Bonjour à tous.
Je suis actuellement en réunion et, au lieu de porter attention à ce qui se dit, je suis en train de préparer la publication de la semaine. Il y a des priorités dans la vie !
Comme remercier Sana et Bébec pour leur travail sur ce chapitre. Vous roxxez les filles.
Et remercier également toute la petite troupe qui me laisse des reviews chaque semaine, vous êtes des anges ! Clairaice, Nagron, Zucca666, Victorica Lawford (enfin je peux te répondre en MP), Len Black et Misatelle. Je suppose que vous avez apprécié le baiser du chapitre précédent ? Je pense que vous aimerez celui de cette semaine également !
Aller assez bavardé, si je ne me dépêche pas, je vais devoir intervenir dans la réunion sans avoir le temps de publier. Ce serait un comble quand même.
Enjoy !
15 février 2013
La Mort était au beau milieu d'un village africain, en train de mener à bien sa tâche lorsque Verde apparut à ses côtés. Ce dernier le salua brièvement et regarda autour de lui. La scène qui s'offrait à eux était malheureusement bien trop habituelle : le village avait été attaqué dans la nuit, les hommes et les vieux avaient été massacrés, alors que les femmes et les enfants avaient été enlevés. Il y avait de grandes quantités de sang sur les chemins du village et la petite place qui servait de lieu de rencontre avait été transformée en charnier à ciel ouvert.
Plusieurs passeurs se relayaient pour accompagner les âmes qu'il avait libérées, mais toute l'attention de La Mort se portait sur trois d'entre elles en particulier. Ces trois âmes étaient la raison pour laquelle il avait convoqué Verde. Elles appartenaient aux soldats qui avaient perpétré ce massacre, qui avaient torturé avant de tuer certaines des victimes avec une sauvagerie et une haine telle que La Mort en sentait encore les relents dans l'atmosphère. Il détestait vraiment ce sentiment, il laissait quelque chose de vicié dans l'air, comme si les lieux étaient maintenant empoisonnés.
Quoi qu'il en soit, les villageois avaient réussi à se défendre et les preuves de ce fait étaient devant lui sous la forme des âmes des bandits complètement terrorisées. Il n'avait pas cherché à les rassurer et il savait sans aucun doute que Verde ne le ferait pas non plus. Le passeur n'était pas connu pour ses mouvements de gentillesse, même lorsque cela était bienvenu, il n'allait pas s'y mettre pour trois monstres.
Théoriquement, il n'avait pas à faire de différence de traitement, mais dans les faits, c'était une autre histoire. Il regarda Verde emmener une des âmes vers ce qu'il espérait être le dernier cercle de son enfer. Il fut un temps où tout cela l'aurait laissé de marbre, mais il n'arrivait plus à voir des innocents mourir à cause de l'envie et de la bêtise humaine. Sûrement parce que Steve réagissait à chaque fois qu'un cinglé se faisait exploser au milieu d'une foule ou que des gens étaient attaqués parce que leurs coutumes étaient différentes.
"C'est pour empêcher cela que je me bats, Buck."
C'était ses mots exacts à chaque fois, suivis ensuite d'un profond désarroi à ne pas avoir été là, de ne pas les avoir sauvés. Bucky savait très exactement le nombre de personnes mourant sur une journée donnée, c'était son travail de le savoir et de s'occuper de chacune d'elles. Et à chaque fois, il répondait au blond :
"Tu ne peux pas sauver le monde à toi tout seul."
Suite à quoi, la mâchoire de Steve se serrait et le "cela ne m'empêchera pas d'essayer" était pleinement visible sur chacun de ses traits.
La Mort leva la tête et regarda le soleil. Il était prêt de onze heures, mais c'était la nuit pour la seule personne qui lui importait. Ils avaient prévu de manger ensemble à midi et de passer ensuite l'après-midi au Smithsonian. Steve avait une passion pour la peinture et il pouvait rester des heures à observer un même tableau. Bucky n'y voyait aucun attrait, à part celui d'être à côté de Steve, ce dernier dégageant joie et sérénité.
La Mort s'y voyait déjà. Mais pour le moment, il avait une tâche à accomplir. Il se transporta dans une autre partie du monde où un glissement de terrain avait emporté plusieurs personnes.
10 mars 2013
La Mort leva les yeux de son dossier lorsqu'il entendit la porte de son bureau s'ouvrir. Neela entra pour leur point journalier. Suite à la mission en Australie et au changement de la nature de sa relation avec Steve - qu'il refusait de totalement définir - la passeuse et lui-même avaient mis en place une organisation particulière : il travaillait non-stop pendant les heures de sommeil de son petit ami (et ce n'était pas définir leur relation que d'utiliser ce terme) ou pendant qu'il vaquait à ses autres occupations. En contrepartie, Neela gérait les heures qu'il passait en compagnie de l'autre homme ou lorsqu'ils partaient en mission.
La passeuse avait un sentiment ambigu au sujet de sa double vie. D'un côté - et elle lui avait fait la remarque plusieurs fois - elle était ravie de le voir profiter un peu de son existence, qu'il puisse sourire et plaisanter plus souvent. Mais de l'autre, elle était profondément inquiète. Ils savaient tous deux que tout ne reposait que sur un mensonge, que ça ne durerait pas.
Bucky ne lui avait pas dit que Steve les avait entendus lorsqu'ils étaient restés coincés sous terre. Ni qu'il savait qu'il y avait quelque chose d'anormal en lui. Il lui cacha également le fait que le blond avait accepté, pour l'instant, de garder ses questions pour lui.
Il se redit pour la centième fois qu'elle n'avait pas besoin de savoir. Lui qui n'avait jamais eu de parents, ni d'enfance, comprenait désormais mieux la mine contrite que certains enfants avaient sous le regard déçu de leurs parents. Neela était la seule à réussir à faire naître cette expression particulière sur le visage de La Mort et elle était toujours accompagnée d'un léger sentiment de honte. Il n'aimait pas ça et il faisait tout son possible afin d'échapper à ce regard.
Son assistante l'avait rejoint près de son bureau et il lui céda sa place, prêt à se rendre sur Terre. Steve devait passer le chercher à seize heures pour l'emmener dans un lieu qu'il avait tenu secret. Il lui avait également demandé de réserver sa soirée, le visage figé et le regard ne se fixant nulle part et surtout pas sur Bucky.
Il essaya de ne pas trop réfléchir à ce que ce comportement pouvait cacher - peut-être que le blond avait atteint le bout de sa patience et allait exiger des réponses – mais cela ne l'empêchait pas d'être inquiet.
Il transmit les dernières informations nécessaires à Neela et se transporta chez lui, vingt minutes avant l'heure dont Steve et lui avaient convenu. Il en profita pour prendre une douche bien chaude, dont il n'avait pas besoin mais qui lui était devenue pratiquement indispensable, et était en train de s'habiller quand l'interphone de son appartement sonna.
Il invoqua le reste de ses vêtements en traversant son salon. Il ouvrit la porte du bas à son petit ami et laissa celle de son appartement entrouverte. Il se dirigea vers la cuisine pour préparer deux cafés, laissant son invité entrer seul et le rejoindre quand il arriverait.
L'odeur de café frais embaumait la pièce lorsqu'il entendit Steve refermer la porte. Il écouta le son de ses pas suivre le trajet que lui-même avait pris un peu plus tôt. Il resta face au comptoir, faisant mine d'être occupé à servir le breuvage dans des tasses, et attendit impatiemment que Steve s'approche, savourant le moment où l'autre se colla à son dos et déposa un baiser à l'emplacement exact où son cou rejoignait son épaule. Il n'avait absolument pas fait exprès de mettre un T-shirt avec un col bas et s'il avait déjà la tête penchée sur le côté afin de donner un meilleur accès au blond, c'était un pur hasard.
Après des millénaires passés sans la moindre proximité physique, personne ne voulait toucher La Mort, Bucky s'était rendu compte qu'il était accro. Pour être plus précis, sa nouvelle addiction se limitait au contact d'une personne bien particulière, une personne présentement en train de glisser ses mains le long de son abdomen et soufflant quelques mots dans son oreille :
"Bonjour, Bucky."
Le ton grave du blond fit naître un frisson au creux de ses reins, frisson qui remonta le long de sa colonne et fit se dresser les cheveux sur sa nuque. Il tourna la tête, capturant les lèvres de son petit ami dans un long baiser.
Quand ils se séparèrent, ils étaient tous deux légèrement essoufflés et les cheveux de Steve partaient dans tous les sens. Bucky décida qu'il aimait ce look et se garda bien de lui en faire la remarque.
Ils burent ensuite leur café et Bucky questionna son invité sur le programme de la journée. Ce dernier refusa de lui répondre et le brun, voyant à quel point ses questions rendaient l'autre homme mal à l'aise, n'insista pas.
Cela ne l'empêcha pas de s'inquiéter. Il n'était pas prêt, pas prêt à répondre à ses interrogations, pas prêt à le voir lui poser un ultimatum, pas prêt à le laisser partir. Il s'était rendu compte il y avait peu de temps qu'il ne serait certainement jamais prêt pour cette dernière partie, mais il ne savait pas comment concilier ce qu'il était avec le besoin de savoir de Steve.
Celui-ci ne lui pardonnerait jamais, ni de lui avoir menti, ni de lui avoir enlevé toutes les personnes auxquelles il tenait. Et c'était sans compter le fait qu'il n'avait absolument pas le droit de parler de ce qu'il était aux humains. Il butait encore et toujours sur les mêmes problèmes et malgré de nombreuses heures passées à y réfléchir, il ignorait encore comment il gérerait tout ça quand le moment arriverait. Lui dire la vérité était impossible.
Chassant ces pensées moroses de son esprit, il finit son café et, lorsqu'il voulut prendre les clés de sa moto, Steve l'en empêcha :
"Pas besoin. Je t'emmène."
Bucky leva un sourcil. Non pas qu'être collé au dos de son petit ami pour une balade lui pose problème, mais ils prenaient habituellement leurs deux véhicules lorsqu'ils sortaient. Quoi qu'ils fassent de leur soirée, chacun rentrait chez soi le moment venu. Ça permettait à l'arrangement que La Mort avait avec Neela de tenir, même si cela le frustrait énormément.
Le blond lui sourit, déposant un rapide baiser sur ses lèvres avant de lui prendre la main et de l'attirer dehors. L'air était froid et humide, il avait plu une bonne partie de la journée, mais le ciel s'était dégagé depuis peu.
La Harley de Steve les attendait sur le trottoir et Bucky s'empressa de s'installer derrière son heureux propriétaire. Il s'approcha bien plus que nécessaire et glissa très lentement sa main droite sur les abdominaux du pilote. Il fut récompensé par une accélération significative de son rythme respiratoire. Le sourire aux lèvres, il attrapa le lobe de l'oreille de son petit ami avec ses dents, puis lui dit, d'un ton le plus lascif possible :
"Je suis prêt, c'est quand tu veux, Stevie. Montre moi ce qu'est capable de faire l'engin que tu as entre les jambes."
Steve émit un grognement mais enclencha la première. Alors qu'il allait démarrer, il se tourna légèrement vers son passager :
"Tu comptes me faire regretter d'avoir voulu garder notre destination secrète ?"
Bucky prit sa mine la plus innocente :
"Moi ? Bien sûr que non ! Comme si c'était mon genre."
"C'est justement ce qui m'inquiète."
Le blond lança la moto sur le macadam mouillé, faisant attention à ne pas rouler dans les flaques les plus importantes. Il guida le véhicule avec brio à travers la circulation de Washington et, très rapidement, Bucky se laissa bercer par les mouvements de son petit ami. Il posa la tête sur son épaule, là où il pouvait entendre son cœur battre, la main droite serrée sur le T-shirt que Steve portait sous son pull et sa veste en cuir. Il prit garde, comme toujours, de laisser son bras gauche éloigné, le posant cette fois sur sa propre cuisse.
Quand ils quittèrent la ville, Steve lâcha une des poignées, glissant sa main ainsi libérée le long du bras de Bucky, sous son propre pull et rejoignant celle qui était déjà là. Il entrelaça leurs doigts brièvement avant de récupérer une prise plus sécurisée sur son guidon.
Le brun avait eu dans l'idée de profiter de sa position et du fait que Steve était occupé pour le chauffer un peu, mais les mouvements de la moto et la chaleur qu'émettait le blond avaient un effet relaxant. Il laissa rapidement tomber son idée initiale.
De toute façon, son érection évidente et pressée contre les fesses de son petit ami devait lui donner assez d'idées sans qu'il ait besoin d'en rajouter. Il avait dit que la balade était relaxante, pas qu'il était mort, il y avait certaines choses que même lui ne pouvait contrôler.
En définitive, le trajet dura une heure et ils s'arrêtèrent auprès de ce qui semblait être un circuit privé, perdu au milieu d'une forêt. Le soleil était déjà bas et la piste était éclairée par de nombreux projecteurs. Bucky leva un regard interrogatif vers Steve et celui-ci se contenta de lui sourire, lui saisissant le poignet et l'entraînant vers l'entrée du seul bâtiment visible.
Une jeune femme les y attendait et elle s'approcha, la main tendue :
"Monsieur Rogers, je suis Mélanie Twin, c'est moi que vous avez eue au téléphone. Je suis ravie de faire enfin votre connaissance."
Steve lui serra la main, son sourire à deux doigts d'éblouir la pauvre femme. Elle se tourna ensuite vers Bucky, lui serrant la main également, puis reprit la parole :
"J'ai quelques papiers à vous faire signer avant de commencer. Si vous voulez bien me suivre."
Ils quittèrent le hall de réception pour l'escorter dans un bureau. Les murs étaient recouverts de photos et de posters de voitures et de motos mythiques et Bucky s'approcha de certaines pour les étudier.
Il se retourna lorsque Steve l'appela. Ce dernier lui tendit un stylo et un document, lui demandant de signer. Le brun regarda la feuille de papier : il s'agissait d'un contrat de confidentialité, lui interdisant de parler à quiconque de ce qu'il verrait aujourd'hui. Il fronça les sourcils - qu'est-ce que c'était que cette histoire ? - mais le sourire de son amant eut tôt fait de le décider.
À peine avait-il apposé sa signature que le blond le tirait en dehors de la pièce, la jeune femme les suivant à une allure plus lente. Ils entrèrent dans ce qui devait être la zone de stockage des véhicules et Steve le fit avancer de quelques pas avant d'allumer la lumière.
Bucky émit un sifflement d'appréciation en découvrant les quatre Harleys qui attendaient patiemment dans le hangar. Il se tourna vers son petit ami qui le regardait, un immense sourire aux lèvres et sautillant pratiquement d'excitation.
"C'est pour toi. Tu peux toutes les essayer. Deux des plus anciens modèles font partie du musée de la marque, ce sont sûrement les deux dernières en état de marche, la troisième est leur moto la plus rapide, jamais commercialisée car trop puissante et la dernière est un prototype en cours de développement."
Bucky dut cligner des yeux plusieurs fois. Il n'était pas certain de comprendre, mais ce n'était pas important parce que Steve le poussait par les épaules, lui demandant par laquelle il voulait commencer.
"Tu choisirais laquelle, toi ?"
Le blond montra du doigt la moto la plus à gauche :
"J'ai du casser plusieurs modèles de celle-là. Belle machine, elle n'avait juste aucune chance contre une porte de bunker. Essaie de la rendre sans la moindre égratignure."
Bucky s'approcha du véhicule, et après s'être installé et avoir démarré le moteur, il s'élança sur la piste.
ooOoo
Le soleil était couché depuis deux heures lorsqu'ils quittèrent le circuit. Bucky avait passé tout ce temps sur les différentes motos et, même s'il ne comprenait pas ce qui avait piqué Steve de lui préparer une surprise pareille, il en avait profité à fond.
Avant qu'ils ne remontent sur la Harley du blond, celui-ci lui demanda :
"Cela t'a plu ?"
"Plu ? Tu poses vraiment la question ? Bien entendu que ça m'a plu. D'ailleurs comment as-tu réussi à organiser cela ?"
Steve haussa les épaules, rougissant :
"Être Captain America a ses propres avantages."
Bucky s'appuya sur le blond, l'embrassant longuement. Quand il se séparèrent, il murmura :
"Merci Stevie."
"De rien, Buck. Viens, rentrons. Je meurs de faim."
Le retour se passa exactement comme l'aller et il fut surpris de voir que Steve se dirigeait vers son quartier plutôt que vers l'appartement du brun. Il se demandait encore quelle idée avait son petit ami quand ils quittèrent l'ascenseur à son étage.
Lorsque Steve ouvrit la porte de son appartement et qu'ils entrèrent, ils furent accueillis par des cotillons et un énorme "SURPRISE". Il regarda avec stupeur Stark, accompagné d'une femme blonde qu'il ne connaissait pas, s'approcher de lui pour le serrer brièvement dans ses bras. Puis Barton fit de même et Natasha déposa un baiser sur sa joue. Hill lui serra la main, ainsi que le docteur Banner.
Ce ne fut que lorsque ses yeux tombèrent sur l'énorme bannière accroché au plafond et proclamant en lettres colorées "JOYEUX ANNIVERSAIRE" qu'il comprit à quoi tout cela rimait : c'était la date d'anniversaire qu'il avait défini pour James Buchanan Barnes et Steve avait mis la main, il ne savait pas comment, sur cette information.
Ils avaient décidé de garder la nature exacte de leur relation secrète, même s'ils savaient tous deux que c'était peine perdue avec Natasha, et Bucky trouva extrêmement difficile de se retenir de se jeter sur son petit ami pour l'embrasser. À en croire le sourire entendu du blond, il le savait parfaitement et avait compté dessus.
Il réussit quand même à le prendre dans ses bras et à lui murmurer un merci avant de rejoindre les autres invités.
La soirée dura jusqu'à une heure du matin, Stark étant le dernier parti, après que la femme blonde, Pepper Potts avait-il appris, l'ait fait sortir en le tirant par l'oreille. Il ne resta que Steve et lui, installés sur le sofa, une dernière bière à la main.
Bucky observa la banderole qui ne tenait plus que part une extremité. Ce n'était pas réellement son anniversaire, mais il avait passé une magnifique journée et il pouvait remercier son amant pour cela.
C'est d'ailleurs ce qu'il se décida à faire. Il posa sa bouteille sur la table et s'installa à califourchon sur les jambes de Steve. La main qui ne tenait pas la bière atterrit immédiatement sur sa cuisse et remonta jusqu'à sa hanche. Bucky se pencha et embrassa le blond lentement. Il n'était pas pressé et comptait bien profiter au maximum de son dernier cadeau d'anniversaire.
Il attrapa la bouteille que Steve tenait maintenant d'une manière un peu trop précaire et il se pencha et la plaça sur la table. Son petit ami profita de sa position pour glisser une main sous son T-shirt, laissant une sensation de chaleur intense partout où il passait.
Quand Bucky reprit sa position initiale, il déposa une série de baisers le long de la mâchoire du blond avant de mordre le lobe de son oreille. Il murmura ensuite :
« Merci Stevie. C'est la meilleure fête d'anniversaire que j'aie jamais eue. »
Ce n'était techniquement pas un mensonge et Bucky était vraiment très reconnaissant que son amant ait fait tous ces efforts afin de lui faire passer une superbe journée. Il plaça plusieurs suçons dans le cou du blond et se recula légèrement pour observer son œuvre. Il adorait ses marques, pleinement visibles sur la peau claire, et il pensa qu'il était dommage qu'aucune d'entre elles ne tienne plus longtemps que le matin.
Sans compter que Steve adorait tout autant les porter. Il avait maintenant les deux mains sous le T-shirt du brun et il l'attira vers lui pour un baiser passionné. Bucky le laissa envahir sa bouche de sa langue, suivant le rythme imposé par le blond. Il sourit contre les lèvres pressées contre les siennes quand il sentit les hanches de ce dernier se soulever.
« Tu as besoin de quelque chose, Stevie ? »
Le blond appuya sa paume sur l'érection de son petit ami :
« Je ne suis pas le seul, on dirait. »
Steve ouvrit le bouton du pantalon du brun et lorsqu'il attrapa la fermeture éclair pour la descendre, Bucky l'arrêta :
« Patience. C'était quoi déjà ce texte horrible qu'ils t'ont fait réciter sur cette vidéo ? »
Steve grogna, il n'aimait pas qu'on lui rappelle cette série de films.
Pour se faire pardonner, Bucky se laissa glisser un peu plus profondément sur les jambes du blond. Il passa ses doigts dans ses cheveux, attirant sa bouche contre la sienne. Ils grognèrent tous les deux lorsque Bucky laissa tout son poids presser leurs verges l'une contre l'autre, à travers le tissu de leurs pantalons.
Les deux mains de Steve étaient de retour contre la peau de son ventre et elles montaient toutes deux en direction de ses épaules, emmenant avec elles le vêtement qui le recouvrait encore. Il leva les bras, laissant le blond lui enlever le T-shirt. Ce n'était pas la première fois qu'il se retrouvait torse nu devant l'autre homme et, comme d'habitude, le regard de Steve suivit la démarcation entre le bras métallique et la chair de Bucky.
Il avait été gêné les premières fois, ne sachant que faire de la multitude de sentiments qu'il voyait passer dans les yeux de son amant. Maintenant, il laissait le blond regarder tout le temps nécessaire. Il plaçait la frontière de l'acceptable au toucher. Il refusait que Steve touche son bras. Il ne savait pas quel effet cela pourrait avoir, il ne voulait pas sectionner le lien entre son âme et son corps par erreur.
Ils avaient un accord tacite et son petit ami ne poussait habituellement pas sur ce sujet. Sauf ce soir apparemment. Lorsqu'il avança la main vers l'épaule de Bucky, ce dernier lui saisit le poignet :
"Non, Steve."
Les yeux bleus qui plongèrent dans les siens étaient intenses :
"Laisse-moi te toucher. C'est une partie de toi."
C'est bien le problème, mon vieux. C'était bien plus qu'une partie de lui, c'était lui : sa raison d'être, sa mission, la source de son pouvoir. La cause de sa dangerosité et de toutes les pertes qu'il avait infligées à Steve. Plus le blond en était loin, mieux c'était.
Il secoua la tête et pendant quelques instants, il crut que son amant allait insister. Bucky se surprit à prier Sa Grandeur : pas ce soir, pas ce soir, pas ce soir.
Il avait dû être entendu, parce que Steve laissa sa main retomber sur la cuisse de Bucky en demandant :
"Je dois ajouter ça à toutes les questions auxquelles tu ne veux pas répondre ?"
"Vouloir n'est pas le problème, je ne peux pas."
Ce n'était pas tout à fait vrai, mais Steve n'avait pas besoin de le savoir. Le visage du blond devint inquiet :
"Tu n'es pas en danger ? Je veux dire, tu n'es pas en train de fuir une organisation secrète maléfique qui veut te récupérer à tout prix, te conditionner et t'utiliser afin de commettre leurs méfaits contre la liberté ?"
Comme si quoi que ce soit dans cet univers était capable de le retenir ou de le blesser. Seul Le Créateur avait ce pouvoir. Mais l'idée de Steve était bien trop détaillée pour être une parole en l'air. Bucky lui sourit, se penchant pour l'embrasser. Avant que leurs lèvres ne se touchent, il murmura, le rire évident dans son ton :
"C'est ce que tu penses ? C'est une des hypothèses qu'a forgées ton cerveau ? Tu as vraiment une imagination galopante."
"Je suis sérieux, Buck. Tu n'es pas en danger ?"
Il se recula de nouveau, regardant son amant droit dans les yeux :
"Je ne suis pas en danger. Du moins, pas plus que toi lors de tes missions. Maintenant, arrête de t'inquiéter et laisse-moi te remercier pour ce superbe anniversaire."
Heureusement pour lui, Steve obéit sans attendre, embrassant chaque parcelle de peau qu'il arrivait à atteindre pendant que ses deux mains, sur les hanches de Bucky, guidaient ses mouvements. Le brun agrippa le dossier du canapé, de chaque côté de son petit ami, et se laissa submerger par les sensations.
Ce n'était pas la première fois qu'ils s'adonnaient à ce genre d'activités. Juste après leur retour d'Australie, ils s'étaient trouvés tous les deux dans la même cabine de douche dans les vestiaires du SHIELD, mais pour l'être millénaire qu'était La Mort, cela restait tout neuf.
Son corps n'en était pas réellement un, il ne ressentait pas vraiment les choses : le froid, le chaud, la soif et la faim ne le gênaient pas, il n'avait pas besoin de manger (même s'il appréciait ça) ni de dormir. La douleur physique était un concept qui lui était étranger. Et il n'avait jamais ressenti de désir non plus, il n'était même pas certain que son enveloppe y réagisse.
Il avait donc été surpris de l'intensité de sa réaction lorsque Steve l'avait embrassé la première fois. Moins que lorsque le blond était entré dans sa douche, mais il se souvenait avec acuité de l'accélération de son rythme cardiaque et de sa respiration, du foyer de chaleur qui semblait avoir pris naissance dans le bas de son ventre et du fait que son pantalon était devenu en quelques secondes beaucoup trop serré.
Comme c'était le cas maintenant. Il lâcha le dossier de sa main droite, comptant sur Steve pour continuer à le soutenir et il finit d'ouvrir son pantalon avant de s'attaquer à celui du blond. La pression se relâcha légèrement, mais leur position actuelle ne permettait pas de faire mieux. Entre deux baisers, Bucky haleta :
"Trente secondes, Steve. Arrête-toi trente secondes."
Les mains de son amant resserrèrent leur étreinte pour bloquer toute tentative d'éloignement. Il accéléra leur rythme et sa voix avait une note plaintive :
"Reste ici. Je suis si proche. Une minute."
"Imagine comme cela serait mille fois mieux avec ma main autour de ta queue."
Eh oui, La Mort savait dire des obscénités, et il avait très vite découvert que cela avait un effet surprenant sur l'icône de la droiture et de la pureté américaine. Les pupilles de son petit ami se dilatèrent au point de pratiquement faire disparaître le bleu, et il lâcha Bucky comme si ce dernier l'avait brûlé. Il était déjà en train de descendre frénétiquement son jean et son boxer le long de ses cuisses avant même que le brun n'ait eu le temps de totalement quitter sa place.
Sa paire de bottes l'empêcha d'enlever entièrement son pantalon et il se demanda brièvement si Steve se rendrait compte s'il les faisait simplement disparaître.
Tout processus de réflexion s'arrêta net lorsqu'il sentit sa verge se faire engouffrer dans une véritable fournaise. Il baissa les yeux et grogna à la vue de son amant, toujours assis sur le canapé mais penché en avant, en train de le sucer. Il grogna une seconde fois quand la langue du blond fit le tour de son gland. Il était proche de l'orgasme, beaucoup trop d'ailleurs, et ce n'était absolument pas son plan. Il saisit les cheveux de Steve et l'éloigna à contrecœur.
Steve gémit de dépit, mais Bucky scella leurs lèvres dans un long baiser. Il prit le risque et fit disparaître ses bottes, son jean et ses sous vêtements. Il repoussa son amant jusqu'à ce qu'il s'appuie à nouveau sur le dossier du sofa et reprit sa position sur ses jambes. Immédiatement, les mains du blond retrouvèrent leur place sur ses hanches et bientôt leur rythme devint frénétique.
Bucky saisit leurs deux érections et il lui suffit de quelques mouvement de va-et-vient de sa main pour que Steve se fige, tous ses muscles se contractant sous l'effet de son orgasme. Le grognement grave qui l'accompagna fut suffisant pour déclencher celui de Bucky. Il se laissa envahir par les vagues de plaisir, n'arrêtant le mouvement de sa main que lorsque la dernière petite goutte quitta son corps.
Il laissa ensuite tomber sa tête sur l'épaule de son amant et il restèrent ainsi un long moment, récupérant leur souffle.
Le blond fut le premier à réussir à parler :
"J'espère que ton anniversaire t'a plu ?"
Bucky hocha de la tête depuis sa position, n'ayant pas encore la force de se redresser. Steve paraissait incertain quand il continua :
"Je me suis dit que tu pourrais peut être rester ici cette nuit."
Ce n'était pas vraiment une question, sauf que cela l'était. Son petit ami lui avait déjà tendu des perches sur le sujet, mais Bucky n'y avait jamais répondu, faisant mine d'ignorer le sous-entendu. Cette fois, cette méthode ne fonctionnerait pas.
Il ne pouvait pas rester. Il était attendu par ses équipes et des âmes avaient besoin d'être libérées. Sans compter qu'il ne se faisait pas confiance s'il devait partager un lit avec Steve. C'était peut-être idiot, avec toutes les différentes manières dont ils s'étaient fait jouir mutuellement ces derniers mois, mais l'idée de passer la nuit dans le même lit que lui, de ce qu'il se passerait forcément, le mettait mal à l'aise. Ce niveau d'intimité et de confiance, alors qu'il mentait constamment, était une étape qu'il ne voulait pas franchir.
Il releva la tête et déposa un baiser au coin des lèvres de Steve avant de répondre :
"Je vais rentrer chez moi."
La peine et l'incompréhension bataillaient dans les yeux du blond :
"Pourquoi ? Je ne comprends pas, il est tard et tu n'as même pas ta Harley."
Il déposa un second baiser sur ses lèvres cette fois.
"J'ai mes raisons. Je vais prendre un taxi."
Quand il fit mine de se relever, Steve le retint par la taille :
"Toujours les mêmes raisons ?"
La colère apparut sur les traits de son petit ami quand il acquiesça. Son ton était dur lorsqu'il parla à nouveau :
"J'en ai plus qu'assez, Buck. Quand est-ce que tu me feras assez confiance pour m'expliquer ?"
"Ce n'est pas une question de confiance."
"Si c'en est une. Tu l'as dit toi-même, tu n'es pas en danger. Je ne vois pas ce qui peut t'empêcher de me répondre."
Il commençait vraiment à être à court d'arguments.
"C'est plus compliqué que ça. Il y a des choses dont tu ignores tout et il vaut mieux que cela continue ainsi."
"Des choses comme des femmes capables d'entrer et de sortir sans problème d'un lieu enseveli sous plusieurs tonnes de gravats ? Des choses comme le fait que tu ne sois jamais blessé ? Des choses comme tes vêtements qui disparaissent ?"
Merde ! L'expression qu'il devait arborer sur le visage dut attiser la colère du blond car sa voix devint vicieuse :
"Tu me prends vraiment pour un idiot ! Ou tu penses que je suis aveugle. Ou que j'ai la mémoire qui flanche."
Steve avait l'air lancé et Bucky ne voulait pas réitérer leur dispute de juin dernier. Il saisit le visage du blond et écrasa ses lèvres avec les siennes. Dans un premier temps, il craignit que son petit ami ne lui rende pas son baiser, mais après quelques secondes d'hésitation, il sentit la langue de son amant réclamant accès à la sienne. Il obéit sans hésiter. Il n'y avait aucune finesse, ni aucune passion dans leur baiser. Juste un profond désespoir, ils n'avaient plus beaucoup de temps et ils le savaient tous les deux. Steve le confirma avec ces mots suivants :
"Je ne tiendrai plus longtemps, Bucky. J'essaie, mais tu ne peux pas me demander d'ignorer tout cela indéfiniment."
"Je sais. Encore un peu, s'il te plaît."
Steve soupira et hocha la tête, les yeux tristes :
"Encore un peu."
Pour la première fois de son existence, La Mort se trouva face à une échéance. Et cette date approchait bien trop vite. Il n'était pas prêt à perdre Steve, ne le serait probablement jamais, et il rêva d'avoir un pouvoir quelconque sur le temps qui passait.
