Chapitre 9: Mélusine
14 Juillet 1994, Manoir Malefoy, quelque part en Angleterre, après-midi
Pendant ce temps là, Narcissia était partie appeler la médicomage de la famille par poudre de cheminette. Il fallait que celle-ci examine Gabriel dans le cas, plus que probant, où il lui faudrait des soins. Celle ci arriva environ 15 minutes après qu'elle ait été appelée par les Malefoy. C'était une femme d'un âge mur, très compétente mais aussi très sévère avec ses patients quand ils ne suivaient pas ses consignes. Mais surtout, elle était au service de la famille Malefoy depuis des années. C'était elle qui avait mis Drago et Gabriel au monde, et elle savait très bien garder les secrets de la famille. Pour tout dire elle était tellement discrète que nul, à part les Malefoy et elle-même bien entendu, ne savait qu'elle travaillait en tant que médicomage familiale pour eux.
Mme Pinjohn, puisque tel était son nom, fut fort surprise de voir que c'était Narcissia en personne qui vint lui ouvrir la porte et non pas un elfe de maison. Mais cela ne signifiait en même temps qu'une seule chose pour la médicomage : l'affaire était visiblement inquiétante pour les parents. Elle suivit la femme blonde dans le manoir, puis dans les escaliers qui menaient à l'aile dans laquelle se situait la chambre de Drago. Cependant qu'elle ne fut pas sa surprise en apercevant le jeune adolescent debout, l'air parfaitement sain, à côté de la monture de porte de la chambre voisine à la sienne, ne sachant visiblement pas s'il était habilité à y rentrer ou non.
Mme Pinjohn était très curieuse et surprise de ces évènements inhabituels qu'elle rencontrait aujourd'hui chez les Malefoy. Si ce n'était pas le jeune Drago qui était malade pourquoi la faire venir en urgence dans la partie du bâtiment où se situait uniquement sa chambre ?
La réponse à sa question intérieure lui sauta aux yeux quand elle pénétra dans la petite chambre bleue et vert pâle. Un petit garçon blond était assis dans un des coins de la pièce les genoux repliés vers lui et sa tête posée dessus, de façon à ce qu'on ne distingue pas son visage. Tandis que Lucius était accroupi à 3 mètres de l'enfant, complètement désemparé, n'osant visiblement pas s'en approcher plus.
Bonjour Mélusine, merci d'être venue aussi vite, comment allez vous ? demanda t il d'un ton amicale, se levant en l'entendant approcher.
Mélusine appréciait beaucoup les Malefoy et tout particulièrement Narcissia et Draco, l'enfant pour l'avoir mis au monde et l'avoir toujours soigné depuis son plus jeune âge, et la femme pour l'avoir accouchée deux fois de suite et l'avoir eut en tant que patiente régulière ces dernières années pour dépression nerveuse. Mélusine était en effet l'une des rares personnes, pour ne pas dire la seule, à savoir comment étaient réellement les Malefoy sans leurs masques de froideur et combien la disparition de leur second enfant les avait affectés. Pour être tout à fait honnête, cela l'avait affectée elle-même.
Elle répondit donc avec le même ton de bonne amie à l'homme blond :
Très bien Lucius, je vous remercie. Que me vaut donc le plaisir de vous rendre visite ?
Lucius se tourna à demi vers l'enfant prostré qu'il désigna d'un signe de la main, et dit lentement :
C'est à propos de Gabriel.
/GM/
Mélusine le fixa un moment incrédule, puis elle tourna son regard chocolat vers Narcissia et enfin Draco, avant de revenir sur Lucius.
Gabriel ? répéta-t-elle incrédule.
Nous l'avons retrouvé, dit alors simplement le maître de maison. Il y a seulement quelques heures et il ne va pas très bien, nous avons pensez que… Vous seriez la plus apte à l'examiner. Il est plutôt déboussolé.
Y'a de quoi ! s'exclama la médicomage qui elle même ne savait pas trop quoi penser.
Oui, admis Lucius, je pense que le plus simple est que nous vous mettions au courant tout de suite de ce que nous savons déjà.
Que voulez vous dire ?
Pas ici, répondit l'homme en désignant l'enfant. Suivez moi, il n'y a en a que pour quelques secondes.
Mélusine était vraiment surprise mais elle suivi Lucius dans la chambre voisine, celle de Drago, le garçon restant dans celle où se trouvait sa mère et son frère.
Je vais être direct, dit alors l'homme qui semblait lui même déboussolé et en colère contre quelque chose. Drago a trouvé hier, totalement par hasard dans un livre sorti cette année, une formule permettant de retrouver un enfant perdu et/ou enlevé lorsque celui ci portait une amulette de protection.
Vous avez bien fait de respecter cette tradition, dit alors Mélusine en se rappelant avoir vu les Malefoy poser un collier de ce type sur leurs deux enfants alors qu'ils avaient seulement quelques heures.
Oui… enfin voilà. Notre petit Gabriel a été élevé par une famille moldue. Je l'ai récupéré tout à l'heure sans que personne ne le sache parce que…
Quoi ? Vous ne pouvez pas faire ça Lucius, sa famille d'accueil va s'inquiéter !
Laissez-moi finir Mélusine ! trancha l'homme d'un ton catégorique. Je l'ai récupéré uniquement parce que j'ai découvert que sa « famille » n' était pas correcteavec lui, sinon pensez bien que j'aurai voulu lui éviter ce choc !
Qu'entendez vous par incorrecte ?
Ils l'ont battu et violé, dit l'homme d'un ton triste en regardant le mur conjoint à la chambre où se trouvait l'enfant.
Mélusine porta une main en signe d'effroi à sa bouche.
Comptez sur moi, dit elle alors d'une voix blanche mais déterminée, je vais l'examiné attentivement. Et je ne dirais rien.
Ça va aller Lucius, dit-elle d'un ton rassurant en posant une main sur l'épaule de l'homme qui aurait pu être son fils u vue de leurs âges respectifs.
La médicomage repassa dans la pièce d'à côté et fit un signe de tête à Lucius et Narcissia pour qu'ils sortent voir Draco resté à la porte ; la laissant seule avec Gabriel.
Elle s'accroupi à deux mètres de l'enfant qui ne semblait pas avoir plus de 10 ou 11 ans et lui parla d'une voix douce.
Bonjour poussin, je m'appelle Mélusine je suis médicomage, tu veux bien relever la tête s'il te plait ?
L'enfant obéit docilement, révélant son visage doux et son regard violet.
Mélusine lui fit un petit sourire et continua de son ton calme et doux pour ne pas l'effrayer.
Tu as de jolis yeux mon poussin tu sais ça ? Est ce que tu veux bien que je m'assoie avec toi ici ?
L'enfant l'observa un moment avant d'acquiescer lentement.
Merci. dit alors Mélusine en s'asseyant à même le sol.
Comme je te l'ai dis je m'appelle Mélusine et je suis médicomage, c'est comme les médecins, précisa t elle en se souvenant que Lucius lui avait dit qu'il avait été élevé par des moldus. Tu ne le sais pas, mais figures toi que je t'ai vu naître bonhomme, c'est moi qui est accouchée ta maman, la jolie dame blonde de tout à l'heure. Et j'ai aussi mis au monde ton grand frère Drago, le jeune garçon tu vois de qui je parle ?
L'enfant acquiesça de nouveau silencieusement.
Dis poussin, les gens que tu as vu tout à l'heure ont des raisons de penser que tu pourrais être blessé, et moi je suis médecin tu vois, donc ils m'ont demandé de venir te voir. Tu veux bien que je t'examine ?
Le regard violet ne la quitta pas un instant mais aucune réponse venant du jeune garçon n'arriva.
Ça ne fais pas mal tu sais, ça ne dure même pas longtemps. Tu sais quoi ? Tu n'as cas fermer les yeux et quand je te dirai de les rouvrir ça sera fini, es tu d'accord? tenta la médicomage avec une approche différente. Je ne vais pas bouger d'où je suis, je ne te toucherai même pas, ça te va ?
L'enfant ne dit toujours rien mais au bout d'une longue minute, il ferma doucement les yeux, donnant ainsi un accord tacite.
La médicomage ne perdit alors pas un seul instant et lança sur lui plusieurs sorts de diagnostiques poussés, cela lui prit bien vingt minutes pour pouvoir étudier toutes les pistes possibles. Puis elle lança un léger sort de sommeil sur l'enfant, qui s'endormi immédiatement. Profitant de ce lapse de temps qu'elle savait court si elle voulait que l'enfant ne se doute de rien, elle avança jusqu'à lui, le déshabilla d'un coup de baguette magique et observa les différentes marques de coups et cicatrices qui parsemaient sa peau laiteuse. Puis, ayant tout noté sur une fiche qu'elle remit dans sa poche, elle rhabilla le garçon d'un mouvement de baguette, retournant à la place exacte où elle était quelques instants plutôt, se rassis dans la position qui était la sienne en premier lieu, puis leva le sort de sommeil de sur l'enfant.
Tu peux rouvrir les yeux c'est fini, dit elle alors de sa voix calme.
Gabriel rouvrit les yeux et, comme elle l'avait prévu, ne se souvint pas de s'être assoupis quelques minutes pour qu'elle l'examine vraiment de près.
Merci mon chéri. Tu m'as bien aidée. Tu n'as pas eu mal tu vois ? Bien, je vais aller voir Lucius et Narcissia, le monsieur et la dame de tout à l'heure, tes deux parents, maintenant d'accord ? Je repasserais te dire au revoir après d'accord ? A tout à l'heure.
Mélusine sorti de la pièce pour constater que les trois autres Malefoy l'avaient attendue dans le couloir. Narcissa était accroupi sur le sol, tenant Draco contre elle et lui caressant doucement les cheveux d'un air songeur, tandis que le père de famille était appuyé contre un pan du mur, une jambe repliée contre celui ci et les bras croisés sur sa poitrine, regardant le sol. La médicomage se racla légèrement la gorge attirant leur attention à tous les trois.
Drago, tu veux bien aller surveiller Gabriel ? dit-elle alors à l'adolescent qui acquiesça lentement en entrant dans la chambre. Je pense qu'il nous faudrait un endroit calme pour parler, continua-t-elle à l'adresse des adultes.
Lucius acquiesça et entraîna la médicomage et sa femme dans son bureau.
Bon allez droit au but s'il vous plait, dit alors Lucius de but en blanc. Cela ne nous avancera pas de tourner autour du pot.
Bien, dit alors Mélusine, pas étonnée le moins du monde de cette requête connaissant bien les Malefoy. Tout d'abord, j'ai lancé un sort de diagnostique à Gabriel pour ce qui concerne le viol dont vous m'avez parlé Lucius. Les nouvelles ne sont guères réjouissantes. Déjà il n'y a pas eu un mais des viols, mais je pense que vous vous en doutiez. Je peux estimer les premières cicatrices internes dues à ces viols comme datant de 8 ans. Il a donc était violé la première fois à l'âge de 5 ans environ. Je peux affirmer que ces viols ont été très réguliers pendant au moins 4 ans, je dirai au moins une fois par semaine mais cela peut être plus, je ne me base que sur des cicatrisations plutôt vieilles maintenant. Puis j'ai constaté une accalmie dans les cicatrices pendant environ deux ans. Je pense que si viols il y a eut pendant cette période, ils ont dus être plus rares, plus espacés, peut être même complètement suspendus. En revanche, je suis sûre à cent pour cent qu'ils ont repris il y a de ça presque 3 semaines, soit le début de l'été. Peut être Gabriel était il en pension pendant l'année scolaire ou ces agressions étaient elles simplement plus rares mais… Lucius, Narcissia, ces trois dernières semaines ont certainement été les pires dans la vie de votre fils. J'affirme sans aucun doute possible qu'il a été violé quotidiennement et même plusieurs fois par jour ces dernières semaines et d'une manière beaucoup plus violente et brutale qu'au paravent, ou peut être que sa magie avait minimisé les conséquences avant je ne peux pas l'affirmer. Mais ce dont je suis sûre c'est qu'en ce moment même Gabriel a de très graves blessures internes qui nécessitent des soins immédiats, je lui en ai déjà administrés quelques uns mais rien qui tiendra éternellement. Si on veut éviter l'hémorragie interne il faudra qu'il reste allongé au mois trois semaines sans bouger et avec un nombre important de potions de soin à avaler, je vais toutes vous les prescrire en sortant d'ici. Autre chose : son dos, son bassin, ses bras et ses jambes ne porte pas de bleus défensifs, seulement offensifs…
Ce qui veut dire ? interrogea Lucius, Narcissia se contentant d'écouter, devenant de plus en plus livide à chaque nouvelle information.
Ce qui veut dire que Gabriel ne se débattait pas pendant ses viols.
Pardon ? s'exclama Lucius. Mais c'est complètement absurde ! Qui se laisserait violer ainsi ?
Je pense que c'est tout à fait logique au contraire Lucius. Mettez vous deux seconde à la place de cet enfant, on le viole à répétition depuis qu'il a cinq ans ! Et, que cela soit morale ou pas, il a fini par si habituer. Et certainement que s'il se débattait son violeur devenait encore plus brutal avec lui, ne pas se débattre le protégeait en quelque sorte. Et puis cet enfant est sous alimenté, bien trop petit et maigre pour son âge, on lui donne à peine 10 ans de visu. Comment voulez-vous qu'il puisse se défendre un tant soit peu face à un adulte ? C'est là tout le problème des enfants victimes de viols à répétition en plus d'autres abus, ils sont totalement soumis. Un jeune enfant, pas très jeune disons un pré adolescent ou un adolescent, qui se fait violer une fois deviendra très agressif face aux premiers adultes qu'il rencontrera, se mettant automatiquement sur la défensive, ne supportant pas qu'on le touche. Pour Gabriel, qui est un enfant violé régulièrement depuis huit ans, se faire violer par un adulte, même de façon plus brutale qu'au paravent, sera normal. Je ne dis pas qu'il apprécie cela, ne vous méprenez pas. Seulement il s'attendra toujours plus ou moins à ce qu'un adulte en sa présence, surtout un homme, finisse lui aussi par le violer car il n'aura connu que ça. Me comprenez vous ?
Je pense, dit alors Lucius en pâlissant encore un peu plus. Est ce qu'il s'en remettra ?
En partie ? Peut être, mais jamais totalement. Il restera forcément marqué à vie. La seule chose que vous pouvez faire pour lui c'est l'aider à combattre ses démons et le protéger au mieux. Il faut vous attendre à ce que Gabriel soit un enfant très sensible, le moindre changement de ton dans votre voix, le moindre éclat de voix, la moindre agressivité il l'a prendra pour lui forcément. Même si ce n'est pas le cas. Il risque aussi d'être particulièrement docile, voire soumis. Il ne contestera pas votre autorité, de peur que vous le punissiez comme le faisait son tuteur jusqu'à présent. Il est aussi possible que des phrases qui vous paraîtrons anodines le pétrifie car c'est ce que lui disait son violeur après ou pendant ses viols. Vous l'avez compris cela va être très long et très compliqué, mais si vous êtes soudés, il s'en sortira. Il n'a que treize ans et si les 13 première années de sa vie se résume à un enfer, vous pourrez encore l'aider à devenir un adulte équilibré même si cela va être dur, il ne faut surtout pas que vous désespériez.
Bien, y a t il autre chose que nous devrions savoir ou faire ?
Oui, il faudra veillez à ce qu'il s'alimente bien et à son morale. Si tant qu'il était dans son ancienne famille il savait qu'il allait être violé et n'avait donc aucun espoir, le fait d'être maintenant dans la votre, ou vous ne lui ferez pas ça va le perturber un moment. Je vous l'ai dit, il ne tient pas à se faire violé mais s'y attend forcément. Et une fois cette phase de la crainte passée, il y a de très forte chances qu'il entre dans une profonde dépression, là aussi se sera à vous de la voir, car il ne se confira pas forcément. Veillez donc à ce qu'il s'alimente et dorme correctement, mais aussi à lui laisser assez d'air et de liberté, le surprotéger ne l'aidera pas forcément à s'en sortir, bien au contraire. Enfin une dernière chose, j'ai remarqué que ce petit bonhomme ne parlait pas. Savez vous par hasard si c'était le cas avant ?
D'après le voisinage il parlait, peu, mais il parlait. Jusqu'au mois de juin c'est sûr.
D'accord, je pense donc à un blocage du langage dans ce cas. Entre les viols plus brutaux et plus répétitifs, le déracinement de sa famille, l'arrivée dans la votre et la découverte du monde magique, il est normal que Gabriel soit perturbé. Je pense que ça se débloquera tout seul d'ici quelques temps. Cela peut prendre plusieurs mois tout de même, mais si au bout de six mois il ne reparle toujours pas il faudra l'y forcé. Vous sentez vous prêt à endurer tout ça ?
Narcissia qui n'avait pas parlé jusque là se leva de son siège , un air déterminé peint sur son visage doux :
Oui nous y arriverons, nous avons recherché notre bébé pendant treize ans nous n'allons pas abandonner maintenant que nous l'avons enfin retrouvé et qu'il à besoin de nous !
Mélusine acquiesça satisfaite, tant qu'il y aurait cette volonté chez les deux parents et le frère de Gabriel, il restait de l'espoir...
