De retour avec ce chapitre, je vous avais prévenus qu'il arriverait assez vite par rapport à d'habitude et la bonne nouvelle ne s'arrête pas là, puisque le suivant sera posté la semaine prochaine également. Les vacances m'ont permis d'avancer !

J'ai bien relu ce chapitre et je ne crois pas qu'il y ait de fautes ou d'oublis mais personne n'est parfait, désolé si quelques-unes m'échappent!

Merci à tous ceux qui laissent un petit com, on ne s'en lasse jamais !

Enjoy !

Chapitre 10 :

Tony détourna les yeux de l'écran de télévision vers la cuisine de Gibbs. Il voyait son patron debout devant la cuisinière en train de remuer quelque chose qui sentait drôlement bon. Dans une main il avait une cuillère, et dans l'autre son téléphone portable. Tony ne comprenait pas très bien ce que disait Gibbs avec le son du film Des Hommes d'Honneur, mais il pouvait détecter son ton « Venez-en aux faits » qui caractérisait ses conversations téléphoniques. En d'autres circonstances, songea Tony, ce serait cool d'être assis dans le salon de Gibbs, les jambes étendues sur la table basse, dans l'attente de partager un repas et d'écouter Gibbs exprimer sa vision du fonctionnement du monde succincte mais intéressante. Mais Tony savait très bien que l'équipe faisait désespérément des pieds et des mains pour blanchir son nom d'un fait dont il n'était pas sûr d'être innocent. Et la douleur physique qu'il ressentait dans sa jambe et son torse était un rappel pour le moins subtil de la raison pour laquelle il était là.

« Tu ne supportes pas la vérité ! » disait Jack à Tom. Et peut-être que c'était ça le cœur du problème, réfléchissait Tony. Peut-être que la raison pour laquelle il ne pouvait pas se souvenir de ce qui s'était passé entre lui et Sharlon était parce qu'il ne pouvait pas le supporter. Fornell n'était pas stupide. Il pensait que Tony était un traître. Peut-être qu'il avait raison.

Soudain Gibbs était à côté de Tony, avec un plateau, un coussin et une cuillère.

« Je n'ai pas faim » lui dit Tony, se demandant pourquoi il se dérangeait même à dire ces mots au moment où ils quittèrent ses lèvres.

« Ça m'est égal » répliqua Gibbs tout en plaçant le coussin et le plateau sur les genoux de Tony, puis il lui tendit la cuillère et deux comprimés. « Tu dois manger. Tu dois aussi prendre ces médicaments avec de la nourriture. ». Il disparut encore une fois dans la cuisine et réapparut avec deux bols de ratatouille. Il plaça un bol sur le plateau et le sien sur la table basse, avant de s'asseoir à côté de Tony.

« C'est un peu difficile de manger avec la main gauche » dit-il sans conviction, en un ultime effort.

« Apprends vite ou je te nourrirai à la petite cuillère » répondit Gibbs franchement. Et Tony savait qu'il le ferait. Ils mangèrent dans un silence amical devant le film qui continuait. Gibbs se demanda si ce film était le meilleur choix, mais Tony s'y était intéressé lorsqu'il l'avait vu sur l'étagère de Gibbs.

Le jeune agent avait été très silencieux sur le chemin de la maison de Gibbs, et Gibbs avait été trop perdu dans ses pensées pour initier la conversation. Il avait laissé Tony quelques instants dans la voiture pendant qu'il installait quelques oreillers sur la table basse et au bout du canapé. Il pensait que ce n'était pas une bonne idée d'installer Tony en haut dans la chambre d'ami. Les escaliers auraient été problématiques et Tony ne devait pas être laissé seul à lui-même pour ressasser toutes ces choses auxquelles il avait déjà tant pensé. Ils avaient réussi à sortir de la voiture et à entrer sans trop de problèmes. Après le premier « Désolé patron » exprimé au moment où Tony s'était lourdement reposé sur lui alors qu'il essayait de sortir de la voiture, Gibbs lui avait fait comprendre sévèrement que sa règle sur les excuses s'appliquait aussi bien à la maison qu'au travail, et les choses s'étaient poursuivies sans incident.

« C'est vraiment bon » lui dit Tony, sortant Gibbs de sa rêverie.

« Mon père faisait toujours ça quand il n'y avait que nous deux au dîner » dit Gibbs. « Ma mère était très méticuleuse avec les nappes, couteaux, fourchettes et serviettes de table. A chaque fois qu'elle n'était pas là, mon père et moi on prenait un ou deux bols de ratatouille et on allait s'asseoir dehors dans le jardin. »

Tony ne savait vraiment pas quoi à dire à cette révélation. D'une certaine façon, « mon père n'a jamais rien cuisiné pour lui-même ou pour moi de toute sa vie et nous mangions rarement ensemble » ne semblait pas approprié. A la place, il hocha la tête et continua de manger. C'était vrai. Certaines fois, il ne pouvait vraiment pas supporter la vérité.

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« C'est vraiment comme à Noël ! » s'exclama Abby avec enthousiasme au moment où Jenny plaça les sacs de preuves sur son bureau. La gothique se calma immédiatement lorsqu'elle eut réalisé ce qu'elle venait de dire.

« Non, ce n'est pas vrai. Tony est blessé, McGee s'est presque fait tuer, Gibbs est vraiment furieux et un tueur essaie de piéger Tony. Je voulais juste dire que, c'est vraiment, vraiment cool d'avoir plus de choses sur lesquelles travailler ! »

« Je sais ce que tu voulais dire, Abby » dit Jenny. « Je veux que tu regardes les bandes vidéo de la prison avec McGee et Ziva. Ils te rejoindront bientôt. Je vais revoir les déclarations de témoin de White et de Silva au peigne fin. Tu as trouvé quelque chose sur les vêtements de Tony ? »

« Juste ceci » répondit Abby en lui montrant sur l'écran. « C'était dessiné à l'intérieur de la ceinture du pantalon d'uniforme de Tony. On a trouvé une correspondance avec un symbole utilisé par une section d'un groupe terroriste au Moyen-Orient, mais il n'y a pas de petite flèche à côté. »

Jenny regarda plus précisément l'écran et secoua la tête. Ce symbole ne lui était pas familier.

« Où est Gibbs ? » demanda-t-elle alors qu'elle commençait d'ouvrir un des sacs de preuves.

« Il a emmené Tony chez lui » lui dit Jenny, « l'hôpital a relâché Tony à la condition qu'il ne soit pas seul et le FBI voulait qu'il soit mis en détention. Cet arrangement convenait à peu près à tout le monde. »

« Gibbs s'occupe de Tony ? » déclara Abby, à peine capable de contenir sa joie. « Directeur, c'est si gentil ! »

Jenny cacha son amusement en se retournant pour se diriger vers l'ascenseur.

« Commence la vidéo dès que McGee et Ziva arrivent » dit-elle à Abby, « et tiens moi informée. »

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« Gibbs » chuchota-t-il en répondant au téléphone, ne voulant pas réveiller Tony. Le jeune homme avait commencé à bailler peu de temps après la fin du repas et Gibbs lui avait ordonné de s'allonger sur le canapé. Gibbs avait attendu que Tony soit endormi avant de le couvrir avec une couverture et d'éteindre la télévision. Depuis il était assis dans la pièce qui s'assombrissait, réfléchissant aux aspects de l'affaire.

« Est-ce que je vous dérange ? » demanda Ziva d'un ton incertain. Gibbs lui avait dit de lui rapporter toute chose digne d'intérêt immédiatement, mais un Gibbs qui chuchotait la décontenançait.

« Qu'est-ce que vous avez trouvé ? » demanda Gibbs. Il s'était déplacé jusqu'à la cuisine et pouvait parler normalement.

« J'ai reparlé avec mon contact » déclara Ziva, « il a reconnu la photo de l'agent Maxwell que je lui ai envoyée. Il a dit que Maxwell et Sharlon s'étaient rencontrés au moins une fois avant cette opération sous couverture. »

« Quand ? » demanda Gibbs.

« Il y a un an, » répondit Ziva, « en Arabie saoudite. »

« Amenez-le ici » ordonna Gibbs. Enfin ils avaient de la chance.

« Gibbs, je ne peux pas. Il est lui-même en mission sous couverture à long terme. Il ne peut pas risquer de se faire identifier ou de bouger de sa location actuelle. Il m'a donné cette information seulement car il me devait une faveur. »

« Bon, et en quoi ça nous avance ? » demanda Gibbs, exprimant sa fatigue et sa frustration.

« C'est au moins une bonne raison pour qu'on enquête un peu plus sur l'agent Maxwell » répondit Ziva avec un ton légèrement blessé. « Vous nous avez dit de creuser en profondeur et je ne néglige aucune muraille. »

« Détail » dit Gibbs, exprimant ce que Tony lui aurait dit s'il n'avait pas été endormi sur le canapé. « OK, dîtes le à McGee. Tenez-moi au courant. »

Alors qu'il était sur le point de mettre son portable dans sa poche, Gibbs entendit des mouvements provenant de l'autre pièce. Il alla voir et vit Tony bouger avec agitation dans son sommeil. Il mit son téléphone en mode « vibreur », se fit un café bien fort et s'installa devant son ordinateur. Il espérait qu'Abby ou Jenny lui avaient envoyé des résultats. Il n'était pas question de laisser DiNozzo tout seul, mais il avait trop hâte de progresser dans l'affaire. Il allait devoir travailler depuis chez lui.

Tony sentait le danger. L'air en était rempli. Cette fois il pouvait voir le visage du tueur. Il connaissait chaque partie de son visage, mais surtout ses yeux. Il voyait ces yeux tous les jours. Il voyait des bouches en train de rire, mais le rire était emporté par le vent.

Et ensuite, soudainement, il n'y avait plus de rires. Il y avait une tache. Il y avait un cercle mortel parfait. Et il y avait un doigt qui le désignait. C'était un doigt accusateur qui continuait de le désigner mais il ne pouvait détourner les yeux du cercle parfait. Il pouvait sentir le sang. Il était couvert de sang. Ensuite ses yeux descendirent du cercle jusqu'au visage du corps –

Au moment où Tony reprit brutalement conscience, il se trouvait assis, droit comme un i. Quelque chose était pressé légèrement sur ses épaules. Il y avait très peu de lumière. Une voix lui disait que ça allait et qu'il était en sécurité. Il réalisa peu à peu que le bruit rauque qu'il entendait était sa propre respiration affolée. Avec un effort considérable, Tony se força à se calmer. Juste des souvenirs qui me reviennent, se dit-il.

« Tony, tu es avec moi ? » lui demandait Gibbs, sa voix semblant légèrement inquiète. Peut-être qu'il lui avait posé cette question plusieurs fois, pensa Tony. Il acquiesça, puis il sentit Gibbs le repousser doucement contre les oreillers. C'est à ce moment-là que Tony put voir le visage de son patron dans l'obscurité. Il semblait inquiet.

« Tu te souviens ? » demanda Gibbs doucement, ne voulant pas réenclencher la panique à laquelle il venait d'assister.

« Comme si c'était hier » chuchota Tony, la bouche sèche.

« Et ? » l'incita Gibbs lorsque le jeune homme ne continua pas. Il voulait tellement pouvoir entrer dans le bureau de Fornell et lui dire où il pouvait mettre ses accusations.

« Je… Son sang sur mon visage… » réussit-il à articuler.

Lorsque Gibbs se rendit compte que le cauchemar de Tony portait sur leur amie tombée et non sur Quantico, il cacha soigneusement sa déception et posa sa main sur l'épaule de Tony, la serrant légèrement.

« Ouais, ça m'arrive toujours à moi aussi, DiNozzo » admit-il doucement. Et si les cauchemars de Tony ressemblaient un tant soit peu à ceux de Gibbs, il n'allait pas vouloir dormir avant un moment.

« Je vais faire du chocolat chaud » déclara-t-il à Tony en enlevant sa main de son épaule et en se levant. « Mais ne le dit pas à Abby. Elle croira que je m'attendris ».

« Je suis désolé de ne pas me rappeler Quantico, patron » dit Tony tout en regardant Gibbs allumer la lampe et se diriger vers la cuisine.

« Tu parles, DiNozzo, » dit Gibbs, « lorsque l'équipe en aura fini avec tous les éléments que le Directeur a ordonné au FBI de nous transmettre, ça n'aura plus d'importance si tu ne te rappelles même plus de ton propre nom. Concentre-toi juste à aller mieux. Je ne veux pas que tu encombres mon salon pour toujours. »

Alors que Tony écoutait les sons de la bouilloire et de l'entrechoquement des mugs, il espérait que son patron avait raison.