Bonsoir bonsoir ! Les avis sont un peu mitigés sur Blaise. Je suis désolée s'il vous semble trop fouineur et découvre tout très vite D: En fait, comme je ne sais pas combien de chapitres va durer cette histoire, j'anticipe. Je n'aime pas celles qui s'éternisent et pendant lesquelles il ne se passe rien.
Merci à Guest (si si aïght), Nana972 et Sheego pour leurs reviews. Love.
Warning : Je viens de finir ce chapitre, et j'étais dans une humeur particulière. J'espère que vous plongerez vous aussi dans ce délire fantasmachin et que vous n'aurez pas trop de mal à le (et me) suivre.
Résumons : Harry raconte un mensonge pitoyable à Colin (« Colin, je suis fiancé avec une meuf qui n'est pas au courant et est amoureuse de son meilleur ami. Et moi aussi je suis amoureux de son meilleur ami, mais il ne m'aime pas, Ô DESESPOIR). Blaise découvre le journal intime (ololz) et donc le petit secret de Draco. Pour s'amuser, il compte draguer Harry... Quatrième séance d'érotisme si si
LES ENCHAINES
Chapitre 10 : Merci Malfoy, à la prochaine
Draco Malfoy, éblouissant, passait dans le couloir accompagné de ses fidèles Serpentards. Il entretenait une discussion animée avec Blaise, qui était, comme à son habitude, placé à sa droite. A la gauche de Malfoy, on trouvait Vincent Crabbe et Gregory Goyle, qui essayaient de suivre la conversation, sans intervenir pour autant. Ils souffraient tous deux d'un désagréable complexe d'infériorité.
Un peu en retrait derrière eux, marchait silencieusement Pansy Parkinson, qui, depuis quelques jours, avait arrêté de caqueter après le blond. Quand elle ne parlait pas, on en oubliait presque son air de bulldog enragé et on pouvait enfin pleinement apprécier ses jolies courbes et son déhanché gracieux. A côté de Parkinson, les yeux rivés sur son livre, comme égaré, suivait enfin Théodore Nott, le plus mystérieux, peut-être, de la bande.
Ils étaient six. Et pourtant, ce n'était pas tellement à cause de leur nombre qu'on les remarquait. En effet, il y avait à Poudlard de nombreux groupes d'élèves qui passaient tout à fait inaperçus. Mais quand ces six-là traversaient un couloir, tous les regards, ou presque, étaient attirés vers eux. Plus exactement, un des leurs attirait tous les regards.
Dès qu'il apparaissait quelque part, Draco Malfoy rayonnait.
C'était peut-être sa blondeur surnaturelle, ou ses pupilles grises indifférentes. C'était peut-être son air dédaigneux et sa moue souvent condescendante. C'était peut-être aussi cette aura étrange qu'il dégageait, comme une barrière entre lui et le monde.
Il était difficile de définir quoi, mais il y avait quelque chose qui faisait de Draco Malfoy la personne la plus fascinante à Poudlard.
xXx
Ainsi, en ce lundi de début décembre, alors que le soleil blanc d'hiver illuminait les couloirs du château, tandis que Draco Malfoy et sa troupe passaient, deux jeunes filles soupirèrent de concert. Il s'agissait de Hermione Granger et de Ginny Weasley.
L'une et l'autre, au demeurant, avaient déjà trouvé l'élu de leurs cœurs, mais cela ne les empêchait pas de reconnaître le charme renversant du petit dieu des Serpentards. Et elles avaient parfaitement raison de rêvasser, des cœurs dans les yeux. Le moment où Ron se rendrait enfin compte que Viktor Krum était de l'histoire ancienne n'était pas prêt d'arriver. Et le moment où Harry reviendrait vers Ginny n'arriverait sûrement jamais. Aussi, les deux jeunes filles se pâmaient-elles au passage du blond, sous le regard peu amène de Ron et de Harry.
– Hermione, tu ne trouves pas qu'il a changé, le petit prince des Serpents ? demanda Ginny, pensivement.
– Hum, maintenant que tu le dis... Il a l'air moins... il a l'air plus... Oh, fichtre ! Je n'arrive pas à mettre un mot dessus ! s'écria Hermione.
Ginny fixait un point dans le vide. Elle réfléchissait intensément.
– Ce n'est pas physique et pourtant, il y a quelque chose...
– Oui, c'est... je ne sais pas, on dirait qu'il est plus...
– On ne pourrait pas parler d'autre chose ? râla Ron. Même si Malfoy vous paraît... beau... il reste quand même le dernier des enfoirés, non ?
Les deux jeunes filles échangèrent un sourire. Il était évident que Ron était jaloux. Le rouquin voudrait bien que Hermione le regarde comme elle regardait le Serpentard... ce qu'elle faisait pourtant, mais quand il avait le dos tourné.
Pour embêter son frère, Ginny continua :
– Maintenant que tu le dis, frérot, c'est peut-être ça a qui a changé. Malfoy est encore plus beau qu'avant, dit(elle malicieusement. Il est plus... sexy.
Ron faillit s'étrangler avec sa propre salive. Il se tourna vers Harry, cherchant du soutien. Après tout, Malfoy était leur ennemi juré, non ?
Mais Harry ne fit aucune remarque. Même lui avait fini par concéder ça à son « ennemi » : Malfoy était beau. Pourtant, avant qu'ils ne commencent leurs séances en septembre, à peine trois mois auparavant, il trouvait Malfoy ridicule. Le blondinet l'insupportait, avec ses manières d'aristocrate hors du temps et son air originalement constipé.
Mais quelque part au cours de leurs tête-à-tête, Harry avait compris que Malfoy n'était pas naturellement comme ça. Et maintenant, il s'attendrissait devant cette mise en scène, ce self-control constant et ce rôle de crétin méchant que s'était attribué le Serpentard.
Malfoy jouait à être lui-même, et il avait fallu plus de cinq ans à Harry pour s'en rendre compte.
– Oh, tu sais, même avant je n'aurais pas craché dessus... rit Hermione. Dommage qu'il se soit toujours comporté en parfait imbécile avec moi, sinon, peut-être que...
Elle surprit alors le regard furieux et les oreilles rougies de Ron et laissa sa phrase mourir dans sa gorge.
Harry ne put s'empêcher de comparer Ginny, sa dernière petite-amie, avec Malfoy, qui avait disparu au tournant du couloir. La plus grande différence entre eux deux résidait en leurs sexes respectifs : la rousse était une fille – il en avait eu la confirmation quand ils avaient couché ensemble pour la première fois – et le blond, un garçon.
Mais bien qu'elle soit mignonne, avec sa crinière flamboyante, ses tâches de rousseur, adorable constellation sur ses joues, et son air de gamine rebelle et espiègle, Ginny ne tenait pas la comparaison avec Malfoy.
Ça lui arrachait le cœur, et même le foie et la rate de devoir l'admettre, mais Harry trouvait, comme Hermione et Ginny, que Malfoy avait quelque chose d'ensorcelant. Le Serpentard marchait comme s'il évoluait dans une sphère privée, loin, très loin du commun des mortels.
– Harry ! Qu'est-ce que tu fous ?
Le brun sursauta. Ses amis étaient déjà loin devant lui. Il courut pour les rattraper, laissant derrière lui ses questions et ses doute. Ron passa le reste du trajet vers la Grande Salle à se plaindre de la superficialité féminine, qui n'y comprenait rien à rien à l'authentique beauté virile, qui se passait de lotion capillaire et de french manucure.
Harry ne se rendait pas compte que ce qu'il pensait à propos de l'inaccessibilité de Draco Malfoy, la plupart des sorciers le pensaient à propos de lui, Harry Potter, le Messie intouchable.
xXx
– Harry, on peut parler ? demanda Ron.
Harry jeta un coup d'œil à sa montre : vingt heures. Ils avaient fini de dîner tôt. Malfoy devait encore être en train de manger, Harry avait un petit moment devant lui.
Il acquiesça et s'assit en tailleur sur le lit de son meilleur ami. Ron portait un pyjama violet trop court mais il arborait un air très sérieux.
– Pourquoi tu n'es pas en pyjama ? demanda-t-il, en dévisageant Harry d'un air suspicieux.
– Je.. j'allais sortir. J'ai promis à Mimi Geignarde de lui rendre visite. Ne me demande surtout pas pourquoi j'ai fait ça, dit Harry, en prenant un air affligé. Si je ne tiens pas parole, je ne pourrais jamais aller pisser tranquille. Je suis sûr qu'elle jaillirait de la cuvette pour me hanter.
Ron rit, plaint Harry et passa à autre chose.
– Je voulais te parler de Hermione.
– C'est à cause de ce qu'elle a dit à propos de Malfoy ? Tu sais, elle a beau dire qu'il est « chou », elle ne voudrait jamais sortir avec l–
– Et bien justement si, Harry, le coupa dramatiquement Ron.
Harry le regarda d'un air stupide.
– Pardon ? Hermione attirée par Malfoy ? Mais elle le déteste ! Et il la déteste ! s'insurgea-t-il.
– Il faut croire que non. Elle m'en as parlé, un jour, grimaça Ron. Selon elle, si Malfoy se comporte de façon aussi détestable, c'est parce qu'il porte un très lourd fardeau. Elle m'a dit qu'elle le plaignait et qu'elle n'aurait pas voulu naître héritière de la famille Malfoy.
– Ça ne veut rien d–
Mais encore une fois, Ron coupa la parole de Harry.
– Elle m'a aussi dit qu'il s'en prenait à nous parce qu'il voulait, au fond, avoir sa place dans notre groupe. Elle a dit qu'il était triste, jaloux et envieux. Qu'il voudrait briller comme toi et les autres Gryffondors. En gros, qu'il voulait être le roi de Poudlard, mais que le trône était déjà occupé, conclut le roux amèrement.
Harry accusa le coup. Il imaginait très bien Hermione tenir un tel discours, craquant pour le gamin au visage d'ange qui ne savait pas canaliser son énergie. Un gamin élevé comme un enfant-dieu, qui ne comprend pas pourquoi un autre que lui, moins beau, moins intelligent et moins riche est vénéré à l'école.
Hermione avait toujours eu un sens aigu de la justice mais aussi beaucoup trop de compassion.
Et lui, Harry Potter, avait fini par penser la même chose à propos de Malfoy. Mais contrairement à Hermione, il n'en parlerait jamais à Ron. Il préférerait affronter une horde de Dolores Ombrage maléfiques.
– D'accord, mais maintenant, elle s'est bien rendu compte qu'elle avait tort, non ? argumenta-t-il, ne sachant comment remonter le moral de son meilleur ami. Malfoy... Malfoy est un Mangemort, Merlin ! Hermione te préfère, c'est sûr !
« Quel hypocrite tu fais ! Toi, ça ne te dérange pas de fricoter avec lui, tu vas même le rejoindre tout-à-l'heure » intervint sa stupide conscience.
– C'est ça le problème, Harry. Si elle me préfère, c'est parce qu'elle compare. Et je ne veux pas être comparé. Je veux être choisi pour moi-même, soupira Ron.
Harry jeta un coup d'œil à sa montre. Il s'en voulait de laisser son meilleur ami dans cet état-là, mais il allait devoir y aller.
Pour se donner bonne conscience, il se dit que sa séance allait être productive. Il pourrait étudier Malfoy et rassurer Ron par la suite.
« Ta mauvaise foi est sans limite, mon cher », ricana la petite voix dans sa tête.
– Ecoute, Ron... je dois vraiment y aller. Je suis désolé. Si tu ne dors pas, on en reparle quand je reviens, d'accord ?
Ron sourit, et le laissa partir. Il savait que Harry avait quelque chose de bien plus important à faire que de lui parler. Il n'était que son meilleur ami. Et les amis, aussi remarquables soient-ils, sont souvent relégués au second plan.
Parce qu'un ami, ça a beau être génial, ça ne fait pas tambouriner ton cœur et frissonner de partout, ça ne te fait pas te sentir bouillonnant et au bord de la jouissance. Ou bien c'est un drôle d'ami.
Fort de cette réflexion, Ron fit un signe de main à Harry et se tourna vers Dean, Seamus et Neville, qui discutaient allégrement de filles. Ils passèrent la soirée à établir une liste des plus jolies filles de Poudlard – aucun n'était d'accord – et une liste des plus moches, ce qui était autrement plus divertissant.
xXx
Lorsque Potter arriva finalement devant la petite salle de classe, cela faisait déjà vingt minutes que Draco patientait à l'intérieur de la pièce. Comme Potter, le Serpentard avait mangé de bonne heure et, dès qu'il avait vu les Gryffondors quitter la Grande Salle, il s'était empressé de partir à son tour. Il avait stupidement hâte de rejoindre le brun. Apparemment ce n'était pas réciproque.
Car contrairement à Draco, Potter ne s'était pas dépêché... mais d'ailleurs, comment faisait-il pour toujours savoir à quelle heure était fixé le rendez-vous ? Il devait posséder un objet magique, ou utiliser un sortilège très puissant...
– Salut, Malfoy. Tu sais que Hermione te trouve charmant ? lança Harry en entrant dans la salle, essayant de faire passer son retard incognito.
– Hermione, tu veux dire le Castor ? sourit méchamment Malfoy. A n'en pas douter. Toute l'école me trouve charmant, Potty, tu es le seul à ne pas t'en être aperçu plus tôt. C'est sûrement parce que tes lunettes ne servent qu'à faire joli. Attends, qu'est-ce que je viens de dire ? Tes lunettes, faire joli ? Oh, et si tu ne l'avais pas remarqué, tu es en retard.
– Et toi, Malfoy, j'ai rêvé ou tu as rougi la dernière fois ? contrattaqua Harry.
Draco ne répondit pas. Il était trop occupé à chasser de son esprit l'image du corps nu de Potter, maculé de sperme, le sexe dégonflant doucement, rougi par l'effort de la jouissance, respirant encore de façon saccadée. Draco avait insisté pour nettoyer le sperme lui-même et il avait rougi. Sainte Morgane.
– Tu devrais vraiment changer de lunettes, Potty. Bien, commençons, veux-tu ?
Comme à chaque fois qu'il était stressé et qu'il voulait se donner une certaine contenance, Malfoy se mit à faire les cent pas dans la salle. Harry était le centre autour duquel le blond faisait sa ronde. C'était très perturbant.
Harry se sentait comme un lombric sans défense au-dessus de qui planerait un rapace aux serres acérées. Un peu comme s'il était un première année en cours particulier avec Rogue.
– Ce soir... Ce soir, tu ne seras pas le seul acteur, annonça Malfoy.
La réaction de Harry ne se fit pas attendre.
– Ne me dis pas que tu as invité Zabini à nos séances ? le supplia-t-il, car il ne supporterait pas de voir Blaise débarquer.
Depuis quelques jours, Harry avait l'impression de voir Blaise Zabini partout. Et Blaise Zabini se comportait de manière très gênante et totalement inexplicable : il multipliait les œillades et les sourires énigmatiques à l'égard de Harry.
Draco s'arrêta de marcher, stoppé net. Pourquoi est-ce que Potter parlait d'inclure ce foutu Blaise dans leurs séances ?
– Mais ça ne va pas, Potty ? Ou tu te lasses déjà du duo parfait que nous formons toi et moi ? dit-il d'un ton taquin. Tu en veux toujours plus, hein ?
Harry ne répondit pas.
– Je disais donc que tu n'allais pas être le seul acteur ce soir car... je vais te donner un petit coup de main. En fait, tu n'auras pas grand chose à faire, tu auras simplement à te laisser faire.
Un sourire carnassier passa sur les lèvres pâles du blond. Harry frémit. Dans quoi s'embarquait-il encore ? Il n'était pas trop tard pour quitter la salle et tout abandonner... Mais Harry savait qu'il ne bougerait pas. Il était trop impatient, trop curieux.
Non, je suis là pour étudier Malfoy et rassurer Ron, rien de plus, se dit-il.
Sa conscience éclata de rire.
xXx
– Mets-toi par là, ordonna Malfoy, en désignant un coin de la pièce.
Harry sut que la séance venait de commencer. Il se mit sur le côté. Debout, un peu mal à l'aise, il attendait de nouvelles instructions.
Le blond sortit sa baguette et envoya tous les pupitres contre les murs de la salle de classe, libérant un grand espace au milieu. Il fit ensuite léviter l'estrade jusqu'au centre de la pièce, où il la posa doucement.
– Grimpe sur l'estrade.
Harry, appréhendant la suite comme d'habitude, monta sur l'estrade. Il se demandait ce que lui réservait le Serpentard, dont l'air guilleret ne lui inspirait rien de bon. Franchement, participer à ces séances relevait du suicide. Ou du masochisme.
Sans prévenir, Malfoy fit un mouvement léger de sa baguette et la manche droite de la robe de Harry commença à bouger toute seule. Le Gryffondor chercha à la retenir – il s'y accrocha comme si sa vie en dépendait – mais la manche refusait de lui obéir. La couture de l'épaule tombait déjà sur son coude, dévoilant le pull rouge qu'il portait en dessous.
Harry se retint d'engueuler le blond, qui, mine de rien, était en train de le déshabiller. Il savait que ça ne servirait à rien.
Harry devait vraiment avoir un sérieux problème. Si Rita Skeeter apprenait ce qu'il se passait dans cette salle de classe, elle écrirait sûrement :
« Harry Potter est un traumatisé, et il restera à vie. A l'âge d'un an, il perd ses parents tragiquement. Aujourd'hui, il cherche inconsciemment chez ses partenaires un substitut de Vous-Savez-Qui, espérant trouver dans la douleur une punition qui le soulagerait de son sentiment de culpabilité. »
En guise de partenaire, Harry avait écopé d'un Malfoy sadique. On fait comme on peut.
D'un mouvement de baguette, Draco ensorcela l'autre manche de Potter. Il s'amusait follement. Avec un air de connaisseur, il trottait autour de sa proie dont les habits rebelles avaient décidé de se carapater. Bon, d'accord : c'était lui qui leur avait donné l'ordre de se carapater. Mais le résultat était le même, n'est-ce pas ?
Potter était embarrassé et c'était drôle. Il ne luttait pas vraiment mais ses bras, au lieu d'épouser les mouvements de ses manches qui s'ôtaient toute seules, étaient étrangement raides. Il ressemblait à une statue de marbre moldue.
Les manches avaient glissé entièrement et la robe était tombée sur l'estrade, en un épais tissu noir qui faisait comme un drapé brillant, jeté sur le socle et sous les pieds d'une statue.
Harry sentit cette fois-ci les manches et le col de son pull en laine le tirer dans tous les sens mais il s'en fichait, car quelque chose de plus effrayant était en train de se passer. En effet, la ceinture de son pantalon venait de se défaire, sa braguette s'était dézippée et, ni une ni deux, son pantalon ne cachait plus de lui que ses chevilles.
En quelques minutes seulement, Harry Potter était passé du stade « entièrement et respectablement habillé » au stade de « en caleçon, chaussettes et chaussures, sur une estrade ».
Il se sentait ridicule. Encore une fois, il se demanda si tout cela n'était pas une immense farce qui avait pour but de le ridiculiser.
– Enlève tes chaussures, ordonna Malfoy.
– Pourquoi tu ne le fais pas toi-même ? Tu as l'air plutôt doué pour déshabiller les pauvres types sans défense ! grinça Harry, qui gigotait et essayait de se cacher au regard du blond, en vain.
En effet, debout sur son estrade, il était entièrement exposé.
Draco sourit. La simplicité de Potter le ferait toujours rire.
– Crois-le ou non, mais j'avais peur de te faire tomber.
Harry acquiesça, piteux. C'était vrai, si ses chaussures s'étaient enlevées toute seules, il aurait certainement trébuché et se serait étalé par terre comme un pauvre Veracrasse bêtement tombé d'une falaise.
Harry se débarrassa de ses derniers vêtements mais garda son caleçon, seule pièce de tissu qu'il comptait garder coûte que coûte.
Puis il se mit nerveusement à se frotter les bras. Malgré les torches magiques, il ne faisait pas chaud.
xXx
Draco fit le tour Potter, l'appréciant comme il aurait apprécié une œuvre d'art. C'était un morceau de choix. Il n'était pas tout-à-fait beau, du moins selon les critères classiques de la beauté, mais il avait quelque chose, du charme, sans doute.
Le regard de Malfoy le fit ciller. Harry n'aimait pas qu'on le regarde. Il se sentait mis-à-nu. Malheureusement, ce soir-là, ce n'était pas uniquement une impression. Devant un Malfoy habillé, il était vêtu en tout et pour tout d'un misérable boxer qui couvrait à peine ses fesses et moulait affreusement ses parties intimes.
Malfoy continua à tourner autour de lui pendant cinq bonnes minutes, le détaillant silencieusement. Il s'était même approché pour examiner le creux de sa hanche, la courbe de son mollet. Il lui avait fait lever le bras droit et avait observé le mouvement de sa peau blanche et fine sur ses côtes. Harry n'aimait pas ça du tout. Et il commençait vraiment à avoir froid.
Cependant, il n'osa pas rompre le silence solennel. Il avait peur de gâcher la cérémonie à laquelle il prenait part sans la comprendre. Il était comme un chien qui participe à un concours de beauté canine et qui, ne voulant pas décevoir son maître, reste immobile des heures durant, tendant parfois la patte à quiconque la lui demande.
Soudain, Harry sentit un changement dans l'atmosphère. L'instant d'avant, il grelottait, mal-à-l'aise sous le regard scrutateur de Malfoy, et là, soudain... Un souffle d'air chaud l'enveloppait. De la magie, bien sûr. Il écarta les bras et eut l'impression d'avoir plongé dans une source bienfaitrice. Il ferma les yeux et tout son corps se détendit. Il était bien.
Harry allait jeter un regard reconnaissant au Serpentard quand le sort s'arrêta net. Un autre, bien moins agréable, venait de le remplacer. Harry avait froid maintenant. Il sentit dans son dos couler comme de la glace liquide, de l'eau gelée. Et ça n'en finissait pas de couler, comme s'il était une statue érigée sous une cascade et condamnée à avoir froid pour l'éternité.
Et puis, le sortilège changea une nouvelle fois. C'était maintenant une myriade de perles d'eau tiède qui le recouvraient, comme s'il était une feuille recevant la rosée matinale.
Draco continuait sa ronde, mais il savait que le brun ne faisait plus attention à lui. Potter était obnubilé par les sensations qui se succédaient sur son corps.
Quand il avait réfléchi à la séance, Draco avait voulu y tenir un rôle plus actif. Les trois dernières fois, il n'avait fait qu'ordonner, laissant Potter agir. Potter avait sûrement compris, désormais, que la masturbation était un plaisir supérieur.
Il était temps de passer à autre chose, de laisser derrière eux le plaisir solitaire pour créer une sorte d'interaction.
« Il faut le soumettre au jugement, au regard d'autrui. Il faut le forcer à voir l'excitation qu'il crée chez les autres » avait écrit Draco dans son carnet.
Car Draco ne pouvait pas nier que voir ce Potter démuni, soumis à ses sortilèges un coup agréables, un coup détestables, l'excitait.
Potter, en son pouvoir, Potter réduit à l'état de chose ! Créature entre ses mains, lui sculpteur, Potter, sculpture qui naissait de ses doigts !
Il se sentait comme un renard qui joue avec un lapereau.
D'un coup de baguette désinvolte, Draco envoya des rubans de flamme danser autour de Potter.
xXx
Harry se sentait comme un pilier autour duquel tournoyaient de nombreuses formes de magie. Il était un point de rencontre merveilleux entre les magies les plus belles et les plus laides. En quelque sorte, il se sentait puissant, invincible, et pourtant dépouillé. Il se sentait comme un roi qui attirait vers lui tous les sorts du monde, comme une statue auprès de laquelle on vient se recueillir.
Sa quasi nudité ne le dérangeait plus. Au contraire, loin de se sentir honteux d'être ainsi exposé, il était heureux d'afficher aussi librement son corps céleste !
Car n'était-ce pas son corps qui irradiait, n'était-ce pas son corps qui était honoré par une ronde de feux follets ? Harry leva le bras et regarda ses ongles étinceler, sous les lumières des sorts entremêlés. Comme ils étaient beaux, ses ongles ! Maladroitement coupés, mais reliés finement à ses doigts, dans la prolongation gracile de son corps...
Harry fit bouger son bras et s'amusa du mouvement de ses muscles sous sa peau. Dans le creux de son coude, il y avait des veines bleues et gonflées. Comment avait-il pu passer seize ans dans ce corps sans les observer à chaque instant ?
Comme sa chair était belle !
Sa taille était entourée de multitude de lumières minuscules, lucioles hésitantes qui célébraient son existence. Il était sans nulle doute la source de la Vie, sinon pourquoi est-ce que ces petits êtres viendraient le prier ?
Debout sur son piédestal, il s'imaginait dans un temple fait de lierre et de vigne, une couronne de fleurs sur la tête et d'incroyables petites fées le parant chaque jour des plus beaux ornements. Il recevrait tous les hommes du monde en pèlerinage, et tous lui feraient mille et une offrandes, baissant respectueusement les yeux devant les siens, qui brilleraient d'un vert d'émeraude.
Peut-être même que ses yeux de statue seraient de véritables pierres précieuses, dont les nombreuses facettes renverraient au soleil, sans sourciller, son fier éclat d'or.
C'était cela : il se sentait rival du soleil, danseur défiant les astres, être suprême et cosmique, prince de son univers !
xXx
Harry parcourut sa peau du bout des doigts et il fut émerveillé de sa douceur liquide. Il était désormais recouvert d'une fine couche d'eau claire, comme un dieu-dragon aux écailles d'argent. Ses ongles s'amusèrent à contrarier le courant de l'eau, et il s'éclaboussait lui-même, et les gouttelettes qui jaillissaient étaient vite englouties de nouveau dans l'immense courant vital.
Il enfonça ses ongles dans sa chair, rêvant de voir son sang, et peut-être même le lécher, de récupérer comme dans un cycle sans fin le fruit de lui-même et le consommer. Oh oui, s'il se nourrissait de son sang, il serait auto-suffisant, il n'aurait besoin de personne d'autre que de lui-même pour se nourrir et se reproduire.
A lui tout seul, il tout un monde, le seul et unique Monde.
Malheureusement, il ne put enfoncer ses ongles jusqu'au sang, car il avait mal.
Cela l'irrita : il croyait être parfait, n'était-il pas parfait ? Pourquoi avait-il mal ?
Quand il ouvrit grand les yeux sous l'effet de la colère, il aperçut Malfoy. L'enchantement vola en éclats. L'eau retomba pitoyablement en flaque, trempant ses vêtements.
Pendant un instant, Harry avait cru être un dieu. Pendant un instant, Harry avait cru être un monde. C'était impossible que de simples sortilèges aient pu l'envoûter à ce point.
– Malfoy ! Qu'est-ce que tu m'as fait ? s'écria Harry, rouge de honte.
Il était sûr d'avoir dansé, et même chanté, enivré par la folie mystique qui l'entourait. Maintenant que le charme était rompu, il se sentait misérable.
xXx
Draco avait passé un quart d'heure à observer impunément Potter se perdre dans la Magie. Le brun dansait sur l'estrade, ouvrait la bouche pour gazouiller. Il était loin, très loin de Poudlard, plongé dans un paradis végétal et animal, vénéré comme un esprit de la forêt, comme un dieu mi-homme mi-bête, à la fois craint et respecté.
Mais Potter était revenu à la réalité, et il était frustré, très frustré, que ce rêve n'ait été qu'un rêve. Il venait de prendre conscience de ses limites : il n'était qu'un homme. On le prenait pour un envoyé de Merlin, mais il n'était qu'un être humain, né de l'accouplement d'un homme et d'une femme. Son statut d'Elu n'était qu'une supercherie.
– Frustré, Potter ? Avoue, tu en veux plus... Tu veux connaître l'extase, tu veux continuer à te sentir dieu.
Harry acquiesça. Il n'avait plus rien à perdre. Il voulait que ça continue. Il voulait jouir comme s'il était un dieu.
Draco s'approcha de l'estrade, une lueur de vénération dans les yeux. Potter était humain. Mais lui, Draco, voulait bien se laisser duper et le prendre pour un dieu.
A cet instant-là, ce que Potter était beau ! Il avait un port arrogant, une mine boudeuse, et ses cheveux humides et sauvages le rendaient follement indécent.
Draco tendit le bras et, du bout de ses ongles manucurés, il effleura le ventre de Potter.
xXx
Harry faillit tomber sous le choc. Malfoy venait d'enfreindre les règles, Malfoy venait de le toucher !
Mais Harry n'avait jamais été un grand amateur de règlement. Il n'était de toute façon pas en état de penser. Il était reparti dans la forêt et ses oiseaux enchanteurs. Dieu vivant, il se promenait entre les fleurs aguicheuses et chacun de ses pas plantait une petite graine brune dans la terre. Paisible protecteur du lieu, il croisa soudain le regard d'un renard argenté.
Le petit animal passa près de ses pattes de cerf, se frottant contre lui comme un chat en chaleur. Le brun s'amusait de cette parade. Il montra ses bois au renard, pour lui montrer qu'il n'était pas une femelle.
Le renard ouvrit la gueule, narquois, et continua sa danse, passant et repassant entre les pattes du cerf. Sa queue touffue courut le long de son ventre – point faible de tout animal, même d'un dieu – et remonta effrontément jusqu'à sa gorge de cerf.
Hypnotisé par la danse du renard, Harry se laissa faire. Les yeux jaunes du petit animal le fixaient intensément, et ses crocs luisaient. Comment une créature si insignifiante pouvait-elle troubler un dieu sylvestre ?
Les pattes du cerf sautèrent une à une, essayant d'échapper à l'emprise du renard. Puis Harry se rendit compte que le renard était un renard polaire, au pelage bleu.
Alors, le grand cerf se laissa tomber sur le dos et le renard s'allongea sur son ventre, victorieux. Il possédait le roi de la forêt.
En réalité, Draco laissait seulement courir ses doigts sur la peau frémissante du brun. Potter ne se rendait même pas compte qu'on le touchait. Il était en sueur, plongé dans un rêve étrange et séduisant.
Draco, lui, était entièrement maître de lui-même. Il appréciait la texture de la chair de Potter comme on apprécierait un matelas de bonne qualité ou une veste bien taillée. Il en profitait aussi pour explorer les endroits sensibles du Gryffondor. Draco se délectait des soupirs de Potter.
Il titillait ses flancs, le creux de ses reins, l'intérieur de ses coudes et de ses genoux, son cou. Ses doigts froids faisaient comme des écorchures brûlantes sur la peau de Potter.
Les pattes en l'air, les yeux exorbités Harry se laissait dominer par un renard. Sa gueule se remplissait de mousse et d'écume, ses bois s'enfonçaient dans la terre et ses sabots s'élançaient vers le ciel.
En voyant la bosse dans le caleçon du brun, Draco eut pitié de lui. Il lui lança un sortilège qui l'accompagnerait vers la jouissance – Draco n'allait pas s'en charger lui-même, ce serait trop obscène.
Dès que les doigts d'air et de feu s'enroulèrent autour de son pénis, Potter baissa son boxer de lui-même, libérant son sexe.
Draco se retrouva alors devant la bite brandie de son partenaire. Il ne savait pas comment réagir. Il rougit, se détourna et observa le mur pendant les vingt minutes qui suivirent. Il n'était pas préparé à une telle vision, et elle resta gravée dans son esprit bien malgré lui.
Petit et agile, le renard s'enfonçait en lui. Le cerf bramait, ses cils se couvraient de larmes. Ses pattes battaient l'air, il était pris de démence. Son univers s'était réduit au sexe du renard, à la langue du renard, aux crocs du renard. Il y avait aussi du sang, de la sueur et du liquide séminal, et la forêt était emplie de l'odeur du sexe animal.
Sous les caresses et les coups de butoir du renard polaire, le cerf, Harry, jouit. Son sperme décrivit un arc de cercle brillant dans les airs avant de tomber en taches blanches sur ses robes, déjà mouillées.
Harry ouvrit les yeux, perdu. Il mit plusieurs secondes à se rappeler qui et où il était.
xXx
– Malfoy tu veux bien me...
– J'arrive, dit Malfoy, campé à plusieurs mètres de lui, le dos tourné.
« Est-ce que c'est de la déception que je lis dans ton esprit ? Tu aurais préféré qu'il te regarde jouir ? » demanda la conscience de Harry.
Non, pas du tout ! Je... Ça m'étonne, c'est tout. Je ne suis pas déçu. Au contraire, je suis soulagé de constater que son vice a des limites...
« Il y a bien quelque chose qui te turlupine, n'est-ce pas ? Oh, je vois... Tu pensais que tu avais joui grâce à ses caresses ! Mais apparemment, de vulgaires sortilèges ont suffi, mon cher ami. »
Malfoy s'approcha et marmonna plusieurs sorts de nettoyage, déposant sur les fesses de Harry un parfum familier de vanille. Harry leva les bras pour lui faciliter la tâche. Il n'était plus du tout gêné que Malfoy s'occupe de sa toilette. A quoi bon ? Harry venait une nouvelle fois de jouir devant lui, qu'avait-il encore à cacher au Serpentard ?
Après que Malfoy ait nettoyé un à un ses vêtements, Harry se rhabilla dans un état second. Il sourit, retrouvant cette odeur de lessive qu'il aimait tant.
– Bon et bien... merci, Malfoy. A la prochaine.
Et Harry partit sans attendre, des pensées de plus en plus confuses emplissant son esprit. Il était en train de redescendre sur Terre, et il se demandait s'il ne venait pas de faire un séjour dans la quatrième dimension.
Quand il rentra au dortoir, il vit Ron, Seamus, Dean et Neville écrivant tour à tour sur un parchemin. Ron ne fit pas attention à lui et le brun soupira de soulagement. Il n'aurait pas été capable de parler de Hermione avec lui, encore moins de Malfoy. Il se coucha tout habillé.
xXx
Seul dans la salle de classe, Draco remettant distraitement les pupitres et l'estrade en place. Il avait le souffle court. Même s'il n'avait pas partagé le rêve fou de Potter, il était un peu sonné. C'était la deuxième fois qu'il voyait Potter nu, et la deuxième fois qu'un homme le troublait à ce point. Ça n'allait pas du tout.
Malgré les leçons de morale qu'il avait faites à Potter, Draco ne se masturbait pas souvent. Il n'en éprouvait pas le besoin. Il trouvait l'acte à la fois dégradant et un peu triste. Ce qu'il aimait, c'était posséder, s'enfoncer, se sentir puissant. Il avait toutes les personnes qu'il désirait, pourquoi se branlerait-il ?
Mais ce soir-là de décembre, après une épuisante séance d'érotisme, dans une salle de classe abandonnée, Draco Malfoy se laissa tomber par terre et empoigna son pénis. Il devait se décharger de toute la frustration qu'il venait d'emmagasiner.
Et en se masturbant, il pensait à Potter, un Potter qui ne serait plus un homme, mais un dieu-cerf.
Voilà. J'espère que vous avez apprécié ce rêve. Je vous accorde qu'il n'est peut-être pas aussi érotique qu'il ne faudrait, mais il me plaît bien. Désolée si vous vous attendiez à du hard hihi, j'essaierai de me rattraper plus tard :)
