Chapitre 10 : Le manoir Malfoy et les vacances chez les Weasley
Le manoir Malfoy, bien que grandiose, était loin d'être l'habitation la plus sécurisée de Grande Bretagne. Oh, évidemment, s'il avait essayé de passer par le portail et l'allée principale, un bon nombre de maléfices l'auraient, au mieux, condamné à vie à Ste Mangouste. Mais il n'était pas question pour Harry de passer par là.
C'est pourquoi il rampait présentement sous la faille du bouclier encadrant le domaine.
C'était en exploitant cette faille qu'ils avaient fait exploser les protections en 1999, mais aujourd'hui, pas question de destruction : il devait agir avec discrétion s'il voulait réussir sa mission. Il avait amené sa cape d'invisibilité et avait prévu un sort d'illusion pour camoufler son identité en cas d'imprévu.
Une fois la barrière passée, il se redressa et courut jusqu'à l'arrière du manoir pour trouver la terrasse tape-à-l'œil dans laquelle les Malfoy devaient sûrement recevoir leurs invités. Un simple Alohomora lui ouvrit la porte de verre et il entra en silence. De grandes plantes exotiques remplissaient une partie de l'espace, entourant une table basse et quelques fauteuils d'allure confortable que Harry contourna pour atteindre la porte suivante. Il fut alors dans un couloir que la lune n'éclairait que peu. Harry ne lança pas de Lumos pour autant, se fiant à ses souvenirs et aux contours des murs qu'il entrapercevait pour atteindre le Grand Salon du manoir.
Il prit le soin de lancer un sort de détection pour s'assurer qu'il n'y avait personne à l'intérieur avant de s'y glisser sans un bruit.
Il n'avait pas le moindre bon souvenir de cette salle. Ils y avaient été amenés de force, Hermione y avait été torturée, Bellatrix avait poignardé Dobby, et après qu'il ait conquis le manoir, c'est également là qu'on lui avait annoncé la mort de Seamus.
Mais il n'était pas là pour se remémorer le passé. Il se dirigea donc vers l'entrée de la chambre secrète sur laquelle il pointa sa baguette, commençant à invoquer à voix basse. Au bout de très longues minutes où il craignit de voir apparaître à tout instant un elfe ou un Malfoy, la porte se déverrouilla enfin et apparut à ses yeux. Sans perdre de temps, il se glissa à l'intérieur pour inspecter les lieux.
Il l'avait toujours connue en tant que cellule, mais comme prévu, ce n'était pas le cas avant le retour de Voldemort. En deuxième année, quand ils avaient infiltré la salle commune de Serpentard en cherchant l'héritier, Malfoy avait dit que son père cachait des objets précieux et dangereux dans une chambre secrète sous son Salon, Harry s'en rappelait bien parce que Ron avait été ravi de le répéter à son père. La chambre en question était remplie d'étagères bien ordonnées, où chaque objet était mis en valeur. Il pouvait se permettre de les exposer autant ici après tout : à moins de savoir exactement où se cachait la chambre et avoir l'autorisation de pratiquer des contres-sorts de magie noire, le ministère n'avait aucune chance d'arriver ici.
Ce qui n'était pas son cas.
Après quelques pas, il trouva ce qu'il cherchait : le journal. Encadré de dorures et de velours, mis sur un socle d'argent et tenu vertical par une sculpture de serpent en marbre blanc, le pauvre journal d'écolier faisait triste mine de par sa banalité.
Harry sortit sa baguette et jeta un sort d'analyse avant de grimacer : il y avait sur le livre plus de sorts de protection que sur le reste du manoir. Sans compter qu'il n'était pas sûr de savoir se débarrasser de tous, il aurait plus vite fait d'attendre le chaudron de Ginny que de les enlever un par un.
Passant d'un pied sur l'autre, nerveux, Harry cherchait quoi faire. Il ne pouvait pas enlever le journal, mais le détruire ici ne semblait pas plus prudent : avec tous les objets de magie noire autour, il risquait une réaction en chaîne qui lui ferait à coup sûr perdre la vie avant d'avoir pu s'occuper de la bague et du médaillon. Il regardait autour de lui, à la recherche de quelque chose d'utile pour le sortir de cette impasse, quand ses yeux tombèrent sur exactement ce qu'il cherchait : un bloqueur de magie !
C'était inespéré ! se réjouit Harry en s'approchant plus près. Cela se présentait sous la forme d'un vieux gant gris, légèrement rongé par les Doxys, sur le dos duquel une rune compliquée avait été brodée en fil de Murlap. Il ne pensait vraiment pas en voir un ici un jour.
D'un autre côté, il n'était pas si étonnant qu'une famille comme les Malfoy ait un pareil objet. Bon, il semblait plus vieux que celui dont Neville avait hérité de sa famille, mais toujours fonctionnel.
Sachant pertinemment qu'aucun bouclier ne le protégeait puisque c'était justement pour les contrer que le bloqueur avait été créé, Harry se saisit de l'artefact pour le glisser sur sa main gauche. Il se retourna ensuite vers le journal en approchant sa main, décidé à en finir, quand il vit qu'il était retenu à une bonne dizaine de centimètres par une protection invisible résistant apparemment au pouvoir du bloqueur.
Harry jura, sans être très surpris pour autant : il aurait été complètement sot de laisser le journal vulnérable face au bloqueur, ce serait comme mettre la clef à côté du coffre-fort.
Il détourna les yeux et c'est ainsi qu'il croisa un regard aussi vert que le sien.
- Dobby ! s'exclama-t-il sans pouvoir s'en empêcher.
L'elfe de maison écarquilla les yeux.
- Harry Potter connaît le nom de Dobby !
- Que fais-tu là ? demanda Harry en s'éloignant du journal.
- Le maître a ordonné à Dobby de surveiller la Chambre et de le prévenir si quelqu'un volait un objet, Monsieur. Je dois le prévenir !
Dobby semblait déchiré à l'idée d'agir contre Harry, mais ne pouvait pas désobéir à un ordre direct de sa famille. Il ne fallut pas longtemps à Harry pour prendre sa décision. Il saisit l'objet qui avait l'air le plus cher et le moins protégé, histoire que Malfoy ne le soupçonne pas d'être venu pour le journal, et déclara :
- Alors va le prévenir. Et si tu veux un conseil d'ami, tu devrais rester près de ton maître durant les prochaines minutes.
Sur ces mots, il sortit de la chambre et traversa rapidement le Grand Salon pour pénétrer dans le long couloir qui menait à la sortie. Devant lui, il distingua l'immense porte donnant sur l'extérieur, encadrée par une statue de paon d'un côté et d'un portemanteau de l'autre. Il s'y précipita, mais bien avant de l'atteindre, un sort s'écrasa sur le sol à quelques centimètres de ses pieds.
Le sort d'illusion bien en place sur son apparence, il fit volte-face pour voir Lucius Malfoy, vêtu d'une robe de chambre verte et les cheveux décoiffés, brandir sa baguette de l'autre côté du couloir, collé de près par Dobby.
Harry plissa les yeux en voyant l'elfe puis agita sa baguette. Aussitôt, le portemanteau et tout ce qu'il soutenait se détacha du sol et passa près de Harry pour foncer droit sur le Sang-Pur. Celui-ci repoussa l'objet d'un sort et frappa du revers de la main une écharpe qui s'en était détachée.
Un sourire terriblement satisfait éclaira le visage de Harry quand il vit l'elfe de maison attraper le vêtement au vol.
- Le maître a donné un vêtement à Dobby...
Malfoy s'immobilisa, les yeux écarquillés fixant Harry, comme s'il n'osait pas se retourner vers son elfe de maison qui continua :
- Le maître a repoussé l'écharpe et Dobby l'a rattrapée ! Dobby est libre !
Malfoy fit volte-face vers lui mais Dobby transplana aux côtés de Harry avant de se faire frapper par le Sang-Pur. Il attrapa alors la robe de Harry et l'emporta avec lui dans un craquement sonore.
Ils atterrirent au milieu de l'allée des Embrumes et Harry éclata de rire sans pouvoir s'en empêcher. Il n'avait peut-être pas récupéré le journal, mais voir l'arrogant Sang-Pur avoir une expression si éberluée avait tout de même valu le détour !
Quant au journal, ce n'était pas si grave : il pourrait toujours s'en occuper l'année prochaine.
- Harry Potter a libéré Dobby... gémit l'elfe qui froissait la robe noire de Harry entre ses doigts. Harry Potter a fait exprès parce qu'il connaissait Dobby.
- C'est vrai, répondit Harry en se calmant. Je te connais et tu étais mon ami, même si tu ne peux pas t'en souvenir.
- Est-ce qu'on a effacé les souvenirs de Dobby ? s'inquiéta-t-il en écarquillant ses yeux en forme de balle de tennis.
Harry jeta négligemment l'objet de son vol sur le sol et revêtit sa cape d'invisibilité pour sortir de la rue malfamée. L'elfe le suivait de près, le visage tourné vers Harry comme s'il continuait de le voir.
- Non, répondit finalement Harry à voix basse. Tu ne t'en souviens pas parce que, pour toi, ça n'est pas encore arrivé.
- Oooh, s'exclama Dobby en secouant énergiquement ses oreilles. Harry Potter est un grand sorcier, monsieur ! Et Dobby est très flatté d'être l'ami d'un sorcier puissant et généreux !
Il finit sa phrase en se mouchant dans sa taie d'oreiller tant il était ému avant d'enfiler l'écharpe de Malfoy autour de son cou.
Harry n'aurait sûrement pas dû, mais il ne pouvait s'empêcher d'être heureux d'avoir libéré l'elfe de maison. Il n'avait jamais réussi à se pardonner pour ce qui lui était arrivé avec Bellatrix Lestrange. Dobby était mort dans ses bras, comment aurait-il pu ne pas tout faire pour se faire pardonner et lui offrir la vie qu'il méritait ?
- Mais maintenant que Dobby est libre, que pourrait-il faire ?
Pénétrant dans l'allée principale du Chemin de Traverse, Harry répondit :
- Je ne sais pas, qu'est-ce que tu aimes faire ?
- Dobby aime...
Harry l'observa froncer ses fins sourcils pour se concentrer. Ils avaient dépassé le magasin de Quidditch quand l'elfe secoua la tête d'un air dépité.
- Dobby ne sait pas, Dobby ne connaît pas bien les choses agréables.
- Alors tu devrais prendre le temps de les découvrir, maintenant que tu es libre. Attends, tiens, lui dit-il en glissant quelques Gallions en-dehors de sa cape d'invisibilité. Tu pourras t'acheter des vêtements propres, ce sera déjà un bon début.
- Harry Potter a donné de l'argent à Dobby ! s'exclama-t-il en contemplant le contenu de sa main d'un air halluciné. Et Dobby a toujours rêvé d'avoir des vêtements, il lave sa taie tous les jours, mais il aimerait bien avoir de vrais vêtements. Harry Potter est si gentil !
- C'est pour te remercier. Si tu ne m'avais pas sorti du manoir, j'aurais été fichu.
Harry faillit tomber quand Dobby lui saisit brutalement les jambes et ne comprit qu'après coup que Dobby l'enlaçait quand il l'entendit sangloter. Mal à l'aise, Harry lui dit « allons, allons » jusqu'à ce que Dobby se calme suffisamment pour le lâcher.
- En échange, ne dis jamais que c'est moi qui ai cambriolé Malfoy.
- Dobby promet !
C'est avec un sourire ravi, même s'il n'avait pas pu remplir sa mission première, qu'il décida de rentrer au Chaudron Baveur pour le reste de la semaine.
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Harry revenait de Gringotts où il avait pu rencontrer en personne les gobelins avec qui il conversait régulièrement quand une voix bien connue tonna :
- Harry ! Tu ne devais pas être chez tes Moldus pendant les vacances ?
Accoudé au bar du pub, Hagrid lui fit un large signe du bras, comme si Harry avait risqué de ne pas le remarquer sans cela, alors qu'il dépassait tout le monde de deux bonnes têtes, même assis. Le jeune sorcier se dirigea vers lui et s'assit à côté, cherchant rapidement une excuse à lui fournir :
- En fait, mon oncle et ma tante n'ont pas voulu que je rentre avant l'été, mais comme je ne m'étais pas inscrit sur la liste des élèves restant à Poudlard, j'ai décidé de venir ici. Vous m'aviez dit une fois qu'ils avaient des chambres. Je reste au Chaudron Baveur jusqu'à vendredi et après j'irais chez Ron.
En fait, il n'était absolument pas sûr que Hagrid le lui ait dit, mais comme il était un habitué du pub, il l'avait sûrement sous-entendu au cours d'une conversation. Ou du moins, il aurait pu le faire, ce qui suffisait.
- Ah, ces Moldus ! J'ai toujours pensé que c'était une mauvaise idée de te laisser là-bas, mais Dumbledore maintient que c'est pour ta protection.
- Pourquoi Harry Potter aurait-il besoin de protection, voyons ? demanda le sorcier qui avait payé le repas de Harry la veille.
- À cause de Tu-Sais-Qui bien sûr, grogna Hagrid en attrapant brutalement sa chope. Si tu penses qu'il n'essaiera pas de se venger quand il reviendra...
- Oh, encore ces histoires... marmonna une sorcière derrière eux.
- Hagrid, intervint Tom en saisissant sa chope vide pour la remplir à nouveau. Si tu pouvais éviter de parler de ça dans mon bar, j'apprécierais. On sait tous ce que tu en penses, mais ça fait plaisir à personne de se rappeler de ce temps-là.
Hagrid grogna et accepta sa chope sans rien ajouter de plus tandis que Harry, un peu gêné d'avoir assisté à ce genre de dispute, restait bien immobile sur sa chaise.
Il était bien content que personne ne l'ait pris à parti, il était trop tôt à ses yeux pour affirmer ce qu'il savait aux yeux de tous. Heureusement, ils changèrent ensuite de sujet, parlant un peu de Poudlard avec Hagrid. Le demi-géant finit par s'excuser et annonça qu'il devait retourner au château mais qu'il reviendrait le voir.
Harry passa le reste de la semaine au Chaudron, comme prévu. Il passait la majorité de son temps dans l'un des petits salons du pub, comme celui où le Ministre l'avait emmené en 1993 après qu'il eût fait gonfler la tante Marge et s'était enfui de chez les Dursley.
Peu de gens étaient au courant, à part les habitués du pub, mais Harry avait aussi reçu la visite de sorciers et sorcières inconnus. Parfois, ils venaient juste parler, parfois ils lui proposaient de l'aide pour ses devoirs... Mais d'autres fois, la raison de leur venue était plus sombre : ils venaient pour lui raconter des choses.
- Je suis née-Moldue, lui avait expliqué une vieille femme un jour. Des Mangemorts étaient sur le point de me tuer et de tuer ma famille quand tu as détruit le Seigneur des Ténèbres. Ils se sont tordus de douleur à cause de leur marque sur le bras et j'ai pu m'enfuir avec mon mari et mes enfants. Ce jour-là, c'est toi qui m'as sauvé la vie.
Harry n'avait jamais parlé de ce genre de chose avec les gens qui avaient connu la première guerre, encore moins si ouvertement. Cette sorcière n'était pas comme Dumbledore ou Mrs Weasley, elle ne lui cachait pas la vérité sous prétexte de son âge, même quand la vérité est sombre ou cruelle, et Harry était prêt à tout entendre.
Comme cette vieille sorcière, d'autres personnes étaient venues se confesser et Harry avait tout écouté, avait même parfois réconforté, et leur avait fait à tous une promesse : la prochaine fois que Voldemort émergerait, Harry le tuerait définitivement.
Il n'avait que onze ans, mais pour eux cela n'avait pas la moindre importance.
Car il était le Survivant.
Aux yeux de ces sorciers, il était déjà l'Élu sans même connaître l'existence de la prophétie. Voilà des alliés qu'il n'aurait pas besoin de convaincre si le Ministère tentait à nouveau de le discréditer.
Le vendredi venu, Harry envoya Hedwige à Ron pour lui annoncer son arrivée imminente, puis il finit de boucler ses affaires, cachant le bloqueur de magie au fond de son sac. Quand il descendit au rez-de-chaussée, tout le monde vint lui dire au revoir puis il put payer Tom qui lui fit son fameux sourire édenté.
- Reviens ici à l'occasion.
- Oui, monsieur.
Après un dernier tour de table, Harry parvint à sortir du pub et leva sa baguette pour attirer le Magicobus. Il mit plusieurs heures avant d'arriver devant chez Ron, le véhicule faisant de nombreux arrêts avant celui du Terrier. Pourtant, il n'avait pas accepté pour autant de manger sur place : il aurait sûrement tout vomi. Ce fut donc le ventre gargouillant qu'il s'engagea sur le chemin caillouteux menant au Terrier tandis que le bus repartait dans un « bang » sonore.
Ron, qui s'apprêtait à dégnomer le jardin, se précipita vers lui pour lui prendre son sac.
- Salut Harry, ça va ?
- Ça va ! Tu t'en sors avec tes devoirs ?
- M'en parle pas, c'est la première fois qu'on en a autant d'un coup et j'ai oublié mon livre de sortilèges à Poudlard. Je suis complètement en retard !
- J'ai fini les miens, je t'aiderai si tu veux.
Ron lui envoya un regard horrifié et Harry se dépêcha de se justifier avant que Ron ne le prenne pour une Hermione bis :
- Je ne les ai pas fait seuls ! Plein de sorciers au Chaudron Baveur m'ont aidé à les faire.
Il expliqua le même mensonge qu'il avait donné à Hagrid et Ron insulta copieusement ses Moldus.
- Ron ! Ton vocabulaire !
Ils venaient d'entrer dans la maison et, bien entendu, la mère de Ron avait tout entendu. Heureusement, comme pour sauver Ron d'une réprimande, le ventre de Harry se manifesta bruyamment.
- Harry, tu as l'air affamé ! Et tu es maigre comme un clou, va donc t'asseoir à table, je vais te préparer quelque chose à manger.
Il échangea un sourire avec son meilleur ami puis obéit à Mrs Weasley tandis que Ron commençait à lui raconter sa première semaine.
- ... et pour une fois que les jumeaux ne sont pas là, c'est beaucoup plus calme. Il y a bien Percy, mais il travaille presque toute la journée enfermé dans sa chambre, alors c'est tranquille.
Ils discutèrent un peu et, quand le repas fut prêt, Mrs Weasley renvoya Ron dégnomer le jardin le temps que Harry mange. Une fois assurée que son dernier fils lui avait bien obéi, elle sortit de la cuisine pour aller prévenir Percy de son arrivée.
Il en était presque au dessert quand Percy arriva, habillé très simplement et n'ayant même pas pris son insigne de préfet-en-chef, ayant probablement peur de le tacher. Harry se rappela seulement ensuite qu'à cette époque, Percy n'était pas encore préfet-en-chef.
Il salua poliment Harry et celui-ci lui répondit :
- Bonjour, Percy. Tes vacances se passent bien ?
- Ça peut aller, mais tu sais, être préfet demande beaucoup de travail et d'efforts au cours de l'année. Je dois donc profiter des vacances pour prendre de l'avance dans les études.
- Je comprends. D'ailleurs, je me demandais quelque chose...
Percy s'assit aussitôt à côté de Harry en le regardant attentivement.
S'il y avait quelque chose qu'il aimait encore plus que faire preuve d'autorité, c'était bien de répondre aux questions. Alors Harry demanda :
- Je sais qu'il faut d'excellents résultats aux BUSES et aux ASPIC pour entrer au Ministère, mais pourquoi être préfet et vouloir devenir préfet-en-chef ?
Percy, étrangement, rougit un peu.
- Eh bien... est-ce que tu connais mon frère Bill ?
- Ron m'en a déjà parlé, répondit Harry sans comprendre où il voulait en venir.
- À son époque, il était préfet de Gryffondor et préfet-en-chef ! C'est un poste prestigieux à Poudlard et j'ai beaucoup de respect pour lui.
- Vous étiez proches ?
- Très. Avec la naissance des jumeaux, maman était très occupée et n'avait plus trop le temps pour s'occuper de nous. Alors Bill a un peu pris sa place auprès de Charlie et moi. Il m'a appris à lire, à écrire et à compter... C'est vraiment quelqu'un de doué, alors je veux le rendre fier.
Harry sourit. C'était la première fois qu'il entendait Percy parler ainsi avec lui.
Après la mort de Fred, quand ils avaient commencé à se rapprocher, Percy était froid et calculateur, il était le porte-parole de l'Ordre et savait mieux que quiconque comment manipuler les gens... Mais il avait complètement cessé de parler du passé, même avec ses proches. C'est pourquoi cela faisait vraiment plaisir à Harry de le voir ainsi, et il ne put résister à l'envie de le taquiner en disant :
- Tu as l'air de beaucoup l'aimer, ton grand frère !
Les oreilles de Percy virèrent au rouge puis il balbutia qu'il devait aller au jardin pour aider Ron avant de s'y précipiter sous le regard amusé de Harry.
Mrs Weasley revint alors et Harry discuta un peu avec elle avant de rejoindre les deux frères à son tour, pour les aider dans la bonne humeur jusqu'à ce que, au coucher du soleil, Arthur Weasley pénètre dans sa propriété en poussant un joyeux :
- Bonjour les Weasley !
Sortant du jardin, les trois garçons lui rendirent son salut et Mr Weasley serra énergiquement la main de Harry. Ils rentrèrent tous dans la maison où, une fois qu'il eut embrassé sa femme, il s'exclama :
- Merveilleuse journée, aujourd'hui ! Je dirais même que c'est la journée la plus merveilleuse de l'année !
- Que s'est-il passé, Arthur ? demanda Mrs Weasley d'une voix plus inquiète que curieuse.
- Malfoy s'est ridiculisé au Ministère ! Il a libéré son elfe de maison par mégarde et a monté toute une histoire abracadabrante sur un cambrioleur qui l'aurait forcé à donner un vêtement à l'elfe. Bien sûr, rien n'a été volé. Vous auriez vu sa tête quand l'elfe a affirmé que Malfoy lui avait lancé une écharpe devant les yeux, alors que tout le Magenmagot écoutait !
Il rit de bon cœur et Harry échangea un sourire avec Ron.
- Il s'est complètement discrédité, même le Ministre de la Magie était embarrassé pour lui ! Si avec ça, il continue de le manipuler pour...
- Arthur ! le coupa Mrs Weasley en jetant un regard aux enfants.
- Heu oui, hm... Et vous, votre journée ?
Après avoir brièvement répondu, ils dînèrent dans la bonne humeur, surtout Mr Weasley qui pouffait de temps en temps en repensant à sa journée. Quand Mrs Weasley ne leur prêta plus trop d'attention, Ron se pencha vers Harry et lui dit à voix basse :
- Malfoy fera moins le fier à la rentrée. C'est très dur d'avoir un elfe, même quand on est riche. Il doit avoir honte de l'avoir perdu si bêtement.
Harry passa une merveilleuse semaine chez les Weasley. Il se rapprocha de Percy, discuta beaucoup avec Arthur et passa de fabuleuses heures à ne rien faire avec Ron, installés dans le jardin ou près de l'étang. Il reçut même une visite de Dobby, heureusement discrète, où celui-ci lui annonça qu'il allait faire le tour du monde pour essayer d'avoir des vêtements venant de tous les pays, en travaillant sur place pour se les acheter.
Mais la visite qu'il préféra fut celle de Sirius et Remus (que Harry dut faire semblant de rencontrer pour la première fois). Ils passèrent tout l'après-midi dans le jardin des Weasley à discuter tous les trois, chacun racontant des anecdotes sur leur vie à Poudlard sans jamais s'éloigner du sujet, de crainte de parler des autres souvenirs qui, autant pour les adultes que pour Harry, n'étaient pas joyeux.
- La maison n'est pas encore entièrement prête, lui expliqua Sirius, mais les pièces à vivre ont été nettoyées et débarrassées de tout ce qui était trop dangereux. Je pense que d'ici juin, on pourra s'y installer définitivement, et tu pourras nous rejoindre.
Harry avait hoché la tête, les yeux plus brillants que jamais en pensant au fait qu'il allait enfin vivre chez son parrain.
- Est-ce que tes tuteurs l'ont bien pris ? demanda Remus en fronçant les sourcils d'inquiétude.
Il faillit répondre que les Dursley seront ravis de se débarrasser de lui... quand il se rendit compte d'une chose : il avait complètement oublié de les prévenir !
Remus n'en fut pas ravi et il décida qu'ils iraient tous deux directement chez les Dursley avec Harry, à la fin de l'année, afin de récupérer les affaires du garçon. Ils durent aussi lui faire promettre de leur envoyer un courrier leur expliquant la situation avant cette date, ce que Harry se jura de faire au plus vite.
Finalement, les vacances se terminèrent et il fut temps de retourner à Poudlard.
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