Petite note de l'auteur : quand une lettre seule est entre parenthèses cela indique les pensées du personnage.

Exemple : (r) = pensées de Reina.

Chapitre 10

L'accident lors du voyage en montagne avait fait grand bruit dans tout le bahut même si personne n'avait vu le combat. Diverses versions courraient, toutes plus farfelues les unes que les autres. Certains parlaient d'un éboulement, d'autre d'un puissant geyser ou encore de fantômes anciens revenus pour une quelconque raison. J'avais eu droit à deux trois remarques de Leslie lorsque nous n'étions qu'entre fille, elle me tenait pour responsable de cet accident et en propageait la rumeur. Plus personne ne m'approchait, vidant les couloirs et tables à mon arrivée. Cela ne m'atteignait pas, elle pouvait bien continuer, au contraire, me retrouver seule m'arrangeait, cela nous permettait de discuter en toute tranquillité. Aramis nous avait promis de garder le silence sur les évènements des sources mais peu confiant mon colocataire l'avait à l'œil. Le mot qu'il avait placé pour Impa avait été remplacé par un autre l'informant de ce qui c'était passé pendant notre absence. Ganondorf s'était bien rendu dans les hauteurs et avait réveillé les golems pour nous éliminer. Il n'avait pas eu connaissance du pouvoir des piédestaux et avait encore perdu un médaillon. Il nous en restait trois à trouver.

(sheik) - Ton don n'est pas si inutile.

(reina) - ….Tu parles, j'ai besoin de me concentrer pour les voir.

(sheik) - Cette fois-ci, pour Elena ça ne c'est pas passé comme ça.

(reina) - …

(sheik) - Trop de choses te préoccupaient sans doute.

(reina) - …...

(sheik) - Elle devrait venir ce soir, c'est elle qui à cacher l'épée pour masquer sa mort à Ganondorf.

(reina) - …..

(sheik) - Tu veux lui parler ?

(reina) - Pour lui dire quoi ?

(sheik) - ….Tu as tant de questions, pose les lui, tu aura peut être des réponses.

(reina) - …Ou encore des mensonges…

(sheik) - Elle sait, donc elle ne mentira pas.

(reina) - Tu semble sur de toi.

(sheik) - …Elle s'est occupée de moi depuis la mort de mes parents, je la connais bien.

(reina) - …Désolée…..

(sheik) - Tu n'as pas à t'excuser, tu n'y es pour rien…..

(reina) - …Ganondorf ?

(sheik) - Oui.

(reina) - ….Elle a dit quand elle viendrait ce soir ?

(sheik) - Non, elle nous fera signe.

La cloche sonna, il fallait retourner en cours…. Eden et Lucas dessinaient déjà à mon arrivée. Lucas avait pris Eden comme modèle et Eden immortalisait quelques nuages. Je m'installais contre un arbre, les prenant comme modèle. Nous discutions de tout et de rien, des costumes qu'il faudrait commencer avant le début des grandes répétitions. L'idée de passer mon mois de vacance à travailler pour la pièce ne m'enchantait guère mais je n'en aurais sans doute pas le choix. Les croquis étaient terminés, il ne me manquait plus que les mesures, les tissus et accessoires pour commencer mon dur labeur. Lucas m'avait promis de l'aide de sa mère ce qui m'avait rassurée, jamais je n'aurais su tout faire seule, même s'il n'y avait pas beaucoup de costumes en fin de compte.

(eden) - Tu comptes faire quoi pendant les vacances ? A part t'occuper des costumes ?

(reina) - Je n'en sais rien…..

(eden) - On pourrait peut être….. Ah non, ça n'ira pas….

(reina) - Quoi ?

(eden) - J'avais pensé faire des photos pour les affiches mais sans les costumes c'est impensable.

(lucas) - …. Vous ne faisiez pas les affiches sur pc ?

(eden) - Si, mais j'avais dans l'idée de me baser sur des photos et les modifier.

(reina) - …T'as besoin de quels costumes ?

(eden) - Alice, le lapin, Cheshire, Juliette et Roméo….. Je pense que je peux me contenter de ça.

(reina) - …Juliette je serais bien obligée de le faire en premier…. Elle va pas me lâcher sinon… Roméo…. C'est Aramis qui le joue si je me trompe…. Pffff Autant lui demander tout de suite comme ça j'en serais débarrassée.

(eden) - C'est vrai, de plus ils sont assez simple non ?

(reina) - Sauf pour les froufrous…. De toute façon ça ne sera jamais assez bien pour elle donc les photos sont à oublier pour le moment.

(eden) - …..Dommage…. Je trouverais bien autre chose à photographier !

(reina) - Pourquoi tu veux absolument photographier quelque chose ?

(eden) - C'est une très grande passion.

(lucas) - Bah tu peux prendre les nuages en photos.

(eden) - J'en ai déjà pleins en fait…. C'est un sujet magnifique mais je n'ai pas envie de tout le temps faire ça.

(reina) - …..Tant que je ne te sers pas de cobaye, moi ça m'est égale.

(eden) - Pourtant tu ferais un intéressant mannequin. Grande, la peau fine, le teint pale….. Je pourrais faire de magnifiques photos sans manquer d'inspirations !

(reina) - ….

(lucas) - C'est vrai ! Et puis ça devrait pas être trop dur.

(reina) - En fait le plus dur, c'est le mannequin qui le fait, le photographe se contente de bien cadrer et de chercher le meilleur éclairage selon ce qu'il veut donner. Une fois fait il ne reste plus qu'à appuyer sur le bouton.

(lucas) - Euh… Mais on parle de Rain, après tout !

(eden) - Oui, même au naturel les photos seraient réussies.

(reina) - Encore faut-il que j'accepte.

(lucas) - Et puis elle a une grande garde-robe.

(eden) - C'est vrai ?

(lucas) - Oui, la plus part de ses fringues ont été faites de sa main ou modifiés par ses soins.

(eden) - Ouah !

(reina) - J'ai jamais dis que j'allais poser. Et depuis quand tu connais ma garde-robe toi ?!

(eden) - Mais elle porte quasi tout le temps l'uniforme….

(lucas) - Bah il lui va plutot bien non ?

(eden) - Bien sur !

(reina) - Je parle dans le vide ?

(lucas) - Pourquoi tu ne te balades pas avec ton appareil sur toi ?

(eden) - Il est assez encombrant…. Et puis je ne peux pas le sortir en classe en plein cours….

(lucas) - En plein cours ?

(eden) - Bah…. Elle est vraiment trop mignonne quand elle est concentrée…

(reina) - Mignonne ?!

(eden) - Et quand elle lute contre le sommeil en histoire aussi !

(reina) - Bon puisque vous ne m'entendez pas je m'en vais alors….

Je m'éloignais, les laissant parler des photos possibles à faire sans mon contentement. Je ne voyais pas en quoi je pouvais être mignonne en classe…. L'idée d'être prise en photo ne me dérangeait pas en elle-même mais une photo prise sur le fait pourrait dévoiler ce que je m'efforçais de cacher…. Cela ne m'enchantait guère…

Dans la soirée, alors que nous étions assit devant la télé, quelqu'un frappa à la porte. Je questionnais Sheik du regard pour savoir s'il pouvait s'agir d'Impa. Il semblait perplexe, aucuns signes ne nous étaient parvenu… Comme prétendre la maison vide était impossible en raison de la lumière visible depuis dehors, j'avançais jusque devant la porte, mon colocataire sur mes talons. Un coup d'œil au judas enleva tout doute.

Enveloppée dans une cape de voyage sombre, le sage de l'Ombre se tenait sur le perron, ses cheveux blancs coiffés en une queue de cheval dont quelques mèches rebelles tombaient sur son visage. Je la laissais entrer, remarquant qu'une fine pluie avait commencé à tomber.

Assise dans le fauteuil non loin de Sheik, je sentais son regard me détailler tandis que j'apportais un verre d'eau. Un silence s'installa, semi pesant, empreint de réflexions et de questionnements intérieurs. Elle ne parla pas beaucoup, se contentant de répondre aux questions du jeune sheikah. L'épée avait été cachée non loin de la barrière en bois, mais seul le nouveau héros du temps pourrais la retirer. Les autres sages avaient été fortement bouleversés à l'annonce funeste, tous cherchaient de leur côté un possible candidat mais aucuns n'avait donné de réponses. La seule chose sure était que la Triforce du Courage que possédait Link n'était pour l'instant pas réapparue.

Le tonnerre grondait, les éclairs zébraient le ciel, illuminant la pièce l'espace de quelques micros secondes. J'adorais les orages, j'avais toujours été fascinée par les dessins que pouvait dessiner la foudre dans le ciel ténébreux, cette atmosphère m'avait permis d'écrire plusieurs petits textes et poèmes. Le sommeil ne venant pas, je m'assis devant mon pc, programme d'écriture ouvert. Les yeux fermés, je fis le vide avant de poser mes mains sur le clavier, laissant l'inspiration momentanée prendre possession de mon esprit et lui dicter les phrases. Alors qu'un éclair zébra le ciel encore une fois, une image m'apparut, comme un flash. J'empoignais mon carnet de croquis et m'empressais d'immortaliser cette vision.

Une fois fini, j'éteignis mon portable, le rangeais et regardais enfin mon dessin.

Une jeune femme aux longs cheveux sombres, dans une magnifique robe. Un long ruban orné de dentelles servant de col et tombant sur les épaules, le haut de la robe assez moulant rehaussé par un corset à la taille brodé d'arabesque et des trois triangles de la Triforce. Accroché au corset, deux longue draperies parsemées de courbes et d'un symbole qui m'était déjà apparu avant que je ne rencontre Sheik, ainsi que plusieurs voiles transparents superposés recouvrant une longue jupe. Elle tenait dans ses bras un nourrisson, bien au chaud dans une grande étoffe.

En regardant de plus près, la jeune femme me ressemblait beaucoup, elle avait le même détail qui me différenciais des autres sur un dessin en noir et blanc… Les oreilles pointues…

Je me sentais bizarre, cela pouvait-il être moi ? Pourquoi avais-je un bébé dans les bras ? Une immense tristesse s'empara de moi, ma vue se brouilla et je fus forcée de fermer mon carnet pour ne pas abîmer le croquis avec mes larmes.

Je me couchais dans mon lit, face à la fenêtre pour cacher mon trouble et faire croire à mon colocataire que je dormais. Il n'était sans doute pas dupe car j'entendis ses pas se rapprocher de mon lit.

Il ne prononça cependant aucun mot, s'asseyant sur mon lit et jouant quelques notes sur sa lyre. Une mélodie apaisante, celle sur laquelle j'avais chanté en classe. Je m'endormis peu à peu, bercée par les notes tandis qu'une voix chantait les paroles dans ma tête, une voix inconnue mais douce et réconfortante.

Dernier jour de cours, une journée comme les autres en soit, mais chez mes camarades l'effervescence était palpable. Tous avaient hâte que la journée se finisse et j'avoue que je ne faisais pas exception, j'avais les informations nécessaires pour la confection des costumes et le froussard ne m'avais pas trop agacée, à mon grand étonnement. Le cours de français n'était pas ennuyant mais personne n'arrivait à se concentrer, même Eden semblait ailleurs…. Sans doute prévoyait-elle déjà les séances photos auxquelles je serais forcée de participer…. La pose sonna enfin et tout le monde se précipita dehors pique-nique à la main. Je parti en direction de mon casier où j'y avais déposé mon midi en arrivant, rien de bien particulier, un simple casier contenant quelques livres soigneusement rangés, ma boite a bento et mon thermo. D'autres élèves avaient décoré le leur d'autocollants, photos ou petits mots mais je n'en voyais pas l'intérêt, surtout sachant que Leslie aurait pris un plaisir fou à tout gâcher.

(lucas) - Aaaah, enfin, je meurs de faim !

(reina) - Comme toujours.

(lucas) - Hey ! C'est pas vrai !

(reina) - Tu as tout le temps faim.

(lucas) - …..Ouais et alors ?

(eden) - Ca prouve que tu es en bonne santé, non ?

(reina) - C'est clair que s'il ne veut rien manger, il faut s'inquiéter.

(lucas) - Très drole.

(eden) - Tu as quoi dans ta boite, Reina ?

(reina) - On a fait un plat froid hier, comme il en restait assez j'en ai rempli les bentos.

(lucas) - Et c'est quoi ?

(reina) - Salade de pâtes avec petits légumes.

(eden) - Parfait par un temps pareil.

(lucas) - Je trouve qu'il fait bon moi.

(reina) - 27° à l'ombre ?

(lucas) - Ouais, c'est génial, manque juste un hamac, la mer et les palmiers.

(eden) - C'est pour bientôt, un peu de patience. Enfin pour le hamac je sais pas ou tu va en trouver un.

(lucas) - J'en ai trouvé un dans mon garage hier en aidant maman à ranger. Elle veut se débarrasser de vieilles affaires.

(eden) - Elle va faire un "vide grenier" ?

(lucas) - J'en sais rien encore.

Un petit vent frais était venu frôler notre petit groupe isolé sur le toit, à l'ombre du débarra. Sheik était assis contre la rambarde, les yeux fermés, Lucas affalés au soleil et Eden allongée, fixant rare les nuages trônant dans le ciel azur. J'étais assise contre le mur, regardant l'horizon quand un brouhaha attira notre attention. Dans la cour plusieurs personnes s'étaient amassées autour de la princesse et de ses groupies. Elle s'en prenait encore à Elena, Amaël s'était interposés et la pimbêche rageait. Qu'avait-elle encore ? La sonnerie de reprise des cours mit fin à la dispute apparente, en descendant vers la classe, je pus voir Elena en pleur, consolée tant bien que mal par notre prince de Lumière. La broche et les petites dentelles que j'avais aperçues plus tôt avaient disparu de son uniforme. En rangeant ma boite et mon thermo je remarquais une petite enveloppe tombée par l'ouverture du casier. Mon nom y était inscrit à la plume en une belle écriture calligraphiée.

(elena) - Ah, Reina… J'avais trouvé ses lettres dans différents endroits et j'avais oublié de les mettre directement dans ton casier. Tien.

(reina) - Merci. Ou les as-tu trouvée ?

(elena) - Une dans le couloir, par terre, une autre dans les vestiaires et la dernière sur un banc dans notre classe, comme il y a ton nom dessus…..

(reina) - C'est gentil, mais …

(lucas) - Hey ! Salut, il s'est passé quoi avec la princesse ?

(elena) - Oh pas grand-chose…

(reina) - Fous lui la paix Lu, elle a pas envie d'en parler ça se voit bien.

(lucas) - Oh, ça va, je fais rien de mal…

(elena) - C'est pas ça… C'est que… Le règlement est clair la dessus et j'étais en tord….

(eden) - Je me souviens pas avoir lu qu'il était interdit de porter quelconque bijoux ou dentelles dépassant de l'uniforme. Tant que l'uniforme en lui-même n'est pas modifié, bien que ce point la non plus n'est pas clairement expliqué dans leur texte.

(elena) - …. Merci mais ça va aller.

(amael) - Elle les lui a arraché, devant tout le monde. Elle mérite une sanction.

(lucas) - Peut être mais que compte tu faire ? Personne n'ira contre elle…

(amael) - Pourquoi ? Juste parce que sa mère est amie avec le proviseur ?

(lucas) - Tout à fait.

(leslie) - Encore vous ? Tu fais copine avec la sorcière en espérant qu'elle me jette un sort ?

(elena) - Je …. Je voulais…

(leslie) - Tu voulais quoi ?! Te plaindre ?! Arrête de pleurer comme un bébé et estime toi heureuse que je ne te dénonce pas.

(eden) - …

(amael) - Viens, on va régler ça plus tard.

(leslie) - Pfff… C'est ça, disparaissez. Qu'est-ce que t'as à me regarder comme ça toi ?

Eden la fixait d'un regard quasi indescriptible. Je n'arrivais pas à savoir si elle allait intervenir de quelconque manière ou simplement lui lancer un regard pour la déstabiliser. J'étais sure d'une chose cependant, vu la tête d'Amaël, il n'allait pas en rester là.

J'avais profité du cours de math pour détailler les enveloppes que m'avait donné Elena. Toutes étaient pareilles avec la même écriture calligraphiée que sur celle de mon casier. Drôle d'endroits pour déposer des lettres… Sans doute son auteur les avait-il laissé tomber par mégarde, ou les avait oubliées. Mon colocataire avait jeté quelques coups d'œil furtif pendant le cours, peut être pensait-il qu'elles venaient d'Impa.

(lucas) - Alors ? Qu'est-ce qu'elle contient ?

(eden) - Attend elle a pas encore ouvert.

(lucas) - Une lettre d'amour ?

(eden) - C'est une belle écriture en tout cas.

(reina) - C'est juste une lettre dans mon casier, rien d'autre, pas la peine de s'extasier.

(eden) - Tu oublies les autres…

(lucas) - Quelle idée de les laisser dans les vestiaires…

(eden) - Elle a précisé aussi qu'il y en avait une sur un banc dans la classe à côté.

(reina) - Tu veux ouvrir une agence de détective avec Lucas ?

(eden) - Pourquoi ? Quoi que c'est pas une mauvaise idée.

Une vraie gosse…. Je rangeais mes lettres dans mon sac et parti pour la classe de chorale.

La pièce avançait de plus en plus, il ne manquait plus que les costumes. Les décors étaient déjà tous fini et en place. Mon personnage évoluait dans un environnement bien sombre, le scénario d'Eden me plaisait bien finalement.

Les profs avaient fait passer les élèves les moins surs de leur texte en premier et en dernier pour leur mettre la pression, j'en avais profité pour ouvrir une des lettres mystérieuse.

"A la plus belle des roses noires,

Entourée de tes épines, ton parfum se diffuse au gré du vent,

Sucré et envoûtant,

Mais fatal lorsque l'on vient te cueillir.

Je ne suis pas de ceux qui tentent de s'attirer ta douceur,

Cachant leur cisailles derrière leur dos,

Je serais plus celui qui viendrait à toi sans intentions,

Parapluie à la main pour te protéger des larmes du ciel,

Te donnant mon manteau pour te préserver du froid mordant de l'hiver.

T'apportant de l'eau les jours de sécheresse….

Je n'attends rien en retour,

Si ce n'est de ne jamais te voir fanée."

Le texte était assez court mais aucune signature. J'en ouvrai une autre dans l'espoir de trouver une trace mais rien, aucune d'entre-elles n'indiquait qui était mon admirateur. Curieuse façon de séduire…. Jamais mon prénom n'apparaissait dans ses petits poèmes, toujours une métaphore, tantôt princesses de la nuit, tantôt rose noire. La seule qui me paraissait vraiment adressée à moi était celle qui m'appelait Alice et faisait référence à la pièce. Ces messages d'admiration et déclarations cachées m'intriguaient et me gênaient quelque part. Qui pouvait bien être cet élève à la plume si délicate…. La sonnerie de fin des cours me sorti de mes songes. Les cris et acclamations de mes camarades résonnaient dans la salle de cour, le professeur vint me remercier de m'occuper des costumes avec Lucas tandis que je rangeais rapidement mes affaires dans mon sac.

Sheik avait regardé les lettres posées sur la table toute la soirée sans rien dire ni même demander ce qu'elles contenaient. Eden m'avait fait remarqué que lorsque Lucas avait évoqué une lettre d'amour, il aurait eu une drôle de réaction sans m'en dire plus…. Ce pourrait-il qu'il les ait écrites ? Pourtant l'écriture des lettres et celle que je voyais sur ses feuilles étaient en tout point différentes…. Peut être Eden s'était-elle trompée… A cette pensée, sa réaction par rapport à Aramis lors du voyage me revint en tête….. Pourquoi avait-il réagit ainsi ? Tant de questions qui s'ajoutaient à une longue liste….

(sheik) - Encore préoccupée ?

(reina) - !

J'avais sursauté au son de sa voix. J'étais arrivée devant ma chambre, lui devant la sienne. Je me serrais sans doute cognée à ma porte fermée s'il ne m'avait pas sorti de ma torpeur.

(sheik) - Désolé…

(reina) - Non, ça va, je pensais c'est tout…

(sheik) - …..

(reina) - …

(sheik) - …..Tu veux me demander quelque chose ?

(reina) - ! …. Pourquoi…

(sheik) - …..

(reina) - ….Pourquoi tu es persuadé de me connaître ?

(sheik) - …..

(reina) - ….oublie….. Bonne nuit

Sa main se referma sur mon poignet, m'empêchant de fuir….. Je voulais revenir en arrière et ne pas poser cette question…..

(sheik) - Je ne sais pas l'expliquer….

Sa voix terminant de me capturer…. Je croisais ses yeux de feu, la tornade dans mon esprit se dissipant à grande vitesse. Pouvait-il voir mon œil rubis sous mes mèches d'ébène ?

(sheik) - Du moins pour l'instant…..

(reina) - ….

(sheik) - Pourquoi ne lui as-tu pas posé la question ?

(reina) - …

(sheik) - …..Tu ne lui fais pas confiance ?

(reina) - ….. Ce n'est pas ça… Elle ne me répondra pas…

(sheik) - Cela ne te coûte rien de demander, si ? Tu n'as rien à perdre quand on y pense.

(reina) - ….

(sheik) - …. Bonne nuit Reina.

(reina) - ….

Le téléphone sonna tôt le lendemain, Eden voulait m'aider dans les costumes et en profiter pour vérifier les dires de Lucas sur ma garde robe. Certes j'avais retouchés quelques vêtements par-ci par-là, mais cela n'était pas si exceptionnel.

(eden) - woaaaaaaaaaaaa ! Ca c'est de la garde robe !

(reina) - ….. Ce n'est que mes vêtements d'été…..

(eden) - D'été ? Où sont ceux d'hiver ?

(reina) - Dans le grenier avec d'autres malles de bric à brac.

(eden) - Oh je peux les voir ? S'il te plait.

(reina) - …..

L'emmener au grenier n'était pas une si bonne idée mais je n'avais pas su résister à ses yeux larmoyants digne du chat Potté. Elle fouilla un peu partout, sortant parfois des vieux vêtements oubliés. J'en profitais pour trier ce que je pouvais redescendre.

(eden) - Oh… C'est quoi ça ? Un vieux livre ?

(reina) - C'est possible…. Sûrement ramené par Amy.

(eden) - Pourquoi tu l'appelles toujours Amy et non maman ?

(reina) - C'est pas ma vraie mère et elle n'a jamais agit comme tel envers moi. Elle piquait des crises quand j'étais petite si j'avais le malheur de prononcer le mot maman, depuis je l'appelle par son nom.

(eden) - Je vois….….Dis….

(reina) - Tu veux l'avoir ?

(eden) - Euh… Emprunter si tu préfères…

(reina) - C'est comme tu veux.

(eden) - Oh Merci, j'avais plus rien à lire, c'est génial.

(reina) - Tu as fini " Principes fondamentaux de la manipulation mentale" ?

(eden) - Comment tu sais que je l'ai lu ?

(reina) - Tu l'avais à la montagne.

(eden) - Ah oui, je l'ai fini en rentrant du voyage, c'était un livre assez intéressant.

(reina) - …..Intéressant ? Tu comptes t'en servir contre Leslie ?

(eden) - Euh non, du moins je n'y pensais pas.

(reina) - T'aurais-je donné une idée ?

(eden) - Qui sait….. Je n'apprécie pas forcément Elena mais le comportement de cette fille m'exaspère.

(reina) - Il y a longtemps que j'ai dépassé ce stade.

Elle sourit à ma remarque et m'aida à descendre ce qu'elle et moi avions mis sur le coté. Quelques babioles et livres mais surtout deux cartons de fringues que je m'empressais de ranger pour ne pas perdre de place.

(lucas) - Alors la pèche à été bonne ?

(reina) - Oui j'ai même retrouvé un de tes doudou, tu en as encore besoin ?

(lucas) - Très drôle Rain.

(reina) - Question stupide…..

(lucas) - T'as vu, j'ai pas menti.

(eden) - C'est une garde robe digne d'une couturière. Dans un style parfois goth et lolita.

(reina) - …

(eden) - Par contre je comprends pas pourquoi y a autant de fringues pour mec dans ton grenier.

(lucas) - Rain aime s'habiller en garçon.

(eden) - C'est vrai ?

(reina) - Amy ramène souvent des sacs de vêtements pour Lucas quand elle passe par ici.

(eden) - C'est plutôt gentil.

(reina) - J'ai jamais dis qu'elle était un monstre.

(eden) - C'est juste que tu parles rarement d'elle.

(reina) - …

(lucas) - Disons qu'elles ne sont pas proches.

(eden) - …Désolée.

(reina) - Tu n'as rien fait de mal.

(lucas) - C'est quoi ce gros truc ? T'avais un vieux grimoire et tu m'en as jamais parlé ? Je savais que t'étais une sorcière !

(reina) - Vieux grimoire ? Ah ça, c'est un vieux livre qui traînait.

(lucas) - Oh… Il parle de quoi ?

(eden) - Attends je vais ouvrir pour voir le titre à l'intérieur.

(lucas) - C'est vraiment un vieux livre, y a même pas de titre sur le coté.

(eden) - La tranche.

(lucas) - …..Si tu veux.

(eden) - Oh…. C'est pas un livre, c'est un album photo.

(lucas) - Ah bon ?

(reina) - !

J'ignorais posséder une telle chose. Amy avait toujours refusé de faire un quelconque album depuis que j'étais entré dans sa vie. Il devait donc dater….. Eden me regardait avec appréhension, attendant sans doute que je lui reprenne des mains. Je n'avais laissé aucune photo dans la maison, la seule qui restait était dans le tiroir de ma table de nuit. Une vieille photo de moi et mon père lors du festival. Je n'arrivais pas à supporter les moments de bonheur passé avec lui alors que maintenant il n'était plus là….

(eden) - On peut le regarder ?

(reina) - …

(lucas) - Pourquoi on pourrait pas ? …. Hein Rain ?

(reina) - ….Si tu veux.

(eden) - Trop cool.

Ils regardèrent les vieilles photos d'Amy et de mon père. L'album retraçait leurs vies avant mon adoption, après les photos se faisaient rares.

(eden) - Pourquoi y pas de photos de vous après ton arrivée ?

(lucas) - C'est sa mère qui a fait l'album…

(eden) - Oh…..

Elle ne m'avais jamais accepté, même après son changement de comportement l'album était resté au grenier, certes il y avait quelques photos d'après sa mort mais elle prétendais toujours vouloir les garder dans une boite pour ne pas les perdre….. C'était sa façon de tourner la page sans doute.

Un silence pesant s'installa entre nous, Eden semblait à la fois désolée, le regard sur les vieilles photos et révolté contre ma mère adoptive…. Lucas essayait de trouver quelque chose pour briser ce silence tandis que mon colocataire restait assit dans le fauteuil, me jetant de brefs regards.

(lucas) - Et les costumes ? T'as avancé ?

(eden) - Comment veut-tu qu'elle ait avancé depuis hier ?

(lucas) - ….Je sais mais….

Je remerciait intérieurement mon ami, le silence allait enfin ce dissiper.

(reina) - Ca va….. J'ai juste marqué les mesures avec les croquis dans mon carnet pour que ce soit plus clair. Je m'occuperai des découpes après.

(lucas) - N'oublie pas que ma mère veut bien t'aider, tu n'a qu'à lui donner les mesures et le matériel donné par l'école et elle s'en occupe.

(reina) - Merci.

L'après midi fut consacré aux découpes et autres besoins pour les costumes. Je m'occupait des principaux rôles et déléguait le reste à la mère de Lucas. Ce n'était pas très difficile mais cela prenait du temps, je n'eu fini que tard dans la soirée.

Vers 21h le téléphone sonna.

(eden) - Salut, je sais qu'il est tard mais je me demandais si on ne pouvais pas aller à la plage ?

(reina) - Demain ?

(eden) - Oui, ou après.

(reina) - Pourquoi faire ?

(eden) - ….Bah… Des photos ? J'ai eu de chouettes idées en voyant tes fringues….

(reina) - …..

(eden) - T'es toujours la ?

(reina) - Oui…

(eden) - Tu veux bien ? Et puis je pense que ça nous changera un peu d'aller à la mer après ce qui c'est passé à la montagne…..

(reina) - Sans doute… T'en as déjà parlé avec Lu ?

(eden) - Lucas ? Oui en sortant de chez toi.

(reina) - ….

(eden) - Il ne sait pas s'il est libre, il me dis quoi demain.

(reina) - J'y réfléchirais.

(eden) - Ok, merci je te rappelle demain.

(reina) - A demain.

C'est vrai que la mort du vieil Hermite sous nos yeux n'avait pas été facile, même si on ne le connaissait pas trop. Sans doute pouvions-nous aller nous changer les idées au bord de l'eau… Sheik était monté prendre une douche, j'en profitais pour ranger le gros album dans la bibliothèque du salon, parmi les livres de recettes et autres bouquins.

Une immense étendue d'eau se dressait devant moi, la plage était trop éloignée, je plongeais dans l'eau en essayant d'éviter de drôles de coraux. Plus profondément une silhouette me tendait les mains désespérément mais je n'arrivais pas à l'atteindre comme si à chaque fois que je m'approchais d'elle, la silhouette s'enfonçait un peu plus dans les abysses.

Je me réveillais sans me souvenir vraiment de mon rêve, il ne me restait que l'impression d'avoir échoué…. Je descendis, encore dans mes pensées, sans vraiment voir mon colocataire, il regardait un morceau de papier avec insistance. (r)"Sans doute un mot d'Impa."

Eden débarqua une heure plus tard, avec un sac à dos rempli et une grosse pochette devant contenir son appareil photo.

(eden) - Je me suis dis qu'en passant chez toi avant de partir, je pourrais partager mes idées de photos. On monte ? Oh bonjour Sheik.

(sheik) - …..Bonjour.

(reina) - …..Vas-y j'arrive.

(sheik) - … On va quelque part ?

(reina) - ..On dirait bien…. Eden et Lucas voulais se changer les idées après ce qui c'est passé à la montagne. Ils veulent aller à la mer.

(sheik) - …..

(reina) - Tu préfères rester ici ?

(sheik) - Non, c'est mieux que je vous accompagne.

(reina) - Ok, je monte quelques minutes et je m'occupe du reste.

(sheik) - …