Réponses aux Non-Inscrits:
Guest: Les réponses ne sont pas pour maintenant et je sens que ce chapitre va te laisser sur ta faim ! Courage, tiens le coup! ;p
mia68: Bon, pour l'instant, Jared, préfère observer de loin mais les choses accélèrent dans le chapitre suivant, c'est promis. Là, Kim est encore dans le brouillard, la pauvre! ^^"
tia63: L'imprégnation va permettre à Jacob de continuer à traîner avec Kim, mais pas dans les meilleures conditions. Les parents de Kim complotent encore...
lili: Hihi, j'espère que ce chapitre te fera le même effet! ^^
Evangeline: Ce chapitre est beaucoup plus long ! Mais tu attendras encore la suite avec impatience, c'est une fin à suspense!
Je sais que mes réponses sont un peu rapides mais je fais tout pour accélérer la publication, car cet aprem et jusqu'à ce soir je ne serai pas en mesure de le faire. Bref, j'espère que ce chapitre vous plaira mais Jared n'y tient pas encore le rôle principal, j'avais encore d'autres intrigues à conduire. Ca s'arrangera dans le chapitre suivant!
J'espère que vous apprécierez quand même ma vision des choses!
BONNE LECTURE! ^^
X
ETONNEMENT
Kim bouquinait, tranquillement installée à une table de la bibliothèque, lorsqu'une main s'abattit sur son épaule. La jeune fille fit un bond sur sa chaise en poussant un petit cri de souris. Elle se retourna et vit Jacob, qui rigolait comme un bossu. Il vint s'asseoir en face d'elle.
« Arrête de te moquer de moi, veux-tu ! », lui intima l'adolescente, « Tu n'en as plus le droit puisque nous ne sommes plus amis ! », ajouta-t-elle, rancunière.
« Eh bien en fait… J'ai eu l'autorisation. »
« L'autorisation ? Votre petit « groupe » ressemble de plus en plus à une… En fait, j'hésite entre deux termes : secte et mafia. Lequel conviendrait le mieux, à ton avis ? »
« Ne sois pas comme ça, Kim… »
Le regard de Jacob s'était fait plus sérieux, il avait soudain reprit ses grands airs sombres et mystérieux, ceux qui allaient avec la montagne de muscles.
« Alors maintenant tu te fiches que je me mette en danger. »
Le jeune homme leva les yeux au ciel, exaspéré.
« Il se trouve que les choses ont changé : tu n'es plus en danger. »
« Ah oui, et en quel honneur ? »
« Disons que tu seras protégée quoi qu'il arrive. »
Kim trouva ces propos chevaleresques quelque peu surannés et fit de grands efforts pour ne pas éclater de rire.
« Par qui ? Par toi ? »
Jacob l'observa en silence.
« Quoi, tu ne veux pas me répondre ? »
Jacob demeura silencieux.
« Tu ne veux pas me répondre », en conclut Kim.
« Tu m'as dit que si nous redevenions amis tu ne chercherais pas à savoir ce qui se passe, je te rappelle. »
« Tu as raison », capitula l'adolescente, « je ne poserai plus de questions. »
« Dis-moi, comment ont réagi Paul et Jared quand tu leur as hurlé dessus ? » enchaîna Jacob.
« Ils ont dû tout te raconter, non ? »
« Je veux avoir ton point de vue. »
« Paul a essayé de m'intimider et il m'a menacée. Perdre les pédales pour si peu, c'est signe qu'en plus d'être l'idiot que j'ai toujours cru, il est complètement cinglé ! »
Jacob se racla la gorge, semble-t-il gêné.
« Et Jared ? »
« Il est resté là, à me regarder avec un air idiot », répondit Kim en faisant preuve d'une parfaite mauvaise foi. Elle s'était non seulement absorbée dans la contemplation de ses yeux chocolat, mais elle avait en plus trouvé le jeune homme… attirant. La jeune fille grimaça à cette pensée. Non mais qu'est-ce qui lui avait pris ?
« Ah… Mais… il t'a défendue contre Paul, non ? »
Kim haussa les épaules.
« C'était la moindre des choses. Quand on est ami avec un molosse enragé, on a la responsabilité de lui passer la muselière lorsqu'il se met à grogner. »
« Kim… », murmura Jacob, visiblement atterré.
« Ben quoi, tu voulais mon point de vue, non ? »
« Malheureusement oui. »
« Oh. On m'appelle, attends une minute. »
Kim sortit son portable de la poche de son jean et jeta un œil à l'écran.
« Tiens, Alice », s'étonna-t-elle.
« Alice comme dans Alice Cullen ? », s'enquit Jacob.
« Tu la connais ? »
« Si on veut… », répondit l'adolescent, « Tu ne devrais pas traîner avec… »
« Allô », le coupa Kim sans la moindre vergogne.
« Alors tu es de nouveau amie avec Jacob ? », attaqua son interlocutrice.
« Oui, ça a marché. Enfin ce n'est pas vraiment grâce à moi. Jacob a eu la permission. On le tient en laisse, tu comprends. »
Le concerné fronça les sourcils tandis qu'Alice, à l'autre bout du fil, était morte de rire.
« Très bien trouvé ! Je comprends pourquoi nous deviendrons amies. »
« Tu dis des choses étranges, le plus souvent, tu es au courant ? »
« Oui ! »
« Pourquoi m'appelles-tu ? »
« Pour m'assurer que tout avance comme prévu ! »
« Hein ? »
« Mission accomplie. Salut ! »
Avant que Kim ait pu dire « Ouf ! », Alice avait déjà raccroché.
« Tu ne devrais pas traîner avec les Cullen ! », intervint Jacob.
« Quoi ? Pourquoi ça ? »
« Tu sais très bien pourquoi… »
« Les légendes ? »
« Exactement ! »
« Ce sont des idioties, tu le sais aussi bien que moi, Jacob ! »
« Les Cullen ne sont pas…fréquentables, c'est tout ! »
« Toi non plus, je te signale, c'est toi-même qui me l'a dit », répliqua Kim. « Je ne suis plus quelqu'un de bien », le singea-t-elle en riant.
« Comme tu voudras… Au fait, j'ai un ami qui aurait besoin d'aide en histoire, tu accepterais de l'aider ? »
« Quel genre d'ami ? Tu as de mauvaises fréquentations, en ce moment… »
« Un ami, c'est tout. »
« Ne me prends pas pour une idiote ! Est-ce que c'est un membre de la mafia ? »
« Peut-être bien… »
« Alors c'est non ! »
« D'accord, j'aurais essayé... Sinon… j'organise une soirée chez moi vendredi soir. Tu es invitée, bien entendu. »
« Il y aura qui ? », s'enquit Kim, méfiante.
« Une bonne partie du lycée, les flyers commenceront à circuler dès demain. »
« Oh, alors je suis invitée en avant-première », s'écria Kim faussement flattée. « Je viendrai ! »
« Promis ? »
« Promis ! Alice m'a dit qu'il fallait que je sorte. »
« Kim, évite de parler d'elle en ma présence, s'il-te-plaît. »
« Et je peux parler d'Edward ? »
Jacob secoua la tête.
« De Carlisle ? »
Il secoua de nouveau la tête.
« D'Esmee ? »
Il secoua encore la tête.
« Compris ! Au fait, comment peux-tu être sûr que des gens vont se pointer à te fête ? A part moi et les membres de ta secte de bodybuildés, je veux dire. Tu n'es pas franchement populaire…»
« L'ancien Jacob ne l'était pas, mais le nouveau fait craquer toutes les filles ! »
« Vraiment ? », laissa échapper Kim, sceptique.
« Vraiment… », assura Jacob en lui adressant un sourire enjôleur plutôt réussi qui la fit rougir.
« Et tu n'as pas encore vu mes muscles », ajouta-t-il avec un clinc d'œil.
« Ils sont difficiles à louper, Jacob », lui fit remarquer Kim.
« Mais ils sont encore plus impressionnants sans vêtements… »
L'adolescente allait répliquer lorsque Jared déboula soudain dans la bibliothèque, visiblement furieux.
« Jacob, dehors, tout de suite ! »
Kim observa son ami obéir sans broncher, estomaquée. Elle ramassa rapidement ses affaires et les suivit à l'extérieur de la bibliothèque, curieuse de voir ce qui allait se passer. Paul et Embry attendaient les deux garçons de pied ferme, ce qui étonna la jeune fille. Elle fit mine de passer devant eux sans s'arrêter mais demeura dans les parages dans l'espoir de surprendre leur conversation. Ce fut peine perdue car Paul vint la rejoindre pour la menacer une nouvelle fois :
« Cesse de fourrer ton nez partout, Calbreen », lui murmura-t-il en la fixant bien dans les yeux.
« Je n'ai pas peur de toi, Lahote ! »
« Eh bien tu devrais ! » répondit-il avant de lui tourner le dos.
Un peu refroidie, Kim poursuivit son chemin en traitant mentalement Paul de tous les noms d'oiseaux qu'elle connaissait. Ce type lui fichait vraiment la frousse. Et s'il était l'homme de main de leur organisation criminelle ? Elle l'imaginait assez bien en tueur à gages.
Le jour suivant, la jeune fille fut heureuse de retrouver son Jacob. Celui qui était son ami avant tout. Elle ne l'en soupçonnait pas moins, comme le reste de l'école, d'être un mercenaire à la solde d'une mystérieuse organisation criminelle. Du coin de l'œil, Kim apercevait souvent le reste de sa bande de hors-la-loi qui semblait le surveiller de loin. Lorsque les deux amis déambulaient dans les couloirs en discutant tranquillement entre les cours – Kim évitant avec soin d'aborder les sujets qui fâchent – on pouvait être sûr que les trois autres n'étaient jamais bien loin. L'adolescente se demanda un temps s'ils surveillaient seulement Jacob ou s'ils la surveillaient elle aussi. Mais elle supposa bien vite qu'ils tenaient simplement à éviter que leur « collègue » ne laisse échapper quelque information relative à leurs activités illicites. Un doute demeurait cependant, un doute qu'elle s'efforçait d'ignorer : pourquoi avaient-ils pris la peine d'autoriser Jacob à la fréquenter si leur relation entraînait autant de complications ? Les risques à courir le valaient-ils vraiment ? Jacob prit même la peine de manger en compagnie de Kim, au grand étonnement de cette dernière, qui se préparait déjà à aller s'enterrer à la bibliothèque. Il ne la quittait plus d'une semelle, l'attendant à la sortie de chacun de ses cours. A la fin de la journée, la jeune fille commençait à se poser des questions. Elle avait la très nette impression de se déplacer en permanence avec un garde du corps (Jacob) et une escorte (les autres membres de la mafia).
Elle fut presque soulagée lorsqu'elle se retrouva enfin seule sur le chemin de chez elle. Jacob avait insisté lourdement pour la raccompagner, mais elle était parvenue – certes avec peine – à lui faire entendre raison. Cependant, elle n'était pas au bout de ses surprises. Sa mère lui envoya un SMS pour l'informer que son père et elle rentreraient tard : la jeune fille était donc censée se charger de préparer le dîner. Kim surveillait la cuisson de son omelette aux champignons lorsque ses parents firent leur apparition. Elle fut étonnée, en se retournant, de les voir arriver ensemble car ils étaient partis séparément le matin. Tous deux plantés sur le seuil de la cuisine, ils la couvaient d'un drôle de regard.
« Vous aviez quelque chose de prévu, après le travail ? », demanda-t-elle en reportant son attention sur la poêle brûlante.
« Un pot avec les collègues de ton père », répondit Mme Calbreen sans l'once d'une hésitation.
« Ah, d'accord ! C'est pourquoi vous êtes arrivés ensemble », se rassura Kim qui commençait déjà à échafauder les thèses les plus extravagantes.
Elle se retourna de nouveau et nota que son père avait disparu.
« Où est passé papa ? » s'exclama-t-elle.
« Il est sûrement là où l'on ne peut pas aller à sa place, ma chérie. »
« Ah. »
« Alors, des nouvelles de l'école ? Tu ne me dis pas grand-chose sur le lycée, ces derniers temps. »
« Non, pas vraiment. Rien de neuf. »
« Ah non ? », s'écria Mme Calbreen, littéralement estomaquée, « Tu en es sûre », insista-t-elle.
« Parfaitement », répondit Kim en posant un regard soupçonneux sur sa mère, « Que voulais-tu que je te dise ? Il n'y a eu ni alerte à la bombe, ni tremblement de terre, à ce que je sache ! »
« Mais euh… Tu ne t'es pas fait de nouveaux amis ? »
« Non. »
« Tu n'es pas…tombée amoureuse ? »
« Mais non, enfin ! » s'exclama Kim, agacée.
« Ce Paul et ce Jared dont tu nous as parlé, tu les trouves toujours aussi agaçants ? »
« Oh que oui ! Malheureusement… »
« Ah. »
Le silence s'installa, troublé uniquement par le bruit de crépitement qu'émettait la poêle chaude. Kim venait tout juste de retourner l'omelette lorsque son père revint.
« Désolés pour le retard, nous avons eu un rendez-vous à la banque qui ne pouvait pas attendre », déclara-t-il en prenant place à la table du petit-déjeuner.
Son adolescente de fille se figea soudain puis, lentement, se retourna.
« Un rendez-vous à la banque », répéta-t-elle. « Je ne savais pas que les banques ouvraient si tard. Ni que les entreprises y organisaient des pots… »
Prise en flagrant délit, Madame Calbreen avait baissé les yeux sur ses chaussures. Monsieur Calbreen affichait quant à lui un air paniqué et ouvrait et fermait la bouche sans mot dire. Kim lâcha sa spatule en bois qui tomba dans la poêle avec un bruit mat et sortit de la cuisine en ignorant royalement ses menteurs de parents. Elle ne les croisa pas le matin suivant mais, si ça avait été le cas, elle ne leur aurait pas adressé la parole. C'est l'humeur morose qu'elle quitta la maison, consciente qu'elle s'apprêtait à affronter une nouvelle journée emplie de mystères, de secrets, et de gens qui mentent. Face à tout cela, Kim ne pouvait que s'étonner, se méfier, douter et parfois bouder en guise de protestation. En somme, elle ne pouvait pas grand-chose. Elle se sentait comme ces héroïnes de tragédies grecques qui, en proie à une fatalité opaque et écrasante, s'évertuaient à la combattre en vain, se vidant peu à peu de leurs forces, jusqu'à la mort. Tout en ce faisant ces sombres réflexions, l'adolescente était consciente, comme tous les adolescents, de dramatiser sa situation. Mais elle n'en pensait pas moins. Elle accueillit Jacob avec froideur, alors qu'il l'attendait à quelques mètres de chez elle, visiblement déterminé à l'escorter jusqu'au lycée.
« Je sais que je n'ai pas le droit de poser de questions », lui dit-elle d'emblée, « mais sache que ton attitude et celle de tes copains gangsters m'agace singulièrement. »
Le jeune homme s'obstina à ne pas mal prendre sa remarque, ce qui énerva un peu plus son amie. Il ne prit même pas la peine de lui répondre, marchant silencieusement à ses côtés, comme un gardien silencieux. Elle n'avait pas son mot à dire, voilà ce que signifiait son attitude. En cours d'histoire, Paul fut égal à lui-même mais se trouvait bien dépourvu de camarade de jeu, Jared se contentant pour une fois de suivre sagement le cours, tout en jetant des coups d'œil appuyés à une Kim renfrognée qui ne manquait rien de son étrange manège. Une question de plus se forma alors dans son esprit, une question insoluble de plus. Elle aurait voulu lui hurler devant toute la classe : « Non mais qu'est-ce que t'as à me regarder comme ça ? ». Mais, en vérité, elle se sentait vidée. Elle savait bien que jamais elle n'oserait entreprendre ce qu'elle avait entrepris quelques jours auparavant. Il était d'ailleurs étonnant que le professeur ne l'ait pas envoyée directement répondre de sa conduite chez le proviseur-adjoint. Mais qu'est-ce qui n'était pas étonnant, ces derniers temps ? Tout lui échappait. Absolument tout. Avec un soupir, elle se dit que personne ne comprendrait qu'elle s'acharne contre Jared qui, depuis quelques jours, se comportait de manière adorable. Son regard n'avait rien d'hostile, au contraire. Mais il n'en pesait pas moins sur elle. Et Kim ne comprenait pas. Non, elle ne comprenait pas.
A la pause de midi, elle suivit sagement Jacob jusqu'à la cafétéria où ils s'attablèrent à l'écart du reste de la secte des bodybuildés, exactement comme la veille. Le jeune homme engagea la discussion sur un sujet sans risques, bien balisé. Kim lui répondit, mais sans enthousiasme, jouant avec la nourriture du bout de sa fourchette. Jacob lança un regard inquiet à Jared, qui ne quittait pas la table des yeux. Ce regard, l'adolescente ne le perçut bien heureusement pas, il se serait ajouté à la montagne de questions qu'elle se posait déjà et menaçait de lui transpercer le crâne comme un marteau-piqueur. Jacob changea soudain de sujet pour parler de la fameuse soirée qu'il avait soudain décidé d'organiser.
« Ton père est d'accord, que tu invites tout le lycée à faire la bringue chez toi ? », s'étonna Kim.
« Ne t'en fais pas, il sait que c'est pour la bonne cause ! »
Pour la bonne cause… Ils n'allaient quand même pas…
« Vous n'allez quand même pas en profiter pour faire circuler de la drogue ! », chuchota une Kim révoltée en jetant un coup d'œil méfiant vers la table qu'occupait la mafia.
Jacob, apparemment hilare, partit dans un grand éclat de rire qui attira l'attention d'une bonne partie de la cafet'.
« Tu nous prends pour des dealers de drogue ? »
« Tout le monde, vous prend pour des dealers de drogue » le corrigea son amie.
« Nous ne sommes pas des dealers, Kim. Là-dessus, tu peux me faire confiance. »
« Mouais… », répondit Kim, peu convaincue.
Le portable de la jeune fille, posé sur la table, se mit alors à vibrer, ce qui évita aux deux jeunes gens d'avoir à affronter le silence gênant qui allait forcément suivre ce drôle d'échange. L'écran s'illumina, si bien que Jacob put déchiffrer sans mal le nom de la personne qui tentait de joindre son amie : Alice. Il grimaça et son regard dériva automatiquement vers Jared qui l'intercepta et fronça les sourcils, soucieux. Kim décrocha tranquillement, heureuse de trouver là un prétexte à interrompre sa conversation avec Jacob, et sans se douter le moins du monde du drame qui se jouait devant elle.
« Allô, Kim ? »
« Alice ! »
« Dis-moi, ton professeur de maths sera bien absent, demain ? »
« Ah bon ? Je ne suis pas au courant… »
« Ce qui te laissera l'après-midi libre », poursuivit la jeune fille, imperturbable.
« Si tu le dis… Mais je ne peux rien te confirmer. »
« J'ai mes sources. Puisque tu n'auras rien d'autre à faire, que dirais-tu de nous accompagner, Bella et moi, pour une virée shopping à Port Angeles ? »
« Une virée shopping ? Pourquoi pas », accepta aussitôt Kim, prête à tout pour éviter une autre après-midi de solitude enfermée dans sa chambre et gardant pour elle l'horreur que lui inspirait cette activité typiquement féminine.
« Super ! », s'exclama Alice de sa voix flûtée, « auras-tu la voiture de tes parents ? »
« Pas sûr… »
« Mon père pourra te ramener mais il faudrait que quelqu'un te dépose devant le lycée de Forks dès la fin des cours. »
« Attends une minutes. »
Sans raccrocher, Kim reposa le téléphone sur la table et leva les yeux vers Jacob, qui la fixait d'un œil torve.
« Dis-moi, Jake, tu as bien une moto… »
« Oui, pourquoi… », confirma-t-il en fronçant les sourcils, sentant déjà l'entourloupe venir.
« Dans ce cas, il te serait possible de me déposer à Forks demain à la pause de midi, n'est-ce pas ? »
« En théorie, ce serait possible », commença-t-il, « mais si c'est pour traîner avec Alice Cullen, c'est hors de question ! »
« Allez, s'il-te-plaît ! », le supplia Kim en lui faisant ses yeux de cocker, « C'est simplement pour faire du shopping. Je n'ai rien à me mettre pour ta soirée ! Je risquerais de te fiche la honte en débarquant habillée n'importe comment, tu sais ! C'est aussi pour toi, que je le fais ! »
« Mais oui, c'est ça », répondit son ami, peu convaincu, en levant les yeux au ciel, consterné de voir ce dont étaient capables les filles pour obtenir ce qu'elles voulaient.
Kim reprit le téléphone en poussant un profond soupir.
« Jacob refuse de m'accorder le seul service que je lui ais jamais demandé. Je verrai ça avec mes parents. »
« Appelle-moi en cas de problème : on trouvera une autre solution. Au fait, lorsque tu demanderas la permission à tes parents, évite de me mentionner, surtout. »
« Quoi ? Mais pourquoi ? »
« Fais juste ce que je te dis », insista Alice sans prendre la peine de s'expliquer. Comme d'habitude.
« Très bien, si ça peut te faire plaisir » abdiqua Kim avant de raccrocher.
« Dis-moi, Kim, trois filles seules dans une ville aussi grande que Port Angeles, ça peut être dangereux… » fit aussitôt remarquer Jacob
« Port Angeles n'est pas ce que l'on pourrait appeler une grande ville. Orlando en est une et je m'y suis baladée seule pendant des années sans jamais avoir aucun ennui. Il fera jour, en plus, et tout le monde sait que les vampires ne sortent que la nuit », plaisanta l'adolescente en se levant pour aller déposer son plateau.
Jacob ne la suivit pas, préférant rejoindre sa bande, « sans doute pour faire son rapport », se dit Kim en soupirant. Jacob était leur petit chienchien, c'était navrant.
Ses parents se sentaient si mal après qu'elle les ait pris en flagrant délit de mensonge, que la jeune fille n'eut aucun mal à obtenir son droit de sortie. Le pick-up, malheureusement, n'était pas disponible, son père étant obligé de travailler tard le lendemain. C'est ainsi qu'en ce jeudi midi elle se retrouva à attendre Bella sur le parking du lycée de La Push. Elle patientait déjà depuis de longues minutes lorsque cette dernière lui envoya un SMS pour la prévenir qu'elle serait en retard. Kim loucha alors sur la camionnette blanche dans laquelle les élèves étaient invité à faire don de leur sang et se dit qu'elle pourrait faire d'une pierre deux coups : tuer le temps et sauver des vies. Elle en ressortit un gros morceau de brownie dans la bouche et un pansement sur le bras droit, et attendit encore cinq minutes avant qu'un vieux pick-up d'un rouge délavé vienne à sa rencontre.
« On doit passer chercher Alice chez elle, elle a oublié son portefeuille. Elle a passé un moment à le chercher partout, ce qui nous a mises en retard », s'expliqua Bella dès que Kim fut installée sur la banquette.
Elles se garèrent donc vingt minutes plus tard devant la maison des Cullen que Kim voyait pour la première fois en plein jour. Autant dire qu'elle fut impressionnée par la modernité de l'architecture qui, étonnamment, se fondait assez bien dans le paysage. Elle allait ouvrir la portière pour descendre, lorsque Bella arrêta son geste.
« Non, on attend Alice dans la voiture, elle ne devrait plus tarder », déclara-t-elle sur un ton autoritaire.
Kim obtempéra et les deux adolescentes se murèrent dans un silence gênant qu'Alice ne vint malheureusement pas troubler de sa bonne humeur. Elles avaient beau fixer toutes deux la porte d'entrée de la bâtisse avec insistance, leur amie s'obstinait à ne pas vouloir en sortir.
« Ecoute », intervint Bella au bout de ce qui sembla à Kim une éternité, « je vais voir ce qu'il en est à l'intérieur. Toi, tu restes ici ! »
Kim hocha la tête et suivit son amie du regard qui déjà s'éloignait à pieds et disparut bientôt à l'intérieur de la maison. Au bout d'un moment, l'adolescente, qui sentait une douleur lancinante dans son bras droit, retira son manteau, souleva la manche de son pull et arracha lentement le pansement que l'infirmière avait apposé sur la blessure une heure auparavant. Un bleu commençait à se former et le sang se mit à perler de la piqûre. Kim tenta aussitôt de remettre le pansement mais il refusait désormais d'adhérer à sa peau. Après de nombreuses tentatives infructueuses, elle abandonna et la piqûre se retrouva en contact direct avec la manche de son pull, sur laquelle apparut une toute petite tâche vermeille.
L'adolescente attendit encore et encore, et le temps semblait s'écouler bien plus lentement que lorsque Bella se trouvait à ses côtés. A travers les gigantesques bais vitrés, Kim parvenait à apercevoir des silhouettes furtives et incroyablement rapides mais rendues sombres par la lumière qui éclairait l'intérieur de la maison et les rideaux qui, à certains endroits, avaient été tirés. De là où elle était, elle avait simplement l'impression d'assister à un étrange spectacle d'ombres chinoises. A d'autres endroits, les reflets que projetaient les arbres sur les vitres l'empêchaient de discerner quoi que ce soit. Elle se demanda vaguement pourquoi Bella ne s'était pas garée plus prêt de la villa, car ce n'était pas la place qui manquait. La jeune quileute se mit soudain à imaginer les pires choses une hypothèse en particulier s'imposait à elle : une prise d'otage. Elle savait bien sûr que, comme toutes ses idées, celle-ci était ridicule, malgré tout elle ne parvenait pas à la chasser de son esprit.
N'y tenant plus et, malgré la peur qui commençait à la gagner, Kim descendit finalement du véhicule et s'avança vers la maison en faisant le moins de bruit possible. Elle frissonna dans l'air glacial car elle avait oublié de remettre son manteau. Elle entra sans faire de bruit en se disant que c'était certes la meilleure solution en cas de prise d'otage mais que ça restait franchement mal poli. L'adolescente emprunta l'escalier qui menait à l'étage, les sens en alerte et ouvrit des yeux ronds lorsqu'elle aperçut une bonne cinquantaine de toques de diplômés réunies dans un cadre. En arrivant à l'étage, elle reconnut le salon dans lequel elle s'était éveillée quelques semaines auparavant. Il semblait vide de toute présence humaine mais, alors qu'elle s'apprêtait, le cœur battant, à emprunter un second escalier, elle se trouva soudain en présence d'un jeune homme aux yeux d'une drôle de couleur. L'extrémité intérieure de ses sourcils était relevée mais il ne semblait pas en colère, il paraissait plutôt en proie à une vive douleur. Il la fixa un instant sans bouger, à quelques mètres de distance. Kim tenta de se souvenir d'où il était venu : de l'étage au-dessus ? De la cuisine ? Etrangement, elle ne parvenait pas à trouver de réponse. Il semblait être apparu de nulle part. Elle entendit des pas dans l'escalier au-dessus d'elle ainsi que la voix rassurante d'Alice. Elle ouvrait la bouche pour l'appeler, mais c'est ce moment-là que choisit le jeune homme pour fondre sur elle à une vitesse proprement hallucinante. Kim aurait juré avoir vu ses canines s'allonger en une fraction de seconde. Elle n'eut pas même le temps de réaliser ce à quoi elle avait affaire car, emportée par l'élan de l'inconnu qui s'était jeté sur elle, elle bascula en arrière, se cogna la tête contre elle ne savait quoi et sombra dans l'inconscience.
TO BE CONTINUED. . .
