C'est avec une émotion toute particulière que je vous laisse avec l'épilogue de The Full Home. Une écriture longue de plus d'un an... beaucoup de longues pauses, ça n'était pas facile. Non seulement parce que je l'écrivais dans des conditions où je n'étais pas forcément bien, mais aussi parce que c'est une réelle autobiographie sur ce que j'ai pu traverser. J'espère de tout cœur que la lecture vous aura plu et que cet épilogue remplisse vos petits cœurs d'amour et de soulagement.
Prenez soin de vous!
ENJOY
L'heure du déjeuner allait sonner, et les locataires du 221B Baker Street venaient à peine de se lever. Mrs. Hudson leur indétrônable logeuse s'apprêtait à leur monter de quoi se restaurer en cette belle journée de printemps. Malheureusement elle fut dérangée par la sonnette de l'entrée. Elle s'y rendit immédiatement. Une charmante jeune femme se présenta à elle comme étant Elena Fisher. Elle allait être une nouvelle enquête pour le détective et son bloggeur. Martha l'invita à la suivre dans l'appartement des deux hommes. Elle leur servit le thé et les biscuits qu'elle avait préparé le matin même. Sans demander son reste, elle repartie aussitôt dans sa cuisine, les laissant travailler.
Sherlock ne dit pas un mot. Telle était désormais son habitude. John s'occupait de poser les questions, et il s'occupait d'analyser les réponses. Ils étaient si rodées par les mécanismes qu'ils n'avaient même pas prêté attention à leurs accoutrements. Effectivement, tout deux sortaient à peine de leur chambre et avait revêtit leurs peignoirs respectifs. C'est dans le plus simple pareil à un détail prêt qu'ils commencèrent leur investigation.
« Et vous dîtes que cela fait une semaine qu'il n'est pas rentré ? Demanda John.
- C'est exacte, Dr. Watson. Je m'inquiète, je me pose beaucoup de questions à son sujet, répondit la jeune Elena Fisher.
- Il est normal que vous vous posiez des questions au bout de six mois de mariage avec cet homme. Quand vous êtes-vous rendue compte de son alcoolisme ?
- Comment…
- Il y a dix sept jours, si je ne me trompe pas. Les tâches d'alcool sur votre chemisier ne trompent pas. Celles de café non plus, ainsi que vos cernes. J'ose espérer que sous vos habits bien trop serrés, aucun bleu ne peut être observé.
- Mon mari n'est pas violent ! Comment osez-vous ?!
- Mme. Fisher, permettez-moi de vous poser cette question : il y a-t-il un élément déclencheur à son récent abus d'alcool ? Peut-être traîne-t-il dans les bars…
- Excellente déduction John ! Se réjouit Sherlock, tout sourire. Votre mari a visiblement perdu son travail, quant à vos vêtements trop petits pour vous, j'en conclu que vous devez avoir un quelconque crédit à payer, sans doute une maison à la campagne à en juger par la boue qui se trouve sur vos bottines datant de la saison dernière. Rongé par la honte, Mr. Fisher s'est enfermé dans l'alcool, ne retrouvant pas de travail. Un peu de recherche de votre côté quant aux différents bars pouvant se trouver dans un rayon de cinq kilomètres autour de votre maison devrait suffire à le retrouver.
- Mr. Holmes… »
Alors que Sherlock s'apprêtait à renvoyer leur charmante cliente, on toqua à la porte. Laissant le détective conclure son enquête, John se rendit à l'entrée afin de voir qui pouvait bien les déranger à un tel moment, et éventuellement avoir un mot avec Mrs. Hudson qui avait reçu pour ordre de ne laisser monter personne lorsqu'ils étaient sur une affaire.
John ouvrit la porte d'un geste vif et assuré. Son regard alors à hauteur, se baissa légèrement pour découvrir une petite tête blonde aux cheveux bouclés. Ses jambes se dérobèrent sous son poids, il tomba à genoux devant l'enfant qui se tenait face à lui. Le regard vide, larmoyant. Il n'entendit pas son compagnon le rejoindre à grandes enjambées. Ce dernier n'en cru pas ses yeux, sa ride du lion apparût presque instantanément en entendant dans l'appartement du dessous des voix familières.
« Bonjour Papa, tu te souviens de moi ? Demanda finalement Rosie. »
Le sang de Sherlock ne fit qu'un tour, venait-il réellement d'entendre cet accent ? Il ne lui fallu que quelques secondes pour se retrouver chez Mrs. Hudson qui accueillait avec une joie toute particulière les parents du jeune détective.
Ils ne nous ont pas fait ça quand même ? Ils n'auraient pas osé nous l'enlever ? Peu importe la raison ! Mes propres parents ! Ils n'auraient pas pu ! Pourquoi ? Comment ?Ai-je été à ce point aveugle ?!
La voix calme, posée, grave, le regard profond, d'un noir encore inédit fixa les parents de Sherlock.
« Comment avez-vous pu ? Comment avez-vous osé ?
- Sherlock, mon chéri, tu ne comprends pas…
- Et que devrais-je comprendre, très chère mère ?
- Sherlock ne prend pas cet air odieux avec ta maman s'il te plaît !
- Vous nous avez retiré ce qui comptait le plus au monde pendant cinq ans ! Cinq ans de psy, cinq ans d'alcoolisme ! Explosa-t-il. Cinq ans de destruction, termina-t-il.
- Cinq ans pour vous reconstruire, pour retrouver un équilibre digne d'un foyer, digne d'une famille, tonna la voix de Mycroft qui venait d'entrer dans son dos. Bonjour, Sherlock.
- Espèce de fumier.. Comment as-tu pu ?! Cria-t-il pendant que la jointure de ses poings voyait blanc.
- Voyons petit frère, tu ne pensais pas que j'allais vous laisser vous détruire sous les yeux de Rosie ? Quel oncle aurais-je fait ! »
Mais le sourire qu'arborait Mycroft se crispa en une douloureuse grimace après que son jeune frère lui ait asséné un coup de poing mémorable en plein visage. Si fort que Sherlock du secouer cette dernière afin de retrouver ses sensations. Ses yeux s'embuèrent, puis laissèrent couler les larmes qu'il retenait depuis tant d'années désormais. Il ne comprenait pas. Il ne voulait sans doute pas comprendre. Son corps entier tremblait d'une rage incontrôlable. Pourtant à l'étage, son homme et futur époux serrait dans ses bras la prunelle de ses yeux. John n'en avait que faire des pourquoi et des comment, il savourait simplement l'étreinte de sa fille. Son visage se couvrait de larmes incessantes, glissantes sur son sourire radieux, telle l'eau ruisselante sur la roche érodée. Le sentiment indescriptible qui l'habitait le fit reculer l'espace d'un instant afin d'observer le visage angélique de sa fille. Son sourire si imposant semblait rendre mal à l'aise la petite Rosie.
« Je suis désolée tu sais Papa…
- Ne le soit pas, ce n'est pas ta faute. Ce n'est rien mon ange, dit-il en déposant un baiser sur son front. Dis-moi plutôt, qu'elle est ta couleur préférée ? C'est toujours le rouge ?
- Comment…
- Un papa n'oublie jamais la couleur préférée de sa fille. Sourit-il à nouveau.
- Oui, mais Papy et Mamie ne veulent pas trop que j'en porte, ils disent que ça me donne un air méchante, baissa-t-elle la tête.
- Petite diablesse que tu dois être devenue… Regarde-moi ça, comme tu es devenue grande ! Dit Sherlock dans le dos de Rosie. Et vous, allez retrouver votre poivrot de mari qui doit être en train de faire la tournée des bars ! Fustigea-t-il la jeune Elena Fisher plantée au milieu du salon. »
John s'était relevé en voyant débarquer Sherlock dans l'escalier et laissa passer la jeune mariée, totalement perdue dans ce dédale d'émotions qui se jouaient dans l'immeuble. La chevelure rousse de leur cliente laissa apparaître un Sherlock au regard froid et dur. Mais le médecin savait que cela ne durerait pas. Il jeta un œil à son compagnon, tentant de l'apaiser.
« Combien de centimètres penses-tu qu'elle a pris, Honey ?
- Je dirais quarante centimètres et vingt deux kilos. Ce qui fait que tu mesures un mètre quarante cinq pour trente huit kilos.
- C'est exacte ! Répondit toute enjouée la petite fille. Tu sais P'pa, j'ai bien pris soin des abeilles avec Papy et Mamie dans le jardin ! On a fait pousser plein de fleurs pour qu'elles puissent manger…
- Oh Rosie… murmura Sherlock. »
Il s'abaissa afin de la prendre dans ses bras et la porter, enfouissant son nez dans ses bouclettes. La petite Watson l'entoura dans une étreinte des plus réconfortante qui soit. John vint les prendre contre lui aussi. Déposant ses lèvres tour à tour dans les bouclettes blondes et brunes qui s'offraient à lui. Sur le palier du 221B Baker Street, une famille s'était recomposée. Une famille s'était retrouvée après cinq ans. Une famille s'aimait enfin.
« Les abeilles ne se nourrissent pas des fleurs, mais du miel qu'elles en tirent… »
Un dernier petit mot, une review me ferait plus que plaisir, me ferait énormément de bien! Dis-moi comment tu envisages la suite pour Sherlock, John et Rosie, ce que tu penses de cette fin, si tu es surpris, si tu es choqué, si tu as versé ta larme, si tu as souris.. Donne-moi ton ressenti!
Qui sait, peut-être que d'ici quelques temps, tu auras une ou deux surprises à la suite de cet épilogue!
Merci d'avoir pris le temps de me lire!
