Voilà, on a laissé Harry au Manoir Malfoy pour un nouveau week-end….

Disclaimer : Tout est à JKR….

Avertissement : l'ensemble de la fic est classée M, et c'est un slash HPDM.

10. Renaissance du désir

Le soir nous dînons et la conversation tourne toujours et encore autour des enfants. Puis pour la première fois on évoque mon accident et je comprends que nos hôtes se sentent un peu responsables de ce qui est arrivé.

Ginny est nerveuse, et ne souhaite pas approfondir. Mais Isadora insiste sur ses regrets. Son mari et Ginny se regardent, mal à l'aise. Que cachent-ils ?

Finalement ma femme leur parle de ma convalescence et de ma dépression larvée. Et je prends conscience qu'elle parle de moi comme si je n'étais pas là. Ca me dérange, mais je me tais.

Isadora évoque à nouveau la possibilité de me faire aider par son mari, et tout le monde le regarde.

Il répond un peu rapidement qu'il a concocté une potion pour moi qu'il me la donnera le lendemain. Il n'a pas l'air réellement intéressé par mon état.

Albus et Skorpius réclament de savoir ce qu'il y a dans cette potion et je m'interroge. Suis-je vraiment dépressif ? Ou est-ce que c'est juste les séquelles de l'accident ?

Soudain j'ai envie de guérir, et de prouver à ma femme que je peux m'en sortir.

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Le lendemain matin, après le petit déjeuner, mon hôte me propose d'aller dans son laboratoire pour mettre au point la fameuse potion.

Ginny a l'air inquiète. J'hésite…je suis fatigué, j'aimerais autant me recoucher et dormir.

Mais après tout, qu'est ce que j'ai à perdre ?

Nous entrons dans cette pièce remplie de fioles, d'alambics, de bougies et je change de siècle. C'est un environnement tellement différent du mien….

Il me dit de m'asseoir sur un vieux fauteuil de velours, et il commence à préparer un flacon. J'observe ses gestes précis, la finesse de ses mains.

Il ne me regarde pas. Une odeur étrange flotte dans l'atmosphère…

- Bon, d'après les éléments que tu m'as donnés la dernière fois, j'ai préparé cette potion, mais c'était il y a plusieurs semaines. Il y a eu des évolutions ?

- Depuis ? Pas vraiment. Je suis toujours fatigué. Peut-être un peu moins angoissé. Moins de cauchemars.

- C'était quoi ton cauchemar ?

- Un serpent. Qui voulait me voler mon fils.

- Et tu n'en rêves plus ?

- Disons que la dernière fois que j'en ai rêvé, ce n'était pas un cauchemar.

- … ?

- C'était plutôt un rêve…agréable.

Il me regarde, très surpris, pour la première fois.

J'avoue que je suis plutôt content de mon effet, content de l'avoir forcé à me regarder.

- C'était quand ?

- Quand tu m'as prêté cette baguette, tu sais…

Il fronce les sourcils.

- Et tu l'utilises souvent ?

- Non, j'en ferais quoi ? je ne connais aucun sort.

- Je vois. Bon, on va commencer par la potion. Tu vas prendre quatre gouttes de cette potion, quatre fois par jour, dans un peu d'eau de source, ou sur la langue directement. Et tu me diras comment tu te sens. Je ferai les ajustements nécessaires dans deux semaines.

- Et je suis sensé me sentir comment ?

- Moins fatigué. Plus heureux. Mieux, quoi…

J'acquiesce docilement. Il semble hésiter et me demande :

- Tu as toujours cette baguette ?

- Oui…

- Tu l'as amenée ?

- Oui, pourquoi ?

- Si tu veux bien, j'aimerais essayer quelque chose…travailler sur les énergies.

Je soupire. Je me lève pour aller la chercher dans ma chambre. Il ne bouge pas. Je la saisis et je sens à nouveau un léger frémissement. Je retourne dans le laboratoire.

Je la lui tends, et il me demande de me rasseoir, et de fermer les yeux. De me détendre. De respirer.

Je suis mal à l'aise, les yeux fermés sur ce fauteuil. J'ai presque envie de rire.

- Détends-toi, Harry. N'aie pas peur…je vais juste passer cette baguette sur toi, à certains endroits, pour faire circuler les énergies bloquées. Dis-moi si tu ressens quelque chose.

Je suis sur le point de lui dire que déjà quand je la touche je sens quelque chose, mais comment expliquer ça ? Je préfère me taire.

Le silence règne. Je n'entends qu'une légère respiration à côté de moi, et je sens cette odeur bizarre et un peu obsédante de pharmacie.

Finalement je sens l'extrémité de la baguette sur mon front, et ça me chatouille. Je pince mes lèvres pour rester sérieux.

J'ai l'impression qu'il murmure quelque chose.

Au bout de quelques secondes, il me semble que je me détends vraiment, et que j'ai la tête plus légère. Moins de tension dans la nuque. Moins d'idées noires.

Puis il pose le bout de la baguette sur ma poitrine, et je ne peux retenir un profond soupir. Je sens à nouveau un fourmillement, qui m'emplit et m'apaise. Je pense à Ginny, aux enfants. J'ai envie de les serrer contre moi, de leur dire que je les aime. Qu'ils sont tout pour moi.

Je respire plus librement.

Puis la pointe de la baguette se pose sur mes pieds et des fourmis montent doucement le long de mes jambes, qui me donnent envie de bouger, de courir…de galoper dans le parc avec mon fils…une énergie inhabituelle m'emplit.

Puis il frôle mes mains et là aussi les fourmis remontent dans mes bras et je sens que je me détends complètement tandis qu'une chaleur se répand en moi. Je m'étire avec plaisir, comme un chat. Je crois que je souris.

Je n'entends plus mon hôte, je l'ai presque oublié. Je suis concentré sur ces nouvelles sensations si agréables…

- Ca va, Harry ? me souffle-t-il

- Oui, bien…très bien.

- Tu sens quelque chose ?

- Oui, des fourmis…

- Et c'est agréable ?

- Oui…

- On continue ?

- Bien sûr…

Il pose la baguette sur mon ventre, et d'abord je crois qu'il ne se passe rien. Puis tous les fourmillements précédents semblent se déplacer au niveau de mon bas-ventre, et je suis envahi par une espèce de désir incontrôlable.

Le fourmillement me donne de plus en plus chaud, et je soupire bruyamment. C'est presque gênant tellement c'est agréable. J'ai envie de bouger les hanches, envie de faire l'amour. Les sensations m'emplissent, me rendent...vivant. Mon sexe se gonfle...

Je mords mes lèvres, je sens que j'ai rougi. Je n'ose plus ouvrir les yeux. Il enlève la baguette et j'attends que mes émotions se calment.

J'entends ses pas qui s'éloignent, et il me dit :

- C'est terminé, Harry. Tu peux aller te reposer dans ta chambre si tu veux.

Il est parti. Par discrétion ? Par gêne ?

J'ai honte de m'être laissé ainsi allé devant un inconnu, mais je me rassure en me disant qu'il ne s'est peut-être aperçu de rien.

Il ne m'a même pas touché, c'est juste cette étrange baguette ….elle est posée sur la table à côté. Etrange comme effet, alors que mon corps est en sommeil depuis si longtemps. Je la récupère et en un éclair j'entrevois deux corps, ma peau mate sur une peau claire, un abandon, des yeux clairs qui se ferment, un plaisir intense….

Est-ce un souvenir, un fantasme ?

Je rejoins les autres, un peu perdu.

Mais je me sens plutôt bien, avec plus d'énergie.

Finalement c'était pas si mal que ça, comme expérience.

Ginny et moi disons au revoir à Albus, visiblement heureux de rester avec son copain, et à nos hôtes, que j'ai trouvés charmant.

Je leur dis, sans mentir, que j'ai beaucoup apprécié mon séjour au Manoir. Ginny me regarde, interloquée. Mais elle ne dit rien.

Nous restons muets sur le chemin du retour.

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Pendant les deux semaines qui suivent je prends mon traitement avec régularité et je commence vraiment à me sentir mieux. Moins fatigué. Plus actif.

J'apprécie de sortir, de me promener avec Ginny. Nous parlons ensemble, longuement, et elle me redonne des indications sur ma vie précédente, alors qu'avant ça ne m'intéressait pas. J'envisage de recommencer à travailler. Elle est heureuse de ma renaissance, je crois, mais elle reste très vague au sujet de Malfoy.

On rejoint les enfants chez mes beaux parents et je fais de longues promenades avec eux dans la campagne.

C'est comme un nouveau départ pour moi.

Au bout de 15 jours on rejoint Albus chez les Malfoy et on les trouve tendus, mal à l'aise. Pourtant les enfants ont l'air d'aller bien, et le bébé est en bonne santé.

Le soir, un peu gênée, Isadora nous raconte que la veille les garçons sont sortis dans la forêt, tous les deux, à minuit, et ont fait un rite magique pendant lequel ils se sont tailladés les poignets et ont échangé leur sang, en gage d'amitié éternelle. Les parents ont découvert ça le matin même de notre venue.

Ginny blanchit d'un coup et murmure :

- C'est pas possible !!

- Si…répond Isadora, mal à l'aise. On s'en est aperçu ce matin. Désolée…

Malfoy ne bronche pas et garde les yeux baissés.

Ginny s'énerve :

- Mais vous les avez laissés faire !! J'en étais sûre…dans cette famille…

- Qu'est –ce que tu veux dire par là ? s'insurge Isadora, sur la défensive.

- Rien, je me comprends, souffle Ginny, amère, en fixant Draco Malfoy.

Il ne cille pas mais je suis gêné pour lui. Toujours cette suspicion de Ginny vis-à-vis de lui. Qu'est ce qu'elle me cache ?

Isadora tente d'alléger l'atmosphère :

- En fait je crois que c'était assez courant il y a quelques siècles…

- Des conneries on a dû en faire aussi, à leur âge, hein Draco ? je lance un peu au hasard.

Il me dévisage, interloqué, et murmure :

- Sûrement…

- Je ne pense pas qu'il y ait lieu de s'inquiéter, rajoute Isadora, conciliante.

- Je ne suis pas sûre…murmure Ginny..

A vrai dire je ne sais que penser de l'incident. Ils sont jeunes et influençables…

Avant qu'il se couche Ginny passe un savon monumental à Albus, qui commence par pleurer et puis s'enferme dans son mutisme. Il rejoint Skorpius dans sa chambre en claquant la porte.

Au lit, elle me souffle :

- Ca va trop loin, cette histoire entre eux. C'est n'importe quoi ces rituels de magie. Je pense qu'il vaudrait mieux qu'ils ne se voient plus.

- Tu te rends compte de la peine que ça va faire à Albus ?

- Oui. Mais je ne veux pas que ça aille trop loin. Il faut que ça s'arrête maintenant

Je lui réponds que je pense que rien ne les empêchera de se voir à Poudlard, et que tout cela n'est pas bien méchant…

- Pour l'instant, oui…mais dans quelques années je ne veux pas qu'il devienne comme son père...

- Draco ? qu'est ce que tu lui reproches ?

Elle ne répond pas immédiatement. J'insiste :

- Vas-y, dis-le, une bonne fois pour toutes !! qu'est ce que tu sais ?

- Il est …bizarre.

- Dangereux ?

- Peut-être…il ne faut pas qu'ils continuent à se voir.

- Mais tu soupçonnes quoi ? des rites maléfiques ?

Elle se tourne vers moi, surprise, et finit par répondre :

- oui, par exemple…

- Mais tu es sûre ?

- Fais moi confiance, Harry…cette famille est bizarre.

Je ne veux pas épiloguer, alors je me tais. Mais ce n'est pas moi qui vais annoncer cela à mon fils, c'est sûr.

Moi je les trouve sympathiques et inoffensifs, tous les deux. Et Skorpius est vraiment gentil…

Mon cœur se serre à la pensée du mal que Ginny va faire à notre fils.

Séparer deux amis, c'est tellement cruel…et ils sont si jeunes…

Cette décision me fait peur.

OoooOOOOOoooooOOOOOoooooOOOOOoooo

La nuit, je ne dors pas. Je me retourne dans ce lit inconnu, sans trouver le sommeil. J'ai soif. J'entends un bruit dans le couloir et je me lève.

Je vois de la lumière dans la salle de bain et j'entends un vagissement, alors j'entre. Je vois Draco de dos, penché sur la table à langer, en train de changer sa fille. Il m'aperçoit dans le miroir et lève la tête. Il écarquille les yeux en me voyant, et je fais un pas en me plaçant derrière lui. Il m'observe dans le miroir un peu plus longtemps que nécessaire, bouche bée, et il pâlit.

En un flash j'ai l'impression d'avoir déjà vécu cette scène. Nos yeux dans le miroir…mon corps derrière son corps. C'était quand ?

J'ai la tête qui tourne légèrement. Il semble presque tétanisé, à m'observer.

Je me penche par-dessus son épaule :

- C'est bien, de s'occuper du bébé, la nuit…

- Oui, ça soulage un peu Isadora. Et de toute façon je ne dors pas…

- Moi aussi j'ai du mal. J'essaie d'arrêter les somnifères.

- Tu veux quelques gouttes d'une de mes potions ?

- C'est pas dangereux ?

- Dangereux pour quoi ?

- A cause des effets secondaires…

- Non, je ne crois pas. Mais si tu as peur…

- Non, j'ai pas peur. Allons-y.

Il finit de rhabiller Narcissa, qu'il prend délicatement contre lui, et il va dans sa chambre pour la recoucher. J'entends une petite musique et il réapparaît.

- Elle fait pas ses nuits, encore ?

- Ca dépend. Mais là elle était sale. Bon, viens avec moi.

Je l'accompagne au rez-de-chaussée dans une espèce de laboratoire. Il attrape deux fioles transparentes dont il prélève quelques gouttes et les fait tomber dans un demi verre d'eau.

- Tiens, bois.

- Et qu'est ce qui va se passer ?

- Tu vas dormir, c'est tout. Tu fais toujours des cauchemars ?

- Non…plus tellement.

- Alors, ne bois que la moitié du verre, et pense à quelque chose d'agréable avant de fermer les yeux.

- Agréable comme quoi ?

- Comme ce que tu veux, Harry…Je ne sais pas ce que tu aimes….dit-il d'une voix un peu voilée. Il détourne rapidement les yeux.

Un léger frisson me parcourt. On remonte en silence, je le suis dans les escaliers et je sens un léger parfum qui ne me paraît pas inconnu, et qui me trouble.

Arrivés devant ma chambre il me souhaite en chuchotant une bonne nuit et il s'éloigne.

Je me recouche et j'approche le verre de mes lèvres. Je commence à boire et, arrivé à la moitié, je décide de boire le reste d'un coup. Tant pis…

Je ferme les yeux. Bon, il faut que je pense à quelque chose d'agréable…le seule chose qui me vient spontanément à l'esprit c'est son visage et sa voix chaude quand il a dit ça, et la discrète odeur dans l'escalier.

Des images flottent dans mon esprit et soudain j'ai l'impression de ne pas être avec Ginny, dans ce lit, mais avec lui.

Je l'imagine se pencher sur moi, me dévisager longuement et me dire, avec cette même voix sensuelle :

- Je ne sais pas ce que tu aimes, Harry…

Il est si proche de moi…je suis envahi d'une bouffée de désir et je lui souffle :

- Essaie, et je te dirai….

Il pose sa main sur mon visage, et me caresse lentement les joues, la bouche, le cou…

- Tu aimes ?

- Oui, oui…

Puis il pose ses lèvres sur les miennes et nous échangeons un profond baiser. Il pose son corps contre moi et je ressens une nouvelle bouffée de désir intense. Nos langues, nos souffles se mêlent et je me sens incroyablement heureux et impatient.

- Tu aimes ?

- Oui, encore…

Je reprends ses lèvres et je sens son corps lourd contre moi. J'adore cette sensation. On s'embrasse longuement, avec volupté. A bout de souffle, il quitte ma bouche et glisse ses lèvres dans mon cou, vers mon buste.

- Je continue ?

- Oui…oui.

Sa bouche parcourt ma poitrine, mon ventre et je suis sur des charbons ardents. Je n'ai jamais rien ressenti de plus troublant que cette bouche qui me découvre et me dévore.

- Encore ?

- Oui, oui, oui, oui…

Je crois que je perds la tête alors que ses lèvres frôlent mon sexe tendu. Il donne de petits coups de langue sur mon gland et je frémis en m'accrochant à ses cheveux. Puis il fait glisser sa langue tout le long de ma verge tout en passant ses mains sous mes bourses et je crois perdre la tête. Il lève la tête vers moi et ses yeux gris me font chavirer.

- Tu aimes toujours ?

- Oui, continue…

Il me prend dans sa bouche et c'est un tourbillon de sensations inconnues tandis qu'il me malmène avec sa bouche et ses mains, et je gémis et j'en réclame encore jusqu'à ce que je jouisse dans sa bouche. Il me darde de son regard brûlant et me demande, souffle court :

- Tu as aimé ?

- Oui…

- Qu'est ce que tu as aimé ?

- Toi…

Je me réveille le cœur battant.

J'ai eu un orgasme dans mon sommeil, mais ce qui me trouble le plus c'est cette sensation d'amour profond que j'ai ressenti pour cet homme que je ne connais pas. C'est la première fois que je rêve que je fais l'amour avec un homme…

Et je me rendors en rêvant à ces bras dans lesquels j'aimerais me blottir. A chaque demi réveil je repense à son corps, j'ai chaud, j'ai envie et je me rendors.

A suivre….

Merci de suivre cette fic, et mille mercis à mes fidèles reviewers, qui se reconnaîtront….