Titre: L'ange du Mal et le démon du Bien.
Auteur: Artemis-Isil.
Rating : T
Couple : Severus Rogue/ Hermione Granger
Résumé : Alors que le monde sorcier se remet difficilement de la guerre, les partisants et sympathisants de Voldemort continuent leurs actions. pendant cette période d'après-guerre, un amour naîtra et devra affonter la réalité, pour le meilleur comme pour le pire.
Sandrine : Merci pour ces compliments ! ^^ Voici justement la suite.
Bonjour ! ^^
Cette fois, ça y est ! Dernière ligne droite ! Voici le dernier chapitre ainsi que l'épilogue que je considère comme lié à ce chapitre.
C'est aussi un plus long chapitre.
Bonne lecture et laissez moi vos reviews ! ^^
Chapitre 9 : Vers la Lumière.
Hermione restait figée. La plume qu'elle avait reprise avant l'incident restait suspendue dans les airs. En apparence, Hermione semblait tout a fait immobile et indifférente alors que son esprit bouillonnait d'interrogations et d'exclamations.
Elle ne comprenait plus son professeur. Jamais elle ne l'avait vu agir de la sorte. Avec personne. Pourtant, il semblait différent avec elle. Pourquoi ? Elle lui inspirait donc tant de pitié ? Mais elle n'avait pas besoin de sa pitié ! Elle n'avait pas besoin de sa considération ! S'il croyait la ménager et l'aider en lui accordant quelques points et en lui témoignant de telles marques de soutien, totalement déplacées, il se trompait !
Mais Hermione était plus intriguée par ce nouveau mystère qu'en colère ou indignée. Elle l'était, bien évidemment, mais elle était surprise de voir qu'elle n'en voulait pas autant qu'elle le devrait à son professeur. Comme si cela lui importait peu.
En revanche, elle était tout a fait piquée de curiosité. Hermione n'aimait pas ne pas comprendre. De plus, elle adorait étudier, analyser, interpréter chaque élément. Et l'esprit de son professeur, ses actes, son comportement, constituaient autant de nouvelles énigmes pour la jeune fille.
Les lèvres d'Hermione s'étirèrent en un sourire. Finalement, elle lui était reconnaissante. Il lui donnait, sans le savoir, l'opportunité de s'en sortir. Il lui donnait un moyen de se sortir de ses sombres pensées, de son cercle infernal. Son esprit si fragile et si puissant à la fois avait une nouvelle matière a étudier, remplaçant de ce fait, les autres déjà trop usées par le travail acharné.
Hermione rangea ses affaires : rester à la bibliothèque ne l'aiderait pas dans ce cas précis. Elle prit une dernière barre de céréales qu'elle mangea dans le couloir. Elle se rendit en direction de ses appartements privés afin d'y ranger ses affaires.
Sur le seuil de la porte, la jeune fille s'arrêta. Drago Malefoy était en pleine discussion, voire dispute, avec un de ses congénères Serpentard. Les deux jeunes gens ne semblaient pas l'avoir vue, trop absorbés dans leur conversation.
Aucune règle n'interdisait la venue d'autres élèves dans les appartements des Préfets en Chefs, pour peu que ceux-ci soient autorisés à y venir et seulement en présence de l'un des deux préfets. Mais ce Serpentard-là n'avait pas l'air d'être un ami de son collègue. Que disait le règlement à propos des élèves chahuteurs ? Ou même des non-amis ?
- Excusez-moi de vous dérangez … Commença Hermione qui attira alors l'attention des deux garçons, mais tu n'as pas le droit d'être ici.
- Comment ça ? Dit je jeune garçon à la peau foncée.
- Oui … répondit innocemment la jeune fille. A partir d'une certaine heure, les visites ne sont plus autorisées. Et … Oh … Cette heure est dépassée.
- Tu te fiches de moi ? Répondit un peu trop brutalement le Serpentard.
- Pas du tout ! Intervient Drago Malfoy, sautant sur l'occasion de se défaire de ce fils de Mangemort résistant. Si tu ne veux pas de points en moins, et donc des ennuis avec le professeur Rogue pour avoir si bêtement perdu des points, je te conseille de partir.
Le garçon au cheveux noir eut un sursaut en entendant le nom de son professeur. Ses yeux foncés prirent un éclat encore plus mauvais mais il ne dit rien. Il partit en bousculant Hermione, marmonnant ce que la jeune fille comprit comme étant « bande de traîtres » d'un ton si haineux qu'elle en ressentit une grande colère. Mais celle-ci s'évanouit quand elle regarda son acolyte.
Drago ne la regardait ni avec mépris, ni avec amitié non plus. C'était là aussi, un regard emprunt d'indifférence. Un regard semblable à ceux qu'Hermione lançaient ses derniers temps.
Pour la première fois depuis longtemps, elle vit et ressentit ce que les autres devaient voir et ressentir quand il la voyait : de la tristesse, de la compassion, de la souffrance. Soudain, elle culpabilisa d'avoir si durement agit envers ses amis.
Hermione prit aussi conscience qu'elle n'était pas la seule à souffrir ou avoir vécu des choses horribles. Drago était probablement dans une situation plus dure que la sienne. Les parents d'Hermione étaient morts, oui, mais ils étaient enfin en paix. Les parents de Drago, eux, étaient enfermés, face à leur actes et conscience. Ils souffraient chaque jour de leur vie. C'était un fardeau plus lourd à porter encore. L'impuissance devant une situation invivable et durable, quand il ne restait plus qu'à faire son deuil pour Hermione.
La jeune fille s'assit à côté du blond et ils ne dirent rien pendant plusieurs minutes, regardant les flammes dansantes de la cheminée. Soudain, Malfoy lui murmura un bref « merci ».
- Nous sommes quittes maintenant, répondit Hermione.
- Oui, répondit seulement Malfoy avant de se lever et de disparaître de la salle commune.
Hermione resta là, les yeux fixée sur le feu, écoutant les pas du jeune homme qui montait les exaliers. Ceux-ci s'arrêtèrent. Elle se retourna alors pour l'entendre dire, du haut de sin balcon :
- Je ne savais pas pour tes parents. Je ne m'intéresse plus beaucoup à l'actualité. C'est Madame Pomfresh qui me l'a appris lorsque je t'ai amenée à elle… c'est peut-être déplacé mais … Je suis désolé.
Hermione le remercia d'un hochement de tête. Elle comprenait bien plus dans ces mots. Elle comprenait le sens caché de ces paroles. Drago n'essayait pas de se faire pardonner tous ses gestes pour elle depuis huit ans. Il voulait juste décharger le poids de sa conscience, le transmettre à quelque un qui pourrait le comprendre, qui aurait vécu, comme lui, les choses horribles de la guerre.
Hermione expira. Le jeune garçon l'avait aidé à prendre conscience de la réalité. Si un jour, on lui avait dit que Rogue et Malfoy l'aiderait, même inconsciemment, elle aurait pensé cette personne complètement folle.
Rogue … Hermione soupira une nouvelle fois. Le week-end ne faisait que commencer. Il lui faudrait attendre le lundi matin pour pouvoir commencer son étude de caractère.
En attendant Hermione sortit. Elle était décidée à ne plus se laisser abattre et se laisser vivre aussi égoïstement. Elle retrouva ses amis dans la salle commune de Gryffondor qui semblèrent très heureux de la retrouver. Ils ne surent d'abord comment agir avec elle, avec prudence ou avec insouciance. Finalement, les vieilles habitudes reprirent le dessus et Ginny les trouva en train de sourire et de s'amuser lorsqu'elle arriva, trouvant directement sa place dans les bras d'Harry.
Le week-end passa plus rapidement qu'Hermione ne l'avait redouté. Elle reprenait enfin goût à la vie et se rendait seulement compte de l'attitude qu'elle avait imposée à ses amis. Chaque chose la rendait un peu plus heureuse : ses amis, sa dernière conversation avec Hagrid, la vision d'un lac gelé par ce début d'hiver, les quelques flocons qui se mirent à tomber à ce moment là.
C'est donc tout à fait sereine et heureuse qu'Hermione arriva en cours de Potions ce lundi, si important à ses yeux. Le Professeur Astarté, étant en stage, elle n'avait pas cours les deux heures qui suivraient ce cours-là. Elle pourrait donc réfléchir calmement aux observations qu'elle ferait.
Mais Hermione déchanta vite. Elle s'était installée auprès de Neville comme de coutume. Et comme de coutume, elle dût reprendre Neville à chaque erreur. Pourtant le professeur Rogue ne leur adressa aucun sarcasme. Il semblait avoir dressé un périmètre de sécurité autour des chaudrons d'Hermione, Neville, Ron et bien sûr Harry.
Pire, il semblait lui avoir réservé le même traitement qu'à son meilleur ami. Elle n'existait plus à ses yeux. Hermione en fût attristée. Au fond d'elle-même, et elle s'en rendait compte à présent, elle avait espéré retrouver ce nouveau Severus Rogue, plus humain que l'ancien, plus accessible. Il lui semblait tellement plus énigmatique, plus intéressant que cette porte de prison.
Les deux heures ne furent pas glorieuses. Gryffondor perdit encore beaucoup de points. Et plus les minutes avançaient, plus les sanctions étaient continues, croissant proportionnellement à la mauvaise humeur du Professeur.
Hermione et Neville finirent rapidement la potion sur laquelle ils travaillaient depuis le début du cours. Alors que Neville récapitulait leurs manœuvres et les conseils d'Hermione à la suite de son cours, celle-ci observa le reste de la classe.
Harry et Ron semblaient peiner avec leur potion étrangement fluorescente. Les autres Gryffondor étaient à cran, hésitant entre désespérer à cause de la potion ou désespérer à cause de l'attitude de leur professeur.
Puis le regard d'Hermione s'arrêta sur le tyran en question. Elle croisa justement son regard alors qu'il se rasseyait à son bureau. Il détourna les yeux et se mit à corriger des copies. Mais Hermione pût remarquer ses gestes particulièrement rageurs. Il semblait plutôt mal à l'aise et incapable de tenir en place. Il se remit à parcourir les rangées, critiquant les élèves jusqu'à la fin de l'heure, qui heureusement arriva bien vite.
Hermione voulait parler à son professeur, ce qui sans doute était une très mauvaise idée étant donné son humeur. Il adressa d'ailleurs un regard empli de menaces à la jeune fille quand il la vit revenir par la porte restée ouverte, une fois les élèves partis.
- Excusez … Commença-t-elle.
- Que voulez-vous Granger ? Répondit brutalement Rogue, se retournant pour ranger les fioles laissées sur les coins de table.
- J'aurais voulu vous parler, reprit-elle.
- J'aimerai ne pas avoir à vous écouter, continua Rogue, abruptement.
Hermione secoua la tête, réprimant un sourire amer. Comme s'il pouvait être différent !
- Très bien … Bonne journée alors Professeur. A jeudi !
Et Hermione se retourna, déjà dans le couloir quand Rogue la rappela.
- Attendez ! Cria-t-il.
Il ferma la porte quand elle fut revenue sans la salle. Au bout de quelques secondes, il lui dit d'un air hésitant et résigné, mais beaucoup plus calme :
- Que vouliez-vous me dire, Miss Granger ?
- Rien d'important. Je voulais seulement vous remercier en fait. Ce n'était peut-être pas votre intention, mais vous m'avez beaucoup aidée.
Rogue secoua la tête : qu'en savez t'elle ? Hermione prit ce geste pour un signe de protestation.
- Je vous assure que si. Vous m'avez aidé à prendre conscience de la réalité alors que je m'étais perdue dans mes cauchemars, mes peurs, ma colère et ma haine … J'en suis venue à détester ce que j'aimais le plus avant, la magie.
- La magie est un don merveilleux … Quand on sait s'en servir convenablement, reprit Rogue d'un ton doux.
Les deux personnages restèrent alors silencieux alors que leur revinrent en mémoire une foule de souvenirs. Puis Hermione renouvela ses remerciements d'un simple « merci » murmuré, prenant soudainement conscience de la chance qu'elle avait eue dans cette guerre.
Elle allait partir, se retournant pour ouvrir la porte.
- Attendez ! répéta Rogue.
Hermione marqua une pause, la main sur la poignée, un sourcil relevé. Rogue pensa avec une pointe au cœur qu'elle avait le même air interrogateur que dans la bibliothèque, ce soir-là.
- Je voudrais vous dire que … Reprit Rogue d'un air soudain hésitant. Ce geste que j'ai eu pour vous, jeudi soir … Je voulais juste vous dire que vous n'étiez pas seule et qu'en aucun cas je ne voulais … vous … gronder … comme une simple jeune élève.
- Ah … Fût la seule réponse d'Hermione.
- Vous n'avez plus rien d'une élève, Miss Granger.
Hermione se retourna pour faire face à son professeur, lâchant donc la poignée.
- Pourtant, c'est-ce que je suis, répondit-elle d'un air naïf.
- Oui je sais ... Je veux dire que vous n'êtes plus cette élève de onze ans. Vous avez … changé. En bien. Vous êtes une excellente élève, pleine de ressources et un brillant avenir s'offre devant vous … Dit Rogue d'un air mélancolique qui intrigua Hermione.
- Pourtant, je ne suis pas ambitieuse. Tout ce que je veux, c'est une vie simple, loin de l'agitation sorcière et moldue. Une vie sereine et tranquille. Si je pouvais vivre sur une île complètement déserte, ça m'irait très bien ! Dit-elle avec un petit rire. Mes amis me manqueraient mais …
Elle ne finit pas. Elle ne savait pas pourquoi son cœur s'emballait. Elle sentait que quelque chose clochait. Quelque chose se déroulait mais elle ne savait pas quoi, comme si les évènements agissaient sans elle, sans sa raison. Rogue la regardait maintenant fixement et elle faisait de même.
Elle avait sans le vouloir, entrouvert une porte. Et devant ce regard, Severus ne voulait plus fuir. Il jeta à bas toutes ses précautions, toutes ses idées. Il s'avança vers la jeune fille.
Hermione le trouvait beaucoup trop proche. Mais elle se surprit à n'en pas être dérangée. Au contraire, elle se sentait en sécurité. Pourtant, il n'y avait pas de quoi ! C'était un homme imposant, effrayant, ancien assassin et être froid dépourvu d'humanité. Faux, se rappela-t-elle soudain. Il en avait eu à son égard. Il avait agit envers elle comme personne ne l'avait fait avant. Mis à part ses amis. Mais c'était tout de même un comportement différent car Rogue et elle n'étaient pas amis.
Il s'avança un peu plus, lentement, comme pour laisser à la jeune fille le choix de fuir si elle le voulait. Mais Hermione resta là.
Elle n'était pas stupide. Elle savait ce qui allait se passer. Elle s'avança elle-même vers son professeur et c'est elle qui amorça le baiser.
Il fût timide, tendre, innocent, chaste. Mais Hermione en ressentit de tels frissons. Elle n'avait jamais rien ressenti de comparable. Lorsque que Severus et elle se détachèrent, elle lui adressa un petit sourire alors qu'il lui caressait la joue, le regard étrangement brillant.
- Je ne veux pas vous perdre, souffla-t-il. Vous aussi, m'avez beaucoup aidé. Je ressens … le besoin de ne plus vous quitter.
- je ressens en cet instant la même chose, dit Hermione d'un air sincère. Je ne me suis jamais sentie aussi bien que maintenant, aussi … en sécurité.
