PDV de Florent

Après ma rencontre avec Mikelangelo dans les toilettes j'étais sortit rapidement prendre l'air puis j'avais envoyé un sms à Tamara, lui demandant de me rejoindre à mon appartement. Je pris ma voiture et rentrai chez moi. Je m'assis sur mon canapé sans même avoir pris la peine d'allumer la lumière et d'enlever mon manteau. Je réfléchissais à ce qui venait de se passer. Mikelangelo m'avait embrassé de nouveau et cette fois encore je n'avais pas su résister. Il fallait que j'arrête de me voiler la face, j'avais adoré. Le sentir contre moi, sa bouche contre la mienne, nos deux langues l'une contre l'autre. Jamais je n'avais ressenti ça pour qui que ce soit, à part lui. La fois où on avait couché ensemble je m'étais dis et répété que c'était uniquement du à l'alcool. Mais ce soir, moi je n'avais pas bu un seul verre, j'étais totalement sobre, alors pourquoi j'avais fait ça ? Je ne voulais pas aimer un homme. Je voulais avoir une vie normale, une femme, des gosses, une maison sympas, peut être un chien même. Ça faisait cliché c'est vrai mais c'était ce que je voulais. Et ma carrière ? Qui voudrait s'occuper de mon album et qui l'achèterait si on savait que j'aimais un autre homme ? Tout le monde n'est pas homophobe bien sur mais soyons réaliste il y avait là un potentiel risque de flinguer ma futur carrière dans le monde de la musique. Et puis de toute façon non, pas question. Mes parents, mes amis, qu'est-ce qu'ils penseraient de tout ça ? Je ne supporterais pas qu'on me regarde de travers. Non, ma décision était prise, ce soir j'allais donner à Tamara ce qu'elle voulait depuis quelques temps déjà. J'allais lui faire l'amour et le lendemain, on officialiserait notre relation au saint de la troupe. Je me sentis mal à cette pensée, je ne pouvais pas m'empêcher de penser à Mikelangelo. Mais de toute façon il avait Cynthia, j'étais sur qu'il serait soulagé de savoir que j'avais moi aussi quelqu'un dans ma vie. En plus il était encore bourré ce soir, c'était uniquement pour ça qu'il m'avait de nouveau embrassé. C'était bien connu les Italiens sautent sur tout ce qui bouge, surtout les belles personnes. Et j'étais plutôt pas mal moi. La voix rocailleuse de Solal raisonna dans ma tête : « Et tes chevilles elles vont bien beau gosse ? » Cela eu au moins l'effet de me décrocher un sourire, qui s'effaça bien vite lorsque j'entendis des coups frappés à ma porte. Je soupirai puis me levai lentement. Et tandis que je marchais vers la porte, je me faisais l'effet d'un prisonnier que l'on conduisait dans le tunnel de la mort.


PDV de Tamara

J'avais été surprise par le sms de Florent, mais heureuse. Je quittai mes amis rapidement avant de récupérer ma voiture et de me rendre chez lui. J'attendais devant la porte de son appart. J'avais frappé mais n'avais entendu aucune réponse, j'insistai. Enfin il m'ouvrit. Il avait encore son manteau sur le dos et le noir régnait dans son appartement. Il avait un air sombre sur le visage quand il me laissa entrer. Pendant un instant j'eu des doutes. Peut être que je m'étais trompé sur ses intentions, c'était peut être pour rompre avec moi qu'il m'avait demandé de venir. Je voulais lui demander ce qui n'allait pas mais il ne m'en laissa pas le temps. Il me prit par le bras, me tira jusqu'à sa chambre puis me poussa sans ménagement sur son lit avant de se jeter sur moi. J'aurais du le repousser, j'avais envie de lui mais pas comme ça, je voulais de la douceur pour notre première fois. Mais trop heureuse qu'il me porte enfin toute l'attention que je méritais je le laissais faire. Il me fit l'amour ce soir là, d'une manière froide et bestiale, le regard triste et perdu au loin. Je ne comprenais vraiment pas son comportement, je me sentais mal, j'avais l'impression qu'il m'avait fait sienne uniquement par obligation. Pourtant j'oubliai bien vite mon malaise quand après s'être allongé à mes cotés il m'avait prise dans ses bras et m'avait murmuré : « je t'aime ». C'était la première fois qu'il me le disait et je m'endormis plus heureuse que jamais.


PDV Florent

Tandis que je lui disais « je t'aime » je la sentis sourire contre ma peau nue et s'endormir. Moi je n'avais qu'une envie, m'enfuir en courant le plus loin possible pour ne jamais plus revenir. Non je ne l'aimais pas, j'aimais Mikelangelo. Je l'aimais lui et personne d'autre. J'en étais sur à présent puisque c'était à lui que j'avais pensé tout en faisant l'amour à Tamara, c'était son visage que j'avais eu en face du mien alors que je jouissais dans le corps de celle qui était ma petite amie. Ah j'étais un beau salaud d'avoir dit à Tamara que je l'aimais après tout ça. Mais c'était la culpabilité qui m'avait fait parler. Je savais que j'allais lui faire plaisir en lui disant ces mots là et c'était une façon de m'excuser d'en aimer un autre alors qu'elle s'offrait entièrement à moi, en toute confiance.


PDV de Mikelangelo

Ce soir là, après la scène dans les toilettes j'avais enfin eu la confirmation que Florent avait des sentiments pour moi. Et le lendemain, après notre conversation, alors peut être qu'il allait finalement exister un « nous ». Mais pour le moment c'était avec Cynthia que je devais discuter. Nous étions tous les deux rentrés dans notre appart. Elle était en train de se démaquiller dans la salle de bain et moi je l'attendais assis sur le lit. Il était tard, elle était fatiguée et avait un peu bu. J'aurais sûrement du attendre le lendemain pour lui parler, pour qu'elle ait les idées bien au clair, mais non, je ne pouvais plus attendre une seule seconde, ça faisait presque un an maintenant que je lui mentais et tout devait s'arrêter ce soir.


PDV de Cynthia

Lorsque je sortis de la salle de bain et le vis là, prostré sur le lit, j'eus vite compris. C'était pour ce soir. C'était le grand moment, le moment de la rupture. Je n'étais pas stupide, bien sur que je voyais que notre couple battait de l'aile, depuis bien longtemps. On se disputait sans arrêt, je devais subir ses mauvaises humeurs à longueur de temps et il ne me touchait même plus. Et pourtant je faisais comme si de rien était, je m'accrochais à lui désespérément. Je le vis ouvrir la bouche, il allait me parler mais je le pris de vitesse :

« C'est Florent c'est ça ? Tu l'aimes. Je le sais, je ne suis pas aveugle, j'ai vu tous les regards d'envie que tu lui lances, ceux là même qui m'étaient destinés lorsque tu m'aimais encore. »

Il paraissait surpris. Alors il se croyait subtile ? Il croyait que je n'avais rien vu ? Je ne pu m'empêcher de rire légèrement. Il avait les yeux baissés sur ses mains et l'air coupable lorsqu'il me répondit :

« Oui je l'aime, et depuis longtemps. Je ne voulais pas te faire de mal c'est pour ça que j'ai rien dis, que j'ai continué nous deux mais maintenant c'est plus possible, j'ai compris que c'était en faisant semblant et en te mentant que je te faisais le plus souffrir, que je me faisais le plus souffrir. »

Les larmes aux yeux je lui demandai :

« Alors dit le !

- Te dire quoi ? me demanda t-il étonné.

- Dit le moi Mikele, regardes moi dans les yeux et dit moi que c'est finit ».


PDV de Mikelangelo

J'entendis un sanglot sortir de sa gorge. Je me levai précipitamment et la serrai dans mes bras, sûrement pour la toute dernière fois. Je la lâchai et me reculai de quelques pas, encrant mon regard dans le sien. Je sentis des larmes rouler sur mes joues et venir s'écraser au sol. C'était plus difficile que je ne l'aurais cru, les mots semblaient coincés au fond de ma gorge. Mais en fermant les yeux un instant je vis le visage de Florent et cela me redonna le courage dont j'avais besoin :

« Je suis désolé Cynthia mais nous deux c'est terminé ».