chapitre 9 (partie 2) : Séparation

Jeudi 29 décembre: cabinet Subaru

"Bonjour Mikan. Ton visage a repris des couleurs, c'est bien. commenta Subaru satisfait. ― Bonjour Subaru. dit-elle simplement. Le médecin l'ausculta et la rassura. ― Ton bébé va très bien. affirma-t-il" Subaru regarda le bébé à l'échographie et sourit. Tout se présentait bien.

"Tu en es à ton quatrième mois. Aimerais-tu connaître le sexe de ton bébé? demanda-t-il. "Le visage de Mikan s'éclaira. Elle espéra de tout son cœur que ce soit un garçon. "Oh! Subaru, c'est vrai? Oui, je veux savoir. s'exclama-t-elle. ― C'est un petit garçon Mikan. dit-il."

Le sourire de Mikan illumina son visage. Un petit garçon, c'était merveilleux. Elle prit Subaru dans ses bras et l'embrassa. Il sourit en la voyant si heureuse. Elle se décida à appeler son oncle pour lui annoncer la nouvelle, il serait surement déçu qu'elle ne lui en ait pas parlé plutôt.

"Subaru, pourrais-tu me dire où se trouve mon oncle en ce moment. Avec le travail, je n'ai pas eu le temps de l'informer de ma grossesse. J'aimerais le lui annoncer. ― Je vais même faire mieux. Je vais l'appeler pour qu'il vienne. dit-il gentiment."

Subaru composa le numéro de Kazu et lui dit que Mikan était dans son cabinet et désirait le voir. Ce dernier fut étonné et se tracassa un peu pour sa nièce. Après une quinzaine de minutes, il entra dans la pièce. "Bonjour Mikan, que se passe-t-il, tu es malade? demanda-t-il anxieux. ― Mon oncle ne t'en fais pas. Je voulais juste te voir et te dire que tu seras bientôt le grand oncle d'un petit garçon."

Kazu ouvrit de grands yeux étonnés puis prit sa nièce dans ses bras. Il était heureux. "Mon oncle, quand ce petit bonhomme sera né, accepteras-tu de passer du temps avec lui? l'interrogea-t-elle. J'aimerais qu'il connaisse son grand oncle Kazu. acheva-t-elle en souriant."

Kazu fut ému et heureux qu'elle désire qu'il fasse partie intégrante de la vie de son enfant. Sa solitude à l'académie lui avait toujours pesé, mais depuis qu'il avait officiellement fait la connaissance de sa nièce, elle lui avait apporté beaucoup de joie et d'affection.

"Bien sûr Mikan. Ce sera avec joie. dit-il enchanté." Il vit le plaisir que lui procurait sa réponse sur le visage de sa nièce et en fut touché.

"Pourquoi ne m'en as-tu pas parlé plus tôt? Et ton mari, pourquoi n'est-il pas avec toi? questionna-t-il. ― Je suis désolée de ne pas t'avoir prévenu plutôt mais, depuis le week-end où nous nous sommes vus, Natsume et moi avons été occupés. Il est au travail en ce moment.

― On va prendre une photo du bébé et je vais lui faire un DVD tout de suite, ainsi Natsume pourra le voir bouger. proposa-t-il." Mikan sourit et joua le jeu, mais eut un pincement au cœur. Son mari ne verrait ni cette photo ni le DVD et n'assisterait pas à l'accouchement. Elle serait seule pour élever son petit bonhomme.

"C'est une merveilleuse idée Subaru. Merci. dit-elle simplement." Pendant que Subaru préparait le DVD, Kazu appela Shiki qui arriva par téléportation dans les secondes qui suivirent. "Bonjour princesse, comment vas-tu? demanda-t-il. ― Je vais très bien. Je suis enceinte Shiki. C'est un garçon. dit-elle visiblement heureuse."

Shiki prit Mikan dans ses bras et l'embrassa. Depuis sa séquestration à l'académie où les seules personnes qu'elle avait le droit de voir étaient Shiki et Kazu; sans compter le directeur du primaire, dont elle détestait les visites; ils avaient appris à se connaître et à s'apprécier. Shiki, ainsi que Kazu éprouvaient beaucoup d'affection pour Mikan et c'était réciproque.

"Je connais un jeune homme qui sera fou de joie. Natsume va être fière d'être le père d'un garçon. Je pensais que vous vouliez attendre un peu. Vous avez changé d'avis? dit-il innocemment."

Mikan pâlit, mais se reprit aussitôt. Décidément, il avait une bonne mémoire. Elle joua parfaitement son rôle de femme comblée et lui répondit en souriant. "Tu as raison, c'est un accident et une maladresse de ma part. J'ai oublié de prendre mes précautions plusieurs fois. Ce qui est fait est fait, on ne peut pas revenir en arrière. dit-elle du bout des lèvres."

Mikan rougit et baissa les yeux, elle n'aimait pas trop parler de choses aussi intimes. Shiki, Kazu et Subaru sourirent en la voyant si embarrassée. Ils discutèrent un moment puis Mikan leur dit au revoir et reparti à l'appartement. Ce soir-là, elle s'endormit comme une souche. Cela lui avait fait du bien de les revoir, mais jouer la comédie du bonheur était exténuant.


samedi 31 décembre : appartement de Natsume

Natsume pensait encore à Mikan. "Demain, c'est ton anniversaire. Qu'as-tu prévu? Es-tu en compagnie de cet homme avec lequel je t'ai vu dans le parc? As-tu parlé de notre rupture à ton oncle ou à Hotaru? se demanda-t-il d'un air morose."

Natsume soupira. Il se faisait du mal pour rien, peut-être n'était-il qu'une relation de travail comme elle le lui avait affirmé, pensa-t-il. En ce qui concernait Kazu ou Hotaru cela paraissait improbable qu'ils soient au courant. En effet, s'ils l'avaient su, ils lui auraient certainement déjà téléphoné pour avoir plus de détails sur ce qui s'était passé.

Il n'en pouvait plus de rester enfermé seul, il décida d'aller se balader dehors. Il prit une veste et partit se promener à pied au hasard. Il marcha un bon quart d'heure avant de s'arrêter net devant une affiche ventant une boutique de vêtements féminins.

Mikan était là, devant lui et semblait regarder quelque chose qui la subjuguait sans le voir. Elle portait une robe de soirée en velours bleu très simple qui descendait jusqu'à ses pieds, mais qui lui donnait un air sophistiqué. Mikan étant photographiée de trois quarts, on pouvait voir le dos décolleté et le lacet qui fermait la robe.

Il ne pouvait détacher son regard de sa femme. Son cou gracieux, sa peau si pâle, ces cheveux relevés avec quelques mèches qui s'échappaient négligemment de sa coiffure et ces beaux yeux noisette la rendait très séduisante, presque envoutante.

La robe n'était pourtant pas osée. Le décolleté du devant de la robe était très sage, mais le tissu révélait les courbes magnifiques de son corps. Les fines bretelles et le décolleté laissaient apparaître ses épaules et la naissance de ses seins.

"Elle est magnifique n'est-ce pas? Je suis allé dans cette boutique pour demander à la vendeuse si elle pouvait me donner son numéro. dit un jeune homme qui s'était lui aussi arrêter pour admirer l'affiche. La vendeuse m'a répondu qu'elle ne pouvait pas me le donner sans l'accord du modèle. Je lui ai demandé de lui en parler. J'y retournerai, c'est sûr. dit un inconnu en regardant l'affiche subjugué. ― Oui, elle splendide! murmura-t-il dans un souffle."

Natsume sentit sa jalousie monter en lui à nouveau, mais aussi la peur. Il aurait volontiers réduit cet homme et ce panneau publicitaire en cendres. Ils étaient séparés et il ne pouvait rien faire si elle souhaitait rencontrer d'autres hommes, mais cela le rendit furieux. Il rentra à l'appartement et essaya de se calmer. Il aurait volontiers brûlé tous les vêtements qu'elle avait laissés là, mais sut que cela n'y changerait rien.

"Bon dieu Mikan! pourquoi m'as-tu fait ça? Exposer ton corps de cette manière. Tu es à moi!... tes lèvres, ta peau… Nous sommes mariés, que diable! Cela compte ça! dit-il hors de lui." Son cœur battit la chamade et son sang bouillonna dans ses veines. La température de la pièce augmenta d'un seul coup. Il eut beaucoup de mal à contrôler sa colère et sa frustration.

"Je dois la retrouver et la ramener avant qu'il ne soit trop tard. Et si pour cela je dois me traîner à ses pieds... je le ferai! se jura-t-il." Lorsqu'il retrouva son calme, il prit un bloc-notes et un stylo puis retourna voir l'affiche pour noter le nom et l'adresse de la boutique.

Le lendemain, il fit un tour dans le parc où Mikan faisait ses séances photos puis rentra lentement à l'appartement. Ses pas le ramenèrent malgré lui devant le panneau publicitaire. Il resta longtemps à le contempler, comme si rester auprès de son image lui donnait l'impression d'être réellement aux côtés de sa femme.


Lundi 2 janvier: agence immobilière

Lorsqu'il entra dans son bureau, Il remarqua que ses collègues semblaient avoir une discussion très animée. Luca vint immédiatement à sa rencontre. "Natsume! Tu ne m'avais pas dit que Mikan travaillait comme modèle. Je suis étonné que tu l'aies laissée faire? s'exclama-t-il. ― Ainsi tu as vu cette publicité, toi aussi? Pourquoi es-tu si étonné? demanda-t-il.

― Si je l'ai vue, tu plaisantes! en passant devant on ne peut pas la manquer. Et puis, les collègues qui l'ont vue ne parlent plus que de ça. Je suis surpris, toi qui es toujours si possessif et si jaloux… commenta-t-il.

― Tu racontes n'importe quoi. l'interrompit-il. ― Natsume, je te connais depuis longtemps. Lorsque tu vois Mikan avec un autre homme, tu deviens incontrôlable. Je ne connais personne d'aussi jaloux et possessif. affirma-t-il moqueur. Je n'aurais jamais pensé que tu la laisserais poser dans une robe qui la mette autant en valeur aux côtés d'un autre homme. On dirait une princesse et son prince charmant. dit-il rêveur, sans penser aux sentiments de son ami."

Natsume se renfrogna. Il écouta ses collègues parler de sa femme et son sang se glaça dans ses veines. Il se tourna vers ses collègues. "N'essayez pas de l'approcher et arrêtez de rêver! C'est ma femme sur cette affiche! tonna-t-il furieux." Ses collègues se retournèrent étonnés par la nouvelle, mais aussi par le ton agressif de Natsume. Ils continuèrent à discuter plus calmement. Luca ne put s'empêcher de sourire devant la réaction puérile de son meilleur ami.

Natsume se rappela soudain de ce que Luca venait de dire et se figea. "Luca, tu as dit qu'elle posait avec un autre homme? J'ai vu l'affiche, elle y est seule, j'en suis sûr. affirma-t-il. ― L'affiche que tu as vue, décris-la-moi. lui demanda Luca perplexe.

― Eh bien! Elle porte une robe bleue avec de fines bretelles. C'est une robe de soirée qui descend jusqu'à ses pieds. Elle se trouve devant un escalier. acheva-t-il, en repensant à la photo.

"On n'a pas dû voir la même. conclut-il. Celle dont je te parle ressemble à la scène du balcon de Romeo & Juliette. La robe est longue, rouge et blanche avec de longues manches. Le corset de la robe est ajusté par un lacet rouge. Mikan est vraiment ravissante. Cette robe met vraiment en valeur sa beauté naturelle. dit-il rêveur.

Elle joue bien son rôle, on dirait vraiment qu'elle est amoureuse de son partenaire. murmura-t-il, toujours dans ses pensées." Natsume pâlit. La peur de voir sa femme se tourner vers un autre que lui le tortura. Et pour combien d'autres affiches avaient-elle posé? se demanda-t-il. Il ne voulut pas y penser.

Après leur journée de travail, Luca l'emmena voir l'affiche en question. Elle ne se trouvait pas sur le trajet de Natsume, c'est pour cette raison qu'il n'avait pas pu la voir. Lorsqu'il la vit, il comprit l'exaltation de Luca. Mikan semblait sortir d'une pièce de théâtre. Sa peau de pêche et son expression innocente faisait d'elle une très jolie Juliette.

Le corset de son costume faisait ressortir sa jolie silhouette et le rouge de la robe contrastait avec la couleur pâle de sa peau. Ses cheveux attachés en demi-queue flottaient sur ses épaules. Mikan semblait vraiment amoureuse de son partenaire. Natsume fut à la fois apeuré, furieux, jaloux et blessé.

"Elle est superbe, n'est-ce pas Natsume? La personne qui lui a demandé de porter cette robe a du goût. Qui mieux que notre Mikan pourrait incarner Juliette? dit-il en souriant. ― Oui, elle est vraiment merveilleuse. admit-il."

Luca fut perplexe. Cela semblait évident. Mikan ne lui avait pas parlé de ces photos. Elle savait que Natsume n'aurait pas été d'accord. Était-ce pour cela qu'elle le lui avait caché? Rien n'était moins sûr. La jeune femme qu'il connaissait n'aurait pas pris le risque de provoquer la colère de son mari. Il fut troublé. Que se passait-il entre ses deux amis? se demanda-il.

Natsume emmena Luca voir l'autre publicité où Mikan portait une robe du soir bleue. "Dieu du ciel! Est-ce vraiment notre Mikan? Ce côté sophistiqué, cet air si lointain, on dirait une autre personne. Elle est…sublime! dit-il simplement."

Le lendemain, Natsume profita de son temps de midi pour aller à la boutique. Il entra et demanda à voir la gérante de l'établissement. La vendeuse lui répondit que c'était elle-même. "Bonjour, que puis-je faire pour vous? demanda-t-elle poliment.

― Ces affiches... c'est vous qui avez pris ces photos? l'interrogea-t-il. ― Oui, c'est moi. L'une des robes vous a-t-elle plu? Êtes-vous venu pour en offrir une à votre femme? demanda-t-elle en souriant, en remarquant l'alliance au doigt de Natsume.

― La jeune femme qui a posé pour la robe de soirée bleue et la robe rouge et blanche dans le style de Romeo & Juliette, avez-vous son adresse? demanda-t-il d'un ton pressant. ― Je ne donnerai pas son adresse sans son consentement. Elle est plutôt réservée, je ne pense pas qu'elle accepterait. dit-elle prudemment.

― C'est… c'est ma femme! Donnez-moi son adresse! lui intima-t-il d'un ton froid.

― Et pourquoi devrais-je vous croire? Vous n'imaginez pas le nombre d'hommes qui sont venus me demander son numéro ou son adresse. Vous n'êtes pas le premier et ne serez certainement pas le dernier. D'ailleurs, si vous étiez son mari, vous n'auriez pas besoin de son adresse. dit-elle."

Ce qu'il ne savait pas, c'est que Kaoru ignorait l'adresse de Mikan. Elle avait simplement son numéro de téléphone. Natsume eut du mal à se contenir. Il était à deux doigts de la retrouver et cette vendeuse refusait tout bonnement de l'aider. se dit-il furieux.

D'un autre côté, cela le rassura de savoir que cette femme avait repoussé la demande des autres hommes qui étaient venus pour avoir des renseignements sur sa femme. "Pourrais-je avoir un double des photos de Mikan? Je vous les paierai. assura-t-il."

La vendeuse fut déstabilisée. Cet homme séduisant connaissait son prénom. Etait-il vraiment l'époux de son modèle? Elle hésita un moment à ce qu'elle devait faire et décida de rester prudente. Elle en parlerait à Mikan quand elle la verrait. Il était furieux cela se voyait, mais elle tint bon et refusa tout net.

"Désolée, je ne pense pas que mon modèle accepterait. Elle n'est pas qu'une image sur un bout de papier, c'est aussi une personne que je respecte. dit-elle sincèrement. Vous pouvez toujours acheter le catalogue si ces photos vous plaisent autant. Il resta silencieux un moment puis se décida." Très bien, je m'en vais. dit-il finalement.

Natsume fut déçu et sut qu'il n'obtiendrait rien d'elle. Comme les amis ou les gens qui avaient appris à connaître sa femme, cette personne la respectait et semblait l'apprécier. C'était l'effet Mikan.

Il fut découragé, c'était sa seule piste pour la retrouver et déjà, elle tombait à l'eau. Il revint à l'agence pour continuer sa journée. Il repensa au gâteau que sa femme lui avait rapporté et se dit qu'il aimerait en manger à nouveau.

Il demanderait innocemment à Anna si elle ne l'avait pas vue dernièrement et pourrait peut-être lui soutirer quelques informations sur son épouse. Il demanda à Luca. "Luca, tu ne connaitrais pas l'adresse de la pâtisserie d'Anna par hasard? demanda Natsume. J'aimerais ramener une pâtisserie à Mikan.

Natsume s'en voulu de mentir à son ami, mais il le fallait. ― Tu ne sais pas où elle se trouve? s'étonna-t-il. Elle est à peine à cinq minutes de votre appartement. ― Non, je ne sais pas. C'est toujours Mikan qui y va. expliqua-t-il calmement. " Luca lui expliqua le chemin.

Natsume passa devant la pâtisserie pour mémoriser le chemin. Il y retournerait un samedi. C'était le seul jour où la pâtisserie était ouverte et où il ne travaillait pas. Mikan ne travaillait pas le samedi à la pâtisserie car Anna ne lui avait pas demandé. Le samedi, c'est Iinchô qui l'aidait. De plus, Anna avait pensé que Mikan serait heureuse d'avoir son week-end pour le passer avec son époux.


samedi 7 janvier : pâtisserie d'Anna

Natsume entra dans la pâtisserie et vit Iinchô. Celui-ci vint le saluer. "Bonjour Natsume. Comment vas-tu? Que puis-je faire pour toi? demanda-t-il d'un ton jovial. ― J'aimerais acheter une pâtisserie à la crème fraiche et à la fraise. Anna n'est pas là? interrogea-t-il d'un ton dégagé. ― Si bien sûr. Anna! viens voir qui nous rend visite? dit Iinchô en souriant.

― Natsume, quelle surprise! Contente de te revoir. Alors que désires-tu? demanda-t-elle. ― Il aimerait une pâtisserie à la fraise et à la crème fraîche. expliqua-t-il. Anna lui présenta ce qu'elle avait, mais Natsume ne voyait pas le petit gâteau que lui avait rapporté Mikan. Il lui décrit ce qu'il voulait.

"Mikan m'a apporté ce dessert il n'y a pas longtemps. affirma-t-il. ― Mikan ne te l'a pas dit? Cette pâtisserie n'est pas de moi, c'est elle qui l'a créée avec mon aide. Elle tenait beaucoup à réaliser un gâteau avec ton fruit préféré. Elle est venue ici pour que je l'aide pour la garniture, mais pour le reste, elle a tout fait toute seule. Il t'a plu alors? dit-elle en souriant.

"Non, je… je ne savais pas. Il était très bon. admit-il enfin, gêné. ― Elle a dû penser que si tu savais qu'elle l'avait préparé elle-même, tu n'y aurais pas goûté. railla Iinchô." Il rit de bon cœur et Anna rit à son tour. Il venait d'éviter des explications à Natsume sans le savoir.

Natsume se rappela la scène qu'il avait eu avec Mikan à propos du gâteau. Il l'avait accusé d'avoir gaspillé leur argent inutilement. Elle n'avait même pas protesté. Comme il avait dû lui faire de la peine, alors qu'elle avait mis tout son cœur dans la préparation de cette pâtisserie, pensa-t-il tristement.

"Tu as sans doute raison, j'adore la taquiner sur sa cuisine. dit-il d'un ton neutre. L'as-tu vue dernièrement? demanda-t-il plein d'espoir." Anna se figea et Natsume sut qu'il venait de commettre une erreur.

"Natsume, tu plaisantes n'est-ce pas? Tu sais que je la vois presque tous les jours. dit-elle en souriant." Anna fut ébahie par l'expression d'étonnement qu'elle lut sur le visage de Natsume. Comment pouvait-il ignorer que sa femme travaillait pour elle?

Natsume fut en état de choc. Ainsi elle venait ici tous les jours et il n'en savait rien. "Je… bafouilla-t-il. ― Elle travaille ici pendant la semaine Natsume. C'est impossible qu'elle ne t'en ait pas parlé. insista-t-elle."

Natsume fut pétrifié. Il tourna les talons et s'en alla sans un mot d'explication, laissant Anna et Iinchô dans le brouillard total. Il n'avait pas envie de parler de sa rupture avec Anna et Iinchô.

"… Au revoir. dit-il. " Iinchô et Anna ne comprirent pas ce qui venait de se passer. Avant qu'ils n'aient pu réagir, Natsume avait disparu.


Dimanche 8 janvier : boutique de vêtements

Lorsque Mikan arriva à la boutique, Kaoru entra directement dans le vif du sujet. "Je ne sais pas si vous avez vu les affiches, mais depuis quelles ont été installées, plusieurs hommes sont venus me demander s'ils pouvaient avoir votre numéro de téléphone ou votre adresse. Bien sûr, je leur ai dit que je ne donnerai aucune donnée personnelle sans votre accord, la rassura aussitôt Kaoru."

Mikan se raidit. Des hommes voulaient la rencontrer à cause de ces affiches. Elle n'en avait pas la moindre envie. "Vous plaisantez! dit-elle affolée. ― Non, je ne plaisante pas. Quelle est votre réponse? demanda-t-elle. ― Ne leur donnez ni mon nom, ni mon adresse, rien. Je ne veux pas rencontrer ces hommes. S'il vous plait! Ne faites jamais ça! implora-t-elle.

"Ne paniquez. Je ferai comme vous le désirez. De toute manière, je n'ai que votre numéro de téléphone et votre nom. Je ne leur dirai rien vous concernant, c'est promis. dit-elle ― Merci, Kaoru. lui répondit-elle soulagée. ― Que voudriez-vous que je leur dise? demanda-t-elle.

― Que je suis mariée et que je ne suis pas intéressée. Dites-leur que j'aime mon mari et que je suis quelqu'un de fidèle. dit-elle simplement. ― D'accord. Si vous changez d'avez, vous n'aurez qu'à m'en parler.

En parlant de mari, un homme est venu ici et m'a demandé s'il pouvait avoir votre adresse. Il a affirmé que vous étiez sa femme. Il m'a aussi demandé si j'acceptais de lui vendre des copies des photos que j'avais prises de vous. Il connaissait votre prénom. ajouta-t-elle.

― Pourriez-vous me le décrire? la questionna-t-elle le cœur battant. ― Il était plus grand que vous avec des cheveux noirs courts. Il était vraiment très séduisant. Ses yeux étaient vraiment fascinants. Ils étaient d'un rouge profond.

Mikan sorti son portefeuille et lui montra une photo Natsume. "C'est une photo de mon mari. dit-elle en la lui tendant. ― C'est lui, Mikan. confirma-t-elle en regardant la photo qu'elle lui tendit. C'était donc bien votre mari? dit-elle étonnée.

"Vous êtes sûr que c'était lui. D'habitude, il ne s'intéresse pas aux photos. demanda-t-elle encore. ― Mikan, vous l'aimez toujours, n'est-ce pas? dit-elle d'un ton compatissant.

― Oui,… je l'aime toujours. souffla-t-elle. ― Il semblait en colère quand j'ai refusé ce qu'il demandait. Il veut sans doute vous parler. Vous ne voulez pas le voir? l'interrogea-t-elle, en voyant l'expression torturée de la jeune femme.

― Non, je… pas encore. ― S'il revient, je peux lui donner une copie des photos qu'il a demandé. risqua-t-elle. ― Si vous voulez, mais Natsume ne s'intéresse pas aux photos. Peut-être est-ce un sosie? Ne lui donnez pas mon numéro, d'accord? dit-elle encore incertaine.

― Mais ne l'a-t-il pas déjà? dit-elle enfin. ― Non, je… J'ai changé de numéro après mon départ. glissa-t-elle. ― Bon! On va travailler maintenant. Ça va aller? demanda-t-elle compatissante. ― Oui, penser à autre chose ne peut me faire que du bien. dit-elle fermement. " Kaoru et Mikan travaillèrent et ne parlèrent plus de Natsume.


lundi 9 janvier: pâtisserie d'Anna

Lorsqu'elle arriva à la pâtisserie lundi après-midi, Anna lui raconta la visite de Natsume et son comportement étrange. D'abord le magasin de vêtements puis la pâtisserie. Mikan fut étonnée. Ainsi, il voulait la revoir, mais pourquoi?

L'avoir trompée avec cette femme dans leur propre lit n'était donc pas assez? Voulait-il voir à quel point elle était malheureuse sans lui? N'avait-il rien de mieux à faire que de la tourmenter? Cette femme qu'elle revoyait sans cesse dans ses cauchemars ne lui suffisait-elle plus? pensa-t-elle.

Mikan soupira et fut bien forcé de dire la vérité à son amie. "Anna,… Natsume et moi… c'est fini. J'aimerais… que tu n'en parles à personne, d'accord? dit-elle faiblement. Je… je ne veux pas que mes amis ou mon oncle se fassent du souci pour moi. Je suis désolée que tu sois au courant. Je ne voulais pas t'inquiéter. Je suis une adulte et je dois régler mes problèmes seule. dit-elle

― Mais Mikan nous sommes tes amis, c'est normal que l'on s'inquiète. dit Anna soucieuse. ― Je t'aime beaucoup Anna et tu es mon amie, mais j'ai toujours compté sur les autres jusqu'à aujourd'hui. Maintenant, c'est terminé. Vous vous tracasser sans cesse pour moi et moi je ne fais jamais rien pour vous. L'amitié, ce n'est pas à sens unique. S'il te plaît, ne dis rien à personne. Je m'en sors très bien toute seule. affirma-t-elle.

― C'est… c'est promis, l'assura son amie incertaine. "Natsume repassa devant la pâtisserie plusieurs fois pendant son temps de midi avec l'espoir d'apercevoir Mikan, mais l'occasion ne se présenta pas. Il ne laissa pas tomber, mais se dit que s'il n'arrivait pas à la retrouver, il devrait se résoudre à attendre la naissance de son fils.

Le jour où elle l'avait quitté, elle lui avait dit qu'après la naissance de leur enfant, elle reviendrait lui poser la question qu'elle lui avait déjà posée et que s'il ne voulait plus d'elle à ce moment-là, elle disparaîtrait de sa vie. Lorsqu'elle reviendrait, il lui dirait qu'il ne voulait pas qu'elle s'en aille. C'était tout ce qui lui restait comme espoir.