A/N : Bonjour, chers lecteurs !
Alors, c'est le retour après je ne sais pas combien de temps. Encore que je crois que je ne me suis absentée que deux semaines. Mais voilà, certaines échéances sont passées, et je peux finalement m'y remettre un peu ! Bon, je sais pas combien de temps je vais avoir la paix. Donc, je vous laisse apprécier ce chapitre, encore un peu long. Il y a beaucoup de dialogues (ou je trouve pour ma part), mais en fait, j'ai essayé un nouveau truc, plus ou moins. Disons que ne pouvant bénéficier d'une concentration optimale, j'ai commencé par les dialogues, et j'ai fait tout le reste après. Oui, j'ai toujours de drôles de façon de travailler :p
Bonne lecture !
Ça paraissait simple comme truc… mais ça ne l'était pas du tout.
Au moins, Asami se consolait en se disant qu'elle n'était pas une adolescente en rut, titillée par trop d'hormones et que ça l'aiderait sûrement à tenir la soirée sans faire de gestes dépassant le cadre amical. Enfin, c'était ce qu'elle se disait… Et à dire vrai, tout cela la rendait énormément nerveuse et elle ne savait plus quoi dire ou faire concernant Korra.
Elles commencèrent par manger, et même cela fut une réelle épreuve.
Comme Asami n'avait rien dans ses placards — Korra pensait d'ailleurs que c'était une habitude —, elles préparent des pâtes. Jusque-là rien de très extraordinaire.
Par contre, grâce à l'extrême maladresse qu'Asami n'avait que lorsque Korra n'était pas loin, elle s'était brulée. Elle avait opté pour mettre simplement de l'eau froide dessus, mais c'était avant que Korra ne se fasse infirmière et décrète que cela ne suffisait pas.
Et ce fut ainsi qu'elle se retrouva, assise sur une chaise, avec Korra à ses pieds en train de lui barbouiller du miel sur la main avant de mettre du sparadrap. Et elle n'aimait pas ça du tout ! Ou plutôt, elle appréciait bien trop ça pour l'apprécier justement. Ça n'avait aucun sens ? C'était l'état de ses pensées.
« Tu as bientôt fini ? C'est rien, je te dis ! se plaignit Asami.
- Je ne sais pas comment tu t'es débrouillée, pensa Korra à voix haute.
- Je réussis toujours à m'ébouillanter quand je veux me faire bichonner, ironisa Asami.
- C'est ce que je vois !
- Non, mais sérieusement Korra, j'en ai vu d'autres ! Alors laisse ma main tranquille. »
Elle essaya de retirer sa main, mais c'était peine perdue ; une poigne forte la saisit au poignet.
« J'ai bientôt fini, alors toi, reste tranquille, ordonna Korra. Et je tiens à te dire que je ne vais plus te laisser toucher à une casserole avant un bon moment.
- Hé ! Ce n'est pas juste ! Attends, ça a dû m'arriver une fois dans ma vie et il fallait que cette fois-ci, tu sois présente.
- Ah, c'est vraiment pas de chance alors, répondit platement Korra, sans prêter vraiment attention à ce que disait l'autre femme.
- C'est ce que je te dis ! De toute façon, c'est pas comme si tu allais pouvoir m'empêcher de me faire à manger, parce que figure-toi que moi aussi j'en ai besoin !
- Rien ne m'empêche de le faire à ta place.
- De faire quoi à ma place ? De me préparer tous mes repas ? J'aimerais bien voir ça !
- Eh bien, je n'ai rien de vraiment important à faire en ce moment, alors je pourrais bien t'apporter des petits plats. En plus, j'ai tout à y gagner : je passerais plus de temps avec toi et j'aurais une bonne excuse. »
Asami espéra sincèrement qu'elle n'était pas sérieuse, parce qu'au niveau des fréquentations ça en ferait beaucoup plus que son pauvre cœur ne pourrait supporter, surtout quand une si douce attention s'y cachait derrière.
« C'est cela oui, répondit-elle.
- Quoi, tu ne m'en crois pas capable ?
- Au contraire…
- Qu'est-ce qui te gêne alors ?
- Mais rien, absolument rien !
- Bon, bah, c'est décidé, à partir de lundi, je te fais à manger ! »
Au moment où elle déclara cela, elle avait fini le bandage. Elle passa sa main sur celle d'Asami, en une sorte de caresse flottante, signalant que son œuvre était achevée.
« Je te l'interdis, déclara Asami.
- Comme si tu pouvais m'interdire de prendre soin de toi ! lança Korra.
- Bien sûr que je peux t'interdire de prendre soin de moi ! Laisse-moi vivre ma vie Korra ! Je sais prendre soin de moi ! Et tu n'es pas ma femme ! »
Asami s'était un peu emportée. Et ce n'est pas qu'elle se sentait étouffée, c'était simplement qu'elle ne voulait pas qu'on la prenne pour une enfant, et encore moins que Korra passe du temps à s'inquiéter, à se soucier d'elle, parce que cela pourrait être dangereux par rapport au pacte qu'elle avait fait avec Mako. Cela pourrait être dangereux par rapport au pacte qu'elle avait fait avec elle-même.
« Visiblement, je devrais », marmonna la femme aux yeux bleus, les yeux braqués vers le sol.
L'ingénieure se leva et finit de préparer les pâtes, de les servir, tout en continuant la conversation avec sarcasme :
« Oh oui, j'adorerais vivre avec Mako et toi, dans un ménage à trois…
- Mais qui parle de Mako ? dit Korra en relevant les yeux.
- Parce que soudainement tu l'effaces du tableau ? »
Les plats furent servis, Korra se leva, et les deux femmes commencèrent à manger sans jamais interrompre leur conversation.
« Pas immédiatement… Mais si on était mariées, je ne serais mariée qu'avec toi, Asami, voyons !
- Me voilà rassurée… Pas de liaison non plus ? demanda-t-elle, par curiosité.
- Pourquoi tu me demandes ça ?
- Au cas où l'idée t'aurait traversé l'esprit. »
Elle repensait au baiser que Korra lui avait donné. Et elle se demandait parfois si elle l'avait planifié, au si ça avait un simple moment de folie passagère. Est-ce que Korra aurait l'idée d'avoir une liaison avec elle ? Et si c'était le cas, est-ce que ça venait de Mako, ou était-ce simplement sa nature ?
« Je ne vois pas pourquoi je te tromperais, répondit simplement Korra, en haussant les épaules. Une femme aussi brillante et magnifique que toi ? Seul un idiot pourrait faire une chose pareille. »
Elle guetta une quelconque réaction de la part d'Asami, mais celle-ci s'attacha à se concentrer sur son plat de pâtes, le mangeant plus vite qu'elle ne le croyait possible, seulement pour éviter le regard océan. Alors, Korra prit la liberté de saisir avec douceur la main d'Asami, la portant à ses lèvres. Elle baisa le bandage alors que ses yeux plongeaient dans les orbes de jade, qui finalement s'élevaient jusqu'à elle. Puis, alors que ses lèvres s'éloignèrent une nouvelle fois, elle reprit son discours :
« Non, il n'y aurait que toi. Tu serais la seule et l'unique à posséder mon cœur, et moi, la seule et l'unique à posséder le tien. »
La jeune femme aux yeux verts était assez déboussolée pour le moins. Elle resta figée, abasourdie, sonnée, faite statue de pierre dont seuls les yeux resplendissaient d'une lueur vive de confusion autant que d'affection. Son regard se portait jusque dans celui de Korra, et elle lisait là un éclat de tendresse, mélangé à une goutte de nervosité honteuse.
Asami retira sa main, un peu précipitamment, mais néanmoins avec délicatesse. Elle trébucha sur ses mots alors qu'elle essayait de formuler une réponse.
« Je… Je ne sais pas pourquoi on parle de ça. Visiblement, on ne risque pas de se marier, donc… arrêtons de débattre sur le sujet. »
Et effectivement, tout débat fut enterré. Elles ne parlèrent pas pendant de nombreuses minutes, finissant leur repas. Puis, Asami reprit la parole :
« Pendant que tu es à la maison, tu ne veux pas qu'on commande ces billets d'avion ?
- Si, bien sûr, répondit Korra, avant de s'allumer d'un grain de malice. Pendant que tu me dis quels plats tu préfères pour que je te les prépare !
- Korra ! J'ai dit non, c'est non !
- Bon, bah, ça sera nouilles, persista la femme aux yeux bleus. Tu aimes le poisson ?
- Tu peux pas ne pas être butée une fois dans ta vie ?
- Je crains que non, Asami chérie.
- Korra… Ne joue pas à ce jeu-là, menaça cette dernière, un peu peinée.
- Quel jeu ? »
Korra fit l'innocente, et Asami la transperça du regard.
« « Asami chérie » ? Sachant qu'on vient de… de spéculer sur des supposées conjectures hypothétiques sur notre impossible vie à deux, je trouve que ce surnom est de très mauvais gout.
- J'ai jamais dit que j'avais un bon gout en blagues ! Par contre, j'ai visiblement un très bon gout pour les femmes.
- Korra, grommela Asami, son regard se durcissant.
- Quoi ? Tu détestes à ce point-là plaisanter ?
- Non, mais sur un autre sujet, ce serait mieux.
- Tu préfères des blagues noires sur les crashs d'avions ?
- Nan. Et si tu contentais de me dire les dates ? Du genre, lundi prochain ? Comme ça je suis sûre que tu ne me feras pas de petits-plats ?
- Bien essayé, mais c'est non. Enfin, je suis libre tout le temps. Mais si c'est pas lundi prochain que je commence, ce sera après, et c'est tout.
- Bon, concentrons-nous sur ces billets d'avion et j'ai plus qu'à espérer que tu oublies, soupira-t-elle en allant chercher un ordinateur portable et se poser sur le lit.
- C'est peine perdue. »
Korra la suivit.
« J'ai dit 'espérer'. Tu as bien dit qu'Opal venait avec nous ?
- Ou on peut y aller que toutes les deux… Ce serait notre lu…
- Je te préviens, tu dis lune de miel et ça va mal finir… Donc, si on appelait Opal pour savoir quand elle est libre ? Comme toi tu l'es un peu tout le temps, et que moi j'ai un père qui est très gentil.
- Mmmm, bonne idée.
- Tu t'en charges ? demanda Asami, en mettant en marche l'ordinateur.
- Oui, chérie.
- Korra…
- Chut, je passe un coup de fil. »
Asami grommela. Elle ne savait pas pourquoi Korra persistait tant. Si ça continuait, elles allaient avoir des problèmes ! Toutes les deux. Enfin, surtout elle, parce que si Korra continuait ce qu'Asami appelait du flirt, elle n'allait vraiment pas tenir. Cette soirée allait être un cauchemar… ou un rêve… un rêve cauchemardesque… Argh ! Pourquoi Korra se sentait obligée de lui compliquer la vie ?
Du côté de Korra, qui elle s'amusait bien et n'était pas préoccupée par les problèmes qu'avait Asami, on lui répondit au bout de quelques sonneries.
« Salut, Opal ! Comment ça va ?
- Bien Korra, et toi ?
- Bien. Dis-moi je suis avec Asami et on pensait réserver les billets d'avion pour aller rendre visite à mes parents. Tu as des dates qui t'arrangent ?
- Euh… Laisse-moi un peu de temps pour m'organiser, c'est tout ce que je te demande. Attends, comment ça se fait que tu fasses ça avec Asami ?
- Oh, il se trouve qu'on s'est rencontrées par hasard, il y a quelques heures…
- Par hasard, tu parles, grogna l'ingénieure en levant les yeux au ciel.
- Et que je suis bloquée chez elle, à cause de la neige, continua Korra sans prendre en compte ce que disait son amie.
- D'accord… Mais je veux dire… les billets d'avion ? Je croyais qu'on allait le faire toutes les deux.
- Moi aussi, j'aurais cru, répondit Asami, plus à elle-même qu'à quiconque.
- Euh… J'ai invité Asami à venir avec nous, puisqu'elle s'est proposée de payer les billets. Ça te dérange ?
- Oh… Non… Tu dis que tu es bloquée chez elle ? Tu vas passer la nuit là-bas ?
- OUI ! répondit Korra, avec beaucoup trop d'enthousiasme. »
Asami lui jeta un regard qui en disait long, et Korra se racla la gorge avant de reprendre :
« Je veux dire… pas le choix. J'aurais bien voulu rentrer, mais la météo a fait en sorte que je reste.
- Elle est bonne celle-ci ! s'écria Asami, sentant la puanteur d'un gros mensonge. »
Comme si elle n'avait pas tout fait pour ! Et maintenant, elle était dans le pétrin… Elle croisa ses bras sur sa poitrine.
« Asami ! rouspéta Korra.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Opal, ne comprenant rien à la situation.
- Rien, elle dit des bêtises. Comme d'habitude.
- Hé ! s'insurgea Asami.
- Bref, du coup, on s'occupe des billets, et je te les apporterai dès que possible.
- D'accord, Korra. Tiens-moi informée ! Et remercie Asami de tout prendre en charge. C'est vraiment très gentil.
- Je lui dirai. Bye ! »
Korra s'empressa de raccrocher.
« Bon, on a carte blanche, sans que ce soit trop tôt parce qu'elle veut s'organiser.
- Oui, moi aussi il faut que je m'organise… Dans deux semaines, ça te va ?
- Moi quand tu veux, ça me va très bien.
- Bon alors la fin de la semaine après la semaine prochaine, ça me semble pas trop mal. Parce que vous vouliez rester combien de temps ? »
L'ingénieure commença à chercher des vols sur internet et leur trouver un créneau qui était pas trop mal. C'est que c'était loin le Pôle Sud…
« Euh… On y a pas vraiment pensé, avoua Korra. Tu as dit dans deux semaines ? Oh ! Il y aura surement le festival des Esprits ! Alors, faut au moins qu'on y passe le week-end. Tu verras, c'est génial !
- Qu'est-ce que c'est ? demanda l'originaire de la nation du Feu.
- Une fête traditionnelle du sud. C'est toujours un grand évènement, et il y a plein d'activités et… tu verras, c'est super.
- Donc, deux jours ? confirma Asami.
- Nan, quatre. »
Asami leva les yeux de son ordinateur, n'y comprenant plus rien. Un week-end, c'était deux jours chez elle. Visiblement, le temps devait pas passer à la même vitesse chez tout le monde.
« Quatre ? demanda-t-elle.
- Deux pour voir mes parents et deux pour le festival, expliqua Korra.
- Tu peux pas faire les deux à la fois ? rit Asami.
- Nope !
- Moi ça ne me dérange pas, c'est pour Opal…
- Je lui envoie un message. »
En quelques secondes à peine, elles eurent une réponse : « Ok ».
« Voilà qui est réglé ! annonça Korra. Bon, finis tout ça et après on fait autre chose d'un peu plus amusant.
- Depuis quand tu me donnes des ordres ?
- Je ne t'en donne pas. Simplement, j'aimerais faire autre chose.
- Très bien, je finis. »
Korra se pencha très près d'Asami, guettant ce qu'elle faisait sur l'écran. Elle s'appuyait sur sa main posée juste à côté de la cuisse d'Asami, et de ce fait penchait son corps sur celui de l'ingénieure qui faisait tout son possible pour rester concentrée sur son écran et non pas sur le corps collé contre le sien, ni sur le visage qui serait assurément collé au sien si elle se retournait.
« Korra…
- Oui ?
- Avoir ton souffle dans mon cou est très dérangeant, mentit-elle, car ce n'était pas la seule chose qui la dérangeait, sa présence la dérangeait !
- C'est mieux comme ça ? »
Korra frotta son nez contre la joue d'Asami.
« Korra ! » gronda-t-elle.
Et elle explosa de rire.
« Quoi, je te dérange ?
- Tu m'empêches de me concentrer ! »
Et elle continua de rire. Ce qui faisait naitre un sentiment de joie et d'amusement dans la poitrine de l'ingénieure contre son gré. Surement que Korra ne faisait que jouer, elle n'avait pas d'arrières pensées. Dans tous les cas, Asami préférait éloigner le danger.
« Dis-moi Korra, tu pourrais aller me chercher mon sac pour que je paie les billets ?
- Yep ! affirma-t-elle rapidement, avant de se rendre compte qu'elle ne savait pas du tout où il pouvait se trouver. Euh… Il est où ? »
Asami gloussa.
« À l'entrée.
- Ok ! »
Korra se leva, effleurant de sa main la colonne vertébrale d'Asami.
Elle frissonna. Puis, alors que la jeune femme aux yeux bleus s'éloignait, elle soupira d'une douloureuse douceur.
Quelques secondes de répit. Seulement quelques secondes. Pour respirer, se détendre peut-être. Pourtant, son corps, raidi, refusait de se relâcher et sa poitrine gonflait incontrôlablement. Elle maudissait Korra d'autant jouer avec elle, parce qu'elle allait finir par perdre tous ses moyens ! Ce qui n'allait pas vraiment dans son sens. Mais avant qu'elle ne puisse vraiment retrouver son sang-froid, Korra revenait, se glissant à côté d'elle sur le lit.
Elle lui tendit son sac, et Asami fouilla dedans avant d'en sortir une carte bleue et finir cet achat. Elle tapa rapidement les chiffres et pendant qu'elle attendait le mail de confirmation comme quoi tout s'était déroulé sans accroc, Korra posa le sac par terre. Elle retourna vivement auprès d'Asami, lui demandant impatiemment :
« C'est fini ?
- Cette fois, oui, c'est fini, répondit-elle.
- Parfait ! »
Korra bondit presque sur l'ordinateur, le ferma d'un coup et le posa sur la table de chevet du côté droit, où Asami était installée. Dans sa manœuvre, elle se retrouva à califourchon sur cette dernière, puis décida qu'elle était très bien à cet endroit et la regarda dans les yeux. Tandis qu'elle était parfaitement à l'aise, ce n'était pas le cas d'Asami qui ne put s'empêcher de lui demander, plus curieuse que réellement inquiète :
« Je peux savoir ce que tu fais ?
- Je ne sais pas, répondit Korra, fixant toujours la jeune femme aux yeux verts avec une attention toute particulière. Et toi ?
- Je ne sais pas… »
Et les deux se regardèrent pendant un moment. Asami refusait se détourner le regard de peur d'avouer quelque chose d'inavouable, de peur d'abandonner par faiblesse, et Korra la regardait simplement, sans vraiment penser à ce qu'elle faisait, sans être menaçante en aucune façon.
Puis, soudainement, Korra s'écroula sur Asami, ses bras l'encerclant avant qu'elle ne puisse se demander ce qui était en train de se passer. Mais finalement, la question sortit de sa bouche au bout de quelques secondes, la tête de Korra sur son épaule, ses cheveux caressant son visage, ses bras l'étreignant avec force…
« Je n'avais plus eu de câlins de ta part depuis longtemps… Ça me manque. »
Et il y avait une bonne raison en dehors des sentiments d'Asami, c'était que Korra n'avait plus besoin d'être consolée. Et c'est ce qu'elle répondit, en omettant bien sûr la partie sur ses sentiments pour elle.
« Tu as raison… Mais je voudrais quand même pouvoir… faire ça. Il n'y a pas vraiment besoin de raison… tant qu'on s'aime. »
Tant qu'on s'aime, pensa Asami.
Voilà qui ne pouvait être plus vrai, pourtant ça sonnait faux en une certaine mesure. C'était juste qu'elle n'était pas préparée à entendre une telle cloche sonner de cette merveilleuse mélodie céleste dans ses oreilles qui n'étaient pas encore formées pour.
Tant qu'on s'aime.
Et quand elle le répétait, quand elle rejouait ces formidables mots dans sa tête autant que dans son cœur, tout devenait plus juste et soudain, elle était capable d'entendre, mais elle se demandait si c'était de la bonne oreille…
Cependant, elle enlaça Korra elle aussi, et lui dit tout bas :
« Tu as raison. Je t'aime et je n'ai besoin de rien d'autre. »
À part que ce soit réciproque et que Mako disparaisse mystérieusement du tableau…
Stop ! Non, il ne fallait pas qu'elle pense des choses pareilles. Elle devait disparaître du tableau, elle et elle seule !
Pourtant quand elle sentait cette étreinte chaleureuse, son cœur s'emplir d'une vague de bonheur, et respirer une paix sécuritaire, elle ne pouvait se résigner à croire que c'était à elle de partir.
Non, elle devait rester au creux de Korra, dans cette étreinte merveilleuse. Pour toujours.
« Je t'aime aussi, et ça me suffit. »
Asami renifla. Elle ne comprenait pas pourquoi ses yeux étaient larmoyants tout à coup. Elle essaya de cligner des yeux, se disant que cet excès d'eau allait disparaitre, et il disparut, s'écoulant sur ses joues pales de manière inattendue.
Korra choisit de ce moment pour se retirer, et elle vit les joues d'Asami, légèrement mouillées.
« Asami… Tu… tu pleures ? demanda-t-elle doucement. C'est moi qui te fais pleurer ?
- Non, non, bien sûr que non. Simplement, une poussière, mentit-elle. »
Korra passa sa main sur la joue pale, la débarrassant de la larme qui lui courait dessus comme le vent courait sur l'eau.
« Tu n'as pas à me mentir, tu peux tout me dire… »
Elle lui caressa la deuxième joue, et Asami plongea dans son contact.
« Alors, pourquoi ? » demanda-t-elle, cherchant les yeux verts du regard.
Quand elle le trouva, Asami se décida à parler.
« Désolée… Ça faisait simplement longtemps que je n'avais ni prononcé, ni entendu ces mots. Ça m'a ramené à la dernière personne, autre que mon père, qui me les a dits…
- Quelqu'un que tu aimais ?
- Énormément.
- Et qu'est-ce qui s'est passé ? Dure séparation ? »
Asami rit un peu, même si ce n'était pas un rire de joie, mais plutôt d'une ancienne tristesse macabre.
« On peut effectivement dire ça. Elle est morte. »
Korra eut le souffle coupé. Zut ! Elle avait mis les deux pieds dans le plat !
Voyant sa réaction, ses deux yeux bleus hagards, complètement perdus, désorientés et désolés, Asami se sentit obligée de la rassurer :
« Tout va bien, Korra. Tu ne pouvais pas savoir.
- Je suis tellement désolée Asami ! Je ne voulais pas te faire revenir un souvenir tellement dur en mémoire.
- Je te l'ai dit, tout va bien. »
Elle lui prit les mains et les serra avec force et douceur. Et elle lui répéta, en la regardant dans les yeux, que tout allait bien, jusqu'à que Korra se calme un peu.
« Je suis désolée… C'est moi qui te ramène cette tristesse et c'est toi qui me consoles… Ça devrait être le contraire.
- Ce n'est pas grave, Korra. Je suis là pour ça.
- Moi aussi ! Moi aussi, je suis là pour t'aider. Mais tu n'as jamais besoin de moi…
- C'est faux, Korra. J'ai besoin de toi plus que tu ne le penses. »
Avec ça, elle s'approcha du visage de Korra, ses mains reposant avec délicatesse que son cou. Elle s'approcha et elle eut envie de l'embrasser à mesure que leurs souffles se mêlaient, que leurs peaux s'appelaient, que leurs lèvres hurlaient la douleur de ne pouvoir se posséder. Complètement. Entièrement.
Elle ne sut comment, dans ce flou infernal et brulant, elle réussit à garder un peu de lucidité alors que ses yeux même se fermaient, signe que son corps s'abandonnait. Alors, au lieu de se pencher vers les lèvres de l'autre femme, de son amie, elle releva la tête et l'embrassa juste au bout du nez, comme elle le ferait avec un enfant. C'était tout ce qu'elle aurait pour l'instant !
Mais, la douleur toujours vive d'avoir rebouché une artère laissant couler une hémoglobine amoureuse, elle ne put s'en contenter. Aussi déposa-t-elle un autre baiser, toujours dans la cadre de sa limite.
Le front brun reçut la bénédiction de deux lèvres affamées qui vinrent le caresser. Il se plissa ensuite, perplexe, ne comprenant plus vraiment ce qui venait d'arriver. Les yeux bleus cherchèrent les verts. La forêt fuit devant l'immensité de l'océan et la peur de se noyer, de ne plus sortir vivante d'une plongée divine.
« Que veux-tu faire ? » demanda Asami, espérant que Korra s'éloignerait un peu.
Cependant, elle resta à la même distance, voire se rapprocha alors qu'elle balayait les cheveux de jais du visage pale, pour mieux capturer ce regard printanier.
« Pourquoi tu ne me parles jamais de ton passé ? » demanda-t-elle, tellement bas qu'elle se demanda si Asami avait entendu.
Pendant de longues secondes, elle crut qu'aucun son n'avait atteint les oreilles de la jeune ingénieure. Puis, enfin, une réponse se formula au bout de ses deux lèvres de sang :
« Il n'y a pas beaucoup à dire. »
Korra fredonna d'approbation, avant de tourner la tête d'Asami vers la sienne, surprenant les yeux verts d'intensité.
« Et si je veux que tu m'en parles ? »
Asami fut figée. Elle respirait péniblement alors qu'elle observait les lèvres de Korra former des mots, des mots qu'elle s'efforçait d'écouter, même si son esprit était perdu dans un nuage ardent de fantasmes. Elle ne répondit pas alors, incapable tellement sa gorge était sèche et obstruée d'impossibilités.
« Asami, j'aimerais tellement te connaitre mieux. Tu es ma meilleure amie, parle-moi. Parle-moi de toi. S'il te plait.
- Je… Je ferai ce que tu voudras, répondit-elle comme si elle venait de lui demander la lune. »
Korra lui sourit brillamment, et Asami déglutit difficilement, un souffle chevrotant franchissant ses lèvres. Elle tâcha de se concentrer sur les yeux de Korra, seulement ses yeux.
Et puis soudain, ils se rapprochèrent vivement alors qu'elle l'embrassa sur le nez et sur le front. La jeune femme rit doucettement au contact, fermant les yeux.
« Tu me recopies ?
- Ce n'est pas comme si je pouvais t'embrasser sur beaucoup d'endroits différents. Il y a quoi comme autre option ? La joue… »
Korra se pencha et embrassa la joue pale, aux coins de ses lèvres, et Asami, toujours les yeux fermés, savoura ce léger chatouillement. Elle n'eut le courage d'ouvrir ses yeux, alors qu'elle sentait encore toute la chaleur de Korra, toute sa respiration contaminer son être d'une mortelle douceur.
« Ou… ici, peut-être », continua la femme aux yeux bleus après quelques secondes.
Le fait qu'aucun endroit ne soit précisé fit bondir le cœur d'Asami qui était au bord de la rupture. Elle mourait d'envie d'ouvrir les yeux, de comprendre l'intention de l'autre femme. Pourtant, elle n'osait pas de peur de voir le tortueux rêve qui flattait son âme être réduit en poussière. Car elle sentait Korra encore proche et tous ses sens s'affolaient d'une délicate fureur. La folie même venait roder alors que son corps s'enivrait à la fois de peur et d'espoir.
Doucement, son supplice prit forme, alors que Korra s'approchait une nouvelle fois de son visage.
Elle ne baisa pas son nez…
Elle ne baisa pas son front…
Elle ne baisa pas ses joues…
Elle s'approcha et ses lèvres éraflèrent la lèvre supérieure d'Asami, car elles ne pouvaient faire plus que prétendre à un simple accident. L'ingénieure fut comme secouée d'un spasme alors que ses lèvres, si elles n'étaient contraintes par une affreuse raison, auraient rampé vivement pour retrouver celle de l'autre femme. Pourtant, elle réussit à ne pas bouger. Elle respira simplement le même air que Korra, tandis que cette brise chaleureuse s'en était allée et qu'un léger baiser avait été déposé juste au-dessous de son nez.
« Je ne suis pas sûre que beaucoup de personnes embrassent les gens à cet endroit-là, dit doucettement Asami.
- Ah, j'aurais pourtant juré que oui, mentit Korra presque essoufflée en parlant tout bas. »
Plusieurs secondes passèrent où ni l'une ni l'autre n'osait faire quoi que ce soit. Elles avaient simplement les yeux fermés, face à face, leurs visages à simplement quelques ridicules centimètres l'un de l'autre.
Cependant, Asami s'interrogeait sur la volonté de Korra quant à ce baiser.
« C'était ce que tu voulais faire ? demanda-t-elle.
- Oui, affirma Korra, sans détour.
- Totalement ?
- Parfaitement. »
Ce n'était pas un accident alors. C'était ce que Korra avait voulu. Effleurer ses lèvres. Et Asami ne savait pas si elle devait pleurer ou sauter de joie de savoir que ses sentiments étaient réciproques. Ils l'étaient, n'est-ce pas ? Pourtant, il apparaissait clair que Korra était aussi contrainte qu'elle : elle ne l'avait pas embrassée, elle y avait seulement fait une allusion.
Asami ouvrit vivement ses yeux de jade, et instantanément, elle fut noyée dans l'océan ; ses poumons n'avaient plus d'air, elle était hypnotisée par la marée, les houles qui secouaient son cœur fragile. Elle était perdue.
Une de ses mains se raccrocha à la joue de Korra, en un doux murmure. Ce murmure ses lèvres s'imaginaient mimer avec conviction contre celles de Korra, et c'est pour cela qu'elle eut une soudaine impulsion qui la projeta vers l'avant de quelques millimètres. Mais elle se souvint qu'elle non plus n'avait pas le droit. Alors, tout ce qu'elle pouvait faire, c'était montrer à Korra qu'elles étaient dans le même bateau, même si elle ne lui avouerait pas qu'elle la faisait chavirer de vive voix.
Elle aussi s'approcha, caressa sa lèvre supérieure des siennes, et finit par un simple baiser au-dessous du nez.
« Maintenant, on est quitte, dit-elle.
- D'accord, répondit Korra, comme en transe. »
Ensuite, la jeune femme aux yeux verts jugea plus sage de se reculer du plus qu'elle pouvait, ne pouvant pas se relever comme Korra était sur elle. Elle savait que si elles continuaient, une d'elles deux allait finir par faire quelque chose qui n'était pas bon pour la relation de Mako et Korra. En même temps, elle n'était pas très sûre que toute cette situation soit bénéfique pour la relation de Mako et Korra. Mais elles ne faisaient toujours rien de mal, hein ?
Même s'il était très probable que leurs sentiments mutuels soient réciproques, tant qu'elles ne passaient pas à l'acte, il n'y aurait aucun problème. Ou du moins, Asami préférait se leurrer en se disant que s'il y avait quoi que ce soit, elles feraient plus que simplement… flirter. Flirter ? Non, elles ne flirtaient pas ! C'était de l'affection purement et simplement amicale ! Après tout, tout le monde embrasse sa meilleure amie sous le nez !
L'idée simplement donnait envie à Asami de se taper la tête contre un mur. Ce raisonnement était l'un des plus stupides qu'elle n'ait jamais eu. Elle savait que c'était faux, mais elle préférait s'y confiner pour ne pas voir les possibilités, pour ne pas voir que Korra pouvait être avec elle, pour ne pas voir comment ce serait de se débarrasser de ces chaines tortueuses qui entravaient ses sentiments. Ce serait certainement trop. Trop beau. Trop agréable. Trop parfait. Et c'est pourquoi y penser la tuait à petit feu, parce qu'elle n'avait rien de tout ça, et devait se contraindre à accepter qu'elle n'aurait rien de tout ça.
Pour autant, une question la dérangeait. Si Korra était aussi au courant qu'elle de ce qui se passait entre elles… pourquoi ne faisait-elle rien ?
Elle devrait soit la repousser, voulant conserver la stabilité de son couple ; soit la garder au près d'elle, étant prête à en finir avec sa présente relation. Or, Korra la gardait près d'elle, tout en étant ravie que son couple se fissure et essayant de le recoller par tristesse et peur qu'il se brise. Avec tout ça, Asami ne comprenait pas ce qu'elle devait faire. Qu'est-ce que Korra voulait ?
Toutes ces questions se reflétèrent dans son regard alors qu'elle fixait intensément la femme aux yeux bleus. Si bien que celle-ci se sentit un peu trop scrutée.
« Quoi ? Tu essayes de lire dans mon esprit ou quoi ? » demanda-t-elle en rigolant.
J'aimerais bien, pensa Asami. J'aimerais tant savoir ce que tu as derrière la tête… savoir ce que tu veux de moi.
« Non. Non, simplement, je me disais que tu devrais peut-être descendre de mes jambes, parce que un, je dois apparemment te raconter ma vie et que t'avoir en face est un tantinet dérangeant, et que deux, je ne sens plus mes jambes.
- Oh ! Oui, excuse-moi. J'aurai quand même le droit d'avoir un câlin plus tard ?
- Tu en demandes des choses ! Mais oui, Korra. Tu n'as pas besoin de me couper la circulation du sang pour ça. »
Korra lui tira la langue, ce qui constitua sa réponse, et Asami fit de même.
Ensuite, la femme à la peau de bronze se déplaça, et se glissa sous les couvertures. Elle se coucha, et attendit qu'Asami commence son récit, comme une enfant écoute une histoire avant d'aller dormir.
La jeune femme resta assise sur le lit, et commença à peigner les cheveux de Korra délicatement, avec sa main. Cette dernière ferma les yeux, bercée par le mouvement.
« Que veux-tu savoir ? demanda-t-elle doucement.
- Tout. Je veux tout savoir.
- Ça fait beaucoup. Je ne sais par où commencer.
- Commence par ton enfance. Où vivais-tu quand tu étais petite ?
- Ici, j'ai toujours vécu à Republic City, même après la mort de ma mère.
- Comment était-elle ?
- Magnifique. Autant d'esprit que de corps. Je n'ai pas énormément de souvenirs. J'étais relativement jeune. Mais je sais que c'était une bonne mère, et qu'elle aimait énormément mon père.
- Et lui ?
- Il l'aimait tout autant. Et il n'a jamais été vraiment le même une fois qu'elle ne fut plus là… Il a été brisé. C'était une double sentence de voir son deuxième parent souffrir du manque de celui qui n'est pas là. Qui n'est plus là, et qui laisse notre cœur creux.
- Parle-moi d'eux. Parle-moi de ta famille. »
Et ainsi, Asami raconta son enfance.
A/N : Oui, je sais, ça finit en queue de poisson. Je suis désolée. Mais après, j'allais faire trop de mots par rapport à ce que moi j'attends. Donc voilà. Le prochain chapitre est assez court pour l'instant, alors c'est soit je le laisse tel quel et je le publie dans la semaine au plus tôt, soit je le combine avec le 12 en fonction de l'avancée de celui-ci. Bref, je verrais ça plus tard. J'espère que je fais toujours pas du OOC, je me suis fait une petite frayeur avec les dialogues... En tout cas, si vous avez un avis sur la question, vous pouvez me le dire.
Laissez une review ! Je suis toujours très contente d'en recevoir :)
À plus !
Lion
PS : Réponse aux reviews 'guest' :
Koringus :
Donc, coucou à toi aussi :) Je te rassure, il n'y a pas de mode d'emploi ou de façon correcte de poster une review ;) La première review est la plus dure, tu verras ;) Personnellement, je détestais en poster, et maintenant j'en poste une presque systématiquement. Donc, je te remercie énormément pour avoir eu le courage de m'en laisser une. Je sais que ce n'est pas chose aisée pour tout le monde :)
Merci aussi pour tous tes compliments et ton suivi régulier de l'histoire (j'espère que l'avancement te plait, du coup) ! Ça me touche beaucoup :)
D'accord pour les chapitres longs, je prends en note ;)
Ta review m'a fait beaucoup plaisir, merci ! (Si ça dérange que je réponde dans l'histoire, il suffit de me le dire !)
Loann37 :
Ravie que tu aies ri ;)
Effectivement, il va vraiment falloir faire fort pour qu'enfin elles fassent autre chose que se tourner autour ! Heureusement que c'est prévu :p Allez, avec un peu de chance, on va arrêter d'avoir cette dynamique de cercle vicieux dans quelques chapitres ! On y croit ! ;)
J'espère que tu as apprécié le chapitre ! Et comme toujours, merci pour la review !
