CHAPITRE 9
La pièce est plongée dans la pénombre, l'empereur est assis sur son siège, la dominant de toute sa hauteur. Elle ne peut voir son visage mais elle sait qu'il n'annonce rien de bon. Toute cette mise en scène semble la pousser dans un piège qu'elle n'arrive pas à éviter. Assise à sa place habituelle, elle attend sans bouger, ignorant les gémissements de son dos que la position rend douloureux. L'atmosphère est pesante et l'air semble se faire rare. Jean à faim, elle est fatiguée et à besoin d'une douche. Chose que le capitaine n'a pas l'air décidé à lui céder. La jeune femme s'apprête à étendre ses jambes devant elle quand le pirate prend la parole, d'une voix sombre.
« Sais-tu pourquoi je ne t'ai pas tué, la première fois que tu as mis les pieds sur mon navire ? »
Elle fait craquer sa colonne vertébrale et prend quelques secondes pour réfléchir.
« C'est la pitié qui t'a retenu, n'est-ce pas ? Tu ne m'as pas tué parce que tu avais pitié de moi. »
« Alors tu le savais ? Tu t'es présentée devant moi en sachant que j'avais l'intention de te tuer. »
« Le jeu en valait la chandelle. Je connaissais tes intentions. Comment aurai-je pu les ignorer? Mais je ne pouvais pas passer à côté du client que tu es, vieil homme. »
Le silence reprend sa place, alors que chacun prend la mesure des paroles de l'autre. Jean à choisie de jouer l'honnêteté. Pourquoi mentir. Elle savait à ce moment-là, que l'empereur projetait de la tuer. C'est un peu ce qu'elle avait cherché aussi. Mettre en pratique toutes les choses qu'elle a passé des années à apprendre. Apitoyer un empereur, et en faire un allié. Le jeu en valait vraiment la chandelle.
« Tu me rappel ton père. Lui non plus n'avait pas hésité à me manipuler. »
Décontenancée, elle plonge son regard dans les yeux fatigués de l'homme qui la scrute attendant une réaction qu'elle ne peut pas lui donner.
« Ne parle pas de lui. »
« Qu'est-il devenu ? Je n'ai jamais su ce qui lui est arrivé. »
« Parce que ça ne te regarde pas, vieil homme. »
« Je pense au contraire être concerné. »
« Eh bien, tu te trompes. »
Le silence retombe de nouveau, lourd et glacial, alors que la mercenaire est clairement sur ses gardes. Finalement, le grand pirate change de sujet, renonçant à la réponse de sa précédente question.
« Depuis combien de temps ? »
De nouveau, elle le regarde, surprise. Cet homme est vraiment un fin observateur.
« Cela ne te regarde pas. »
« Dans la mesure ou je suis ton client, si. »
Elle soupire, défaite. Elle n'a jamais le dernier mot avec lui.
« Il reste suffisamment de temps. »
« Je n'en suis pas certain, gamine. C'est beaucoup trop rapide. »
« Je maîtrise la situation. »
« Mais pour combien de temps encore ? Tu seras vite rattrapée. »
« Et alors ? Quand le moment viendra, je ferais ce qu'il faut. Je suis la dernière. C'est mon rôle. »
A présent, l'homme le plus puissant du monde caresse distraitement sa légendaire moustache, perdu dans ses pensées. Lasse, il soupire. Comme le monde est cruel avec ses miracles.
« Tu es si jeune. »
« Mais les choses doivent finir ainsi. Tu le sais très bien. Après tout, je ne suis pas le premier Noppera-bo que tu croise, pas vrai. »
« Cela ne change rien à la malédiction que tu portes. »
Jean soupire, elle est vraiment épuisée. Le voyage et maintenant cette conversation. Tout ceci la vide de toute énergie. Elle passe une main dans ses cheveux sales et jette un regard implorant au pirate. Mais il ne lui fait pas cette grâce.
« Tu pourrais rester ici ? »
Elle le regard, confuse.
« C'est-à-dire ? »
« Vivre avec nous, devenir ma fille. Nous prendrions soin de toi. »
Elle ricana méchamment, sérieusement ?
« Tu me connais. Tu sais très bien que c'est une proposition stupide et dangereuse. »
« Ne sous-estime pas mes fils, ils n'auraient pas de mal à te contenir. »
Elle en a plus qu'assez de ce jeu. Marre de tout ceci. Elle coupe.
« Edward ! »
Sans lui laisser le temps, elle reprend. Elle ne l'avait jamais appelé par son prénom.
« Je suis passé à deux doigts d'assassiner ce crétin de Portgas ! Et tu me propose de rejoindre ton équipage ?! Sérieusement ?! »
« Et pourquoi pas ? Qu'est-ce que tu as à perdre après tout ? Tu es seule, sans famille ni personne à protéger. Rien ne t'empêche de nous rejoindre. »
« Je ne veux pas de famille Newgate. Je n'en ai jamais voulu et ça ne risque pas de changer. »
Il la regarde, plein de pitié. Elle a horreur de ça, il lui donne envie de vomir.
« Mais tu en as le droit Jean. Arrête de penser que tu protège les gens en restant loin d'eux. Tu n'as ni bateau, ni moyen de rejoindre la terre. Reste ici quelques jours et fait toi ta propre opinion. »
Elle se lève, excédée, et marche rapidement en direction de la porte laissant le pirate derrière elle. Au moment ou elle passe le seuil, elle se retourne, le regard meurtrier. L'empereur n'a aucun mal à reconnaitre la bête, il l'a déjà vu tellement de fois. Trop peut-être. Elle murmure, sombrement, de sa voix vicieuse et fourbe.
« Nous verrons bien, mais retiens une chose. Tes fils ont beau être fort vieux fou, je pourrais leur apprendre à avoir peur des monstres. »
Et la porte se referme, lentement derrière celle qui a déjà disparue dans le couloir. L'homme le plus fort du monde s'avachit dans son trône en soupirant.
...
Elle est assise le long de la proue du navire. S'il y a bien un avantage à ce foutu rafiot c'est que la vue depuis l'avant est imprenable, l'océan à perte de vue, la lueur argentée des écailles des monstres marin trop proche de la surface, le soleil sur l'eau créant des milliers de cristaux de lumière. Elle pourrait rester ici des heures, à contempler la vue. Mais si elle aime autant ce lieu, c'est aussi parce que personne ne vient la déranger ici.
L'hostilité évidente à son égard l'épuise à un tel point qu'elle préfère la solitude. Pas qu'elle ait réellement envie de sociabiliser mais elle souhaite, si possible éviter d'avoir à riposter à une éventuelle tentative de meurtre.
Le plus surprenant peut être, c'est qu'elle n'a pas croisé la route de Portgas une seule fois en quatre jours. Elle a pourtant pensé qu'il voudrait être le premier à se venger d'elle, mais rien. Elle hausse les épaules et croque dans la pomme qu'elle a discrètement subtilisée dans les cuisines. Elle sait très bien que le commandant Satch est au courant de ses passages et qu'il la laisse faire, des histoires circulent sur les pièges terribles qui attendent ceux qui essaient de voler dans les réserves, notamment Poings Ardents. Mais elle n'a éprouvé aucune difficulté particulière, c'est donc qu'il lui laisse volontairement l'accès. Tant mieux, il est hors de question qu'elle participe aux grands repas dans la salle commune. Elle n'est pas suicidaire.
Elle se contente donc d'attendre, depuis quatre jours, que le Moby Dick trouve son prochain port d'encrage. A ce moment-là elle descendra et mettra les voiles vers une destination inconnue mais la plus éloignée possible des pirates de Barbe Blanche. Voilà un plan qui lui convient. Elle se cale un peu mieux contre le bois du navire et laisse son regard se perdre dans l'étendu infini d'eau qui s'étend partout autour d'elle. Elle repense à cette conversation qu'elle a eu avec le capitaine il y a quelques heures à peine et, qui l'a mise dans une colère noire.
Un homme de la première division, si sa mémoire est bonne, était venu la chercher en début d'après-midi, à la demande du capitaine. Elle n'avait eu aucun mal à distinguer l'animosité que l'homme éprouvait pour elle et sans faire d'histoire, l'avait suivi dans le dédale de couloir. Il l'avait laissé devant la cabine du capitaine et avait disparu le plus vite possible dans un couloir adjacent murmurant des injures qu'elle n'aurait pas dû entendre. Elle avait haussé les épaules sans se préoccuper plus que ça de l'homme et de sa colère et était entrée sans frapper dans la cabine.
Elle avait trouvé l'empereur assis sur son trône bardé de tuyaux transfusant des médicaments lui étant inconnus, elle avait noté cette information dans un coin de son esprit. Tuer un empereur pirate pourrait lui assurer une vie de prospérité.
L'homme l'attendait, une immense gourde d'alcool reposant à ses côtés. Elle n'avait jamais vu Edward Newgate autrement qu'avec une outre d'alcool à la main. Il s'était raclé la gorge puis redressé, congédiant les infirmières qu'elle avait ignorée jusque-là. Elle avait toujours trouvé, à chacune de ses visites que la tenue de ces femmes était outrageuse. A croise que se trouver sur un bateau uniquement peuplé par des hommes n'était pas suffisant, il fallait être sûr de se faire remarquer.
Elle avait balayé cette pensée d'un geste de la main et c'était concentrée sur l'homme qui visiblement était en train de l'observer. Elle avait croisé les bras sous sa poitrine et tapoté du pied lui faisant comprendre d'abréger son observation. Il avait semblé revenir à la réalité et avait ouvert la bouche, peut être un peu trop précipitamment pour pouvoir réellement dissimuler son intérêt.
« Tu cherches toujours le Yami Yami ? »
Elle avait immédiatement froncé les sourcils, se rappelant clairement de la discussion qu'ils avaient eu il y a quelques mois de cela où le pirate lui avait presque ordonné de mettre fin à ses recherches.
« Oui. »
Simple et clair, elle ne voulait laisser filtrer la moindre information sur le fruit. Même pas à Barbe Blanche.
« Pourquoi le veux-tu ? »
Nouveau froncement de sourcils, elle n'avait jamais laissé sous-entendre qu'elle voulait le fruit pour elle.
« Je ne veux pas du fruit, je cherche l'homme qui le veut. »
« Donc tu ne veux pas du pouvoir du fruit des ténèbres, l'un des plus puissants fruits du démon qui soit ? »
Elle n'aimait pas du tout le sens que prenait cette conversation. Minutes après minutes, elle avait de plus en plus l'impression que le pirate la soupçonnait de convoiter le fruit.
« Ne penses-tu pas, vieux fou, qu'une malédiction ne m'est pas déjà suffisante ?! »
« Je n'ai pas dis cela. Simplement si tu trouve l'homme et qu'il te mène au fruit, qu'arrivera-t-il ? Pourras-tu résister au pouvoir ? »
Elle s'était alors franchement énervée, agacée au-delà de l'acceptable par cet homme qui disait lui faire confiance, qui lui confiait des missions ébranlant la morale, et qui à présent remettait en doute son intégrité et la force mentale.
« Ecoute moi bien, si je trouve cet homme, je le tuerai. Si je trouve le fruit, je le détruirais. Il n'y a pas d'autre option et je n'ai pas prévue de sortir de mon plan de base. Que tu te poses des questions, soit ! Mais que tu remettes en question ma capacité à accomplir des missions que je me suis moi-même fixé dépasse ce que je peux accepter, même venant de toi ! »
Campée sur ses positions, elle n'aurait pas pu être plus claire. L'homme l'avait jaugé du regard, incertain avant de finalement hocher la tête. Elle avait cependant vu l'hésitation dans ses gestes. Il n'avait pas confiance en elle. Elle enrageait littéralement. Avant de commettre l'irréparable elle avait décidé de mettre fin à cette conversation stérile. Cependant avant de partir, elle lui avait fait passer le message qu'elle était venue lui délivrer à la base, modifiant légèrement ses propos.
« Et note bien que si l'un de tes fils a encore l'idée stupide de s'en prendre à moi, je le tuerais et je le pendrais avec ses entrailles au mat du navire. »
Elle avait claqué la porte sauvagement faisant grincer les gonds et quitté l'aile du capitaine sans manquer de jeter un regard mauvais à Marco et Joz qui attendaient derrière ladite porte prêt à la maîtriser au moindre problème.
Elle soupira en s'étirant lentement. Depuis cet incident, elle n'avait plus eu de nouvelle de l'équipage. Et tant mieux.
Roulant sur le côté, elle s'assit laissant ses jambes prendre dans le vide, offertes à l'air salé du large, et inspira profondément. Elle a entendu, il y a quelques heures, une conversation entre deux hommes parlant de leur prochaine escale. Une île estivale connue pour ses bars et ses casinos, elle n'aura aucun mal à semer les pirates dans ces conditions.
Elle frissonne légèrement sous la brise froide et entreprend de s'abriter à l'écart des courants aériens.
Elle s'assied entre deux tonneaux pleins de cordages, servant surement à remplacer ceux utiliser en cas de problème et resserre ses jambes contre elle. Jean enfonce son menton contre ses genoux et laisse ses cheveux recouvrir sa nuque et ses épaules la protégeant de l'air frais. Elle n'a pas de cabine. Personne n'a penser que la fille qui a presque assassiné le commandant Ace pourrait avoir besoin d'une chambre. Enfin elle comprend. Quand elle quittera le navire, la vie reprendra comme avant et c'est ce qu'elle souhaite. Influer le moins possible sur la vie des gens qu'elle rencontre. Quand sa mission n'est pas de les tuer bien sûr.
C'est pour ça qu'elle est surprise quand Portgas D Ace vient prendre place à ses côtés, serré tous les deux dans l'espace restreint entre les deux tonneaux. Elle se demande pourquoi lui. Depuis le début, elle se moque de lui, le manipule, lui fait du mal et il le lui rend bien. Malgré tout, il ne dégage aucune animosité alors, elle le laisse faire et maintenant ils sont presque totalement collés l'un à l'autre. Elle se rend compte à quel point, son fruit à modifier son organisme augmentant sa température corporelle bien au-dessus de la normal. Il est une sorte d'immense bouillotte permanente et elle n'hésite pas en en profiter.
Il ne dit pas un mot mais elle peut voir qu'il est perdu dans ses pensés fixant un point qu'elle ne peut pas voir. Elle n'engage pas la conversation, elle n'a rien à dire. Elle ne lui présentera pas d'excuse, parce que le monde est ainsi. Tuer ou être tuer. Dans l'histoire elle n'a fait que survivre au dépend du pirate qui de toute façon n'a pas l'air de lui en tenir rigueur.
Elle aime cette façon de penser qu'a le jeune commandant. Ne jamais regarder vers l'arrière, toujours avancer et ne jamais regretter ses choix. C'est une belle philosophie de vie qu'elle ne peut pas se permettre d'appliquer mais qu'elle aime observer chez de rare individu suffisamment courageux ou stupide pour se permettre ce genre de vie.
Jean pose peut-être pour la première fois réellement son regard sur le commandant de la seconde division de Barbe Blanche, Portgas D Ace aux poings ardents. Et, elle le trouve beau. Vraiment beau. Pas comme les canons de beauté mais sa peau mordue par le soleil, ses cheveux sombre effleurant lentement ses épaules au moindre courant d'air, les milliers de petites tâches de rousseurs qui constellent son visage, elle a envie de les relier au marqueur pour former les constellations et faire enrager le garçon. Sa bouche à quelque chose d'artistique, ses lèvres pleines, rouge d'avoir été trop souvent mordues. La courbe de son nez, légèrement cabossé par les années passées à se battre sans son fruit régénérateur. Sa mâchoire dure et volontaire, coupée à la serpe, lui donnant son côté masculin et virile qui tranche avec ses airs d'enfant sauvage.
Et ses yeux. Elle n'a jamais vu d'aussi beaux yeux. Noirs comme les abîmes les plus profondes et inconnues mais tellement révélatrices. Déchirés par des blessures qui ne guérirons jamais. Portgas D Ace est encore un enfant, mais il a le regard des hommes que la vie a brisée trop de fois. Elle n'a jamais vu de regard aussi beau mais elle en a déjà entendu parler. Le regard de ceux qui joue avec la mort.
Il ne bouge toujours pas et, elle n'est pas décidée à s'éloigner de sa chaleur. Elle ne sait pas pourquoi il est ici, ni pourquoi il s'est évertué à l'éviter durant ces quatre derniers jours mais, elle ne veut pas briser cet instant. Pourtant, quand il ouvre la bouche, elle sait que la paix se disparaît et qu'ils ne reviendront pas en arrière.
« Il y a des rumeurs qui court sur le bateau. »
« Quel genre de rumeurs ? »
« Des rumeurs sur toi. »
« Oh... Et que disent-elles ? »
Il semble hésiter. Elle ne sait pas vraiment pourquoi. Pour ne pas la blesser ? C'est absurde. Ils ne se connaissent pas, ou si peu. Il n'a pas à la protéger et elle ne le fera pas non plus. Alors peut-être a-t-il peur. Peur que ces rumeurs soient la réalité.
« Certain dise qu'il y avait un homme avant toi. Que tu n'es pas la première. »
Elle ne bouge plus, l'équilibre est rompu. Elle ne peut pas revenir en arrière.
« C'était mon père. Avant moi il faisait ce métier aussi. »
Il pose son regard sur elle, il a senti son hésitation, sa réticence à parler de lui.
« Est-ce qu'il était comme toi ? »
« Un monstre tu veux dire ? »
« Non ! Je ne voulais pas… »
Elle le coupe, pressée.
« C'était un véritable monstre, une pourriture. »
Le silence s'installe, Portgas semble perdu dans ses pensées. Elle n'ose plus parler. Surtout pas de lui. Il ne mérite pas que l'on parle de lui. Elle veut changer de sujet, mais elle ne sait pas quoi dire. C'est lui qui reprend la parole. Elle retient sa respiration.
« Mon père aussi était une pourriture. »
Elle soupire, de soulagement peut-être. Elle ne sait pas trop. Elle s'engouffre dans l'ouverture.
« Tu l'as connu ? »
« Non, il était mort quand je suis né. »
« Et ta mère ? »
« Elle est morte en me donnant la vie. »
« Elle devait être vraiment courageuse alors. »
« Oui, je lui dois tout. »
« Ma mère était une prostituée, elle m'aurait surement abandonné si mon père ne l'avait pas tué. »
Le silence s'installe, elle a conscience d'en être la cause mais c'est la vérité, elle ne peut pas la changer. Alors elle reprend, du mieux qu'elle peut. Elle n'a jamais été douée pour parler.
« Aux parents qui craignent ? »
Elle lui tend la main et après l'avoir regardé, il la saisie.
« Aux parents qui craignent. »
Il reprend quelques instants plus tard.
« J'ai un petit frère, un vrai crétin. »
« Tu es sur qu'il puisse exister une personne plus stupide que toi ? »
Il frappe gentiment son épaule et elle reprend.
« Je suis fille unique. Enfin, je crois, j'espère. J'aurai aimé avoir un frère. »
« Le mien n'est vraiment pas un cadeau ! Si tu savais à quel point ce gamin peut être idiot ! »
« Plus que toi tu veux dire ? »
« Arrête avec ça ! »
Et elle l'écoute parler pendant les heures qui suivent, alors que le soleil décline au loin. Il lui parle de son frère et elle imagine à quoi il doit bien pouvoir ressembler. Surement un personnage haut en couleur.
Pas une fois, ils ne parlent de ce qu'il s'est passé sur le pont. Ils n'ont pas oublié mais si Portgas n'en parle pas alors elle ne va certainement pas lancer le sujet.
Pendant les heures qui suivent, il parle de lui et elle l'écoute sans jamais parler d'elle. Ils ne sont pas des amis mais, ils ne sont plus des connaissances non plus.
Jean ne sait pas vraiment ce qu'est ce sentiment qui réchauffe son corps lentement, peut-être juste la manifestation du fruit du commandant mais, elle n'a pas vraiment envie que ça s'arrête. Pas toute suite.
