Note de l'auteur: Un chapitre un peu moins mouvementé, mais des choses sont mises en place et qui n'aime pas le Kalexis?


Chapitre 10

« Je ne suis pas un fan de paperasserie » annonça Esposito en cette fin d'après-midi de ce début du mois de mai.

« Personne n'est fan de paperasserie » répondit Kate en passant une main dans ses cheveux, frustrée en voyant le paquet de sept pages sur son bureau. « En fait, si tu l'étais, je crois que tu ne serais pas humain. »

« Pourquoi doit il y avoir autant de suspects, cette fois? » gémit-il, parcourant l'énorme liste sur son ordinateur et tambourinant de ses doigts sur son bureau.

Karpowski fit éclater une bulle de chewing-gum de son bureau et Kate eut envie de hurler. Elle se mordit les lèvres et tenta d'oublier tout ce qui l'entourait cherchant une description la plus exacte de la ruelle où ils avaient passée la plus grande partie de l'après-midi. Il y avait eu une tonne d'éléments de preuve à recueillir; les démembrements signifiaient généralement des objets manquants et des vêtements à récupérer. Et c'était par mauvaise fortune bon cœur qu'ils étaient allés récupérer la chemise, le pantalon, la montre et les entrailles dans la benne.

« Je sent toujours l'odeur que dégageait ce truc » murmura Esposito. « Comme si tous les déodorant du monde ne pouvait pas l'enlever. »

Kate hocha la tête et avala sa salive, son estomac se nouait à ce souvenir. Ils avaient été appelés sur un corps démembré qui se trouvait dans une poubelle depuis quelques jours. Elle avait réussi à garder les images de ces parties de corps mutilés dans un coin de son esprit, mais Esposito avait raison, l'odeur était toujours là. Comment quelqu'un pouvait découper un corps, avec un simple couteau à steak ? Ça la révoltait. La bile lui montait dans la gorge rien qu'en y pensant. Elle prit une profonde respiration puis se pencha en arrière, regardant fixement le plafond. Si elle se concentrait, elle pourrait oublier ces images là. Elle pouvait renfermer ses questions dans une partie de sa tête.

Son téléphone sonna et Kate soupira, inquiète qu'il y ait encore un nouvel appel : ils n'avaient pas arrêté de courir toute la semaine. Esposito la regardait avec méfiance, lorsqu'elle récupéra le téléphone et qu'elle le tint à l'oreille. Elle n'avait pas envie d'attendre pour rentrer chez elle et prendre un bon bain chaud. Espérons que c'était juste Madison, ou Lanie, ou Rick, qui appelait pour quelque chose de pas très important.

« Beckett » répondit-elle.

« Oh, Kate, Dieu merci » répondit Rick. Elle pouvait entendre les voitures autour de lui, il semblait à bout de souffle. « Je suis vraiment désolé de te téléphoner. »

« Quoi de neuf? » demanda t elle, confuse et préoccupée. Il avait l'air pressé. D'habitude, il semblait plus joyeux.

« Je vais être sur les plateaux de Letterman ce soir » répondit-il a travers un bruyant coups de klaxon.

Kate sourit; maintenant, elle avait quelque chose à regarder ce soir. Les démembrements ne prêtaient pas à d'agréables rêves le soir. « C'est super » lui dit-elle.

« Oui, merci » répondit-il. Il se tut un instant et elle l'entendit respirer dans le téléphone.

« Est ce que t'es en train de courir? » demanda t elle jetant un coup d'œil à Esposito. Il la regardait fixement sans complexe. Elle lui jeta un regard noir et il s'arrêta de la regarder, se tournant pour faire studieusement sa paperasse. Mais il écoutait toujours. Le fouineur.

« Je suis ... Oui. » répondit-il.

« Rick? Qu'est ce qu'il y a? » répéta t elle. Il était distrait, les hurlement en arrière-plan en était une preuve.

« D'accord. J'ai une faveur à te demander » commença t il d'une voix timide.

« Accouche » répondit-elle instantanément. Peut-être qu'elle ne prendrait pas de bain finalement. Mais, là encore, ça n'avait pas beaucoup d'importance, n'est ce pas? Elle voulait qu'il arrête de tourner autour du pot, c'était agaçant.

« Peux-tu ... Je te jure que j'ai appelé tout le monde d'abord, mais je ... merde! » il jura. « Mon Dieu, les gens ne savent plus comment marcher? Pachydermes » murmura t-il.

Kate se mordit la lèvres pour ne pas rire. « Rick, quelle faveur? »

« Alexis», répondit-il avant d'émettre un grognement. « Mon Dieu, les gens sont lents. »

« Quel est le problème avec Alexis ? »

« Peux-tu ... Je suis désolé de te prévenir si tard. Mais pourrais-tu la garder ce soir? » il avait l'air timide et coupable.

« Bien sûr ! » répondit elle facilement. Elle était ravie de passer la soirée avec sa petite chouchoute de sept ans. Alexis au moins ne sentait pas comme les cadavres pourris, ou ne parlait pas des parties du corps manquantes d'un règlement de compte malheureux. Et une fois qu'elle serait endormie, Kate pourrait encore prendre son bain, et regarder Rick sur Letterman. C'était Gagnant-gagnant.

« Vraiment? » demanda il. « Enfin! C'est pas vrai, ces gens ! »

« Vraiment » répondit-elle. « Pourquoi tu croyais que je dirais non? »

« Tu étais très occupée » répondit-il instantanément. « Je t'ai à peine parlé de toute la semaine, depuis le dernier dîner. »

Elle baissa la tête et répondit dans un souffle. « Désolé de pas avoir été là. »

« Non, non » elle pouvait presque voir son agitation. « Je comprends tout à fait. Tu as un vrai travail, ce qui n'est pas mon cas. C'est normal que tu sois occupée. »

« On dirait que ton travail est bien réel en ce moment » répondit-elle. « Où es-tu? »

« Je suis sur le chemin d'une conférence de presse que Paula a mise en place à la dernière minute, puis un dîner avec mon éditeur, puis le show, et les gens ne se bougent pas!"

« Mais tu vas vraiment le faire? »

« Ouais » soupira t-il. « Mais Alexis se réjouissait de faire cette soirée pizza, et ma mère a une répétition, la baby-sitter est malade, et Paige a la grippe ... C'est comme si tout le monde avait décidé que ce soir était une soirée de congé. »

« Eh bien, je suis libre » elle haussa les épaules. Esposito la regarda. « A quelle heure Martha viendra la déposer? »

« Quelle heure est-il ? » demanda Rick.

Kate regarda sa montre. Il était presque six heure; ils avaient été pris par la paperasse, mais elle avait été lente à la faire. Et à l'unanimité, ils avaient décidé d'essayer de se bouger. « Il est presque six heures. »

« Mère doit être à sa répétition à sept heures » répondit-il. « Est-ce que ça ira? »

« Je peux partir à 6h30 » elle se mit à sourire. Esposito resta bouche bée. « Espo me doit des heures pour être partir plus tôt la semaine dernière de toute façon. » Il plissa ses yeux vers elle. « Et je suis ravie de faire ça pour Alexis » dit-elle. La mâchoire d'Esposito se serra, mais lorsqu'il jeta un regard sur la photo d'Alexis sur le bureau de Kate et lui fit un signe de tête.

Kate soupira et enfouit sa tête dans ses mains, en respirant profondément. Ils venaient juste de revenir d'une scène de crime, et c'était tout ce qu'elle pouvait faire pour rester impassible. Un enfant avait été retrouvé dans une ruelle suspendu à une sortie de secours, étranglé et pendu par le cou. Esposito et elle avaient été les premiers arrivés.

Elle le voyait encore là se balançant doucement d'avant en arrière, les yeux fermés

les fixant, son corps petit et fragile. Ils avaient fait leur travail, téléphoné et récupérétout ce qu'ils pouvaient sur place. Pendant tout ce temps, Esposito était calme et stoïque, tandis que Kate avait du mal a traverser cette épreuve. Les enfants étaient les pires victimes. C'était vraiment le pire.

Elle leva les yeux vers Espo lorsqu'il vint

s'asseoir, son visage fermé et ses yeux à demi-clos. Il s'agissait d'un cas simple, le père, un criminel reconnu coupable, venait de sortir de prison depuis a peine cinq mois, il avait laissé ses empreintes digitales sur son fils. Ils étaient tousles deux secoués et Kate ne se souvenait pas avoir vu Esposito aussi blanc, comme s'il pouvait tout simplement ne plus avoir d'émotions, et qu'elles ne reviendraient jamais.

Son téléphone sonna et elle vit ses mains se crisper sur son bureau. Aucun d'eux ne pourrait prendre d'autre scène aujourd'hui, mais tel était leur boulot, et elle n'avait pas d'autre choix que de répondre.

« Beckett » dit-elle

de façon neutre, alors que ses mains tremblaient.

« Salut, Kate! » gazouilla Alexis de l'autre coté de la ligne.

« Oh, Lexi. Salut » murmura-t-Kate, sentant l'air revenir dans ses poumons. Alexis allait bien. Kate

n'avait pas réalisée qu'elle était inquiète jusqu'à ce que son cœur se mette à se calmer, bercé par la voix de la petite fille à l'autre bout du téléphone. Alexis allait bien.

« Papa veut

savoir ce que tu veux pour le dîner » dit-elle, d'une voix joyeuse. « Je lui ai dit que nous pouvions faire des tacos, mais il n'en veut pas. Ensuite, j'ai dit des spaghetti, mais il n'en veut pas non plus. Il est trop difficile! »

Kate se mit à rire. Esposito la regarda confus. Elle le comprit à son regard, comment pouvait-elle être entrain de rire?
Mais Alexis... Alexis était contagieuse, délicieuse, vraie et en bonne santé. Et surtout. Elle allait bien.

« Je sais que ton père est difficile » répondit-elle, entendant le changement dans sa voix. « Et je compatis. »

« Merci »soupira Alexis

de façon théâtrale. « Mais il est pressé de faire quelque chose. Que veux-tu pour le dîner? »

Elle ne pensait pas qu'elle serait capable de manger quelque chose. Mais son estomac se mit à grogner

légèrement. Peut-être quand elle iraitchez eux elle irait mieux. Peut-être que, juste le fait de voir Alexis pourrait effacer de sa mémoire les photos de ce pauvre petit garçon. « Que dirais-tu d'un poulet frit? » suggéra t elle. Ça n'avait pas de sauce. Ça ne lui rappellerait pas le sang, ou les meurtres, ou les petits garçons assassinés...

« Papa dit qu'il est d'accord » lui dit Alexis

. « Pourquoi ça marche avec toi? Qu'est-ce qui te rends si spéciale? »

Kate laissa échapper un rire surpris et entendit Rick hurler dans le fond. « Je ne sais pas, Lex. Demande

à ton père » dit-elle en riant. Esposito la regardait maintenant avec stupéfaction, ses lèvres se retroussèrent. Elle le regarda avec de gros yeux, en lui disant un : « Quoi? » silencieux et attendit qu'Alexis finisse de discuter à voix basse avec Rick.

« Il dit que tu as des suggestions magiques » répondit Alexis avec humeur. « Et que quand je grandirai, je

deviendrais une femme forte et intelligente et j'en aurais aussi. »

Kate se sentait sourire en entendant ces mots, même si c'était dit sur le ton de la jalousie. « Dis à ton père qu'il a gagné gratuitement une question pour ça, et que j'arrive bientôt, chérie. »

« Papa sourit, Kate. Je ne comprends pas ! » gémit-elle.

« Tu comprendra un jour, Alexis » Kate souriait. « Maintenant, je dois y aller, mais je vais venir bientôt, d'accord? »

« D'accord » soupirait-elle. « Papa dit qu'il va le faire très bien, et que ça sera très bon, » ajouta t-elle.

« Je suis impatiente d'y être. A plus tard, Munchkin. »

« 'Kay. Bye, Kate. »

Elles raccrochèrent et Kate se mit a sourire. Rick n'avait pas arrêté de la harceler de question sur la police, son travail, ses intérêts, et diverses autres questions envahissante depuis sa fête d'anniversaire. Pour répondre, elle avait institué un système de récompense. Il obtenait des questions pour les jeux de mots particulièrement habile

s, des gestes prévenants, et rien d'autre que ce dont elle jugeait valable.Et maintenant, c'était devenu un jeu, il essayait constamment de marquer des points. Elle trouvait que ce n'était pas dérangeant, parce qu'ils plaisantaient et qu'il riaient de plus en plus a chaque fois qu'ils avançaient dans ce jeu.

Elle regarda Esposito et le trouva en train de la regarder fixement,la bouche grande ouverte.

« Quoi ? » demanda t elle, prenant tout à coup conscience de ce qu'elle faisait. Elle ne parlait pas habituellement à Alexis lorsqu'elle était au travail, et elle avait peur d'avoir faitquelque chose de mal, ou de révélateur.

« Tu souris » répondit-il, avec une voix étrange.

« Et alors? »

« Tu avais l'air complètement

àcoté de la plaque quand nous sommes rentrés. »

« Et alors? » répéta t elle, elle ne comprenait pas très bien.

« Comment diable fais-tu pour être si détendue maintenant? »

Oh.

Oh. Elle l'était vraiment? « Alexis » dit elle en haussant des épaules. Lorsqu'elle rentrerait, elle donnerait à cette fillette un gros câlin. Parce qu'Esposito avait raison; l'orage était passé. Elle se sentait à nouveau bien. Les images étaient toujours présentes, mais maintenant elle pouvait placer ça dans un coin de son esprit – elle pouvait se prémunir contre cette tragédie.

« Qui est Alexis? » lui demanda t il. « Et pourquoi je n'ai pas pu lui parler? »

« Pardon? » bafouilla Kate.

« Qui est-ce? Je veux son remède magique aussi! T'as l'air bien, Beckett. »

« Bon... Tu veux quoi ? » répondit-elle, en rétrécissant ses yeux.

Il soupira et lui donna un coup d'oeil par dessus son épaule. « Sortir du désespoir comme tu l'as fait. C'est bon pour toi, tu sais? Donc, je voudrais savoir qui est Alexis? »

« C'est ...» hésita t-elle quelques secondes. Mais Esposito la regardait

avec intérêt. Et il lui souriait, comme si son humeur aussi allait mieux. « C'est la fille d'un ami. Elle est super, elle illumine vraiment ta vie quand tu la vois, Tu comprends?"

« Ouais » il lui fit un petit sourire. « Il semblerait que ça fonctionne. Merci de me l'avoir dit. ». Puis, il se tourna vers son bureau et commença à trier ses fichiers. Kate le regardait et se sentit sourire à nouveau.

Le lendemain elle avait apporté une photo d'Alexis dans le parc, celle o

ù elle tournait sur elle même, son visage rayonnant avait été capturé et restait figé dans l'image. Elle accordait à Esposito le droit de la regarder de temps en temps, quand les choses allaient mal.

« Super. Merci beaucoup, Kate » murmura Rick, en la faisant sortir de ses pensées.

« Il n'y a pas de problème. Est ce que je dois l'accompagner à l'école demain? » demanda-t-elle en commençant à ranger les papiers qui traînaient sur son bureau, organisant les fichiers, Esposito lui tendit la main à contrecœur. Elle avait vraiment de la chance qu'il ait eu ces billets pour le match de la semaine dernière, puisqu'il lui devait un service.

« Demain c'est samedi » dit il en riant. « Mais, pas de soucis. Je viendrai ce soir la chercher. »

« Quoi ? »

« Je vais rentrer aux alentours de minuit. Je peux la chercher et la ramener à la maison. »

Kate cligna des yeux et secoua la tête. « Rick, c'est ridicule. Il suffit de venir dans la matinée. Ou, mieux encore, je te la dépose demain matin. »

« Merde, je dois y aller. C'est parfait alors. Je vais te voir demain donc? Je te remercie beaucoup » il se précipita.

« Pas de problème. Fais bien ton beau gosse » dit elle en riant.

« C'est une conférence de presse. Je vais parler de trucs ennuyants... » il grogna lorsqu'il coupa la conversation.

Kate jeta son téléphone dans son sac, essayant de ne pas sourire comme une ado, qu'elle était. Elle avait vraiment besoin de gérer ses expressions faciales qu'elle faisait lorsque Rick appelait. C'était trop embarrassant.

« Tu m'abandonnes pour aller garder des enfants? » gémit Esposito.

« Non, je te laisse pour aller passer la nuit avec Alexis. Je termine mon baby-sitting... Eh bien... Maintenant. » répondit-elle, en lui tendant le dossier qu'elle avait trié. « Merci. »

« Cher payé. Ne pense pas que tu puisses me faire ça encore une fois. » grogna t-il alors qu'elle ramassait son sac et ses clés et qu'elle réajustait sa chemise froissée.

« Compris. A demain » lui dit-elle en lui faisant un clin d'œil.

« Ouais, ouais » répondit-il. Elle le surprit en train de prendre la photo d'Alexis alors qu'elle s'éloignait. C'était comme une sorte de « doudou », quand ça allait mal. Puis elle lui tourna le dos. Esposito n'était pas un mauvais gars.

Elle conduisit jusqu'à chez elle dans un trafic encombré, maudissant sa droiture. C'était tentant de jeter son chewing-gum, mais elle ne pouvait pas faire ça. Ça ne serait pas correct. Mais ses doigts la démangeaient. Elle voulait juste se laver de cette journée, elle savait qu'elle aurait cette petite boule d'énergie qui courra partout dans son appartement. Elle se demandait seulement maintenant comment Rick connaissait son adresse. Depuis le temps qu'ils se connaissaient, ils n'étaient jamais allé chez elle. Ils sortaient, ou ils mangeaient au loft, ils regardaient des films au loft, ils sortaient dans des endroits que Rick connaissait, ils étaient toujours dans son « espace ».

Eh bien, c'était Richard Castle. Et tout ce qu'elle savait, c'était qu'il avait fait des recherches sur elle. Elle secoua la tête tout en s'arrêtant au stop, face à son bâtiment, il est probable qu'il avait fait une vérification de tout. C'était quelque chose qu'il était capable de faire.

Elle sortit de sa voiture et traversa la rue, en marchant vers le portier jusqu'à ce qu'une voix l'arrête.

« Kate! » appela Alexis .

Kate se retourna et regarda Alexis courir vers elle, un sac à dos sur le dos et un énorme sourire sur son visage. Tel un boulet de canon, elle fonça sur Kate et enroula ses bras autour de sa taille.

« Hey, Lex » Kate se mit à rire, affermissant ses bras autour d'elle et passant la main sur la tête de la jeune fille. « Où est ta grand mère? »

« Elle m'a dit de prendre la voiture » déclara Alexis, en inclinant la tête en arrière pour la regarder. « Mais papa a dit qu'il était d'accord, je crois. »

« Uh-huh » répondit Kate. Il lui faudrait qu'elle en parle a Rick pour s'assurer qu'il était vraiment d'accord qu'Alexis prenne la voiture en ville, seule.

« Ernie m'a fait rire pendant le trajet » continua t elle alors que Kate lui prenait la main pour qu'elles commencent à rentrer à l'intérieur avec la fillette.

« Qui est Ernie? »

« C'est le chauffeur » expliqua Alexis. « Je peux appuyer sur le bouton? » demanda-t-elle alors qu'elles rentraient dans l'ascenseur. Kate hocha la tête tout en évitant soigneusement de voir le regard intéressé de ses voisins. Ils voulaient toujours s'arrêter pour lui parler, comme si ces personnes âgées pouvaient comprendre les problèmes auquel elle avait dû faire face en restant assise là. Et avoir un enfant avec soi était un moyen sûr pour qu'ils se posent beaucoup de questions. Elle ne pouvait pas imposer ça à Alexis.

« Tu peux. C'est au quatrième » lui dit Kate.

Alexis lui sourit et appuya sur le bouton avec un sourire, regardant comment il s'allumait et que les portes se fermaient. « Merci de me garder chez toi » dit-elle, tournant la tête pour regarder Kate.

« C'est quand tu veux » lui sourit Kate. « Tu es toujours la bienvenue dans mon appartement. »

« Je suis contente que papa ne me fasse pas voler cette fois. Il me porte toujours, et je déteste ça. »

Kate hocha la tête alors que l'ascenseur s'ouvrait. « Moi aussi. »

« Vraiment? » demanda la jeune fille pendant que Kate la conduisait dans l'étroit couloir qui menait à sa porte, cherchant ses clefs dans sa poche avec sa main libre. « Papa aime voler. »

« J'ai cru comprendre » dit Kate en se mettant à rire alors qu'elle ouvrait la porte et entraîna Alexis à l'intérieur. « Ton père doit adorer voler. Ça le rend... libre».

« C'est ce qu'il dit! » rétorqua Alexis, tandis que Kate retirait ses chaussures.

« Pourquoi ne poserais tu pas ton sac à dos sur le canapé pendant que je me change? » suggéra t elle, pour se débarrasser plus facilement de son arme et badge et d'enlever ses vêtements de travail avant qu'Alexis puisse voir ça. « Tu peux regarder la télévision pendant ce temps si tu veux. »

« D'accord » sourit Alexis, enlevant ses chaussures d'un coup de pied avant d'aller courir joyeusement dans le salon.

Kate regarda s'éloigner, en observant cette facilité qu'elle avait à s'adapter à un nouveau lieu. C'était bizarre, elle avait l'air comme chez elle, sautant sur le haut sur canapé de Kate pour s'installer et se caler contre les oreillers, allumant la TV avec la télécommande qu'elle avait déjà dans sa main. Elle secoua la tête et sourit tout en se dirigeant dans sa chambre, les rires d'Alexis flottant dans l'air.

Elle enleva son arme et son badge et les mit dans le tiroir de son armoire, elle regarda ensuite son reflet dans le miroir. Elle avait l'air aussi fatigué qu'elle ne le sentait. Espérons qu'Alexis ne le remarque pas. Elle avait déjà de la chance que Rick ne soit pas là ce soir, lui, aurait remarqué. Il remarquait toujours ce genre de chose.

Il lui fallait moins d'une minute pour la regarder et savoir si la journée avait été bonne ou mauvaise, difficile ou facile, épuisante ou macabre. Si elle était fatiguée, il lui donnerait son café. Si elle était contrarié, il faisait tout pour lui faire oublier, mettant Alexis dans le coup, et continuant jusqu'à ce qu'elle craque et se mette à rire. Et si elle était triste, ou fatiguée, ou tout simplement qu'elle sentait le poids du monde sur ses épaules, il entourait un bras autour de ses épaules, commandait à emporter, et ils campaient sur son canapé vautrés tranquillement avec elle, Alexis entre eux.

Elle enleva ses vêtements et essaya à nouveau, de déterminer ce qu'était exactement Rick Castle pour elle, et qu'était devenue leur étrange relation. C'était ... c'était agréable, d'une autre façon qu'avec les gars. Il était comme ces énormes oreillers moelleux, il souriait et riait face à son agacement. Il l'appelait régulièrement, juste pour discuter, et elle trouvait qu'il le faisait trop. Quand tout était calme et triste, et qu'elle avait juste besoin de se défouler, elle l'appelait, et il l'écoutait. Il l'écoutait comme si ce qu'elle lui racontait était des secrets, et il s'en souvenait.

Will n'arrivait jamais à se rappeler si elle aimait un sucre ou deux dans son café. Rick, lui, connaissait les noms de ses amis du lycée dans l'ordre alphabétique.

« Kate? » appela Alexis alors que Kate enfilait un sweat-shirt et un jeans confortable.

« J'arrive, Lex, » appela t elle, en la faisant sortir de ses pensées. Elle aimait leur relation, même si Lanie et Madison étaient convaincues qu'ils étaient plus dans le flirt que dans une belle amitié.

Elle revint dans le salon et sourit en voyant Alexis. Elle était étendue sur le canapé, les jambes croisées, allongée sur le dos, un bras ballants hors du canapé.

« Je meurs de faim » dit-elle, dans un soupir digne de PrimaDonna.

« Alors qu'est-ce qu'on va pouvoir vous donner, ma reine de théâtre ? » Kate se mit à rire, en marchant vers la table basse devant le canapé. « Je ne voudrais pas que tu dépérisses. »

Alexis sourit et rit. « Je ne vais pas dépérir. »

« Eh bien, j'ai des pâtes et ... » elle s'arrêta. Super. Elle invitait cette fillette pour la nuit et n'avait rien à lui donner à manger sauf des pâtes. Super plan Kate.

« Pâtes ça me va. » Alexis sourit. « Est ce qu'on pourra avoir avec de la sauce à l'ail que t'as fait la semaine dernière? »

Kate hocha la tête et sourit. Elle adorait la cuisine des Castle. Ils avaient une immense cuisine avec toutes sortes d'ingrédients, et elle, elle était bien trop paresseuse pour en acheter. « Je peux faire ça. Tu veux bien m'aider? »

« Bien sûr » s'écria Alexis, s'asseyant rapidement pour balancer ses jambes et sauter hors du canapé. « Qu'est ce que je peux faire? »

« Tu peux m'aider à remplir le pot, et remuer les pâtes en faisant très attention » lui dit-elle alors qu'elles marchaient vers sa cuisine.

Alexis sautillait, balançant les bras. « J'aime ta maison » Kate attrapa une chaise et la tira près du comptoir afin qu'Alexis puisse se tenir debout. « C'est vraiment cool. »

Kate se mit à rire. « Je pense que ton appartement est plus cool. Il a beaucoup plus de choses amusantes » répondit-elle, tout en aidant Alexis pour soulever la casserole remplie d'eau. Elle la posa sur le brûleur et l'alluma, posant le couvercle dessus et allumant la cuisinière pour la laisser bouillir.

« Mais le tiens est si grand » lui dit Alexis. « Tu as beaucoup de livres. »

« Ton père a plus de livres que moi » sourit Kate, récupérant une boîte de pâtes. Vraiment, elle devait stocker un peu plus de nourriture chez elle. Elle ne pouvait même pas offrir à Alexis un repas correct.

« Mais la tienne est différente, » déclara Alexis. « La tienne est plus cool. »

Kate observa la jeune fille debout sur la chaise. Elle la regardait de la même façon qu'elle, comme si elle était elle-même cool. « Eh bien, mes livres te remercient » dit Kate. « Bon, j'ai un Tupperware de cette sauce dans mon frigo. Pendant que nous attendons que l'eau soit à ébullition, tu veux bien mettre la table? »

« Bien sûr! » Elle sauta de sa chaise, puis se retourna. « Où sont les assiettes, les fourchettes et tout? » demanda t elle, fronçant les sourcils. « Je ne sais pas où c'est. Mais toi tu sais où tout se trouve dans ma maison. »

Kate se mit à rire et prit dans les étagères du bas les assiettes pour les donner à Alexis, alors qu'elle prenait les fourchettes et une cuillère pour le service. « C'est mon boulot de savoir où sont les choses » lui dit-elle tout l'aidant à mettre la table. « Je suis censé à remarquer les détails. »

« Comme la façon dont mon papa aime son café? » demanda t elle en regardant Kate qui rajoutait les pâtes dans l'eau bouillante.

« Exactement » répondit Kate. C'était un détail qu'elle avait su assez rapidement, en le regardant faire son café près du sien dans un Starbucks, ou sur la table à manger un mardi après-midi. Il le prenait avec trois sucres et énormément de crème – comme un gamin avide de sucre. Mais, lui aussi savait faire le café de Kate de façon experte. « Ton papa remarque aussi ces choses » ajouta t-elle. « Ce sont des choses que les adultes remarquent. »

« Comme la façon dont tu souris toujours quand il a sa main sur ton dos, ou que vous vous tenez la main sans le vouloir? » demanda Alexis innocemment sans comprendre vraiment.

Kate regarda la petite fille. « Tu remarques des choses aussi, à ce que je vois » dit-elle. Elle ne devait pas rougir. Cette petite fille ne gagnerait pas cette bataille.

Alexis lui sourit. « Tes joues sont rouges. »

Et apparemment, elle avait déjà perdu. « C'est la chaleur de la cuisine » dit-elle, en ouvrant la porte du réfrigérateur, faisant mine de chercher sa sauce.

« Non-non » dit Alexis. « Tu rougis parce que toi et papa vous vous tenez la main. »

« Pas du tout » répondit Kate en se redressant et en posant la sauce sur le comptoir.

« Mais si. Papa fait la même chose. »

« Rougir comme une petite fille? » demanda Kate.

Alexis sourit. « Ouais. Et il m'a dit que j'étais folle. Mais c'est pas vrai. »

« Toi t'es quelque chose » murmura Kate. « D'accord, les pâtes sont presque prêtes. La salle de bain est au bout du couloir. Pourquoi n'irais-tu pas te laver les mains? »

« D'accord » sourit Alexis en se retournant et en trottinant vers la salle de bain.

Kate poussa un soupir et éteignit le brûleur. Elle récupéra la passoire et la mit dans l'évier pour y verser les pâtes, tout en regardant la mousse et la vapeur qui s'en échappait. Alexis était une enfant trop perspicace pour son âge, parfois.

Ce n'était pas une mauvaise chose que Kate rougisse quand Rick la touchait. C'était un bel homme, et il avait du talent et de grandes mains chaudes. Et il était adorable et confortable. Il était naturel. Rick faisait aussi pareil, même si elle faisait semblant de rien. Elle faisait semblant que leurs mains ne se touchaient pas quand ils se promenaient, et que de s'endormir sur son épaule tard dans la nuit était tout à fait platonique. Tout était totalement platonique, sauf que ça ne l'était pas... Pas du tout.

« Mains propres » annonça Alexis en s'asseyant à la table.

« C'est presque prêt » lui dit Kate, remettant les pâtes dans la casserole.

Elle prit un couteau et coupa un tiers de la sauce à l'ail congelée pour la mettre sur les pâtes, la regardant fondre. Elle pourrait s'inquiéter à propos de Rick et de leur relation, et le fait qu'elle n'avait eu aucun scrupule à être avec lui à peine après avoir rompu.

Elle donna une part de pâtes à Alexis, puis s'en servit une, s'asseyant dans un « plop », c'est a ce moment la qu'elle réalisa à quel point elle était affamée.

« Bon appétit, munchkin » lui sourit elle.

Alexis était trop heureuse de manger, et elles étaient la, assise tranquillement pendant quelques minutes, trop affamées pour parler. L'estomac de Kate se régalait avec cette nourriture. N'avait-elle vraiment pas mangé depuis une dizaine d'heures, ce matin? Elle avait besoin de prendre soin d'elle-même. Mais, plutôt que de penser à ça, et d'admettre toutes les choses malsaines qu'elle faisait toujours, elle se concentra sur Alexis. Le sujet Alexis était plus simple.

« Alors, qu'as-tu fait à l'école aujourd'hui? » demanda t elle, en regardant Alexis avaler une bouchée de pâte dans sa bouche avec un bruit de succion.

« Nous avons fait des dictées et étudié les dinosaures » répondit Alexis. « Est ce que tu sais que les rapaces avaient des plumes? »

Kate le savait. Rick lui en avait parlé une semaine plus tôt. Mais Alexis avait l'air si heureuse de lui en parler et impressionné qu'elle n'avait pas le courage de le lui dire. « Vraiment? »

« Uh-huh. Et ils chassaient en meute. Ils sont très intelligents, comme des loups, mais ... Je veux dire, tu les as vu? Leurs dents sont énormes! » dit-elle en agitant sa fourchette. « Papa dit qu'ils sont vraiment effrayant. Il a dit il qu'il y a un film avec eux et que c'est d'eux qu'on doit avoir peur, pas du T-Rex. »

'Jurassic Park'-ouais, les Raptors étaient les plus effrayant du film. « J'ai vu ce film. Il a raison » dit elle en acquiesçant. « J'ai toujours aimé les ptérodactyles. »

« Yeah! » dit Alexis avec enthousiasme. « Ils peuvent voler. C'est plutôt cool. »

« Est ce que tu penses que tu aimerais voler avec eux ? » demanda Kate en prenant une autre part, avant de se rendre compte que c'était la dernière. Elle pourrait en reprendre, mais il n'y aurait pas de reste, et les restes étaient toujours importants, au cas où.

« Je pense que ça serait amusant, » dit Alexis en haussant les épaules. « Mais je préfère voler avec un balais. »

« Toujours en train de penser à Harry Potter, je vois » lui sourit Kate. Alexis n'avait pas arrêté d'en parler durant des semaines après la sortie du premier film, et avait exigé que Rick lui relise tous les tomes avant que le cinquième ne sorte.

« Mais c'est tellement cool, Kate » protesta t-elle. « Et je n'y pense pas tout le temps. »

Kate se mit à rire. « Je sais. » Elle jeta un regard sur l'assiette propre de la jeune fille. « T'en veux encore ? »

« Non merci », répondit Alexis étouffant un bâillement.

« On dirait qu'il est temps pour le bain, puis le lit » dit elle à la fillette, se levant et récupérant leurs assiettes pour les jeter dans l'évier avant de retourner à la table. « Pourquoi es-tu fatigué si tôt, munchkin? » demanda t elle, en regardant Alexis s'affaler dans son fauteuil.

« Nous avons joué au kickball et j'ai beaucoup couru » répondit Alexis en bâillant de nouveau. « Et j'ai aidé grand mère à réviser cet après-midi. »

« La lecture t'endort? » demanda Kate en riant légèrement.

« Non, mais elle devait me pourchasser en fait. Elle devait pourchasser un facteur, et elle a dit qu'il courait très vite, donc c'est ce que j'ai fait ... mais maintenant je suis fatigué » lui dit-elle.

« D'accord, c'est l'heure du bain » Kate sourit, tendant une main vers elle. Alexis la prit et Kate la traîna derrière elle hors du salon, s'arrêtant pour ramasser son sac à dos tout en guidant la jeune fille fatiguée dans sa chambre et la salle de bain.

« Où vais-je dormir? » demanda Alexis en regardant Kate prendre une autre serviette pour elle, et faire couler le bain.

Kate cligna des yeux. Elle n'y avait pas réfléchit. Elle pouvait mettre Alexis dans le canapé, mais il semblait ne pas être assez confortable. Elle regarda la petite fille, qui fouillait dans son sac a la recherche de sa brosse à dent, laissant traîner son costume d'anniversaire par terre. Elles pouvaient partager le lit de Kate. Il était grand et confortable, et il serait ... Elle avait déjà fait ça avec sa mère quand elle était petite et qu'ils étaient partis en voyage. Johanna se blottissait contre elle dans le lit et elles se disaient des 'secrets' jusqu'à ce que Kate s'endorme.

« Tu peux dormir avec moi. Mon lit est assez grand » répondit Kate après quelques minutes de réflexion. Alexis avait réussi à sauter et se pencher sur le lavabo pour cracher, ses petites jambes donnaient des coups de pied ravis contre les armoires du dessous. « En fait, peut-être que je devrais juste te mettre dans un hamac. Tu fais comme les singes! »

Alexis sourit et rinça sa brosse à dents avant de descendre pour se tenir debout sur le sol. « Je ne suis pas un singe! Je suis un Ninja. »

« Ah, autant pour moi » se mit à rire Kate. « Le bain est prêt. »

Alexis laissa Kate la soulever dans la baignoire en fonte. Elle l'installa contre l'un des bords et se retint de rire. Alexis semblait si petite dans la grande baignoire. Sa tête atteignait à peine le haut et les jambes tendues, elle arrivait à peine au milieu de la baignoire. Elle sourit à Kate, qui se mit à genoux pour poser les bras sur le rebord de la baignoire tandis qu'Alexis défaisait ses tresses.

« Ta baignoire est vraiment grande » dit Alexis alors qu'elle plongeait sous l'eau, pour y remonter avec pleins de cheveux mouillés sur la figure. Elle dégagea son visage avec ses mains, puis leva les yeux vers Kate. « Pourquoi tu as cette baignoire? »

« C'était vendu avec l'appartement » répondit Kate. C'était d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles elle avait choisi cet appartement, en fait. « Je pensais que c'était cool, alors je l'ai gardé. »

« Je l'aime bien » annonça Alexis. « Est ce que tu peux me prêter un shampoing? Je crois que grand mère n'en a pas mis. Elle était un peu occupée. »

Kate hocha la tête et attrapa un flacon de shampoing a la cerise pour le donner à Alexis, qui le prit et en mit une énorme dose dans sa main. Elle frotta de manière experte ses cheveux, puis rassembla le reste de ses cheveux roux et les fit mousser. Kate la regarda, impressionnée. Elle ne pensait pas qu'elle y serait arrivée à son âge.

Alexis la regarda. « Quoi ? » demanda t elle en se penchant en arrière pour rincer ses cheveux dans l'eau, en passant ses mains dedans.

« Tu sais très bien te laver les cheveux » répondit Kate honnêtement.

« Maman m'a appris » répondit Alexis tout en se redressant. « Elle m'a dit que les petites filles doivent savoir comment prendre soin de leurs cheveux très jeune. »

« Eh bien, tu as très bien appris » Kate lui sourit. Ne se souvenait-elle pas que sa mère ait été triste lorsque Kate avait décidé de prendre des douches et des bains seule, parce que Johanna ne pourrait plus jouer avec ses cheveux?

« Merci » Alexis sourit, prenant le savon. « Je peux ? »

Kate roula des yeux. « Non, je t'ai fait venir ici pour que tu te laves dans une eau sale. Bien sûr, que tu peux utiliser mon savon, enfin ! »

Alexis sourit. « Merci! Maman ne me laisse jamais utiliser le sien. »

Kate était tenté de lui demander ce que sa maman pouvait faire avec Alexis, mais s'abstint. Ce n'était pas juste de sa part d'avoir un jugement sur une femme qu'elle n'avait jamais rencontré. Bien, qu'il était difficile d'être objectif, surtout quand elle voyait Rick, affalé sur le canapé après un de ses appels téléphonique ou Alexis qui donnait ce genre d'information comme « Maman aime qu'on fasse du shopping, mais je crois qu'elle aime tout simplement faire du shopping. » Meredith devait prendre vraiment sur elle pour passer du temps avec sa fille, ne faisait elle pas tout ce qu'elle pouvait pour l'éviter ?

« Elle vient me voir bientôt, tu sais ? » ajouta Alexis pendant qu'elle se lavait sous les bras.

« Ah oui ? » Répondit Kate. Elle n'avait pas entendu quoi que ce soit de la part de Rick.

« Uh-huh. Elle m'a promis la semaine dernière qu'elle le ferait. Elle a une réunion en ville, et elle a dit qu'elle passerait toute la journée avec moi! Je ferais l'école buissonnière et tout » elle sourit à Kate.

« Je pensai que tu aimais l'école » dit-elle. Alexis se battait bec et ongles pour aller à l'école tous les jours, même quand elle était malade, ou qu'elle avait la possibilité de sauter l'école pour faire quelque chose d'amusant.

« Oui, mais maman a dit que ce serait plus amusant. Et je n'ai jamais le temps de la voir » Alexis haussa les épaules. « Je pense que j'ai fini de me laver maintenant. »

« Okay » Kate hocha la tête, attrapant Alexis pour l'aider à sortir. Elle enveloppa la petite fille dans une grande serviette et la fit rire lorsqu'elle la chatouilla. « Est ce que tu as apporté un pyjama? » demanda-t-elle en finissant de la sécher.

« Bien sûr » Alexis se mit à rire. « Grand mère était occupée, elle pas bête non plus. »

Kate sourit et regarda Alexis attraper son pyjama bleu de son sac à dos et le mettre sur sa tête mouillée. « Bon, on va sortir d'ici, je peux te faire une tresse ? » demanda Kate alors qu'elle grimaçait. Était-elle été trop vieille pour se mettre à genoux sur son carrelage? Mon Dieu, c'était déprimant.

« Je peux le faire » lui dit alors Alexis tandis qu'elles quittaient la salle de bain. Alexis se dirigea vers le lit, son sac à dos contre sa poitrine. « Tu es sûr que tu veux que je dorme avec toi? »

Kate regarda la petite fille avec son pyjama froissé, ses cheveux roux mouillés et sourit. « Bien sûr que je suis sûre. Et je tiens à tresser tes cheveux, munchkin » ajouta t-elle. « Je vais les brosser. »

Alexis haussa les épaules puis tira Hamilton et Monkey-Bunky de son sac et les jeta sur le lit. « Ils peuvent dormir avec nous aussi, non? » demanda t elle, tandis que Kate attrapait une brosse.

« Bien sûr » sourit-elle. « Maintenant, allez, montes sur le lit pour que je puisse te brosser les cheveux. »

Alexis grimpa et Kate se mit derrière elle, prenant ses longs cheveux dans une main et peignant de l'autre, de bas en haut. Elle brossait méthodiquement, avec un petit sourire sur son visage alors qu'elle se souvint, de cette même scène avec sa mère. Son père avait essayé de le faire quelques fois quand Johanna était en voyage d'affaires, mais il y avait toujours trop de larmes et de nœuds.

« Papa ne sait pas très bien me brosser les cheveux » déclara Alexis quelques minutes plus tard.

Kate se mit à rire. « Le mien non plus. »

« Il peut faire des couettes, mais pas des tresses » ajouta Alexis pendant que Kate commençait à séparer ses cheveux en trois pour les tresser en une natte. « Tu sais le faire. »

« J'ai les cheveux longs aussi. J'ai eu le temps de m'entraîner » répondit Kate.

« Mais tes cheveux sont toujours tirés, ou en chignon quand tu viens nous voir » dit Alexis. « Tu ne fais jamais des coiffures spéciales comme l'autre jour ? »

« Tu m'as déjà vu avec des tresses ou des queues de cheval » lui dit Kate. « Mais pas quand je reviens du travail. »

« Pourquoi ? »

« Eh bien, capturer des criminels peut être dangereux, et tu ne peux pas avoir les cheveux détacher pour les attraper, tu risquerais de les avoir dans la figure et ne rien voir. » répondit Kate donnant une version aseptisée pour Alexis. Elle n'avait pas besoin de savoir que si les cheveux étaient faciles à saisir, ils pourraient être arrachés, ou utilisés pour être tiré de toute part ou être attrapés. Certaines vérités étaient encore trop difficiles pour la jeune fille qui s'affaissait un peu plus sur son lit.

« Oh » bâilla Alexis.

Kate termina la tresse et passa une main sur le dessus de la tête d'Alexis. « Il est l'heure de se coucher, je pense » sourit-elle.

Alexis hocha la tête et se pencha en arrière sur Kate. « Désolé, je suis fatigué. »

« Pourquoi tu es désolée? » demanda Kate, alors qu'elle remit la couette en place.

« Parce que je n'ai pas eu beaucoup le temps de m'amuser avec toi » répondit-elle.

Kate secoua la tête et serra la petite fille dans ses bras. « Tu as eu assez de temps pour ça, Alexis. Et tu es la bienvenue quand tu veux. Mais, maintenant, je pense que tu devrais aller dans la salle de bain une dernière fois. »

Alexis sauta hors du lit et se glissa dans la salle de bains, pendant que Kate se levait et arrangeait un peu le lit. Comment Alexis pouvait elle penser qu'elle ne s'amusait pas assez avec elle? Elle a été un souffle d'air pur. En ce jour terrible, Kate avait tout oublié et elle avait apprécié le temps qu'elle avait passé avec Alexis. Rick ne devait pas avoir ce genre de doute sur lui-même, et Martha non plus. Peut-être qu'elle pouvait haïr Meredith. Peut-être que pour elle, qu'elle le devrait.

Alexis sortit de la salle de bain alors que Kate récupérait un tee-shirt et un pantalon de pygama. Elle les posa sur la commode et aida ensuite Alexis à s'installer sur les oreillers.

« Est ce que tu vas venir dormir maintenant? » demanda t elle, tandis que Kate tamisait les lumières.

« Pas encore, mais bientôt » répondit Kate. C'était juste 20h00, mais elle était fatiguée aussi, et peut-être que c'était une bonne excuse pour se coucher à neuf heures, comme les vieux.

« D'accord » murmura Alexis, qui s'enfonçait déjà dans les oreillers et les animaux en peluche qu'elle avait rapportés.

« Bonne nuit, Lexi. »

« Bonne nuit, Kate. Je t'aime » soupira t-elle.

Kate cligna des yeux et regarda l'enfant endormi dans son lit. « Je t'aime aussi, Alexis » murmura t-elle.

Elle donna un baiser sur le front de la jeune fille, puis prit ses vêtements et referma doucement la porte, marchant encore émue vers son salon. Alexis l'aimait. Elle s'assit lourdement sur son canapé et regarda autour d'elle. Depuis quand en était elle arrivée là? Depuis quand était-elle devenue quelqu'un d'important dans la vie de cette petite fille? Quand avait-elle commencé à aimer Alexis?

Elle avait passé beaucoup de temps avec elle, avec eux. Ils avaient vu des films, faisaient des dîners et sortaient le mardi. Et parfois, elle venait le week-end et ils sortaient pour un dîner le soir tard, ou jouaient à des jeux. Mais quand s'était elle pris d'amour pour cette enfant? Quand s'était-elle aussi attachée à eux? Nom de Dieu, depuis quand était-elle devenue si ancrée dans leur vie que Kate était inscrite sur la liste de baby-sitters d'urgence?

Elle laissa tomber sa tête sur le canapé et regarda fixement le plafond. Ce n'était pas mal, d'être aimé. Même si ça lui faisait une sensation bizarre dans son estomac, qui se serrait. Elle réalisa alors qu'elle souriait. Ce n'était pas une mauvaise chose. En fait, elle se sentait bien, finalement. Ça ne faisait pas mal, il n'y avait pas non plus de quoi paniquer sur ce sujet. C'était juste de l'amour. L'amour n'était pas dangereux ou nuisibles.

Mais lorsqu'elle jeta un regard sur la cheminée, ou était la photo de sa mère et elle, elle fronça les sourcils. L'amour n'était pas dangereux. Le monde était dangereux, et ça vous prenait des êtres chers. Ça vous les arrachait et ça ne vous les rendait jamais. Et tout l'amour que vous pourriez donner à quelqu'un ne pouvait pas les protéger contre ça.

Son portable sonna et Kate l'attrapa d'où il venait de tomber : de sa poche de son jean sur la table basse.

« Beckett » répondit-elle, encore dans ses pensées.

« Hey. »

« Rick? » dit elle d'un coup, la ramenant vers le présent. « Pourquoi m'appelles-tu? Est-ce que ça va? »

« Ouais ... ouais, tout va bien. »

Mais ça n'avait pas l'air vrai. Il avait l'air triste et un peu perdu. « Rick, qu'est ce qui ne va pas? »

« Comment va Alexis? » lui demanda t il.

Si ça pouvait lui rendre le sourire, elle aurait pu lui dire qu'Alexis courrait un marathon. « Elle est profondément endormi. Ta mère l'a fatigué. »

« Ah oui. La scène des postiers » il se mit à rire légèrement, de façon calme... Un rire triste.

« Rick. Dis-moi ce qui ne va pas » dit-elle. « Tu n'es pas dans une réunion de presse ou quelque chose dans le genre? »

« Le dîner vient de se terminer et j'ai une trentaine de minutes de battement avant le show télé » répondit-il.

« Et tu m'appelles? »

« Je ... » il ne répondit pas, restant calme et Kate ne dit rien, attendant la suite. Elle aimait parler à Rick, mais il n'appelait généralement pas quand il était au milieu de quelque chose d'important, et jamais avec une voix aussi troublée. « Meredith m'a appelé et m'a laissé un message. »

« Est-ce que ça va? » Elle pouvait haïr cette femme, ou être pas loin de la haïr, mais elle espérait que tout allait bien avec elle. Ça serait catastrophique pour Alexis.

« Elle n'est pas ... elle ne viendra pas la semaine prochaine. Elle m'a dit qu'elle n'avait pas le temps » répondit-il.

« Oh. Oh, Rick » Kate respira. Ça tuerait Alexis, et maintenant elle avait compris. Il avait l'air triste et troublé, parce qu'il savait qu'il allait devoir briser le cœur de sa fille. Meredith n'avait même pas eu la courtoisie de le faire elle-même. « Je suis désolé. » Elle pouvait la haïr maintenant.

« Moi aussi » répondit-il. « Et je ... je ... Mon Dieu, je ne veux pas avoir à lui dire ça, tu sais? »

« Je sais. » Elle jeta un regard vers la porte de sa chambre et soupira. C'était injuste. C'était tellement injuste.

« Elle était tellement excitée. »

« Elle me l'a dit. »

« Ah oui? Et maintenant, je veux dire, elle va être ici, et elle ne peut même pas trouver une heure pour sa fille? Qui peut faire ça? Elle ne l'a pas vu depuis Novembre! C'est juste que ... je sais que j'ai la garde exclusive, mais je m'attendais à ce qu'elle fasse un certain effort. »

« C'est sûr... » répondit Kate à voix basse. Que pouvait-elle dire? Il n'y avait rien qu'elle pouvait dire pour l'aider.

Il soupira à l'autre extrémité et Kate pouvait entendre sa respiration changer. Il essayait de se retenir. « Écoutes ... Je suis désolé de t'avoir appelé. »

« Quoi? » elle était trop choquée pour arriver à dire quelque chose d'autre.

« J'avais juste... J'avais besoin de le dire à quelqu'un, et j'ai pensé à toi et ... je suis désolé. »

« Hé, attends. Non ! » Balbutia t-elle. S'il était désolé, ils devaient résoudre ce problème maintenant. Pourquoi était-il désolé? « Je suis la pour ça, comme ton punching-ball. »

« Quoi ? » rit il un peu comme avant.

« Je suis la pour ça. Pour que tu te défoules. C'est quelque chose de réciproque, ok? Ne sois pas désolé. Appelles-moi pour ce genre de choses. Je suis la » poursuivit-elle, en espérant qu'il comprenne. Si elle avait réussit à apprendre à s'effondrer de temps en temps et l'appeler juste pour se sentir mieux, ou pester sur la journée, il pouvait le faire aussi.

« D'accord » murmurait-il après une pause. « C'est gentil. Désolé. Et merci, Kate. »

« Remercies-moi encore et je gagne de suite une question » menaça t-elle.

Il se mit à rire. « Compris. Oh, merde, c'est Paula. Je dois y aller. On se voit demain? »

« Ok à demain. Tu as un truc qui enregistrera ton interview pour moi? Je ne pense pas que je vais être en mesure de rester éveillée ce soir. »

« Très bien, grand-mère » dit il en riant.

« Deux questions? »

« Non, non. Bonne nuit, magnifique jeune femme tout à fait en forme et intelligente et drôle et ... »

« Ouais, la flatterie te fera toujours gagner des points. Maintenant, va retrouver Paula avant qu'elle ne trouve une autre raison pour me haïr. Je serai là à huit heures demain avec pumkin. »

« D'accord. Bonne nuit, Kate. »

Il raccrocha. Kate soupira. Maintenant, elle détestait Meredith. Peut-être que le sentiment de haine n'était même pas assez fort. Comment pouvait-elle faire ça à Alexis? Comment pouvait elle venir à New York et ne pas passer voir sa fille, surtout si cette fille était Alexis? Alexis était digne d'être vue. Alexis valait la peine qu'on passe du temps avec elle.

Kate se mit distraitement en pyjama. Elle saisit un livre de Rick de son étagère et rentra dans sa chambre à coucher. Elle cherchait d'autre mot pour qualifier cette haine lorsqu'elle rentra dans la salle de bain pour se brosser les dents. Son préféré est devenu « détester avec une passion sans fin», pendant ce temps, elle écoutait la douce respiration de la petite fille dans son lit. Elle détestait Meredith avec une passion sans fin pour briser le cœur de cette fillette.

Quand elle eut terminée, Kate grimpa dans son lit et s'installa sur les oreillers, pour ouvrir son livre. Mais elle ne le lit même pas. Au lieu de cela, elle regardait le soulèvement des draps que provoquait la respiration constante d'Alexis et sourit. Alexis l'aimait. Peut-être qu'elle ne pouvait pas mettre un mot sur la relation entre les Castle et Meredith. Peut-être que cette horrible femme n'était pas la bonne mère que cette jeune fille étonnante devait avoir. Peut-être qu'elle ne devrait pas promettre à Alexis qu'elle viendrait après sa prochaine réunion, la prochaine fête, puisque ça serait sans doute sa prochaine grande déception.

Mais elle, elle pouvait être là pour la petite fille. Elle pouvait l'aimer en retour. Mon Dieu, Alexis l'aimait.

Alexis bougea dans son sommeil et une de ses mains frôla le pantalon de survêtement de Kate. La petite fille était blottie sous les couvertures et agrippa de sa main le pantalon de Kate.

Alexis l'aimait.