Je vais me faire crier dessus, j'ai encore du retard dans mon poste. Cette fois, pas l'excuse du travail, j'ai enfin eu deux jours de repos après plus de deux semaines de travail non stop. Non cette fois c'était à cause d'autre chose, je suis une lazy girl, pas ma faute, mais avec ce froid et pas de chauffage à la maison, j'avais pas trop le courage.

Enfin bon, le voilà et c'Est-ce qui compte au final non?

Bonne lecture à tous,

Sweety


Jane POV


Une douce brise passa par la fenêtre, chatouillant mon visage et je me réveillais lentement. Je gardais cependant les yeux clos, voulant profiter encore un peu de ce sommeil si réparateur dont je venais de sortir. Un mouvement sur moi me fit ouvrir les yeux et je vis une chevelure brune. Je souris lorsque la jeune femme enfouit son visage dans ma poitrine et je resserrais instinctivement mes bras autour d'elle, provoquant un léger gémissement de sa part. Je souris et déposais un baiser sur le haut de sa tête, puis dans son cou au moment où elle bougea plus haut sur moi. Je la sentis frissonner et je recommençais.

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas passé une aussi bonne nuit et je le devais à Teresa. Cette femme n'avait aucune idée de ce qu'elle représentait pour moi, l'effet qu'elle avait sur moi. Elle était la seule à savoir me calmer lorsque je m'énervais, elle était la seule à me connaitre vraiment. Elle m'avait vu dans les bons et les mauvais jours, elle connaissait toutes les facettes de ma personnalité.

Lorsque j'avais décidais d'aller de l'avant, de commencer à rencontrer des gens, à refaire ma vie, j'avais immédiatement pensé à elle. C'était pour elle que j'avais pris cette décision, je voulais pouvoir la voir chaque matin, pouvoir la prendre dans mes bras à chaque fois que je le désirais. Je savais que ce ne serait pas facile, Lisbon était un peu trop renfermée, elle ne s'ouvrait pas facilement aux gens, mais je pensais pouvoir lui faire baisser ses défenses et atteindre son cœur. J'avais tenté ma chance et j'y étais arrivé.

Teresa bougea un peu plus et je la sentis se réveiller. Elle releva la tête vers moi et me souris, sourire que je lui rendis. Nous nous redressâmes en même temps et nos lèvres se rencontrèrent pour un tendre baiser. Je lui transmettais tout l'amour que j'avais pour elle et elle en fit de même. Lorsque nous nous séparâmes ce fut pour se prendre dans les bras une fois de plus.

-" Bien dormi ?" Lui demandais-je alors que j'enfouissais mon nez dans sa longue chevelure.

-" Merveilleusement bien," me répondit-elle en déposant un baiser sur mon torse.

Je sentis des frissons me parcourir et je priais pour qu'elle arrête sinon je ne pourrais plus me contrôler et je lui sauterais dessus. Je voulais que nous prenions notre temps, mais de l'avoir ainsi sur moi, presque nue dans mes bras, je ne pensais pas pouvoir garder le contrôle bien longtemps. Je n'étais qu'un homme après tout.

-" Je vais prendre une douche," me dit-elle en se levant finalement, déposant un dernier baiser sur mes lèvres avant de se diriger vers la salle de bain.

Je la regardais s'éloigner, une douce chaleur envahissant mon corps. J'observais sa façon provocante de marcher, entrant dans la salle de bain, se retournant pour m'envoyer un baiser avant de fermer la porte. Je ne pourrais pas attendre, je la voulais trop et je me levais précipitamment du lit et courrais dans la pièce qui venait de se refermer. Lorsque j'ouvris, je restais bouche bée face à ce que je vis.

Teresa ne portait qu'une serviette autour de son corps de rêve et s'apprêtait à entrer dans la cabine de douche. Je me sentais comme un voyeur et j'eu peur qu'elle ne me crie dessus, qu'elle ne me renvoie en hurlant tout un tas d'insultes. Elle resta un moment sans bouger, tout aussi surprise que moi puis finalement, son visage se fendit dans un sourire.

-" Tu veux prendre ta douche avec moi ?" me demanda-t-elle en laissant tomber la serviette à ses pieds, se dévoilant entièrement nue devant mon regard gourmand.

Je ne trouvais pas de mots pour dire à quel point je la trouvais belle, son corps si fin, si fragile et si magnifique. Elle était encore plus belle que dans mes fantasmes les plus fous mais je n'osais pas bouger, j'avais peur que ce ne soit qu'un rêve et qu'au moindre mouvement elle disparaisse.

Ce fut elle qui s'avança vers moi, sans jamais quitter mon regard. Elle posa ses mains sur mon boxer et le fit glisser le long de mes jambes, me dévoilant à son regard encore plus gourmand que le mien. Ses pupilles dilatées me firent comprendre que la douche risquait de durer plus longtemps que prévu et je ne m'en plaignais pas.

Elle me prit la main, me guida dans la douche et je la suivis sans un mot. L'eau chaude coula sur nos deux corps et je fermais les yeux alors que je sentais les mains de ma belle me parcourir, étalant du savon sur tout mon corps et me lavant. Ses gestes étaient doux, tendres et une partie de mon corps se réveilla instantanément. Je lui pris alors les mains, les remontais jusqu'à ma bouche et les embrassais. Puis, je lui fis la même chose, la lavant, sans gêne. Des frissons nous parcoururent tout les deux mais je me retins avant de commettre une bêtise.

Finalement, la douche ne resta qu'une simple douche, pas plus que des baisers et des caresses. Nous ne nous sautâmes pas dessus, préférant attendre encore un peu. Nous avions juste prit le temps de nous découvrir un peu, puis je sortis de la douche, l'entrainant avec moi. Je la séchais comme je l'avais lavé, tendrement et elle fit la même chose. Nous étions sur la même longueur d'onde et j'en fus heureux. J'avais pu la toucher sans perdre le contrôle, bien que cela n'ait pas été facile.

Après nous être habillés, je la laissais finir de se préparer pendant que j'allais lui faire un café ainsi que mon thé du matin. Pendant que je faisais chauffer l'eau pour mon thé je me souvenais de ma vie passé avec ma femme Angela. Un voile de tristesse me traversa au souvenir de nos matins ensemble, de nos baisers, de nos étreintes, de tout ces petits moments que nous avions partagés. Je savais que je ne retrouverais jamais tout ça, jamais comme cela avait été, mais j'avais la chance de pouvoir refaire ma vie avec une femme merveilleuse et je ne voulais pas passer à coté.

Pourtant, le visage souriant de ma défunte épouse apparut devant mes yeux, ainsi que celui de ma petite fille. Je les revoyais rire tout en préparant le gouter de Charlotte pour l'école. Je les revoyais chanter ensemble, jouer du piano le soir. Je revoyais chaque moment de nos vies. Je laissais les larmes dévaler mes joues sans honte. J'étais responsable de mon malheur, et du leur, j'étais responsable de leur mort et jamais je ne pourrais me le pardonner. J'eu soudain peur qu'il n'arrive la même chose à Teresa, j'eu peur qu'elle ne me soit elle aussi enlevé alors que je recommençais tout juste à être heureux. Je devais tout faire pour que cela n'arrive jamais. Je fus soulagé que l'affaire du 'Boucher' nous soit retirée, au moins il n'y aurait pas de risque que Teresa ne devienne une nouvelle victime de ce monstre. Je chassais mes larmes du revers de la main, ne voulant pas que ma nouvelle compagne ne se fasse du souci en me voyant ainsi. Je voulais qu'elle garde toujours son sourire, qu'elle ne le cache plus jamais. Elle était si belle lorsqu'elle souriait.

Lorsqu'elle entra dans la cuisine, elle vint directement vers moi et je l'embrassais avant de lui tendre sa tasse de café qu'elle prit avec joie. Ce matin je lui avais préparé des toasts avec des œufs qu'elle mangea avec délice. J'aimais lui préparer son petit déjeuner, même si ce n'était que la deuxième fois. Je savais que je pourrais parfaitement m'habituer à cette vie et je me demandais s'il en était de même pour elle.

Alors que je réfléchissais encore, je sentis sa main se poser sur mon bras, me faisant relever les yeux vers elle.

-" A quoi penses-tu Patrick ?" me demanda-t-elle.

-" A nous" répondis-je.

-" A nous ?"

-" Oui, je me disais que je pourrais parfaitement m'habituer à me réveiller avec toi dans mes bras, prendre ma douche le matin avec toi, te préparer le petit déjeuner…"

-" Et bien sache que je pourrais m'habituer à tout ça moi aussi," me souffla-t-elle avec un sourire. "Je ne pensais pas qu'un jour j'apprécierais autant de t'avoir avec moi à chaque instant de la journée."

-" Je ne le pensais pas non plus, mais je ne pourrais plus m'en passer."

Nous nous sourîmes avant de nous embrasser de nouveau. Ce que je pouvais aimer embrasser cette femme, la tenir contre moi, sentir battre son cœur en même temps que le mien. Nous étions fait l'un pour l'autre et je ne voulais plus être séparé d'elle, je ne supporterais plus de vivre seul maintenant que j'avais gouté de nouveau à la joie de partager des moments avec une femme que j'aimais.

Le temps passa et il fut bientôt l'heure de partir travailler. Je n'avais pas vraiment envie d'aller au CBI, j'aurais préféré passer ma journée avec Teresa, rien qu'elle et moi, profitant l'un de l'autre en marchant sur la plage, la main dans la main, se racontant tout et n'importe quoi. Je voulais l'avoir pour moi tout seul. Mais surtout, je ne voulais pas qu'elle puisse de nouveau rencontrer cet homme, celui d'hier midi. Je ne savais pas trop pourquoi mais je me méfiais de lui, il y avait quelque chose chez lui qui ne plaisait pas. Sa façon de regarder Teresa, la façon qu'il avait eu de lui toucher la main lorsqu'elle lui avait tendu un mouchoir pour s'essuyer.

Cet homme me faisait froid dans le dos et je voulais éviter qu'il ne croise de nouveau la route de Teresa. J'étais peut-être jaloux, mais j'avais peur. Peur qu'un jour elle se désintéresse de moi et que cet homme soit là pour prendre ma place. Je savais que c'était stupide, elle n'était pas comme ça, mais je ne pouvais m'empêcher de me dire que je n'étais peut-être pas l'homme qui lui fallait, que j'étais trop abimé et qu'un jour elle se lasse de notre relation.

L'objet de mes songes s'approcha de moi et posa sa main sur ma joue.

-" Cesse de te torturer l'esprit," me dit-elle. "Je ne te quitterai jamais."

-" Comment…" je fus surpris qu'elle sache à quoi je pensais.

-" Je ne suis peut-être pas mentaliste mais je peux voir que tu as peur" m'expliqua-t-elle. " J'ai moi aussi peur, peur qu'un jour tu te dises que je ne suis pas la femme qu'il te faut, mais je veux croire en nous, je veux croire que nous avons un avenir."

Ses mots me réchauffèrent le cœur et je la serrais dans mes bras, lui déposant un baiser sur le front.

-" Je vais chercher ma veste et nous pourrons y aller," me lança-t-elle en se détachant de moi.

Je la regardais monter l'escalier et tous mes doutes s'envolèrent. Je me faisais du souci pour rien, elle ne me quitterait pas, pas plus que je ne la quitterais.

J'entendis la sonnette de l'entrée sonner et, même si je n'étais pas chez moi, je me dirigeais vers la porte et ouvris. Je n'eu pas le temps de faire quoi que ce soit que je ressentis une douleur dans le ventre et je titubais un peu en arrière avant de tomber sur le sol dans un bruit sourd. Je tentais de me redresser, de voir qui se trouvait là mais ma vision se fit de plus en plus floue. La seule chose que je vis fut des pieds passer à coté de moi et je me sentis trainé sur le coté du canapé. Je compris que la personne me cachait. Lorsque Teresa descendrait les escaliers elle ne pourrait pas me voir.

Je rassemblais le plus de force que j'avais pour me relever, pour empêcher ce que je savais arriver mais je ne parvins qu'à gémir avant de retomber. Je sentais le sang s'échapper de mon corps, glissant entre mes doigts pour finir sa course sur le sol. Je parvins finalement à voir qui était cette personne et je sus que mes doutes justifiés. L'homme d'hier se tenait là, au dessus de moi.

-" Je ne voulais pas vous faire de mal," chuchota-t-il, "mais je dois la protéger et vous ne m'auriez pas laissé faire, c'est la seule solution. Elle sera en sécurité avec moi."

Mais de quoi parlait-il? La protéger de quoi? Mais je cessais de me questionner lorsque j'entendis les pas de Teresa dans l'escalier. Il fallait que je fasse quelque chose avant qu'il ne soit trop tard. Je ne pouvais pas laisser cet homme me l'enlever, pas encore. Je ne voulais pas qu'on m'enlève une autre femme, je ne voulais pas la perdre.

L'homme s'éloigna de moi et partit se cacher dans la cuisine avant que Teresa ne puisse le voir. Je tentais encore de me lever et retomber, encore une fois. La douleur était trop forte, j'avais vraiment mal et je ne pouvais rien faire si ce n'est gémir de douleur. Je du faire assez de bruit car j'entendis les pas de Teresa se rapprocher de moi et je la sentis poser ses mains sur mes joues.

-" Patrick," s'affola-t-elle, "mon Dieu Patrick."

-" Te… Teresa… att…" je tentais de parler, de la prévenir mais j'étais de plus en plus faible.

-" Ne bouge pas j'appelle une ambulance," me rassura-t-elle.

Mais je savais que ça ne servirait à rien. Les secours n'arriveraient pas à temps pour moi, mais le pire c'est que personne ne pourrait rien faire pour elle, même pas moi. Et là, je vis l'ombre de l'homme derrière elle et mon cœur s'accéléra. Mes yeux s'agrandir de peur et Teresa n'eut pas le temps de faire quoi que ce soit. L'homme lui planta une seringue dans le cou et je la vis s'affaiblir pour finir par retomber sur moi.

Inutilement, je tentais de la retenir dans mes bras mais l'homme la souleva sans peine et ce fut le cœur lourd que je les vis disparaitre par la porte d'entrée qu'il referma derrière lui.

Elle était partit, je n'avais rien pu faire pour la protéger alors que je lui en avais fait la promesse il y a bien longtemps. Je lui avais promis de toujours être là pour elle, de lui sauver la vie, même si elle ne le voulait pas. Et j'en avais été incapable. Je sentais peu à peu mes forces m'abandonner et finalement, je fus engloutie dans les ténèbres.

La dernière chose qui apparut devant mes yeux fut le visage apeuré de la femme que j'aimais.


TBC…