Sincèrement, je suis désolée pour le temps que j'ai mis pour écrire ce chapitre. Mais je bloquais tellement dessus, je n'y arrivais vraiment pas ! À chaque fois que j'essayais de continuer, je finissais par abandonner ! Et puis ce matin, tout à coup, bam ! Je savais exactement quoi écrire. En tout cas, merci à tous ceux qui sont restés fidèles malgré l'attente ! J'espère que vous ne serez pas déçus ! Bonne lecture !

Disclaimer : Les personnages de cette fanfiction ne m'appartiennent pas, ils appartiennent à la célèbre et talentueuse Jane Austen !:)

POV Lizzy

Je ne pouvais plus m'arrêter de pleurer. Comment avais-je pu être si stupide ? Comment avais-je pu croire que cette fois serait différente de la dernière ? Au fond ils étaient tous pareils... Wickham, Darcy, Collins... C'est du tout au même ! J'avais enfin réussi à envisager une relation avec William et il avait tout gâché...

Quand j'étais arrivée en trombe dans ma chambre ce matin, Jane n'était pas encore arrivée. Deux minutes plus tard elle avait toqué à la porte. Je n'avais pu m'empêcher de rire en voyant sa tête lorsqu'elle avait remarqué que j'étais réveillée, et en maillot de bain...

Je m'étais habillée très rapidement et étais descendue petit-déjeuner seule, espérant trouver William déjà à table. Et en effet, il était à ce moment-là assis à la table d'Anne. J'avais souris bêtement en le voyant, mais m'étais rapidement reprise. J'avais alors pris une assiette et avais commencé à me servir, jusqu'à ce que la conversation des deux filles qui se servaient à côté de moi avais attiré mon attention. Elles étaient en train de parler de William. Cela donnait un peu ça :

« Tu connais la rumeur Becca ? Hier soir Darcy a mystérieusement disparu de la soirée !

-Qu'est-ce que c'est sensé me faire ? Je ne l'avais même pas remarqué ! s'exclama... Becca, non ?

-Il est pourtant rare qu'un millionnaire beau comme lui passe inaperçu ! s'offusqua l'autre.

-Millionnaire dis-tu ? Il ressemble à quoi ?

-Il est assis avec Anne regarde !

-C'est vrai qu'il est pas mal Zoey, admit Becca après un coup d'œil à Darcy. Qu'est-ce que tu disais à la base déjà ?

-Qu'hier soir il a mystérieusement disparu ! Et il paraît que c'est advenu à un très court intervalle de temps de la disparition de Caroline ! (attends... quoi ? Mais il était avec moi !)

-Bingley ? La rousse ? T'es sûre ?

-Tiens la voilà justement ! »

Je m'étais retournée en même temps qu'elles vers l'entrée et avais découvert une Caroline nettement moins éméchée que la veille.

« On n'est pas les seules à s'être retournées apparemment... » avait déclaré Zoey en regardant vers la table où Darcy était assis.

Et en effet, lui aussi avait tourné la tête vers la porte d'entrée, et plus, il avait rougi...

Dégoûtée, j'avais quitté les deux filles et m'étais dirigée vers la première table libre. J'étais tellement déçue... tellement triste... tellement en colère, contre mon cœur qui s'était autorisé à retomber amoureux sans attendre, mais surtout contre lui, qui n'avait même pas eu le cran de nier les rumeurs.

Lorsqu'il s'était dirigé vers moi, je n'avais même pas réfléchi, je m'étais levée et enfuie. Mais il avait fallu qu'il se lance à ma poursuite, comme toujours. Il m'avait rattrapée, et ne s'était même pas excusé pour sa lâcheté.

Non, il avait seulement déclaré que je ne pouvais pas me permettre de croire ces rumeurs alors que j'étais celle pour qui il avait quitté les autres la veille.

Je lui avais donc balancé tout ce que je ressentais, et j'étais partie, encore, mais cette fois pour la dernière fois.

Et depuis je n'avais toujours pas réussi à me calmer, c'était trop dur...

*Flash-Back *

Le 25 décembre au matin

J'ouvris un œil, puis l'autre... Et les refermai tous deux. Râhhhhh ! Je détestais les matins !

« Debout, belle endormie... souffla une voix douce à mon oreille.

-Hmmmmm... Pas envie. » répliquai-je.

La voix se mit à rire légèrement. Puis soudain, elle s'arrêta et il y eut un blanc. Je n'entendis plus rien pendant un certain temps, et ce silence m'intrigua fortement. Je rouvris donc difficilement un de mes yeux.

« Will ? T'es oùuuuuuaaaaaaahhhh ! m'exclamai-je de stupeur lorsque celui-ci me souleva. Mais t'es complètement fou !

-Oui, avoua-t-il en frottant son nez contre le mien. De toi. »

Je lui tapai le bras de manière joueuse, et lui intimai de me reposer par terre, ce qu'il fit. Je m'étirai en baillant et enfilai ma robe de chambre. Une fois cela fait, je me dirigeai aussitôt vers la cuisine pour préparer du café.

« Tu veux quoi pour ton petit-déjeuner ? demandai-je à Darcy.

-Qu'est-ce que tu inclues dans ta proposition Lizzy ? répondit-il en haussant un sourcil de manière suggestive.

-Pas ce à quoi tu penses. »

Je nous servis à chacun du café, puis m'installai sur le canapé pour le boire. Qu'est-ce que c'était agréable une bonne tasse de café pour se réveiller ! William s'assit à côté de moi, et passa tout naturellement son bras sur mes épaules.

Je ne savais pas pourquoi, mais je me sentais tout à fait à l'aise, comme si le fait de me réveiller avec Darcy à mes côtés était habituel. Je ne comprenais pas, j'aurais du me sentir gênée, ou quelque chose comme ça, mais pas du tout. J'étais... bien.

Je pris une gorgée de café et soupirai d'aise. Si seulement tous les matins pouvaient être comme celui-ci ! J'aurais tout de suite plus d'entrain au réveil !

« À quoi tu penses ? me demanda alors Darcy.

-Hum, quelque chose...

-À moi ? essaya-t-il.

-En quelque sorte...

-À nous ? » fit-il alors avec une lueur d'espoir dans le regard.

S'il croyait que j'allais répondre franchement à cette question il pouvait se mettre le doigt dans l'œil ! J'avais tout de même ma fierté !

« Non je crois pas non, répondis-je en riant.

-Pourquoi pas ?

-Will, je ne regrette en rien ce qu'il s'est passé cette nuit, mais tu sais hier soir j'étais un peu éméchée, et le goût de l'interdit, tout ça..., ont fait que...

-Ça va, c'est bon j'ai compris, m'interrompit-il sèchement, il ne se passera rien de plus, c'était juste une erreur ! »

Il se leva d'un coup du canapé et partit vers ma chambre. Le temps que je l'y rejoigne, il avait passé son pantalon et était en train de remettre sa cravate. Étonnée et un peu blessée de cette précipitation, je lui demandai d'un ton presque implorant :

« Tu pars déjà ? Tu ne restes même pas le temps de terminer ton café ? »

Il se prit la tête entre les mains, et poussa un long soupir, comme s'il souhaitait contenir les émotions qui venaient à lui. Il enleva finalement ses mains de là où elles étaient et releva vers moi un visage froid avant de dire :

« Oui, j'ai du travail, moi je n'ai pas le temps de prendre des congés. »

Sur ce, il quitta mon appartement sans un mot, sans un regard.

Mais qu'est-ce qu'il lui avait pris ? Non ! Qu'est-ce qu'il m'avait pris ? J'aurais dû anticiper ce genre de réaction ! J'aurais du savoir qu'il le pendrait mal ! Quelle idiote !

Et puis tout de même sa réaction était un peu exagérée ! Je n'avais pas dit que ce qu'il s'était passé était une erreur ! J'étais sur le point de lui demander de me donner un peu plus de temps !

« Mais quel crétin ! » je m'exclamai en donnant un coup de pied dans le mur.

Il fallait que je le rattrape, que je m'excuse, et que je lui explique ce que je pensais réellement de tout ça ! Je pris un pantalon et des baskets et les enfilai rapidement, pourvu qu'il ne soit pas trop tard ! J'attrapai mes clefs, les glissai dans ma poche et sortis de mon appartement en claquant la porte.

Une fois en bas de l'immeuble, je guettai sa voiture, mais elle n'était plus là, il était déjà parti.

« Merde ! »jurai-je.

Où était-il à présent ? Chez lui ? Au bureau ? Comment faire pour le retrouver ?

Je m'accroupis contre un mur et pris ma tête entre mes mains. Quel bazar ! Si seulement j'avais un peu plus réfléchi avant de parler ! Si seulement il avait réagi plus calmement ! On n'en aurait pas été là ! Et maintenant tout était fichu, fichu, fichu, fichu...

« Lizzy ? Qu'est-ce que tu fais là ? Et dans cette tenue ? »

Je relevai la tête, trop abasourdie pour dire quoi que ce soit. Il était là ! Je me levai pour me tenir en face de lui.

« Je... je croyais que tu étais parti !

-À vrai dire, moi aussi, admit William, mais je ne pouvais pas me résoudre à ce que tout s'arrête là. Pas après tout ce qu'on a vécu ces derniers mois, tous ces moments de complicité. Alors je suis revenu. »

Je ne savais pas quoi dire...

« Excuse-moi, pour ce que j'ai dit tout à l'heure, je ne voulais pas te blesser, déclarai-je.

-Et pourtant... Lizzy je t'en prie, laisse-moi une chance ! Laisse-nous une chance ! Je sais que ça peut marcher. »

J'hésitai... Bien sûr que cela pouvait marcher. Malgré tous ses défauts, Darcy était gentil et attentionné, et il supportait très bien ma tête de mule ! Mais la véritable question était, combien de temps cela pouvait-il marcher entre nous ?

Je secouai la tête, indécise.

« S'il te plaît... murmura William en me prenant dans ses bras. Laisse-moi t'aimer.

-D'accord, finis-je par dire, hypnotisée par ses beaux yeux.

-Merci. »

Et sans plus attendre, il m'embrassa.

Jamais personne ne m'avait embrassé comme ça, un mélange de passion et d'espoir, de crainte et de détermination. Lorsque nos lèvres se séparèrent, il me regarda dans les yeux et déclara :

« Elizabeth Bennet, je t'aime. »

Mais je fus incapable de répondre à sa déclaration.

Les jours qui suivirent le début de notre relation furent les meilleurs de ma vie. William était à la fois tendre et attentif à tous mes besoins. Nous nous étions vu tous les jours, et il m'avait fait prendre une part importante dans les préparatifs du Nouvel An. Nous devions le célébrer chez lui, et il avait décidé que ce serait en petit comité. Il avait donc invité sa sœur et son petit ami, Charles et Jane, Caroline ( Charles avait fortement insisté), son cousin Richard, et sa cousine Anne. Et bien sûr, il m'avait invitée moi.

Lorsque le Nouvel An arriva, il insista pour que nous annoncions à nos proches que nous étions en couple. Je pouvais déjà voir la réaction de Jane qui s'exclamerait « Enfin ! C'est pas trop tôt ! », et la tête mortifiée que ferait Caroline Bingley. Je souris en imaginant Caroline. Quel choc ça allait lui faire !

Je consultai ma montre, il était l'heure de se mettre en route ! William était bien entendu déjà sur place, du coup Jane et Charles passaient me prendre. Mon interphone sonna, m'indiquant l'arrivée de ma sœur et de son petit ami.

Quand nous arrivâmes chez William, la fête battait déjà son plein. Presque tous les invités étaient arrivés, il ne manquait plus que La petite sœur de Will et son ami. Caroline fut la première à remarquer notre arrivée et s'élança aussitôt vers Jane.

« Je suis si contente de te voir ma chériiie ! s'exclama-t-elle. La fête serait d'un ennui sans toi !

-Moi aussi je suis heureuse de te voir Caroline, cela fait si longtemps ! répondit ma sœur.

-Une éternité, si tu veux mon avis ! »

Je ne pus m'empêcher de lever les yeux au ciel face à tant de fausseté. Cette fille n'avait donc rien de mieux à faire ?

William surgit alors pour nous saluer, il fit la bise à ma sœur, et échangea avec Charles une poignée de main. Puis il s'approcha de moi et, m'emmenant à l'écart, m'embrassa passionnément.

« Bonjour Lizzy, me dit-il.

-Bonjour, murmurai-je à bout de souffle.

-J'aime bien cette robe, c'est nouveau ?

-C'est que je dois rencontrer la sœur de mon petit ami alors je me suis dit qu'il valait mieux que je me fasse belle pour faire bonne impression, expliquai-je avec un sourire malicieux.

-Pour moi, tu es toujours belle. »

Que répondre à ça ?

Les exclamations provenant du salon nous indiquèrent que les derniers invités étaient finalement arrivés. William me prit par la main et nous rejoignîmes les autres.

Mais en entrant dans le salon, je me figeai.

Georges Wickham.

« Lizzy, tout va bien ? s'enquit Darcy, inquiété.

-Qu'est-ce qu'il fait ici ? Tu l'as invité ?

-De qui tu parles ?

-Elizabeth, prends ton manteau, on s'en va ! s'exclama Jane en me rejoignant.

-Mais enfin qu'est-ce qui se passe ? demanda William, perdu.

-Franchement William, tu oses demander ? Wickham se ramène à ta fête du Nouvel An avec une invitation et tu demandes ce qui se passe ?! Je pensais que je pouvais te faire confiance pour prendre soin de Lizzy, mais apparemment tu en es aussi incapable que ce connard qui est dans ton salon.

-Je ne l'ai jamais invité ! Il doit y avoir une erreur !

-Ah Will, tu es là ! Où est la fameuse Elizabeth que tu voulais me présenter ? »

Une jeune fille aussi blonde que Darcy était brun apparut, et à en juger par leur ressemblance au niveau du visage, cela devait être sa sœur, Georgiana Darcy.

« Bonjour Georgiana, je suis Elizabeth Bennet, me présentai-je avec un sourire forcé, je suis ravie de te rencontrer. »

Et sans plus de présentations, elle me prit dans ses bras.

« Comme je suis contente d'enfin te rencontrer ! Mon frère m'a tellement parlé de toi ! J'ai l'impression que nous nous connaissons déjà.

-Je suis désolée, dis-je en m'arrachant à son étreinte, mais nous devons partir.

-Vous partez déjà ? Mais la soirée n'a pas encore commencé !

-Malheureusement oui, répondit fermement Jane à ma place. Darcy, tu expliqueras à Charles pourquoi nous avons quitté la fête plus tôt.

-Bébé, ça va ? Pourquoi tu ne te joins pas aux autres ? »

Il était là, juste devant moi, avec ses manières étudiées et son sourire charmeur qui en avait trompé plus d'une. Il passa sa main autour de la taille de Georgiana comme si de rien n'était, et se tourna vers nous avec un sourire provocateur. Alors c'était lui, le mystérieux petit ami...

Georgiana n'avait pas remarqué que la tension de la pièce avait soudainement augmenté, elle s'était contentée de lever vers lui des yeux débordants d'admiration, et c'était plus que ce que je pouvais supporter.

Je pris mon manteau des mains de Jane et sortis en trombe de la maison de William. Je m'assis sur les marches du porche et commençai à sangloter.

Pourquoi fallait-il que Wickham surgisse toujours au mauvais moment ? Pourquoi Darcy n'avait-il pas averti sa sœur du danger qu'elle courrait ? Nous en avions déjà parlé pourtant ! Il connaissait la vraie nature de Georges, et pourtant, pourtant... Il l'avait invité, et il ne m'avait même pas prévenu de sa venue...

« Elizabeth ? Ça va ?

-Qu'est-ce que tu me veux William ? demandai-je froidement.

-Je veux savoir si tu vas bien. Comme tout bon petit ami ferait lorsque sa copine pleure.

-Et bien non, je ne vais pas bien ! répliquai-je. Qu'est-ce qu'il t'a pris d'inviter Georges Wickham ce soir ? Tu voulais gâcher la soirée ? Parce que si c'était ton but, tu as réussi ! Bravo !

-Je ne pouvais pas savoir que le petit ami de ma sœur, qu'elle appelait Georges en ma présence, était ton ex ! s'exclama-t-il. Pourquoi tu reportes tout de suite la faute sur moi ?! Qu'ai-je fait pour paraître aussi méchant à tes yeux ?!

-Je ne sais pas, peut-être que tu as embauché mon ex dans ton entreprise et que, comme si le supporter au bureau ne suffisait pas, maintenant tu l'invites à tes soirées privées en sachant pertinemment que je ne peux pas le voir ! Tu sembles assez doué pour nous mettre en contact lui et moi ! En fait, si ça se trouve, c'est ton but depuis le début. Comme ça, ta sœur est libre, et elle peut se caser avec quelqu'un d'un peu plus approprié que l'homme à tout faire de ta boîte ! C'est vrai ça, il ne faut pas mélanger les classes sociales ! La secrétaire va bien mieux avec lui, non ?

-C'est bon, tu as fini là ? fit-il froidement.

-Je pense que oui, cette fois, j'en ai fini avec toi. »

* Fin Flash-Back *

Et en effet, après la soirée du Nouvel An, je ne l'avais pas revu... Du moins pas jusqu'à l'anniversaire de Anne avec qui je m'étais liée d'amitié puisqu'elle faisait ses études au même endroit que moi. De temps en temps, j'avais eu des nouvelles par Jane. Darcy avait viré Wickham la semaine suivante et Georgiana l'avait largué en apprenant ce qu'il m'avait fait de la bouche de Jane. Quant à moi, j'avais démissionné et avais pris un poste de secrétaire dans une autre boîte.

Toc toc toc

« Laissez-moi tranquille ! m'exclamai-je. Je ne veux voir personne !

-Ce n'est que moi Lizzy, dit ma sœur en entrant malgré tout dans ma chambre. Je pense que nous devons parler. »

Elle vint s'asseoir sur mon lit, et je me mis en tailleur face à elle.

« Lizzy, que s'est-il passé entre William et toi pour que tu sois dans cet état ?

-Nous avons passé la nuit ensemble, avouai-je. Ce matin, tout le monde pensait qu'il l'avait passée avec Caroline, et il n'a même pas eu le courage d'avouer avec qui il avait réellement été. Et après il ose me dire que...

-Lizzy, me coupa-t-elle doucement, pourquoi penses-tu qu'il n'a pas démenti leurs dires ?

-Je ne sais pas... Je suppose que... qu'il a honte de moi... Que suis-je comparée à Fitzwilliam Darcy ?

-Je t'interdis de penser des choses comme ça Elizabeth Charlotte Margaret Bennet ! Tu es une jeune femme formidable et n'importe quel homme s'en rendrait compte ! Et si tu veux mon avis, se radoucit-elle, Darcy pense la même chose que moi.

-Comment peux-tu en être si certaine ?

-J'ai vu comment il te regardait hier soir. Il t'a dévoré des yeux à chaque fois qu'il en avait l'occasion ! Et puis, d'après Charles, Darcy ne s'est toujours pas remis de votre rupture du soir du Nouvel An. Apparemment, il était si excité et à la fois anxieux à l'idée de te retrouver ici, après trois mois sans nouvelles, qu'il a débarqué chez Charles samedi matin à quatre heures ! »

Alors tout espoir n'était pas perdu ? Darcy m'aimait peut-être encore. Si c'était le cas, il fallait que je lui dise ce que je ressentais, ce que je n'avais pas osé lui avouer quelques mois plus tôt ! Mais... s'il m'aimait, pourquoi ne pas l'avoir déclaré ce matin ? Oh ! Tout est si confus !

« Arrête ça Lizzy.

-Arrêter quoi ?

-De te poser toutes ces questions ! T'a-t-il donné une seule raison de ne pas l'aimer ?

-Euh non, mais...

-T'est-il venu à l'esprit qu'il n'ait pas nié les rumeurs dans ton intérêt ? me demanda-t-elle.

-En quoi ça aurait pu être dans mon intérêt plutôt que le sien ? me révoltai-je.

-Réfléchis un peu Lizzy ! Il ne savait pas si tu étais prête à te lancer ou non dans une nouvelle relation avec lui, et avouer qu'il était avec toi la nuit dernière aurait officialisé cette relation. Comment aurais-tu réagi en découvrant au petit déjeuner que tout le monde parlait de William et toi comme étant un couple ? Comment l'aurais-tu pris ? »

Bien sûr, elle avait raison. Si cela s'était passé comme elle le décrivait, j'aurais été très en colère en apprenant que William faisait de moi sa petite amie sans même me demander mon opinion préalablement. Je me serais énervée et je l'aurais envoyé balader comme je l'avais fait tout à l'heure ! Oh mon Dieu ! Mais quelle conne !

« Admets-le Lizzy, tu l'aurais très mal pris.

-C'est vrai Jane, tu as raison.

-Qu'est-ce que tu attends pour aller le retrouver, alors ? »

Je la pris dans mes bras et elle me rendit mon étreinte. Ma sœur était clairement la meilleur qu'on puisse espérer avoir !

« Merci, chuchotai-je.

-Je t'en prie petite sœur, aller, file ! »

Et sans attendre un instant de plus, je me précipitai hors de ma chambre. Une fois dans le couloir, je courus le plus vite possible jusqu'à la chambre de William en espérant l'y trouver, mais après avoir toqué pendant cinq minutes, Charles vint m'apprendre qu'il était parti faire une balade à cheval pour se changer les idées.

Je le remerciai et filai vers les écuries. Le palefrenier qui me prépara un cheval en profita pour me donner des bottes et une bombe, et une fois installée sur le dos de ma monture, je la mis au galop pour rejoindre le sentier de la forêt.

J'avais déjà parcouru presque toute la propriété de Rosings avant de finalement tomber nez à nez avec un autre cheval, attaché à un arbre. Je mis pied à terre et attachai à mon tour mon destrier à un arbre voisin, puis m'enfonçai dans les fougères. Celles-ci débouchaient sur une clairière ensoleillée, où j'aperçus William allongé. J'entrepris aussitôt de le rejoindre.

Des bruits de pas durent l'avertir, puisqu'il se releva avant même que je ne l'ai atteint. Il m'observait avec une sorte de crainte, si bien que moi aussi je devins anxieuse.

« Qu'est-ce que tu fais là Lizzy ? me demanda-t-il.

-Je suis venue te voir, je te cherchais. »

Il y eut un silence. Aucun de nous n'osait parler. J'attendais qu'il prenne la parole, et lui attendait la même chose de moi. Finalement, il finit par s'enquérir de ce que je voulais.

« Je veux te demander pardon, répondis-je. Et je te veux toi, s'il n'est pas trop tard, » ajoutai-je plus bas.

Je baissai les yeux, voilà, je le lui avais dit.

Il prit mon menton, me releva la tête, et ce que je vis dans ses yeux me coupa le souffle. Jane avait raison, comme toujours, à présent je n'en pouvais plus douter. Il m'aimait. Il m'aimait moi, Elizabeth Bennet, qui l'avais si souvent injustement traité et blessé. Et plus que tout, il avait envie de moi telle que j'étais, têtue et agressive.

Il essuya mes larmes avec ses pouces, je ne m'étais même pas rendue compte que je pleurais. Lui aussi avait les yeux brillant. Je posai ma main sur sa joue, et la caressai doucement. Il m'aimait et... moi aussi, je l'aimais. Comme une folle, et depuis plus longtemps que je ne le soupçonnais.

Doucement, tendrement, il m'embrassa, avec passion, avec ferveur. Ce baiser reflétait toute la tension que nous avions tous deux accumulés depuis ce matin, et le soulagement que nous ressentions à cet instant.

Finalement, il rompit notre baiser et me prit le visage entre les mains.

« Mes sentiments pour toi n'ont pas changé Elizabeth. Je t'aime plus que tout, et je ferais n'importe quoi pour te rendre heureuse. »

Je souris et me mis à pleurer à nouveau. Je l'enlaçai amoureusement et, au bout d'un moment, répondis :

« Moi aussi je t'aime, Fitzwilliam Darcy. Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ! Et je te promets que plus jamais je ne te laisserai tomber. »

Soooo, qu'est-ce que vous en avez pensé ? :)