéquate qui simule la possession de pouvoirs, alors oui.

Harry se mordit la lèvre inferieure. Il se leva alors puis soudain il se jeta sur McGonagall et l'enserra dans ses bras.

- Merci, professeur ! Merci de tout mon cœur ! fit-il en trépignant sur place.

- Allons, allons, calmez-vous, Harry.

Le brun recula, les joues légèrement rouges puis il se ressaisit et prit sa lettre. Il la regarda un instant puis quitta le bureau circulaire en sautillant de bonheur. McGonagall secoua la tête. Ces vacances avaient vraiment fait du bien à son élève préféré. Il revivait littéralement.

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Harry ne lut pas la lettre de Jasper. Il se contenta de la ranger dans un tiroir de son bureau de professeur, dans le petit bureau rond qui surplombait la salle de classe de DCFM. Il attendit cependant plus d'une semaine avant de se décider à aller voir le jeune homme.

- Tu sors ?

- Oui… Cela pose un problème ?

- Non, non, répondit Hermione en souriant. Où vas-tu ?

- A Londres, tu as une course à faire ?

- Oui, pourrais-tu déposer ce colis au Ministère ?

- Un colis pour le Ministère ?

- Ce sont les dossiers des nouveaux professeurs du collège, fit la brunette en tendant une boite épaisse fermée d'une ficelle cachetée. Ils doivent les ranger dans leurs archives, simplement, ne t'inquiète pas.

- Oh je ne m'inquiète pas… Tout le monde connait mon passé…

- Ton jeune passé, dirons-nous, fit Hermione en souriant. Et sinon, tu vas voir Drago ?

- J'irais après avoir fait ta course et j'ai une visite à faire à quelqu'un avant.

- Ton… amant ?

- Hermione ! gronda Harry en souriant.

- Au fait, félicitations, sympa d'avoir prévenu…

- McGonagall a bien dû tout raconter, non ?

- Oui, oui, ne t'inquiète pas je ne vous en veux pas. Promets-moi simplement qu'on se réunira tous pendant les vacances de Noël pour fêter ca dignement, d'accord ?

- Entendu, Hermignone !

Le brun lui souhaita une bonne journée puis il quitta le domaine et transplana à Londres aussitôt. Il alla déposer son colis au Ministère puis passa dans le monde Moldu via le Chaudron Baveur et de là, il transplana devant la porte de l'appartement de Jasper.

Inspirant profondément, Harry serra les poings. Comme il n'avait pas lue la lettre que le jeune garçon lui avait envoyée durant l'été, il ignorait comme il allait être reçu. Il s'attendait donc à se faire jeter…

- Aller, un peu de courage, Gryffondor ! se dit-il à mi-voix.

Il leva le poing et cogna deux fois donc le panneau de bois peint en rouge.

- Je viens ! s'exclama aussitôt une voix de l'autre côté.

Harry regarda sa montre. Elle indiquait huit heures et demie du matin. Tous les jeunes ne dormaient donc pas jusqu'à midi le samedi matin…

Harry sentit son ventre se nouer quand les verrous cliquetèrent. Lorsque la porte pivota, il se raidit.

- Harry ?

Le brun serra les lèvres. Il baissa les yeux et soudain deux bras l'entourèrent solidement et s'agrippèrent à lui. Le Gryffondor se détendit aussitôt. Il serra Jasper contre lui tout en rentrant dans l'appartement et il referma la porte en disant :

- J'ai eut peur de me faire jeter…

Jasper recula aussitôt.

- Pourquoi te jetterais-je ? Tu n'as pas lu la lettre que je t'ai envoyée cet été ? Tu ne l'as pas… reçue ?

- Si… Il y a une semaine…

- Une semaine ? Mais que…

- Elle a été interceptée par notre Ministère, fit le brun.

Il laissa glisser ses mains le long des bras du jeune homme et s'éloigna vers le lit-banquette sans lâcher la main gauche de Jasper qui le suivit.

- Harry…

- Les miens sont au courant que je tai révéla mon secret… C'est interdit par nos lois…

- Ah ?

- Aucun être sans pouvoirs magiques ne doit savoir qu'il existe un monde parallèle à celui-ci uniquement peuplé de sorciers…

- Tu savais que c'était interdit alors ?

- Oui…

- Pourquoi me l'as-tu dit alors ?

Harry baissa les yeux.

- Parce que je tiens à toi, Jasper… Beaucoup… Bien plus que cet anneau m'y autorise…

Il leva sa main gauche et Jasper la prit dans les siennes.

- Tu t'es marié ?

- Oui… Mais là n'est pas la question. Comme je suis quelqu'un de célèbre dans mon monde, je…

- De célèbre ? Tu es quoi, un genre de super-sorcier ?

Harry pouffa légèrement.

- On peut dire ça comme ça, fit-il.

Il sembla réfléchir un instant puis dit :

- Ma patronne va me tuer…

Il tira sa nouvelle baguette magique de sa manche et fit apparaitre une pile de livres poussiéreux sur le lit du jeune homme qui se précipita dessus.

- Voici ma biographie, faite par plusieurs personnes depuis que j'ai un an, fit le Gryffondor en montrant quatre livres rouges plutôt épais. Le livre noir, c'est un gros résumé de ce qu'est le monde des sorciers…

- Et le marron ?

- Le marron est un peu plus spécial…

- C'est-à-dire ?

- Lis sa couverture…

Jasper le prit et passa sa main dessus.

- C'est en relief ! s'exclama-t-il, émerveillé. Et… Hey mais ça bouge !

Il s'assit aussitôt sur le lit et posa le livre sur ses genoux. Harry s'assit près de lui.

- L'Histoire de Poudlard, lut Jasper. Poudlard ?

- C'est la plus prestigieuse école de sorcellerie d'Angleterre, c'est là que j'ai vécu de mes onze ans jusqu'à mes dix-huit ans, ensuite, j'ai été à St-Mangouste pour…

- Pour ton coma, oui. St-Mangouste ?

- L'hôpital des sorciers.

- Ah parce que vous avez même un hôpital ?

- Si tu savais ce que nous avons ! fit Harry en riant. Quand je suis sortit du coma, je me suis installé avec mon ami dans la maison familiale de mon parrain, reprit le brun. Drago y habite toujours mais moi je vis à Poudlard maintenant.

- Mais vous êtes mariés, non ?

- Oui, mais les professeurs vivent à l'école…

- Les… professeurs ? Tu veux dire que…

- Oui, je suis devenu professeur à Poudlard à la rentrée de septembre mais je n'ai commencé mes cours qu'il y a une semaine, avant, et depuis la dernière fois où je suis venu te voir, Drago et moi sommes partis faire le tour de l'Europe. Nous nous sommes mariés à Prague et un jour, quand tu auras tout assimilé, je t'emmènerais chez moi, dans mon monde, et je te montrerais tout ce que tu veux savoir. Tu dois me jurer de ne jamais rien dire, par contre.

- Jamais, j'emporterais ton secret dans ma tombe.

- Je serais là pour te le rappeler.

- Hein ?

- Les sorciers vivent bien plus longtemps que les… Moldus.

- Les sans-pouvoirs j'imagine ?

Harry hocha la tête avec un sourire. Il se releva alors et Jasper posa le livre près de lui en le traitant de la même manière que s'il avait été en cristal.

- Tu t'en vas déjà ? demanda-t-il.

- Je dois aller voir mon mari… Je ne l'ai pas vu depuis une semaine…

- Ah bon… Très bien…

Jasper baissa la tête. Harry sourit et lui prit le menton en disant :

- Je reviendrais te voir demain, d'accord ?

- Restes avec moi, s'il te plait…

- Jasper, je ne peux pas…

Le jeune Moldu se dégagea et tourna la tête.

- Qu'y a-t-i ? demanda Harry.

- Je ne sais pas…

Harry usa d'un peu de Legilimancie sur le jeune homme et hocha la tête avec un sourire.

- Tu es amoureux ? demanda-t-il.

Jasper grogna en rougissant violemment. Il tourna le dos à Harry qui passa ses bras sous les siens et le serra dos à lui en disant :

- Moi aussi je t'aime, Jasper, énormément. Je n'ai pas le droit d'être autant attaché à un simple Moldu alors que je suis marié, mais tu es particulier et il en sera ainsi jusqu'à ta mort, ou la mienne.

Jasper baissa la tête. Il défit les bras d'Harry et se retourna. Le Gryffondor lui caressa la joue puis l'embrassa sur le front en disant :

- Même si mon mari a la plus grande place dans mon cœur, toi tu as la tienne, Jasper. Et je t'en prie, ne te mets pas Martel en tête avec ça d'accord ? Garde ta petite-amie et rends-la heureuse. Ne rejette pas les filles à cause de moi, ok ?

Jasper hocha la tête en déglutissant difficilement. Harry lui caressa les cheveux puis il recula et tendit la main. Il fit un mouvement de sa baguette magique et une fine chaine apparut au cou du jeune Moldu.

- Cette chaine est magique, elle va annihiler tes sentiments pour moi quand je ne suis pas à portée de ton bras. Ainsi tu ne souffriras pas de mon absence.

- Harry, je…

- Je dois partir, Jasper, mon mari m'attends, fit le brun. Je reviendrais dès demain, je te le promets, et tous les autres week-ends à venir. En attendant, lis ces livres, essaie d'assimiler toutes ces nouveautés. Il va te falloir du temps pour tout comprendre et tout enregistrer et quand tu seras près, tu viendras chez moi avec moi.

Jasper hocha la tête en silence. Harry l'embrassa à nouveau sur le front puis transplana dans un craquement sonore. Le hibou dans sa grande cage sur le frigo sursauta, tout comme son maître, et celui-ci s'assit sur le lit. La chaine à son cou brilla soudain et le jeune homme soupira de soulagement.

- C'est diablement pratique la magie… fit-il en souriant.

Il attrapa alors le premier livre de la biographie d'Harry et entreprit de se plonger dedans…


Fin officielle de cette fic. Finalement, après relecture (correction oblige) je trouve cette fin assez simple. Mais je vais quand même voir pour un petit epilogue sur Jasper et Harry, comment le Moldu prend la découverte d'un monde parrallèle mais totralement inconnu de lui. Je verrais. Voilaaaa

J'espère que vous apprecié sinon et j'attends vos reviews ! Lâchez-vous !

Bisouxx

Phenix