Et voici le chapitre 9, qui m'a pris un temps infini à traduire, par manque de temps... (bah oui, y'avait la grosse fête des prépas à mon lycée cette semaine, faut m'excuser xD) enfin bref, je vous laisse l'apprécier (et continuez à reviewer, c'est ce qui me motive pour la suite)
Enjoy! :)
Chapitre 9 – Countdown
-Oh, allez, Kate, ça va être marrant ! essaya de la rassurer Rick en prenant son bras pour faire bonne mesure.
Kate ne bougea pas, les deux pieds plantés sur le sol froid. Il la regarda d'un air de dire 'arrête de faire l'enfant' et lui tira à nouveau sur le bras.
-Kate, la prévint-il en lui faisant de gros yeux.
Elle lui retourna le même regard. Il soupira et lui lâcha le bras, ce dont elle profita pour les croiser. Il l'imita. Ils échangèrent un regard noir. Finalement, elle brisa le silence.
-Je ne veux pas y aller, Richard Castle.
Il l'observa. Elle en était à sa 24e semaine de grossesse. Johanna –Sparky- grandissait rapidement, à tel point que Kate ne pouvait plus boutonner ses manteaux; aussi, quelques semaines à peine après avoir acheté de nouveaux vêtements de grossesse, elle avait à nouveau fait une descente dans les boutiques, pour finalement s'acheter un manteau bleu clair à pois. Il était magnifique et ce que Rick aimait le plus, bien sûr, était la femme qui le portait, mais aussi la manière dont il montrait son ventre. Assorti à une jolie écharpe pleine de motifs et un chapeau d'où s'échappaient de longues mèches de cheveux, sans oublier les bottes UGG, elle ressemblait vraiment à une 'mère en devenir', selon les mots de Lanie.
Elle était vraiment mignonne.
Sauf quand elle s'énervait.
Comme maintenant.
-Je me fiche de savoir si tu veux ou pas, Katherine Beckett, répondit-il. Tu dois y aller. C'est bon pour le bébé. C'est bon pour moi. Et c'est bon pour toi.
Il s'arrêta, rassemblant son courage, ou, comme Kate le disait, ses boules : il combattait le feu avec du pétrole, après tout.
-Je sais que tu détestes prendre une journée de repos, mais le capitaine Gates était tout à fait d'accord pour ça, tu as fait une grasse matinée et je t'ai même apporté le petit-déjeuner au lit ! J'ai vraiment été ton chevalier servant !
Il fit la moue; elle essaya de dissimuler un sourire face à l'expression de sa virilité blessée.
-Tu pourrais au moins faire ça pour moi. S'il te plaît, Kate.
Kate décroisa les bras, et s'apprêtait à répondre quand Rick s'approcha un peu plus d'elle. Il enroula ses bras autour de la taille, juste en bas de sa chute de rein, et la pressa contre lui. Il sentit son ventre le toucher avant toute autre partie de son anatomie, et cela lui donna des papillons dans l'estomac. Il se pencha sur elle, et, après un rapide regard aux alentours pour vérifier que personne ne regardait, il attrapa son oreille. Les orteils de Kate dansèrent dans leurs bottes.
-En plus, murmura-t-il lascivement dans son oreille, si tu le fait, je ferais en sorte que tu ne le regrettes pas.
Il se recula, la main toujours posée sur les fesses de Kate. Elle soupira et il sourit.
-Tu es sans cœur, affirma-t-elle en lui frappant le bras.
Il retira immédiatement sa main et massa sa nouvelle blessure de guerre tandis que Kate lui passait à côté en soupirant. Elle entra dans le Baby Bird Parenting Center, et claqua la porte derrière elle, manquant de peu le nez de Rick.
Il entra derrière elle, riant sous cape. Elle se retourna brusquement et lui tapa sur la poitrine.
-Arrête ça tout de suite, dit-elle. Tu sais que je ne peux pas contrôler mes satanées hormones.
Elle sentit Sparky –Johanna- lui donner un coup de pied dans les côtes. Elle sourit et ajouta :
-Et Johanna n'aime pas ça non plus. Elle est d'accord avec sa mère.
Elle ne prit même pas le temps de voir l'expression de Rick, et se retourna, se dirigeant vers l'accueil.
Rick avait émit l'idée qu'elle assiste à des cours de préparation à l'accouchement la veille. Ils étaient au lit quand il lui avait dit qu'il avait appelé dans son dos pour qu'elle suive ces classes de préparation à l'accouchement, pour qu'elle puisse apprendre des techniques pour la grossesse et la naissance les plus saines possibles. Kate avait dit oui à tout, surtout parce qu'elle était passablement excitée et qu'elle voulait emballer l'affaire avant d'aller se coucher.
Néanmoins, le matin suivant, en se réveillant en douceur –littéralement- avec des pancakes recouverts de crème fouettée, copeaux de chocolat blanc et beurre de cacahuète, elle se souvint de ce qu'il lui avait dit, et son opinion changea complètement. Elle souffla, croisa les bras, cria, soupira, fronça les sourcils, essaya de le soudoyer, se mordit les lèvres, mais rien de marcha. Rick était inflexible et elle savait –mais préférait mourir plutôt que de le dire- qu'il avait raison. Mais l'image d'elle assise dans une grande salle aux lumières tamisées avec vingt autres parturientes, leurs maris et des tapis de yoga la perturbait. Cela lui rappelait ces films pour filles qu'elle regardait adolescente, se lamentant sur ses amours perdus avec de la glace et des rêves pour un meilleur futur.
Il s'était en quelque sorte débrouillé pour la traîner à la douche, lui faire prendre un petit déjeuner, et désormais, ils étaient là. Kate ne voulait pas y aller et s'humilier… néanmoins Rick avait raison. C'était bon pour leur bébé, Johanna-Sparky. C'était bon pour lui. Et c'était bon pour elle.
Après s'être enregistrés à l'accueil, Rick et elle furent conduits dans une petite salle de classe, au grand étonnement de Kate. Ils étaient accompagnés de quelques autres couples, et s'installèrent à leurs places devant une table du premier rang. Le couple à côté d'eux les regarda et leur sourit. Kate leur rendit timidement la politesse et Rick se pencha pour serrer la main du mari. C'était un très jeune couple –ils ne devaient pas avoir plus de trente ans- et avaient l'air beaucoup plus relaxés que Kate.
-… et voici ma femme, Kate Beckett.
Kate n'émergea de ses pensées que pour entendre la fin de la présentation de Rick. Elle hocha la tête et regarda la pièce. Elle était blanche, avec quelques posters de ventres de femmes enceintes et un tableau à craies sur le mur en face d'elle. Il y avait aussi un podium pour l'intervenant ainsi que quelques bibliothèques remplies de magazines, de contes pour enfants et d'ouvrage sur la parentalité.
-Donc, c'est vrai, dit la femme –Jillian, d'après ce que Kate avait entendu. J'avais lu dans les journaux que Kate Beckett, la-muse-dure-à-cuire-devenue-l'épouse de Richard Castle arborait un magnifique ventre, mais je ne savais pas si je devais y croire.
Elle rit et Kate lui offrit un sourire timide.
-Félicitations! dit la femme.
-Jill est une grande fan de vos livres, Mr Castle, gloussa son mari. Notre enfant sera certainement un policier, un écrivain ou un serial-killer, grâce à vous deux.
Les deux intéressés rirent aimablement (et avec une dose d'humour morbide) en réponse.
-Appelez-moi Rick, je vous en prie.
Kate regarda le dos de la tête de Rick pendant qu'il discutait. Il était tellement ouvert et gentil avec les gens… si Kate était venue ici seule, elle se serait tue et aurait fixé le tableau, attendant désespérément l'intervenant. Pas Rick. Surtout pas Rick. C'était toujours lui qui commençait les conversations avec leur voisin, que ce soit un couple, une famille ou une personne seule. C'était pour cela que leur duo marchait si bien : Kate construisait des murs autour d'elle-même, et Rick était celui qui construisait des portes. Les deux couples discutèrent encore quelques minutes avant qu'une femme chaussée de hauts talons et de vêtements stricts n'entre dans la salle. Ce n'était définitivement pas les tapis-et-pantalons-de-yoga auxquels Kate s'attendait. Elle pouvait supporter des cours, mais pas faire du yoga. En tout cas, pas quand Rick était dans les parages.
-Bonjour, salua la nouvelle venue.
Elle faisait environ la taille de Kate. C'était une latino avec de magnifiques cheveux qui lui descendaient jusqu'à la taille, son visage était jeune et lisse, elle avait l'air de ne pas avoir plus de 20 ans, bien que ce fut impossible –une femme si jeune ne pouvait pas donner ce genre de cours.
-Je suis Valerie Morales, dit-elle, inscrivant son nom au tableau. Et je serais votre intervenante hebdomadaire dans les cours d'éducation parentale pour les seize prochaines semaines. Je suis heureuse de voir que tant de monde soit venu aujourd'hui. Bien, nous allons commencer avec notre premier sujet : « Je vais devenir parent… d'où est-ce que je peux bien venir ? ». Ca va être bien !
Après le déjeuner, Kate et Rick se traînèrent jusqu'au loft. Enfin, Kate se traîna parce qu'elle avait un coup de barre, et Rick se traîna avec elle parce qu'il la portait à moitié. La pauvre Johanna n'avait pas l'habitude de se déplacer si tôt le matin, donc elle s'était manifestée à qui mieux mieux, épuisant Kate. Rick la coucha sur le canapé et lui apportait le verre de lait qu'elle lui avait demandé.
Pendant les deux heures suivantes, Rick écrivit sur son ordinateur tandis que Kate faisait une sieste, les pieds reposant sur les genoux de Castle. Il la regarda dormir un petit moment; les mouvements de sa poitrine quand elle respirait, les moments où elle bougeait sans se réveiller quand Johanna lui donnait des coups de pied, ou quand elle remuait les orteils, manifestant ses rêves.
Il était près de trois heures de l'après-midi, et Kate dormait toujours, quand Alexis rentra de l'école. Elle s'assit sur l'accoudoir du canapé et plaça un bras autour des épaules de son père. Il leva les yeux et lui embrassa le front.
-Hey, pumpkin, dit-il doucement pour ne pas réveiller Kate.
-Hey, papa, répondit-elle sur le même ton, regardant sa belle-mère. Journée productive ?
Il eut un petit rire.
-Un peu. J'ai amené Kate à ces cours d'éducation parentale dont je te parlais. Elle… n'était pas très emballée, au début. Je crois qu'elle pensait que ça allait être une sorte de rituel ou quelque chose comme ça. Je n'ai pas jugé utile de lui dire que c'était juste plus ou moins deux heures de lecture une fois par semaine.
Il sourit et Alexis roula des yeux.
-Je suis sûre qu'elle a apprécié, dit-elle d'une voix sarcastique.
Après quelques minutes passées à discuter avec son père, Alexis s'éloigna pour étudier dans sa chambre. Rick regarda à nouveau Kate, qui commençait à émerger de sa sieste. Décidant de jouer un peu, il posa délicatement son ordinateur sur la table basse, puis repoussa doucement ses pieds. Il se mit à cheval sur elle, suffisamment haut pour ne pas l'écraser. Elle finit par se réveiller, et ouvrit les yeux pour voir son mari se pencher sur elle, lui embrassant la mâchoire.
-Rick, grogna-t-elle en clignant des yeux. Je ne suis pas assez présentable pour être embrassée, là…
Il n'en avait visiblement rien à faire, continuant son manège : il lui embrassait les joues, le front, le nez, et les coins de sa bouche.
-Oh, je crois que tu as bavé dans ton sommeil…
Elle s'essuya la bouche tandis qu'il éclatait de rire en se redressant.
-Tu plombes l'ambiance, Beckett, commenta Rick.
-Mais qui a dit qu'il y avait de l'ambiance ? répondit-elle en roulant des yeux.
Avant qu'il ne puisse répondre, un énorme coup coupa le souffle, non seulement de Kate, mais aussi de Rick. Ils échangèrent un regard choqué : jamais Johanna n'avait donné d'aussi gros coup de pied avant. Visiblement, elle se rangeait du côté de sa mère, ce qui fit sourire Kate.
-Ouais, ouais… grommela Rick en détachant de Kate.
Kate se redressa et se frotta les joues, essayant de se réveiller plus vite. Après un petit moment de silence, Kate eu soudainement un besoin irrésistible d'emmener Rick à l'étage. Elle se leva du canapé et lui tendit la main. Il lui jeta un regard interrogatif en la prenant. Elle l'aida à se mettre sur ses pieds et le traîna derrière elle, lui tenant fermement la main.
Ils montèrent les escaliers et passèrent devant la chambre d'Alexis et celle de Martha. Au bout du couloir, en face d'une petite salle de bain, se trouvait une autre chambre, qui avait été la chambre d'amis. Kate se tourna et s'appuya sur la porte fermée. Elle se saisit du col de la chemise de Rick et lui donna un long et doux baiser. Rick lui passa doucement la main dans les cheveux. Après quelques minutes, Kate cessa ses baisers et tourna la poignée de la porte.
Il garda ses doigts emmêlés dans ses cheveux, tandis qu'elle reculait, leurs mouvements formant une sorte de danse étrange. Ils entrèrent dans la petite pièce. Kate avait déjà utilisé cette chambre –après que son appartement ait explosé. Elle avait dormi dans le grand lit qui était maintenant chez le garde-meuble, elle se souvenait avoir ouvert les lourds rideaux pour regarder sa ville –ils avaient été remplacés par des rideaux plus petits qui laissaient entrer beaucoup de lumière, l'armoire où elle avait mis ses vêtements et la table de nuit où elle avait rangé son badge et son arme étaient désormais vides de ses affaires.
Rick et Kate se détachèrent l'un de l'autre. Il la serra contre lui pour qu'il puisse regarder la pièce ensemble. Elle sentait les effluves de son after shave et de son eau de Cologne tandis qu'il enroulait ses bras autour de sa taille. Il fit courir sa main sur son ventre, dessinant des cercles. Elle cilla brusquement : parfois, même les choses les plus insignifiantes qu'il faisait lui coupaient le souffle, elle devait alors s'assurer qu'elle ne rêvait pas.
Durant le mois passé, ils avaient enlevés toutes les affaires d'adulte de la chambre pour les remplacer par tout ce dont un bébé avait besoin. Les murs avaient été repeints en vert clair. A la place du lit se tenait désormais un berceau en bois, à côté, une immense fresque murale représentant une famille éléphant au complet : le père, la mère, la sœur et le bébé. Dans le coin, près de la fenêtre, il y avait un somptueux rocking chair. En face du berceau, il y avait une table à langer, et l'armoire commençait à se remplir doucement de vêtements de petite fille. Ils restèrent dans la chambre de Johanna pendant un long moment sans échanger une parole. Finalement, Rick murmura dans son oreille :
-Je t'aime, Katherine Beckett.
Elle pouvait sentir ses lèvres pressées contre sa nuque. Elle pencha la tête en arrière, soupirant de plaisir.
-Je t'aime, Richard Castle, répondit-elle dans un murmure.
Il lui caressa les cheveux, lui dégageant une épaule. Il délaissa son cou pour s'intéresser au morceau de peau que son haut dévoilait sur son épaule. Il continua de l'embrasser et elle se tenait immobile, appréciant le moment, souhaitant qu'il ne s'arrête jamais.
Elle allait avoir un bébé avec l'homme qu'elle aimait plus que tout au monde.
Elle se sentait heureuse, aimée, belle et tous les autres adjectifs qui venaient avec. Si quelqu'un lui avait dit, cinq ans plus tôt, qu'elle se tiendrait dans la chambre de son enfant, elle aurait roulé des yeux. Si cette même personne lui avait dit qu'elle se tiendrait dans la chambre de l'enfant qu'elle allait avoir avec Richard Castle, elle aurait éclaté de rire, et lui aurait probablement tiré dessus. Mais maintenant qu'elle se tenait là, avec son mari lui embrassant touts les parties du corps qu'il pouvait atteindre, elle était heureuse que personne ne lui ait dit que cela allait vraiment arriver. Elle adorait ce genre de surprises.
Richard Castle lui avait fait croire au destin, à la magie, au Père Noël et à une éternité heureuse. Il lui avait montré ce que c'était que d'être aimée –vraiment aimée- à travers des choses comme faire l'amour, de longs câlins, des baisers, des blagues, des fou-rires, des balades en voiture, des suggestions stupides, des dîners improvisés. Elle n'aurait jamais imaginé une plus belle vie que celle qu'elle avait maintenant. Cela lui avait demandé des années de douleur, mais Kate ne voulait rien changer.
S'il n'y avait pas eu de Richard Castle, il n'y aurait pas eu de Katherine Beckett. En tout cas, c'était ce qu'elle pensait. Avant lui, elle était rigide et complètement obnubilée par son travail. Elle se noyait littéralement dedans. Elle aurait pu vivre à son bureau, buvant du café immonde et se nourrissant à peine. Elle avait aidé des gens –des centaines- mais personne ne lui donnait l'aide dont elle avait tellement besoin. Elle aurait pu être tuée. Kate le savait quand elle avait commencé à travailler –en fait, elle avait complètement accepté les dangers et les « et si » que son intégration à la police avait engendré. Puis, Rick était apparu et avait tout chamboulé. Il était devenu la personne sur laquelle elle pouvait compter : il allait où elle voulait, faisait ce qu'elle voulait, si elle le lui demandait.
Il était devenu sa maison, sa famille, l'amour qui lui avait tant manqué toutes ces années. Bien sûr, elle avait son père, mais son père avait une vie et ses propres problèmes à gérer. Mais Rick lui avait donné une raison de vivre, une raison de vouloir rentrer à la maison tous les soirs. Sans lui, Kate pensait vraiment qu'elle ne serait pas en vie, aujourd'hui.
-Merci, murmura-t-elle dans le silence de la pièce.
Elle sentit ses lèvres quitter son épaule. Il la fit lentement se retourner, pour qu'ils soient face à face. Il attrapa son regard, et elle sut à cet instant qu'il savait tout ce qu'elle venait de penser. Elle n'aurait jamais à le dire –il le savait déjà. Il posa ses mains sur ses joues, elle ferma les yeux. Il l'embrassa sur le front, puis sur les joues, puis sur le nez, puis aux coins de sa bouche. Elle cilla et ils se regardèrent dans les yeux un long moment.
-Merci, répondit-il.
Il était si proche qu'elle sentait ses lèvres bouger à chaque syllabe. Finalement, il pressa les lèvres contre les siennes.
On frappa à la porte d'entrée.
Kate lécha la sauce qu'elle avait sur l'index et dit 'j'y vais !' avant de se diriger vers la porte. Elle l'ouvrit et se trouva face à son père qui lui tendait un énorme bouquet de fleurs. Elle sourit.
-Merci, papa, dit-elle en les sentant Johanna lui donna un coup de pied. Anna les aime aussi, ajouta-t-elle.
Les yeux de son père s'écarquillèrent, puis il regarda son ventre.
-Elle a bougé ? demanda-t-il avec excitation.
Elle hocha la tête puis lui prit une main, la posant sur son ventre, à l'endroit où Anna préférait se manifester. 'Allez, bébé' pensa-t-elle, et elle la sentit taper à nouveau. Son père retira sa main, et, après un long regard, la prit dans ses bras.
-Je suis tellement fier de toi, Katie, lui murmura-t-il dans l'oreille.
Ils se dirigèrent vers la cuisine où Rick finissait de préparer le dîner. Alexis et Martha avaient déjà commencé à mettre la table. Rick leva les yeux de sa sauce bolognaise quand ils entrèrent dans la pièce, riant et discutant. Kate s'éloigna pour trouver un vase et Rick et Jim échangèrent un regard.
-Elle est extraordinaire, vous savez, dit Rick en tournant le bouton du gaz sous la poêle.
Il attrapa un gant de cuisine et sortit le pain à l'ail du four. Après l'avoir posé sur le comptoir, il fit le tour des appareils, sa poêle à la main, jusqu'à ce qu'ils soient tous éteints. Comme Jim ne répondait pas, il leva les yeux.
-Dans des moments comme celui-là, répondit doucement l'homme, je comprends pourquoi Katie te décris comme l'homme parfait.
Rick rougit et se frotta la nuque, bredouillant quelque chose qui ressemblait à des protestations, mais Jim n'écouta même pas.
-J'ai longtemps pensé que, vu ta réputation, tu la laisserais, le cœur brisé. Mais tu t'es accroché à elle, même quand elle faisait tout pour te sortir de sa vie.
Il fit le tour du comptoir et tapa affectueusement l'épaule de Rick.
-Merci. D'être là pour ma fille.
Après dîner, la famille se rassembla au salon. Des couvertures furent distribuées et un feu fut allumé dans la cheminée. Rick était en train de préparer du café et du chocolat chaud. Alexis était partie l'aider à couper le gâteau au chocolat qu'elle avait préparé dans l'après-midi. Martha avait dû s'éclipser après le dîner –elle emmenait ses élèves voir une pièce à Broadway et devait les retrouver à l'école.
Jim et Kate s'assirent l'un à côté de l'autre sur le canapé devant la cheminée. Kate ramena ses genoux devant sa poitrine, tandis que Jim croisait les jambes. Elle tripota un accroc sur l'accoudoir du canapé, réfléchissant à un sujet de conversation. Ils avaient déjà discuté des sujets classiques à table –la construction, les employés ennuyeux pour Jim et les meurtres, le mystère et le grabuge pour Kate.
-Papa, dit doucement Kate, se rappelant de son cours du matin.
Ce cours lui semblait tellement loin, maintenant. Son père tourna la tête, lui accordant toute son attention. Entendant des rires dans la cuisine, Kate déduisit qu'il se passerait encore quelques temps avant que les deux Castle ne réapparaissent –ils devaient probablement nettoyer les traces d'une bataille de chocolat.
-Tu ne m'as jamais raconté comment j'étais née.
Sans même y penser, elle posa la main sur son ventre, juste à côté de la cible préférée d'Anna. Elle regarda son père à travers les cheveux qui lui tombaient sur le visage. Il souriait bizarrement.
-Ce fut une… folle journée, Katie, rit-il, se tournant pour être face à elle. J'étais parti jouer un match de basket nocturne avec des collègues. Pour faire retomber la pression, tu vois ?
Kate approuva.
-Bref, il était un peu plus de deux heures du matin quand je suis rentré à la maison. Ta mère dormait déjà. Elle était enceinte jusqu'aux yeux, tellement que le drap glissait toujours sur son ventre. Elle avait froid, mais tu bougeais tellement que le drap tombait toujours.
Kate sourit. Elle compatissait au calvaire de sa mère.
-Je suis allé prendre une douche et je suis allé me coucher. Et, je te jure que c'est vrai, je venais juste de m'endormir quand ta mère m'a réveillé à coup de baffes dans la tête.
Face à la tête choquée de Kate, il hocha la tête pour confirmer.
-Oui, elle me donnait des claques, encore et encore. Elle était terrifiée –elle me disait qu'elle venait de perdre les eaux. Tu n'étais pas censée naître avant cinq semaines, Katie. Donc, on s'est précipités à l'hôpital. Il était trois heures du matin quand on a franchi ces portes. Notre médecin était, bien évidemment, parti en vacances, donc il y avait cet interne, le Dr Pomatter, qui s'est occupé de nous. Johanna était complètement effrayée.
-Et toi ? demanda Kate.
Il lui prit les mains et les serra.
-Moi ? Je me faisais dessus, mais je devais faire face. On doit aller à l'hôpital? OK, c'est parti. Tu as mal ? Je vais leur demander des calmants. Tu veux aller voir la plage ? OK, je vais acheter des billets d'avion… il rit. J'étais complètement mort de trouille, Katie, et j'étais épuisé.
La cuisine était silencieuse, mais Kate ne le remarqua pas.
-Tu étais silencieuse quand tu es née. Je savais que quelque chose n'allait pas, parce que tu n'étais pas en train de hurler. Et puis Johanna a perdu conscience. Tous les électrocardiogrammes se sont emballés, et une armée de médecins a surgit dans la pièce. Ils m'ont fait sortir sans rien me dire; dit-il avec un soupir. J'étais en colère et j'avais peur, Katie. Je ne savais pas ce qui se passait. Et puis, après environ un quart d'heure, le Dr Pomatter est sorti et m'a expliqué que le cordon ombilical s'était enroulé tellement serré autour de ton cou que tu ne pouvais pas respirer. Johanna avait commencé à saigner de… quelque part… et ils devaient voir ce qui n'allait pas; il s'interrompit. Vous alliez bien toutes les deux. Ce qui n'empêche pas que j'avais peur. Et puis, j'ai pu rentrer dans la chambre, pour vous voir toutes les deux. Ta mère te tenait dans ses bras, te touchant les lèvres avec l'expression la plus adorable que je ne lui aie jamais vu. Elle m'a regardé, et je ne l'avais jamais vu avec un tel sourire avant.
Kate sentit sa gorge se serrer. Saletés d'hormones.
-Elle m'a dit 'Regarde, Jimmy, regarde ce que nous avons fait. N'est-elle pas parfaite ?'
A ce moment, Rick et Alexis firent leur apparition. Kate cilla et prit une longue inspiration. Rick lui jeta un regard curieux et elle secoua la tête dans un silencieux 'Je t'expliquerais plus tard'. Une tasse de chocolat chaud et une assiette de gâteau au chocolat furent placées dans ses mains. Elle prit une gorgée du chocolat chaud avant de poser la tasse sur la table basse. Elle se pencha vers son père, qui lui passa un bras autour des épaules. Elle prit une grande bouchée du gâteau au chocolat. Elle grogna et reprit une grande bouchée –tout ce qui était sucré lui semblait meilleur maintenant qu'elle était enceinte. Anna lui donna un coup de pied, d'accord avec sa mère.
