Je tiens à remercier tous ceux qui suivent ma fic pour ce dixième chapitre, et Aelynelle en particulier pour son soutien :) merci !

Chapitre X

- Tseng, des Turks.

- Exact, monsieur Crescent.

Elena, tenant toujours l'ex première classe en joue, tiqua qu'on l'ignore de la sorte. Un regard de son supérieur lui interdit d'intervenir.

- Comme si ça ne suffisait pas, maugréa Cloud.

- Je ne me serais jamais douté qu'il vienne ici, commenta Elena, incapable de retenir sa langue plus longtemps.

Tseng ne releva pas, mais il s'avança et contourna prudemment Séphiroth. Celui-ci ne le lâchait pas des yeux.

- La panique est une chose aisée à apercevoir. D'autant que d'ordinaire, elle touche toute une foule. Elena et moi avons accouru par ici et devinez qui nous avons vu… vous.

Séphiroth se garda bien de répondre, mais la lueur de crainte dans ses prunelles ne fit nullement baisser la garde de Tseng. L'utaïen était le stoïcisme même.

- Savez vous pourquoi vous êtes ici ? poursuivit-il.

- Non.

Ils se sondèrent mutuellement du regard, et, alors qu'Elena voulait de nouveau intervenir, Tifa la coupa aussitôt :

- Tseng… nous ne comprenons pas…

- Lui non plus, déclara la jeune Turk.

- Et pas plus que nous, trancha son collègue. Quoique, le Prési… monsieur Shinra a déjà une petite idée à ce sujet. Baisse ton arme, Elena.

- Mais…

- Séphiroth Crescent n'est que l'ombre de lui-même, bien qu'il l'ignore.

Le regard de Tseng avait quelque chose d'acéré et de terriblement dur qui blessait l'ancien Soldat comme un dard. Malgré cela, il le soutenait. Il ne détournerait pas les yeux devant un chien de la Shinra.

N'en avait-il pas été un lui-même ? C'est ce qu'il préférait ignorer.

- Eh, Tseng…

Cloud n'avait pas relâché son arme, et ses mâchoires étaient si serrées qu'il articulait à peine ses mots.

- Cloud ?

- Je… le tuerai encore.

- Allons. Il est incapable de lever une épée, en ce moment.

- Ne parlez pas de moi comme si j'étais absent, gronda alors Séphiroth, et, s'adressant à Cloud : J'ignore ce qu'il s'est passé, Cloud Strife, pour que tu me haïsse de la sorte… mais je te demanderai de m'accorder ta pitié. Pour un temps, du moins.

- Certainement pas. Tu n'as jamais eu de pitié pour quiconque.

Cette expression de vulnérabilité irritait tant le jeune homme qu'il dut se faire violence pour ne pas se jeter sur son ennemi et le frapper. Il se détourna résolument et s'éloigna à grands pas. Nul ne chercha à le retenir, Tifa plus que quiconque. Elle demeurait interdite, partagée entre la surprise et la pitié.

- Cela a un rapport avec les enfants, n'est-ce pas ?

Tseng tiqua il détourna son regard de Séphiroth pour le poser sur elle, moins d'une seconde.

- Non. Les raisons de Rufus Shinra sont purement…

- Affectives ? proposa Elena.

- Personnelles, corrigea-t-il. S'ils avaient le pouvoir et la volonté de ramener quelqu'un à la vie, il s'agirait de leur mère.

- Peut-être qu'ils seraient contents de le revoir, quand même ! C'est une espèce d'oncle, non ?

- De qui parlez-vous ? demanda Séphiroth d'une voix blanche.

Tseng ne répondit pas. Il venait de gratifié Elena d'un regard plus clair qu'à l'ordinaire.

- Une idée à soumettre au patron, ma chère…

Elena rougit violemment, et elle reporta aussitôt son émotion vers Séphiroth.

- En parlant du patron ! Allez, venez avec nous. Il sera ravi de vous voir !

Etrangement, Tifa se sentit à cœur d'intervenir. Elle s'avança à demi, et déjà Tseng se tournait vers elle… mais qu'est-ce qui lui prenait ? Que dirait-elle ? pourquoi intervenir en la faveur… de Séphiroth, le Cauchemar ?

Séphiroth nota sa réaction, et, un instant, leurs regards se croisèrent. Tifa en fut suffoquée ce n'était en rien l'homme qu'ils avaient combattus, des années auparavant, ce n'était pas non plus l'homme qui avait froidement tué son père… elle ne parvenait plus à le haïr, lorsqu'il l'implorait presque avec ces yeux-là. Il paraissait perdu.

Pourtant, elle ne bougea pas. Séphiroth se détourna, voyant son mince et dernier espoir s'évaporer, et il n'eut d'autre choix que de suivre les Turks.

La jeune femme demeura immobile jusqu'à ce que Tseng referme la porte derrière lui, non sans lui avoir un dernier regard, qu'elle ne put déchiffrer. Elle dut se retenir au comptoir pour ne pas se laisser tomber, et attrapa, en se penchant, la première bouteille d'alcool qui lui tombait sous la main. Elle s'en versa dans un verre et avala une rasade, ensuite de quoi elle se prit à songer. Peine perdue, car il y avait bien trop de facteurs inconnus pour qu'elle puisse comprendre ce que Séphiroth, métamorphosé –ou exorcisé- faisait ici, à Midgar, amnésique, et aussi… jeune. Elle ne trouva pas d'autre mot, il ne paraissait pas avoir plus de vingt cinq ans, ce qui était exactement l'âge de Cloud. Où cela allait-il bien les mener ?

- Cloud ?

Le jeune homme venait de passer en trombe, et il ignora son appel. Un instant plus tard, elle entendit le vrombissement de Fenrir. Elle se raidit, et se précipita à l'extérieur :

- Non ! Arrête…

Seul un panache de poussière l'attendait à l'extérieur mais, contrairement à ce qu'elle pensait, c'était vers les collines qu'il se dirigeait.