Bonjour à tous ! Premièrement, avant de dire toute autre chose, je veux vous avertir que vous allez peut-être être déçu par ce chapitre… il n'est sûrement pas ce à quoi vous vous attendiez ! En fait, il n'est pas ce que j'avais prévu au départ… mais j'avais commencé le pv d'Alice sur le jour 3 et je trouvais qu'il manquait quelque chose ! Alors j'ai écrit ce pv de Rosalie de la fin du jour 2 pour que vous compreniez bien ses sentiments et motivation et que vous arrêtiez une fois pour toute de la haïr. C'est un chapitre très différent des autres, parce que sans humour, il est beaucoup plus grave, et il tourne essentiellement autour de Rosalie. Désolée pour ceux qui n'aiment pas, mais je le trouvais nécessaire. Il marque définitivement le tournant de la fic, tournant dans la relation entre Rose et Bella mais aussi entre Edward et Bella.
Mais rassurez-vous, le prochain sera plus joyeux et plus drôle !!!
Ce sera un pv Alice qui aura pour titre… un plat qui se mange froid ! Vous pouvez donc vous doutez de ce qui s'y passera !
Bonne lecture à tous et n'oubliez pas le petit bouton vert !
CHAPITRE 9- Famille brisée pv de Rosalie
Je sors de la chambre comme une furie, les larmes coulant sur mon visage. Je suis furieuse, triste et frustrée toute à la fois. Pourquoi personne ne veut comprendre ? Pourquoi tous les membres de MA famille se rangent du côté de Bella ? Aucun n'a même essayé de comprendre mon point de vue ! Même pas mon petit ami, ni mon propre jumeau ! Ils prennent la défense de Bella contre moi… suis-je si insignifiante à leurs yeux, si peu importante ?
Je m'arrête dans la cuisine, ne sachant même pas comme mes pas m'y ont mené et je prends appui contre le comptoir. Mes jambes sont molles; elles supportent mon poids difficilement et mon cœur bat lentement, douloureusement au rythme des larmes qui mouillent mon visage. Toutes les émotions que j'essaie de retenir depuis plusieurs semaines maintenant m'envahissent. Toutes ses émotions que j'essayais de me cacher à moi-même…
Je suis emportée dans un tourbillon tellement puissant que j'en oublie tout le reste… j'ai mal. Si mal.
Mon corps se met à trembler, ma tête tombe contre le comptoir de marbre et une plainte rauque s'échappe de ma gorge.
Mon Dieu ! Carlisle ! J'ai besoin de toi ! Tu étais le seul qui me comprenait vraiment…
Je sursaute lorsqu'une main ferme se pose sur mon épaule avec douceur, puis des bras encerclent ma taille. Emmet presse son corps contre le mien en me chuchotant des mots de réconfort à l'oreille. Je me laisse aller contre son torse, sanglotant, et il me berce tendrement dans ses bras.
Mon cœur reprend peu à peu un rythme normal, mes larmes se tarissent, la douleur disparaît englouti par ma volonté de la cacher, de la dissimuler aux autres.
-Je suis désolée ma belle, dit Emmet au bout d'un moment en me tournant vers lui.
Je détourne la tête, évitant son regard, puis j'essuie mes yeux avec rage. Je suis furieuse ! Je suis furieuse contre moi-même de m'être ainsi laisser-aller devant lui, devant eux. Je suis furieuse contre Emmet parce qu'il n'est pas de mon côté, contre Edward parce qu'il m'a laissé tomber, contre Alice qui m'a remplacé, contre mon frère qui ne se soucie pas de moi, contre Esmée qui est tombée amoureuse d'un autre homme, contre Carlisle qui nous a abandonné…
Et je déteste Charlie et Bella parce qu'ils sont à l'origine de tous mes problèmes !
-Je suis désolée Rosie, répète mon petit ami. Je n'avais pas compris à quel point la situation t'affectait ! J'aurais dû faire plus attention…
-Oui, le coupai-je d'un ton froid. Tu aurais dû, mais il est trop tard maintenant.
Emmet fronce les sourcils, son visage figé dans une expression sérieuse et grave qui est assez inhabituelle chez lui.
-Il n'est pas trop tard… je suis là maintenant et je suis prêt à t'écouter. Je veux dire… à t'écouter vraiment !
Je m'éloigne de lui de quelques pas.
-Rose…
Il tend la main vers moi pour me rattraper, mais je l'esquive.
-Je n'ai pas envie de parler… pas avec toi… je suis désolée Em, dis-je, la voix brisée par l'émotion.
C'est la première fois que je repousse Emmet ainsi, mais je ne peux pas lui parler. C'est au-dessus de mes forces. Je ne veux pas l'entendre prendre la défense de Bella une fois de plus, je ne veux pas l'entendre me dire à quel point elle est drôle et amusante. Je ne le supporterai pas.
-Je ne comprends pas : on se dit tout Rose ! On partage tout… tu es ma diablesse et je suis ton gros ours !
Emmet me sourit, mais je suis incapable de lui répondre. Je ne peux que secouer la tête. Non, ça ne fonctionnera pas. Pas cette fois. Le sourire d'Emmet se fige et je m'en veux de lui faire du mal… je m'en veux et en même temps je m'en délecte… il sait maintenant ce que je ressens depuis deux jours !
-J'ai besoin d'être seule, chuchotai-je avant de reculer de quelques pas.
-Rosalie ! s'écrie Emmet qui semble surpris et dépassé.
Je l'ignore et me détourne. Je sors de la pièce lorsque j'entends soudain la voix de Bella qui s'écrie :
-EDWARD CULLEN ! ME PRENDS-TU POUR UNE IDIOTE ? CROYAIS-TU QUE J'ALLAIS ME LAISSER BERNER PAR TOI AUSSI FACILIMENT! TON NUMÉRO DE CHARME TU PEUX TE LE GARDER ! TE CROIS-TU IRRÉSISTIBLE ? POUR TA GOUVERNE, JE NE SUIS PAS INTÉRESSÉE ! TU NE M'ATTIRES MÊME PAS ! ALORS NE TENTE PLUS JAMAIS DE T'APPROCHER DE MOI DE LA SORTE !
Je me fige un instant, me demandant ce qui se passe à l'étage, puis je reprends mon chemin d'un pas hésitant. Bella et Edward discutent vivement, mais je n'arrive pas à distinguer les mots. Je m'approche un peu plus. J'aperçois mon jumeau qui est immobile au milieu des escaliers. Puis son nom retentit avec force et il semble reprendre ses esprits.
Je lève alors les yeux lorsque la porte de la chambre d'Alice se referme avec force : Edward vient d'en sortir. Je monte timidement les premières marches, me sentant un peu coupable d'espionner. Mais j'ai envie de comprendre ce qui se passe…
J'écoute la conversation entre Jasper et Edward, qui ne m'éclaire pas plus sur la situation… puis Edward passe à côté de moi comme une furie sans même me remarquer et je me fige à nouveau. J'ai l'impression d'avoir reçu un coup de poing dans l'estomac.
L'expression qu'Edward avait sur son visage. Une expression de tristesse et de douleur que je ne lui avais jamais vue. Et c'est Bella la responsable ! C'est elle qui lui a fait du mal !
Je sens ma colère contre elle monter d'un cran et je sais que bientôt je ne pourrai plus la contrôler. Je n'ai jamais été proche d'Edward; en fait, il est celui avec lequel je m'entends le moins. Malgré tout, il est mon frère et je l'aime comme tel.
Et surtout, je ne supporte pas qu'on s'en prenne d'une façon ou d'une autre aux membres de ma famille ! Ils ont assez soufferts… personne n'a le droit maintenant de leur faire du mal !
Je reprends mon ascension d'un pas furieux cette fois et je m'arrête devant la porte de la chambre d'Alice qui est restée ouverte après que mon frère y soit entré. Jasper est assis sur le lit, à côté de Bella et il caresse son dos d'une main réconfortante. Je n'en reviens pas… il la console ! Alors qu'elle vient de briser le cœur d'Edward !
-Tu es contente de toi maintenant ? lançai-je d'une voix furieuse.
Jas et Bella se tournent vers moi, surpris par mon intrusion. Je les fusille de mon regard le plus menaçant.
-Je… que… quoi ? bafouille lamentablement Bella.
-Rosalie, je crois que ce n'est pas le moment ! dit Jasper de son ton calme et posé.
Je ne tiens pas compte de sa remarque et je répète à l'intention de la briseuse de cœur :
-Tu es contente maintenant ? Tu as eu ce que tu voulais ?
-Je ne comprends pas…
-Tu es en train de briser notre famille ! la coupai-je en criant. Tu nous ligues les uns contre les autres et tu fais souffrir Edward en te moquant de lui ! Tu détruis tout ce que tu touches… Tu devrais ficher le camp d'ici avant que le clan Cullen n'existe tout simplement plus ! Nous ne voulons pas de toi dans cette maison alors retourne vivre avec ta mère !
Bella me fixe un instant, la bouche ouverte et les yeux ronds, puis son visage prend un air déterminé alors qu'elle se lève debout sur un pied, aussitôt supportée par Jasper, les lèvres pincées et les poings serrés.
-Tu crois que j'ai décidé de venir habiter ici avec vous ? grogne-t-elle entre ses dents. Tu crois que j'en suis heureuse ? Que je m'amuse à vivre dans une maison où on me méprise, où on se moque de moi ?
J'éclate d'un rire sarcastique.
-Bien sûr que non ! Je sais bien que tu n'es pas heureuse d'être ici… tu n'as jamais voulu être une Cullen ! Cette idée te rebute… est-ce que c'est pour cela que tu essaies de détruire l'amitié qui nous lie ? Ou c'est par simple jalousie ?
-Tu mélanges tout ! s'exclame Bella en levant les bras dans les airs, gesticulant dangereusement. Tu viens de le dire : vous ne voulez pas de moi ! Comment veux-tu que je sois heureuse de vivre avec vous ?
-Non ! répondis-je en pointant un doigt accusateur vers elle. C'est toi miss Parfaite qui nous a rejetés en premier ! Tu ne voulais même pas nous approcher ! Même au mariage, tu nous as à peine adressé la parole ! Et maintenant tu arrives ici et tu te permets de détruire tout ce pour quoi nous avons travaillé pendant des années… tu ne comprends donc pas que notre famille est une survivante ? Nous avons dû faire beaucoup d'effort pour en arriver là où nous en sommes aujourd'hui ! Ça n'a été facile pour aucun d'entre nous de surmonter les épreuves que nous avons vécu, de trouver notre place parmi cette famille… et toi tu crois que tu peux arriver comme un cheveu sur la soupe et que nous t'acceptions du jour au lendemain sans aucun effort ? Si c'est vraiment ce que tu crois, c'est que tu ne comprends rien !
-Non je ne comprends rien ! Parce que personne ne me dit RIEN ! C'est bien plus facile de me mépriser, de comploter dans mon dos…
-ÇA SUFFIT ! s'écria alors une voix dans notre dos.
Bella et moi nous retournons d'un même mouvement vers le petit lutin qui vient d'entrer dans sa chambre, suivi de près par le gros ours qui me sert de petit ami.
-Arrêtez maintenant ! continue Alice dont le ton a baissé d'un cran. Rose, j'en ai assez de tes enfantillages…
-Oh ! Bien sûr ! C'est encore moi la coupable ! C'est toujours moi de toute façon ! Rosalie, la méchante, la cruelle, la sans cœur… c'est moi !
-Rose, personne ne dit cela, dit Jasper avec douceur.
-Pas la peine de tenter de rattraper ce que ta petite amie a dit… j'ai enfin compris ce que vous pensez vraiment de moi ! Et je suis une idiote d'avoir mis autant de temps à ouvrir les yeux… puisque vous ne voulez pas de moi, je m'en vais !
Puis je leur tourne le dos sans tenir compte de leur protestation, je repousse Emmet qui essaie de m'empêcher de partir et je cours m'enfermer dans notre chambre. Je me dirige aussitôt vers le garde-robe et j'en sors un album-photo. Je m'assois sur le lit, les larmes coulant à nouveau sur mon visage, et je tourne lentement les pages de l'album et mon regard s'attarde sur toutes les photos qui montrent celui que je considérais comme un père. Je ne peux m'empêcher de sourire en voyant ses images de notre famille heureuse et épanouie…
La mort de Carlisle nous a anéantis. Esmée et lui sons les piliers de notre famille, le ciment qui nous soutient… et lorsque nous avons perdu l'un de ses piliers, tout le reste s'est effondré. Et sa mort a été si brutale ! La matin même il était là, plaisantant avec nous au déjeuner, faisant des projets pour la fin de semaine qui approchait, embrassant passionnément Esmée avant de partir alors que nous faisions mine d'être dégoûtée… puis quelques heures plus tard, il était mort. Rupture d'anévrisme. Alors qu'il était jeune, en santé, médecin qui plus est !
Comment avait-il pu ne pas voir les symptômes ? Comment avait-il pu mourir alors qu'il était dans un hôpital, entouré de médecin ?
Je caresse son visage du bout des doigts, pensant à ce que serait ma vie présentement si Carlisle était en vie. Je pousse un soupir : ça ne sert à rien de me torturer avec cela. Carlisle est mort, et rien ne pourra changer cela.
-À moi aussi il me manque.
Je me retourne en sursautant pour découvrir Emmet sur le pas de la porte. Il me fait un sourire triste avant de faire un pas dans la pièce.
-Est-ce que je peux entrer ? Ou préfères-tu que je parte ?
Je ferme les yeux, ne sachant pas moi-même ce dont j'ai envie… puis mon envie d'être près de lui, de sentir son corps contre le mien devient plus forte que le reste et je lui fais signe d'entrer. Il vient s'asseoir à côté de moi, en silence, et il passe son bras autour de mes épaules. Nous restons un long instant en silence, regardant simplement les photographies de notre famille.
-Nous étions heureux, murmurai-je avec nostalgie.
-Oui. Carlisle était un père super… il acceptait toujours mes idioties sans dire un mot, levant simplement les yeux au ciel ! Je doute que Charlie en fasse autant…
Mon corps se tend malgré moi à ces mots. Je n'ai pas envie de parler de Charlie, pas maintenant.
-Rose, Charlie ne sera jamais notre père. Il ne remplacera jamais Carlisle. C'est lui… c'est lui qui nous a recueilli dans sa maison, qui nous a accepté comme si nous étions ses propres enfants et qui a tout fait pour nous venir en aide. Il a contribué à ce que nous sommes devenus… et ça, Charlie ne pourra jamais lui enlever ! Mais… le chef Swann rend Esmée heureuse de nouveau. Est-ce que ce n'est pas le plus important ? Tu ne crois pas qu'après tout ce qu'elle a fait pour les autres, pour nous… Esmée mérite d'être heureuse ?
-Bien sûr que oui, soupirai-je. Mais… et si Charlie la quitte ? S'il s'en va ? Je… que nous arrivera-t-il ? Notre famille a réussi à se relever de la mort de Carlisle, mais… je doute qu'elle puisse se relever d'un nouvel abandon !
Emmet me caresse tendrement les cheveux avant de déposer un doux baiser sur mes lèvres. Je lui souris. Comment faire autrement ? Je ne peux pas lui en vouloir parce que je sais qu'il n'a jamais voulu me faire du mal…
-Si Charlie s'en va… nous passerons par-dessus ça. Comme nous avons passé par-dessus bien d'autres drames dans nos vies. Nous sommes une famille unie Rose, bien plus que bien des familles unies par le sang… et rien ne nous séparera. Nous pouvons encore être heureux, avec Charlie et Bella.
Je pousse un soupir et referme violemment l'album dans mes mains. Je me lève et vais le ranger, agitée. Je sais qu'Emmet a raison… si je veux de nouveau me sentir bien, je dois accepter Bella et Charlie. Mais je ne peux pas oublier les réactions d'Alice, Jasper et Edward… je ne peux pas oublier qu'ils m'ont rejeté dès que Bella a débarqué…
-Je ne sais plus ce que je dois faire, murmurai-je en baissant la tête au sol.
-Pense à ce que Carlisle te dirait… ce qu'il voudrait que tu fasses…
J'ouvre la bouche pour lui répondre, mais il me fait taire en secouant la tête.
-Non ! Ne dis rien maintenant ! Réfléchis… laisse-toi du temps et quand tu seras prête… tu pourras faire le premier pas vers Bella…
Je reste immobile un instant, puis j'hoche lentement la tête, vaincue. Parce que je sais très bien ce que Carlisle dirait… rien ne comptait plus pour lui que le bonheur de ses enfants et d'Esmée. Et il semblerait que ce bonheur soit maintenant lié avec celui des Swan. Oui. Carlisle me dirait d'affronter ma peur et de faire un pas vers eux. De faire confiance à la vie tout simplement… qu'elle n'est pas remplie que de drame, mais souvent de moments de purs bonheurs…
C'est ce qu'il m'avait dit plusieurs mois après la mort de mes parents, lorsque je refusais encore de laisser Esmée m'approcher…
Je ne sais pas QUAND je vais avoir la force et le courage de faire la paix avec Bella… mais je sais que je vais le faire. Même si ce sera difficile, même si je vais devoir piler sur mon orgueil. Je vais le faire… pour le bien de ma famille.
Emmet s'approche de moi et me prends par la taille.
-Et maintenant, si on se changeait un peu les idées ? Il me semble que nous avons eu assez de disputes pour au moins… les 24 prochaines heures !
J'éclate de rire, puis je lui fais un sourire diabolique et je le pousse sur le lit avant de m'asseoir à califourchon sur lui.
-Se changer les idées hein ? murmurai-je d'une voix aguicheuse avant de l'embrasser langoureusement.
-Ce n'est pas ce à quoi je pensais, mais ça fera l'affaire…
-Menteur ! soufflai-je entre deux baisers.
-Non, c'est la vérité. Je pensais à une petite partie de Rock Band pour se réconcilier avec les autres…
Je m'arrête, surprise, puis je me relève.
-Emmet ! C'est vraiment une bonne idée ! Viens, allons voir Alice et Jas.
Je le tire par le bras pour qu'il se relève, mais il résiste en grognant.
-Quoi ? Tu ne peux pas me laisser comme cela ! proteste-t-il en pointant le renflement dans son pantalon.
Je ne peux m'empêcher de pouffer de rire. Emmet est comme un scout : toujours prêt, toujours au garde-à-vous lorsqu'il s'agit de sexe !!! Nous nous entendons très bien sur ce plan… mais pour le reste de la journée, j'ai d'autres plans ! Je veux me réconcilier avec ma famille !
Nous avons toute la nuit pour nous envoyer en l'air de toute façon !
-Bien sûr que je peux… mais ne t'inquiète pas ! Je me rattraperai ce soir… tu es mon esclave, tu te souviens ?
Emmet me fait un sourire éblouissant.
-Je me souviens… comment l'oublier ?
Il se lève enfin et vient me rejoindre.
-Je te parie ce que tu veux que je gagne la partie ! me lance-t-il en passant son bras autour de ma taille.
J'ouvre la porte en levant les yeux au ciel.
-Tu sais bien que c'est Edward qui va gagner… il gagne toujours ! répliquai-je.
-Ouais… c'est tellement surprenant de la part d'un virtuose !
Nous descendons les escaliers main dans la main et je me sens bien pour la première fois depuis longtemps. J'ai l'impression que tout n'est pas perdu…
-C'est étrangement silencieux tu ne trouves pas ? me demande Emmet.
-Oui… je me demande où ils sont passé !
Nous passons le salon désert pour entrer dans la cuisine où se trouve Edward. Assis à la table de la cuisine, il semble vraiment nerveux, presque fébrile… il passe sa main dans ses cheveux presque frénétiquement et il tape du pied sur le plancher. J'ai presque l'impression de voir un amoureux qui attend sa petite amie lors de leur premier rendez-vous !
Lorsqu'il nous aperçoit, il se lève d'un bond.
-Ah enfin ! Vous avez terminé ! Je… où sont les autres ? s'exclame-t-il d'une voix trop forte.
-J'allais te poser la même question !
-J'en sais rien ! Il n'y avait personne quand je suis arrivé et… vous étiez dans la chambre…
-Je sais que Bella a appelé un ami et elle devait y passer le reste de la journée et la nuit. Mais Alice et Jasper n'ont jamais parlé de partir…
-Et merde ! s'écrie Edward. J'étais prêt… je savais ce que je devais dire…
Il pousse un soupir, puis s'éloigne de nous à pas lents pour se diriger vers la salle de musique en marmonnant :
-Je vais devoir attendre demain ! Qu'est-ce que je vais faire d'ici à ce moment ? Je ne sais pas si…
-Une déclaration d'amour à faire petit frère ? le coupa Emmet en riant.
Edward se contente d'hocher vaguement la tête, sans prendre la peine de se tourner vers nous, puis il entre dans la salle de musique et referme la porte derrière lui.
Emmet et moi nous lançons un regard qui veut tout dire… oui, Edward est vraiment amoureux ! J'espère seulement qu'il ne souffrira pas trop… que Bella va réaliser qu'elle l'aime elle aussi. Mon frère mérite de connaître l'amour lui aussi… même si j'aurais préféré qu'il choisisse quelqu'un d'autre que Bella…
-Et bien, il semble que nous allons devoir remettre nos plans à plus tard, dit mon petit ami en haussant les épaules.
L'absence de Jasper et Alice ne semble pas le perturber. Moi par contre, j'ai l'impression qu'on m'a coupé le souffle… Ils sont partis, sans même nous aviser, sans laisser une note ou une explication. Ce n'est pas Alice de faire cela ! Elle qui est si prévoyante ! Et puis, nous passons habituellement toutes nos journées ensemble, gardant quelques soirées pour passer du temps en couple.
Cela ne peut vouloir dire qu'une chose : ils sont vraiment en colère contre moi.
L'arrivée de Bella dans notre famille a tout détruit…
Mais je réalise maintenant qu'en fait, tout est de ma faute. Je suis la seule responsable.
Et surtout, je suis la seule qui puisse recoller les morceaux entre nous
