Mwahahah, voua comprenez pourquoi je voulais pas mettre le chapitre 9 tout seul ?? Allons bon, croyez-vous vraiment que je vais laisser Roxton mourir ? Non mais ça va pas !!
Chapitre 10
Véronica paniqua.
- Qu'est-ce qui se passe Vee ? demanda Finn
- Je ne ressens plus Roxton !! Nul part ! Comme s'il était mort !!
- Oh bon sang, vite ! Dépêchons !
Les deux femmes se mirent à courir et croisèrent Challenger et Ned en chemin.
- Nous avons réussi ! s'exclama Ned avant de se rendre compte de l'air affolé des deux femmes
- Oui, mais Vee croit que Roxton est décédé, alors en route !
Les deux hommes les suivirent, commençant à être assez alarmés eux aussi.
Lorsqu'ils trouvèrent la place où le feu et l'eau étaient censés se tenir, tous les quatre en eurent le cœur déchiré. Marguerite était cramponnée à Roxton… mort. Challenger et Ned accoururent sur Marguerite. Elle semblait dormir, totalement épuisée, désespérée et affligée.
Ils l'obligèrent à s'asseoir (à lâcher Roxton surtout) et elle gémit de mécontentement. Challenger l'avait dans ses bras et la sentait extrêmement faible.
Véronica s'approcha de Roxton horrifiée. Elle prit une grande inspiration et enleva l'épée de son ventre.
- Qu'est-ce que vous faites ? demanda Challenger
- Je ne sais pas moi-même.
Elle plaça sa main sur la blessure et essaya de se concentrer. Rien à faire. Elle plaça alors sa main sur la tête du Lord puis sur son cœur. Mais rien ne se produisit.
Elle soupira et regarda Marguerite. Elle prit délicatement la main de Marguerite dans la sienne et plaça celle qui lui restait sur l'entaille et se concentra de nouveau. Quand elle vit que ça ne fonctionnait pas, elle déplaça une fois de plus sa main sur le front de l'homme. Puis, découragée, finit par la placer sur le cœur et se concentra de toutes les forces qui lui restait.
Elle pensa à lui vivant. Elle se souvenait de toutes ces fois où elle et lui s'étaient mis contre Marguerite (comme pour cacher un certain trésor…), à toute les fois où il lui avait sauvé la vie… à toutes les fois où elle l'avait vraiment considéré comme le frère qu'elle avait toujours voulu avoir.
Le sourire qui s'était dessiné sur ses lèvres en mémoire de ses souvenirs s'effaça lorsqu'elle sentit tout son corps augmenter de température. Elle sentait une partie d'elle se mettre en marche, une partie d'elle qui ne lui avait jamais servit jusqu'à maintenant et qui semblait réticente… comme si elle savait que ressusciter quelqu'un ne la regardait pas vraiment…
Elle serra les dents en sentant la douleur l'envahir, traverser son cœur, son bras, sa main et atterrir dans le corps de Roxton. Elle commença même à sentir la douleur provenir de Marguerite !
Quand elle se retira, la douleur devenant trop vive, Roxton et Marguerite s'éveillèrent en sursaut.
Véronica s'écroula sur le sol, essoufflée. Ses bras, ses mains et sa poitrine étaient en feu. La douleur disparaissait tranquillement, mais c'était horriblement pénible. Ned s'approcha et l'aida à s'asseoir.
Marguerite ouvrit de grands yeux en voyant Roxton et celui-ci fit de même lorsqu'il le constata à son tour.
- John ! Oh mon Dieu, il t'a tué et je…
Elle se jeta à son coup et tous les autres se retinrent pour ne pas rire.
- Wow ! Je suis… j'ai sentit l'épée pourtant !
- C'est Vee qui vous a ressuscité, expliqua Finn
Tous les deux se tournèrent vers Véronica et sourirent. À ce moment-là, ils auraient pu dire n'importe quoi, les quatre autres avaient la preuve irréfutable qu'ils s'aimaient plus que tout.
- Merci infiniment, remercia Roxton
- Oh de rien. Après avoir sauvé le monde, quoi de plus normal que de ressusciter quelqu'un ?
Subtilement, ils laissèrent Roxton et Marguerite à leurs « retrouvailles » et s'en allèrent.
Dès qu'ils furent partis, Marguerite embrassa Roxton et celui-ci y répondit, un peu amusé.
- J'ai eu tellement peur ! J'ai eu peur que… de…
Roxton lui sourit et plaça sa main sur sa joue avant de l'embrasser de nouveau.
Il comprenait parfaitement, il n'avait pas besoin de mots ou d'explications. Il l'aimait, ça suffisait.
*-*-*
- Alors ? Maintenant ? demanda Finn
- Quoi ?
- Qu'est-ce qui se passe ? répéta Finn, On a sauvé le monde et tout redevient normal ?
Finn venait d'entrer dans la pièce, le lendemain de tous les événements.
- Pas pour moi, avoua Marguerite, Je veux retourner en France.
- Et moi je veux revoir ma femme, approuva Challenger
- J'ai des choses à régler à Londres, continua Ned
- Moi aussi, acquiesça Roxton
- D'accord, se résolu Finn, mais pour le monde ? Je veux dire, quoi, c'est tout ! On trouve les médaillons, on sauve la planète, on a maintenant des super pouvoirs mais on compte continuer normalement ?!
- Je ne sais pas si nos pouvoirs sont toujours là, fit Véronica en réfléchissant, Je veux dire, oui, oui, on peut toujours les utiliser. Mais jamais avec autant de puissance qu'hier.
- Pourquoi pas ?
Véronica empoigna un des livres dans la bibliothèque et chercha une page avant de lire à voix haute.
« Si les originaux étaient des puissances énormes, les plus grandes que la terre n'ait jamais engendré, les successeurs n'auront leur force que lorsqu'il en sera vraiment nécessaire. Pour le reste du temps, ils n'auront que de légers dons. La planète ne peut engendrer deux fois deux générations aussi monumentales. »
Finn secoua la tête.
- Alors, nous ne sommes que des bouches-trous alors ? Pff !
- Nous avons tout de même des dons très intéressants je trouve, avoua Malone
- J'approuve ! fit Challenger en souriant
- Mais malheureusement, déclara la protectrice, pour sortir du plateau il va nous falloir réfléchir. Il est écrit ici que nous le pouvions… en trouvant je ne sais trop quel temple qui… hé, mais je le connais ce temple !
Les cinq autres s'approchèrent, soudainement extrêmement intéressés et Véronica commença à leur expliquer où il se trouvait et ce qu'il était censé leur donner. Une sorte de pierre qui leur ouvrirait une porte plus loin.
Malone recula légèrement.
- Je connais aussi ce temple, j'y suis passé avec Siu un jour. Il y a des pièges partout. Il les connaissait alors, on est passé comme dans du beurre mais… je ne m'en souviens plus. Et aujourd'hui, Roxton et moi étions censé aller chasser parce que les vivres commencent à diminuer.
- Et moi je m'occupe du potager, déclara Finn, Il a souffert ces derniers temps.
- Et moi je dessine un plan pour agrandir la maison !
Marguerite et Véronica se regardèrent.
- On va aller à ce temple.
- Mais c'est dangereux !
- Oui, mais on est des grandes filles.
- Oh, c'est une très mauvaise idée, contesta Malone, Vraiment. Il y a des trappes, des flèches, des barrières de feu invisible, des moustiques vénéneux…
- J'ai le plan ici ! Mes parents l'ont visité à maintes reprises en se fiant sur les plans de ma grand-mère et tous les pièges y sont indiqués.
- Mauvaise idée, répéta Roxton, c'est extrêmement dangereux
- Mais personne ne riposterait si tous les deux vous décidiez d'y aller par contre… riposta Marguerite, Pourquoi ? Vous croyez qu'on est plus faibles ?
- Mais non mais…
Les deux jeunes femmes eurent exactement le même geste : elles croisèrent leurs bras à la hauteur de leur poitrine et attendirent une réponse, agacées. Challenger eut un sourire en coin.
- Je crois qu'elles ont gagné, murmura-t-il à l'oreille de Roxton
C'est ainsi que quelques minutes plus tard, elles quittaient le Tree House en essayant d'échapper aux phrases telles que : « Et pas de risques inutiles ! »
Elles ne marchèrent pas longtemps. Une heure environ. Elles parlèrent de tout et de rien sans plus d'atomes crochues qu'à l'habitude.
Quand finalement elles arrivèrent au temple, elles furent surprises de voir avec quelle facilité elles évitaient les pièges et qu'en moins de cinq minutes, elles étaient au cœur du domaine.
Véronica haussa un sourcil.
- Il n'y a rien de dangereux ici…
- Non en effet. Ah regardez, une pierre, c'est peut-être celle que nous cherchons.
- Ça ressemble au dessin.
Marguerite prit la petite pierre rosée dans sa main et l'admira avec respect. Elle avait été polie et nettoyée et elle resplendissait.
- Montrez-moi le dessin.
Marguerite regarda le dessin et la description et son visage s'assombri.
- Non, ce n'est pas elle.
Elle la tendit à Véronica qui l'observa et qui approuva à son tour. Alors qu'elle allait la remettre sur son socle, le temple se mit à trembler.
- Ohhh, je n'aime pas ça du tout. On sort !!
Elles se mirent à courir pour sortir et comme elles ne firent pas attention aux pièges, ils se déclenchèrent à peu près tous et si les deux femmes réussirent à sortir avant que la porte ne se referme, Véronica s'en tira avec une flèche dans la jambe.
- Aaah ! Ça fait mal !
Elle s'accota après un arbre et fut sur le bord d'arracher sa flèche.
- Non ! Pas comme ça ! l'arrêta Marguerite, Attendez, je vais vous trouver quelque chose ce ne sera pas long.
*Je ne savais pas qu'elle avait des compétences en médecine*
C'était ironique, bien évidemment.
- Je vous ai entendu ! lâcha Marguerite
- Je n'ai rien dit…
*Et puis quoi encore ?*
- Je vous assure que je n'ai rien dit.
La brunette releva la tête et la regarda gravement.
- Moi non plus…
- Bien, je n'ai pas halluciné…
- Moi non plus.
*Espérons encore que je ne lis pas dans les pensées*
- C'est vous qui venez de penser ça ? demanda Marguerite les yeux quasiment sortis de la tête
- Penser quoi ?
- Que vous ne vouliez pas lire dans les pensées ?
- Oui…
Alors que toutes les deux commençaient à paniquer légèrement et que leurs pensées se bousculaient, leur attention fut attirée par la porte du temple qui se rouvrait de nouveau.
*Que se passe-t-il ?* pensa Marguerite
*Ah oui, seule une pierre à la fois peut être prise, j'aurais dû y penser* pensa Véronica
Les deux femmes se regardèrent, assez paniquées cette fois, sans savoir trop quoi faire ni penser. Marguerite décida de s'occuper de la blessure de la blondinette avant toute chose et empoigna la plante qu'elle cherchait. Elle n'eut même pas besoin de parler, Véronica savait déjà ce qu'il se passerait.
- Ça risque d'être très douloureux.
- Je sais.
Quand on enlève une flèche du corps, on ne peut pas la retirer par où elle est entrée, il y aurait beaucoup trop de dégâts et d'infection. La façon la plus sûre, c'est de la faire traverser complètement.
Heureusement, la flèche était sur le côté de la cuisse. D'un geste sec, Marguerite fit traverser la flèche et Véronica retint un cri de douleur… qu'elle ne put retenir lorsque l'autre femme appliqua la plante sur la plaie.
La princesse de la jungle décida de tenter de nouveau son pouvoir. Elle plaça sa main sur sa cuisse et la plaie se referma presque aussitôt.
*Wow !, pensa Marguerite, C'est efficace ! Voici un problème de réglé.*
*Et l'autre reste assez grave* constata Véronica
Toutes les deux se reculèrent et se regardèrent intriguées, apeurées et fascinées. Un peu comme un enfant qui voit pour la première fois un phénomène un peu plus difficile à expliquer.
- Qu'est-ce qui s'est passé pour qu'on lise dans les pensées ?
- La pierre sûrement, déclara Véronica qui avait toujours la fautive dans sa main
- Ah oui… et maintenant on lit dans les pensées ?
*Perspicace !*
*J'ai entendu !*
- Désolée… c'est que je ne suis pas habituée.
- Moi non plus. Mais je veux dire, il doit y avoir une limite non ? C'est que je ne veux pas avoir quelqu'un dans ma bulle !
- Reculons.
Elles firent quelques pas pour s'éloigner.
*Vous entendez toujours ?*
*Oui*
Elles continuèrent de reculer jusqu'à ce que ce ne soit plus que des paroles floues. Elles étaient environ à une trentaine de mètre lorsqu'elles n'entendirent plus les autres pensées et toutes les deux eurent la même réflexion. Comment allaient-elles faire dans le Tree House ? Ce serait sûrement impossible à vivre et entendraient des choses qui ne les regardaient pas.
Elles hésitèrent avant de revenir à une distance normale.
- On fait quoi ? On leur demande de l'aide ? questionna Véronica
- Mauvaise idée. On risque de se faire éviter et ils ne pourront rien faire de toute façon.
- Bon alors quoi ?
- Je ne sais pas ! On y retourne et on cherche dans vos livres.
- Et pour la pierre qui ouvrait une porte, on dit quoi ?
- La vérité. On est tombé dans un piège.
*Et voilà, ils vont nous prendre pour des enfants, une fois de plus. Surtout que ma jambe est extrêmement douloureuse*
*Encore ? Bon cette fois, ce n'est pas de ma faute au moins… la dernière fois que j'ai enlevé un éclat d'obus à un soldat blessé je l'ai…*
- Quoi ? fit Véronica en se retournant
Marguerite eut un mouvement voulant dire qu'elle regrettait ce qu'elle venait de penser. Mais de toute façon, elle avait pensé, on ne contrôle pas ce qu'on pense, on le pense, c'est tout et si quelqu'un a accès à cet espèce de journal intime que forment nos secrets et bien…
- Durant la guerre, expliqua l'héritière, j'ai dû jouer le rôle d'infirmière à maintes reprises.
*Ha ha, Marguerite, Infirmière ?*
- Ce n'est pas drôle ! Vous saurez que j'ai vu des choses horribles…
- Hum, si les soldats avaient su qu'ils étaient soignés par Parsefal !
- Non, non vous ne comprenez pas. Je n'étais pas infirmière. Mais il m'est arrivé de me retrouver sur des champs de batailles abandonnés où les Allemands avaient gagné. Je peux vous assurer que c'est horrible. On ne sait plus distinguer les vivants des morts, il y a du sang et de la boue partout et des gémissements à en faire tourner les têtes…
- D'accord, d'accord, j'ai compris ! fit Véronica en se crispant
Le reste du trajet se fit en silence de paroles mais rempli de paroles. Lorsqu'elles arrivèrent proches du Tree House, Véronica fit signe à Marguerite d'arrêter.
Contrôler ses pensées n'était pas une tâche facile mais elles finiraient par s'habituer. Mais essayer d'ignorer celles des autres alors…
- Votre jambe vous fait toujours souffrir ?
- Oui.
- Laissez-moi voir.
Marguerite jeta un bref coup d'œil.
- Je ne peux rien dire de concret, mais il doit y avoir quelque chose de déchiré. Il faudra voir l'avis de Challenger…
*Et nous allons avoir droit au sermon du siècle*
*Et aux : « Nous vous avions prévenus ! »*
Toutes deux entrèrent dans l'ascenseur et Véronica s'assit dès qu'elle fut de nouveau chez-soi. Challenger accouru et leva un sourcil.
- Tout va bien ?
- Oui… enfin si on veut.
*Quoi, que se passe-t-il ?*
- Quoi, que se passe-t-il ?
- Et bien, nous avons été piégées et nous croyons que Véronica a quelque chose de déchiré dans la cuisse.
*Ah oui, comment est-ce qu'elle a fait son coup ? Pour se déchirer quelque chose dans la cuisse, il faut faire un mouvement vraiment violent…*
- Et bien, je peux toujours vérifier, mais s'il y a effectivement quelque chose de déchiré, je ne peux rien faire sauf attendre que la blessure guérisse d'elle-même.
*Se déchirer quelque chose dans la cuisse, comment ? Dans le genou d'accord, mais la cuisse ? Je veux dire, il faut faire des mouvements… des mouvements…*
- C'est que, j'ai reçu une flèche et je me suis guérie avec mon pouvoir.
*Aaaaah, voilà qui explique tout !*
*Véronica, on va avoir le droit à long discours !*
*Peut-être, mais il était sur le point de se faire des idées assez…*
Challenger eut un regard grave.
- Ce n'est peut-être pas quelque chose de déchiré mais plutôt un effet secondaire. Mais, ça va ? Vous n'avez rien d'autre ? La flèche n'était pas empoisonnée ? Il serait peut-être sain que je vous fasse une prise de sang.
*Ah les femmes ! Il faut toujours que ça prouve de quoi !*
- QUOI ! lâcha Véronica, Euh, je veux dire… oui, oui. Une prise de sang.
*Non mais vous l'avez entendu !! Quoi ! Les femmes ! Prouver quelque chose !? Et les hommes alors !!* se révolta Véronica
Marguerite se retenait de rire, trouvant la situation assez ironique.
*Les femmes ! Pff. Si Challenger a toujours des pensées comme celles-là je le…*
*Calmez-vous Véronica, il est inquiet pour vous, c'est tout. Et si vous viviez à Londres, vous seriez révoltée de voir comment on traire les femmes… enfin, certaines femmes.*
Challenger sortit de la pièce et revint avec une seringue et Véronica grimaça à sa vue.
*Je hais les aiguilles.*
- Oh, voilà qui est intéressant.
- Quoi ? demanda Challenger
La protectrice du plateau dévisagea la réincarnation de Morigan et celle-ci sourit malicieusement.
- On dirait que notre amie ici présente n'aime pas beaucoup les aiguilles.
- Et bien, et alors ? demanda Challenger
- Moi qui la croyais sans faille ! se moqua Marguerite en riant légèrement
- De là d'où je viens, les femmes ne sont pas aussi insolentes.
Le sourire de Marguerite disparut et celui de Véronica s'agrandit.
*1-0 pour moi.*
*Ne commencez pas ce jeu Véronica, je suis excellente !*
Challenger désinfecta l'avant-bras de la blonde et y planta l'aiguille. Elle blêmit soudainement et grimaça. C'est exactement à ce moment que Roxton et Malone rentrèrent de la chasse et que leurs pensées se bousculèrent dans les têtes des deux jeunes femmes.
*Tiens, voici Marguerite déjà rentrée.*
*Pourquoi Challenger est penché sur Véronica ?*
Les premières pensées appartenaient à Roxton et les deuxièmes à Malone, bien sûr.
- Que se passe-t-il ? demanda Malone
- Nos deux amies ont été piégées dans le temple et je vais vérifier si Véronica n'a pas été empoisonnée.
*Je savais qu'on aurait pas dû les laisser partir seules, pensa Roxton. Les femmes !*
- Vous allez bien ? demanda-t-il à Marguerite qui avait soudainement un air scandalisé
Véronica sourit.
*2-0 pour moi !*
*-*-*
Le soir, durant le souper (dîner), toutes les deux ne participaient pas à la conversation, elles se concentraient plutôt à ne pas entendre les pensées des autres.
*Ah non !, pensait Challenger, Si jamais nous retournons à Londres, je ne sais pas vraiment si je serai heureux.*
- Alors vous n'avez pas trouvé la clé pour retourner chez nous ?
- Non, dirent brièvement les deux femmes
*Qu'est-ce qui se passe ?* S'inquiétait Roxton *Marguerite a l'air si distante, comme s'il s'était passé quelque chose dans ce temple. Véronica aussi.*
*Pourquoi il n'arrête pas de me fixer ?*pensa soudainement Finn
Véronica releva la tête vers sa bonne amie et remarqua que c'était Malone qui la fixait.
*Pourquoi il la fixe ?!*
*Je m'inquiète pour Finn… Elle n'a pas l'air dans son assiette…*
*J'ai l'impression qu'il essaie de lire à travers moi. Non mais ça suffit, j'ai droit à mon intimité !*
*Elle n'est pas très bavarde et elle est toujours seule… Bon d'accord, elle a passé une bonne partie de la journée avec Challenger mais c'est triste que Véronica s'éloigne d'elle.*
*Quoi ! Je ne m'éloigne pas d'elle ! Il hallucine ! Et pourquoi il s'en fait plus pour elle que pour moi ?* bouda la descendante d'Abigaïl
*Marguerite est vraiment belle…*
*Mais je veux retrouver Jesse…*
*Bon ça y est, Véronica me dévisage elle aussi ! Quoi, j'ai un bouton ou quoi ?*
*Je me demande si Véronica me…*
- Stop !
Marguerite se leva et se recula, épuisée de toutes ces voix qui résonnaient dans sa tête. Elle souffla un peu de l'absence de pensées. En plus, alors qu'ils pensaient, une conversation roulait !
*Elle ne va pas leur dire quand même…* pensa Véronica
*J'en ai bien peur, on ne peut pas continuer comme ça, je vais devenir folle !*
Toutes deux se regardaient et à mesure qu'elles discutaient leurs expressions changeaient, ce qui engendra une curiosité assez importante chez les autres.
*Oui, mais s'ils le savent, ils risquent de nous éviter !*
*On… on a qu'à leur dire qu'on ne les entend pas rendu à quelques mètres… deux ou trois. Mais pour le moment, je sens que ma tête va exploser ! Ces pensées ne vont pas là !*
Challenger les observa avec attention. On aurait dit qu'elles se parlaient silencieusement et qu Marguerite venait de convaincre Véronica de quelque chose. Véronica soupira et hocha la tête. L'homme de science eut peur de ce qu'elles allaient dire. Elles voudraient de l'aide mais un cas comme celui-là, il n'en avait jamais vu ! Quoi que, c'était fort intéressant…
- Oui, vous avez vu juste Challenger.
- Quoi ? questionna Finn, Il n'a rien dit !
- Non. Il l'a pensé.
- Depuis ce matin, dans le temple, on a touché cette roche, fit Marguerite en la sortant de sa poche, et on lit dans les pensées…
Comme Véronica l'avait prévu, les quatre autres se levèrent et reculèrent.
- Mais rendu à deux ou trois mètres, c'est hors de notre portée… s'empressa d'ajouter la blonde
*Oui, c'est ce qu'elles disent* pensa Challenger sans croire un mot *En plus, vu qu'elles sont en communication, cela risque de devenir très dangereux.*
Véronica s'apprêta à demander pourquoi mais Marguerite lui fit signe de se taire.
*C'est bien ce que je pensais. D'accord mesdemoiselles, je vous demande de rester calme. Je vais voir ce que je peux faire.*
Mais malgré lui, Challenger pensait à l'étude qui avait été faite par un de ses collègues il y avait bien longtemps… Sa théorie était que si deux personnes avaient une communication télépathique, elles risquaient de finir par devenir la même personne à la longue, parce qu'avoir les pensées de l'autre à longueur de journée dans la tête…
Voyant que les deux femmes semblaient ne pas rester cames du tout il se tourna vers Roxton, Malone et Finn.
- Je vous demanderais de vous éloigner le plus possible, je vais essayer de les aider.
*Mais Marguerite…*
*Mais Véronica…*
- S'il vous plaît, répéta Challenger
*Vee. Je sais que tu m'entends, commença Finn alors que tous les trois sortaient de la pièce, Fais attention à toi.*
