Bonjour à tous, j'ai longtemps hésité à écrire ce chapitre. J'ai changé l'histoire en cours pour pouvoir y purger ce que je ressentais, ce que je ne peux pas dire de vive voix sans m'écrouler. Pour ceux qui ne le savent pas cette fiction est une adaptation d'une histoire que j'ai écrite i ans. Je souffre d'Endométriose et j'avais écris cette histoire pour pouvoir imaginer un happy end dans toute cette m***de. Mais le happy end n'est toujours pas venu pour moi. Alors Drago va être mon échappatoire, mon exutoire pour ce chapitre et pour le prochain. Il va vivre ce que j'ai vécu au mois de juin et ensuite j'imaginerais un autre happy end car j'espère que moi aussi j'y aurais droit.
Je remercie tous les review-ers. vous avez été mes lucioles dans la caverne où je m'étais terrée. Merci à vous.
Disclaimer: Harry Potter (personnages, créatures, monde compris) appartient à JKR ,l'unique.
10. Le sort ou le destin (Comme vous voulez)
- Maman, tante Mione ! Coucou !
- Les voici de retour, annonça Hermione en entendant la petite voix d'Adhara.
Elle alla ouvrir la porte de derrière, s'attendant à les voir tous en train de revenir de la grange. Mais le spectacle qu'elle aperçut la laissa coite de surprise : Adhara caracolait avec ses oncles sur le bel étalon d'Harry. Pansy sortit sous le porche à cet instant et retint un cri.
- Que se passe-t-il ? Où sont Fillius et les garçons ?
- Ils arrivent, répondit Harry. Mais Adhara voulait vous monter comme elle monte bien avant que je ne ramène Lumière à l'écurie !
Pansy se précipita vers sa fille qui se jeta dans le vide certaine que les bras de sa mère seraient là pour la réceptionner.
- Oncle Harry a sauvé la vie d'oncle Drago ! lança-t-elle de sa voix flûtée.
- Qu'est-ce que tu dis ? Il est arrivé quelque chose ?
- Tout va bien, déclara Drago. Il y a eu un petit incident avec ma jument mais je laisse à Fidis le plaisir de vous raconter l'aventure. C'est lui qui en a la meilleure version !
Très troublée, Pansy serrait Adhara dans ses bras. Harry aida Drago à descendre de selle avant de faire demi-tour vers les écuries.
- Il s'est passé quelque chose de grave, j'en suis sûre, déclara Pansy. Tu sais comment Fillius se comporte quand il s'agit de sa fille ? A part lui une seule personne au monde a l'autorisation de la prendre à cheval…
- C'est parrain Théo…, coupa la petite.
- Oui, il parait, répondit Drago.
- Et tu sais pourquoi ?
- Parce que c'est un noble qui sait comment on monte à cheval.
- Exactement ? Autant regarder les choses en face, très cher : tu as épousé un noble…
La nuit venue, alors qu'ils étaient allongés tous les deux dans leur grand lit, Drago tournait résolument le dos à son époux.
- Drago, tu ne m'as rien dit depuis que nous sommes revenus de promenade et je n'aime pas du tout cela.
- Je t'ai remercié de m'avoir sauvé.
- C'est vrai mais je suis persuadé que tu m'en veux…
- Eh bien, oui ! Je t'en veux, explosa-t-il. Pourquoi ne m'as-tu pas dit que tu étais un noble ?
- Tu crois que cela aurait changé quelque chose ? Tu ne m'aurais pas épousé ?
- Peut-être…
- Dans ce cas, je suis ravi de m'être tu.
Comme Drago demeurait obstinément tourné, il ajouta :
- En fait, j'étais persuadé que tu savais. Je participe à tellement de réunions, bals, comités. J'ai tellement de titre et de responsabilités que je ne comprends pas que tu ne l'aies pas remarqué !
Harry s'était rapproché de son mari et tendrement l'attira contre lui. Alors Drago se souvint qu'il avait décidé de lui apprendre à aimer. Ce n'était pas le moment de le rejeter même s'il lui semblait qu'il avait une raison valable…
- Pourquoi détestes-tu autant les nobles ?
- C'est que…tu comprends mon père m'en a fait tellement voir lorsque j'étais jeune, que j'ai mis tous les noble dans le même sac. Ce qui est sans doute une erreur grossière…
Enfin Harry se détendit et commença à sourire tandis que Drago continuait :
- A propos d'erreurs, Pansy a remarqué que je ne savais pas grand-chose sur toi.
- Fillius m'a fait la même réflexion !
- Deux personnes qui s'aiment devraient être un peu plus au courant des gouts de l'autre…
- Bien sûr. Mais depuis que nous sommes mariés, tu as tellement travaillé que nous n'avons guère eu le temps de discuter.
- Et toi, tu veux tout le temps faire l'amour !
- Conclusion, chaque jour, il nous faudra réserver un moment pour apprendre à nous connaitre, par exemple au repas de midi.
- Bonne idée… Mais maintenant, ce n'est pas le repas de midi !
- Me feriez-vous des avances, Monsieur Potter ?
- J'en fais à l'homme, noble ou pas, qui a eu la délicatesse de me convier à la discussion avec mes parents. C'est le plus beau cadeau que tu ne m'aies jamais fait !
Sur ce, il se mit à déboutonner sa chemise de pyjama en soie noire avec un art si consommé et une lenteur si savante qu'Harry eut le corps en feu avant qu'il ait terminé. A peine la chemise au sol qu'Harry dévorait déjà les épaules de lait. Rapidement, Drago perdit le contrôle des opérations qu'il avait prévu de mener. Peu importe, Harry était en très bonne voie. Lorsque le brun lui mordilla la hanche droite, il ne put retenir un gémissement sourd.
- Ha… Harry…hum… chéri attends.
- Quoi ? demanda Harry en continuant de déposer une nuée de baisers sur son ventre.
- Sortilège d'impassibilité ?
- Nous sommes dans la suite parentale d'un manoir sorcier vieux de plusieurs siècles. Tout est fait pour que rien ne dérange les occupants dans leurs activités parentales, déclara Harry tout en remontant vers le visage du blond. Rassure-toi mon cœur, tu peux crier et gémir de tout ton soul.
- Vous êtes bien prétentieux, Monsieur Potter. Qui vous dit que je vais gémir et crier ?
- Hum, prétentieux, je ne pense pas. Non. Je dirais plutôt, sûr de ses talents sur le corps d'un petit blond.
- Je demande à voir, le provoqua Drago.
Harry l'embrassa tendrement jusqu'à ce qu'il n'ait plus de souffle tout en caressant ses flancs, ses jambes, ses cheveux, son visage. Il continua son exploration dans son cou ou il mordilla la peau tendre jusqu'à ce qu'elle rougisse. Drago se tortillait sous lui en haletant mais aucun son ne franchissait ses lèvres entrouvertes. Harry se perdit un instant dans la contemplation du blond les cheveux ébouriffés, les joues rouges, les lèvres gonflées. Il avait failli le perdre cet après-midi… Son cœur lui fit mal à ce moment et il ressentit le besoin de serrer Drago très fort dans ses bras. Il l'enserra alors le visage dans ses cheveux et le serra comme s'il allait disparaitre. Il voulait entrer sous la peau du blond. Ne plus faire qu'un avec lui. Alors sautant toutes les étapes qu'il avait prévues de faire et pour la première fois depuis qu'il était avec Drago, il murmura un sort de préparation. Son cœur lui faisait mal et il ressentait l'urgence de ne plus faire qu'un avec son mari. Il soupira en entrant lentement en Drago qui gémit lorsqu'Harry toucha ce point en lui. Harry lui fit l'amour comme jamais encore auparavant. Lentement, langoureusement, ils se mouvaient sur un tempo sensuel connu de ceux qui connaissent l'amour. Il est vrai que les choses les plus évidentes nous échappent consciencieusement. Drago rendit les armes sans même s'en rendre compte, perdu dans un océan de plénitude.
A 6 heures du matin, Harry s'éveilla, frais et dispos, prêt à galoper au moins autant qu'il l'avait fait la veille. Prenant appui sur un coude, il arrangea une mèche de cheveux qui barrait le visage de Drago et déposa un léger baiser sur son front.
- Mmm…Encore cinq minutes…, murmura-t-il dans son sommeil.
Cette protestation matinale, toujours la même, arracha un sourire attendri à Harry, puis il se leva, prit une douche rapide et descendit dans la cuisine prendre son petit déjeuner. Dès qu'il fut dans l'escalier, une musique assourdie parvint à ses oreilles et il eut la surprise de découvrit que Fidis était déjà debout, habillé, et attendait patiemment que les adultes se lèvent en regardant la télévision.
- Tu veux regarder un dessin animé avec moi, parrain ?
- Non, il vaut mieux que nous allions déjeuner tous les deux tu ne crois pas ?
- Oh oui, j'ai drôlement faim !
- Pourquoi tu n'as pas demandé quelque chose à manger en cuisine ?
- Il n'y a personne en cuisine parrain Harry.
- Ah oui, c'est vrai, dit Harry en se frappant le front. Hermione…
Son estomac gronda et il observa Fidis tout en réfléchissant.
- Fidis, sais-tu garder un secret ?
- Bien sûr, parrain !
- Viens avec moi, dit-il en tendant sa main à l'enfant avant de se diriger vers la cuisine.
Il ouvrit la porte de celle-ci, entra avec Fidis avant de la refermer et d'y lancer un sort.
- Fidis, je vais appeler mes elfes de maisons pour qu'ils nous préparent le petit déjeuner mais tu dois promettre de ne rien dire à personne.
- Je pourrais avoir des crêpes ?
- Bien sûr ! Tu pourras avoir tout ce que tu veux à manger tout en ne te rendant pas malade.
- Maman dit que se goinfrer n'est pas digne de notre rang.
- Eh bien, nous disons marché conclu, annonça Harry en tendant la main au petit brun.
- Marché conclu, confirma Fidis en serrant la main de son parrain.
- Vil, Zed, appela Harry.
Deux 'pop' se firent entendre à l'apparition de deux elfes de maisons arborant les couleurs et le blasons des Black.
- Le maître Harry nous a appelés, dirent-ils en faisant la révérence. Que pouvons-nous faire pour le maitre ?
- Pouvez-vous nous préparer un petit déjeuner avec des crêpes pour Fidis.
- Bien sûr maître Harry. Tout de suite maître Harry.
- Et pas de zèle, ok. Juste assez pour quatre ou cinq personnes.
Les elfes s'agitèrent dans la cuisines et le temps pour Harry et Fidis de raviver les flammes dans la cheminé que leur petit déjeuner était prêt.
- Surtout ne nettoyez rien, demanda Harry. Je vous remercie beaucoup. Vous pouvez retourner au château.
- Nous sommes heureux de servir le maître, dirent-ils avant de disparaitre dans un pop.
- Merci parrain Harry, c'est très bon, annonça Fidis après avoir englouti sa première crêpe.
- Mais de rien, mon filleul. Mais attends, dit Harry en se levant. Il nous manque un petit quelque chose pour ne pas éveiller les soupçons.
Harry récupéra un peu de farine et se tacha le visage, les mains et les vêtements avant de faire de même avec Fidis.
- Alors qu'avons-nous fait ce matin ? demanda Harry.
- Nous avons fait des crêpes et préparé le petit déjeuner, répondit le petit brun.
- Tape là, rigola Harry.
Fidis tapa dans la main de son parrain tout en rigolant avant de revenir à ses crêpes. Il aimait bien son nouveau parrain. Fidis s'avéra être bavard, gentil et curieux de tout. La conversation fut d'autant plus facile à établir que le petit garçon avait une aisance relationnelle qui reflétait parfaitement sa confiance envers les adultes. Il était visiblement persuadé que ceux-ci l'aimaient et qu'il pouvait leur accorder une entière confiance. C'est avec une émotion certaine qu'Harry comprit qu'il faisait désormais partie du lot.
A peine leur petit déjeuner terminé que Drago fit son apparition. Malgré la chaleur dispensé par le feu qui ronflait dans la cheminé, il frissonnait et était tout pâle.
- Tu te sens bien ? lui demanda Harry.
- Oui… Je vais prendre un bon thé bien chaud, ça me fera du bien.
Harry remplissait sa tasse lorsque le bruit d'un véhicule en route vers la maison se fit entendre.
- Est-ce que ce serait déjà Daphnée ? demanda Drago à mi-voix.
Tous trois s'avancèrent vers le porche d'où ils aperçurent un petit camion noir qui tirait une remorque équipée pour transporter des chevaux. Fidis sortit de la maison comme une flèche en criant :
- C'est marraine Daphnée !
Dès que le camion fut arrêté, une main sortit par la fenêtre du conducteur et ébouriffa affectueusement les cheveux du petit garçon. Puis la portière s'ouvrit livrant le passage à une grande blonde athlétique dans les bras duquel Fidis se précipita avec fougue. Aussitôt, Daphnée souleva son filleul et le fit tourner avant de s'avancer vers la maison tandis que les autres sortaient à sa rencontre.
- Je ne t'attendais pas si tôt ! lui dit Drago en lui tendant les bras.
- J'avais prévu de m'arrêter pour la nuit mais finalement il me tardait de vous revoir tous et j'ai préféré ne pas faire de halte.
- Par Salazar ! Il y a combien d'heure que tu n'as pas dormi ?
- Bah… Je ne sais pas !
- Ce n'est pas très prudent de ta part. Tu sais que tu n'as plus vingt ans ! Tu aurais pu transplaner ou prendre un portoloin.
Daphnée eut un grand sourire.
- J'ai une surprise pour toi… mais avant si tu me présentais à ce monsieur qui a l'air d'être ton mari ?
Drago s'exécuta en rougissant un peu, pendant qu'Harry serrait la main du nouveau venu. Une main d'acier comme il put le constater ! Sur ses entrefaites, Pansy descendit les rejoindre.
- Nous avons un beau-frère tout à fait recommandable, assura-t-elle à Daphnée avec un sourire en direction de Drago. Fillius et les enfants ne jurent plus que par lui !
Comme Harry faisait signe à tout le monde d'entrer dans la maison, Daphnée demanda :
- Drago, je t'ai ramené un mustang et un appaloosa direct des Etats-Unis. Ils sont dans la remorque !
- C'est vrai ! s'exclama Drago des étoiles pleins les yeux. Ils sont comment ? Je peux les voir ?
- Drago Daphnée doit être fatiguée. Je vais demander à Ray d'installer les chevaux dans l'écurie.
- Ok, répondit le blond. Daph', il faut que tu me raconte tout !
- Venez Daphnée. Que diriez-vous d'un bon café ?
A ces mots, Daphnée regarda Harry bien en face puis, après un moment de silence, suggéra :
- Si on se tutoyait ?
- Maman a dit que le repas il est prêt ! claironna la petite Adhara en agitant une clochette en argent.
- Que le repas est prêt, idiote ! corrigea Fidis avec une délicatesse toute fraternelle.
- Il est prêt imbécile ! reprit la petite qui ne voulait pas s'en laisser conter.
- Tu vas voir un peu si je suis un imbécile ! s'écria Fidis en se précipitant sur sa sœur.
- Du calme les enfants ! intervint Fillius tandis que les adultes présents essayaient de retenir un sourire amusé. Si vous continuez sur ce ton là, vous serez privé du gâteau au chocolat et aux noix de tonton Drago !
La menace fut efficace. Calmés comme par miracle, les deux enfants se dirigèrent vers la salle à manger ou toutes sortes de bonnes choses attendaient les convives. Jamais Harry ne s'était retrouvé avec une maison qui sentait aussi bon ! Lorsqu'il était enfant Halloween était un jour aussi triste que les autres. Il travaillait autant et quand Dudley mettait son beau costume pour aller à la chasse au bonbon, il était enfermé dans son placard sous l'escalier avec les reste du midi exactement comme d'habitude.
Il pénétra le dernier dans la salle à manger, comme pour retarder le moment où il découvrirait le résultat des préparatifs qu'il avait entrevus. Il ne fut pas déçu !
Sur la grande table ou le couvert avait été mis, la nourriture s'étalait en abondance. Un vrai repas de fête !
- C'est toi qui as préparé tout cela ? demanda-t-il à Drago.
Un éclat de rire général lui répondit, que le jeune homme commenta en disant simplement :
- Rendons hommage à Hermione pour ses talents de cordon-bleu… J'avoue que je me suis contenté de l'aider !
- Moi aussi, j'ai aidé ! intervint la petite Rose.
- Eh bien, merci à tous ceux qui nous ont préparé pareil festin, conclut-il avec un sourire.
Mais en plus du sourire, Drago eut droit à un baiser. Pourtant, une fois que chacun fut assis, Harry commença à se faire du souci en réalisant que tout le monde le regardait en attendant apparemment qu'il dise quelque chose. Désemparé, il jeta un coup d'œil en direction de Drago, qui comme les autres attendait qu'il parle.
- Je ne sais pas quoi dire, Drago !
- Ce n'est pas grave, répondit le blond gentiment. Parle avec ton cœur !
Alors, comme on se jette à l'eau, il se lança :
- Je… Hum…Merci... Merci à vous d'être ici ce soir. Ma nouvelle famille que je découvre encore. Ma famille de cœur, toujours là malgré le temps qui passe. Mon merveilleux mari qui me comble chaque jour. Je pense aussi, en ce jour si particulier, à mes parents. A combien ils me manquent, à combien j'aurais aimé qu'ils fassent la rencontre de Drago. A combien Sirius et mon père auraient aimé l'embêter lui et Lucius. Je pense aussi à tous ceux qui ne sont plus avec nous mais qui, j'en suis sûr, nous regarde, et, je l'espère, sont fiers de nous. Mais je crois aussi que Fred et Sirius doivent bien se marrer de me voir marié à un Malefoy.
Le silence lui répondit. Il vit Hermione essuyer rapidement une larme avant que Ron ne lève son verre et dise :
- A Harry, pour cette vie, libre et pleine de surprise, qu'il nous a offert !
- A Harry ! reprit la tablée en levant leur verre.
- Si tu savais comme je te suis reconnaissant d'exécuter cette tâche à ma place ! avoua Fillius. Je ne remercierai jamais assez Merlin de m'avoir accordé pareil beau-frère !
- Et nous un oncle aussi gentil et courageux ! ajoutèrent en chœur Fidis et Izar.
Puis tous se penchèrent sur leur assiette mais Drago vit bien son père lever les yeux au ciel avant de se perdre dans l'émeraude des yeux de son époux.
Après le repas, ils se réunirent dans le salon et se mirent à raconter des souvenirs d'enfance. Ron était en train de raconter, la réaction de sa mère un Halloween où il avait chipé les bonbons de sa sœur et s'était rendu malade. Adhara et Rose étaient venues se blottir dans les bras d'Harry ou elles s'étaient dit des secrets avant de plonger dans un profond sommeil.
- Je vais la coucher, suggéra Pansy.
- Non, elle est bien avec nous, répondit Harry tout ému par la confiance que la petite fille lui avait manifestée.
Au fur et à mesure qu'Harry écoutait les histoires des uns et des autres, il commençait à comprendre ce qu'était une vraie vie de famille comme les nobles l'entendaient, fondée aussi sur un amour et une confiance sans faille. Tous ici l'avaient déjà adopté. Pour la première fois de sa vie, il se sentait à sa place. Son cœur lui paraissait dilaté du bonheur de cette découverte.
Mais que penseraient-ils, s'ils savaient qu'il avait épousé Drago uniquement pour avoir un enfant. A les voir tous autour de lui, il savait maintenant pourquoi son mari tenait tant à leur faire croire que son mariage était un mariage d'amour. Il voulait conserver leur estime afin de préserver l'entente profonde qui régnait entre eux. Harry aussi ne voulait pas décevoir Ron et Hermione qui lui avait répéter maintes et maintes fois qu'il devait s'ouvrir aux autres. Et Harry voulait devenir exactement ce qu'ils pensaient qu'il était déjà : un mari prévenant, un époux amoureux.
Pour cela, il avait plusieurs modèles : Ron, Théodore, Fillius et même Lucius. Pour sa plus grande joie, il avait déjà réalisé que le comportement de ceux-ci correspondait tout à fait à celui qu'il s'efforçait d'avoir avec Drago. Il voulait le protéger, le connaitre de son mieux et le rendre heureux.
Maintenant, il aurait pu répondre à la question que Drago lui avait posée quelques jours plus tôt, et qui à l'époque l'avait plongé dans un profond malaise. Il savait ce qu'il ferait s'il ne réussissait pas à être enceint. Cela n'aurait aucune importance s'ils n'avaient pas d'enfants tous les deux ! Les terres et domaines Potter et Black irait à ses neveux et nièces. Peu importe qu'ils ne portent pas le nom des Potter ! La seule chose qui comptait à ses yeux désormais, c'est que Drago reste avec lui jusqu'à la fin de ses jours.
Peut-être était-ce cela l'amour ? Sans doute. Mais est-ce que cela suffirait aux yeux de Drago ? Il n'avait jamais eu de chance quand il avait aimé. Il avait aimé ses parents mais ils étaient morts. Il avait cru aimer Ernie et il l'avait abandonné. Il avait aimé sa tante mais elle n'avait pas voulu de son amour… Jamais son amour pour quelqu'un n'avait été payé de retour. Alors ?
Lentement, il tourna la tête vers Drago. Leurs regards se croisèrent et, une fois de plus, restèrent captifs l'un de l'autre par une magie renouvelée.
La fraîcheur de l'air fit frissonner Drago, penché sur la rampe de la terrasse. Il entendit la porte de la maison grincer dans son dos mais n'eut pas besoin de se retourner pour savoir qui se trouvait derrière lui. Les deux bras vigoureux qui l'enlacèrent lui donnèrent aussitôt raison.
- Alors tu es venu chercher un peu de calme ?
- Oui. J'avoue que je trouve ma famille un peu fatigante. Pourtant, on dirait que tu la supporte plutôt bien.
Harry se mit à rire.
- Aussi étrange que cela puisse te paraitre, oui, je la supporte bien. Très bien même. Mais j'apprécie de passer un moment de calme en ta seule compagnie.
Les étoiles brillaient dans le ciel froid de la dernière nuit d'octobre, un vent frais leur piquait les joues… C'était de pareils moments qui avaient manqués à Drago depuis qu'il avait quitté le manoir. Et le fait de renouer avec ses plaisirs aujourd'hui, serré dans les bras d'Harry, les lui rendait encore plus précieux. Il aurait aimé que cet instant dure toujours…
Cette pensée le surprit. Comme il avait changé !
- Ton plan a bien marché, tu ne trouves pas ? demanda Harry. Toute ta famille à l'air parfaitement convaincue que nous nous sommes mariés par amour. Même Hermione !
A ces mots, Drago vacilla. Ces paroles étaient comme un couteau qu'on lui plantait dans le cœur. Si Harry parlait ainsi, c'est qu'il ne l'aimait toujours pas ! La déception du jeune homme était immense. Depuis le temps qu'il l'embrassait, lui parlait gentiment, lui demandait son avis, il avait fini par croire qu'Harry était en train d'apprendre à l'aimer… Des larmes lui piquèrent les yeux. Il les refoula vaillamment.
- Oui, nous avons réussi. Tu es un excellent acteur Harry. Tu as même réussi…
- Hé vous deux, là-bas ! s'écria Daphnée en les apercevant. Vous aurez tout le temps plus tard pour vos tête-à-tête d'amoureux ! Adhara réclame son oncle Harry. Elle a déjà eu un bisou de toute la famille mais ne veut pas s'endormir sans le sien.
Doucement, Harry passa un doigt sur la joue de son mari.
- Je reviens tout de suite, attends-moi !
Daphnée s'avança vers son frère de cœur et s'adossa contre la rampe à côté de lui.
- Ton mari est un homme très sympathique. Très loin de l'image que je me faisais de lui.
- Tu trouves ?
- Pendant des années, j'ai cru que nous serions les seuls à ne pas fonder de famille. J'ai abandonné tout espoir en ce qui me concerne et j'avais commencé à en faire autant pour toi. Et puis te voilà marié et heureux !
Drago connaissait bien l'ancienne Serpentard, et derrière son apparente résignation, il devina la tristesse et la solitude de sa vie.
- Je sais bien que cela ne sert à rien de le dire, mais je suis persuadé que toi aussi, un jour ou l'autre, tu finiras par trouver l'âme sœur. Et ce sera au moment où tu t'y attendras le moins.
- Tu oublies que je suis sur les routes la plus grande partie de l'année !
- Si tu penses que c'est un handicap pour toi, pourquoi ne t'installes-tu pas ?
Daphnée détourna les yeux et se frotta la nuque.
- J'ai essayé mais c'est difficile de côtoyer ma petite famille parfaite. Ils sont adorables mais leur bonheur rend ma solitude encore plus difficile à vivre. Sans compter tous les bons partis qu'ils n'hésitent pas à essayer de me refourguer et tout ce cinéma autour de ce qu'une bonne héritière se doit de faire ou se comporter. Tu sais tout cela aussi bien que moi, non ? C'est pour cette raison que, chaque fois, je reprends la route.
- Et que tu continus à participer à toutes ces expéditions de découverte et d'expérimentation bizarre.
- Oui. Toutefois, je me reconvertis dans la recherche. C'est moins risqué.
- Pourquoi tu ne t'installe pas en territoire moldu tout en continuant tes recherches ?
- C'est vrai que j'ai en vue une petite résidence pas très loin, mais suffisamment quand même, de vous tous.
- Et bien qu'est-ce que tu attends ?
- Bah… Pour l'instant, ce qui compte, c'est que tu sois heureux.
- Tu es très gentille Daph'. Mais toi aussi, tu mérites d'être heureuse et j'espère que cela arrivera bientôt.
Le vent froid les fit frissonner tous les deux et d'un commun accord, ils rentrèrent rejoindre le reste de la famille.
Dans la suite parentale du manoir, le cœur battant le plus endiablée des chamades, Drago observait Hermione psalmodier des formules baguette pointé sur son ventre. Elle releva enfin celle-ci, le visage hermétique.
- Alors ? demanda Drago inquiet.
- Tu es bien enceint, Drago, répondit-elle du ton professionnel qu'elle utilisait habituellement en consultation.
Drago se releva et s'assit au bord du lit près de la brune.
- Je pense qu'on devrait appeler Harry, ajouta-t-elle.
- Qu'il y a-t-il Hermione ? Dis-moi !
Hermione lui prit les mains et Drago sut que ce qu'elle allait lui dire ne lui plairait pas.
- Pour les grossesses masculines, la potion permet au corps du futur père de fabriquer une poche magique alimenté en magie par le père fécondateur et en sang par le père porteur afin d'accueillir le bébé. Ta poche magique semble ne pas avoir été créée par une potion car elle s'est greffée directement sur une artère. Le fœtus est bien là mais la poche est très mal positionnée.
- Ce qui veut dire ? demanda Drago la voix tremblante.
- Le risque de fausse couche est très élevé. Le risque d'hémorragie pour toi s'il y a fausse couche est sûr et sans magie les potions ne fonctionneront pas sur toi. Le risque est trop important Drago, je recommande fortement une interruption de la grossesse.
- Non !
- Drago, tu dois en parler avec Harry et vous devez prendre la décision ensemble.
- Non ! Mon bébé... Tu ne comprends pas ! Il va me laisser, il va me quitter… Tu ne comprends pas… répéta Drago les mains sur son ventre, les larmes ravageant son visage.
