Thibaut Pinot x Fem!reader / Commande Wattpad
Certains trouvaient que l'amour à distance, c'était romantique.
Certains trouvaient que faire des dîners aux chandelles, c'était romantique.
Certains trouvaient que surprendre son petit ami ou sa petite amie avec une après-midi de massage, c'était romantique.
Certains trouvaient que les relations secrètes, c'était romantique.
Sur le premier point, tu n'avais pas d'avis, n'ayant jamais eut de relation à distance. Cela devait être compliqué, mais tu supposais que si les deux personnes s'aimaient réellement, cela pouvait se tenter.
Sur le deuxième fait, tu étais assez d'accord, même s'il fallait quand même beaucoup de chandelles : sinon, on y voyait pas grand-chose, et c'était plutôt galère.
Sur le troisième point, tu étais aussi plutôt du même avis. Bon, il fallait tout de même avouer que ton amant avait des mains d'ange, alors forcément…
Par contre, sur le quatrième, tu n'étais pas, mais pas du tout d'accord. Autant ça pouvait sonner romantique, dans les films, de vivre une relation cachée, à la Roméo et Juliette, tout ça tout ça, autant en vrai…
Nop.
Nop, non, non et encore non. C'était une véritable galère. En particulier lorsque tu étais quasiment en permanence en contact avec la personne que tu aimais, mais que non, tu ne pouvais jamais agir librement avec lui dès qu'il y avait du monde autour de vous.
Parfois, il y avait des moments miracles, où toi et Thibaut vous retrouviez tout seul, derrière une caravane du Tour, et à ce moment-là, ni toi, ni lui, ne réfléchissiez. Vous colliez juste vos corps ensemble, pas forcément pour vous embrasser, mais juste pour ressentir la chaleur de l'autre, son contact, ses mains, sa respiration, son odeur.
Réellement, c'étaient toutes ces petites choses qui te manquaient.
Croiser Thibaut, lui sourire poliment, faire comme si de rien était, ne surtout pas aller dans son espace personnel parce que sinon tu étais irrémédiablement attiré par son contact, tout ça était terriblement dur à faire.
Mais vous saviez dans quoi vous vous étiez engagés, alors même si c'était dur, vous le supportiez.
Et puis, il fallait dire que ton nom de famille soit Madiot et que tu sois la fille du manager général de l'équipe n'arrangeait rien – les histoires de favoritisme si jamais votre relation était découverte, tout ça tout ça.
Pour résumer, les relations secrètes, oui, c'était romantique, mais dans des romans, pas dans la vraie vie.
Mais on dit que le cœur à ses raisons que la raison ne connaît point, et dans votre cas, c'était vrai. Toi comme Thibaut saviez que vous ferriez mieux de cesser de vous fréquenter, mais… Vous n'aviez jamais réussi à sauter le pas. Vous aviez donc choisi de faire à la place de vous investir totalement dans votre relation, même si elle était dangereuse.
Et puis, cela faisait un peu plus d'un an, désormais, alors vous aviez fini par être rodés.
Mince, ta liste d'excuses pour aller le voir était plus longue que ton bras ! Cette pensée te fit avoir un léger rire alors que tu vérifiais les programmes des coureurs de l'équipe. Oui, vraiment, dans le genre des excuses, tu étais devenue une championne.
- Hey, princesse, murmura une voix à ton oreille, et tu eus un léger sursaut avant de te laisser aller contre le torse qui s'était collé dans ton dos.
- Thibaut, soupiras-tu à moitié, reposant immédiatement tes papiers sur le bar pour te retourner, allant entourer la nuque de ton petit-ami de tes bras.
Bon sang, vous étiez dans l'endroit le plus ouvert au monde, ce n'était définitivement pas la meilleure idée que de laisser tomber tes murs comme ça, mais tu avais confiance en Thibaut : s'il te prenait contre lui comme ça, c'est qu'il savait qu'il n'y avait personne.
- Pourquoi tu riais tout seule, comme ça ? Demanda-t-il en haussant un sourcil, et cela te fit avoir un sourire amusé.
- Et bien, j'étais en train de penser à toi, et à toutes les excuses que j'ai pu inventer depuis le début pour réussir à te voir.
Thibaut eut un léger rire, frottant vos nez ensembles.
- Je pense qu'effectivement, on devient doués.
- Très doués, corrigeas-tu, venant doucement chercher ses lèvres, une fois, puis une deuxième, et une troisième.
Pendant de longues minutes, tu restas simplement contre lui, dans ses bras, à l'embrasser doucement, et il en faisait de même, caressant délicatement le bas de ton dos. Vous auriez pu rester des heures comme ça, tous les deux, si le son de voix ne vous était pas parvenu. Avec regret, il te laissa couler hors de ses bras, et lorsque David et Rudy entrèrent, ton amant était déjà parti. Oui, vous finissiez réellement par être des experts.
Malheureusement, ce qui devait arriver finit par arriver. Et ce fut tellement stupide, vraiment ! Du genre, tellement idiot que tu ne pensais même pas être capable de le faire. Le pire, c'était que ce n'était pas de ta faute ni celle de Thibaut : c'était juste vous deux, qui, l'espace de quelques heures, aviez oubliés où vous étiez et avec qui vous étiez.
Rien que ce fait en lui-même était incroyable, considérant le fait que Thibaut avait finit son étape seulement quelques heures plus tôt.
À ce moment-là, il y avait eut toute l'équipe pour le debriefing, ce qui devait être amélioré demain, ce qui avait été bien fait aujourd'hui, tout ça. Après ça, il y avait eut le repas du groupe – était-il utile de dire que tu savais presque avec exactitude le nombre de calories que chaque coureur mangeait par repas ? Parce que c'était définitivement le cas.
Mais jusque-là, il n'y avait rien eu à signaler, tu agissais avec Thibaut comme avec n'importe lequel des coureurs, si ce n'est que tu essayais de ne pas trop le regarder. Pas de l'ignorer, sinon, quelqu'un allait se rendre compte de quelque chose, mais simplement de ne pas trop te perdre dans sa contemplation, on va dire.
Et puis, à la fin du repas, la plupart des coureurs était parti vaquer à leurs occupations, téléphoner à leur famille, des petites choses que tu savais être indispensables pour réussir à tenir le coup. Il fallait bien avouer que l'étape d'aujourd'hui avait été assez dure, alors ce n'était pas non plus étonnant qu'ils cherchent avant tout à se reposer, surtout que le Tour n'était pas fini.
Alors toi, tranquillement, tu étais venue t'installer dans une des salles communes où il y avait une télévision, et tu avais mis un film au hasard, plutôt pour te reposer que vraiment le suivre. Mine de rien, le Tour, ça fatiguait, et pas que les coureurs.
Cela faisait déjà quelques minutes que tu avais attrapé le film quelque part en son milieu lorsque quelqu'un tapota le canapé, juste au-dessus de ta tête. Tu relevas la tête avec interrogation, avant d'avoir un sourire à la fois enthousiaste mais étonné.
- Thibaut ? Qu'est-ce que tu fais-là ?
- Ça ne se voit pas ? Demanda-t-il avec amusement, s'affalant peu élégamment sur le canapé, et sans réfléchir, tu viens t'appuyer contre lui. Je viens passer un petit peu de temps avec la plus belle fille du coin.
Tu roulas des yeux, lui donnant une légère tape sur l'avant-bras.
- Je suis sérieuse. Tu n'es pas censé être au repos ?
- Sérieusement, Sophie ? Rit-il légèrement, avant de secouer la tête, s'installant confortablement, sa tête sur tes cuisses ses jambes à moitié en dehors du canapé – comme lorsque vous étiez seuls chez lui ou chez toi. Tu sais très bien que le meilleur endroit pour me reposer, c'est à côté de toi.
Ton cœur rata un battement et tu secouas la tête, attendrie, pour te pencher en avant et déposer un léger baiser sur son front.
- Je t'aime aussi, murmuras-tu, et un sourire gigantesque éclaira son visage alors que tu te mettais à caresser son visage.
Et si Thibaut s'endormit rapidement, ce fut étrangement ton cas aussi. Ou du moins, tu le supposais, puisque ce fut un raclement de gorge qui vous réveilla tous les deux quelques minutes – ou heures ? - plus tard, et en ouvrant les paupières, tu mis quelques secondes à te rappeler d'où tu étais.
Par contre, en voyant le regard de ton père en face de toi, tout devint soudainement plus clair.
- C'est pas ce que tu crois, lanças-tu, sans réfléchir, et ton père haussa un sourcil à la fois moqueur et amusé.
- C'est pas ce que je crois, uhu.
Son regard passa de toi à Thibaut, qui s'était également réveillé, et tu échangeas avec ce dernier, qui s'était relevé, un regard paniqué.
- Moi, ce que je n'arrive pas à croire, fit ton père en secouant la tête, c'est l'argent que je vais devoir à chaque membre de l'équipe. Sérieusement ? Vous auriez pas pu attendre la fin du tour ?
Tu regardas Thibeau et il te regarda, totalement perplexe, et ton père leva les yeux au ciel avant de faire demi-tour, quittant la pièce.
- Non mais je vous jure, franchement. Quelques jours, c'était trop leur demander ? Marmonna-t-il, plus à lui-même qu'à vous.
- Je pense qu'on va éviter de lui dire que cela fait plus d'un an, princesse ? Demanda ton petit-ami lorsque ton père ne fut plus à porté d'oreille.
- Oui, je pense.
