On choisit pas sa famille

L'après-midi va être long, songe Tim. Dick est en mission avec la JLA, et lui est chargé de baby-sitter la graine de démon. Qui pour l'instant est armée d'un katana et le fixe d'une manière peu engageante.
Dick pense qu'on peut tirer quelque chose de Damian, qu'il a le potentiel d'être autre chose qu'un gamin vicieux bourré de pulsions homicides et des moyens de mettre ces dernières en action.
Dick pense que Tim doit faire le premier pas, mais avec Damian, c'est risquer de se faire arracher une jambe métaphorique (ou non).
Ayez des p'tits frères, qu'ils disaient…
« Hé Damian, il paraît que tu as bossé le triple salto. Tu me montres ? »

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« Non ? Pourquoi non ? »
Tim bouillonne d'irritation. Il fait un effort, et tout ce que la punaise trouve à faire c'est l'envoyer chier ! Avec tout le calme dont il est capable il fait appel à la patience dont son aînesse le dote paraît-il par défaut.
« Tu t'en fous de mon triple salto Drake, ne nie pas. Tu as un motif ultérieur et mon refus est donc parfaitement légitime et logique. »
Tim soupire. Damian ne reconnaîtrait pas un geste de conciliation même si on le frappait répétitivement avec (ce qui serait certes contre-productif). On peut faire confiance au sale gosse pour ne pas lui simplifier la vie.

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Pour la douzième fois en quelques heures (ou ce qui semble l'être), Dick est obligé de séparer Tim et Damian qui en sont venu aux mains. Il pousse un grand soupire et se masse les tempes pour combattre la migraine qui monte.
« GRAYSON ! C'est lui qui a commencé !
- Quoi ? Espèce de petite peste, c'est toi qui…
- Ça suffit. Je ne veux pas savoir. Faites vous un câlin et qu'on en parle plus.
- Quoi ?
- JAMAIS !
- Plutôt mourir. »
Dick roule des yeux. C'est fou comme la présence de Damian fait ressortir l'adolescent immature jusque-là inexistant en Tim.

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Les règles de l'Art de se mettre quelqu'un à dos en trois mots top chorno, Damian semble les maîtriser à fond et Dick désespère parfois de lui inculquer le moindre tact. Il craint particulièrement la rencontre avec Jay : les deux sont suffisamment semblables pour qu'il soit impossible de déterminer s'ils vont s'entendre comme larrons en foire et se trouver un point commun dans l'art de planter des couteaux dans les gens, ou s'ils vont essayer de s'entretuer.
« Alors c'est toi Jason, le Robin qui s'en fait chopper et tabasser par le Joker ? Je t'imaginais plus grand. »
Vraiment, c'est à croire qu'il fait exprès.

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Les yeux de Jason se plissent de manière dangereuse et Dick hausse les épaules.
« Ne me regarde pas comme ça, c'est pas moi qui l'ai élevé.
- T'es sûr que c'est vraiment un Robin ? Il m'a l'air bien teigneux.
- M'en parle pas…
- Tu n'as encore rien vu, Todd, » provoque Damian.
« Et il sait faire autre chose qu'ouvrir son clapet la punaise ? »
Dick ceinture Damian à temps pour l'empêcher de se jeter sur Jay qui esquive en rigolant.
« Du calme frangin…
- Je ne suis pas ton frère, Todd !
- Comment ça Dicky-boy, tu n'as pas encore expliqué à notre petit Robin ce concept merveilleux qu'est la bat-famille ? »

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« Ce que tu es, c'est un Robin, » explique Jay d'un ton docte a un Damian fulminant et ligoté comme un saucisson. Dick a jeté l'éponge et décidé de laisser les choses suivre leur cours. Il fait (presque) confiance à Jason pour ne pas lui casser totalement Damian et il est à peu près sûr que le morpion n'a pas les capacités d'infliger plus létal qu'un œil au beurre noir à Jay (c'était un beau mouvement cela dit.).
Peut-être qu'une discussion les calmera
« Tu es le quatrième – bon, cinquième – dans une lignée dysfonctionnelle de piafs. Dick ici présent a un complexe d'abandon digne de Lassie ("Hé !" proteste Dick), je suis le mouton noir de la famille, sorti du droit chemin, tout ça… Tim est notre génie associal-compulsif, Steph est cinglée… et maintenant on a toi, Damian. Y'a de quoi se poser des questions… »
Ou pas.