Je suis un peu à la bourre pour le dixième chapitre^^
Mais bon, on avance dans l'enquête, et j'espère que vous l'apprécierez !
Un grand merci à The cat with blue eyes pour sa review encourageante !
Arya passait la plupart de son temps libre à la bibliothèque afin de collecter les journaux, et d'analyser la rubrique nécrologique, en compagnie d'Isis qui notait ses observations dans son carnet. Lizzie et Melania avaient tenté de suivre Rathbone, mais la tâche s'était révélée trop ardue, et après quatre retenues pour retards répétés et sortie après le couvre feu, elles avaient abandonné. Les séances d'entraînement se faisaient irrégulières, plus nombreuses à l'approche d'un match, Enola leur imposait parfois de voler jusqu'au repas du soir. Les yeux de loups d'Arya lui permettaient de trouver la minuscule balle dorée en pleine nuit, mais elle se sentait épuisée. Lors de la pleine lune de Février, elle fut obligée d'avertir son capitaine de son absence, en marmonnant une excuse quelconque.
-Pourquoi tu ne lui as pas dit la vérité ? demanda Lizzie, et Arya sursauta.
La vérité pour son amie était la maladie de sa mère, mais elle ne tenait pas à ce qu'une rumeur mensongère se répande dans les couloirs.
-Je ne veux pas que tout le monde sache que j'ai une autorisation de sortie, expliqua-t-elle, le cœur battant à toute vitesse.
Durant le mois de Mars, elle resta à la bibliothèque jusqu'à être mise dehors, les yeux brûlants d'avoir déchiffré les noms inscrits en petits caractères. Un soir, elle relut le carnet d'Isis, où les noms s'étalaient, accompagnés des dates et des causes de morts officielles et officieuses.
-Tiens, dit Melania en lui tendant un journal, que penses-tu de celle là : Adelaïde Dumas, décédée le 24 Juillet 2170 à Paris ? L'encadré dit qu'elle a été retrouvée dans la rue, une poudre blanche éparpillée autour d'elle.
Arya et Isis échangèrent un regard amusé, puis la jeune Pettigrow se dévoua :
-C'est sans doute une overdose, Mel. La poudre blanche, c'est de la drogue.
Devant l'incompréhension des deux sang-pur, elle fit un nouvel effort d'explication en décrivant rapidement les effets. Arya resta songeuse, et saisit un autre journal.
-Destiny Jarvis, décédée le 31 Aout 2170. Cause du décès : suicide par arme moldue… Isis, tu as un transécran ?
-Plutôt une vielle télévision en trois dimensions, ma mère trouve que c'est plus pratique de la regarder depuis un canapé. Pourquoi ?
-Tu as regardé les informations, la veille de la rentrée ?
Le regard de Lizzie et Melania allait de l'une à l'autre, interloqué. Isis fronça les sourcils, tentant de se remémorer sa soirée.
-Eh bien… Je n'avais pas vraiment la tête à ça, bien sûr, mais en général on les regarde en mangeant… Il s'est passé quelque chose de spécial ce jour là ?
-Destiny Jarvis n'est pas la seule à s'être faite assassiner. Jason Dean, tu te souviens ? Les enquêteurs ont abandonné l'enquête criminelle, même s'ils savaient qu'il ne s'agissait pas d'une crise cardiaque.
-Maintenant que tu le dis…Et Adelaïde Dumas est morte en Juillet… Je me souviens que Dorian Albastros avait été retrouvé, les yeux fous, le corps crispé de douleur. Les morts datent de bien avant la rentrée ! Paris, Dublin, l'Ecosse… Il s'est rapproché, et a sévi durant ses voyages ! Et pas que des sorciers !
-Moins fort ! lui ordonna Lizzie en désignant le bibliothécaire. Maintenant, si l'une d'entre vous voulait bien nous donner un cours de rattrapage, ça nous serait utile.
Tandis qu'Isis repartait dans de nouvelles explications, Arya relut le carnet, notant les morts de l'an passé, la plus ancienne répertoriée datant de Janvier 2169, en Russie. Elle se leva, jeta un coup d'œil rapide à sa montre et alla chercher quelques journaux plus anciens. Au bout de deux heures, Melania fit remarquer qu'elles avaient manqué le repas, mais la sorcière blonde lui fit signe de se taire.
-La première mort suspecte ressemblant aux autres –il y en a quelques unes criminelles, mais elles ont été élucidées par des articles- date du 21 décembre 2168, et ce n'est même pas un journal anglais : il provient de l'Argentine.
-Depuis quand tu parles espagnol ? se moqua Melania.
-Moi je le parle, et je viens de le traduire, tu n'avais qu'à écouter, rétorqua Isis, vexée.
-L'Argentine… souffla Lizzie, ça appuie nos suppositions. Il a voyagé en Amérique du Sud.
Les deux filles cessèrent de se disputer et hochèrent la tête, mais Arya n'y prêtait que peu attention. Ses yeux parcouraient toujours les mêmes lignes tandis que son cerveau bouillonnait.
-Je crois… J'ai… Mais ce n'est qu'une supposition… Ecoutez, je vais envoyer une lettre à mon frère. Jason Dean n'est sans doute pas le seul moldu à avoir péri de la sorte.
-Tu es sûre que c'est une bonne idée ? demanda la jeune Black.
-Yoan m'aidera sans jamais me trahir, s'obstina-t-elle.
-Tu peux prendre Gwen, si tu veux, offrit son amie aux cheveux flamboyants.
Quelques secondes plus tard, l'acariâtre bibliothécaire les envoya dans leur salle commune, se servant de son balai comme d'une arme prête à frapper.
Arya envoya la lettre dès le lendemain. Elle resta ensuite un long moment à observer les oiseaux hululer et voler dans le ciel dénué de nuage, fermant les yeux devant cette vision apaisante. Le temps était frais, et elle ne s'était pas retrouvée isolée de la sorte depuis bien longtemps. Lizzie, Melania et Isis acceptaient sa présence tout le temps, mais dans son cœur régnait la terreur que cela s'arrête. Elles ne devaient jamais découvrir le sombre secret qu'elle portait.
Les morts avaient cessé presque immédiatement après la parution du Vrai Sorcier. Ne voyant pas l'intérêt de continuer à effeuiller les journaux, les quatre filles se retrouvaient désormais presque désoeuvrées. Seules les séances d'entraînement de Quidditch les sortaient de leur monotonie. Elles observaient continuellement le comportement de Rathbone durant leurs cours de Défense Contre les Forces du Mal. L'homme semblait tantôt apaisé, tantôt nerveux, et l'excellente qualité de ses cours de début d'année manquait à tout le monde.
-Je me demande ce qui s'est passé, s'interrogea Henry en cours de métamorphose. Vous croyez qu'il a perdu un proche parmi tous ces morts ?
-Si vous êtes plus intéressé par les changements de vos professeurs que par le changement de votre rat en verre à pied, Mr Abbot, que diriez vous de me voir soudainement ressembler à une furie ? demanda le professeur Blue.
Ses cheveux avaient déjà commencé à s'allonger dangereusement en pointes et à verdir. Henry rougit violemment et bredouilla des excuses, les yeux baissés. Il craignait toujours les colères de la métamorphomage depuis sa mésaventure dans le château.
-Sans parler de proche, ne pensez vous pas qu'il puisse avoir un maître, qui, mécontent, le menace ? souffla Melania.
Les trois autres se concentrèrent sur leurs animaux, mais la question résonnait dans leurs esprits.
-Je ne sais pas, hésita Arya à voix basse, quelqu'un rencontré lors de ses voyages ?
Le professeur Blue frappa furieusement sa baguette sur la table, la transformant en un blaireau affolé. La jeune lycaon sursauta et marmonna un vague pardon, honteuse.
-C'est une manie chez vous de vous interroger sur la vie de vos professeurs, commenta-t-elle, acide. Il me semble que vous détestez pourtant lorsque nous empiétons sur la votre.
Elle repartit vers son bureau et fit face aux Serdaigles et Gryffondors, ses cheveux devenus bruns tombant dans le creux de ses reins, et les yeux orageux.
-Le professeur Rathbone a ses ennuis, comme j'ai les miens, comme vous avez les vôtres. Vous lisez tous les journaux et n'êtes pas sans savoir qu'un mage noir sévit très probablement, et qu'il se rapproche de Poudlard.
-Tellement qu'il est même entre ses murs, grogna Melania.
Isis et Lizzie lui flanquèrent chacune un coup de coude pour la faire taire.
-Nous nous sentons tous inquiets et concernés, et réagissons de manières différentes. A présent, je veux voir des verres à pieds, ou cette classe connaîtra une invasion de blaireaux et renards.
Agitant sa baguette, elle redonna une table convenable à Arya et Lizzie.
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-Dites-moi que c'est une blague ! hurla Lizzie.
Elles lui avaient fait part de leur envie de retourner dans le couloir qui menait à la classe de sortilège. La jeune Potter avait subitement pâli avant de reculer violemment.
-Allez-y sans moi, et débrouillez-vous sans ma cape ! Il est hors de question que je me mêle à ça.
-De toute façon, tu y es déjà mêlée, puisqu'on enquête ensemble, râla Melania. Où est passé ton courage de Gryffondor ?
Le teint de leur amie prit une couleur écarlate, et elle explosa de fureur.
-Tu sais toujours tout mieux que tout le monde, Mel ! Ce n'est pas toi qui sens cette chose lorsqu'on approche de ce fichu corridor ! Je suis sur le point de vomir à chaque fois, et je gagne une migraine pour les heures qui suivent ! Je ne peux pas me contrôler, d'accord ? J'en fais des cauchemars !
Elle pâlit plus encore et se mit à trembler de tout son corps. Isis s'approcha d'elle, et Arya fusilla la jeune Black du regard. Elle manquait cruellement de tact, soit, mais elle devait apprendre à ne pas dépasser les limites.
-Pourquoi est-ce que ce couloir aurait quelque chose à voir avec Rathbone, de toutes façons ? gémit la sorcière rousse, des larmes coulant sur ses joues. Oh, très bien, puisqu'on le croise toujours là-bas, allons-y… Mais si je m'évanouis, vous expliquerez ce qui s'est passé à l'infirmière, et je me fiche que vous récoltiez une retenue !
Elles se blottirent les unes contre les autres, et pouvaient sentir les tremblements incessants de leur amie. Arya ne savait que faire pour la réconforter, d'autant qu'elle ressentait la même chose, certes différemment. Elle avait accepté d'y retourner à contrecoeur, sachant que le monstre tapi au fond d'elle se manifesterait, d'autant plus fort que six jours à peine la séparaient de la pleine lune.
-Qu'est-ce qu'on recherche ? demanda Isis.
-L'endroit où c'est le plus fort ? Peut-être qu'on trouvera l'entrée d'un passage, ou un objet caché, ou que sait-je encore, supposa Melania.
-Et je suis votre branche de noisetier, je suppose, geignit Lizzie, livide.
Après quelques pas, elle gémit. Des bruits de pas léger alertèrent Arya.
-Arrêtez vous ! ordonna-t-elle. Quelqu'un vient.
Rathbone avançait lentement, l'air de pouvoir à peine tenir sur ses jambes. Il se reprit rapidement, et plaqua une main contre sa bouche afin d'étouffer un sanglot. Des larmes coulaient sur ses joues livides. De toute évidence, il allait affreusement mal. Il s'appuya contre le mur et le frappa avec fureur, avant de reculer comme s'il s'était brûlé. Son visage s'était transformé. A la lueur de la lune presque pleine, les traits déformés par la rage et la haine, les poings crispés sur sa baguette et un morceau de papier, il ressemblait au mage noir qu'il était. Il finit par s'éloigner rapidement, et le parchemin glissa de sa main tremblante sans qu'il ne s'en rende compte.
-Je crois que nous avons la preuve qu'il agit sous les ordres d'un maître, et que tout ne se déroule pas selon ses plans, commenta Melania, acide.
-Je vais vomir, gémit Lizzie.
Arya se défit de son pan de cape et s'agenouilla sur le sol afin de récupérer l'objet. Elle ne fut pas surprise de le trouver aussi immaculé que l'autre, dont elles n'étaient pas parvenues à percer le mystère, et s'en saisit. Aussitôt, une vive douleur irradia son corps, partant de ses mains. Des flammes léchèrent ses paumes et ses yeux roulèrent dans leurs orbites tandis que des flashs obscurcissaient sa vision. Rathbone, un poignard de feu à la main. Rathbone, exerçant de puissants sortilèges sans baguette. Des flammes, toujours autant de flammes, aussi douloureuses que celles qui embrasaient ses mains. Elle lâcha le parchemin immédiatement en poussant un cri perçant qui résonna comme celui d'un loup en détresse. Isis se rua vers elle, affolée, tandis que Melania soutenait une Lizzie pâle comme la mort.
-Qu'y a-t-il ?
-Cette chose est maléfique, haleta Arya, la gorge sèche.
-Quoi, ce parchemin ? demanda son amie en le saisissant curieusement.
Elle le porta à hauteur de ses yeux marron et l'examina sous toutes les coutures sans paraître rien ressentir.
-Fichons le camp, siffla la jeune Potter. Isis, prend ce machin, on en parlera au dortoir. Et promettez moi qu'on ne reviendra ici que si c'est une question de vie ou de mort !
Elle reprit des couleurs tandis qu'elles montaient les multiples escaliers, et sembla avoir retrouvé toute sa fougue lorsqu'elles parvinrent à la salle commune. La Grosse Dame pesta contre les jeunes qui ne respectaient rien.
-Harry Potter se comportait comme vous, à penser que j'allais lui ouvrir à n'importe quelle heure. Sans parler de James Potter et ses amis, toujours fourrés dans de mauvais coups ! Où êtes vous donc allées ?
Sous le calme olympien de Melania, elle finit par consentir à leur ouvrir le passage. Elles s'assirent et attendirent quelques instants dans le silence et la nuit avant de commencer à commenter ce qu'elles venaient de voir. Lizzie refusa de toucher au papier, et la quatrième haussa les épaules.
-Je sens un léger picotement, et de la puissance, mais rien de très… Qu'est-il arrivé à tes mains ?
Le bandage avait en partie épargné sa main gauche, mais des cloques s'étaient formées sur sa peau nue, et la douleur était insoutenable. Elle avait l'impression qu'elle allait s'évanouir. Elle le compara intérieurement avec la brûlure ressentie lors de sa transformation.
-C'est ce parchemin. J'ai vu Rathbone, puissant, dangereux. Il est sans aucun doute coupable, et il manie la magie noire avec un grand savoir faire, croyez moi.
-Et ce papier… Il provient de son maître, vous pensez ? s'interrogea Isis.
Elles s'endormirent sans avoir la réponse.
Le lendemain, Arya fut incapable de toucher quoi que ce soit. Ses amies se dévouèrent pour la nourrir, porter ses affaires et noter convenablement leurs cours afin qu'elle puisse rattraper. Elle étouffait un cri chaque fois que quelque chose effleurait ses mains meurtries.
-Qu'avez-vous fait à cette plante, Lupin ? demanda Dolowood en passant vérifier leur travail.
-Je n'y ai pas…
Il saisit ses mains et elle se mordit violemment la lèvre pour ne pas réagir trop violemment.
-Où avez-vous été traîner, vous et vos amies ? Quelles plantes avez-vous touchées pour avoir les mains dans cet état ?
-Aucune, je le jure, gémit-elle.
-Professeur, vous ne pensez tout de même pas qu'Arya entrerait volontairement dans une serre de botanique ? demanda Melania.
Malefoy ricana.
-Ni vous, je suppose, Miss Black. Des fois que vous attrapiez une furieuse envie de travailler avec plus d'acharnement. Voilà ce que je propose, j'enlève vingt points à Gryffondor –cinq pour l'impertinence de votre camarade, et quinze pour mon absence de questionnement. Et vous vous débrouillez seules. Bien, nous pouvons continuer. Lupin, puisque vous ne pouvez rien tuer aujourd'hui, venez faire un tour près de la Murlap, et voyez si vous êtes capable d'agir intelligemment.
L'essence de Murlap apaisa immédiatement sa souffrance, mais les cloques ne disparurent pas. L'enfant-loup redoutait particulièrement d'affronter Rathbone au prochain cours. Il se montra absent, presque agressif parfois, et déclara :
-Lundi prochain, je vous apprendrai à lancer un sort de protection. Pour le moment, j'aimerais savoir ce que vous pouvez me dire sur…
Son regard glissa sur les mains d'Arya, et il s'affaissa imperceptiblement. Il resta sans voix une bonne minute avant de reprendre son cours, sans quitter des yeux la jeune sorcière.
-Il avait les mains gantées ! s'exclama-t-elle à la fin du cours. Il a été aussi affecté que moi. Peut-être que ce parchemin n'agit que sur les personnes maléfiques.
-Tu n'as rien de maléfique enfin ! rétorqua Lizzie au moment où elle réalisait ses mots.
Elle ne pouvait leur faire part de son énorme part d'ombre, et choisit de changer de sujet. Le jeudi matin, elle pouvait plier les doigts, mais guère plus. Tenir sur un balai lui paraissait impensable.
-Pour… Peu importe, soupira le professeur Regan, vous resterez avec moi, en regardant vos camarades prendre possession du terrain de Quidditch.
Ils testaient tour à tour les différents postes et paraissaient s'amuser. Regan ne les quittait pas des yeux, mais il se montrait étrangement peu loquace. Il finit par se tourner vers Arya.
-Miss Lupin, qu'avez-vous fait ?
Arya détestait mentir, mais elle devenait meilleure au fil des mois passés à dissimuler la vérité aux seules amies qu'elle ait jamais eu.
-J'ai commis une erreur, dit elle vaguement.
-…Ne vous laissez pas…embarquer dans quelque chose dont vous ignorez les tenants et aboutissants, Lupin.
Il était d'ordinaire un homme facile d'accès avec qui on pouvait discuter, en oubliant parfois qu'il était un professeur et non pas un simple adulte amical.
-Que voulez vous dire ?
Savait-il quelque chose ? Il se ferma soudain, et répéta sa phrase.
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La pleine lune se lèverait bientôt. Par la faute de ses blessures, Arya avait fait perdre le match de Gryffondor contre Poufsouffle. Elle se sentait honteuse et n'avait cessé de s'excuser envers Enola.
-Je t'ai prise parce que tu avais du potentiel, s'exclama la capitaine, agacée. Je te garde, mais l'année prochaine, je te veux en excellente santé ! Débrouilles toi pour que ton poignet guérisse, et n'approche plus jamais cette chose qui t'inflige ces blessures.
Kate Blue l'accompagnait, soucieuse.
-Qu'est-il arrivé à tes mains, Arya ? demanda-t-elle juste avant de la laisser entrer dans le saule cogneur.
La jeune lycaon ne put se résoudre à lui mentir, et répondit honnêtement.
-Nous sommes allées dans un endroit ou nous n'aurions jamais dû nous trouver, et j'ai touché un objet ensorcelé. Je crois que c'est en train de se soigner.
-Arya. Tu es consciente que je dois te demander quel est cet objet.
-Pas votre livre, je vous le promets. Je suis navrée qu'il ait disparu, à propos.
La métamorphomage leva les yeux au ciel, puis lança le sort.
-File, ordonna-t-elle. Ne te transforme pas dans le parc.
Pour la première fois, Arya se sentit soulagée de voir la lune s'élever dans les air aussi rapidement.
La bête grogna. Elle se trouvait toujours enfermée dans cette horrible mansarde, mais commençait à comprendre que rien ne l'en ferait sortir. L'appel du sang et de la férocité était toujours aussi fort, mais se blesser ne servirait à rien. Elle devait apprendre à se contrôler. De toutes façons, elle savait exactement sur quoi se concentrer. Ses pattes avant la brûlaient de façon inimaginable et elle pouvait à peine marcher. Les blessures humaines s'effaçaient, d'ordinaire. Elle grogna sans pouvoir mutiler sa patte de prédilection. L'idée de planter les crocs là où quelque chose de dangereux avait souillé son sang la révulsait. Et la douleur était insupportable. Elle poussa un hurlement perçant. Quelque chose de maléfique régnait, elle pouvait le sentir d'ici et dans ces souvenirs alors qu'elle se trouvait endormie, ou peu importait. Peur. Danger. Fureur. Ses émotions la troublaient. Elle fut tentée d'essayer à nouveau de sortir, juste pour faire cesser ces choses qui dérangeaient son esprit, et fut réduite à jouer avec une chaise. Elle ne s'amusait pas. Elle ne pouvait pas courir. Et la force maléfique hantait son esprit.
Ereintée, Arya fut ravie de constater, une fois réveillée à l'infirmerie, que le monstre avait cessé de se blesser. Il lui semblait que la transformation s'était concentrée dans ses mains, tant elles la faisaient souffrir. L'infirmière lui appliqua un cataplasme à base d'essence de Murlap, et banda les deux à la fois.
-Revenez me voir d'ici deux semaines, ordonna-t-elle. Puisque vous n'êtes pas gravement blessée, je vous laisse aller en cours.
Au déjeuner, un hibou lui apporta enfin la réponse de Yoan.
Arya,
J'espère que tu ne te mets pas en danger ! Tu as suffisamment d'ennuis comme ça, et puis, tu as le droit de vivre une vie tranquille et ennuyeuse, comme nous tous !
Je souhaite que les pleines lunes soient de moins en moins dures, petite sœur. Tu commences vraiment à me manquer, j'ai tant de choses à te raconter, que je ne souhaite pas faire par écrit. C'est égoïste de ma part, mais je voudrais que nous soyons déjà en juin afin que je puisse te revoir et te parler.
Voici la liste des morts des dates quémandées –Fantine m'a aidé à la faire, et je crois que je peux te remercier, chaque moment passé en sa compagnie est un délice-.
Sois prudente,
Ton frère qui t'aime.
Après le double cours de potion, elle se rua dans le dortoir, et lut le carnet d'Isis. Une heure plus tard, elle eut finit sa comparaison.
-C'est ça. J'avais raison, souffla-t-elle.
-Qu'est ce que tu as trouvé ?
Elle confronta les deux listes :
-Destiny Jarvis-Jason Dean. Adelaïde Dumas-Dorian Albastros. Abigail Mervin-Martin Astros. Ellen et Abel Caine- Christina Arios et Clemens Elvire. Pour chaque meurtre sorcier, un meurtre moldu est commis, ou l'inverse, et les deux victimes sont les opposées : regardez leurs initiales et leur sexe.
-Bien sûr, souffla Isis, ça paraît évident.
-Et la suite aussi, remarqua Lizzie. Ils sont deux, n'est ce pas ? Un sorcier- Rathbone- et une moldue, qui se sont associés. Et chacun emploi la méthode de l'autre monde afin de tuer impunément et de semer la confusion.
-Mais quel est l'intérêt ? demanda Melania en fronçant les sourcils.
Elles se regardèrent, un peu perdues, mais excitées et fières d'avoir démasqué l'une des méthodes.
-L'enquête continue, dit Lizzie.
Elles se prirent précautionneusement les mains, heureuses et unies. Elles avaient trouvé, alors que les adultes ramaient encore ! Arya se sentait bien et apaisée, en dépit de son secret, en dépit de ses blessures. L'idée l'effleura un moment qu'elles l'accepteraient peut-être entièrement si elle avouait la vérité, mais elle la repoussa, et profita de l'instant.
