Chapitre 10

Stand by me

André avait peine à en croire ses oreilles. Quand soudain, il réalisa avec embarras sa totale nudité qui de surcroit trahissait sans doute possible ses sensuelles pensées. Par crainte de heurter la pudeur d'Oscar, il tira sur le drap pour s'en couvrir. Cette dernière lui prit doucement le poignet pour l'en empêcher, et, avec un regard pétillant et un sourire espiègle lui susurra :

- Mon cher… Maintenant que je sais que tu reluques mon postérieur, je ne vais pas me gêner pour admirer ton anatomie…

André était stupéfait, sans lui laisser le temps de formuler une quelconque réponse, Oscar prit l'initiative d'un autre baiser, tout en s'allongeant près du jeune homme, tout contre lui. Il répondit à ce baiser, savourant le satiné des lèvres de sa tendre amie, chaque souffle qui s'en échappait. Du dos de la main il commença à caresser les cheveux de la jeune femme avant de descendre lentement vers sa joue, son cou, puis en direction du décolleté de sa chemise… Oscar éminemment complaisante, le laissa faire. Elle tressaillit au contact de ses doigts. Cette tendre inspection permit à André de rapidement découvrir qu'elle ne portait pas ses bandelettes. Devait-il oser d'aventurer sur ses dunes enneigées ? Etait-ce trop tôt ? Ce dilemme n'allait pas s'éterniser…

- Oscar, Oscar ! Viens vite ! Tu as de la visite ! Monsieur de Fersen est là !» Glapit Grand-Mère depuis l'autre côté de la porte, de sa voix identifiable entre mille.

Les jeunes gens poussèrent un soupir d'exaspération synchronisé. Grand-Mère, bonne gardienne involontaire de la vertu venait de gâcher l'instant de grâce.

- Fersen… Y a-t-il quelque chose qu'il ne gâche pas celui-là… » Grommela André. Oscar lui lança en guise de réponse un regard amusé.

- Je vais voir ce qu'il veut. Ca ne sera pas long…

Alors qu'elle sortait de sa chambre, André pouvait entendre Grand-Mère s'enquérir de son état, et Oscar lui répondre qu'il allait déjà mieux et qu'elle continuerait à « s'occuper » de lui, ce qui fit pouffer l'intéressé au vu du peu de valeur thérapeutique de ces « soins ». Cependant, il ne put s'empêcher d'éprouver de l'appréhension. Fersen, lui, encore et toujours lui, venait d'arriver comme un chien dans un jeu de quilles, ou mieux, comme un éléphant dans le magasin de porcelaine qu'était leur amour naissant. Tout était à craindre…

Avant de pousser la porte du petit salon dans lequel le comte suédois l'attendait. Oscar se figea et revit par bribes les images de cette fameuse soirée masquée. Elle déglutit. Est-ce que Fersen allait tout remettre en cause ? Non, pas après ce que cet idiot lui avait dit dans « le feu de l'action », en plus d'avoir été un amant plus que médiocre… Pas après qu'elle eut enfin pris conscience de son attachement bien plus qu'amical envers André. Tel un trésor trop longtemps ignoré qui se trouvait là depuis toujours, dissimulé par ses propres illusions.

- Et bien qu'attends-tu ? Ouvre donc la porte ! » Piailla Grand-Mère les bras chargés d'un lourd plateau recouvert de boissons chaudes, brioches dorées à souhait et autres biscuits secs en tous genres.

- Oui, Grand-Mère… » Bredouilla Oscar. Elle poussa le panneau de bois.

- Tu es bien étrange ces dernière temps. » Bougonna Grand-Mère soupçonneuse.

- Je sais, tu me l'as déjà dit... » Chuchota la colonelle un peu agacée. « Oh, bonjour Fersen… » Dit-elle avec un parfait sourire hypocrite.

Fersen était là, sagement calé dans un fauteuil. Il se leva aussitôt pour venir saluer son hôte, comme un gentilhomme qu'il était. Comme toujours, bien mis, impeccablement peigné, le sourire franc, le regard clair et charmeur. Il tendit la main en direction d'Oscar. Rien d'émoustillant ne se produisit en elle, aucun émoi de jeune fille nubile, aucun tremblement, pas de cœur qui s'emballe, pas de pensées douteuses non plus, absolument rien... Elle tendit la main à son tour, nul frémissement de sa part lorsque leurs mains s'unirent à l'occasion de ce geste social. Oscar était « guérie » de Fersen. La seule émotion qu'elle ressentit, c'était la colère.

- Bonjour chère Oscar, comment vous portez-vous ?

- Comme vous le voyez je me porte bien, est-ce là la raison de votre venue ? » Demanda-t-elle, malgré elle, assez sèchement.

- Vous semblez de bien mauvaise humeur mon amie. A vrai dire je ne vous ai pas vue à Versailles aujourd'hui et j'ai appris que vous aviez été portée pâle. Alors je suis venu prendre de vos nouvelles par moi-même. Finalement, vous avez l'air juste un peu lasse. « Evidemment avec la nuit que je viens de passer, imbécile » Pensa-t-elle. « Et bien mauvaise mine… » Renchérit-il sottement.

Oscar le fusilla du regard. Comment avait-elle pu s'amouracher d'un demeuré pareil ? Ah… Le cœur, bien sûr… Cet organe et le cerveau formaient décidément une paire bien peu efficace...

Grand-Mère acheva de servir leur collation aux deux jeunes gens et quitta la pièce en trottant à petits pas nerveux. Comme pour ignorer le silence si pesant, Oscar s'empara au hasard d'un morceau de cake. Elle soupira d'agacement. Mais bon sang ! Pourquoi Grand-Mère s'évertuait-elle à y mettre des fruits secs alors qu'elle les avait en horreur ? Elle tentait d'extraire les immondices confites quand le Scandinave se décida enfin à prendre la parole.

- Pour être tout à fait franc, il y a une autre raison à ma venue ici. » Dit-il d'un ton grave tout en diluant le plus calmement du monde une cuillérée de sucre dans son Earl Grey.

Oscar déglutit avec difficulté les miettes du gâteau qui était bien trop sec soit dit en passant, et trop sucré aussi… Elle s'attendait au pire. Et pour le coup, elle ne songeait plus pâtisserie.

- Lors du bal masqué donné en l'honneur de mon retour à Versailles, j'ai fait la connaissance d'une mystérieuse jeune femme…

Et le pire arriva… Oscar en fit tomber ce qu'il restait de son malheureux biscuit massacré.

- Il sait… » Pensa-t-elle en détournant le regard.

- Oscar, regardez-moi droit dans les yeux…» Demanda-t-il d'une voix douce en s'approchant lentement.

Il posa une main sur la joue de la jeune femme. Oscar, au comble de l'embarras, se mordilla la lèvre inférieure et se laissa guider par le geste comte suédois. Bien que son opinion fût déjà faite depuis bien longtemps, Fersen demeura en arrêt devant cette confirmation.

- … C'était donc bien vous… » Oscar baissa la tête et ferma les yeux en guise d'acquiescement. « Pourquoi Oscar… ? » Pas de réponse. « Je voudrais juste comprendre… ». Oscar ne put dire quoi que ce soit de longues secondes avant d'avouer, de manière presque inaudible.

- A votre avis… ?

- Oscar… » Soupira-t-il d'un ton presque paternel en l'entourant d'un bras amical. «…Je pensais réellement ce que j'ai dit à votre sujet ce soir-là, vous êtes une femme hors du commun…Mais c'est Marie-Antoinette que j'aime, et je l'aimerai toujours, jusqu'à mon dernier souffle…

- Je le sais bien… » Chuchota la colonelle tout de même troublée, alors que les mots qui avaient échappé au suédois pendant leur ébats résonnaient encore dans sa tête. Chevaleresque jusqu'au bout, il s'excusa :

- Pardonnez-moi pour mon comportement…

Après quelques instants elle se défit doucement de l'étreinte du suédois. Celui-ci regagna son siège et changea de sujet de conversation dans le vain but de dissiper le malaise ambiant que même lui, une fois n'était pas coutume, avait décelé.

- On m'a dit qu'André était alité… Que lui est-il arrivé ? » S'enquit-il tout en sirotant son thé en produisant d'insupportables bruits d'aspiration. Oscar réalisa qu'elle n'avait jamais remarqué ce genre de détails horripilants chez lui auparavant.

- Une mission qui a pris un tournant malheureux… » Expliqua-t-elle, l'air grave. « Mais ça ira… Je veille sur lui… »

- Me laisseriez-vous le voir ? Il est tout autant que vous l'êtes, un ami pour moi… » Oscar refoula une soudaine envie d'éclater de rire. André n'aurait certainement pas envie de voir celui qui avait interrompu son rapprochement avec elle, débouler dans sa chambre pour converser de sa santé…

- Il se repose… » Prétexta la jeune femme. « Il en a besoin… » Ajouta-t-elle en souriant. Fersen reposa la tasse vidée de son contenu en poussant un soupir aigu de satisfaction et annonça :

- Je ne vais pas vous embarrasser d'avantage chère amie, je me rends bien compte, et comprends fort aisément, que ma présence vous incommode, compte tenu de…

- En effet… » Coupa poliment Oscar avec un sourire forcé.

- D'autant plus que j'ai pu constater après votre départ, en examinant les draps, que j'avais été le prem… » Commença-t-il. La mâchoire d'Oscar lui en tombait… Son teint s'empourpra.

- S'il vous plait, C'est excessivement embarrassant… » Coupa-t-elle derechef en grimaçant. « Nom d'un chien ! Mais quel demeuré ! Je me demande ce qui me retient… » Pensa-t-elle.

- Quel empoté je fais, n'est-ce-pas ? » Bredouilla Fersen s'apercevant miraculeusement de son indélicatesse.

Il fallait mettre fin au supplice, et vite. Oscar frappa de la paume des mains les accoudoirs de son fauteuil se leva brusquement, et suggéra, toujours avec ce sourire crispé :

- Je vous raccompagne ?

Au moment où Oscar allait fermer la porte d'entrée du château sur le comte et sur ce qui avait été son amour de jeunesse à sens unique, il se tourna vers elle, marqua un silence, entrouvrit les lèvres, et contre toute attente, souleva une question des plus intelligentes :

- Oscar… Ce que vous ressentez pour moi est-ce de l'amour, ou bien juste l'idée de l'amour …?

C'est sur ces mots, que le Scandinave quitta la demeure familiale des Jarjayes, laissant une Oscar songeuse derrière lui. Oscar révisa son opinion sur l'intelligence de Fersen, mais restait perplexe quant à la proportion qu'il avait à perdre une bonne moitié de ses points de QI et à les récupérer en si peu de temps. Elle secoua la tête de dépit et se mit à gravir les escaliers quatre à quatre pour enfin rejoindre André, lorsqu'elle fut prise d'un vertige, l'escalier tourbillonnait autour d'elle, elle se sentit happée irrésistiblement vers le sol, elle se rattrapa in extremis à la rampe. Au même moment, Grand-Mère descendait avec le plateau de vaisselle sale.

- Ma chérie, que t'arrive-t-il, décidément… ? » S'inquiéta la servante qui contrairement à Fersen, remarquait toujours tout ou presque. Oscar tenta sans grande conviction de la rassurer :

- Rien Grand-Mère…

- Je vois bien qu'André et toi vous me cachez quelque chose… Il ne t'a pas entraînée dans je ne sais quelle histoire j'espère… Si seulement il pouvait être un peu plus comme ce Monsieur de Fersen… » Soupira-t-elle l'air rêveur.

- Mais non, André n'a rien fait… Au contraire, c'est moi qui suis responsable de son état. Et je lui dois beaucoup…

- Moui… » Bredouilla Grand-Mère sceptique. « Tu es si pâle, je vais faire chercher le docteur Lassonne. Ça sera juste la deuxième fois aujourd'hui, mais je n'aime pas te voir comme ça.

- Grand-Mère… » Protesta faiblement la militaire.

- Ne fais pas l'enfant ! Je t'ai vue naître, je vois bien que tu ne vas pas bien…

- Je ne suis plus un bébé, je peux très bien…

- Ça n'est pas à moi que tu vas apprendre…

Les mots de Grand-Mère s'évanouirent dans les airs avant même d'atteindre les oreilles de la jeune femme, pareils à une bouillie de « blabla » inintelligibles.

- Depuis le temps que je…

Ces deux syllabes identiques qu'elle venait elle-même de prononcer, un seul mot : « bébé » eurent l'effet d'un détonateur.

- Tu devrais vraiment…. » Continuait Grand-Mère, imperturbable.

Et si… Ses vomissements sur le tapis de Girodelle, sa grande fatigue, ce vertige. Et si cette nuit où Fersen et elle…

- Oh, et puis à ce propos… »

- Non, je ne peux pas, ce n'est pas possible… » Murmura Oscar, malgré elle.

- Oscar ! Oscar ! Tu ne m'écoutes pas, je me trompe ? » Reprocha la nourrice.

- Oui, Grand-Mère. » Répondit la colonelle, en tentant de paraitre la plus angélique possible.

- Alors qu'est-ce que je viens de dire ?

- Oui, tu as surement raison…On en reparle ce soir… » Balbutia la jeune femme, espérant que cette réponse vague convienne à la situation. « Je vais voir André… » souffla-t-elle en s'éclipsant.

Grand-Mère, estomaquée, retourna à petits pas empressés à ses pénates en se lamentant de la « profonde déliquescence de la jeunesse actuelle ».

Oscar entra sans frapper dans la chambre d'André. Elle s'apprêta à prendre la parole, et découvrit avec une coupable déception, André en train de se rhabiller, tant bien que mal. Oscar poussa un petit rire moqueur et demanda la buche en cœur :

- Veux-tu que je t'aide ? » Cette proposition arracha à son destinataire un sourire complice.

- Non, merci. Je te soupçonne d'avoir les mains baladeuses… » Rétorqua-t-il. Oscar sourit avec malice.

- Où pars-tu ? Je pensais que tu voulais m'attendre… » Déplora la jeune femme.

- Bernard voudrait me parler… Je ne sais pas ce qu'il veut... Mais ça semble sérieux, selon Rosalie. » Expliqua André, allongé sur son lit, bataillant pour faire entrer sa chemise dans sa culotte.

- Oh Bernard… » Pesta Oscar avec un mine presque dégoutée. « Moi aussi je souhaite m'entretenir avec toi, vois-tu… »

- Maintenant ? » Demanda le jeune homme en se mettant péniblement sur son séant.

- Si j'attends je n'aurais peut-être pas le courage de le faire plus tard… »

André connaissait trop bien son Oscar pour savoir qu'elle devait vraiment être dans un état de détresse pour qu'elle mette son orgueil à ce point de côté et demander de l'aide. Fersen, comme il l'avait prophétisé allait remettre en cause leur nouvelle tendre relation qu'il adorait déjà ?

- Bien… Je t'écoute… » Oscar s'assit sur le lit d'André.

- C'est si embarrassant… Il n'y a qu'à toi que je fasse à ce point confiance… » Un silence oppressant, palpable, prit place. « Je crains d'être enceinte de Fersen… » Lâcha-t-elle dans un soupir sans prendre de gants.

Un gouffre s'ouvrit sous les pieds d'André, tout son univers semblait être irrésistiblement aspiré par cette révélation. Une impression de vide… Plus rien n'existait, le néant total. La chose qu'André redoutait le plus. Bien sûr qu'il y avait songé, même s'il ne lui en avait pas fait part. Impossible de dire combien de temps il resta silencieux, apathique. Même si Oscar décidait de faire sortir Fersen de sa vie, ces deux-là risquaient d'être liés l'un à l'autre jusqu'à la fin de leurs jours. C'est Oscar elle-même qui « réveilla » André de cet état second, en le secouant quasi frénétiquement comme un prunier.

- André, dis quelque chose, parle-moi, réagis ! Ne me fais pas ça ! Pas toi ! Ne m'abandonne pas ! Pas toi ! Je t'interdis de me laisser ! Tu entends ? »

Mécaniquement, il se retourna vers la jeune femme. Et demanda calmement :

- Es-tu vraiment sûre d'être enceinte ?

- Non, mais…

André bondit sur ses deux pieds. Chose extrêmement rare, il s'emporta, aussi vite qu'on craque une allumette. La colère et la jalousie trop longtemps contenues explosèrent comme un volcan.

- Comment peux-tu être aussi écervelée ? Ton père va me tuer, parce que je savais que tu sortais ce soir-là, que je ne t'ai pas accompagnée, et surtout il va te tuer TOI ! N'aurais-tu pas pu être plus vigilante ? » En prononçant cette phrase, André vit la mâchoire d'Oscar se crisper, ses poings se serrer. Une mandale était en préparation. Pensa-t-il.

- Plus vigilante ? » Répéta Oscar, offusquée, immobile.

Elle tentait de contenir sa colère en se disant que la violence n'allait rien régler, au contraire.

André lui, ne comptait pas reculer, il avait déjà supporté les coups d'Oscar, verbaux ou physiques, il les lui avait même déjà rendus à une certaine époque pour les seconds. Mais il avait surtout besoin de laisser parler sa colère.

- Oui, tu aurais pu utiliser des « moyens » pour éviter cette situation… Comme… Je ne sais pas… Les éponges*… ! Ne me dis pas que ta sœur Astrid ne t'en a jamais parlé ! Quand vous êtes ensembles je vous vois glousser, chuchoter, caqueter, en regardant les hommes, y compris moi ! Je sais parfaitement de quoi vous vous entretenez toutes les deux! » Oscar, rouge d'indignation balbutia :

- Comment ça les éponges… Co- comment sais-tu que… ?

- J'ai passé ma vie auprès de domestiques femmes, alors j'ai appris une chose ou deux sur l'anatomie féminine ! » Oscar devint littéralement cramoisie. « Parfois bien malgré moi… » Soliloqua André.

- Je n'avais pas prévu que la soirée se déroulerai ainsi, et tu le sais. Je ne me promène pas avec ce genre « d'accessoire » sur moi, vois-tu, je ne suis pas une catin ! Et puis, pourquoi je te rends des comptes ? » Gronda-t-elle en se levant brusquement.

- Et bien tu aurais pu demander à ton Suédois de « sauter en marche » » Suggéra-t-il sans réfléchir.

Cette dernière allusion fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. André le comprit immédiatement lorsque l'expression d'Oscar cessa d'être celle de la gêne pour devenir celle de la colère.

- Sauter en marche… » répéta froidement la Colonelle en hochant la tête.

Ce fut le tour d'André d'être gêné. Il craignait qu'Oscar pour se venger, lui demande plus de détails sur cette pratique, cela aurait été tout à fait son genre. Alors, penaud il commença :

- Ne me dis pas que tu ignores… » Mais Oscar n'était pas d'humeur à la plaisanterie.

- J'ai passé ma vie au milieu d'hommes qui ne parlent que de « ça », et toujours malgré moi j'ai été témoin de leur déplorables et salaces conversations » Dit-elle mordante. « Alors merci monsieur, je sais ce que veut dire l'expression « sauter en marche ». J'ai fait une erreur en couchant avec Fersen, elle est de taille, certes, mais ça n'est pas la seule… J'ai aussi fait l'erreur de t'avoir fait confiance et d'avoir pensé pouvoir compter sur toi. je voulais ton aide, pas ton jugement !

Le jeune homme s'était préparé à recevoir une gifle sans doute méritée. Au lieu de ça, Oscar quitta la pièce en claquant la porte autant dire que sa colère grande…

André avait longuement conversé et écouté très attentivement la proposition de Bernard, mais il ne répondait toujours pas. Le journaliste tenta à nouveau de le convaincre :

- Tu me promets que tu réfléchiras à ma proposition ? Tu mérites une autre vie. Tu mérites d'avoir ta propre vie, ta propre famille… Est-ce qu'elle mérite vraiment ces sacrifices que tu fais ou que tu as faits pour elle ? Qu'a-t-elle fait pour toi ? Viens avec nous…

*l'usage des éponges contraceptives ne se répandra environ qu'un siècle plus tard, mais je prends des libertés avec la réalité historique, ne m'en voulez pas… :-)