Merci à tous ceux qui suivent cette fiction et qui commentent. Ça me fait très plaisir et ça me motive pour écrire la suite ! J'espère que ça n'avance pas trop lentement pour vous.

Bonne lecture !

Chapitre 10 : Loups

Harry écoutait les rires qui provenaient du rez-de-chaussée, mélancolique. Fermant les yeux pour ne plus voir l'image douloureusement souriante de ses amis morts au combat, il s'approcha du miroir et souleva son tee-shirt. Il grimaça. Elle avait encore grandi. Du bout des doigts, il l'effleura. Aussitôt, la douleur afflua. Comme à chaque fois. Il soupira. Il faudrait qu'il se décide à en parler à Ron et Hermione mais quelque chose en lui s'y refusait pour le moment. Il rejoignit son lit et s'enroula dans les couvertures. Ses yeux se posèrent sur la fiole de potion de sommeil sans rêves qui trônait sur sa table de nuit. Ses sœurs s'entassaient dans la corbeille à papier.

_ Harry ! Viens manger ! l'appela Ron depuis le bas des escaliers.

Le sorcier ne répondit pas et se recroquevilla un peu plus sur lui même.


_ Pourquoi est-ce que tu ne m'as pas sauvée ?

Harry sursauta et releva la tête vivement. Devant lui se tenait Ginny. Son bras droit, ainsi qu'une partie de son visage était noire, carbonisée. Son unique œil noisette le fixait avec tristesse tandis qu'une grimace de douleur déformait ses traits autrefois si doux. À peine avait-il posé les yeux qu'une gerbe de feu jaillit du parquet et embrassa le corps mutilé de la jeune fille.

_ Je suis désolé… J'ai essayé… murmura le Survivant alors que les cris de sa petite sœur de cœur résonnaient tout autour de lui.

Il se boucha les oreilles, tentant désespérément de ne pas les entendre, mais rien y faisait. Il semblait même que le volume ne que croître. Puis tout cessa.

_ Je suis mort à cause de toi ! lança une autre voix.

Une fois de plus, Harry leva es yeux pour les poser sur un Cédric aussi pâle que la mort, entouré du halo vert de l'avada kadavra qui l'avait emporté. Si je ne t'avais pas connu, je serais encore en vie !

Le garçon, qui avait perdu toute trace d'innocence, bondit sur le Survivant, un couteau sortit de nulle part dans la main. Harry eut juste le temps de lever les mains devant son visage pour se protéger que le frappa avant de disparaître. Si aucune douleur n'avait accompagné ce geste, le geste ravagea le garçon qui ne put retenir plus longtemps ses larmes.

_ J'aurais mieux fait de ne jamais te faire venir au monde…

_ Maman… s'étrangla Harry alors qu'une jeune femme aux longs cheveux auburn l'observait d'un air détaché.

_ Cela aurait évité des centaines de morts inutiles, ajouta un homme aux cheveux châtains en passant un bras autour de la taille de la sorcière.

_ Papa…

Il tendit une main vers son père mais celui-ci recula, un éclair de haine dans le regard.

_ C'est ta faute ! fit une voix derrière lui.

Neville.

_ C'est ta faute ! fit une autre.

Cho.

_ C'est ta faute !

Colin.

_ C'est ta faute !

Sirius.

Tous apparaissaient les uns après les autres et se mettaient à hurler. La pièce se mit à tourner tout autour de lui alors qu'il se perdait dans le tourbillon de cris et de reproches. Le Survivant tomba à genoux alors qu'une souffrance sans nom explosait dans sa poitrine. Chaque mot était comme un coup de couteau chauffé à blanc.

_ Je suis désolé ! hurla-t-il en retour.

Du moins pensait-il l'avoir hurlé. Il ne s'était pas entendu. L'avait-il seulement dit ? Il n'arrivait plus à bouger, il n'arrivait plus à respirer. Et la clameur continuait inlassablement.

_ C'est ta faute ! C'est ta faute ! C'est ta faute !


Harry se réveilla en sursaut, les yeux écarquillés, le corps couvert de sueur. Avant même que le son d'un cri qu'il n'avait pas souvenir d'avoir poussé ait eu le temps de redevenir silence, Hermione et Ron étaient à son chevet. La première l'emprisonna dans ses bras alors que le second murmura des mots qu'il n'entendait pas. Le Survivant commença par se débattre avant de comprendre et de se calmer. C'était un rêve. Un cauchemar. Son corps s'affaissa alors contre celui de son amie et les larmes affluèrent pour se transformer en torrents salés.

_ Nous sommes là, arriva-t-il enfin à comprendre. Tu es en sécurité. Tout va bien.

Il passa ses bras autour du corps frêle d'Hermione et la serra de toutes ses forces. Hermione était vivante. Il sentait son coeur battre contre sa poitrine. Elle était vivante. Ron était vivant aussi. Il resta ainsi de longues minutes alors que les cris quittaient peu à peu son esprit, le laissant vidé de toutes forces, morales comme physiques. Sa poitrine le brûlait. Ron aida son ami à se rallonger avec précaution.

_ Je suis désolé… souffla-t-il.

C'est alors qu'il avisa, dans l'encadrement de la porte, Leah, vêtue d'un tee-shirt de Ron trop grand pour elle, qui le regardait de loin. Son visage était empreint de douleur et de compassion. Elle était sans doute restée dormir ici alors que les autres Quileutes avaient regagné la réserve. Ne sachant que faire, elle était sans doute restée en arrière tandis que son petit ami aidait son meilleur ami. Elle s'approcha et s'assit au pied du lit.

_ Est-ce que ça va mieux ? demanda-t-elle, hésitante.

Le sorcier hocha vaguement la tête avant de fixer son regard sur le plafond. Il avait oublié de poser un sort de silence sur sa chambre et il avait oublié de prendre sa potion.

_ Pardon de vous avoir réveillé.

_ Harry, tu sais très bien que c'est normal. Ce n'est pas toi qui réveilles toute la maison le plus souvent, plaisanta faiblement Ron.

Il avisa la corbeille pleine et en prit une fiole.

_ Et je comprends mieux pourquoi… ajouta-t-il, la voix un peu plus sévère. Tu sais que ce n'est pas bon de les prendre en grandes quantités.

Le Survivant ne répondit pas. Hermione soupira et caressa ses cheveux sombres plus emmêlés que jamais.

_ Il faudra que nous discutions de tout ça.

Il émit un grognement mais il savait qu'il ne pourrait y couper.

_ Tout ceci c'est notre faute, murmura Leah. Si nous n'avions pas…

_ Même si en parler est difficile, ces rêves ne sont pas les premiers ni les derniers. Vous n'êtes pas responsables, la rassura la sorcière.

Elle fit signe à Ron d'emmener sa dulcinée à l'extérieur. Harry n'avait pas besoin qu'on assiste à son désespoir. Une fois le couple partit, comprenant l'un comme l'autre les tenants et aboutissants de la présence de la louve, Hermione sortit sa baguette pour rafraîchir un peu son ami qui s'était mis à frissonner et lui donna à boire.

_ Est-ce que tu veux que je reste avec toi cette nuit ?

Le silence du garçon lui suffit.

Le lendemain matin, Hermione, qui n'avait pas fermé leur de la nuit, perturbée tant par les rêves de son ami que par la présence des vampires non loin de chez eux, fut la première à se lever. Sans un bruit, elle s'extirpa de l'étreinte d'Harry et descendit à la cuisine. Elle venait de terminer son petit déjeuner quand trois petits coups furent portés à la porte d'entrée. Surprise d'une visite si matinale, elle métamorphosa ses vêtements afin d'être plus présentables et alla ouvrir, une peur inconsidérée au ventre.

_ Bonjour Hermione.

La respiration de la jeune fille se coupa un instant en reconnaissant la voix d'Esmée.

_ Bonjour, balbutia-t-elle après une seconde de flottement.

_ Je sais qu'il est encore tôt mais en passant non loin j'ai perçu que vous étiez réveillée alors que je suis dit…

Elle était clairement hésitante. Hermione se força à respirer, son composa un sourire un peu forcé mais plein de bonne volonté et l'invita à entrer. Cette femme n'avait pas tenté de la tuer. Seulement son fils adoptif. Elle ne lui ferait rien. C'était du moins ce qu'elle se répétait alors qu'elle la conduisait au salon. Si Esmée s'attarda sur les objets et photos magiques que la propriétaire n'avait pas pris la peine de cacher derrière une illusion – après tout, la vampire connaissait leurs pouvoirs – elle n'en laissa rien paraître à l'aveugle.

_ C'est une maison très chaleureuse que vous avez, déclara Esmée pour amorcer la conversation.

_ Je suis désolée, je n'ai rien à vous proposer à boire, répondit Hermione.

La femme émit un petit rire qui détendit la sorcière. Elle tenait néanmoins fermement sa baguette, se demandant vaguement comment Ron et Harry, ainsi que Leah, réagirait en se réveillant.

_ Tout d'abord, je tiens à vous présenter une nouvelle fois des excuses au nom de toute ma famille.

Cette simple phrase replongea Hermione dans la tourmente.

_ Si vous pouviez... juste ne plus me parler de ça. C'est assez difficile…

_ Oui, bien sur, je suis désolée, s'empressa de répondre Esmée.

Son comportement était si différent de lors de leur première rencontre. Où était-ce seulement parce qu'elle savait s'adresser à un vampire et pas à une simple moldue ?

_ Mais sachez que Edward a décider de s'éloigner un moment de Forks, afin de ne pas vous faire courir le moindre danger.

La sorcière ne put retenir un soupir de soulagement et s'en sentit immédiatement gênée.

_ Je suis désolée que notre présence vous cause des problèmes.

Il avait été obligé de partir à cause d'eux alors qu'il vivait dans la petite ville depuis bien plus longtemps.

_ Les vampires ont peu d'accroches, nous sommes près à tout abandonner en un instant si notre nature menacent des humains.

_ Tout comme nous… souffla la jeune fille, ne pouvant s'empêcher de faire le parallèle avec leur propre vie.

La vampire ne releva pas.

_ Si vous ne nous attaquez pas, nous ferons de même. Il n'y a pas de raison qu'on ne puisse pas vivre tous ensemble. Surtout que vous vous nourrissez de sang animal d'après ce qu'on nous a dit ?

_ Oui, répondit l'adulte, légèrement surprise qu'elle soit au courant.

Elle avait cependant eu l'ouverture qu'elle attendait.

_ Comment avez-vous fait ? Pour statufier Edward ?

Hermione lui montra sa baguette. Les garçons ne leur en voudraient pas trop. Il était cependant hors de question de lui parler de la guerre et de leur histoire.

_ Nous avons quelques capacités bien à nous. Nous sommes des sorciers.

Elle ne put s'empêcher de sourire en se disant qu'en Amérique, les créatures magiques semblant bien peu au courant de l'existence de la magie.

_ Je ne vous aurez sans doute pas cru si je n'avais pas vu de mes propres yeux ce que vous avez faire.

_ Arrêtez un vampire n'est pas ce qu'il y a de plus simple mais vous nous avez offert cette opportunité. Et…

Une sonnerie stridente l'interrompit. Hermione bondit sur ses pieds, comme électrifiée.

_ Harry ! Ron ! cria la sorcière, pris de violents tremblement.

Les deux sorciers, parfaitement éveillés et baguette en main, dévalèrent les escaliers. Ils s'arrêtèrent une seconde en avisant la présence d'Esmée mais ne dirent pas un mot. Leah apparut à son tour, tout aussi désarçonnée que la vampire.

_ Protégez Hermione, ordonna Harry, le visage dur, aux deux invités.

Celles-ci n'osèrent pas protester. Leah se transforma aussitôt en loup et se mit à humer l'air en quête d'une odeur étrangère. Esmée saisit Hermione par la taille, la souleva de terre et courut jusqu'à l'étage.

_ Mais qu'est-ce que… ! fit la sorcière. Je peux me battre !

Sa voix était tremblante mais décidée.

_ Tu restes cachée ici et tu n'en sors sous aucun prétexte.

Et elle disparut, laissant l'adolescente perdue et terrorisée. Elle ne voulait pas rester ici alors que sa famille se battait au dehors. S'ils mourraient alors qu'elle se cachait ici, elle ne se le pardonnerait pas. Mais comment combattre si elle ne voyait rien.

_ Ils sont dix, qui arrivent de l'est, indiqua la vampire alors que Leah se mettait à gronder.

Harry et Ron avaient passé le pas de la porte, prêts à la bataille. L'instant suivant, un petit groupe apparut de l'autre coté de la route, à l'orée de la forêt. Les sorciers n'en connaissaient qu'un seul, et c'était bien suffisant pour évaluer la dangerosité de la situation.

_ Fenrir Greyback.

Hermione crut que ses jambes allaient la lâcher en entendant le nom de leur adversaire par la fenêtre entrouverte. Greyback était un monstre comme on en faisait peu. Il appréciait par dessus tout la chaire des enfants et se faisait un plaisir de mordre quiconque croisait son chemin. Peut-être était-ce pour cela que son apparence tenait plus du loup que de l'humain en permanence. Ses sbires avaient davantage forment humaine mais crocs et griffes étaient bien présentes.

_ Harry Potter, répondit le loup-garou en retour, un sourire mauvais dévoilant ses crocs acérés. Tu n'as pas été très simple à trouver. A l'attaque ! lança Greyback au reste de sa meute, visiblement impatiente d'en découdre.

Les 9 loup-garous s'élancèrent.

Harry et Ron avaient l'habitude de combattre ensemble et contre un grand nombre d'adversaires à la fois. Le tout était de ne pas les laisser approcher trop près. Ron commença par lancer une série de stupéfix, doublé une seconde suivant par une deuxième vague issue de la baguette d'Harry. Si leurs adversaires évitèrent les premières sans le moindre soucis, les suivantes leurs demandèrent plus d'attention et les stoppèrent dans leur avancée.

_ Incarcerem ! lança Ron.

Une épaisse corde sortie de sa baguette et fila vers l'un des loups-garous pour s'enrouler avec violence autour de son cou, le faisant basculer en arrière, suffoquant. En réponse, les sortilèges se mirent à pleuvoir dans leur direction. Les deux garçons plongèrent sur les cotés pour les éviter. Si Ron réussit à se relever directement et à contre-attaquer, un confrigo fit exploser le perron au niveau du point de chute d'Harry, le propulsant dans les air. Il s'écrasa à un mètre de là, face contre terre. Ignorant la douleur qui se propagea le long de son flanc, il roula sur le coté, évitant un coup de griffes visant sa jugulaire.

_ Spectusempra

De multiples lacérations apparurent sur le corps du lycanthrope, projetant du sang sur les vêtements d'Harry. Toujours à terre, il recula précipitamment pour éviter la chute du futur cadavre, et se releva, visant un nouvel ennemi. C'est alors qu'il vit Leah plonger dans la bataille. Elle s'interposa entre Ron, occupé à se relever après avoir pris un sortilège qui lui avait salement amoché la jambe, et un doloris. La louve s'écrasa au sol en gémissant et se tordant de douleur.

_ Leah !

Ce fut alors à Esmée d'entrer en scène, épouvantée par la scène qui se déroulait devant ses yeux. Elle fonça sur le responsable et, d'un geste brusque, lui brisa les cervicales sans plus de cérémonie. Elle évita un sortilège mortel et bondit sur un deuxième. Mais celui-ci eu le temps de prononcer un mot avant de rendre l'âme : «Incendio». Les vêtements de la vampire s'embrasèrent. Le feu était l'une des seules choses qui menaçaient réellement l'existence d'un vampire. Il consommait leur chair dur comme la pierre et les renvoyait dans le néant. Heureusement pour elle, son corps était encore entier, aussi pourrait-il se guérir assez rapidement si elle parvenait à éteindre les flammes. C'était une sensation très étrange, à la fois douloureuse et indolore, qui la laissa pantoise quelques secondes. Ce fut son instinct de conservation qui finalement la sauva : elle se mit à courir si rapidement que les flammes s'étouffèrent d'elles-mêmes. Lorsqu'elle reprit ses esprits, Harry venait de stupefixer un autre assaillant, protégeant Leah, toujours à terre, et Ron, qui tentait de la relever. Elle courut jusqu'à eux, souleva sans peine la lupine, et retourna à l'intérieur pour la maison pour la déposée prêt d'Hermione.

_ Je m'occupe d'elle, assura la jeune fille.

Mais la femme était déjà repartie. Quelques secondes plus tard, Harry et Ron apparaissaient près des deux adolescentes. L'odeur du sang empli la chambre, retournant le cœur de l'aveugle qui se força à se maîtriser. D'un sortilège, elle appela à elle toutes les potions de soins et d'apaisement qui se trouvaient dans la maison et les administra une à une aux blessés. Lorsqu'elle releva la tête, Esmée avait disparu.

_ Elle est retournée dehors, murmura Ron en se tenant la jambe.

N'écoutant pas la voix de la raison qui lui commandait de rester cachée, Hermione bondit et dévala les escaliers. A peine avait-elle passé le seuil de la porte qu'un choc violent la projeta dans les airs.

Je suis désolée, je suis vraiment nulle pour décrire les batailles magiques….