Chemistry 10
DESOLEEE. Désolée désolée désolée désolée désoléeee je sais je crains de toutes les manières possibles et inimaginables pour mon retard, mais la fac c'est dur, et en plus Chemistry se finira au chapitre 11 donc je n'ai pas vraiment envie d'écrire sa fin… Mais je me résous à poster ce chapitre-ci, vos reviews (que vous continuez à poster malgré mon « irrégularité », cœur sur vous) me feraient très plaisir ! Je réponds aux précédentes.
Mimi Kitsune : L'overdose de Sherlock, deux fois en une semaine ? Eh bien, il a pas une semaine géniale ce Sherlock haha ! Désolée de te faire larmoyer. Oui c'est ça, ils ont besoin l'un de l'autre et Mycroft a les moyens pour remédier à cet éloignement ! Ah, tu verras si Moriarty est néfaste pour Sherlock. J'aimerais beaucoup lire ton avis sur ce chapitre là alors n'hésite pas à commenter ! Bisous
The Nymph'Nagisa : Omg omg omg la suite est là !
Anon : Ca me fait super plaisir, merci ! Leur relation se construit lentement c'est vrai, mais après tout les relations dans la vraie vie se construisent lentement aussi donc… La suite est là en tout cas !
odea nigthingale : J'ai écrit la suite de la suite haha ! Et oui moi aussi j'ai adoré écrire Johnny chez les militaires ! Les retrouvailles sont dans ce chapitre !
Clelia Kerlais : Aaah ta review est trop cool ! Eh non, tu as été la seule d'ailleurs à croire que John s'engagerait pendant de longues années, mais ça n'a jamais été l'idée, c'était plutôt pour leur donner une séparation nécessaire, mais courte ! Yaa la scène de la douche, oui à la base je ne voulais pas l'interrompre mais j'ai finalement décidé que ça serait mieux dans l'ambiance et les émotions ressenties par les personnages. Je vois que tu es d'accord ! Oui Jim me révulse aussi, mais est-ce que tu penses vraiment que Sherlock est égoïste parce qu'il tombe dans la drogue ? C'est plutôt un problème qu'il avait et dans lequel il a sombré quand John est parti, en tout cas moi je trouve ! Mais c'est vrai qu'il ne veut pas vraiment de trouver de solution non plus, et là John en est une ! Merci beaucoup, j'attends ta review avec impatience ! Bisous
Tristana702 : Contente que ça te plaise haha, si les évènements du chapitre précédent faisaient trop pour un chapitre alors celui-ci va peut-être être trop pour toi haha ! Oui, John se plaisait à l'armée mais ce n'est pas Sherlock ! La suite est là.
Personne inconnu : Alors j'ai une grosse question : comment ça, Forums ? Comment est-ce que tu as su que c'était mis en ligne grâce à des forums haha ? Mais merci merci merci pour ta review !
PhoenixFeather29 :Merci beaucoup, c'est vrai que le contexte du lycée est très utilisé et moi-même j'ai hésité à le prendre mais je préfère quand même les Teen!AU. Merci pour tous tes compliments, c'est vrai que John s'en prend plein la gueule, mais j'essaye de faire en sorte que Sherlock l'aide –en tout cas n'hésite pas à passer des heures à complimenter l'histoire, moi ça ne me dérange pas du tout haha ! La suite est là !
Ilai : Merci beaucoup, la suite est là !
Shinobu24 : John est raisonnable, mais il n'a pas vraiment le choix… Et Sherlock s'enfonce dans ses propres problèmes, tu as bien résumé leurs soucis haha, j'espère avoir ton avis pour ce chapitre, merci d'avoir commenté !
The Monkey's Head : Merci beaucoup ! J'ai vraiment aimé écrire John à l'armée et particulièrement le personnage de Paul, mais c'est vrai qu'il est court, la narration ne me permettait pas vraiment de l'étendre trop… Et en effet, il n'est pas prévu que Paul réapparaisse ! Merci pour l'intervention de Mycroft, et pour tes commentaires systématiques, ça me touche beaucoup !
DragonDoubt : Il y en a une, et elle est là ! Je suis très contente que cette fic te plaise. Cœur sur toi de même haha, merci pour ton commentaire !
Le principal les salua poliment, et Sherlock suivit Mycroft de mauvaise grâce, fatigué. Ils montèrent dans la voiture sans un mot, Mycroft sur le siège passager et Sherlock à l'arrière, la tête appuyée contre la vitre. Il remarquait les quelques regards inquiets que Mycroft lui lançait à travers le rétroviseur, mais les ignora. Une fois arrivés à la maison, il descendit hâtivement, marmonnant quelque chose à propos d'aller dans sa chambre, coupant Mycroft dans quelque inutilité qu'il comptait dire.
Sherlock ouvrit la porte de sa chambre en se passant une main sur le visage, laissant tomber son sac à l'entrée. Il n'y arriverait jamais.
- Hey, Sherlock.
L'interpellé tourna la tête vers la voix, sentant une vague d'émotions déferler dans sa poitrine. John. John était assis en tailleur sur son lit, en habits militaires. Sherlock ignora le fourmillement dans son ventre à cette vision, et ouvrit la bouche, sans voix pendant quelques secondes :
- Qu'est-ce que tu fais là ? Demanda-t-il finalement.
- Tu as fait une overdose, Sherlock.
Il s'était soucié de lui ? Sherlock repoussa cet espoir. John l'avait abandonné. C'était trop tard.
- J'avais juste mal dosé. Ce n'est qu'un incident sans importance, tu peux retourner à l'Armée, marmonna Sherlock d'une voix la plus froide possible, allant ranger ses affaires sur son bureau.
- J'ai quitté l'Armée, Sherlock, répondit doucement la voix de John.
Le brun se bloqua, serra les doigts autour de son sac, puis soupira.
- Super. Et qu'est-ce que tu fais là, au juste ?
- Je veux t'aider.
- M'aider, ricana Sherlock.
- Tu as besoin d'aide, Sherlock-
- Si tu n'étais pas parti, je n'en aurais pas eu besoin, claqua finalement Sherlock.
Un silence lourd, douloureux s'installa, et John se leva pour se rapprocher un peu. Sherlock évita soigneusement le visage expressif de John, le cœur serré. Il commençait à réaliser à quel point il était fatigué, stressé, malheureux.
- Je suis désolé Sherlock. Beaucoup de choses se sont passées, soupira enfin John.
- Tu es parti sans rien dire, sans prévenir ! Je pensais que je n'étais plus seul, que quelqu'un me comprenait, et tu m'as abandonné-
- Ma mère a fait une tentative de suicide.
Sherlock cligna des yeux. Ouvrit la bouche. La ferma. Cligna encore des yeux.
- … Quoi ?
- Ma mère, Sherlock, soupira doucement John. Elle… Elle a tenté de se suicider après qu'Harry soit partie à cause de sa récente homophobie et de leurs disputes. Je ne l'ai découverte qu'au matin parce que j'avais un boulot de nuit après les cours pour payer les factures depuis qu'elle s'était fait licencier.
- John, je-
- Je ne pouvais pas baisser mon temps de travail puisque le principal n'attendait que de me virer pour élever ses chiffres, alors je ne lui ai pas accordée assez de temps… Quand je l'ai trouvée c'était presque trop tard. Ils l'ont réanimée. Tout ce qu'elle a voulu me dire c'était que j'étais égoïste de ne pas l'avoir laissé mourir.
Sherlock ferma les yeux brièvement, luttant contre le nœud dans sa gorge. Il n'avait rien vu, et il était celui qui reprochait des choses à John…
- Il y avait quand même les soins à payer, et je n'avais pas assez. C'était trop, alors… Je me suis engagé.
- Je suis… tellement désolé, murmura Sherlock, la voix nouée. Tu n'imagines même pas à quel point.
- Si, ricana amèrement John, j'imagine, je le ressens. Tu as fait une overdose et j'aurais pu l'empêcher.
- Ce n'était rien…
John prit son bras, et remonta la chemise, révélant les marques blanches et les bleus au creux de son coude. Le blond ne dit rien, les yeux fixés sur sa peau, les sourcils légèrement froncés par l'inquiétude. Sherlock sentit sa gorge se nouer. La présence de John, son contact, son calme- il avait l'impression que tout irait bien de nouveau, que tout rentrait dans l'ordre, alors que c'était loin d'être le cas pour eux deux.
- Depuis quand est-ce que tu as repris la consommation régulière pour la cocaïne ? Demanda finalement John, levant les yeux vers lui.
- Depuis le… soir où je suis venu te voir à l'Armée.
John ferma brièvement les yeux, et Sherlock observa la douleur et la culpabilité sur son visage si expressif.
- Sherlock… Il faut qu'on s'explique, soupira finalement John en rouvrant les yeux.
Il le tira légèrement vers le lit, et ils s'assirent tous les deux, un peu plus à l'aise. John fixa ses mains quelques secondes, semblant réfléchir. Sherlock tenta d'analyser ce qu'il pouvait penser, mais le tourbillon de sensations et émotions fortes l'empêcha de réfléchir correctement.
- Je n'ai jamais voulu te blesser toi, déclara finalement John. Je n'ai jamais… Dieu, je n'ai jamais voulu que tu souffres autant à cause de moi, je n'ai pas réfléchi aux conséquences de mes actes et j'en suis désolé. Je t'ai vu comme une sorte de sociopathe ultra-intelligent et froid à toute émotion, alors que je savais au fond que ce n'était pas la réalité.
John eut un rire un peu nerveux pour essayer de faire descendre la pression, lançant un rapide regard à Sherlock, avant de reprendre.
- J'étais certain à l'époque que tu n'étais pas affecté par ma présence ou mon absence, que j'étais une simple… expérience, un simple flirt comme le reste de la classe. J'en étais vraiment persuadé.
- Tu n'as jamais été-
- Je sais. Je le vois maintenant, mais je le vois trop tard. Quand je t'ai repoussé, je ne le voyais pas. Putain, je t'ai repoussé après qu'on ait couché, tu as du me haïr, rit nerveusement John en frottant son bras, sortant un peu de son calme apparent. Ecoute, je… J'essayais vraiment de t'oublier à ce moment là.
- M'oublier ? Murmura Sherlock en fronçant les sourcils, le cœur serré.
- Ton baiser avait fait empirer ma situation familiale, je t'avais suivi sur une scène de crime, j'avais été accusé de meurtre à cause de ça… Tout ça pour quelqu'un qui, je pensais, ne faisait qu'une expérience sur moi. Je me considérais comme ton faire-valoir.
Le blond passa une main dans ses cheveux en soufflant fortement, se redressa un peu.
- Ce que j'essaye de te dire c'est- si j'avais compris que tu étais affecté aussi par… ce qu'il y a… entre nous, j'aurais été plus… Ou moins… Cruel avec toi. Je ne voulais pas que tu te penses abandonné, Sherlock, je n'avais pas… Je n'avais pas pris en compte l'éventualité que tu pouvais ressentir.
- Je ne l'avais pas prise en compte non plus, marmonna Sherlock, mal à l'aise.
John eut un petit rire, faisant sourire Sherlock avec hésitation. Le blond souffla, et reprit.
- J'ai été idiot et irresponsable. Je suis désolé. Je t'ai rejeté sans réfléchir, parce que j'étais terrifié de ce que tu impliquais.
- Comment ça ?
- Le génie n'a pas encore fait de déduction ? Plaisanta nerveusement John.
- Passer du temps avec moi aurait entraîné une baisse des revenus, ce qui dans ton cas aurait été très néfaste et-
- J'ai des sentiments pour toi, Sherlock.
John vit Sherlock se figer, le regard vitreux. Un long silence s'installa, John incertain et nerveux. Est-ce qu'il avait été trop loin ? Il n'eut pas le temps de se poser plus de questions : Sherlock inspira d'un coup, comme s'il n'avait pas respiré depuis une minute –c'était sûrement le cas.
- Tu as des… sentiments ? Pour… moi ? Articula difficilement Sherlock.
- Il m'a fallu un peu de temps pour l'admettre, mais oui.
- Alors… tu… m'aimes ? Hésita Sherlock, les yeux écarquillés, la respiration devenant instable. Tu es sûr ? Moi ? Ce n'est pas…
Le blond se déplaça rapidement et tira Sherlock vers lui, le laissant entourer instinctivement sa taille de ses jambes. Assis entre les jambes en tailleur de John, Sherlock passa distraitement ses doigts contre l'uniforme militaire, se calmant peu à peu. John eut un petit sourire en coin et prit tranquillement une des mains de Sherlock entre les siennes pour jouer avec.
- Oui je t'aime Sherlock, répondit-il finalement. J'en suis sûr. Je ne pars plus, c'est promis.
Les quelques mots semblèrent avoir un effet monumental sur Sherlock, qui leva les yeux vers John avant de se jeter contre ses lèvres.
Le baiser commença pressé, impatient, passionné. Emporté par le trop-plein d'émotions, le manque, la solitude ressentie sans l'autre, Sherlock encercla de ses mains le visage de John, approfondissant le baiser. Haletant, John descendit ses baisers brûlants dans son cou, la ligne de sa mâchoire, avant de revenir contre ses lèvres humides. Leurs langues se retrouvèrent, se mêlèrent, et John s'enivra du parfum de Sherlock, de sa façon de soupirer contre ses lèvres, de la manière dont ses mains entouraient son visage pour le garder proche. Ils brisèrent un instant le baiser, et ce fut John qui le reprit, plus lentement, plus intense. Sherlock. Après des mois de souffrance, des mois à tout enfouir, à se mentir à lui-même, il était enfin là où il devait être. Il sourit légèrement contre les lèvres du brun en prenant conscience de la légèreté de son ventre et de sa poitrine. Être avec Sherlock avait toujours été une échappatoire, et il ne l'avait jamais vraiment réalisé.
- Et toi, Sherlock ? Murmura John contre ses lèvres.
- Mmh ?
- Est-ce que tu ressens quelque chose pour moi ?
Le blond prétendit que son cœur ne battait pas à toute allure alors que Sherlock restait silencieux, et se contenta d'embrasser sa peau partout où il avait envie, les mains du brun ayant glissé dans ses cheveux. Ses lèvres devinaient l'agitation de Sherlock, sentant son pouls effréné et ses légers tremblements. Le temps s'étendit, se dilata. La main dans ses cheveux le guida finalement jusqu'à un baiser tendre, chaud et doux.
- Je t'aime aussi, John, murmura Sherlock contre ses lèvres, les deux mains maintenant enfouies dans ses cheveux.
Le soulagement envahit sa poitrine, la réchauffant, et il fit basculer Sherlock sur le lit, les deux se retrouvant allongés l'un sur l'autre. John dégagea quelques boucles du front de Sherlock, et se pencha pour l'embrasser avec tendresse, un sourire aux lèvres. Le brun ouvrit la bouche, ses mains partant dans le dos de John, passant sous l'uniforme. Le baiser se fit plus profond, plus chaud, leurs corps se retrouvant peu à peu, bougeant lentement ensemble. Sherlock s'accrocha plus fermement au dos de John, soupirant dans le baiser, élevant instinctivement son bassin vers le sien.
- Tu m'as tellement manqué, avoua Sherlock d'une petite voix contre ses lèvres, essoufflé.
- Toi aussi, Sherlock, murmura John en descendant embrasser chaudement son cou. Tu n'imagines même pas à quel point.
Le brun haleta, enfonçant sa tête dans l'oreiller pour laisser plus de place à John, froissant son uniforme en passant ses mains dans son dos musclé. Il éleva encore son bassin contre celui de John, qui étouffa un gémissement d'envie dans son cou avant de se détacher pour déboutonner sa chemise. Sherlock se débarrassa agilement de la veste militaire que John portait, le laissant en tee-shirt kaki et pantalon d'uniforme. Il sentit son bas-ventre fourmiller une seconde fois, mais toute réflexion à ce propos fut soufflée par les lèvres chaudes de John sur son torse.
Son esprit habituellement trop rapide pour son propre bien s'éparpillait petit à petit sous les baisers humides de John contre sa peau, le long de ses flancs, autour de ses extrémités sensibles, contre ses clavicules. John descendait peu à peu entre ses jambes pour embrasser son torse, ses mains caressant lascivement l'intérieur de ses cuisses ouvertes. Les lèvres rougies de John arrivèrent à la limite de son pantalon d'uniforme, et John releva la tête.
- On continue ? Haleta-t-il légèrement, passant une main chaude contre l'entrejambe du plus jeune.
Sherlock hocha rapidement la tête, essayant de garder une respiration à peu près maîtrisée malgré ses bruits de plaisir fréquents et étouffés. Les doigts de John tremblèrent un peu en déboutonnant le pantalon de Sherlock, mais il eut un petit rire pour faire redescendre la pression et la vague gêne entre eux, rejoint par celui essoufflé de Sherlock. John releva de nouveau la tête pour croiser le regard bleu et brillant de Sherlock. Il le trouva tellement beau dans la lumière du crépuscule qu'il remonta l'embrasser, se débarrassant en quelques gestes du pantalon. Il avait le droit de ne pas tout garder pour lui même ici, de juste faire ce qu'il voulait, ce qui lui faisait plaisir. Contre les lèvres de Sherlock, qui sentaient la cigarette, l'aventure, le réconfort, l'envie et l'amour, il laissa ses soucis déserter son ventre : ne restaient plus qu'une vague appréhension pour la suite et surtout une incommensurable envie.
Les mains fortes, presque calleuses de John furent incroyablement douces lorsqu'elles descendirent le boxer de Sherlock avant de retourner sur les hanches étroites du brun. Elles les maintinrent contre le matelas lorsque les lèvres de John rejoignirent l'extrémité de Sherlock. Un gémissement aigu, brisé passa les lèvres roses du plus jeune, et il ferma les yeux en sentant les allers-retours hésitants et chauds autour de son érection, écartant un peu plus les jambes. Il les laissa l'étourdir quelques minutes, retenant de plus en plus difficilement ses bruits de plaisir impatients. Lorsque les doigts de John appuyèrent contre ses lèvres gonflées, il les humidifia sans réfléchir, ne comprenant l'utilité du geste que quelques secondes plus tard. John caressa gentiment du pouce sa lèvre inférieure avant d'écarter un peu plus ses cuisses, effleurant son entrée sans aller plus loin. Le plus jeune commença finalement à en demander davantage, parmi les gémissements et grognements, et plaqua une main contre sa bouche pour étouffer le puissant bruit de plaisir qu'il émit lorsque John s'exécuta. Le blond l'étira peu à peu, effleurant le nœud de nerfs à chaque aller-retour, ajoutant un doigt puis deux, rendant Sherlock fébrile. Il avait besoin de plus, plus, plus –John était revenu, John l'aimait, John...
- John, lâcha-t-il d'une voix presque désespérée. Plus.
- Sûr-
- Oui, sûr, gémit Sherlock en sentant son bas-ventre brûler d'envie. S'il te plait.
- Sherlock, il nous faut un préservatif, haleta la voix grave de John à son oreille, son corps chaud se pressant tout à coup contre le sien.
Le plus jeune gémit bruyamment en sentant le poids de John sur lui, ses mains se faufilant sous son débardeur, ne résistant pas à un baiser lascif et impatient. Le blond laissa un gémissement de frustration passer ses lèvres en sentant le bassin de Sherlock onduler avec envie contre le sien, et immobilisa ses hanches dans le matelas pour essayer de se concentrer.
- Sherlock, le préservatif, répéta la voix rauque de John.
- Selon- selon toute logique, celui que tu gardes dans ton portefeuille n'est pas périmé, haleta le brun en couvrant la peau déjà humide de baisers du cou de John.
- Comment est-ce que tu- peu importe, grogna John en se penchant pour atteindre son sac au pied du lit, fouillant activement dedans. Ah !
Il déchira l'emballage rapidement, retira ce qu'il lui restait de vêtements avant d'enfiler la protection. Il retourna contre Sherlock, s'enfouissant dans son cou pendant que Sherlock s'accrochait à son dos, pressant leur corps ensemble délicieusement. Leurs hanches ondulèrent en rythme, leurs mouvements impatients et instinctifs, et John monta une main douce contre la joue rougie de Sherlock, souriant. Ils échangèrent un regard, comme un accord, et John se pencha pour embrasser profondément Sherlock, essayant de le distraire de la douleur qui envahit peu à peu le bas de son dos. Les doigts du brun s'enfoncèrent dans le dos tendu de John, le griffant légèrement en essayant de gérer la sensation nouvelle. Rapidement, le plaisir envahit son bas-ventre, et il bougea ses hanches contre John, l'encourageant à commencer des mouvements. Le blond fut d'abord très doux, attentif à l'état de Sherlock, mais ne le resta pas longtemps face à l'insistance et à l'impatience du plus jeune. Les va-et-vients se firent plus rapides, plus profonds, les jambes de Sherlock entourées autour de John pour essayer de trouver l'angle parfait. Ils le trouvèrent finalement, John frappant le point sensible du brun, étouffant le gémissement puissant de Sherlock par un baiser. A partir de là, tout devint flou. Leurs souffles mêlés, leurs corps se fondant l'un dans l'autre, les boucles de Sherlock humides et collées à son front, les lèvres rougies et gonflées de John, les va-et-vients s'accélérant et s'approfondissant, le plaisir envahissant leur organisme entier. Sherlock enfonça soudainement la tête dans l'oreiller en se crispant, et John vit le plaisir intense sur son visage coloré. Il s'enfouit en lui et se libéra à son tour, ne regardant que son visage.
Le brouillard bienheureux d'après l'amour les envahit, et John se retira lentement, retombant à côté en haletant. Il retira la protection, visant la poubelle plus ou moins bien, et retomba lourdement, épuisé. Sherlock se nettoya distraitement, puis ne tarda pas avant de se pelotonner contre le blond.
- Je t'aime, murmura John, le regard fixé au plafond, le bras autour de la forme fatiguée de Sherlock.
- Tu es cliché, marmonna la voix grave de Sherlock dans son cou.
- Tu as été celui à me sauter dessus après ma première déclaration, opposa John avec un petit sourire moqueur.
- Touché, grogna Sherlock.
John eut un petit rire fatigué, et un silence confortable s'installa, Sherlock traçant distraitement des formes sur l'épaule de John.
- Je t'aime aussi, chuchota tranquillement la voix rauque de Sherlock avant de tirer la couette sur eux et de s'endormir.
John le suivit peu après, accroché à Sherlock comme à une bouée. Ils s'éveillèrent à peu près une heure plus tard, et restèrent face à face le temps d'émerger. Un silence tranquille et confortable s'installa, John plongé dans les yeux de Sherlock et Sherlock répertoriant chaque petite différence chez John malgré la semi-obscurité. Caressant de son pouce la pommette haute de Sherlock, John contempla le brun avec un sourire heureux, réfléchissant. Le génie vit le sourire s'éteindre peu à peu, ses yeux s'attrister.
- Il faut que tu arrêtes la drogue, Sherlock, soupira finalement John, la voix encore rauque de fatigue. Il le faut vraiment. Et tu dois manger, absolument. Tu as maigri.
- Je sais. Je sais, mais ce n'est pas si simple, John, marmonna Sherlock. Mon organisme ne peut pas se priver d'un seul coup de cocaïne après en avoir dépendu autant… Je ne peux pas.
La gorge de John se noua, et sa main passa tendrement dans les boucles de Sherlock, qui croisa finalement son regard.
- Je ne veux pas te perdre, avoua finalement John. Je t'en prie, Sherlock. Tu dois te sevrer maintenant, avant qu'il ne soit trop tard…
- Si je diminue peu à peu les doses, ça…
- Ne suffira pas, coupa tristement John. Tu as survécu à une overdose. Tu ne survivras peut-être pas à la seconde, probablement pas vu ton état actuel. La rechute est inévitable si tu ne coupes pas maintenant et que tu ne prends pas de traitement adapté.
- Je ne peux pas… Murmura Sherlock, essayant de cacher son angoisse. Je ne peux pas gérer ça. Tu ne le peux pas non plus, tu ne sais pas comment je vais être si j'arrête totalement, Jim dit que ce n'est pas une bonne idée…
- Jim ?
La voix de John s'était faite beaucoup plus froide. Sherlock ne le releva pas.
- James Moriarty. C'est mon ami, John. Il est d'accord avec moi, la diminution des doses suffit.
- Ton ami, ricana John. Ton ami qui veut te faire rechuter dans la cocaïne. Ne songe même pas à me contredire ! Reprendre de la cocaïne après une overdose n'est absolument pas efficace, contreproductif et mortellement dangereux pour ta santé.
Un silence tendu s'installa, et Sherlock détourna le regard. John s'adoucit, et se rapprocha de nouveau de son amant.
- Ecoute… Tu ne dois absolument pas rechuter, et donc rester éloigné de la cocaïne. J'ai failli te perdre une fois, et je sais que je ne suis pas prêt à te perdre pour de vrai, alors s'il te plait, Sherlock. Pour moi.
Le brun hésita longuement, fouillant le regard de son vis-à-vis, puis soupira en hochant la tête. John s'illumina, et Sherlock sentit un sourire se dessiner sur son visage sans qu'il n'y réfléchisse une seule seconde, malgré l'angoisse dans son ventre. Se sevrer allait être affreux, et il le savait très bien. Il l'avait déjà fait, mais jamais après une overdose.
- Je sais que ça va être dur, Sherlock, murmura John en passant son pouce contre sa joue. Je sais que tu as peur. Mais c'est nécessaire.
Un marmonnement lui répondit, et John soupira légèrement avant d'attirer le plus jeune dans une étreinte, appuyant son menton sur le haut de sa tête, perdu dans ses pensées. Il pouvait sentir la respiration chaude de Sherlock contre son torse, le contact de leurs jambes entremêlées, la chaleur de leur peau l'une contre l'autre. Le blond, passant une main distraite dans les boucles de Sherlock, sursauta presque en entendant la faim du brun se manifester. Il sentit le génie se figer, semblant presque mortifié, et rigola en se mettant à son niveau.
- Tu as faim, c'est génial ! J'ai super faim moi aussi. On va manger ?
- … D'accord.
Le temps de retrouver leurs vêtements, Sherlock piquant la veste militaire de John, ils étaient dans la cuisine, cherchant quoi manger. John repéra les restes et les fit réchauffer, perdu dans ses pensées. Est-ce que Mycroft retrouverait Harry ? Apparemment, il était dans le gouvernement, donc ça ne devrait pas être impossible, si ? Le blond soupira légèrement en secouant la tête, sortant le plat du micro-ondes, l'apportant vers la table au milieu. Sherlock semblait lui aussi perdu dans ses pensées, le visage triste. John posa le plat de pâtes, attrapa les couverts et s'assit à son tour.
- Qu'est-ce qu'il y a Sherlock ? Demanda-t-il après les avoir servi tous les deux.
- On a « fait l'amour ».
- Et c'est ça qui te rend triste ? Plaisanta John, ignorant le stress qui commençait à se réveiller dans sa poitrine –et si c'était le cas ?
- Non, pourquoi cela me rendrait triste ? Tu as bien vu que nous avons tous les deux j-
- -Ok Sherlock, coupa John en riant légèrement. J'ai compris. Alors c'est quoi le problème ?
Le brun leva les yeux vers lui, faisant passer sa fourchette entre ses doigts nerveusement.
- Tu m'aimes toujours ?
John fronça les sourcils, son sourire devenant confus, son cœur se resserrant. Les deux se fixèrent quelques secondes, Sherlock sérieux et John perplexe.
- Bien sûr que je t'aime toujours Sherlock, prononça finalement John, toujours perdu. Pourquoi je ne t'aimerais plus au bout de quelques heures ?
- Parce que tu as eu ce que tu voulais. Selon mes déductions-
- Elles sont fausses, coupa John. Sherlock, tu penses vraiment ça de moi ? Demanda-t-il, le ventre noué. Que je me suis rapproché de toi seulement pour qu'on couche ?
Le brun fixa son plat quelques secondes, les épaules tendues.
- La dernière fois que nous avons eu un rapport, tu es parti. Logiquement, tu devrais partir ici aussi.
- On en a parlé –la dernière fois était différente. Je ne pouvais pas, et on nous a interrompu. Je suis quand même désolé de t'avoir blessé. Par contre, ce n'est pas parce que je t'ai viré une fois après un rapport que je le referais.
Sherlock hocha la tête, semblant mal à l'aise et toujours un peu perdu face à tout ce qui touchait sentiments ou émotions. John eut un sourire mi-amusé mi-attendri, et prit sa main sur la table avant de commencer à manger. Le brun eut l'air étonné quelques secondes, cligna des yeux, puis suivit le mouvement. John sentit ses pensées dériver, et fronça légèrement les sourcils. Est-ce que Sherlock ressentait la même chose qu'avec Moriarty ? Devait-il lui en parler maintenant, ou était-ce trop le même jour ?
- Quelque chose te tracasse, fit remarquer la voix grave de Sherlock.
- Déduction ?
- Oui, mais surtout je le sens. Dis-moi.
- …Comment ça se passe au lycée depuis que je suis parti ? Demanda John prudemment.
Il sentit le léger tremblement de la main de Sherlock dans la sienne, et sa gorge se serra. Le brun termina son assiette avant de répondre, ce qui remonta un peu le moral de John.
- Ca peut aller.
- Raconte moi, l'encouragea John.
- Tu n'étais pas là, répondit simplement le bouclé d'une voix pâle. Mais ça va aller maintenant.
Comprenant que ça n'irait pas plus loin pour l'instant, John soupira légèrement et retira sa main pour aller faire la vaisselle. Ils passèrent le reste de la soirée dans la chambre de Sherlock, le brun ne se séparant pas de la veste de John. Ce fut ce détail qui les entraîna à retomber dans les bras de l'autre encore et encore durant la nuit, et ils s'aimèrent jusqu'à tomber de fatigue.
- Watson ?!
- Salut les gars, répondit simplement John, un petit sourire en coin sur le visage.
Il avait réenfilé l'uniforme scolaire, et avait laissé ses cheveux ébouriffés comme avant. Mycroft avait glissé un mot au principal, et maintenant John était un « élément indispensable » à l'école et à l'équipe du lycée. Mais oui.
La classe le contempla quelques instants, avant qu'ils n'aient un second choc : sa main était liée à celle de Sherlock, qui avait coupé ses cheveux à leur longueur d'origine et qui regardait droit devant lui, déterminé à sembler fier et distant comme d'habitude.
- Watson… Tu sors avec Holmes ? Avança finalement le capitaine de leur équipe.
- Ouais, répondit distraitement John en vérifiant rapidement l'heure sur sa montre.
- Attends- t'es pédé ? Lança un autre.
Le blond leva la tête et darda un regard noir sur celui qui venait de dire ça.
- Je ne suis pas revenu pour écouter ce genre de conneries, Jacobson, répliqua John d'une voix ferme.
- Quoi, t'es pas content qu'on dise que t'es pédé ? Se moqua-t-il.
Les autres eurent un regard entre les deux interlocuteurs, mais John ne se laissa pas déstabiliser. La police, la cellule, sa famille, l'armée- il en avait vu assez, et ne se laisserait plus marcher sur les pieds. Il eut un sourire presque effrayant, et Jacobson sembla se rétracter.
- On se calme, intervint la voix douce de Claudia. John a été absent pendant des mois et il nous revient, c'est une bonne chose ! Bon retour, John. Où étais-tu ?
Le blond repéra le prof qui arrivait à la salle, et sourit plus gentiment à Claudia.
- Merci. Je suis content d'être de retour.
- De retour d'où ? Insista une autre fille.
John ne répondit pas, se contentant de sourire tranquillement, et rentra lorsque le professeur les y invita, ignorant le regard surpris de celui-ci en le voyant.
Le retour de John et sa relation avec Sherlock fit sensation dans la classe, puis bientôt dans toute leur année. Le John d'avant aurait cherché à fuir toute attention par peur de se faire renvoyer, mais il avait vécu bien pire, avait Mycroft (apparemment l'équivalent du gouvernement britannique) derrière lui et la main de Sherlock dans la sienne. Il avait fait attention à ne pas laisser passer une seule remarque désobligeante, un seul contact physique agressif ou une insulte : la vision du corps de Sherlock marqué de part et d'autre dans la lumière matinale l'avait mis assez en colère pour répondre à toutes les provocations sans peur.
James Moriarty les avait évités depuis le début des cours, ce qui à la fois satisfaisait et agaçait John. Il avait vu son comportement manipulateur avec Sherlock, sa façon d'utiliser ses lacunes dans les relations sociales à son avantage, de profiter de son innocence et de ses addictions pour l'utiliser. John était persuadé qu'il y avait quelque chose de pas net avec lui –il deviendrait quelque chose d'affreux, probablement un criminel, un psychopathe… Alors il ne voulait pas ce genre de personnes autour de Sherlock –il avait essayé de lui faire continuer la cocaïne !
- John ? Interpella la voix grave de Sherlock, le sortant de ses pensées alors qu'ils attendaient pour manger.
L'appel avait une sorte d'avertissement, d'urgence dans le ton, et John fronça les sourcils en se concentrant sur son environnement. Un des joueurs de rugby, Chris, et d'autres jeunes hommes les regardaient fréquemment, se murmurant des choses. John sentit la main de Sherlock essayer de se dégager –il semblait avoir appris la leçon depuis la fois avec Moriarty. Le blond raffermit son contact autour de la main pâle de Sherlock, le regard sûr et un petit sourire aux lèvres.
- Alors Watson, le bizarre t'a perverti ? Lança finalement l'un d'eux. Qui encule qui ?
Ses mots crus firent rire ses amis, et un groupe se forma peu à peu autour d'eux.
- Tu poses ce genre de questions et c'est moi le perverti ? S'amusa John. Si tu veux des infos sur les couples homos il y a des espaces dédiés à ça, Chris.
Quelques personnes réagirent à la réponse de John, riant ou encourageant, avant de se tourner pour attendre la réponse de l'autre.
- T'étais normal avant Watson, soupira un autre à côté de Chris.
- Ouais, renchérit Chris. Mais maintenant t'es p-
- Tu ne te renouvelles pas au bout d'une minute de conversation Chris, ça devient inquiétant et surtout lassant pour moi. Lâche-nous.
Les rugbymen s'affrontèrent du regard, le petit sourire sarcastique de John semblant agacer son opposant.
- Y'a pas moyen que je partage un vestiaire avec toi Watson, siffla-t-il.
- T'inquiète, t'as clairement pas le physique pour être mon genre ou celui de qui que ce soit d'autre, répliqua John. Maintenant avance, tu bloques la file.
- On en a pas fini Watson, menaça l'autre en se tournant.
- Je ne suis pas intéressé ! Se moqua John.
Le blond se tourna vers Sherlock, qui l'observait curieusement.
- Pourquoi as-tu fait ça ? Demanda finalement la voix grave du brun.
- Parce que de tous les soucis qu'on a, je ne veux pas me coltiner le harcèlement scolaire en plus, justifia John en haussant les épaules.
- Avec un tel comportement, je pense que tu as davantage attiré l'attention sur nous et ainsi augmenté les probabilités de harcèlement.
- Je ne pense pas. C'était une des choses qui n'allait pas avant que je ne revienne, pas vrai ?
Sherlock tourna la tête sans répondre et avança, tirant John avec lui par leurs mains liées. Le blond soupira.
- Je prends ça pour un oui. Tu n'auras plus à affronter ça tout seul, je suis là.
- Pourquoi ce soudain changement d'attitude ? Demanda Sherlock d'une voix faussement désintéressée. Tu ne réagissais pas aux moqueries des autres envers moi avant.
John jeta un coup d'œil autour de lui, remarquant les regards peu discrets des gens intéressés. Il avait compris que faire planer le mystère autour de son absence lui faisait une réputation particulière, et ne comptait pas l'abandonner.
- Tout à l'heure, répondit-il finalement d'une voix plus douce, prenant un plateau.
Ils s'attablèrent tous les deux, John expliquant que la pression de la direction était trop lourde auparavant, qu'il avait trop d'ennuis, mais qu'il n'avait plus peur de « faire taire ces cons » à présent. Il veilla aussi particulièrement à ce que Sherlock mange. Bien sûr, il n'avait jamais été un gros mangeur –mais à ce niveau là, avec en plus ses soucis de santé, ça devenait très inquiétant. Le blond ne comptait pas le laisser s'enfoncer maintenant qu'il était de retour.
- Gay- hm, désolée, oh mon dieu, je- je voulais dire hey. Oh mon dieu…
Sherlock et John se tournèrent vers Molly Hooper, qui s'embrouillait dans ses excuses, les joues rougissantes. John tenta d'abord d'étouffer son rire, mais abandonna et se laissa aller d'un rire sincère qui emporta rapidement Sherlock, puis Molly Hooper qui se dérida finalement.
- Je voulais vraiment dire hey, je suis désolée, reprit-elle finalement après qu'ils se soient calmés. Je voulais juste vous dire félicitations, et que… je suis contente que tu sois de retour, Watson.
Le blond eut un sourire, la détaillant rapidement. Elle portait une tresse sur le côté, un gilet un peu trop grand en plus de son uniforme, plantée devant leur table, son plateau en mains.
- Merci, Hooper. Tu peux m'appeler John.
- D'accord, John- tu peux m'appeler Molly.
- Tu veux manger avec nous ? Proposa le blond avec un petit sourire, lançant un regard à Sherlock pour vérifier que c'était ok pour lui aussi.
Molly sembla surprise, mais eut un sourire et acquiesça, s'asseyant en face d'eux. Sherlock fut perdu pendant quelques temps, mais parvint finalement à discuter avec elle, suivant le modèle de John qui lui souriait régulièrement, donc ça devait être bon, pas vrai ?
Tous les trois passèrent un moment agréable, et John prit sa main à un moment donné, ce qui fit se réchauffer sa poitrine et sourire Molly. Peut-être que le sevrage ne serait pas si difficile finalement…
C'était en physique-chimie.
John s'ennuyait, et son esprit non-occupé lui imposa ce qu'il tentait d'étouffer depuis deux jours. Oh, merde.
Sa mère. Sa sœur. L'argent. Où allait-il vivre à présent ? Sa famille, déjà fragile, avait éclaté. Il ne pouvait pas reprendre le rythme précédant son départ –il en était incapable. John ferma les yeux, soufflant discrètement. Les images de sa mère, de la vieille dame assassinée, de sa sœur claquant la porte de l'appartement, vrillèrent son esprit, et John haleta. Pas maintenant. Il avait encore des choses à gérer.
Cette pensée manqua de le faire s'effondrer, et il s'entendit demander de sortir tout en gardant un calme apparent.
Il s'échappa dans le couloir, tentant désespérément de stabiliser sa respiration. Il commençait à voir flou, sa vision tremblait autant que lui-même. Pourquoi ça ? Qu'est-ce qu'il lui arrivait ? Qu'est-ce qu'il se passait ? John se laissa tomber contre le mur, se recroquevillant nerveusement. Il ne pouvait pas craquer. Non, non, non, non, il ne pouvait pas craquer, il ne pouvait pas- il était John Watson, et John Watson ne craquait pas. Quand son père était mort, sa mère avait eu besoin de lui. Il n'avait pas craqué. Quand sa sœur était partie, sa mère avait eu besoin de lui. Il n'avait pas craqué. Ses proches avaient besoin de lui. Il ne devait pas craquer ! Il enfonça sa tête dans ses épaules, tirant sur ses cheveux nerveusement, paniqué. Il aidait les gens, c'était ça son rôle, sa place, son utilité. Il ne pouvait pas rater ça aussi. Et s'il foirait encore tout ? S'il foirait avec Sherlock ? S'il ruinait Sherlock comme il avait ruiné sa mère ? La panique déferla dans sa poitrine, et il sentit sa respiration s'espacer encore plus. Sa mère. Sa sœur. Sherlock.
- …tu m'entends ?! John, écoute-moi ! John-
La voix grave se détacha quelques secondes, et John papillonna difficilement des yeux pour tourner la tête. Sherlock. Il distingua son expression inquiète, et sentit finalement la puissance des sanglots qui agitaient sa poitrine à lui. Il ne devait pas craquer. Pas craquer, pas craquer, pas craquer.
- Je suis désolé, je- je suis désolé, hoqueta John, tentant vainement de stopper les sanglots, paniqué.
- Ne t'excuse pas. John, dis-moi ce qu'il-
- Je suis désolé, l'ignora John, luttant pour former ses mots. Je suis désolé de ne… de ne pas tenir je... Je suis désolé, c'est ma faute, je dois tenir je dois… je dois gérer…
Ces quelques mots provoquèrent des sanglots encore plus puissants, si puissants qu'ils en devenaient douloureux. Une étreinte l'entoura, et il sentit l'odeur de Sherlock l'envahir. Il comprit vaguement qu'ils sortaient, s'isolaient. La panique pulsait douloureusement dans son corps, gérer, gérer, ne pas craquer. Les sanglots le brisaient chaque fois un peu plus, agitant son corps traversé de tremblements puissants. Le meurtre de la vieille dame. L'épuisement. Le stress. Les bouts de verre contre sa paume lorsqu'Harry était partie. Les cris trouant les murs de l'appartement. Le couteau dans la main lâche de sa mère. Les marques sur le corps de Sherlock. L'overdose. La cruauté de la police. La faim tenaillant son ventre. Le manque oppressant sa poitrine. Ne pas craquer. Gérer.
- John. Parle-moi, insista la voix inquiète de Sherlock à son oreille. S'il te plait, John.
- Il-il ne faut pas que je… Je craque ou… Je dois gérer, Sherlock, haleta John, la vision trouble.
Une main douce passa sur sa joue, et essuya les larmes. John renifla, essayant de se concentrer sur ça, de s'accrocher à la réalité de ce contact.
- John… Tu as le droit de craquer aussi.
- N-non-, tu ne comprends p-pas… Je ne dois p- je ne dois pas Sherlock, je ne dois pas, il faut que je garde le contrôle sur… Oh mon dieu…
John sentit ses jambes le lâcher, et se retrouva à genoux au sol, sanglotant. Putain, il avait mal. Il avait mal depuis tellement longtemps, depuis la mort de son père. Il vivait depuis si longtemps avec qu'il l'avait accepté, oublié. Une main douce commença à caresser ses cheveux, ce qui le fit pleurer encore davantage, peut-être pas pour les mêmes raisons.
Il sanglota longtemps.
Des baisers effleurèrent son visage, gentiment, et John inspira longuement parmi ses hoquets. Sherlock. Sherlock, qu'il allait foutre en l'air comme tout ce qu'il touchait. Il avait déjà commencé.
- Je ne suis pas quelqu'un de bien pour toi, murmura finalement John.
- Ne pense même pas à dire ce genre d'idioties, je sais mieux que toi, mon cerveau est plus développé, rétorqua Sherlock.
Cela ne fit même pas réagir John comme Sherlock l'attendait. Pire, il sembla être en accord.
- John… Reprit Sherlock. Pourquoi est-ce que tu ne serais pas assez bien pour moi ?
- Je suis ordinaire par rapport à toi, et… Je ne fais que du mal à ceux que j'aime, murmura honteusement John, le visage caché dans ses mains. Mon père est mort, ma mère a voulu l'imiter, ma sœur est partie, et tu as manqué de faire une overdose parce que je n'ai pas su gérer. Ca en devient ridicule. Je n'ai pas gardé le contrôle-
- Ces histoires de contrôle- ce sont des idioties. Tu endures beaucoup John, et tu n'as pas à « garder le contrôle », et c'est encore moins la raison des accidents qui arrivent autour de toi.
John ne répondit pas, s'obstinant à fixer le sol. Sa respiration était calmée, mais la tristesse qu'il enfermait jusqu'alors se libérait dans son corps. Sherlock se rapprocha un peu, et prit sa main, un peu hésitant. Le geste étonna John, qui leva instinctivement la tête vers lui. La pression se raffermit peu à peu, leurs doigts s'entrelacèrent, le pouce de Sherlock caressant doucement la main de John. Un silence moins douloureux s'installa entre eux, et la tension diminua légèrement. Petit à petit, il se rapprocha du brun, reposant sa tête contre son torse, les mains accrochées à sa veste d'uniforme, presque recroquevillé entre ses jambes. Le blond s'adoucit peu à peu, avant de finalement se relâcher dans l'étreinte de Sherlock.
- Tu n'as pas à tout gérer, John, reprit la voix grave de Sherlock. C'est humainement impossible.
- Tu le fais aussi, marmonna le blond contre son torse, mal à l'aise.
- Non, c'est faux, j'essaye de m'adapter au comportement humain le plus possible et-
- Tu n'es pas un robot, Sherlock, soupira John d'une voix fatiguée. Tu as des sentiments et ce n'est pas parce que c'est compliqué pour toi de les comprendre qu'ils n'existent pas.
Un petit silence se fit, et le brun finit par soupirer, acquiesçant.
- C'est vrai. Je sais en tout cas ce que je ressens pour toi, John, et je ne peux pas te laisser dire des choses comme celles-ci. Tu n'es pas responsable du malheur des autres. Tu es quelqu'un de bien. Ta mère n'a pas vu ce que tu faisais pour elle, selon mes observations elle semble avoir des soucis de santé mentale, mais sans toi la situation se serait effondrée beaucoup plus rapidement. Ta sœur n'a pas réfléchi à ce qu'elle représentait pour toi, elle a juste eu besoin de s'échapper de cette situation. Et je n'ai pas fait une overdose à cause de toi mais à cause de mes antécédents et d'un quiproquo sur les raisons de ton départ… John, tu dois t'autoriser à ne pas tout gérer, à ne pas tout prendre en charge…
John resta silencieux quelques temps, mais lorsque Sherlock voulut s'éloigner pour voir sa réaction, il se cramponna à sa veste, l'empêchant de bouger, reniflant discrètement. Sherlock ne fit pas de commentaires et caressa ses cheveux doucement, longtemps. Il n'avait pas soupçonné ce que John traînait avec lui, encore moins la crise de panique qui en résulterait. Ce n'était pas si étonnant après tout : John avait constamment été occupé, avait sans cesse dû gérer sa famille, les responsabilités… Tout retombait maintenant.
Sherlock papillonna des yeux, sentant la fatigue le submerger, mais l'ignora. L'épuisement venait avec l'arrêt d'amphétamines. John était plus important.
La sonnerie les fit sursauter, et ils se relevèrent rapidement, Sherlock lissant sa veste et John passant sa manche contre ses joues.
John l'avait suivi une fois de plus chez lui, et avait finalement rencontré ses parents. Il avait énormément accroché avec son père, discutant de rugby, mais était resté nerveux et assez mal à l'aise avec sa mère. Sherlock avait observé toutes leurs interactions avec un nœud dans la gorge. John évitait le regard de sa mère, répondait brièvement, avait les épaules tendues et ne la contredisait jamais. Ses réflexes étaient si douloureusement évidents qu'ils n'échappèrent ni à Mycroft, ni à sa mère elle-même.
- Sherlock, ton petit-ami… Commença-t-elle alors que John était à la douche depuis quelques minutes. Il a peur de moi n'est-ce pas ?
- Maman, ce n'est pas un sujet que tu veux approfondir, intervint Mycroft.
- Myckie, je ne suis pas une de tes employés, le gronda-t-elle. Je parle à ton frère.
Mycroft grogna au surnom mais n'insista pas, se tournant vers Sherlock qui semblait hésitant et confus face à la perspective d'une vraie, sérieuse, discussion familiale. Sa mère soupira, se pencha vers lui par-dessus la table de la cuisine à laquelle ils étaient encore assis pour discuter.
- Sherlock, mon chéri, je sais qu'on a été absents à des moments où tu avais besoin de nous, fit doucement sa mère. Mais j'aimerais que l'on puisse se parler comme une famille, et je m'inquiète pour ton petit copain.
Ignorant la sensation agréable de l'utilisation du mot « petit-copain » par sa mère, Sherlock soupira.
- Tu déduis très bien par toi-même Maman. Je ne ferais que te confirmer ce que tu as déjà compris.
- Il a donc peur de moi, et seulement moi, murmura-t-elle. A la vue de son comportement, j'ai l'impression qu'il a des problèmes avec sa propre mère, pas vrai ? Il vit encore avec elle ?
- C'est compliqué, répondit Sherlock.
- John était à l'Armée encore récemment, Maman, et il n'est pas rentré chez lui pour l'instant, fit calmement Mycroft.
- Mycroft, ferme la, siffla Sherlock. Tu n'as pas à afficher sa vie comme ça !
- Ce ne sont que des informations peu personnelles !
- Tu fouines et tu dévoiles des choses que tu ne devrais pas ! Tu l'as toujours fait !
- John avait besoin que je « fouine » comme tu dis !
- Les garçons, soupira sa mère, calmez-vous. Mycroft, merci pour l'information. Sherlock, tu diras à John qu'il peut rester aussi longtemps qu'il le souhaite, sourit-elle gentiment. Il est en sécurité ici.
Sherlock sentit finalement une présence, et tourna la tête pour voir John à l'entrée de la pièce, une serviette sur l'épaule, portant un tee-shirt de l'armée et un jogging lâche, les cheveux humides. Il semblait mal à l'aise, gêné, et, se voyant repéré, se racla la gorge, balbutia quelques mots sans vraiment de sens et partit hâtivement dans la chambre de Sherlock. Le brun se leva rapidement et l'y suivit.
- John, depuis quand tu…
- J'ai pas peur de ta mère, je sais qu'elle est très gentille, je veux pas qu'elle pense ça de moi, marmonna John en se séchant les cheveux avec sa serviette, dos à Sherlock.
- Tu calques ton comportement face à chaque figure maternelle, et c'est un comportement normal après ce genre d'expériences, même fréquent.
John soupira, et alla s'asseoir sur le lit, les yeux fixés sur ses genoux. Sherlock sentait les effets du manque de cocaïne ramper malgré ses tentatives pour les éloigner, et ignora la tristesse profonde qui l'envahissait peu à peu. Il ne pouvait s'empêcher de songer à l'épuisement de John, à ses sanglots, à son ventre bleui quelques mois plus tôt. L'inquiétude qui croissait exponentiellement dans sa poitrine se fit incontrôlable et guida ses mots :
- John, est-ce qu'elle était violente avec toi physiquement ?
Le blond fronça les sourcils, et leva la tête vers Sherlock. Il hésita, et haussa les épaules avant de relever la manche de sa chemise, révélant une cicatrice le long de son bras.
- Elle m'a lancé une assiette une fois, le jour de sa TS. Mais c'est tout.
- C'est déjà trop, murmura Sherlock.
Est-ce que John lui mentait ? Est-ce qu'il exagérait tout ? L'hématome était peut-être une blessure liée au rugby après tout. Pourquoi John lui mentirait ? Une assiette…
- Hey, s'immisça une voix grave mais douce. Ca va aller.
- Le sevrage, articula le plus jeune, tentant de se contrôler.
Une étreinte l'entoura, et il lâcha un soupir tremblant, tendu. Ce n'était que le début, et le pire était à venir. La respiration profonde de John le berça, le calma, et il finit par la copier.
- Viens, on va dormir, tu dois être épuisé, hein ?
Sherlock marmonna, et se laissa déshabiller et entraîner sous les draps. La chaleur de John l'envahit, et il se colla à lui, exténué, prêt à sombrer.
Il ne ferma pas l'œil de la nuit.
L'insomnie le força à réfléchir à son enquête, à John, à leur relation. Son enquête n'avait guère avancé avec toutes les nouveautés de ces derniers mois, mais du peu qu'il s'était renseigné, la police semblait l'avoir enfouie également. Sherlock était si proche du but ! Mais comment remonter jusqu'à l'homme de main ? Peut-être devrait-il demander conseil à John… Non, il avait trop souffert à cause de cette enquête, il devait pouvoir la finir de lui-même…
Alors que l'aube se levait lentement, Sherlock observa John. Ses lèvres légèrement entrouvertes, son visage et son corps détendus… C'était rare de le voir ainsi. Sherlock répertoria tristement les interminables soucis de John, qu'il peinait à résoudre. Et pourtant, il était à ses côtés, à gérer son addiction plutôt que de retrouver sa famille après des mois.
Le blond fronça les sourcils dans son sommeil, se tendit, marmonna quelque chose, un nom. « Harry ». Il gémit vaguement, semblant traverser un mauvais rêve, aussi Sherlock resserra son étreinte, copiant ses gestes de réconfort sur ceux de John. Le blond finit par se calmer, et Sherlock fut sûr. Aujourd'hui, il allait devoir gérer seul, car John avait des problèmes familiaux à régler.
Après une brève dispute suivie d'une ambiance assez froide, John suivit Mycroft tandis que Sherlock montait dans un taxi. Toute la solitude et émotions négatives lui tombèrent dessus et il soupira dans le petit habitacle. John devait résoudre ses soucis familiaux, quelles que soient ses protestations à propos du sevrage. Sherlock savait que John avait confiance en lui, aussi il résista vaillamment à l'envie d'envoyer un message à Jim et de lui demander de se procurer des amphétamines. Il lui fallait autre chose, quelque chose, n'importe quoi.
- Bonjour, Sherlock, avança Molly lorsqu'il arriva dans le rang.
- Laisse tomber Hooper, il ne veut pas de toi, se moqua une voix parmi la masse.
Molly devint toute rouge, et Sherlock se souvint de sa réactivité lors de l'expérience sur les différentes réactions féminines face au flirt. Se pourrait-il…
- Je… Enfin ce n'est pas… Je ne suis-
- Hooper, tu te ridiculises, tu devrais partir, fit gentiment la voix de Jim en arrivant à ses côtés.
La jeune fille balbutia encore un peu puis s'éloigna hâtivement. Jim s'appuya sur le mur en face de Sherlock, et sourit.
- Alors tu m'évites Sher' ?
- Je ne t'ai pas évité, tu l'as fait. J'ai d'abord pensé à-
- Garde tes déductions pour toi, Sher'. Watson t'a laissé tomber ?
- Non. Il n'est pas là aujourd'hui, c'est tout.
Jim eut un petit sourire, et mit un chewing-gum dans sa bouche avant de reprendre.
- Tu m'avais parlé d'une affaire l'autre fois. Comment elle avance ?
- Elle piétine, avoua Sherlock, contrit.
- T'as jamais autant galéré, c'est ça ?
- Jamais, marmonna Sherlock. La police a tout saccagé, a toutes les preuves, et il n'y a plus aucun témoin.
- Ca fait plusieurs mois maintenant, que toute l'affaire s'est déroulée nan ? Demanda Jim après avoir éclaté une bulle.
Sherlock hocha la tête, et Jim fit une moue.
- Tu crois pas que tu devrais, genre, examiner les cadavres ? Je sais pas, je m'y connais pas trop dans tout ça… Voir comment ils ont évolué, et tout…
- Je n'ai pas accès à la morgue de Scotland Yard, grogna Sherlock en s'appuyant lui aussi contre le mur. La seule chose que je pourrais faire, à la limite, ce serait de réexaminer les lieux du crime. Ça me paraît pourtant compliqué, vu qu'ils ont déjà presque tout pris…
Le plus petit l'ignora, occupé à faire une bulle un peu plus grosse qui lui explosa à la figure. Il leva les yeux vers Sherlock, se racla la gorge, s'essuya le nez et soupira finalement.
- Je sais pas, Sher'. Je suppose que c'est toujours quelque chose, puis tu es assez intelligent pour trouver quelque chose que ces incapables n'auront pas vu, fit-il en haussant les épaules. Je peux t'accompagner si t'as pas envie d'y aller tout seul, ça pourrait être effrayant, sourit-il avec les yeux brillants.
- Non, tu ne peux pas m'accompagner, je préfère faire ça seul, depuis… Je préfère faire ça seul, abrégea-t-il, détournant le regard.
- T'es pas drôle, grogna Jim. Mais bon, tu trouveras probablement mieux sans moi, je suppose. T'es bien plus intelligent que nous tous.
La classe commença à rentrer, et Sherlock sourit légèrement en sentant sa poitrine se réchauffer un peu. Jim lui fit un petit clin d'œil et rentra.
Il resta avec Jim toute la journée. Ils parlèrent de tout et de rien, de l'enquête ou même de John.
- Mais sii, j'aime bien Watson, râla Jim. Je le cherche, c'est tout. Lui ne m'aime pas du tout par contre, rigola-t-il. Tu devrais faire attention Sher'.
- Comment ça ?
- C'est juste… Hésita Jim. J'ai pas vu grand-chose de lui, je te l'accorde. Mais je sais pas, il t'a lâché d'un coup, et je t'ai vu au plus bas… Pas lui. Je veux juste que tu ailles bien, et j'ai un peu peur que tu te fasses mener le bout du nez par ce gars.
Le bouclé secoua la tête. C'était objectivement très peu probable, étant donné toutes les preuves contre cette hypothèse. Jim haussa les épaules, puis continua de manger. Sherlock ne toucha pas vraiment à son assiette, trop absorbé par son enquête. Il avait déjà admis qu'il ne devait pas amener John, puisque celui-ci avait ses soucis familiaux et, de plus, Sherlock refusait qu'il soit encore impliqué dans cette affaire qui l'avait déjà quasiment condamné.
John se passa une main sur le visage en sortant de l'hôpital. Le fait que sa mère et sa sœur y soient était déprimant mais pratique au final. Il ricana vaguement, fatigué émotionnellement, et tenta de faire le point. Sa mère allait mieux, c'était évident. Elle avait même semblé contente de le voir après des mois, mais la discussion était restée très superficielle au final. Le sujet de sa relation avec Sherlock avait été rapidement abordé, et John avait compris pourquoi il n'avait pas été traité comme Harry : l'homosexualité masculine était, selon sa mère, bien plus condamnable. Elle semblait cependant bien moins virulente qu'auparavant –même si, en effet, le fait d'être alitée l'en empêchait pas mal.
Il était déjà tard, étant donné qu'il avait fallu trouver un nouveau logement à John depuis que l'appartement avait été saisi. Sa mère était restée à l'hôpital tout ce temps à cause de son comportement dangereux ou incohérent, et était passée dans l'aile psychiatrique, mais au moins elle semblait s'améliorer peu à peu.
Harry allait bien mieux ! John avait retrouvé un peu de sa sœur d'avant… tout ça. Leur discussion lui revint alors qu'il attendait Mycroft, comme celui-ci lui avait demandé avant de prendre son appel et de s'éloigner.
- T'imagine pas à quel point j'étais dans la merde, grogna Harry. Mais genre vraiment, vraiment dans la merde.
- T'es toujours dans la merde, railla John.
La blonde tourna un regard assassin vers le plus jeune, qui eut un sourire plus large.
- Tu ne respectes pas tes aînés –ingrat, insolent, commença-t-elle à déblatérer d'un ton bien trop dramatique.
- Harry, rit John. Accouche.
- Mmmmmh. Ne m'interromps plus, ok ? Donc, j'étais vraiment dans la merde. Je devais de l'argent à ce type, qui n'est pas du tout recommandable, et le foyer où je m'étais mise jusqu'ici menaçait de me virer à cause de mes… petits soucis d'alcool. Puis là, un ange gardien.
- Mycroft ? Rigola John. Crois-moi, ce n'est p-
- Ne blasphème pas, coupa Harry avec de grands yeux exagérément écarquillés. Donc je disais, il est arrivé et m'a dit que j'étais sa B.A du siècle ou je ne sais quoi. B.A c'est Baisable et Adorable c'est ça ? Parce que du coup je lui ai dit que j'étais flattée mais lesbienne, et-
- Ca veut dire Bonne Action Harry, gloussa John.
- Ah ok. Merci de me dire ça maintenant.
- Oh mon dieu, je n'étais pas là quand tu t'es ridiculisée !
- Mmmh mmh. Donc on parle vite fait et je me retrouve sortie de mon pétrin, dans cet hôpital où les gens sont sympas. Le seul petit souci c'est qu'on ne peut pas boire ici.
- C'est justement le but Mademoiselle Watson, intervint une femme d'un ton amusé.
John tourna la tête vers la nouvelle personne, une jeune femme, à peine la trentaine, qui lui fit un petit sourire rassurant. Après un bref échange sur son état, quelques vérifications et des conseils, Harry lui fit un petit sourire charmeur.
- Vous n'avez pas rencontré mon frère. Il n'a pas eu les bons gènes, mais il est quand même pas mal, pas vrai ? C'est de famille.
- Harry, ferme là, grogna John alors que la médecin riait.
- Bah alors John, t'es gêné ? Faut pas, elle est super sympa et je ne refuserais pas du tout d'aller prendre un verre avec elle si elle me proposait, par exemple, sourit-elle avec un petit clin d'œil.
- Mademoiselle Watson, je suis votre médecin, rit la femme.
- En parlant de médecin, vous savez que petit John ici présent veut être médecin ?
La jeune femme sembla agréablement surprise et se tourna vers le blond qui s'enfonçait dans sa chaise, gêné. La médecine n'avait plus été au programme pendant un petit moment, et ça faisait moins d'une semaine qu'il était de retour…
- C'est une discipline compliquée mais tout le monde peut y parvenir s'il est passionné, lui sourit la femme. Si tu veux venir faire un stage, ou si tu veux une lettre de recommandation, ça peut s'arranger.
John s'illumina et hocha rapidement la tête. La médecin sourit et partit avec un petit signe de la main.
- Elle est top hein ? Elle s'appelle Clara.
John sourit gentiment, et Harry le lui retourna. Il y eut un léger silence, et elle reprit :
- Et toi, avec ce garçon de la dernière fois ? Qui t'a embrassé devant nous là.
- On est… ensembles, je suppose, hésita John. On ne l'a pas vraiment mis au point mais c'est tout comme.
La blonde se fendit d'un grand sourire, et elle hocha la tête.
- Bien. Tu suis mon exemple, c'est bien. Vous couchez ?
- Harry !
- John ? Intervint soudain Mycroft. Nous devons y aller. Il commence à se faire tard, et j'ai encore quelques petites choses à faire mais pas le temps de te déposer. Tu attendras dans la voiture.
- Je ne suis plus un gamin, je ne peux pas vous accompagner ? Négocia John en entrant dans la voiture.
Le grand frère de Sherlock lui lança un regard moqueur et peu convaincu, et secoua la tête. John grogna et se laissa tomber dans le siège, se perdant dans ses pensées. Il se demandait ce que Sherlock faisait…
Sherlock inspira longuement, passant une main sur son visage puis dans ses cheveux. Il l'avait déjà fait, il avait déjà visité le lieu du crime. Il le ferait encore, il le devait s'il voulait résoudre cette énigme qui le frustrait depuis des mois. Il leva les yeux pour observer l'entièreté de la maison, encore entourée du ruban indiquant que c'était une scène de crime. Il jeta un œil autour de lui, et s'infiltra discrètement. Son cœur accélérait dans sa poitrine, l'adrénaline montait et courait dans ses veines, le manque lié au sevrage faisait l'effet d'un raz-de-marée constant dans son organisme. Il aperçut le placard où John et lui s'étaient réfugiés quelques mois plus tôt, et détourna le regard. John avait trop souffert de cette enquête, c'était à lui de la terminer.
L'endroit était aussi sombre qu'un four. Les murs épais et les fenêtres condamnées étouffaient la lumière, alors Sherlock tâtonna difficilement jusqu'à la chambre de l'avocat, regrettant de ne pas avoir emmené de quoi s'éclairer. Il tourna la poignée et fit quelques pas dans la pièce. Le plancher craqua sous ses pas, et il se baissa pour passer un doigt contre le sol.
- Aucune poussière... Murmura-t-il.
Sherlock se bloqua, réalisant. Il n'était pas seul.
