Hey mes chouquettes ! :D
Ok je sais, ca fait une semaine que je devrait avoir publié, mais bon, vous me connaissez... :3
J'espère que la longueur (anormalement longue !) de ce chapitre vous influencera dans votre décision de me pardonner ou pas :) J'avoue que je me suis cassée en deux pour vous l'écrire !:D Merci à toutes pour vos reviews auxquelles je crois avoir dans la totalité répondu...
Enoooormes bisous !!!
Soit dit en passant, chapitre top kassdédi à Bewitch_Tales, que je l'aime bien, même si c'est une sadique :3
BONNE LECTURE A VOUUUUS !
Pop' !
Chapitre 9
What the Fuck…?!
Il était sur le point d'embrasser Hermione Granger.
Et il aurait préféré mourir plutôt qu'on ne l'en empêche...
Leurs visages n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre et leurs nez se touchaient.
Lorsque la bouche de Draco frôla celle d'Hermione, il soupira de soulagement. Elle ne le repoussait pas et c'était tant mieux. Il en avait vraiment envie. Il prit doucement sa bouche, ne voulant rien brusquer. Mille émotions le traversaient, se croisaient entre elles, se mélangeaient, donnant au final un magnifique fouillis qui avait des allures de feu d'artifices.
Il avait gardé les yeux ouverts et pouvait voir ceux d'Hermione, d'abord écarquillés par la surprise puis rapidement brillant, un voile d'envie planant sur son regard. Il tenait encore son visage, et tout en continuant à déposer de légers baisers sur ses lèvres, il glissa une main à travers la forêt vierge qu'elle avait pour chevelure et l'autre main dans son dos, la pressant doucement contre lui.
Elle ne savait même plus quel était son prénom. Les lèvres de Draco contre les siennes, ses mains la caressant tendrement… Elle s'attendait à exploser d'une minute à l'autre. Mais étrangement, elle ne ressentait pas les émotions attendues. Elle aurait cru que sa magie réagirait plus vivement à ce qu'elle semblait attendre depuis des années. Mais rien de cela. Le flot était certes plus violent que d'habitude, mais elle avait déjà vu des réactions bien plus impressionnantes. Où étaient l'éruption volcanique, le séisme, l'explosion nucléaire ? C'était trop étrange… Elle était presque déçue et son incompréhension lui donnait envie d'arrêter cet échange.
Elle posa ses mains sur le torse de Draco et le repoussa doucement. Il recula son visage, incrédule et la fixa bizarrement.
Au fond, elle savait ce qui n'allait pas. Le regard de Draco le lui confirma…
Ses iris étaient assombris par le désir et il grogna presque d'être coupé aussi tôt. Ses mains étaient toujours posées sur le corps frissonnant d'Hermione et il décida de ne pas abandonner malgré ce rejet plus qu'explicite. Il resserra sa prise sur la nuque d'Hermione et avança son visage plus rapidement, ne lui laissant pas le temps de se reculer. Il colla à nouveau ses lèvres contre celles d'Hermione dans un baiser plus violent.
Cependant Hermione ne répondit pas et le poussa brusquement, l'éjectant presque du lit. Elle le retint tout de même par la main pour ne pas qu'il tombe mais semblait furieuse.
-Il y a quelque chose que tu n'as pas compris dans mon geste ? chuchota-t-elle, la voix chevrotante.
Elle tremblait de tout son être, mais il savait pertinemment que ce n'était pas de froid. Il détesta la façon dont elle lui parla et se leva, se dressant de toute sa hauteur et fixant Hermione avec colère à son tour.
-Ce que tu peux être coincée Granger… A croire que ca fait bien longtemps qu'un mec ne t'a pas touchée !
Elle hoqueta de surprise. Le Malfoy des années à Poudlard était de retour, plus que jamais. Le mépris qui avait teinté sa voix lui lacéra le cœur et les larmes lui montèrent aux yeux. Ne comprenait-il pas que c'était pour lui qu'elle faisait cela ?
Elle se leva à son tour et planta son regard embué de larmes dans celui du blond, dont les prunelles orageuses furent traversées par un éclair de culpabilité. Hermione ne le remarqua pas.
-Tu ne sais absolument rien Malfoy. Si tu n'es pas capable de retenir tes pulsions animales plus longtemps, tu trouveras très bien une poule qui t'accueillera les cuisses ouvertes, je ne me fais pas de soucis là dessus. Je ne fais pas partie de cette catégorie de filles, alors ne vient pas tenter de combler ton manque d'amour dans mon lit. Ca ne marche pas comme ça…
Chaque mot prononcé était une lame qu'elle s'enfonçait elle-même dans le cœur. Il fallait que Draco s'en aille au plus vite, qu'il la laisse seule, car elle n'était pas sûre de pouvoir retenir sa magie encore longtemps. Sa magie qui montait par vagues de colère et qui allait bientôt lui faire comprendre l'erreur qu'elle avait fait de repousser l'objet de ses désirs. La violence s'insinuait en elle lentement mais sûrement, et les tremblements déjà anormaux qui l'agitaient allaient se transformer en quelque chose de bien plus brutal d'ici quelques minutes.
Draco la fixa, une lueur de tristesse et de déception grisant son regard un millième de seconde.
-Tu penses vraiment cela de moi ?
Elle fut troublée par cette question, ne s'attendant pas à ce qu'il apporte tant d'importance à ce qu'elle venait de dire. D'un autre côté, il ne savait pas ce qu'il se passait en elle. Il ne savait pas que dans ses oreilles bourdonnait sa magie, que ses idées étaient embrouillées par le bouillonnement plein de rage qui résonnait en elle.
Bien sûr que non, elle ne pensait pas un traître mot de ce qu'elle avait dit !
Pourquoi ne pouvait-il pas le comprendre ?
Pourquoi n'était-elle pas capable de simplement… Tout lui avouer ?
Mais c'était impossible. Pour son bien, pour le bien de Clémentine, elle devait taire ses sentiments, taire sa douleur et ce manque qu'elle ressentait dès que Draco était trop éloigné d'elle. Car c'était ainsi maintenant, sa magie s'était accoutumée à ce qui la contentait au début, et en demandait bien plus. La souffrance de n'avoir pas vu Draco pendant plusieurs années était désormais presque comparable à celle qu'elle ressentait quand Draco partait pour plusieurs jours. Heureusement, Clémentine était une sorte de substitut de Draco, et rendait Hermione moins nerveuse que si elle avait été seule.
Elle avait baissé les yeux et une larme sillonna sa joue. Elle leva le menton et fixa son regard dans celui du blond qui visiblement attendait une réponse, et tout de suite. Une fois de plus, elle devait mentir. Pour protéger.
-Oui, Malfoy. Je le pense.
Il se recula, un peu hébété.
Il aurait tellement voulu qu'elle mente, qu'elle lui dise qu'il avait changé et qu'elle savait parfaitement qu'il n'était plus le même homme qu'à Poudlard. Et c'était la vérité. Plus rien n'était comme avant, et il ne s'en plaignait pas. Au contraire !
Comment pouvait-elle lui dire ça, maintenant ? Elle qui lui avait pourtant demandé quel était le pourquoi du comment de ce changement si radical, preuve qu'elle l'avait remarqué…
Draco se sentit vraiment blessé et tenta de ne pas le laisser paraître.
-D'accord… D'accord.
Il s'éloigna ainsi à reculons, ne lâchant pas Hermione des yeux. Puis il sortit de la chambre. Hermione l'entendit entrer dans sa chambre, puis en ressortir quelques secondes plus tard.
Elle sortit à son tour de la chambre, prise de remords atroces.
Elle eut à peine le temps d'ouvrir la bouche, qu'un craquement sec se fit entendre. Il avait transplané. Elle regarda l'endroit où il se tenait quelques secondes plus tôt et gémit. Ce n'était pas à lui de partir. Tout d'abord parce que c'était quand même son appartement, et ensuite parce qu'elle savait que dans quelques instants, elle ne serait plus capable de se contrôler, et bien évidemment elle serait incapable de protéger ou s'occuper de Clémentine en cas de problème. Mais c'était trop tard. Elle ne pouvait plus rien faire pour arrêter sa magie qui semblait prendre son élan avant de frapper. Ca allait faire très mal cette fois ci. Peut être plus que jamais auparavant.
Elle inspira un grand coup et arrêta de lutter. Ce fut une sorte de feu vert pour sa magie qui se déchaîna d'un grand coup, la propulsant violemment contre un mur situé à quelques mètres plus loin.
Elle le méritait bien.
oOoOoOoOoOoOoOo
Draco avait transplané au premier endroit qui lui était venu à l'esprit et c'est avec étonnement qu'il se retrouva devant la Forêt Interdite. Derrière lui se trouvaient les ruines de ce qui avait été auparavant la plus grande école de sorcellerie du monde. Poudlard la Majestueuse comme il l'avait toujours appelée.
Ne se préoccupant pas trop du paysage, il se mit à courir. Il était complètement enragé. Contre lui. Contre elle. Contre le monde entier lui semblait-il. Merlin, qu'il avait été con ! Pourquoi ? Pourquoi avait-il fait cela ?! Pourquoi avait-il voulu s'approprier physiquement une des deux seules choses qui le tenaient en vie depuis la mort de sa femme, la blessant au passage ? Que lui était-il passé par la tête ?!
Il rugit de rage et accéléra sa course, ne sachant pas trop où ses pas le conduiraient, à travers les couloirs délabrés de l'école.
oOoOoOoOoOoOoOoOo
Hermione retint de nouveau un hurlement, mordant sa lèvre jusqu'au sang. Elle ne doutait pas que Clémentine ait déjà été réveillée par le boucan qu'elle faisait, mais ne voulait pas l'effrayer encore plus en laissant sa souffrance s'exprimer.
C'était atroce, pire que tout ce qu'elle avait pu connaître jusqu'ici. Quelque chose semblait avoir broyé sa cage thoracique et agrippé son cœur pour le tirer par à-coups, le serrant toujours plus fort. Ses artères lui donnaient l'impression de se boucher pendant plusieurs et lancinantes secondes pendant lesquelles elle se sentait partir, et puis tout repartait. Elle aurait presque voulu que cela ne reparte pas et pouvoir mourir, là tout de suite…
Elle se jeta, contre sa volonté toujours, sur la table basse du salon qui était en verre et qui se brisa sous son dos, des morceaux de verre tranchants s'enfonçant dans son corps déjà meurtri. Elle se recroquevilla sur elle et tenta de lutter contre sa magie. Mais celle-ci n'en avait pas fini avec elle.
Son corps se releva tout seul, ses mains se posant sur le verre pour se redresser. Elle étouffa un sanglot quand elle vit sa main littéralement transpercée dans son épaisseur par un morceau plus gros que les autres. La douleur était telle qu'elle en eut la nausée. Elle allait mourir cette fois, ce n'était pas possible autrement. Si Draco ne rentrait pas immédiatement, elle ne tiendrait pas bien longtemps…
oOoOoOoOoOoOoOoOo
Draco s'arrêta, à bout de souffle. Il se trouvait dans la Grande Salle.
Il se sentait un peu mieux, comme s'il avait eu besoin de faire ça pour pouvoir penser correctement. Il parcourut lentement la grande allée qui séparait la table des Serpentards de celle des Poufsouffles, frôlant le bois moisi du bout des doigts au passage. Un silence d'une grande rareté régnait en ces lieux, et cela l'apaisa. Rien n'avait été touché depuis la Grande Bataille Finale. Des plantes grimpantes s'étaient insinuées entre les pierres des murs, des fleurs et de l'herbe avaient même poussé par terre à certains endroits. Des grands drapeaux représentant les différentes Maisons ne restaient que de longs lambeaux délavés et le ciel magiquement animé semblait avoir été bloqué sur l'aube. L'aube… Symbole de renaissance et de vie, comme celle qu'il avait fallu reconstruire après la Guerre. De nombreuses familles avaient été détruites, brisées, mais tout avait été mis en œuvre pour les aider, à la mort du Seigneur des Ténèbres. Et comme ces fleurs blanches qui recouvraient les dalles froides par milliers, l'espoir était revenu doucement, les gens avaient de nouveau su respirer, vivre sans cette crainte permanente de la perte d'un être cher.
Draco aimait vraiment cet endroit. Il y était retourné plusieurs fois, dont une avec Clémentine. Elle avait adoré les lieux, avait même pleuré devant le monument aux morts qui se dressait à la place de la table des professeurs. C'était une immense plaque de marbre blanc que deux statuts de vélanes semblaient soutenir. Elle était d'une beauté presque mystique et donnait aux lieux un caractère dramatiquement religieux. Draco s'en approcha et fit glisser ses doigts le long des innombrables noms qui la recouvraient. L'étrange paix qui occupait les lieux l'avait rendu immédiatement plus calme et posé. Il posa son front contre le marbre et ferma les yeux, se remémorant la scène du baiser avec Hermione. Pourquoi l'avait-elle rejeté ? Elle semblait pourtant avoir apprécié ce baiser, avoir apprécié même avant cela qu'il la prenne dans ses bras, qu'il la console et la protège… Il ne comprenait pas. D'autant plus qu'il avait clairement vu le bouleversement qui tirait les traits de son visage fin lorsqu'elle lui avait dit toutes ses choses qu'elle pensait de lui, et cela le troublait. Si cela lui faisait mal de le repousser pourquoi l'avait-elle fait ? Tout aurait été si simple si elle avait accepté de se laisser aller, comme lui l'avait fait… D'accord, il n'avait aucune idée de ce qu'ils seraient devenus par la suite, s'il aurait souhaité officialiser quoi que se soit avec Hermione, mais il avait tellement eu envie de ses lèvres en cet instant, qu'il avait sauté la case « Questions pièges ».
Qu'était-il supposé faire maintenant ? Plus rien ne serait pareil à présent. Il avait gâché cette fine amitié qui s'était établie entre eux et ne savait même pas si Hermione ne les quitterait pas…
oOoOoOoOoOoOoOo
Lorsque Blaise Zabini transplana dans le salon de son meilleur ami, qu'il n'avait pas vu depuis plus de deux semaines, il paniqua tout de suite en voyant l'état des lieux, craignant de maintenant comprendre pourquoi il n'avait eu de nouvelles de Draco. Tout avait été retourné, deux tables étaient cassées en deux, du verre parsemait le sol, des renfoncements dans les murs montraient qu'il y avait eu de la bagarre…
-DRAY ? cria le noir en essayant de se frayer un chemin à travers les décombres.
Il l'appela ainsi plusieurs fois en parcourant l'appartement, l'inquiétude s'insinuant en lui de plus en plus.
Il entendit soudain des pleurs provenant de la chambre de Clémentine.
Il se rua dans le couloir et jaillit comme une tornade dans la pièce, brandissant sa baguette, prêt à se battre. Il trouva juste une Clémentine assise dans son lit, pleurant à chaudes larmes. Il la prit dans ses bras après avoir rangé sa baguette, soulagé. Elle se calma presque aussitôt et se blottit contre lui, fourrant son pouce dans sa bouche. Blaise n'en resta cependant pas moins mort d'inquiétude.
-Mais qu'est ce que c'est que ce bordel ma chérie ? Tu m'expliques… ?
La petite se contenta de grogner, l'air chiffonné et mal luné.
Il décida de faire manger la petite qui semblait affamée, vue la façon dont elle suçait son pouce.
Il lança quelques sorts de sa main libre et fit chauffer le biberon qu'il donna enfin à Clémentine qui se jeta avidement dessus en poussant des grognements satisfaits. Tout en la nourrissant, il jeta un regard circulaire dans la partie du salon qu'il pouvait voir de la cuisine. Ses yeux s'attardèrent sur un renfoncement dans le mur qui devait être la conséquence d'un choc très violent. Que s'était-il donc passé ici ? Où était Draco ? Où était Hermione ? Etaient-ils tous les deux morts ? Avaient-ils été enlevés ? Pourquoi Clémentine avait-elle été laissée seule dans l'appartement ? Il n'avait de réponse pour aucune de ces questions et il dut faire appel à tout son self-control pour ne pas paniquer comme une jeune fille. Il fallait qu'il agisse. Mais comment ? Il ne savait absolument pas ce qu'il devait faire… Il céda alors à l'une des tendances les plus communes de la condition masculine, celle qui consistait à s'en remettre aux femmes. Il se dirigea vers l'entrée pour passer un coup de fil à Pansy.
Il pila soudain dans le couloir, cessant de respirer. Même Clémentine sembla avoir compris que le moindre bruit était nuisible et cessa de téter son biberon.
Blaise avait entendu un bruit. Un bout de bois tombant par terre ou quelque chose dans le genre. Il tendit l'oreille pendant quelques secondes, guettant le moindre autre bruit qui pourrait le guider. Un autre raclement se fit entendre. Il dégaina sa baguette et serra davantage Clémentine contre lui.
Il traversa le couloir, s'arrêta. Un gémissement faible et presque inaudible perça le silence. Ca venait de l'ancien atelier de Clémentine. Blaise colla son oreille à la porte mais n'entendit rien. Aussi décida-t-il d'entrer, ouvrant la porte très lentement et pointant sa baguette devant lui.
L'atelier, qui était devenu une chambre –celle d'Hermione pensa-t-il tout de suite- était dans le même état que le salon. Tout avait été retourné, un des rideaux avait été arraché et la tringle pendait lamentablement, prête à tomber à tout moment. Le lit était lui aussi dans un piteux état. Le matelas avait été arraché sauvagement, comme si un loup-garou l'avait pris pour une femelle et mère potentielle pour sa descendance. Les plumes des oreillers frémissaient encore et les draps –ce qu'il en restait du moins- étaient ensanglantés.
Blaise déglutit péniblement et pénétra lentement dans la pièce regardant farouchement derrière lui toutes les cinq secondes pour vérifier que rien ne jaillirait sur lui par derrière. Un gémissement se fit entendre à nouveau.
-D… Drake ?bafouilla-t-il, légèrement effrayé.
Clémentine se mit soudain à gigoter dans ses bras en couinant. Elle tendait les bras vers un tas de tissus qui devait être le rideau tombé et essayait de se libérer de son emprise. Ne sachant trop que faire, il la posa par terre et la laissa s'avancer à quatre pattes. Il la suivit de près, prêt à lancer le moindre sort pour la protéger.
De ses petites mains maladroites, elle farfouilla dans le tas de tissus en poussant de petits cris curieux. Il poussa soudain un cri quand il vit que les doigts de Clémentine étaient couverts de sang. Il l'écarta et souleva le drap précipitamment.
Il tomba en arrière en jurant. Dans l'enchevêtrement de tissus était recroquevillée Hermione, couverte de sang, de poussière et de plumes. Ses yeux étaient à demi clos et elle respirait trop faiblement. Elle serrait contre elle sa main blessée d'où coulait le sang à flots.
Reprenant un peu ses esprits que l'horreur avait troublés, il s'avança vers elle et l'allongea sur le dos. Elle gémit à ce simple mouvement et sembla prête à s'évanouir.
Il prit son visage entre ses mains.
-Hermione… Que s'est-il passé ? Où est Draco ? Qui a fait ça ? Hermione !
Ses yeux révulsés lui firent comprendre qu'il n'obtiendrait pas de réponse d'elle pour l'instant. Il fallait qu'il la soigne. Il la prit dans ses bras et se releva. Il courut presque vers la chambre de Draco où il l'allongea sur le lit. Il repartit ensuite chercher Clémentine pour la mettre dans son lit, à l'abri des éclats de verre et autres qui auraient pu la blesser. Elle ne protesta pas et resta assise dans son lit.
Il s'engouffra dans la salle de bain et retourna les tiroirs et les placards pour trouver de quoi désinfecter toutes les plaies. Il trouva également un stock de potions qui lui seraient sûrement bien utiles. Muni de l'équipement requis, il retourna auprès d'Hermione et s'évertua à lui redonner vie, à coup de compresse, de sorts et de potions. Il la conduisit ensuite dans la salle de bains et la lava. Cette situation, il l'avait déjà vécue quelques mois auparavant, sauf qu'Hermione était dans un état encore plus grave que la dernière fois. Une fois qu'elle fut dans un état plus appréciable, lavée, recouverte de pansement et bordées, il s'autorisa une minute pour souffler.
Il s'assit dans la cuisine et se prit la tête entre les mains.
Il avait affreusement peur. Pour son ami, pour Hermione qui dormait peut être un peu trop profondément pour que ce soit normal, pour Clémentine qui s'était, depuis une heure, rendormie. Il soupira et regarda l'horloge.
Minuit et demi.
Une heure qu'il avait trouvé Hermione dans un état critique.
Où était Draco ? Il fallait absolument qu'il questionne Hermione.
Il se servit un verre de gin qu'il avala d'une traite pour se donner du courage et retourna dans la chambre où se trouvait Hermione.
oOoOoOoOoOoOoOo
Draco était allongé de tout son long sur la table sur laquelle mangeaient autrefois les Serpentards. Cela faisait maintenant plus de deux heures et demi qu'il était parti et il n'avait toujours pas trouvé que dire à Hermione pour se faire pardonner. Il avait mal agi, il en convenait. Mais il ne comprenait pas Hermione. Jouait-elle avec lui ?
Il avait éloigné cette hypothèse, sachant que ce n'était pas le genre de la petite Gryffy, mais il à présent il était tellement désappointé qu'il en venait à y croire. Il n'y avait pas d'autre explication.
Pourtant…
Pourtant il restait intimement convaincu qu'il avait autre chose là-dessous. Il se repassa la scène mentalement, une fois encore, pour voir quelque chose qu'il aurait raté.
Ce baiser ne signifiait pourtant pas grand-chose. Pourquoi l'avoir rejeté ? Ce n'était pas comme s'il lui avait fait une déclaration d'amour… Loin de là. Peut être avait-elle était effrayée que ce fût le cas.
Ou peut être cela avait-il un rapport avec l'étrange lien qu'il avait découvert un peu plus tôt ? Peut être lui avait-il à nouveau fait du mal en l'embrassant ? Il ne préféra même pas commencer à réfléchir à propos de ce fameux lien, mystère bien trop lourd à résoudre pour ce soir. Mais il ne comptait pas en rester là. Il allait bien tôt ou tard savoir ce qu'il se passe.
Et il était persuadé qu'Hermione pourrait lui donner la réponse car elle savait, elle.
Il grogna de frustration. Il aurait voulu des réponses. Tout de suite.
oOoOoOoOoOoOoOo
-C'est ton mec qui a fait ça ? Il est revenu, il a tout cassé et il a embarqué Draco pour lui casser la gueule, c'est ça ?
-Non…
-Mais alors QUOI ?!
Cela faisait vingt bonnes minutes qu'il tentait de soutirer des informations à Hermione, qui restait stoïque et n'ouvrait la bouche que pour un bref « non » ou encore « pas du tout ». Il en avait assez. Elle cachait quelque chose, et était prête à le laisser mariner pendant des heures pour ne pas avoir à lui raconter la vérité. Mais c'était mal le connaître. Il ne fallait pas oublier qu'il avait été Mangemort, et que faire parler quelqu'un était dans ses cordes. Il savait frapper là où ca faisait mal avec les mots. Il prit violemment les poignets d'Hermione qui était redressée dans le lit et contemplait le vide devant elle, l'œil vitreux et fatigué.
Il approcha son visage à seulement quelques centimètres de celui de la jeune femme et planta son regard dans le sien.
-Parle Hermione ! Tu n'espères quand même pas que je vais passer sur l'affaire une nouvelle fois ?! Ce n'est pas possible que tu te sois fait tout ça toute seule ! Qui protèges-tu ? Pourquoi le fais-tu ? Ce salaud ne mérite pas ton amour ! Il mérite seulement que je tienne sa vie entre mes mains et que je l'écrase entre mes doigts cette vie, putain ! Que ca coule le long de mes phalanges et qu'il souffre le martyr !
Elle eut l'air un peu horrifié par cette description plus qu'inutile de cette scène de torture de son prétendu « mec ». Si Blaise savait qu'il avait précisément posé le doigt sur le problème en disant qu'elle n'avait pas pu s'infliger cela toute seule ! Preuve que ce qui lui arrivait n'était vraiment pas croyable.
Il pensait peut être qu'elle allait lâcher le morceau, mais il se trompait. Pour rien au monde elle ne l'aurait révélé à quiconque. Ginny ne le savait pas elle-même, alors Blaise Zabini pouvait toujours courir !
Elle détacha son regard du sien et le colla sur le mur en face d'elle, de la manière la plus insolente qu'il soit.
Il se leva en rugissant et donna un coup de pied dans la petite table de chevet qui se tenait près du lit. Elle et son contenu volèrent en éclats. Hermione protégea son visage déjà bien assez amoché comme ça et le regarda avec fureur.
-Ce n'est pas en détruisant un peu plus l'appartement que tu me feras parler. Il faut que je range avant qu'il revienne.
Elle avait simplement dit à Blaise que Draco était parti suite à une dispute qui avait éclaté entre eux. Ce qui n'était pas forcément faux d'ailleurs…
-Pourquoi ? Tu ne veux pas qu'il sache qu'un inconnu s'est introduit chez lui en son absence ? Tu as des choses à te reprocher vis-à-vis de lui, Granger ? Et si je t'empêchais de ranger pour qu'il puisse voir l'étendue des dégâts, tu penses qu'il serait content… ? Moi je crois que oui. Il sera content d'apprendre qu'il ne faut plus que tu restes ici puisque tu nuis à la sécurité de sa fille en laissant rentrer quelqu'un pendant que Draco a le dos tourné !
Les yeux d'Hermione s'agrandirent de frayeur. Il sut qu'il avait touché quelque chose, il ne savait pas quoi exactement mais il fallait qu'il continue ainsi. Elle allait bien finir par parler ! Il enchaîna.
-C'est d'ailleurs ce que je vais faire. On va laisser l'appartement tel qu'il est, histoire que Draco puisse voir à quel point tu prends soin de sa fille. Tiens, je pourrais même la maquiller un peu, pour qu'il pense qu'elle aussi a été violentée… Pas une mauvaise idée ça…
C'en fut trop pour Hermione qui se leva comme une furie et se jeta sur Blaise pour le frapper de toutes ses maigres forces. Il la maîtrisa sans difficulté et la maintint serrée contre lui pour avoir son regard bien ancré dans le sien. Son ton se fit cependant plus humain que précédemment.
-De quoi as-tu peur Hermione ? Pourquoi ne pas dire la vérité ? Tout serait tellement plus simple…
Elle se débattit comme elle put mais, faisant un faux mouvement, se tordit de douleur à cause de ses blessures qui n'étaient pas tout à fait guéries. Elle s'écroula contre lui en gémissant.
Lorsqu'il la sentit sangloter silencieusement contre lui, il se radoucit tout de suite et allégea son emprise sur elle.
-Tu ne peux plus fuir maintenant Hermione… Il faut que tu me dises la vérité. Je fais ca pour t'aider… Tu ne pourras pas toujours vivre ainsi. Il y aura un jour où tu ne te relèveras pas, tu le sais…
Elle s'accrocha à lui, laissant alors libre cours à ses pleurs. La serrant contre lui, il la reconduit à son lit et l'aida à s'y assoir. Après quelques minutes, il s'écarta d'elle et la fixa, attendant qu'elle parle. Car elle allait parler, il le voyait dans ses yeux.
oOoOoOoOoOoOoOo
Draco consulta sa montre.
1h45.
Il se promenait au bord du lac depuis maintenant une demi-heure et ses pensées s'étaient clarifiées. Il se demanda ce que pouvait bien faire Hermione en cet instant. Dormait-elle ? Etait-elle comme lui complètement perdue ?
Il était inquiet. Il espérait qu'elle ne soit pas partie aussi, laissant Clémentine toute seule dans l'appartement.
Il se doutait qu'elle n'aurait jamais fait ça, mais tout était tellement étrange chez cette fille qu'il n'était plus sûr de rien. Peut être avait-elle recontacté ce type violent… Il ne savait pas.
Il fallait qu'il rentre. Mais pas tout de suite. Il voulait profiter encore un peu de la paix qui régnait dans ces lieux, attendre peut être aussi que la réponse à tous ces mystères se présente à lui soudain, comme par magie.
Comme par magie, hin hin…
oOoOoOoOoOoOoOo
Blaise se recula légèrement, contemplant Hermione avec effarement.
-Tu… Tu veux dire que tu es torturée par ta magie quand elle n'est pas satisfaite de tes faits et gestes envers Draco … ?
Hermione hocha douloureusement de la tête et n'osa pas croiser le regard de Blaise. Elle se sentait un peu bête de raconter sa vie à cet homme qu'elle avait toujours profondément méprisé. Et pourtant… Ca lui faisait un bien fou. C'était la première fois qu'elle en parlait, même à haute voix, et mettre vraiment des mots sur ce qu'elle vivait rendait cela plus facile à... Assumer. Elle n'arrivait pas à arrêter de pleurer. Ses larmes coulaient toutes seules alors qu'elle raconter tout à Blaise, absolument tout. Depuis le début.
Il était choqué, c'était certain. Mais il la croyait, elle le voyait dans ses yeux.
-Et depuis combien de temps vis-tu avec ce… Fardeau ?
-Dix ans cette année.
Blaise enfouit son visage dans ses mains en soufflant.
-Putain Hermione… Pourquoi n'as-tu rien fait pour lui faire comprendre ? Tu aurais pu t'en sortir autrement qu'en te laissant dévorer par ce truc sans rien faire !
Elle baissa un peu plus la tête, consciente qu'il avait parfaitement raison. Mais qu'y pouvait-elle ? Elle ne pouvait tout de même pas forcer Draco à l'aimait. D'autant qu'il ne se remettrait sans doute jamais de la mort de sa femme…
Elle gémit, les larmes coulant de plus belle.
Blaise passa son bras autour de ses épaules et elle laissa sa tête tomber contre son torse chaud.
-Ca va aller Hermione… Je… Je vais t'aider. Tu n'es plus seule à présent.
Il avait un peu hésité à lui dire qu'il l'aiderait, non pas parce qu'il était censé la détester mais plutôt parce qu'il n'avait pas la moindre idée pour ce faire.
-Tu devrais dormir maintenant… Je vais attendre que Draco rentre pour partir.
Hermione leva alors vers lui des yeux paniqués.
-Il ne faut pas qu'il sache Blaise ! Il ne faut pas !
-Ne t'inquiète pas, je vais remettre l'appartement en état.
-Mais Blaise… Mon visage ! Mon corps ! Il ne pourra pas ne pas voir qu'il est arrivé quelque chose !
Blaise la contempla quelques secondes, essayant d'imaginer comment il pourrait camoufler ces bleus et ces blessures. C'était tout bonnement impossible.
Il laissa Hermione seule sur le lit et commença à faire les cent pas dans la chambre. Elle le suivit des yeux, trop désespérée pour faire autre chose, et surtout penser. Blaise marmonnait des choses incompréhensibles, semblant vraiment plongé dans sa réflexion.
-Bon…
Il revint vers elle.
-Oui ?
-Je n'ai trouvé qu'une solution et elle est un peu tirée par les cheveux, mais je pense que c'est la seule qui puisse marcher.
Hermione redouta le pire. Elle n'avait pas envie de mentir à Draco.
-J'ai une maison sur la côte d'Azur, près de Cannes. Pansy et moi y partons la semaine prochaine avec les enfants pour les vacances…
-Et… ?
-Je te propose que nous y allions ce soir, avec Clémentine. Je laisserai un mot pour Drake en lui disant de nous rejoindre à la fin de la semaine quand il sera en vacances. D'ici là, avec les potions et l'efficacité de Pansy, ton visage sera comme neuf. Je lui dirai que j'étais passé ce soir pour vous proposer et que comme tu avais l'air fatigué et énervé, je t'ai proposé de venir maintenant…
Hermione réfléchit quelques minutes à cette option qui s'offrait à elle. Elle ne trouva rien à redire, c'était simple et sans risque. A part bien sûr la colère de Draco, elle ne voyait pas de problème.
-Ca me va… On partirait là, tout de suite ?
-Le temps que tu prépares vos valises et que je remette l'appartement debout…
Elle acquiesça vivement et se leva, prête à s'occuper des affaires. Ce plan lui plaisait bien en fait. Non seulement il n'y avait pas de mensonge mais en plus un petit séjour au bord de la mer lui ferait le plus grand bien. L'air marin avait le don de lui vider l'esprit assez efficacement.
Blaise se rendit dans le salon où elle l'entendit jeter de nombreux sorts. Elle se mit elle aussi au travail et se rendit dans sa chambre pour rassembler le nécessaire. Elle contempla quelques secondes le carnage qu'elle avait fait. Sa magie n'y était vraiment pas allée de main morte. Et comment avait-elle fait pour arracher ainsi le papier peint ?!
Elle eut vite fait de prendre quelques vêtements et se dirigea ensuite vers la chambre de Clémentine. Celle-ci n'apprécierait sûrement pas d'être de nouveau réveillée dans la nuit, mais elle y était contrainte. Elle prépara le sac de la petite, tâchant de la laisser dormir le plus longtemps possible.
Elle avait encore mal partout, avait un peu de mal à bouger ses bras, qui, un peu plus tôt, étaient tous les deux fracturés assez sévèrement. Mais elle était pressée de partir, de pouvoir respirer un peu. Elle s'était vue devoir expliquer ses blessures et l'état des lieux à Draco, et cela lui fichait un peur bleue. Elle songea que jamais elle n'en serait capable et cela lui serra un peu le cœur. En ne disant rien, elle sacrifiait sûrement le peu de chance qu'elle avait d'un jour connaître le bonheur…
Elle secoua la tête. Ce n'était pas le moment de songer à cela. Elle devait se dépêcher.
Lorsqu'elle eut enfin fini de rassembler leurs affaires, elle les posa dans l'entrée et partit réveiller Clémentine, pendant que Blaise fignolait ses réparations. Il avait vraiment fait du bon travail. L'appartement paraissait presque en meilleur état qu'avant le passage de la « tempête ». Elle ne se souvenait pas d'un tel talent à Poudlard.
Clémentine dormait à poings fermés et Hermione la réveilla la mort dans l'âme. Elle ne dit rien, ouvrant seulement ses grands yeux verts plein d'incompréhension. Elle s'accrocha à l'épaule de la brune et fourra son pouce dans sa bouche en jetant des regards inquiets autour d'elle. Blaise les attendait dans l'entrée et sourit à Hermione lorsqu'elle le rejoint. Elle lui rendit son sourire, un peu anxieuse mais surtout reconnaissante. Il lui tendit une main qu'elle prit en hésitant un millième de seconde et attendit qu'elle hoche de la tête pour les faire transplaner. Elle resserra son étreinte sur Clémentine avant de disparaître dans un « pop », leurs bagages disparaissant en même temps.
La villa de vacances de Blaise était de loin le plus bel endroit qu'Hermione ait jamais vu après Poudlard. Tout n'était que blanc et propreté. Ils étaient arrivés dans l'immense jardin qui encadrait la maison. Là se dressaient de gigantesques palmiers, de gros buissons garnis d'énormes fleurs aux couleurs étonnantes. Une herbe bien verte recouvrait le parterre, sillonnée par un sentier de dalles blanches qui conduisait à l'entrée. Celle-ci était certes imposante, mais ce qui frappa le plus Hermione fut le parfum qui embaumait le petit hall. Elle leva les yeux et découvrit avec émerveillement que le plafond était en fait recouvert d'un chèvrefeuille grimpant duquel pendaient des dizaines de magnifiques fleurs blanches. Blaise ouvrit la porte et s'écarta pour la laisser passer avec la petite. C'était une villa typique du sud avec ses hauts plafonds et ses murs d'un blanc immaculé. La décoration restait très simple mais néanmoins admirables et tout respirait la fraîcheur et l'oisiveté. Hermione sentit que ce séjour ici allait lui faire le plus grand bien.
Blaise lui fit visiter brièvement la maison, affirmant qu'elle serait bien plus belle à découvrir avec la lumière du soleil. Il lui montra la chambre de Clémentine où il fit apparaître un lit d'enfant et elle s'occupa de la coucher car elle tombait de fatigue sur son épaule. Après avoir vérifié que tout était prêt pour que la petite fasse une bonne nuit, elle referma doucement la porte derrière elle et descendit pour rejoindre Blaise qui devait être en bas.
Elle ne le trouva pas et jugea qu'il devait être occupé à remettre la maison en route. Elle décida d'aller se coucher, le sommeil venant engourdir ses membres encore un peu douloureux. Elle pénétra doucement dans sa chambre, ne voulant pas troubler la tranquillité de cette pièce en faisant du bruit. Elle était absolument ravissante mais ce qui capta surtout l'attention d'Hermione fut l'immense baie vitrée qui donnait sur une petite terrasse. Religieusement, elle l'ouvrit et s'avança dans la fraîcheur de la nuit. Elle frissonna en découvrant la vue qu'offrait le balcon. La mer semblait s'étendre jusqu'en bas de la villa, ce qui était fort probable en fait, et la lune se reflétait sur elle telle un doux visage, veillant sur tendrement sur le monde aquatique. Hermione aurait pu rester ainsi des heures à contempler la légère ondulation des vagues, le ciel d'un noir d'encre ne se différenciant de la mer que par ses étoiles éparses que l'on voyait bien mieux d'ici que de Londres. Elle inspira plusieurs longues et délicieuses goulées d'air pur et des larmes d'émotion lui montèrent aux yeux. Elle adorait cet endroit.
Si elle avait su qu'elle se retrouverait ici même quelques heures plus tôt, la douleur que lui infligeait sa magie aurait presque était supportable. Elle pencha la tête en arrière et laissa ses yeux se perdre dans la voie lactée.
Où était son Prince en cet instant ?
oOoOoOoOoOoOoOo
Draco était assis sur un rocher au bord du lac. L'eau s'étendait devant lui à perte de vue, seulement éclairée par la lune.
Il frôla ses lèvres du bout des doigts, repensant à celles d'Hermione.
Il l'avait embrassée parce qu'il en avait envie.
Il l'avait embrassée parce qu'il voulait retrouver cette sensation qui lui manquait maintenant chaque minute depuis qu'il y avait goûté.
Il aurait cependant dû réfléchir aux conséquences que cet acte pourrait avoir. Il n'avait pas pensé à elle. Il avait pensé à lui en lui volant ce baiser. A lui et à son confort personnel. Il était égoïste. Et un parfait crétin aussi.
Il se leva en grognant, engourdi d'être resté ainsi pendant plusieurs longues minutes. Il était temps de rentrer et d'implorer le pardon. Enfin… Il implorerait le lendemain car il était presque trois heures du matin, et Hermione devait s'être rendormie. Il sortit sa baguette de sa poche et transplana, préparant déjà son petit discours d'excuses.
oOoOoOoOoOoOoOo
« Mon Draconichou,
Je suis désolé de t'écrire avant de m'enfuir comme un voleur, mais tu étais parti vagabonder on ne sait où et je n'avais pas le temps d'attendre ton retour. J'ai trouvé Hermione dans un état bien pitoyable après votre dispute, accablée par le remord. Non je déconne, je crois qu'elle est très fâchée contre toi...
Toujours est-il que je me suis dit qu'il serait bon pour elle et ta fille de respirer quelques temps le bon air marin. Aussi les ai-je emmenées toutes les deux sur la côte, où je te propose de nous rejoindre à la fin de la semaine, quand tu seras en vacances. Ne t'en fais pas, je prendrai bien soin d'elles et elles ne manqueront de rien.
Je pense que cela vous fera du bien à tous les deux de ne plus vous voir pendant quelques jours, histoire de faire un peu le point. D'après ce qu'elle m'a raconté, tu as agi en parfait gougeât, je te conseille donc de t'attendre à un sermon de la part de ma femme, que je mettrai bien évidemment au courant (juste pour que t'en baves un peu plus).
Sur ce, je t'embrasse sur les quatre joues, et te dis à samedi mon petit cœur en sucre !
Ton ami Blaise.
PS : Prend ton maillot de bain, il fait un temps splendide ! »
Draco sourit à la lecture du message qu'il trouva en arrivant. Celui-ci flotta encore quelques secondes dans les airs puis alla se poser sagement sur la table de la cuisine.
Draco s'affala sur le canapé et ferma les yeux. Blaise avait raison. Hermione serait sans doute dans de meilleures conditions pour lui pardonner après quelques jours au bord de la mer à profiter du soleil printanier.
Il jeta un regard circulaire dans le salon. C'était bien vide sans elle. Il s'attendait presque à la voir arriver avec deux grandes tasses de tisane et son livre coincé sous le bras, dans son pull à capuche bien trop grand pour elle. Elle s'installait toujours de l'autre côté du canapé, bien enfoncée dans le cuir confortable, pendant que lui, penché sur la table basse, corrigeait ses copies.
Draco fronça soudain les sourcils et regarda un peu les objets qui l'entouraient. C'était étrange…
Il était persuadé que quelque chose avait changé dans cette pièce, mais ne savait absolument pas mettre le doigt dessus…
Reviews mes amies ! :D
