Elle s'approcha de lui jusqu'à se retrouver à quelques mètres et, enfin, il la remarqua, il tourna simplement la tête et la ré inclina directement vers son ouvrage. Comme si elle n'avait pas été là. Elle s'approcha encore un peu, pour qu'il fasse quelque chose. Quand rien ne vint, elle se racla la gorge.
« - Quoi ? Demanda-t-il d'une voix lasse
- Tu ne me demande pas de partir ? S'interrogea-t-elle
Il haussa les épaules
- Pourquoi ? Je ne te déteste pas à ce point, commenta-t-il
- Je pensais que tu n'aimais pas que des gens soient autour de toi quand tu lis.
- Je n'aime pas que des gens autour de moi parlent quand je lis, nuance.
- D'ailleurs, pour la dernière fois, je voulais m'excuser, j'ai été trop loin, je t'ai provoqué, pardon.
Cette fois-ci, il tourna vivement la tête dans sa direction, visiblement stupéfait
- Quoi, ça te surprends tant que ça que je m'excuse ?
- A vrai dire… oui.
- Même si je n'étais pas la seule fautive évidement !
Il sourit franchement à cette remarque, étant sûr que la fierté de la Serpentard reprendrait le dessus
- Bien évidement, répliqua-t-il, moqueur
- Eh ! S'offusqua-t-elle
- Est-ce-que je t'ai blessée dans ton égo, si c'est le cas, j'en suis sincèrement désolé, rétorqua-t-il, sur le même ton
Elle s'approcha de lui pour lui mettre un petite claque à l'arrière de la tête. Au moment ou sa main toucha ses cheveux, elle se rendit compte de son acte et se dit qu'elle était folle. Mais contre toute attente, Jédusor lui saisit le bras et la fît tomber dans l'herbe.
Il la bloqua pour l'empêcher de se relever. Evidemment Isabella se débattait sans succès, ce qui rendit Tom hilare
« - Allez Isabella, relève toi, parvint-il à peine à articuler
- Mais Tom ! Laisse-moi ! »
Pour toute réponse, il arracha une poignée d'herbe qu'il lâcha dans ses cheveux châtains.
« - Alors là… Tu ne sais pas à qui tu t'attaques, tu verras quand je me serais relevée !
- J'attends de voir. »
Comme un coup de poing, la conversation de la veille revint à l'esprit d'Isabella qui se grisa. Elle se rappela du dégoût et de la déception qu'elle avait ressentis à l'égard du préfet puis elle culpabilisa de passer un moment si agréable avec quelqu'un comme ça. Comment un garçon qui défendait des idées si répugnantes pouvait-il être si charmant de premier abord ? Elle savait que le Jédusor de la veille était son vrai visage. Justement, il remarqua le rapide changement d'humeur de la jeune fille et la laissa se relever, il s'enquit ensuite :
«- Quelque chose ne va pas ?
- Effectivement
- Et, puis-je connaître la raison de ce changement d'humeur si soudain ?
- Parfaitement, je viens juste de me remémorer la discussion de hier.
Cette fois, c'est Jédusor qui se renfrogna
- Ecoute, Stein, on passe un moment agréable, alors ne gâche pas tout. Ne me relance pas sur ce sujet.
- Tu dis ça comme si ce n'était pas important !
- Ça l'est ?
- Mais bien sûr ! Cela dénote de ta façon de penser, de tes idéaux de vie, je donne à cela une place capitale dans les relations que j'ai avec les autres !
- Oh, ça va, c'est juste certaines valeurs que j'ai.
- Tu appelle ça des valeurs ?! Mais, n'importe quoi ! Tu parle de tuer des gens juste parce qu'ils ne sont pas nés à ton goût !
- C'est sûr que c'est facile pour toi, d'être gentille, avec des idées de gentils, tout t'a été donné à ta naissance ! Toi, la petite Sang-Pur française, de parents riches et très certainement aimants.
- Tu ne sais rien de ma vie, ne crois pas que tout a toujours été facile !
- Oh, tes parents ont dû te mettre une ou deux claques quand tu étais petite, pauvre enfant, que ta vie a dû être un combat ! Il dit cela avec une rage si forte qu'elle serait probablement morte s'il avait eu sa baguette dans les mains à cet instant.
- Non, c'est juste que mon père s'est suicidé. Mais il ne me manque pas, il me battait. Et depuis, je surviens aux besoins de ma famille car ma mère est devenue à moitié folle.
Elle dit cela calmement, le regard vide, comme si cela ne la touchait pas et qu'elle racontait l'histoire d'une autres personne. Jédusor stoppa net, et une expression de vive surprise se lisait sur son visage. Ne sachant que dire, il l'analysa de la tête aux pieds
« -Quoi, qu'est ce que tu t'imaginais ?
- Eh bien, je… je pensais que tu étais comme les Avery ou les Black.
- Bien non ! Ne me compare plus jamais à ces personnes
- Je suis désolé… Parvint-il à peine à articuler
- Maintenant tu sais à quoi t'en tenir. Il est l'heure de manger.
Sur ce, elle tourna les talons et prit la direction du château.
