Une autre route à prendre

Disclaimer : Cette fanfiction appartient à DragonGirl16, et je ne fais que la traduire avec sa permission. Bien évidemment, rien ne m'appartient, et l'auteure DragonGirl16 ne se fait pas d'argent avec cette fanfiction. L'univers de Harry Potter appartient à J.K. Rowling.

Coucou tout le monde, tout d'abord, désolée pour l'attente ! Ce chapitre est particulièrement long (il fait 23 pages), ce qui a eu pour conséquence naturelle un léger retard. Néanmoins, j'espère qu'il vous plaira !

Un grand merci à mes deux bêta-lectrices adorées, Coralie et Mana Miya, qui ont fait un travail sublime sur ce chapitre :).

Et merci à vous qui lisez, suivez, et mettez en favori cette fanfiction ! Et surtout merci à tous les reviewers (comme Beebeul, Remus J. Potter-Lupin, Matsuyama, RingoLily, Mini-Yuya, tetile62, Egwene Al' Vere, Didine Halliwell et Ulys), dont les messages m'encouragent énormément ! X3

Bonne lecture !


Note de l'auteure : pour info, je suis assez méchante avec canon!Ginny (ndt : personnage tel que caractérisé par l'auteur du livre) dans ce chapitre. Vous allez sûrement prendre ça pour du Ginny-bashing (ndt : dénigrement gratuit et méchant d'un personnage). Désolée d'avance.


Chapitre 9

« C'est mieux !

– Non !

– Si !

– Le football est un vrai sport !

– Non, le Quidditch, ça c'est un vrai sport ! On a plus d'une fichue balle et on vole !

– Retire ce que tu viens de dire !

– Non !

– T'es qu'un idiot ! Le football est le meilleur sport au monde !

– C'est faux !

– C'est vrai !

– C'est faux !

– C'est vrai !

– Bon Dieu ! éclata Hermione. Vous ne voulez pas aller vous disputer ailleurs ? »

Ron se tourna vers elle. « Ferme-la, sale je-sais-tout !

– Hé », fit Harry en se raidissant et en poussant sa chaise en arrière.

Ron se retourna vers Dean.

« Et le Quidditch est le seul vrai sport qui existe !

– C'est faux !

– C'est vrai !

– Allons à la bibliothèque, suggéra Neville, qui avait la tête entre les mains.

– On ne pourra jamais étudier ici, pas avec tout ce brouhaha stupide. Vous allez avoir des ennuis », dit Hermione aux garçons.

Ron lui lança un regard mauvais, mais continua à se disputer avec Dean.

« Mon cousin Dudley aime les Manchester United », offrit Harry.

Dean renifla d'un air méprisant.

« West Ham est meilleur. Vous allez voir. Un jour ils gagneront le championnat et tous les autres devront s'incliner devant leur supériorité. » Puis il se replongea dans sa dispute avec Ron.

Harry doutait de son optimisme, mais après, il n'y connaissait pas grand-chose à l'English Premiere League. Il avait été un fan de Manchester City avant, quand il ne savait pas encore que des gens pouvaient faire du sport sur des balais volants. Dudley et Oncle Vernon étaient des fans de Manchester United, mais Harry pensait parfois qu'ils soutenaient l'équipe plus parce que les gens s'attendaient à ce qu'ils aient une équipe préférée que par amour sincère du sport.

Harry, Hermione et Neville sortirent discrètement de la salle commune de Gryffondor avant que Ron et Dean n'en viennent aux mains. Beaucoup d'étudiants se trouvaient à la bibliothèque, pour un week-end. Harry remarqua qu'ils faisaient tous partie des étudiants d'années supérieures – très certainement déjà en train de réviser pour leurs B.U.S.E ou leurs A.S.P.I.C.

Ils s'installèrent à l'une des longues tables vides. Les yeux de lynx de madame Pince les regardèrent s'asseoir avant de retourner à son livre.


Harry passa la plus grande partie de la nuit du samedi à réfléchir et à essayer de se souvenir. La dernière fois… Harry plissa des yeux en regardant le plafond. La dernière fois, j'ai – oh Merlin. J'étais convaincu que Rogue essayait de voler la Pierre, et je sais que ce n'est pas vrai. Il soupira. Tout ce que je suis censé savoir maintenant c'est que quelque chose a été volé à Gringotts, qu'Hagrid l'a déplacé avant que ce soit volé et c'est tout. Ce n'est pas comme avant, quand j'avais vraiment vu l'objet. Harry se frotta les yeux. Je suppose que je vais devoir attendre que Quirrell tente sa chance mais… Il se mordit la lèvre. C'est à ce moment-là que Dumbledore a compris pour la première fois qu'il pouvait me faire confiance. Et il peut toujours ! Harry lança un regard noir au plafond. Je ne suis peut-être pas l'enfant naïf que j'étais autrefois, mais je veux que tout le monde vive. Je suis juste… plus raisonnable qu'avant à propos de ça, c'est tout.

Harry passa une main sur son visage. Merlin, des fois je ne suis qu'un idiot. Je dois faire quelque chose, non ? Avant que mes souvenirs ne deviennent encore plus flous.

La brume mentale avait encore empiré durant la semaine. Harry n'avait qu'une envie : débouler dans la boutique d'Ollivander et réclamer des réponses. Mais à chaque fois qu'il y songeait, son bon sens le rattrapait et il se trouvait à nouveau coincé. Les souvenirs ne… s'effaçaient pas, pas vraiment, mais ils n'étaient pas clairs comme du cristal non plus. Il lui arrivait toujours plus souvent de se réveiller en hurlant à cause d'un cauchemar que de faire des rêves normaux, mais les sortilèges de mutisme servaient à ça.

James, Albus, Lily. Harry sentit des larmes lui piquer les yeux. Comment est-ce que je vous sauve maintenant ? Comment est-ce que je fais pour être au moins sûr de votre naissance ? Une des portes rouges brumeuses s'entrouvrit, mais Harry la referma d'un coup sec. Il connaissait ce souvenir. Il ne voulait pas – il ne pouvait pas…

« Mais qu'est-ce qu'il t'arrive ? se rappela crier Harry. Ginny – attends, s'il te plaît !

C'est inutile ! » La rousse était en larmes. « Tout cela est inutile !

Mais – Ginny, s'il te plaît, s'il te plaît », dit-il en tendant un bras vers elle. Elle avait repoussé sa main d'une tape. « Pourquoi ? Est-ce que c'est parce que j'ai perdu mon poste de directeur du département ? Ça va aller, Ginny, je te le jure. C'est juste que, que je ne pouvais pas…

Non, ça n'a rien à voir avec la perte de ton travail ! éclata-t-elle. Et si, continua-t-elle après avoir repris son souffle. Ça a un lien. Tu – tu es juste… » Ses bagages étaient faits, éparpillés dans le couloir. « Tu – j'ai perdu quinze années de ma vie pour toi, Harry Potter !

Je… mais je… Que veux-tu dire ? Est-ce que – est-ce que c'est à propos du bébé, que… »

Le visage de Ginny s'assombrit.

« Tu es inutile, dit-elle en le pointant du doigt. Trois fausses couches Harry. Trois.

Mais – Je – On peut passer au-dessus de ça, Gin. Est-ce que tu – on pourrait aller à Sainte-Mangouste ou – ou…

J'ai fait mon devoir pour cet ignoble simulacre de famille. J'ai eu des enfants pour que tu aies des héritiers, j'ai même supporté ton incapacité à profiter de ton nom pour améliorer notre avenir, ta stupide insistance à ne pas utiliser ta célébrité, mais ça suffit ! »

Ginny rejeta la tête en arrière, ses yeux brillants de larmes.

« Je pars. Je mérite une vie avec quelqu'un que je peux aimer. Une vie avec quelqu'un qui comprend ce qu'est l'ambition et qui a envie d'être quelque chose de plus, quelque chose de mieux.

Mais je t'aime – que veux-tu dire par là ?

Je ne t'aime pas, Harry. Je ne sais même pas si je t'ai aimé un jour, dit Ginny. Je prends les enfants avec moi. On va s'installer au Terrier.

Non ! s'était alors écrié Harry. Tu ne prendras pas mes enfants.

Ils ne sont pas de toi, triple crétin ! avait crié Ginny. Ils ne l'ont jamais été ! Je n'ai jamais mené à terme un seul enfant de toi ! J'ai des amants depuis des années, Harry ! Depuis le premier bébé qu'on a perdu et que tu as commencé à faire des heures supplémentaires parce que tu n'avais pas le cran de remplir un contrat publicitaire ou quoi que soit d'autre d'utile ! Je n'en peux plus Harry ! Je n'en peux plus ! »

Harry s'extirpa du souvenir avec un frisson. Il n'avait pas – Merlin. Il détestait ce souvenir. Quand est-ce que les choses ont commencé à aller mal entre nous ? Il y a eu des disputes, oui, mais jamais – jamais comme… Cette dispute avait duré encore une heure, avec Ginny en train de cracher l'une après l'autre chaque horrible vérité. Harry lui avait dit d'arrêter et Ginny était partie, en le menaçant d'employer des avocats pour avoir la garde de ses enfants. Il avait découvert plus tard que James, Albus et Lily avaient tout entendu, car ils étaient rentrés plus tôt que prévu d'une visite chez un ami. Harry avait essayé de les protéger de la vérité, de leur faire croire que leur mère faisait une crise de nerfs et avait besoin de vacances – n'importe quoi pour que ses enfants cessent d'avoir l'air si dévastés. Il leur avait promis qu'il serait toujours leur père, qu'importe les liens du sang, et que rien, rien ne changerait jamais ça.

Puis Ginny était revenue une semaine plus tard avec des sorciers de loi et des sortilèges de paternité. Elle avait menacé de lui soustraire la moindre Noise en sa possession, sa maison, tout, s'il n'abandonnait pas sa demande de garde des enfants. L'atout de Ginny était que les enfants n'étaient pas de Harry – et il savait qu'elle n'était qu'à deux doigts d'aller voir les journaux avec un récit mirobolant et scandaleux qui l'aurait noyé sous la mauvaise presse, en l'exhibant en couverture des torchons qu'il détestait tant. Elle était tellement en colère contre moi, pensa-t-il en se frottant avec force les yeux. Et je n'ai jamais compris pourquoi.

James avait été dévasté. Il n'avait pas voulu partir. Albus et Lily s'étaient agrippés à Harry tandis que les sorciers juristes expliquaient que comme ils étaient les enfants biologiques de Ginny, elle avait un contrôle total et complet sur leur future domiciliation et sur le temps qu'il serait accordé à Harry avec eux. Il avait été obligé d'abandonner ses enfants – ils étaient ses enfants – à la loi sorcière. Plus tard, Molly et Arthur étaient intervenus pour laisser Harry les voir autant qu'il le désirait. Alors même que Ginny traînait les procédures judiciaires devant un tribunal publique, Molly et Arthur n'avaient jamais empêché Harry de contacter ses enfants. Harry ne savait pas quel genre de disputes éclataient au Terrier, et il s'en préoccupait peu – Ron ne voulait pas en parler, et Hermione n'était pas impliquée dans ces discussions. On aurait dit que c'était une affaire pour les Weasley de sang, et non pour les gens de l'extérieur, pas même ceux auxquels ils étaient liés par le mariage. Ses meilleurs amis avaient leurs propres problèmes à ce moment-là, découvrit-il plus tard, mais Harry était tellement préoccupé par le sort de ses enfants qu'il n'avait prêté attention à rien d'autre.

Puis les attaques avaient commencé, Ron et Hermione étaient morts et Harry avait eu un nouvel ennemi à combattre. Il avait continué à aller au Terrier aussi souvent que possible, alors même que son nom et sa réputation étaient traînés dans la boue. Arthur avait arrêté d'essayer de réconcilier Harry et Ginny depuis quelque temps déjà, mais Molly n'avait jamais abandonné. Harry reconnaissait maintenant qu'il aurait fait la paix, ne serait-ce que pour ses enfants. Mais Ginny ne voulait pas en entendre parler, sortait avec une bande de joueurs de Quidditch professionnels et avait commencé à se faire remarquer par la presse, ou du moins un peu, avant le début de la seconde guerre. Par la suite, Harry avait rarement aperçu Ginny au Terrier et n'avait jamais demandé aux enfants où se trouvait leur mère. Harry avait essayé de conserver sa famille et cela signifiait tenir sa promesse.

Puis les choses se sont gâtées. Harry frotta d'une main tremblante ses yeux. J'avais dit à Ginny de prendre les enfants et de fuir. Pourquoi est-ce qu'elle ne m'a pas écouté ? Elle ne m'a pas cru ? Pourquoi les enfants ont-ils été laissés seuls au Terrier ? Ou est-ce que quelque chose est arrivé ? Est-ce qu'elle a été attaquée en rentrant à la maison ? Pourquoi… pourquoi…

Il se tourna sur le côté et se recroquevilla sous les couvertures. Il n'obtiendrait jamais les réponses à ces questions. Maintenant, il devait juste s'assurer qu'il n'aurait jamais à se les poser.


Lundi arriva bien trop vite au goût de Harry. La notice d'information sur les cours de vol attira l'attention de tout le monde dans la salle commune.

« On est avec les Serpentard ? dit Ron en faisant la grimace. Enfin, il y en a au moins un qui sera content. »

Et il lança un regard noir à Harry.

« Voler, fit Hermione en clignant des yeux. Oh, voler. »

Harry la regarda. Ses yeux étaient un peu plus écarquillés que d'habitude.

« Je – je vais devoir – vous pensez qu'il y a des manuels là-dessus ? Des guides ? Oh, bon, on va devoir aller à la bibliothèque.

– Pff, comme si ça allait t'aider ! railla Ron. Moi, je vole depuis des années. J'ai même failli heurter un deltaplane une fois avec le balai de Charlie !

– Toi aussi, mec ? gloussa Seamus. Je crois que ma mère m'a appris à voler avant de marcher ! »

Ron et Seamus commencèrent à raconter leurs aventures en balai avec des élèves d'années supérieures, chacune meilleure que la précédente.

« Tu crois qu'ils auront des guides à la bibliothèque ? demanda Neville, qui se trouvait à côté de Harry. Je n'ai jamais monté un balai. Mamie ne voulait pas.

– On va en chercher un, lui assura Harry d'une voix basse tandis que Dean et Ron recommençaient à se disputer à propos du sport. On va forcément trouver quelque chose. »

Ce quelque chose fut Le Quidditch à travers les âges. Harry laissa Hermione s'occuper de tout – elle était une meilleure organisatrice que lui – et se mit à ses devoirs. Il savait déjà comment voler. Il adorait voler. C'était une bonne chose qu'il ait un don pour ça depuis le début.

Ils se trouvaient à nouveau dans la bibliothèque. C'était devenu leur lieu d'étude habituel, étant donné que la salle commune était trop bruyante et que personne ne semblait vouloir se joindre à eux dans leurs efforts scolaires. Alors même qu'ils avaient réussi à apporter cinq points à Gryffondor dès la première semaine de cours.

Une autre chose qu'ils trouvèrent à la bibliothèque fut Drago Malefoy. Ou plutôt, ce fut lui qui les trouva.

« Qu'est-ce que vous faites là ? retentit la voix de Drago alors qu'Hermione étudiait les bases de la constitution d'un balai avec Neville.

– On étudie, répliqua Hermione. Qu'est-ce que tu fais ici, toi ?

– J'étudie », riposta Drago. Il pencha la tête sur le côté pour lire le titre du livre qu'elle lisait.

« Quidditch ? dit-il en haussant les sourcils. Est-ce que vous avez vu la notification ? On va avoir des cours de vol ! » Un vrai sourire éclaira son visage. « J'ai presque heurté un truc volant moldu une fois. Père était furieux. » Sa joie s'estompa un peu. « J'ai plusieurs balais à la maison. Mère m'en achète depuis que je sais marcher.

– Pas toi aussi, gémit Hermione en s'effondrant sur son siège.

– De quoi « moi aussi » ? dit Drago, et son sourire devint sournois. Ah, je vois. Granger a fini par trouver quelque chose qui ne s'apprend pas dans les livres !

– Drago, grogna Harry. Arrête ça.

– Ne me dis pas ce que je dois faire, Harry.

– Alors sois sympa, pars ou assieds-toi. Madame Pince est sur le point de nous mettre dehors et je veux commencer ma rédaction de Sortilèges. »

Drago lança un regard à madame Pince, qui les observait d'un œil noir. Il posa ses livres sur la table et se glissa dans un siège. « Cette femme est folle », murmura-t-il.

Hermione le regarda comme s'il lui avait poussé une seconde tête.

« Tu n'avais qu'à partir, dit-elle.

– Mais j'ai mes devoirs à faire, répliqua-t-il en lui faisant un sourire qui montrait toutes ses dents.

– Va-t-en.

– Non.

– Si.

– Non.

– Si.

Force-moi. »

Harry tira Hermione en arrière avant qu'elle ne puisse se jeter par-dessus la table.

« Vous allez arrêter, oui ? »

Merlin. Placer Drago et Hermione dans la même pièce que lui, c'était comme associer du feu à de la poudre à canon.

Hermione renifla d'un air digne, avant de se replonger dans Le Quidditch à travers les âges. Neville observait Drago avec un regard d'adulte qui surprit Harry.

« Londubat, fit Drago en soutenant son regard.

– Malefoy », répondit Neville. Puis il se pencha sur le paragraphe qu'Hermione pointait du doigt.

Intéressant. Harry jeta un coup d'œil au garçon. Harry ne savait pas que Neville et Drago se connaissaient. Ou peut-être qu'ils ne – stop, Harry ferma les yeux pendant un instant. Cette garce. Bellatrix. C'est la tante de Drago. Il ouvrit les yeux et remarqua l'expression neutre de Drago. Le blond observait Neville et Hermione murmurer les étapes de la montée sur balai pour une envolée sécurisée et correcte.

« Mieux vaut ne pas croiser les chevilles », leur dit Drago.

Hermione lui lança un regard surpris, mais Harry nota que Drago s'adressait plus à Neville qu'à elle.

« Si tu fais ça en étant trop proche du sol, tu vas pencher en avant. C'est mieux de les croiser quand tu t'élèves dans les airs, mais pas trop tard sinon tu tombes.

– Ça n'est pas logique du tout ! » s'exclama Hermione avec un geste exaspéré.

Drago haussa les épaules et retourna à ses livres.

« Mère… », commença-t-il. On aurait presque dit qu'il jetait un coup d'œil à Neville. « Ma famille m'a appris à prendre mon envol avec des protections sous moi. Une fois que tu as compris le truc, le reste vient tout seul.

– C'est facile à dire pour toi », grommela Hermione en se replongeant dans son livre.

Drago se concentra sur ses devoirs – il était assis à une chaise d'écart de Harry, ne faisant pas vraiment partie de leur groupe, tout en étant assez proche d'eux pour agacer de temps à autre Hermione avec une remarque sarcastique sur ses préparatifs. Harry serait sûrement intervenu, mais les remarques de Drago étaient souvent pertinentes – peu de choses faisaient sens dans Le Quidditch à travers les âges pour quelqu'un qui n'avait pas de connaissances de base sur le vol. Harry le laissa donc faire – de toute façon, Hermione répliquait assez vivement pour pouvoir se passer d'un défenseur.


Hermione les traîna hors du lit tôt le jeudi matin en vue de faire une session de révision de dernière minute de ses fiches au petit-déjeuner. Harry suivit d'un pas fatigué Neville et Hermione tout en se frottant les yeux pour tenter de se réveiller. Hermione avait réveillé toute leur chambrée, en essayant de faire sortir du lit Harry et Neville. Ron avait toujours été d'humeur exécrable le matin. Leur cours de nuit d'Astronomie l'avait rendu encore plus grincheux.

Harry aperçut Drago entrer dans la Grande Salle avec Theodore Nott. Harry détourna le regard avant qu'ils puissent remarquer qu'il les observait. Les allégeances de Nott avaient eu l'air neutres durant la guerre contre Voldemort. Harry ne l'avait pas vu durant l'invasion d'Hammerstein, bien que Nott eût très bien pu être l'informateur de Drago dans ce domaine. Harry savait que Nott avait été un solitaire durant leurs années à Poudlard, ne joignant jamais le groupe d'amis de qui que ce soit. Le père de Nott était un Mangemort, se souvint Harry avec un froncement de sourcils. Mais Nott ? Not. Il grimaça. C'était un mauvais jeu de mots.

« Tu ne crois pas, Harry ? »

Il cligna des yeux en regardant Hermione.

« Hein ?

– Harry, dit-elle en fronçant les sourcils. Tu ne vas jamais apprendre à voler si tu es dissipé.

– Ça ira. Il faut juste se détendre, leur dit-il. Être nerveux de nous servira à rien, je parie. »

Le reste des Gryffondor entra dans la Grande Salle avant qu'Hermione ne puisse lui répondre. Ron et Dean continuaient leurs chamailleries – mais ils baissèrent d'un ton lorsque McGonagall leur adressa un regard perçant. Au moment où Hermione commença sa relecture, Ron leva les yeux au ciel d'un air comique tout en faisant plein de gestes avec ses mains, et ses moqueries semblèrent le rabibocher avec Dean. Harry lui lança un regard furieux. Ron avait-il été vraiment un tel crétin en première année ? Pas étonnant qu'Hermione ait été si malheureuse à Halloween. Bien sûr, pensa-t-il avec un pincement de culpabilité, j'étais autant à blâmer que Ron à l'époque.

Hermione fut interrompue par l'arrivée du courrier. Harry avait reçu plusieurs lettres amicales d'Hagrid, chose qui n'était pas arrivée la première fois, mais Hedwige ne lui en apporta aucune aujourd'hui. Harry regarda Malefoy recevoir par son aigle royal un énième colis. Il remarqua qu'ils venaient tous de Narcissa. Les lettres, les friandises, tout. Pas un mot de son père.

Qu'est-ce qui les séparait vraiment, tous les deux ? Harry poussa ses œufs dans son assiette. J'ai toujours pensé que Drago était comme Dudley, qui pouvait frapper, crier, être horrible avec ses parents et obtenir exactement ce qu'il voulait. Était-ce la vérité ou était-ce seulement ce qu'ils voulaient nous faire croire ?

Les Malefoy – et ça, Harry l'avait appris au fil des ans – avaient plus de couches et de mordant que des oignons. Chaque couche ne représentait pas forcément la vérité. La plupart du temps ils dissimulaient leur véritable moi au plus profond d'eux-mêmes, protégé du monde extérieur. Quand ils s'étaient soûlés au bar, les couches de Drago étaient tombées, mais Harry n'avait jamais vraiment su combien il y en avait en réalité.

Harry fut tiré de ses pensées par la chouette effraie qui se posa devant Neville. « C'est de ma Mamie ! » s'exclama le garçon en ouvrant le colis. Il contenait une boule en verre de la taille d'une grosse bille, qui avait l'air remplie de fumée.

« C'est un Rapeltout ! dit Neville à Hermione. Mamie sait que j'oublie tout – ça sert à savoir si on a oublié de faire quelque chose. Regarde, tu le tiens comme ça et s'il devient rouge – oh… » Son visage s'assombrit lorsque le Rapeltout devint écarlate. « J'ai… J'ai dû oublier quelque chose…

– Quoi, Neville oublier quelque chose ? Impossible ! » ricana Ron. Puis il arracha l'objet des mains de Neville.

« Hé ! fit Neville en essayant de le récupérer.

– On dirait que je n'ai rien oublié, moi ! rigola Ron, en tenant dans sa main la sphère pâle.

– Juste tes bonnes manières, répliqua Hermione d'un ton cassant. Rend-le lui.

– Que se passe-t-il ?

Le professeur McGonagall était apparue juste derrière Ron. Le roux fourra le Rapeltout dans les mains de Neville.

« Rien, professeur, dit rapidement Ron.

– Essayez de garder votre volume sonore à un niveau respectable », dit-elle avant de s'éloigner.

Harry leva les yeux au ciel conjointement avec Hermione. Neville garda une main protectrice sur son cadeau, tout en essayant de se rappeler ce qu'il avait bien pu oublier.


À trois heures trente cet après-midi là, Harry se retrouva à suivre les autres premières années de Gryffondor, qui se hâtaient de descendre les escaliers du château pour assister à leur premier cours de vol.

C'était une journée dégagée et venteuse. Harry tourna son visage vers le soleil d'automne en inspirant profondément. Il pouvait sentir la fumée de bois qui s'échappait des cuisines. La Forêt Interdite commençait à prendre des couleurs, avec quelques arbres d'un rouge ou orange vif parsemant l'océan de vert.

Les Serpentard étaient déjà là, tout comme la vingtaine de balais soigneusement alignés sur le sol. Harry crut voir Drago hocher la tête en leur direction et faire un clin d'œil. Puis madame Bibine arriva. Sa courte chevelure grise était ébouriffée par le vent. Ses yeux jaunes parcoururent les élèves d'un seul coup d'œil. « Eh bien, qu'attendez-vous ? aboya-t-elle. Que tout le monde se tienne près d'un balai. Allez, dépêchez-vous. »

Harry se retrouva entre Hermione et Neville. Ron était de l'autre côté de Neville, l'air ravi.

« Placez votre main au-dessus du balai, expliqua madame Bibine, et dites « DEBOUT » !

– DEBOUT ! » s'écrièrent-ils tous.

Comme dans ses souvenirs, le balai de Harry lui sauta dans la main. Celui d'Hermione roula sur le sol, quant à celui de Neville, il ne bougea pas du tout. Ses amis furent parmi les derniers à réussir à les faire léviter.

Madame Bibine leur montra ensuite comment enfourcher leur balai sans glisser sur son extrémité. Ron, Crabbe et Goyle se mirent à rire quand Bibine corrigea la position de Drago. Les joues du blond étaient teintées de rose lorsqu'il lança un regard noir à Ron et à ses camarades de Serpentard.

« Maintenant, à mon coup de sifflet, vous donnez un grand coup de pied sur le sol, vous vous élevez de quelques mètres dans les airs puis vous redescendez immédiatement en vous penchant légèrement en avant sur votre balai. Attention au coup de sifflet. Trois… deux… »

Le balai de Neville s'éleva du sol avant le coup de sifflet de madame Bibine. Le garçon était soulevé dans les airs comme le bouchon d'une bouteille de champagne, à trois mètres, puis à six mètres du sol. Harry vit son visage terrifié regarder en bas, ouvrir grand la bouche, glisser du balai sur le côté et…

BAM ! Un bruit de choc et un vilain craquement se firent entendre et Neville se trouva étendu face contre terre. Harry descendit avec précipitation de son balai tandis qu'Hermione essayait de faire de même avec le sien. Harry se laissa tomber à genoux à côté de Neville pendant que madame Bibine l'examinait, son visage aussi blême que lui.

« Le poignet est brisé, l'entendit murmurer Harry. Venez, mon garçon. Ça va aller, relevez-vous. »

Elle soutint Neville d'une main tout en le soulevant, avant de s'adresser à l'ensemble de la classe.

« Personne ne bouge pendant que j'emmène ce garçon à l'infirmerie. Vous laissez les balais par terre, sinon, je vous garantis que vous serez expulsés de Poudlard avant d'avoir eu le temps de dire Quidditch. Venez, mon garçon. »

Harry retint Hermione par le bras tandis que madame Bibine emmenait un Neville en larmes avec elle.

Dès qu'ils furent suffisamment éloignés, Ron éclata de rire. « Vous avez vu ça ? s'écria-t-il en se tournant vers Seamus. Ma petite sœur était meilleure que lui la première fois qu'on l'a fait grimper sur un balai !

– Ron ! lui lança sèchement Hermione. Neville est un de tes camarades de chambre.

– Pour ce que les instructions lui ont servi ! » s'exclama Ron en s'essuyant les yeux.

Harry grimaça en voyant Hermione pâlir.

« Humpf, au moins il nous a prouvé qu'il savait voler, rétorqua Drago.

– Contrairement à toi ! ricana Ron. Oh, regardez – Ron se pencha et ramassa quelque chose sur l'herbe – C'est son Rapeltout ! Peut-être que c'est ça, ce qu'il a oublié ! Avec tous les trucs stupides que tu lui bourres dans le crâne ! dit Ron en secouant le Rapeltout sous le nez d'Hermione.

– Donne-moi ça, Ron, dit Harry, qui avait perdu toute patience. Et arrête d'être un tel imbécile. Neville aurait pu mourir, et toi ça te fait rire ?

– Mais non, il n'allait pas mourir, dit Ron en levant les yeux au ciel. Je pense que je vais le garder. Jusqu'à ce qu'il se rappelle que c'est à lui ! rit-il.

– Je ne savais pas que les Weasley étaient si pauvres qu'ils avaient besoin de voler jusqu'à leurs camarades de chambrée », fit Drago d'une voix traînante.

Ron rougit.

« La ferme, Malefoy !

– Je devrais dire aux professeurs que tu n'es qu'une petite fouine cupide, railla Drago.

– Et c'est tout ce que tu sais faire, hein ? Courir dans les robes des profs pour rapporter.

– Je vais te montrer ce que je sais faire.

– Ah ouais ? fit Ron en sautant sur son balai. Je parie que tu ne peux pas me le prendre des mains ! s'exclama-t-il en tendant à bout de bras le Rapeltout. Viens le chercher ! »

Drago attrapa un balai et fut dans les airs en moins d'une seconde.

« Non ! cria Hermione. Madame Bibine nous a dit de ne pas bouger. Vous allez nous attirer des ennuis ! »

Les garçons l'ignorèrent. Par Merlin, quel bordel. Harry prit son balai. Le sang lui tapait aux oreilles. Il s'éleva du sol pour les suivre, ignorant le cri d'Hermione, qui lui demandait de redescendre immédiatement. La sensation d'un balai sous ses doigts était merveilleuse. Cette sensation, ancienne et familière, le fit frissonner de la tête aux pieds.

« Vous allez finir, tous les deux ? grogna-t-il férocement en volant à leur niveau. Ron, descends, on est sur le point d'être renvoyés. Drago, ta position… »

Drago poussa un petit cri en se sentant pencher sur le côté. Ron se mit à rire. Harry fonça à toute vitesse auprès de Ron, le surprenant.

« Donne-le moi ! s'écria Harry en essayant de lui arracher des mains le Rapeltout.

– Non ! Et pourquoi tu l'as prévenu ? dit Ron en lui lançant un regard noir. On s'en fout s'il tombe, ce n'est qu'un Serpentard !

– Tu n'es qu'un petit con, cracha Harry. Pourquoi est-ce que je ne voudrais pas le prévenir ? Je ne veux pas qu'il tombe !

– Laisse, Potter. Je peux m'occuper de lui tout seul, intervint sèchement Drago.

– Voulez-vous bien descendre tous les deux, ça nous évitera d'être virés, et rend-moi ce Rapeltout !

– Attrape-le, si tu en es capable ! » cria Ron, son visage d'une teinte de rouge affreuse.

Il jeta la bille de verre aussi loin que possible, manquant de tomber par la même occasion. Les réflexes de Drago furent tout ce qui empêcha Ron de chuter au sol.

Harry vit la bille s'élever dans les airs. Neville avait été tellement content que sa grand-mère lui ait envoyé un cadeau. Une brûlure sourde commença à s'étendre dans son ventre. Il se pencha en avant et abaissa le manche à balai – la seconde d'après, il était en train de poursuivre l'objet en fendant l'air à une vitesse vertigineuse – des cris se mêlaient au sifflement du vent dans ses oreilles. Il tendit la main et réussit à l'attraper à une cinquantaine de centimètres du sol, juste à temps pour redresser le manche de son balai. Il atterrit en douceur, les jambes tremblantes, en tenant le Rapeltout au creux de son poing.

« HARRY POTTER ! »

Harry grimaça et se retourna. Le professeur McGonagall courait vers lui.

« Jamais, depuis que je suis à Poudlard…, souffla-t-elle, et ses lunettes lançaient des éclairs furieux. Vous auriez pu vous rompre le cou.

– Ce n'est pas de sa faute, professeur !

– Taisez-vous, mademoiselle Patil. »

Harry lança un regard triste à la jeune fille.

« Mais Ron…

– Cela suffit, mademoiselle Patil. Potter, suivez-moi. Et vous, tonna-elle en se tournant vers Ron et Drago, je m'attendais à bien mieux de votre part à tous les deux. Cinq points en moins pour Gryffondor, M. Weasley. Cinq points pour Serpentard pour vos bons réflexes, M. Malefoy, mais cinq points en moins pour avoir été dans les airs. Potter. »

Elle fit un geste brusque de la main et commença à avancer à grands pas. Harry essaya de lancer un sourire réconfortant à Hermione, qui était blanche comme un linge. Drago regardait McGonagall d'un air révolté tandis que Ron tirait la langue dans le dos du professeur.

Harry dut courir pour la suivre. Qu'allait-il se passer ? Allait-il être renvoyé pour de bon, puisque ce n'était pas un camarade de Gryffondor qu'il avait défendu ? Comment McGonagall allait-elle réagir ? Elle devait bien savoir que c'était Ron qui avait lancé le…

McGonagall s'arrêta devant une salle de classe. Elle ouvrit la porte et jeta un coup d'œil par l'entrebâillement.

« Excusez-moi, professeur Flitwick, puis-je vous emprunter Dubois quelques instants ? »

Olivier, pensa Harry, et il dut lutter pour s'empêcher de sourire. Je ne vais pas être renvoyé !

La large stature familière de Dubois franchit le seuil de la porte, l'air très étonné d'être ainsi arraché à son cours.

« Venez avec moi, tous les deux, dit McGonagall. Entrez là », ordonna-t-elle en les conduisant dans une classe vide où Peeves était occupé à écrire des gros mots au tableau.

« Dehors, Peeves ! » aboya-t-elle avant de claquer la porte derrière lui.

Elle se planta devant les garçons.

« Potter, je vous présente Olivier Dubois. Dubois, je vous ai trouvé un attrapeur. »

L'expression de Dubois passa de la surprise au ravissement.

« Vous parlez sérieusement, professeur ?

– Très sérieusement. Ce garçon a un don. Je n'ai jamais rien vu de semblable. C'était la première fois que vous montiez sur un balai, Potter ? »

Harry approuva d'un signe de tête, tout en se sentant légèrement coupable. C'était la première fois que ce corps se trouvait sur un balai, se justifia-t-il intérieurement. McGonagall tendit la main vers lui. Harry réalisa alors qu'il serrait toujours dans son poing le Rapeltout de Neville, et le lui remit.

« Il a attrapé cette boule de verre après une descente en piqué de quinze mètres, dit le professeur McGonagall. Et il s'en est tiré sans la moindre égratignure. »

Dubois avait à présent la tête de quelqu'un dont le rêve le plus cher vient de se réaliser.

« Tu as déjà assisté à un match de Quidditch, Potter ? demanda Dubois sans quitter des yeux le Rapeltout que tenait le professeur.

– Dubois est le capitaine de l'équipe de Gryffondor, précisa McGonagall.

– Il a le physique parfait pour un attrapeur en plus. »

Le regard de Dubois s'était détaché du Rapeltout et il tournait maintenant autour de Harry pour l'examiner en détail.

« Léger, rapide… Par Merlin, Potter, tu as la carrure d'un moineau. Il va falloir lui trouver un bon balai, professeur. Un Nimbus 2000 ou un Astiqueur 7, je dirais. Les balais de l'école le désarçonneraient.

– Je vais aller voir le Directeur pour lui demander si on peut faire une entorse au règlement et fournir un balai à un élève de première année. Dieu seul sait que nous avons besoin d'une meilleure équipe que celle de l'année dernière. Les Serpentard nous ont littéralement écrasés au dernier match. Je n'ai plus osé regarder Severus Rogue en face pendant des semaines… »

Le professeur McGonagall observa Harry d'un air grave par-dessus ses lunettes.

« Je veux que vous suiviez un entraînement intensif, Potter. Vous avez intérêt à vous donner du mal, sinon, je pourrais revenir sur ma décision de ne pas vous punir pour ce que vous venez de faire. »

Harry hocha vigoureusement la tête. Elle lui sourit.

« Votre père aurait été fier de vous, ajouta-t-elle. Lui aussi était un excellent joueur de Quidditch. »

Harry fut obligé de détourner le regard. Je sais, avait-il envie de lui dire. Je sais.


« Tu plaisantes ou quoi ? demanda Hermione, sa nourriture complètement oubliée dans son assiette.

– Je sais, répondit Harry, les coudes plantés sur la table et le menton appuyé sur sa paume.

– Mais madame Bibine avait dit…

– Ouais. »

Ron, assis entre Dean et Seamus, leur lança un regard noir.

« Je ne comprends pas pourquoi tu n'as pas perdu de points, grommela-t-il. Tu volais, toi aussi ! »

Deux ombres obscurcirent le champ de vision de Harry. Il leva la tête et vit Fred et George en train de regarder sévèrement leur petit frère.

« Bravo, Potter, dit George. Dubois nous a raconté. Nous aussi, on est dans l'équipe. Comme batteurs. »

Ils s'assirent à côté de Harry. Dubois se tenait debout juste derrière les jumeaux.

« On va gagner la Coupe de Quidditch cette année, je vous le dis ! leur confia Dubois. McGonagall m'a dit que même Charlie n'aurait pas pu faire un piquet pareil, et il était le meilleur attrapeur qu'on ait eu depuis des années.

– Charlie est dix mille fois meilleur que lui », lança Ron.

Dubois renifla d'un air amusé.

« J'en doute, répliqua-t-il. De toute façon, on verra bien comment ça se passe la semaine prochaine. »

Il se pencha au-dessus de Fred pour regarder Harry.

« On commence l'entraînement la semaine prochaine, Potter. On te donnera une copie de l'emploi du temps. Ne sois pas en retard.

– Mais… commença Hermione en regardant tour à tour ses aînés. Les première année ne sont pas autorisé à faire partie des équipes de Quidditch. C'est le règlement qui le dit !

– Il va être le plus jeune joueur depuis un siècle, dit Fred en hochant la tête. Beau travail, Harry ! » ajouta-t-il en lui donnant un coup de coude amical. Ron fronçait tellement les sourcils qu'on pouvait voir des rides sur son front.

Hermione était encore contrariée par la nouvelle lorsqu'ils sortirent de table. Ils se trouvèrent face-à-face avec Drago et Nott avant que Harry ait réussi à deviner la raison de sa gêne.

« Est-ce que tu as de gros problèmes ? lui demanda Drago tandis qu'ils hésitaient à l'extérieur de la Grande Salle.

– Non », répondit Harry en haussant les épaules.

Drago l'observa, mais Harry n'en dit pas plus. On lui avait ordonné de ne pas révéler sa position à qui que ce soit et Drago, à onze ans, était tout sauf discret.

« Merci », dit Hermione tout d'un coup. Tous les regards se fixèrent sur elle. Ses joues s'enflammèrent.

« Pour avoir attrapé Ron, précisa-t-elle.

– Je n'avais pas besoin qu'il me rattrape, je m'en sortais très bien ! grogna Ron derrière eux.

– C'est faux, riposta Hermione en se tournant vers lui.

– Oh, par pitié. Je l'avais fait exprès !

– C'est dingue comme tu es beaucoup plus confiant maintenant que tu as les deux pieds à terre, dit Drago d'une voix traînante. Et tu allais tomber.

Non.

– Si.

– Pff, je devrais…

– Faire quoi, Weasley ? Me tomber dessus ?

– Je te prends quand tu veux, cracha Ron. Cette nuit, si ça te va. Duel de sorciers. Baguettes magiques uniquement, pas de contact physique.

Entendu.

Entendu.

– Attendez, fit Hermione en jouant des coudes pour se positionner entre les deux garçons. Les duels, c'est contre les règles.

– La ferme, Granger », répliqua Ron en la poussant. Harry la rattrapa avant qu'elle ne puisse tomber.

« Attendez une minute…, essaya d'intervenir Harry.

– À minuit, décida Ron. On se retrouve dans la salle des Trophées, elle n'est jamais fermée.

– Quoi, sans second ?

– Tu as peur, Malefoy ?

– Jamais.

– À minuit », dit Ron d'un ton sec avant de tourner les talons.

Dean et Seamus les regardèrent un instant, les yeux écarquillés, avant de se hâter pour le rejoindre.

« Mais, attendez…, fit Hermione en se tournant vers Harry.

– Tu risques beaucoup, dit ce dernier à Drago.

– Je suis un Malefoy », renifla Drago avant de partir lui aussi.

Nott leur adressa un petit sourire avant de suivre Drago dans la Grande Salle.

« Ils vont nous faire perdre des points, siffla Hermione. On ne pourra pas tous les récupérer à nous tout seuls. Surtout s'ils découvrent que tu fais partie de l'équipe de la Maison et…

– Ça te met en colère, que je sois dans l'équipe ? »

Il relâcha son bras. Elle rougit et détourna le regard.

« Bien sûr que non. Mais notre Maison pourrait avoir de gros ennuis si le Directeur dit non et…

– Ça te contrarie.

– Non, ça ne me contrarie pas.

– Pourquoi ?

– Je t'ai dit que…

– Mais tu es contrariée.

– Nos études, lâcha-t-elle avant de fermer sa bouche dans un claquement sec et de lui tourner le dos.

– Je – tu es en train de me dire que tu ne veux plus étudier avec moi ? demanda Harry, étrangement blessé.

– Non ! s'exclama-t-elle en lui faisant à nouveau face. Mais tu vas être occupé maintenant et le Quidditch est un sport très dangereux et…

–Je me débrouillerai, assura Harry en souriant, soulagé. Et je veux toujours étudier avec Neville et toi. Je n'ai entraînement que trois fois par semaine, on n'aura qu'à étudier après ces jours-là ? »

Hermione grommela et leva les yeux au ciel, mais Harry crut voir la tension diminuer dans sa posture.

« Oh, maintenant tu vas chambouler notre emploi du temps, et… »

Harry la laissa monologuer dans son coin tandis qu'ils rentraient au dortoir. Il savait pertinemment qu'elle aurait un nouvel emploi du temps de prêt d'ici le lendemain matin.


À onze heures et demie, Harry entendit Ron essayer de réveiller Dean et Seamus. Ni l'un ni l'autre ne répondirent à Ron. Soit ils faisaient semblant de dormir, soit ils étaient vraiment au pays des rêves. Harry ne s'était pas couché car il attendait que Neville rentre de l'infirmerie, mais il ne l'avait pas encore aperçu.

Je peux tout aussi bien essayer de l'arrêter. Harry soupira en entendant Ron jurer et marcher lourdement hors de la chambre. Harry enfila un vieux chandail de Dudley par-dessus ses vêtements – il n'allait pas déambuler dans les couloirs de l'école en peignoir.

… Pas cette fois.

Harry descendit les escaliers après Ron. Le rouquin ne l'avait même pas remarqué. La salle commune était illuminée par les braises ardentes du foyer, confondant les meubles et les ombres. Ron avait presque atteint le trou derrière le portrait lorsqu'une voix s'éleva :

« Je n'arrive pas à croire que tu puisses faire une chose pareille, Ron. »

La lueur d'une lampe tremblota dans l'obscurité et Harry vit Hermione, assise dans l'un des fauteuils, ses cheveux ramenés en une natte, vêtue de son peignoir rose. Cette image évoqua en Harry de nombreux souvenirs, à la fois de ses années à Poudlard et de plus tard, lorsqu'il essayait de ramener discrètement Ron chez lui après une nuit au bar. Hermione était à chaque fois furieuse après Ron pour être sorti sans la prévenir, surtout après la naissance de leurs enfants.

« Toi, cracha Ron. Retourne te coucher !

– J'ai failli tout raconter à ton frère, répliqua Hermione. Percy est préfet, il pourrait empêcher ça.

– Espèce de sale petite…

– Ron, soupira Harry en entrant dans la salle commune. Ne fais pas l'idiot. Rusard est là, dehors, avec Miss Teigne. Tu vas te faire attraper.

– Allez vous faire voir tous les deux ! dit Ron en leur lançant un regard noir. Je suis un Gryffondor. Je ne suis pas une poule mouillée comme vous. » Il renifla d'un air indigné. « Et dire que tu es censé être le Survivant ! Tu es censé être brave, et pas un peureux qui se cache derrière les livres et les… études.

– Quoi, suis-je censé répondre aux attentes ridicules qu'une société entière m'a jetées sur les épaules, qui résultent d'un accident qui a eu lieu quand je n'étais qu'un bébé ? »

Ron fronça les sourcils. « Qu'importe. »

Les gosses, avait envie de cracher Harry. Est-ce qu'on était vraiment aussi cons, bon sang ?

« Écoute, essaya-t-il. Reste ici. Si tu te fais attraper, on va avoir de gros problèmes, surtout avec McGonagall qui est déjà en colère contre toi.

– Je me suis déjà engagé à faire ce duel. Je ne reviens pas sur ma parole ! »

Et sur ces mots Ron se détourna d'eux pour s'avancer près du passage. Hermione courut après lui, et Harry sortit de la pièce pour la suivre.

« Tu t'en fiches de Gryffondor, ou tu ne penses vraiment qu'à toi ? Je ne veux pas que ce soit Serpentard qui gagne la Coupe des Maisons et tu vas nous faire perdre tous les points que j'ai reçus de McGonagall pour mon sort de permutation, et…

– Va-t-en.

– Très bien, mais je t'aurai prévenu. Quand tu seras dans le train demain parce qu'on t'aura renvoyé, tu te souviendras de ce que je t'ai dit. Tu es vraiment un… »

Harry serra son bras. Elle avait fini sa phrase dans un couinement, en regardant la toile vide. La Grosse Dame était partie se promener.

« Qu'est-ce qu'on va faire, maintenant ? dit Hermione d'une petite voix aiguë en s'agrippant au bras de Harry.

– C'est votre problème, pas le mien », grogna Ron en s'éloignant.

Harry échangea un regard avec Hermione. Ils le suivirent.

« On vient avec toi, dit Hermione.

– Certainement pas !

– Tu crois qu'on va attendre ici que Rusard vienne nous chercher ? S'il nous trouve tous les trois, je lui dirais la vérité, à savoir que…

– Attends, l'interrompit Harry en la saisissant à nouveau par le bras.

– Vous ne manquez pas de culot, dit Ron.

– La ferme ! » coupa durement Harry.

Ils le fixèrent, choqués.

« J'ai entendu quelque chose. »

Harry sentit les poils sur ses bras et sa nuque se hérisser. Il toucha sa baguette à travers le tissu de sa poche. Il avait tellement détesté les affrontements de nuit, quand les ténèbres pouvaient dissimuler les ennemis et les pièges. Plus d'un Auror avait été victime des pièges de métal moldus ensorcelés dont raffolait Hammerstein.

Harry s'avança. Il avait entendu un bruit semblable à un reniflement. Hermione était juste derrière lui. Il fut content de remarquer que, même sans sa baguette, elle se tenait sur ses gardes elle aussi.

« Est-ce que c'est Miss Teigne ? demanda Ron.

– Chut, dit Harry. Lumos. »

Ce n'était pas Miss Teigne, mais Neville. Il était couché sur le sol près du mur, en chien de fusil, et la lumière du sort de Harry le réveilla.

« Dieu merci, vous m'avez trouvé ! Ça fait des heures que je suis là. Je n'arrivais pas à me rappeler du mot de passe quand je suis sorti de l'infirmerie et…

– Neville, commença Harry en posant une main sur son épaule. Le mot de passe est Groin de porc, mais ça ne te servira à rien, la Grosse Dame est allée se promener.

– Comment va ton poignet ? demanda Hermione en s'approchant de lui.

– Très bien, assura Neville en exhibant son bras et remuant ses doigts. Madame Pomfresh m'a arrangé ça en deux minutes.

– Bon sang, vous êtes vraiment des bébés, grommela Ron. Retournez tous au dortoir, hein. Moi j'ai quelque chose à faire.

– Attends un peu, dit Hermione en lui emboîtant le pas.

– Ne me laissez pas tout seul ! dit Neville en se pressant pour rejoindre Harry, qui suivait Hermione. Le Baron Sanglant est déjà passé deux fois !

– Si je me fais attraper à cause de vous, je vous jure que j'apprendrais ce sort dont nous a parlé Quirrell, et vous ne vous en remettrez pas. »

Harry vit Hermione ouvrir la bouche, probablement pour dire à Ron comment utiliser le maléfice pour de vrai, mais Harry lui donna un coup de coude et lui fit signe de se taire.

Ils suivirent Ron jusqu'à la salle des Trophées. Ils parcoururent des couloirs zébrés de rayons de lune. Le ciel nocturne était dégagé, et scintillait d'étoiles.

Ils entendirent une conversation menée à voix basse lorsqu'ils entrèrent dans la pièce. Drago et Nott se tenaient près de l'étagère consacrée aux trophées de leur maison. Malefoy portait sa robe noire scolaire, tout comme Nott. Ils se mirent à ricaner en voyant la robe de chambre élimée de Ron et le peignoir rose d'Hermione.

« On va dire que c'est une façon comme une autre de venirse battreen duel, railla Drago. Mais qu'est-ce que toi, tu fiches ici ? »

Harry soutint son regard curieux.

« J'essaye de vous empêcher d'être des idiots, dit-il à voix basse. Juste – allez au lit, d'accord ? Ça n'en vaut pas la…

– Silence ! » intima Nott, qui avait levé une main en l'air et penchait la tête de côté.

Ils se figèrent tous. Harry agrippa avec force sa baguette lorsqu'ils entendirent quelqu'un parler.

« Cherche ma belle, cherche bien, ils doivent se cacher dans un coin. »

Rusard.

Les yeux de Drago s'agrandirent. Nott jura silencieusement. Harry attrapa Hermione et Neville par un bras et fit un signe de la tête en direction de la porte opposée. « Venez », formula Harry silencieusement aux Serpentard.

« Ils sont là, quelque part, entendirent-ils Rusard dire. Ils doivent se cacher.

– Par là », souffla Harry.

Ils s'engagèrent dans une longue galerie où s'alignaient des armures. Ils entendaient Rusard qui se rapprochait. L'homme se cogna contre une porte avec un hurlement. Ron poussa un cri apeuré et se mit à courir. Il dépassa Harry et les Serpentard avant de trébucher. Il essaya de se rattraper en s'agrippant à Hermione et tous les deux tombèrent en renversant une armure.

« Courez ! » cria Harry. Il se pencha pour relever Hermione et fut surpris de voir que Drago l'aidait à la soulever. Ils coururent à toute vitesse à travers un dédale de couloirs. Harry se trouvait en tête du petit groupe. Il avait l'impression de reconnaître ce vestibule – c'était – c'était…

Ils passèrent derrière une tapisserie et s'engouffrèrent dans un passage secret, avant de se retrouver près de leur salle de cours de Sortilèges.

« Je pense qu'on l'a semé », dit Harry, hors d'haleine.

Il s'appuya contre le mur glacé et s'essuya le front. Ron, plié en deux par un point de côté, essayait de retrouver sa respiration en émettant toutes sortes de bruits bizarres. Drago n'était pas en meilleure forme que lui, mais Nott, lui, avait l'air prêt à courir à nouveau.

« Je… t'avais… prévenu ! dit Hermione, le souffle court, en pointant Ron du doigt. Je te l'avais bien dit !

– Nous devons retourner aux cachots, murmura Nott en donnant un coup de coude à Drago. Rusard aime bien embêter le professeur quand il n'arrive pas à attraper des élèves.

– Vous nous avez piégés ! haleta Ron en lançant un regard noir aux deux garçons. Espèces… espèces de sales petits…

– Ça suffit ! coupa sèchement Harry. Pourquoi est-ce qu'ils se seraient mis à courir s'ils avaient voulu que Rusard nous attrape ? Ça aurait voulu dire qu'ils admettaient avoir violé les règles, eux aussi, et ils auraient perdu des points. »

Les deux Serpentard le fixèrent.

« Quoi ? se défendit Harry en mettant ses mains sur les hanches. C'est vrai. »

Nott et Drago échangèrent un regard.

« Rusard va sûrement nous poursuivre », signala Hermione.

Elle jeta un coup d'œil à Drago, avant de détourner le regard. « M-Merci. Pour ton aide. »

Drago rejeta la tête en arrière.

« J'espérais que tu laisserais le Weasley là-bas pour occuper Rusard, au lieu de l'aider lui aussi.

– Hé ! fit Ron en serrant les poings.

– Je n'allais pas le laisser là-bas ! s'exclama Hermione, scandalisée. Tu imagines le nombre de points qu'on aurait perdus ? »

Nott baissa la tête, mais Harry eut le temps de voir le sourire sur son visage.

Ça n'est jamais arrivé, avant, pensa Harry tandis qu'ils reprenaient tous leur souffle. Malefoy était censé être un peureux qui se débinait. Qu'est-ce qui avait changé ?

« Allons-y, trancha Harry avant que Ron et Drago ne commencent à se disputer. On devrait essayer de rentrer avant que… »

Un bouton de porte trembla et quelque chose jaillit d'une salle de classe deux portes plus loin.

C'était Peeves, l'esprit frappeur. En les voyant, il poussa une exclamation ravie.

« La ferme, Peeves, ordonnaRon.

– S'il vous plaît, ajouta Hermione.

– Alors, les petits nouveaux, on se promène dans les couloirs à minuit ? Tss, tss, tss. C'est vilain, vilain, vous allez vous faire prendre !

– On ne se fera pas prendre si tu ne nous dénonces pas, grogna Drago.

– Je devrais le dire à Rusard, vraiment. Pour votre propre bien !

– Laisse-nous passer », lança Ron en faisant un geste pour écarter Peeves.

Grave erreur. Harry grimaça.

« ÉLÈVES HORS DU DORTOIR ! hurla aussitôt Peeves. ÉLÈVES HORS DU DORTOIR DANS LE COULOIR DES ENCHANTEMENTS ! »

Ils s'enfuirent. Ils dévalèrent le couloir, prirent deux virages, montèrent un escalier mouvant et entrèrent dans un couloir plongé dans l'obscurité. Ils foncèrent à toutes jambes jusqu'au bout du couloir où ils tombèrent sur une porte verrouillée.

« On est fichus, gémit Ron en cognant des poings sur la porte. C'est la fin, pour nous !

– La ferme, Weasley.

– Fous le camp, Malefoy ! »

Ils entendirent des bruits de pas. On aurait dit que Rusard courait le plus vite possible dans la direction d'où provenaient les cris de Peeves.

« Oh, pousse-toi », grogna Hermione.

Elle prit la baguette la plus proche d'elle – celle de Nott – tapota la serrure et murmura : « Alohomora ! »

Il y eut alors un déclic et la porte pivota sur ses gonds. Harry poussa Neville à l'intérieur et s'assura qu'ils étaient tous entrés dans la pièce quand une faible lumière commença à éclairer le couloir.

Harry referma la porte derrière lui, en essayant d'enclencher la serrure le plus silencieusement possible. Ils se pressèrent les uns contre les autres, leurs oreilles collées au bois de la porte, essayant d'entendre les jurons étouffés de Rusard et les moqueries de Peeves.

« Il pense que la porte est verrouillée, murmura Drago. Bon travail, Granger.

– Pff, comme s'il allait vraiment partir, grommela Ron. Lâche-moi, Neville !

– M-Mais…

– Mais quoi ?

– M-m-m-m…

Quoi ? »

Harry se tourna lorsqu'il entendit le hoquet de surprise. C'est vrai, se rappela-t-il en levant les yeux. Ce fichu chien.

Il était plus grand que dans ses souvenirs. Le monstre à trois têtes remplissait tout l'espace entre le sol et le plafond. Ses trois museaux les flairaient en frémissant et ses trois gueules dégoulinantes de bave s'ouvrirent pour montrer d'énormes crocs jaunâtres.

– Ça bave », s'étrangla Drago.

Les trois gorges poussèrent à l'unisson un hurlement assourdissant. Harry reçut un coup de coude de Ron dans la mâchoire, celui-ci cherchant frénétiquement à ouvrir la porte. Ils sortirent à toute vitesse dans le couloir où se tenaient Rusard et Peeves quelques instants plus tôt.

Le couloir était vide. Harry claqua la porte au moment où la bête s'élançait en leur direction. Ron était loin devant, se la jouant cavalier seul, tandis que Neville tirait Harry par son chandail. Ils se mirent à courir de nouveau, avec Nott et Drago en tête. Les deux Serpentard se détachèrent de leur petit groupe une fois arrivés à un escalier qui descendait jusqu'aux cachots. Harry, Hermione et Neville arrivèrent devant le portrait de la Grosse Dame juste après Ron.

« Où êtes-vous donc allés ? demanda le portrait.

– Aucune importance, répliqua Harry, pantelant. Groin de porc ! »

Ils s'engouffrèrent dans la salle commune et se laissèrent tomber dans des fauteuils, tremblant de tous leurs membres.

« Mais à quoi est-ce qu'ils pensent, à garder un truc pareil dans une école ? réussit à dire Neville après quelques minutes de silence.

– Eh bien, ça se trouvait dans le couloir interdit », dit Hermione, une main devant les yeux.

Ron grogna.

« Est-ce que tu as vu sur quoi il était ? »

Harry tressaillit quand il remarqua qu'elle s'adressait à lui.

« Euh. Non ? Je ne regardais pas vraiment ses pattes.

– Pas ses pattes, dit-elle en secouant la tête et en abaissant sa main. Le sol. Il se tenait sur une trappe. On aurait dit qu'il gardait quelque chose.

– Il gardait quelque chose ? De quoi tu parles ? souffla Ron.

– J'espère que tu es content de toi, lui lança-t-elle. On aurait pu se faire tuer – ou pire, être renvoyés – à cause de ton petit numéro.

– Ce n'est pas comme si je t'avais obligée à venir !

– On ne va jamais gagner la Coupe des Maisons si tu continues à tout gâcher.

– Dégage, dit Ron, le visage tout rouge.

– Je vais me coucher, à présent. »

Sur ces paroles, Hermione se leva avec un reniflement dédaigneux et monta l'escalier qui menait au dortoir des filles avant que qui que ce soit ne puisse répliquer.

Harry lança à Ron un regard d'avertissement avant que le rouquin ne puisse dire un mot.

« Tu penses qu'il gardait quelque chose, Harry ? demanda Neville tandis que Harry s'extirpait de son fauteuil.

« Je suppose que oui, répondit-il en haussant les épaules. Pour quelle autre raison un couloir serait interdit, sinon ? »

Harry cacha un sourire lorsqu'ils se faufilèrent tous dans leur lit. Les choses commençaient à se mettre en place. En quelque sorte.

Il s'endormit avec un sourire aux lèvres.