Titre : Amis par delà la mort

Raiting : M

Auteur : Bayla

Bêtas correctrices : Archimède, Macklefreez et LiliEhlm

Disclaimer : L'univers d'Harry Potter ne m'appartient pas, tout est à J.K Rowling ainsi que certaines références que je ferai sur certains films comme Twilight ou autres sont à leurs créateurs! Ulrich, Jay, Shia et Wonga personnages figurants, sont de moi.

Particularité : Cette fiction comporte des passages difficiles comme viol, scène de violence. Mais elle parle également de relation hétérosexuelle, mais aussi et surtout homosexuelle! Donc homophobes et âmes sensibles, vous savez ce qu'il vous attend.

Je vous souhaite une bonne lecture!

Chapitre 10 : L'Ordre de nouveau réuni.

Et lorsque vous étiez emprisonnés? Ajouta George, curieux.

Ce n'est pas comparable… Et puis le plus important, c'est que Draco et moi soyons toujours en vie non? répondit-il.

À ces mots, tous comprirent qu'il ne souhaitait pas parler de leur enfermement.

Les jumeaux acquiescèrent, puis retournèrent à leur déjeuner, lançant la conversation sur un autre sujet moins sensible. Blaise les remercia d'un petit signe de tête.

La soirée à venir promettait d'être riche en émotions.

Peu de temps après le déjeuner, Molly informa l'Ordre du Phénix qu'une réunion d'urgence allait avoir lieu le soir même, mais elle ne s'éternisa pas sur le sujet, disant uniquement qu'elle avait eu une bonne nouvelle qui était également très importante pour le déroulement de la guerre. Elle profita de l'occasion pour prévenir ses fils qui se trouvaient au loin.

Bill et Fleur lui annoncèrent qu'ils tenteraient de se libérer de leurs occupations pour venir faire un tour avec Percy qui s'était exilé chez eux dans leur demeure, proche des côtes de Cornouaille et du village de Tinworth.

Dès que le Ministère avait changé de main en août 1997, Percy avait vite compris qu'il était dans de beaux draps. Il ne pouvait pas rester là. Il n'était pas du côté du Mage Noir après tout, et comme sa famille était considérée comme étant des traîtres à leur sang, à cause de leur intérêt pour les moldus, et de fervents activistes de l'Ordre du Phénix, il n'aurait pas fait long feu seul.

Il avait alors écrit une courte lettre à son frère lui demandant l'exil, ne voulant pas participer à la guerre, du moins physiquement. Et hors de question de revenir chez ses parents au Terrier, il ne voulait pas devoir encore obéir à sa mère et ne pas pouvoir placer un mot. Il avait connu l'indépendance et avait réussi à se dépêtrer des jupes de sa mère, ce n'était pas pour y revenir!

Il avait bien pensé à Charlie, mais à ce moment-là, son frère se trouvait en Roumanie où il vivait dans un campement, élevant et entraînant son propre troupeau de dragons avec une équipe dans l'espoir de s'en servir par la suite durant la guerre. Or, Percy avait encore le souvenir du Tournoi des Trois Sorciers où il s'était trouvé trop près des dragons, et cette expérience lui avait suffi. Plus il y avait de distance entre lui et ces bêtes, mieux il se portait.

De plus, Charlie était revenu dans leur famille à peine trois jours plus tôt, ayant pris un congé, et depuis, il aidait comme il pouvait l'Ordre, notamment en essayant de recruter des sorciers à leur cause.

Pour ce qui était des jumeaux, avec leur magasin et leurs expériences de farces et attrapes dont il était certain qu'ils se serviraient de certaines d'entre elles sur lui, ce n'était pas dans ses projets… non, Bill avait été le mieux placé pour l'héberger.

Quelques heures plus tard, après avoir prévenu Bill de ce qu'il se passait ici, le foyer de la cuisine, seule cheminée accessible de la maison, s'alluma soudainement de flammes vertes et laissa passer trois personnes.

Aussitôt, une alarme signala à Molly et les quelques personnes présentes que des visiteurs venaient d'arriver. C'est ainsi que tous se hâtèrent de parvenir à la cuisine, plus par prudence qu'autre chose, car seules les personnes connaissant le Square Grimmaurd pouvaient venir dans la maison. Seule Molly, qui était dans sa chambre à faire un peu de ménage pour s'occuper, porta aussitôt son regard sur son horloge familiale qu'elle avait pu récupérer avec quelques affaires personnelles après l'attaque au Terrier.

Heureusement qu'elle y avait apposé un sort pour éviter qu'elle ne se brise bien des années auparavant avec ces enfants turbulents et sourit en voyant que certaines aiguilles avaient bougé. Elle se dépêcha alors de les rejoindre au sous-sol, maugréant une fois arrivée qu'on la laisse passer afin de pouvoir voir les nouveaux venus.

– Bill, Percy, Fleur! Je suis si contente que vous ayez pu venir! S'exclama-t-elle avec un grand sourire avant de les enlacer l'un après l'autre, chaleureusement.

– Nous ne pourrons pas rester longtemps, mais quand vous nous avez dit que Harry et les autres étaient revenus au Square, on voulait comprendre ce qui s'était passé, suffoqua Fleur tout en se faisant écraser sous la forte poigne.

– Vous allez bien ? Continua Molly en se reculant pour faire la même chose à Percy et Bill qui lui avait beaucoup manqué. Vous voulez quelque chose à manger ? Restez-vous dormir? Je peux aller vous préparer une chambre, il n'y a aucun problème.

– Ça va aller maman, nous repartons dès que cette réunion sera terminée, nous ne voulons pas laisser Victoire seule avec la gardienne trop longtemps. Maman, tu m'écrases là! La coupa Bill, le dernier à être enlacé.

– Oh, pardon mon chéri, s'excusa Molly comme si elle n'avait pas été interrompue tout en se reculant un peu et en s'épongeant légèrement le coin des yeux où des larmes de joie menaçaient de couler. Mais vous êtes certains que vous ne voulez pas rester pour la nuit ? Ni manger? Vous êtes sûrs ? Ça risque d'être long…

Depuis le mariage de Bill et Fleur, elle avait appris à mieux s'entendre avec la Vélane et l'acceptait maintenant dans la famille, surtout depuis ces temps obscurs où elle ne voulait pas perdre de temps à se disputer avec ses enfants, préférant les avoir autour d'elle.

– Molly, laisse les respirer un peu, ils n'ont pas le temps de te répondre à enfiler question par-dessus question. Ils sont devant toi maintenant, tu n'as plus de raison de t'inquiéter, la maison est sûre, déclara Arthur.

Il s'était lui aussi déplacé en entendent l'alarme. En passant devant le tableau de l'entrée, sous l'exaspération et la hâte de voir qui était arrivé, songeant à ses enfants, il parvint à jeter un sort assez puissant pour refermer le rideau sans trop de problème ce qui fit taire la mégère qui sous le choc et outrée en avait perdu son latin.

Maintenant que le Ministère était aux mains ennemies et que la population croyait dur comme fer que c'était Pius Thicknesse qui les dirigeait alors qu'il n'était qu'un larbin de plus, il tournait un peu en rond dans la maison à tenter de se trouver des choses à faire.

– Oui, oui, tu as raison… je… je vais aller préparer un peu de thé, marmonna Molly, qui décida de s'occuper pour se calmer un peu.

– Alors, vous allez bien tous les trois ? Reprit plus posément Arthur en se tournant vers eux.

– Oui, nous avons fait au plus vite pour venir dès qu'on a su. Pourquoi faire la réunion si tard? Questionna Bill.

– Tu comprendras plus tard fils.

– Où sont-ils? S'enquit cette fois Percy.

– Oh, euh, ils ont leur propre maison… je crois qu'ils vont tout nous expliquer ce soir, répondit Arthur.

L'arrivée de ces trois-là fut comme un signal pour que les membres l'Ordre, qui n'étaient pas encore présents. Ils se présentèrent à quelques minutes d'intervalle, pour la plupart par transplanage dans la ruelle. Il y eut beaucoup d'animation et Molly, très heureuse d'avoir enfin quelque chose à faire, monta au rez-de-chaussée dès qu'elle entendit du bruit pour les accueillir.

Elle venait à peine de poser un pied à l'étage que le premier arrivant, Mondingus entra. Dans sa hâte pour le rejoindre, Molly bouscula par mégarde le long rideau mangé par les mites de Madame Black. Aussitôt elle se figea et retint son souffle priant tous les Dieux qu'elle connaissait ainsi que Merlin que la vieille Walburga n'ait rien remarqué.

Il fallait croire qu'elle ne pria pas assez fort puisqu'après un silence de mort, des hurlements remplis d'insanités et maudissant toutes les personnes présentes dans la maison se firent entendre.

Se ressaisissant rapidement en entendant ses cris plus qu'horribles, Molly tenta de la faire taire, mais refermer le rideau n'était pas facile. Rapidement, le vacarme provoqué par Mme Black parvint aux oreilles de quelques membres de l'Ordre qui remontèrent pour lui donner un coup de main avec Mondingus.

– Merci, murmura Molly, soulagée, une fois que le silence fut revenu.

Elle avait les cheveux légèrement échevelés, qu'elle tenta de remettre en ordre en y passant les mains, et ses joues étaient rougies par l'effort qu'elle avait fait pour tenter de fermer le rideau du portrait de Mme Black.

Puis la matriarche se mit à guetter, dans le hall, l'arrivée de tout le monde, elle craignait, pour une raison inexplicable, qu'ils ne puissent pas passer les barrières de protection.

Une fois au sous-sol, les sorciers, plus libres, conversaient entre eux. Les discussions s'orientaient surtout sur cette réunion où personne n'avait reçu de directives claires. Autant dire que tout le monde était intrigué et s'imaginaient toutes sortes de scénarios.

Au bout d'une demi-heure à l'étage du dessus, alors que plus personne n'arrivait, Molly décida de jouer son rôle d'hôtesse et retourna à la cuisine.

Arrivée en bas des marches, elle s'arrêta pour faire le tour de la pièce du regard. Tous s'étaient tus à son retour tandis que ceux qui étaient venus l'aider reprenaient place ou alors restaient debout près de la cheminée ou autre, trop nerveux pour rester assis. A dire vrai, ils espéraient qu'elle leur dirait enfin la raison de leur venue.

– Je vais refaire du thé et des gâteaux, la réunion ne devrait pas trop tarder à commencer, mentionna Molly, aucunement intimidée face à tous ses regards.

Puis elle se dirigea vers ses fourneaux.

oOoOo

Aux alentours de vingt et une heure trente, les vampires et Draco sortirent du cottage. Ils se dirigèrent ensuite d'un bon pas vers le mur qui entourait la propriété, passèrent le portail simple qui s'ouvrit à leur passage puis transplanèrent. Ils réapparurent dans la ruelle du Square Grimmaurd, comme la nuit précédente. Ils restèrent un moment immobiles, rassemblant un maximum de courage et se préparant mentalement à cette réunion, puis ils avancèrent d'un pas tranquille, le temps de s'habituer à l'odeur humaine.

Pendant ce temps, dans la cuisine des Black, beaucoup plus grande, mais moins intimiste que le salon du premier étage, Molly n'arrivait pas à tenir en place.

Après s'être assuré un nombre incalculable de fois que la petite table qu'elle avait aménagée pour l'occasion au centre de la pièce soit couverte de nourriture et breuvage, Molly, nerveuse, remonta au rez-de-chaussée pour voir si les trois vampires et Draco n'étaient pas encore arrivés. Elle voyait bien que les membres de l'Ordre s'impatientaient à attendre ils ne savaient quoi. Même Maugrey, avec sa vigilance constante, commençait à parler de piège, planté près de la cheminée, une tasse de thé à la main, dont la plupart des personnes présentes savaient fort bien qu'elle contenait un peu plus que simplement le thé de cette chère Molly.

De retour à l'entrée, Molly jeta un coup d'œil par la fenêtre et sursauta en voyant s'approcher son fils et ses amis de la maison et un sourire fleurit ses lèvres.

Durant un moment, elle avait craint de ne pas les revoir.

Juste avant de déposer une main sur la poignée, elle appela Dobby autant éviter de réveiller encore une fois la mégère Black. Pour qu'il puisse aller prévenir tout le monde en cuisine : leurs derniers invités étaient arrivés, la réunion allait donc commencer très bientôt. L'elfe de maison avait quitté le pensionnat en même temps que Harry, persuadé de lui être plus utile en logeant chez lui qu'en donnant un coup de main à Pouldard, qui contenait déjà de nombreux de ses congénères. Il était très fier et heureux de pouvoir donner un coup de main à l'Élu et de contribuer à une victoire de la guerre.

Le temps qu'elle ouvre la porte, ils étaient arrivés sur le perron et elle leur sauta dessus, les entraînant dans une étreinte possessive. Seul Draco parvint à l'esquiver, non sans leur lancer un regard compatissant. Dès qu'elle les relâcha, elle commença à leur parler, tout bas pour commencer à cause du portrait tout en les conduisant vers la cuisine où tout le monde les attendait.

– Ron, mon chéri, je vous ai préparé une chambre à toi et Hermione, vous pourrez y loger dès ce soir! J'ai même réussi à retrouver certains de vos effets personnels d'avant votre capture et je les ai installés dans vos chambres! Commença-t-elle avec entrain sans même laisser le temps à son fils ou même à Hermione de dire quoi que ce soit.

– Maman, nous t'avons déjà dit que nous ne pouvons pas rester ici! C'est trop dangereux pour vous, on ne veut pas vous blesser! La coupa Ron d'une voix autoritaire, surprenant de ce fait sa mère. Nous sommes bien chez Harry et c'est certainement aussi sécurisé que Poudlard, si ce n'est plus. Et puis tu n'as pas à t'inquiéter de quoi que ce soit, il y a tout ce qu'il faut là-bas, il y a des armoires remplies de vêtements que les elfes d'Harry nous ont trouvés et grâce à Hermione, nous avons pu les adapter à notre taille en attendant. À la limite, on pourra quand même prendre les affaires que tu as retrouvées, mais on ne restera pas!

– Alors là, pas question! C'est trop dangereux que vous restiez loin de nous! Imaginez s'il vous arrive quelque chose et que nous ne sommes pas là pour vous aider ? Comment allez-vous faire? s'écria Molly, choquée que son fils cadet lui tienne ainsi tête.

– Nous allons faire comme nous faisions avant, nous nous battrons! répliqua Ron avec colère.

– C'est hors de question! La majorité de ce qui se passe n'est pas de votre ressort, laissez les Aurors et les plus vieux s'occuper de ça! Je ne comprends même pas pourquoi nous avons accepté de vous laisser faire de votre vivant, regardez ou ça vous a mené! s'exclama Molly avec force et conviction.

– Nous n'allons pas rester ici sans rien faire Molly, cette guerre est aussi la nôtre! Rétorqua Harry d'une voix douce, mais ferme.

Son intervention calma le brusque accès de colère de Ron et Harry se demanda un instant comment il était lui-même parvenu à utiliser un tel ton au lieu de s'emporter puisque ce n'était pas l'envie qui manquait.

– Bien dit, approuva son meilleur ami.

– Ronald Bilius Weasley ! Tu n'as aucune idée de quoi tu parles, tu es beaucoup trop jeune pour comprendre ce que tout ça implique et l'ampleur que ça prit en si peu de temps, sans parler que tu n'étais pas la durant la Première Guerre, tu ignores comment ils fonctionnent!

La matriarche des Weasley refusait de ne plus avoir de contrôle sur ses enfants et encore moins de les voir s'éloigner d'elle. Ce sentiment s'était exacerbé depuis 2001 lorsque le Mage Noir avait pris le contrôle sur le monde magique et où le nombre des résistants s'était vu considérablement réduit. De plus elle n'arrivait pas à comprendre (et ne le voulait pas, préférant se voiler la face) la situation de son fils et de sa petite-amie.

– C'est dommage que vous ne veniez pas plus souvent, j'aurais tellement aimé vous inviter sans que cela ne soit formel à chaque fois, mais j'ignore comment vous rejoindre, reprit Molly sur un ton plus calme sans leur laisser le temps de parler. Et même pouvoir vous inviter plus souvent à l'avenir, cela mettrait un peu de joie dans cette demeure et nous ferait un peu oublier cet aspect de la guerre qui nous retire de plus en plus espoir. Les rires sont assez rares ces temps-ci.

Elle laissa un soupir résigné franchir ses lèvres à la fin de sa phrase, puis au bout de quelques secondes, elle se tourna vers Harry, ce qui fit sonner une alarme dans la tête de ce dernier.

– Avec une adresse, il nous serait plus facile de te communiquer des informations sur ce qui se passe et puis, vous connaissant, je sais que vous êtes capables de vous épuiser sans penser que votre corps ait besoin de repos. En gardant contact, je pourrais m'assurer que vous mangiez et dormiez bien il faut prendre soin de sa santé! Même si nous vivons dans une époque bien sombre, rajouta Molly

La matriarche Weasley croyait dur comme fer qu'elle pourrait s'assurer qu'ils se nourrissent bien, pas en leur cuisinant ses plats, elle n'était pas idiote à ce point, mais par le biais de sang. Il devait bien y avoir un endroit où le trio entreposait leur réserve et des potions pour les aider!

– Désolé Molly, mais non! Très peu de personnes sont au courant, et ce n'est pas près de changer. Il y en aura peut-être un ou deux de plus après la guerre, mais c'est tout. Et ne pensez pas que vous pourrez nous nourrir avec vos plats jadis délicieux. On se nourrit de sang Molly, de sang! Insista durement Harry en espérant qu'elle comprenne ce qu'il tentait désespérément de lui dire. Ce qui circule dans vos veines et de tous ceux présent ce soir...

Il finit par pousser un faible soupir de lassitude en voyant qu'elle se contenait de le fixer comme si ce qu'il disait n'avait pas de sens.

– Écoutez Molly, il suffira d'appeler un de mes elfes, Wonga, elle a reçu une formation depuis sa naissance pour s'occuper exclusivement des vampires…

Un sentiment d'espoir finit par monter en lui quand il l'entendit se mettre à râler légèrement. Cela voulait dire qu'il venait de gagner un point, et il n'était pas non négligeable.

Après tout, Wonga lui était très précieuse, de même que Shia, son second elfe de maison, bien que ce dernier s'occupait plus des humains.

– Elle se fera un plaisir de prendre les messages si besoin est, surtout si c'est urgent, mais si c'est pour des futilités, elle arrêtera de venir, préféra préciser le brun.

On n'est jamais trop prudent, songea-t-il alors qu'il voyait dans le regard de ses amis qu'ils étaient soulagés par ses dernières paroles.

– Qui connaît votre adresse?

Sitôt cette question posée, l'ambiance, qui était déjà quelque peu tendue, devint carrément glaciale. Ils se trouvaient en haut des marches qui menaient à la cuisine d'où ils entendaient les voix des personnes qui étaient présentes et devaient être maintenant plus qu'impatientes, mais la demande de Molly les avait stoppés.

Il me semblait bien aussi que c'était trop beau, pensa Ron, détaillant sa mère qui semblait assez tendue et les lèvres pincées.

Voir sa mère abdiquer si facilement n'était pas habituel. L'entendre se plaindre si vite l'avait surpris et, comme elle avait détourné un peu le regard, aucun d'eux n'avait pu apercevoir cette étincelle de victoire naître dans ses yeux.

En parlant de cette dernière, Molly s'était imaginé en une fraction de seconde pouvoir se servir de cette Wonga pour les convaincre, mais elle avait vite déchanté en entendant la fin de sa phrase. Aussi avait-elle décidé que puisqu'elle ne pouvait pas parvenir à ses fins directement, autant savoir qui d'autre pourrait la renseigner.

– Des personnes de confiance et aucun d'eux ne pourront vous renseigner, alors ça ne sert à rien de demander des noms! Lui répondit sèchement Harry, elle commençait à aller beaucoup trop loin.

Molly l'observa quelques secondes, avant que son regard ne se porte sur Draco.

– Je suppose que Severus est au courant, n'est-ce pas? Après tout, il est espion auprès de Lui, ça serait logique qu'il soit au courant! fit-elle remarquer, clairement vexée.

– C'est différent Molly! On a vraiment besoin de Severus et puis Draco est son filleul et c'est important pour lui d'avoir un membre de sa famille à disposition, je n'allais pas lui enlever ça! Rajouta Harry tout en commençant à descendre pour montrer que la discussion était close.

Désolé de t'embarquer dans cette histoire Dray! S'excusa Harry en pensée à l'encontre de son ami qui le ressentit à travers le lien, mais il fallait faire passer la potion à Molly.

Mais il avait sous-estimé l'entêtement de la rousse, car celle-ci attaqua aussitôt :

– Ron aussi a besoin de sa famille!

– C'est vrai, mais la différence, c'est que, moi, je peux me déplacer pour venir vous voir, ce qui n'est pas le cas de Draco! Rétorqua alors le concerné d'une voix agacée qui fit se figer de stupeur sa mère.

Puis il se tourna vers son meilleur ami.

– On y va ? Ça ne sert à rien de les faire attendre plus longtemps.

Pendant ce temps, Arthur, qui trouvait que cela s'éternisait, s'apprêtait à se lever lorsqu'il les entendit parler dans les escaliers, sans pour autant comprendre le début de la conversation. Il remarqua que tout le reste de l'Ordre, en entendant des voix approcher, avait également tourné la tête vers l'entrée dans un silence religieux, écoutant par ce fait une partie de la discussion qui se déroulait de l'autre côté de la porte.

Mais en entendant la tournure que cela prenait, Arthur décida qu'il était temps d'intervenir. Il se leva et se dirigea à grands pas vers la porte qu'il ouvrit sans perdre de temps.

– Ah vous êtes arrivés! Je suis ravi de vous revoir! Salua l'homme avant de leur donner une franche poignée de main, faute d'accolade.

Puis les vampires finirent par rentrer dans la cuisine, se figeant soudain en voyant les regards qui étaient braqués sur eux.

Quand Draco entra à son tour, un petit rictus vint orner ses lèvres. Si on le lui avait demandé, il aurait été bien incapable de répondre qui des vampires ou des membres de l'Ordre du Phénix étaient les plus mal à l'aise. Et il savait parfaitement pourquoi.

Les membres de l'organisation de feu Dumbledore n'avaient pas été mis au courant de la capture d'Harry, le pensant mort des mains de Voldemort depuis des années maintenant. Alors le voir là, devant eux, en chair et en os avait de quoi être choquant. Cependant, du côté des vampires, ce n'était pas vraiment le même dilemme qui se jouait. Évidemment, ils étaient gênés des regards qu'ils recevaient, mais ce qui les embêtait le plus, c'était l'odeur.

Le sang. Ils le sentaient, l'entendaient, partout, venant de chaque personne présente. La tentation était forte, mais ils devaient lutter contre l'envie de laisser leurs canines s'allonger et boire jusqu'à plus soif.

Du fait qu'il n'ait pas autant d'expérience que Severus pour se concentrer sans que cela transparaisse, Harry dut fermer les yeux quelques secondes pour faire le vide dans son esprit afin de reprendre le contrôle et put enfin remarquer qui lui faisait face : en plus des Weasley et ses amis, ses camarades de dortoir lorsqu'il était encore à Poudlard étaient là, de même que Luna. Minerva était aussi venue et représentait les professeurs de l'école de Magie qui étaient restés là-bas pour assurer la sécurité. Quelques Aurors étaient également présents, comme Kingsley Shacklebolt et Maugrey, et d'autres personnes qu'il ne connaissait pas.

Une fois qu'il eut fini de faire le tour de la pièce, le survivant s'étonna de ne pas y apercevoir Remus qui avait confirmé sa présence, avant de se rappeler qu'il avait remarqué que la lune était pleine en arrivant au manoir. Son ancien professeur, avec toutes ces émotions, avait dû, lui aussi, oublier ce détail la veille. Puis il secoua légèrement la tête avant de se placer devant Ron et de poser une main sur son épaule.

– Écoute Ron, je sais qu'ils sont nombreux, mais il va falloir que tu te contrôles du mieux que tu peux, fit Harry tout bas, de manière à ce que seul lui – et Hermione – puisse l'entendre. Dès que c'est terminé, on s'en va.

Le rouquin l'observa quelques secondes, avant qu'il ne fixe les personnes qui se trouvaient derrière son meilleur ami.

– Ok, ça ira, se reprit le jeune alpha avant d'afficher un visage plus neutre et se donner du courage pour la suite.

Son ton avait été plus ferme que ce à quoi Harry s'attendait et fut alors très fier que son ami puisse parvenir à se maîtriser.

Harry hocha la tête, puis il se retourna, faisant ainsi face aux membres de l'Ordre du Phénix qui ne se gênaient pas pour le dévisager. C'est alors qu'il croisa le regard d'Arthur Weasley dont les yeux voyageaient de son fils à lui, clairement curieux. D'un petit signe de tête, il lui fit comprendre de ne pas chercher à comprendre pour le moment.

Au même instant, une voix acide s'éleva, brisant le silence qui s'était installé.

– Eh bien, maintenant que nous sommes tous là, j'espère que quelqu'un va pouvoir nous expliquer ce que font deux mangemorts parmi nous ce soir! Trancha la personne que tous reconnurent comme étant un Auror de par la robe qu'il portait.

C'est à ce moment qu'Harry remarqua que Blaise se tenait derrière les jumeaux Weasley et Arthur qui faisaient office de barrière contre les autres, Ginny étant dans les bras du métis, refusant encore une fois de le lâcher. Un sentiment similaire de protection le saisit brusquement. Il se rapprocha de Draco, faisant lui aussi barrière de son corps, sous le regard légèrement surpris de ce dernier qui ne s'y attendait pas.

– Je prends l'entière responsabilité de leur présence ici ce soir, déclara alors Harry d'une voix forte. Leur présence est tout à fait justifiée, et si vous prenez le temps d'écouter ce que j'ai à vous dire, alors vous saurez tout, mais je refuse d'entendre des commentaires, suis-je bien clair?

Un long silence suivit ses paroles, avant que Nymphadora Tonks ne se lève.

– Molly, pourquoi ne pas nous avoir annoncé leur retour au lieu de toutes ses cachotteries et en faire une réunion urgente? Questionna-t-elle, mécontente.

– Cela ne sert à rien de s'en prendre à Molly, c'était prévu ainsi. Aucune information ne doit filtrer, expliqua Harry en fixant la femme qui se tenait debout. Notre retour ne sera sûrement pas sans conséquence, et je pense qu'il est nécessaire pour tout le monde de faire le point après tout ce temps. Ce que nous avons à vous révéler est très important et… nous ferons au mieux pour répondre à vos questions, dans la mesure où vous répondez aux nôtres.

Tonks observa Harry pendant quelques instants, semblant peser le pour et le contre, puis elle finit par hocher la tête, décidant de faire confiance au jeune homme. Elle se rassit, et fit un signe au brun, lui montrant ainsi qu'il avait toute son attention.

Harry lui offrit un sourire, content de voir qu'il pouvait compter sur elle. Il regarda ensuite les autres personnes présentes, certaines approuvant, d'autres se contentant de garder le silence, mais le vampire ne s'en formalisa pas.

– Bien, ce que je vais vous dire n'est vraiment pas facile, aussi je vous demande de ne pas m'interrompre, commença le vampire.

Puis en voyant qu'il avait l'attention de tout le monde, il continua :

– Voilà, vous vous souvenez tous de ma dernière mission avec mon équipe…

Et Harry raconta encore une fois son histoire. Sa mission qui avait été un échec, car il s'agissait d'un piège de Voldemort, qu'un vampire était présent et l'avait transformé ayant perdu le contrôle de sa maîtrise de soi, la trahison de ce dernier qui avait décidé de le mettre en sécurité, qu'il était parvenu a se débrouiller plus ou moins bien – en réalité, il ne voulait pas parler de ses mentors, alors il déforma légèrement la vérité, comme il avait fait avec les Weasley en privé – sa capture quelques mois plus tard où il avait fini dans les cachots du Mage Noir, l'arrivée d'Hermione puis de Ron, et il finit avec l'emprisonnement de Draco et Blaise qui les avaient rejoints, dévoilant ainsi leurs statuts d'espions pour le compte de l'Ordre du Phénix.

Quand il eut terminé, il sentit Draco se rapprocher de lui et poser discrètement une main sur son omoplate, lui montrant ainsi son soutien. Un sentiment de chaleur monta en lui, et il se concentra pour faire passer à travers le lien qu'il partageait avec le blond toute sa gratitude.

En la sentant, l'ancien Serpentard eut un petit sourire qu'il effaça rapidement de ses lèvres. Il ne voulait pas apporter plus de problèmes au vampire et de toute façon, ça ne lui ressemblait pas du tout de faire ça en public.

De leur côté, les trois vampires attendaient, anxieux. La veille au soir, ils avaient déjà fait face aux réactions de la famille Weasley, et même si ces derniers, hormis Molly et Charlie, avaient plutôt bien accepté la nouvelle, ils ignoraient comment les autres membres de l'Ordre réagiraient. Après tout, ils étaient tous plus ou moins proches, et même si certains étaient susceptibles de relativement bien le prendre, ça ne serait probablement pas le cas de tout le monde.

Et effectivement, les réactions étaient partagées. Le choc était présent sur tous les visages, mais plus important, les vampires écoutaient. Les rythmes cardiaques s'étaient accélérés, affolant quelque peu, les sens du trio, et une odeur de peur s'échappaient de chaque personne présente, aucune ne faisant exception. Certains avaient même eu une réaction de recul, comme Mondingus ou encore des Aurors. Seuls ceux déjà au courant avaient réussi plus ou moins à ne pas faire une grimace en entendant encore une fois cette triste déclaration.

Puis soudain, Luna se leva et vint à sa rencontre. Elle plongea ses yeux bleus dans les siens, avant de poser délicatement sa main sur sa joue.

– Tu es toujours toi, différent, mais le même. Et c'est surprenant, car d'habitude, les Nargols n'aiment pas les vampires, pourtant ils sont là, toujours. Tu ne nous feras jamais de mal.

Harry resta un instant surpris, ne sachant que répondre. Et avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit, la jeune fille était retournée à sa place, près de Neville et Dean. Ces derniers le fixaient avec une crainte non dissimulée, mais dans leurs yeux, ainsi que dans ceux de Seamus, brillait une flamme qu'il ne connaissait que trop bien. La détermination.

– Ensemble jusqu'au bout Harry, déclara Neville.

Puis il regarda Hermione et Ron.

– On ne vous laisse pas.

Les deux autres vampires sourirent, ravis.

– Mais comment… comment faites-vous pour rester si… calme… demanda soudain McGonagall d'une voix tremblante.

Elle avait très clairement du mal à reprendre ses esprits, mais faisait visiblement preuve de courage pour prendre sur elle-même et passer au-dessus de sa peur. Elle était bien trop attachée à ces enfants pour ne serait-ce que supporté l'idée de les laisser tomber.

– Nous nous sommes entraînés Professeur. Nous parvenons à retenir nos respirations seulement ce n'est pas automatique même si nous n'avons plus besoin de ça pour vivre. Nous nous en servons en fait pour les odeurs et c'est en quelque sorte un moyen de survie pour nous comme notre ouïe, ces deux sens nous permettent de repérer un danger plus rapidement. Du coup, nous nous maîtrisons.

Cette phrase sembla ramener les gens à la situation présente, et chacun commença à poser des questions, les évadés faisant de leur mieux pour tenter d'y répondre tout en laissant volontairement certains sujets de côté. Ils s'étaient mis d'accord pour ne pas tout dévoiler, comme leur condition de vie en prison ou encore la hiérarchie vampirique, et ils s'y tiendraient.

En voyant que la curiosité des personnes présentes commençait à être satisfaite malgré encore quelques réactions craintives, ce que les vampires comprenaient aisément, Harry décida qu'il était temps d'assurer leurs arrières.

– OK, on arrête avec les questions maintenant, fit Harry en levant les mains en signe d'apaisement. Par contre, avec tout ce qu'il vient de vous être dit, je vais vous demander de faire un Serment Sorcier pour ne rien dévoiler au sujet de tout ça… Je ne souhaite pas que tout le monde l'apprenne, et je pense que vous comprenez pourquoi.

Son intervention ramena un lourd silence. Tous les yeux étaient braqués sur lui, et il n'hésita pas à sonder du regard chaque personne l'une après l'autre pour savoir s'il pouvait, oui ou non, compte sur elle. Et il semblait que, même si deux ou trois étaient un peu indécis, il aurait ce qu'il voulait.

C'est alors que du bruit se fit entendre en provenance du hall. Aussitôt, tout le monde fut sur ses gardes, baguette levée, attendant que celui ou celle qui venait de pénétrer dans l'ancestrale demeure des Black se fasse connaître, alors que les vampires affichaient un petit sourire, ayant reconnu à qui appartenait le bruit des pas.

Severus Snape entra dans la cuisine, un air impassible sur le visage. Il s'arrêta quelques secondes, analysant la situation, tandis que les autres personnes soufflaient de soulagement, se remettant à leur place. Un petit rictus orna ses lèvres, puis il jeta un regard à Harry qui hocha la tête.

– Je vois que vous n'avez pas perdu de temps, Monsieur Potter, enfin quelque chose que l'on pourra peut-être tirer de vous, fit-il d'un ton moqueur.

Aussitôt, McGonagall se leva et vint se placer devant l'homme, un air furibond sur le visage, décidé à défendre son ancien élève.

– Vous! Cracha-t-elle. Vous le saviez, et vous n'avez rien dit! Comment…

– Allons Professeur, s'interposa Harry en voyant le Maître des potions ouvrir la bouche pour répliquer. Il ne pouvait rien dire, il est lui aussi soumis au secret. Le Seigneur des Ténèbres a pris ses précautions, il ne voulait rien laisser échapper et, même si cela me fait un peu mal de l'avouer, il a bien fait! Je ne veux pas que toute la population sorcière soit au courant, et je sais que vous pouvez le comprendre!

La Directrice de Poudlard resta silencieuse, réfléchissant aux paroles de son ancien élève non sans quitter des yeux le professeur de potions.

– Très bien, déclara-t-elle alors en se tournant vers le vampire. Faisons ce Serment Monsieur Potter!

Et elle lui tendit la main.

Harry la considéra un instant, avant qu'un sourire n'illumine ses lèvres et qu'il ne s'empare de la main tendue.

– Y voyez-vous un inconvénient si Snape est l'Enchaîneur? demanda le brun.

– Je crois que vous ne pouvez pas faire meilleur choix Monsieur Potter, répondit-elle.

Et c'est ainsi que commèrent les Serments, tous promettant de garder le silence sur les révélations qui venaient de leur être faites.

Le dernier à passer fut Kingsley. Quand le Serment fut scellé, il observa Harry avant de lui dire :

– Je suppose que c'est à nous de répondre à vos questions maintenant, n'est-ce pas?

– Ce serait apprécié oui, lui répondit Harry en lui faisait clairement comprendre qu'il ne leur laissait pas vraiment le choix.

– Bien, soupira Kingsley loin d'aimer cette situation.

Il savait que cela risquait de durer encore un bon moment, aussi c'est pourquoi il alla s'installer près de Minerva à la grande table que Molly avait fait réapparaître il y avait peu.

Cette dernière, pendant que les serments se terminaient, en avait profité pour faire disparaître la petite table où avaient été disposés le thé et les gâteaux elle avait également ajouté des chaises en plus, la rendant davantage solennelle, indiquant que les choses sérieuses allaient commencer.

Ceux qui se tenaient encore debout et attendaient que cette réunion commence imitèrent Kingsley mais, quand ce fut le tour des vampires et des deux anciens espions, cela se compliqua. Aucun ne voulait être assis à leurs côtés.

Severus, lui, eut la chance de pouvoir s'installer non loin de Minerva à cause de l'habitude qu'il avait de Poudlard, mais aussi, car il prenait très souvent cette place quand la réunion promettait de s'éterniser. Il préférait cela que de rester debout dans l'ombre à son opposé, quelques chaises plus loin, se trouvaient Dean et Neville.

Blaise fut entraîné par Ginny, qui le tira par la main et l'obligea à s'asseoir près de lui. A sa droite se trouvait Fred, et de l'autre côté se trouvait Luna et Seamus donc aucune menace directe pour le métis. Draco, lui, se vit attribuer une place entre Bill et Percy. Face à lui se trouvait Tonk et Mr Weasley. Mais, arrivé au trio rouge et or, ce fut plus compliqué. Tous avaient peur de se retrouver à côté de l'un d'eux.

Perdant patience de voir l'Ordre tergiverser, Minerva en prit le contrôle et fit apparaître trois chaises au bout de la table, face à elle et leur ordonna de s'asseoir. Personne n'osa contredire son ordre et c'est ainsi que la véritable réunion put commencer.

– Cette journée-là, comme ton équipe et toi n'étiez pas revenus alors que cela aurait dû être le cas, nous nous sommes inquiétés. Je suis donc allé voir sur place, débuta Kingsley en regardant Harry. Sur le lieu, j'espérais comprendre ce qui avait pu se passer, mais une fois là-bas, j'ai vu les cadavres de tous les membres de ton équipe, sauf le tien. Il n'y avait pas trente-six solutions, soit tu étais caché pour te soigner, soit mort ou pire… capturer par le camp adverse. La deuxième option s'est vue confirmer le lendemain par le Lord Noir lui-même qui a fait savoir à tous que tu étais mort.

– Dès que la population a été avertie de ta disparition Harry, la guerre a pris une mauvaise tournure. Beaucoup ont perdu espoir et se sont résignés à ce nouvel air de terreur. Certains ont profité de ce bouleversement pour vivre dans un autre pays ajouta Tonk alors que Kinsley marquait un temps d'arrêt.

– Presque immédiatement après la nouvelle, l'Ordre du Phénix s'est réuni en urgence. Les protections autour du Square Grimmaurd et du Terrier ont été renforcées et seules les personnes qui sont reconnues par les protections peuvent entrer, continua Kingsley. Mais comme tu t'en doutes, les choses ont changé. A partir de ce moment, toutes les batailles ont été extrêmement rudes, les assassinats de plus en plus nombreux, dont celui du ministre Scrimgeour , remplacé par Pius Thicknesse. Le Ministère est vite tombé entre les mains du Mage Noir qui ne s'est pas gêné pour en prendre entièrement le contrôle même s'il fait croire que c'est Thicknesse qui dirige. Les boutiques du Chemin de Traverse sont devenues très surveillées et contrôlées, des protections spéciales ont été installées là-bas. Il est désormais très difficile de cacher des choses, sans parler des mangemorts qui se promènent pour effectuer eux-mêmes des contrôles. De ce fait, beaucoup ont fermé boutique et les gens s'y rendent moins. Gringotts est le seul bâtiment sur lequel Tu-Sais-Qui n'a aucun pouvoir, mais c'est uniquement, car il a besoin d'eux, qu'il laisse faire.

L'Auror s'arrêta quelques instants pour reprendre son souffle, alors qu'Harry enregistrait les informations. Il y avait certaines choses dont il était au courant, Hermione le lui ayant raconté, mais depuis la capture de cette dernière, beaucoup de choses avaient évolué. Trop de choses. Et même si Ron aurait pu les lui dire, il n'avait pas été en état à cause de sa nouvelle condition qu'il venait tout juste d'accepter, et Harry ne lui en voulait pas.

Oh certes, il aurait pu demander à Blaise et Draco, mais la situation n'avait pas été à leur avantage non plus et le temps leur avait manqué, sans compter la blessure du blond qui avait failli être fatale. A cette dernière pensée, un frisson lui remonta le long de l'échine.

Ce n'était pas le bon moment pour se rappeler de ça.

– Les choses ont vraiment dégénéré… souffla Harry en se passant une main dans les cheveux. Comment vous faites, je veux dire, pour vous approvisionner et tout le reste? Si Lui surveille tout, ça devient impossible…

– C'est là que les choses sont intéressantes en fait. Ceux qui ont décidé de rester et qui sont totalement contre Lui ont décidé de mener une guerre interne, un peu comme les moldus l'ont fait lors de la Seconde Guerre mondiale. Une résistance s'est formée.

Cette annonce surprit totalement le jeune homme qui écarquilla les yeux.

– Une résistance? Mais où ça? s'exclama le vampire, curieux.

– Quand cela s'est-il produit? Je savais que le Chemin de Traverse était tombé, mais pas qu'il y avait un mouvement actif! Intervint Hermione, étonnée elle aussi.

– À dire vrai Hermione, nous ne l'avons su qu'après ton enlèvement. Elle s'est formée dans les souterrains de Londres. Le Seigneur des Ténèbres et ses sbires ignorent où ce réseau se trouve et il ne faut en aucun cas qu'ils l'apprennent. Il a été furieux d'apprendre qu'il n'avait pas le contrôle sur tout, ajouta Charlie en un sourire rusé.

– C'est ingénieux, murmura la jeune femme en s'adossant contre sa chaise.

– Tu n'as même pas idée, s'exclamèrent les jumeaux Weasley avec de grands sourires.

– C'est tellement ingénieux que nous avons pu en profiter pour mettre en place une radio sorcière qui se diffuse sur une certaine fréquence, reprit George en prenant appui sur la table. Mais pour pouvoir l'écouter, il faut connaître le mot de passe, c'est notre manière un peu de nous protéger d'éventuels inquisiteurs…

– De ce fait, tout ce que la Gazette ne dit pas, puisqu'elle est contrôlée par Lui, nous, nous le faisons. Et puis ça permet aussi de garder contact entre résistants, continua Fred en leur faisant un clin d'œil.

– Surprenants, vous êtes vraiment surprenants, fit soudain Hermione alors que son regard voyageait entre les jumeaux, une lueur d'admiration au fond des yeux. Vous avez finalement réussi à la mettre au point.

– Eh oui! Firent fièrement les deux garçons. Et Lee ici présent nous aide fabuleusement bien dans cette tâche!

Le concerné leva le pouce, un sourire aux lèvres.

– C'est exact. Comme les jumeaux sont très pris aussi à côté, j'ai pris l'entière responsabilité de la radio, du coup j'en profite aussi parfois pour dire des niaiseries, histoire de dédramatiser un peu la situation et ça fait du bien, mais de temps à autre, quand la situation le nécessite ou pour apporter un peu de souffle, je fais intervenir un membre de l'Ordre par le biais d'une courte interview.

Harry secoua la tête, amusé. Malgré la situation, il était content de voir que certaines choses ne changeaient pas.

– Et en parlant du journal, comment… commença-t-il.

Arthur, qui comprit aussitôt où voulait en venir le vampire, reprit la parole.

– Xenophilius et Luna ont repris le Chicaneur et des parutions exceptionnelles ont lieu. Ils font un excellent travail et ont même réussi l'exploit d'infiltrer le Ministère par le biais d'un journaliste qui travaille à la Gazette. Le journal n'est disponible que dans les souterrains et c'est comme cela que le réseau parvient à rester secret.

Son intervention lui valut quelques regards noirs de la part de certains membres de l'Ordre, dont Kingsley, mais il n'en tint pas compte. Le patriarche Weasley savait pertinemment que nombreux d'entre eux avaient peur de la nouvelle condition du Survivant et que c'était pour cette raison qu'ils voulaient que certaines informations restent confidentielles, mais il n'était absolument pas d'accord. Harry était parfaitement en droit de savoir ce qu'il se passait.

– C'est une bonne chose qu'il y ait ce groupe de résistant, ils ne combattent peut-être pas physiquement, mais ils aident beaucoup à leur façon, remarqua Harry avec un certain respect dans la voix.

Savoir que des gens continuaient malgré tout à se battre pour leurs valeurs lui faisait réellement plaisir. Pendant longtemps, il s'était senti seul contre tous, seul dans un combat qui l'effrayait, même si ses amis l'entouraient et lui assuraient qu'ils seraient toujours là. Mais savoir ça lui faisait quelque chose, et il se sentait soulagé.

– Ce ne sont pas les seules choses qui soient arrivées… laissa remarquer brusquement Draco qui intervenait pour la première fois.

Il avait lui aussi vu les réactions des personnes présentes et cela lui avait laissé un goût amer dans la bouche. Comment ces gens pouvaient-ils espérer de l'aide en ne donnant rien en retour? Certes, il n'était pas réputé pour être quelqu'un de tendre ou quoi que ce soit d'autre, mais tout de même! Il avait des principes!

Du coin de l'œil, il vit son parrain lui faire un petit signe de tête approbateur.

- Laissez ceux qui sont les mieux placés parler au lieu de la ramener! Trancha brusquement Maugrey en fusillant le blond du regard qui se raidit sur sa chaise.

En sentant la pointe de colère qui traversa le blond à travers leur lien, Harry tourna la tête vers l'ancien Auror, retentant difficilement un grognement en voyant le regard qu'il posait sur l'ancien Serpentard.

– Si j'étais à votre place, Maugrey, je me contenterais de me taire. Ce garçon a accompli bien des choses que vous n'auriez jamais pu faire, déclara Severus d'une voix polaire.

Ses paroles provoquèrent un long silence, tous fixant les deux hommes qui s'observaient en chien de faïence.

– Sainte-Mangouste est tombée sous les mains de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom environ au même moment où le jeune Weasley s'est fait capturer, révéla le Maître des potions sans détourner les yeux.

Harry eut un brusque sursaut. Sainte Mangouste?

– Mais comment?

– De la même façon que pour le Chemin de Traverse. Un hôpital clandestin a donc été mis en place. Mme Pomfresh est à leur tête, mais elle se fait aider par d'autres Médicomages qui refusait de travailler à Sainte-Mangouste dans ses conditions. Grâce à ça, tout le monde a de quoi se soigner, mais c'est principalement Severus qui fait les potions pour l'Ordre quand il a le temps. Le lord le tient assez occupé… continua Draco en se tournant vers le vampire qui lui offrit un sourire encourageant.

– Merci Draco.

Suite à ça, un silence tendu s'installa. Tous les yeux s'étaient braqués sur Harry, qui était en train de réfléchir sur tout ce qui venait de s'être dit.

Bien des choses avaient évolué depuis qu'il avait été mordu et il avait un peu de mal à reconnaître son monde.

Il échangea un coup d'œil avec ses amis, et d'un accord commun silencieux, ils décidèrent d'en reparler plus tard.

– Ok, ça fait beaucoup à digérer d'un coup, fit Harry en posant ses mains sur la table. Je pense que maintenant, il serait plus sage de parler de ce qu'il s'est passé pour vous, dans les grandes lignes bien sûr, et après, on vous parlera de nous. Ça vous va ?

Le vampire brun put clairement voir Kingsley et Maugrey s'échanger un regard entendu alors que d'autres hochaient la tête ou se contentaient d'attendre, ne sachant trop que dire.

Finalement, l'Auror noir se tourna vers lui et hocha la tête.

– C'est d'accord Harry. Je vais te raconter à peu près ce qu'il s'est passé depuis ta disparition. Ça risque de prendre un peu de temps, mais je pense que nous ne sommes plus vraiment à ça près…

Harry acquiesça légèrement, étant du même avis que l'homme.

– Bien. Depuis ta disparition, outre le Chemin de Traverse et Sainte Mangouste, nous avons perdu le Terrier, commença Kingsley en se penchant sur la table pour que tout le monde puisse le voir. Tout le monde sait que les Weasley sont des membres actifs de la résistance et qu'ils font partie de l'Ordre, mais surtout, qu'il te considère comme un membre de la famille.

– Oui, je le sais. Hermione m'a raconté ce qu'il s'est passé, mais… comment c'est possible? Personne ne peut briser le Fidelitas! Seul le gardien du secret peut dire le véritable emplacement! S'exclama Harry, ses yeux voyageant parmi les membres présents en quête de réponses.

– Et c'est le cas Harry, lui dit Arthur avec un petit sourire triste. Mais rien n'y fait, le Terrier a quand même été découvert. Bon nombre d'entre nous pensons à un traître, mais pour le moment, nous ignorons si c'est le cas et si oui, pourquoi et comment il est parvenu à cela. C'est pourquoi par sécurité, il y a eu une réorganisation des membres. Grâce à Severus qui a amélioré le Veritaserum pour nous, tout le monde en a pris. Nous devions impérativement être sûrs et cela n'a rien donné. Nous ignorons comment le Seigneur des Ténèbres est parvenu à trouver le Terrier.

Dès qu'Arthur se tut, il y eut quelques minutes de silence où chacun repensait à ce qui venait d'être dit. La perte de la maison des Weasley avait été un véritable coup dur pour tout le monde et Harry savait que c'était la raison qui avait poussé la famille à venir se réfugier ici, Ron le lui avait expliqué.

– Je suis désolé pour ce qui vous est arrivé, souffla le vampire brun d'une voix basse.

– Tu n'as pas à t'excuser Harry, tu n'y es pour rien dans tout ça, lui fit Arthur. Nous avons tout fait pour tenter de sauver notre maison, mais nous n'étions pas assez nombreux et les mangemorts avaient bien calculé leur coup. Hermione en a d'ailleurs subi les conséquences…

Cette dernière hocha la tête, confirmant les dires de l'homme.

– Ensuite… ensuite…

Mais Arthur ne parvint pas à terminer sa phrase. Ses yeux s'étaient posés sur son fils, brillant de larmes contenues alors que Ron s'agitait légèrement sur sa chaise, mal à l'aise.

Plusieurs membres de l'Ordre se rappelaient également de ce jour, mais pas tellement pour les mêmes raisons. La perte de Ron les avait déroutés et causé quelques problèmes, car le rouquin était l'un des meilleurs pour organiser des tactiques contre les mangemorts.

– Quelques mois plus tard, en août, une attaque a été faite sur Pré-au-Lard et c'est là que nous avons perdu de vue Mr Weasley, finit Minerva McGonagall pour lui.

– Quoiqu'il en soit, reprit Kingsley en se raclant la gorge, suite à ça les commerçants se sont mis à fermer encore plus tôt que sur le Chemin-de-Traverse. Après la disparition de Ronald, les attaques ennemies se sont faites de plus en plus nombreuses. Ils ont même commencé prendre pour cibles certaines régions assez reconnues chez les moldus, se montrant un peu plus au grand jour, bien que les moldus prennent ses attaques pour du terrorisme et non de la magie.

Puis la conversation continua, Kingsley et Minerva alternant. C'est ainsi que les trois vampires purent apprendre que l'Auror noir avait rejoint Poudlard environ deux semaines après la capture de Ron. Il avait pris la direction au côté de Minerva et lui donnait un coup de main pour que l'école de Magie ne tombe pas aux mains de l'ennemi. En effet, les protections du château étaient mises à rude épreuve chaque jour depuis que le rouquin avait disparu dans l'antre du Mage Noir.

Ce dernier avait été si content d'avoir dans ses cachots le trio – bien que l'information ait été gardée secrète – qu'il avait lancé attaque par-dessus attaque dans tous les coins du pays. Et comme Poudlard était l'un des derniers symboles de résistance, Voldemort s'était arrangé pour qu'un groupe de ses fidèles lance des assauts tous les jours, et ce même plus d'une fois, ce qui affaiblissait durement les protections.

À eux deux, ils avaient fait en sorte que les défenses de l'école soient sans failles. Tous les professeurs étaient passés sous Veritaserum afin de vérifier leur loyauté et des Aurors de confiance se promenaient dans les couloirs, veillant à la sécurité des élèves. Ils aidaient aussi les protections à tenir, les renforçant quand ils le pouvaient. De ce fait, Poudlard était encore un lieu sécurisé, mais personne ne savait jusqu'à quand et Minerva, avec le portrait de Dumbledore, avait organisé plusieurs plans de secours au cas où ils devraient impérativement renvoyer les enfants chez eux. Ça n'avait pas été facile de convaincre les parents que Poudlard était sans danger.

Minerva était la Directrice de Poudlard depuis l'été 1997, soit depuis la mort du grand Albus Dumbledore qui avait sacrifié sa vie pour protéger son école, lors d'une attaque à Pré-au-Lard. Ça n'avait pas été la seule attaque faite là-bas, mais très certainement la plus meurtrière. La mort du Mage Blanc avait été lente. Gravement blessé lors de l'attaque, il avait pu être rapatrié à Poudlard pour se faire soigner, mais le sort qu'il avait reçu été irréversible. Il avait alors dévoilé où se trouvait son testament à Minerva et lui avait légué son poste de Directeur et de chef de l'Ordre du Phénix.

Au départ, la vieille femme avait vivement protesté, refusant une telle responsabilité, mais elle avait rapidement compris qu'elle ne pouvait faire autrement. Heureusement, elle n'avait pas été seule et Kingsley et les Weasley n'avaient pas hésité à lui donner un coup de main pour mener à bien le camp de la lumière. C'était également à ce moment que Dumbledore lui avait avoué l'identité de ses deux nouveaux espions, lui disant que sa pensine lui servirait de preuve pour leurs bonnes volontés.

Cette déclaration provoqua une vague de réaction parmi les membres de l'Ordre, notamment de Maugrey qui exigeait tout de même une preuve. Mais Minerva s'y opposa farouchement, arguant que les deux jeunes hommes avaient toute sa confiance et qu'elle ne remettrait pas en cause leur légitimité. Personne ne trouva rien à redire, même quand Ginny déposa un bref baiser sur la joue du métis, enlevant ainsi certains soupçons quant à la nature de leur relation.

Durant tout le temps qu'avait duré les explications, Harry n'avait eu de cesse d'observer un à un les membres de l'Ordre. Et sa conclusion ne l'enchantait guère.

La défensive.

Tout l'Ordre du phénix, à quelques personnes près, était sur la défensive ce qui lui donnait l'impression qu'on lui cachait des choses. En effet, nombreux étaient ceux qui étaient ravis de son retour, mais la crainte de sa nouvelle condition les poussait à se méfier de lui. Il pouvait le voir à l'étincelle dans leurs yeux, ou l'entendre à leur rythme cardiaque qui s'accélérait quand il les fixait. Quand il devenait un peu trop précis sur une question, insistait trop, certains membres de l'Ordre devenaient plus agressifs, aucun d'eux ne voulait que le trio et les deux anciens Serpentard pousse trop loin. Même ceux qui semblaient les avoir acceptés comme Kingsley, demeuraient prudents dans leurs paroles.

En jetant un coup d'œil à ses amis à sa gauche, et y apercevant les jumeaux, il constata qu'eux aussi trouvaient leurs comportements bizarres et avaient la même impression que lui. Oh, il savait que d'autres changeraient d'avis, comme ses anciens camarades de dortoir, mais que cela valait-il face aux autres? Après tout, la parole des plus jeunes n'a pas toujours d'importance pour les plus anciens…

Il était évident que l'Ordre se retenait de dévoiler certaines informations. Certes, jusque-là ils avaient appris beaucoup de choses, mais quelques une d'entre elles avaient été difficiles à venir. C'était comme s'ils ne voulaient pas trop en dire pour les préserver maintenant qu'ils étaient de retour. Pas un seul détail concernant des batailles à venir et des plans mis en place ne furent évoqués, quand bien même la discussion aurait été amenée là-dessus. En réalité, Harry avait parfaitement remarqué que cela aurait pu arriver, mais que le sujet avait habilement été détourné, et ce, de manière volontaire.

Il réalisa que Minerva avait fini ses explications quand il sentit l'amusement de Draco à travers leur lien. Il jeta un coup d'œil à ce dernier qui affichait un léger rictus. Harry se retint de lever les yeux au ciel, amusé malgré lui, puis se tourna vers Ron, qu'il interrogea du regard. Ce dernier comprit aussitôt ce que son meilleur ami avait l'intention de faire, alors il acquiesça. C'était convenu ainsi de toute façon. Il aurait pu laisser Ron faire tout ça, mais le rouquin était plus occupé à se retenir d'attaquer ou s'empêcher d'utiliser un peu trop son autorité, sans parler qu'il avait peur de ne pas être à la hauteur.

– Très bien, je vous remercie pour vos informations, déclara-t-il en s'avançant sur sa chaise. Je suppose que vous avez des questions ? Nous allons faire tout notre possible pour y répondre…

Aussitôt, des chuchotements s'élevèrent. Tout le monde y allait de son commentaire, et Harry, comme ses deux meilleurs amis, pouvait tous les entendre. Certains le firent grincer des dents, mais il se contint du mieux qu'il put pour ne pas grogner.

« On va enfin savoir ce qu'il s'est passé », « je vais sûrement enfin savoir où il habite », et plein d'autres joyeusetés se faisaient entendre, mais quand l'une d'entre elles concerna Draco, il sentit sa magie ne faire qu'un tour et il se leva brusquement et abattit son poing sur la table.

– ASSEZ! Hurla-t-il en se levant et en tapant du plat de la main sur la table qui se fissura. Assez! Si vous tenez absolument à savoir la vérité, taisez-vous!

On aurait pu entendre une mouche voler tant le silence était à couper au couteau. Les membres de l'Ordre avaient été tellement surpris par son intervention qu'ils s'étaient tus. Un vampire en colère était vraiment impressionnant.

Draco, qui avait senti la fureur d'Harry à travers le lien, avait les sourcils froncés et tenta de comprendre ce qui s'était passé, mais il sentit Harry fermer totalement leur lien. Il tourna vivement la tête vers le brun, mais ce dernier l'ignora, focalisé sur les autres. La sensation de ne plus ressentir le lien, auquel il s'était habitué, était très désagréable. Dire qu'au début il aurait préféré ne pas l'avoir, à présent, en ce moment surtout, il lui était intolérable de ne pas sentir cette présence familière et rassurante, c'était devenu une partie de lui.

– Bien, nous allons pouvoir commencer. Je vais d'abord laisser Hermione débuter puis ce sera au tour de Ron et je terminerai.

Alors qu'il reprenait doucement sa place, Hermione se redressa et le remercia d'un hochement de tête.

– Ok, fit-elle d'une voix forte. Je vais reprendre à partir du moment où je me suis fait enlever au Terrier en avril. Après l'attaque, où d'ailleurs je pense y avoir perdu ma baguette, les mangemorts m'ont emmené au repaire de V-Voldemort.

À ce nom honni, les gens tressaillirent et certains laissèrent des hoquets leur échapper, mais Hermione n'en eut cure et continua, fier d'être capable de prononcer un nom, puisqu'après tout ce n'était que ça, un nom.

– J'étais persuadée que j'allais croupir dans leur cachot et être torturée pour que l'on me fasse parler ou peu importe la raison, mais dans tous les cas, on m'a amené au Lord et devant lui, on m'a transformé. Pour le reste, c'est le trou noir. Ce n'est que deux jours plus tard, en reprenant mes esprits, puisque la créature en moi avait pris le pas, que j'ai compris que j'étais dans la même cellule qu'Harry. J'ai été plus que surprise de le voir là bien que je n'ai jamais compris pourquoi ils m'avaient mise avec lui. En fait… je pensais que sitôt transformée, ils se seraient servis de moi pour leur compte ou qu'ils auraient torturé la créature nouvellement née.

– Voilà pour moi. Ron, dit-elle en reprenant place sur sa chaise et se tournant vers lui. Si tu veux te lancer…

– Oui, merci Mione, répondit ce dernier en se levant à son tour. Voilà… j'ai… j'ai été attaqué par surprise à Pré-Au-Lard alors que je me rendais aux Trois Balais pour retrouver Neville, Seamus et Dean. On avait décidé de se réunir, comme on le faisait de temps en temps pour décompresser un peu. Je venais de saluer Seamus de la main alors qu'il entrait dans la taverne quand des mangemorts me sont tombés dessus… Heureusement que les gars étaient près de la fenêtre et ont vu ce qui se passait pour vous prévenir où il y aurait très certainement eu plus de morts que ça cette journée-là… Enfin, au vu du nombre que j'avais autour de moi, ma baguette a fini par me glisser des mains – d'ailleurs, j'ignore ce qu'elle est devenue, détruite sûrement – et on m'a lancé un Stupefix. Après, c'est un peu flou… Ce dont je me rappelle, c'est d'avoir été traîné jusqu'à…

Il s'arrêta un instant, semblant hésiter. Finalement, après avoir jeté un coup d'œil à sa petite amie qui lui donna du courage il poursuivit :

– … Jusqu'à Voldemort, qui a ordonné à l'un de ses vampires de me transformer. J'ai eu beau tenté de me débattre, ça rien donné. Ensuite… je me souviens m'être réveillé dans la même cellule qu'Harry et Hermione… La suite est vague… j'ai eu des difficultés à reprendre contact avec la réalité…

Le nom du Lord que peu parvenaient à prononcer en avait fait frissonner plus d'un et Molly avait laissé à nouveau ses larmes couler à l'évocation du souvenir. Mais elle s'était efforcée d'être la plus silencieuse possible et d'écouter attentivement leurs récits, qui ne semblaient pas faciles à raconter, enlacée par son mari.

Ginny, qui s'était éclipsée en catimini au moment où son frère avait pris la parole, revint aussitôt les explications terminées et s'approcha d'Hermione.

Hermione en voyant sa meilleure amie se poster à côté d'elle se tourna un peu pour lui faire face. Obtenant son attention, Ginny lui tendit avec respect un petit boîtier rectangulaire. Intriguée, l'aînée le prit et l'ouvrit délicatement.

Hermione lâcha une exclamation de joie et oublia tout ce qui l'entourait elle manqua même de laisser d'échapper le présent sous la surprise: à l'intérieur se trouvait sa baguette magique, qu'elle aurait reconnue entre mille.

Lors de l'attaque au Terrier quelques années auparavant, Ginny avait réussi à subtiliser sa baguette avant que les mangemorts ne la devancent quand sa future belle sœur s'était fait enlever et à présent, elle avait été cherchée l'item magique qui avait été entreposé dans un lieu sûr en attendant d'être restitué à sa propriétaire.

– Gin! Souffla Hermione, en relevant les yeux vers elle un petit instant, émue.

Puis reportant son attention sur son cadeau, elle prit doucement sa baguette entre ses doigts et fit un petit mouvement de poignet comme elle l'avait fait bien des années plus tôt chez Ollivander et cette dernière émit quelques lueurs qu'elle regarda, émerveillée.

C'était comme si elle sentait à nouveau la magie parcourir ses veines, comme si elle venait de retrouver un objet cher à son cœur, une partie d'elle qui lui manquait et qui lui était enfin restituée. Elle se sentit euphorique. Les deux vampires à côté d'elle eurent un petit sourire content, bien qu'un brin envieux.

– Merci, murmura-t-elle en la regardant à nouveau avec des yeux emplis de gratitude.

Hermione se retint de justesse de se lever et la prendre dans ces bras, craignant que cette réaction soit de trop pour elle qui était déjà bien éprouvée par cette soirée.

– Merci de l'avoir récupéré, j'étais persuadée qu'elle avait été détruite!

Sa gorge était nouée et elle demeura incapable de trouver les mots juste pour la remercier et lui exprimer sa reconnaissance.

Un lourd soupir se fit entendre dans la pièce, et tous se tournèrent vers Maugrey qui en était l'origine. Celui-ci commençait à en avoir plus qu'assez d'être assis et d'écouter les gens parler alors qu'il était ici pour une raison bien précise.

Sans leur laisser le temps de s'éterniser, l'Auror se pencha en avant sur la table, arrêtant son œil mobile sur le vampire brun, ce qui rendit ce dernier mal à l'aise.

– Alors Potter, et si tu nous racontais maintenant ce qui s'est passé quand tu as disparu, hein? C'est quand même pour ça que nous sommes là à la base, commença-t-il d'une voix éraillée. Quand je dis que tu devrais être plus prudent, au lieu de te faire passer encore pour un héros… Tu aurais dû nous contacter dès que tu as compris que c'était une embuscade et rien de tout ça ne se serait produit! Ce n'est pourtant pas faute de le répéter : VIGILANCE CONSTANTE! Tu es le Sauveur, l'Elu même! Si tu n'avais pas agi sans réfléchir, le monde ne serait pas plongé dans ce chaos et aurait encore un peu l'espoir que tu les sauves…

– Maugrey! Taisez-vous! Harry a fait de son mieux! Le réprimanda Minerva avec force.

La vieille femme était choquée par la réaction de l'homme. Comment celui-ci pouvait-il tenir un discours pareil?

– Qu'est-ce qu'il vous prend? Vous savez très bien qu'il n'aurait pas pu empêcher tout ce qui est arrivé, le Seigneur des Ténèbres aurait quand même attaqué. Arrêtez de tout lui mettre sur le dos! Admonesta-t-elle, furieuse.

– Ce n'est pas pour autant que cela doit l'empêcher de raconter ce qui s'est passé, râla Maugrey en passant volontairement au sujet qui l'intéressait.

Harry sentit l'agacement monter par vagues en lui, et il prit sur lui pour garder son sang froid et ne pas remettre l'homme à sa place.

Et il n'était pas le seul. Ron et Hermione avaient le même problème. La jeune femme avait même les lèvres pincées à voir les membres de l'Ordre s'entêter de la sorte alors que ce n'était pas le moment. Même si de son vivant, elle aurait aussi voulu savoir, elle l'aurait fait de façon plus discrète, par des recherches notamment, pour en apprendre davantage sur les vampires et éviter de se les mettre à dos.

Nous sommes des jeunes quand ça leur chante, songea Harry avec amertume, mais dès qu'ils ont besoin d'un coup de main, alors là, ils ont besoin de tout le monde. Quand il faut tuer le Lord Noir, je suis le plus important, l'Élu, celui qui va les sauver, mais pour le reste, je suis qu'un gamin!

– Si vous aviez pris votre mal en patience, peut-être que j'aurais déjà pu commencer mon récit et votre curiosité aurait été satisfaite! Rétorqua-t-il subitement avec verve.

Il fut ravi quand il vit l'homme pâlir dangereusement alors qu'il voyait des sourires moqueurs apparaître sur les lèvres de Draco, Blaise et des jumeaux Weasley. Il crut même en remarquer un sur celles de Severus, mais cela avait été bien trop bref pour qu'il en soit certain.

– Bien, je vais vous raconter… déclara alors Harry dans un soupir. Quand mon équipe et moi avons été attaqués… la lutte fut farouche. Dans la bataille, je me souviens avoir perdu ma baguette, les mangemorts ont réussi à me la subtiliser et l'ont brisée… J'ai quand même fait de mon mieux pour les tenir éloignés en utilisant celles de mes collègues morts et qui étaient intactes, mais ils étaient trop nombreux... C'est à la fin de cette embuscade que j'ai été transformé en vampire et fait passé pour mort. Bien des mois plus tard, lors d'un entraînement pour voir si je ne pourrais pas venir vous rendre visite, sans risquer vos vies, j'ai été kidnappé. J'ai au moins eu le temps de m'adapter à mon nouveau statut…

Harry s'arrêta quelques instants, laissant le temps aux autres de mémoriser ce qu'il venait de dire. Il savait que beaucoup avaient attendu ce moment avec impatience, et même si les réactions n'étaient pas celles auxquelles il s'était attendu, il savait que ce n'était pas de son ressort.

– Voldemort avait découvert que le vampire qui m'avait soi-disant tué lui avait menti. D'après ce que je sais, il avait commencé à avoir des doutes sur ma mort quand une rumeur s'est mise à circuler à propos de jeunes vampires dans une petite ville. C'est comme ça que je me suis fait avoir, j'aurais dû bouger et éviter de rester trop longtemps à la même place… Après avoir passé environ un an dans ses cachots, je pense, la notion du temps est assez vague en cellule, Hermione m'a rejoint, et puis ce fut Ron. J'ai fait du mieux que je pouvais pour qu'ils s'adaptent à la nouvelle situation, puis il y a quelques semaines, ça a été au tour de Blaise et Draco d'atterrir dans notre cachot…heureusement que le Lord était absent, qui sait ce qui se serait passé, peut-être aurions-nous eu plus de vampires dans cette cellule… Enfin, maintenant que nous sommes sortis, je compte bien en finir avec ce mage noir! Conclut Harry d'une voix forte et déterminée.

Il avait volontairement passé sous silence comment ils avaient été traités en cellule ainsi que leur évasion – et bien d'autres sujets concernant leur état vampirique –, car il estimait, avec l'accord des autres, que cela ne les regardait pas. C'était un peu comme à Poudlard, dans le stade de Quidditch, ce qui se passe dans les vestiaires reste dans les vestiaires. De plus, Harry voyait bien à leurs visages – mais aussi grâce à ses autres sens vampiriques – que leurs réactions étaient assez partagées, ce qui ne l'encourageait pas à en dire davantage.

Malheureusement, certains ne semblèrent pas le comprendre et commencèrent à les questionner, les pressant, leur sommant même de répondre, jusqu'à ce qu'Harry finisse par s'emporter, mais Ron le devança de quelques secondes sans plus réfléchir. Son instinct prenait le dessus.

C'en était trop! Déjà que pour lui, ces sorciers lui étaient inférieurs de par sa hiérarchie, il ne pouvait en tolérer plus sans rien faire. Il était temps pour lui d'endosser son rôle d'Alpha et de défendre ses amis.

– STOP! Hurla-t-il à bout de nerfs. Ça suffit! Il n'y a rien de plus que vous n'ayez besoin de savoir. De toute façon, tout a été dit!

Son éclat de voix ramena le silence, tout le monde le regardait avec stupéfaction. En effet, sous le coup de la colère, Ron s'était levé et avait accidentellement laissé son aura s'échapper, ce qui intimidait quelque peu les personnes présentes tout en les étonnant fortement.

Lorsqu'il s'en rendit compte, il se mordit les lèvres, contrites. Alors qu'il allait ouvrir la bouche pour dire quelque chose, il fut interrompu par Molly, qui avait été très ébranlée par cette réaction.

– Très bien… j-je pense qu'il est temps pour tous de faire une petite pause.

Sans laisser le temps à quiconque de réagir, elle se leva, encore un peu choquée, pour aller chercher son service à thé et servir tout le monde.

Cet arrêt imprévu fut bienvenu. Quelques-uns en profitèrent pour arpenter un peu la pièce, se dégourdissant un peu les jambes, tandis que d'autres engageaient une conversation plus ou moins légère avec leurs voisins tout en grignotant ce que Molly leur avait apporté en début de réunion. Les informations reçues commençaient à faire un peu beaucoup.

Harry et Hermione étaient fiers de leur ami et soulagés de cette intervention. Le brun profita d'ailleurs de cet arrêt pour se relaxer sur sa chaise, mais son prénom murmuré attira son attention. Il se tourna discrètement vers Severus, qui se trouvait quelques mètres plus loin et qui le regardait.

– Severus! fit Harry sur un ton bas, bougeant à peine les lèvres.

Ron et Hermione, qui s'étaient levés pour s'approcher d'anciens amis de dortoir pour la jeune femme et des jumeaux pour le roux, les entendirent malgré le brouhaha ils se mirent à écouter discrètement, tout en continuant leur conversation.

– Comment allez-vous Harry? Lui demanda le Maître des Potions. Vous pensez pouvoir tenir encore un peu ?

Grâce à leur ouïe sur développée, ils pouvaient se parler sans risque qu'un sorcier indésirable ne les entende.

Harry jeta un coup d'œil en direction de ses amis les détaillant quelques secondes avant de revenir au plus vieux.

– Je crois que l'on peut encore attendre un peu, mais pas trop non plus, une heure peut-être. Ces murs de pierres gardent encore plus l'odeur du sang…

– Oui, mais prenez ça également comme un entraînement, il n'y a pas mieux.

– Tu as parfaitement raison. Tu vas bien toi ?

Constatant que la conversation prenait une tournure plus privée, le rouquin et sa compagne firent de leur mieux pour ne pas suivre la suite et se concentrer un peu plus sur la leur.

– Oui. Pendant que j'y pense, avant que tu partes, j'aimerais te parler.

Harry jeta un regard surpris à l'homme.

– Ce n'est pas le bon moment, après, déclara Severus avant de détourner les yeux, signifiant ainsi la fin de la conversation.

Le jeune vampire accepta cet état de fait, puis reporta son attention sur les personnes présentes. Ce serait idiot qu'on remarque quelque chose et qu'on pose encore plus de questions. C'est alors que Minerva se leva, demandant le silence qui se fit presque aussitôt.

– Je vous remercie. Je dois admettre que tout ce que nous venons de découvrir est assez inattendu, mais j'aimerais maintenant, si vous le permettez, que nous reprenions cette réunion et laissions la parole à Draco Malfoy et Blaise Zabini. Ils étaient après tout, comme certains d'entre vous le savent depuis longtemps, des espions à la solde de l'Ordre. Messieurs, nous vous écoutons.

Draco hocha la tête aux propos de la directrice de Poudlard pour la remercier, puis, une fois que tous eurent repris leur place, il se pencha en avant afin que tout le monde soit capable le voir. Il jeta un regard circulaire à l'assemblé et au moment, où il croisa le regard d'Harry, ce dernier qui lui envoya un sentiment d'encouragement à travers leur lien.

– Comme l'a dit Minerva, Blaise et moi étions espions, commença le blond. Mais par mesure de sécurité, seuls Harry, Ron, Hermione, Severus, les Weasley et Minerva étaient au courant. Au début d'octobre, nous avons été affectés dans le Sussex, près de Newhaven. Avant de nous y rendre, j'ai averti l'Ordre du Phénix par le biais d'un hibou… Ça s'est révélé être une très mauvaise idée. Le Maître nous soupçonnait déjà d'être des traîtres depuis quelque temps déjà, surtout moi. Pour Blaise, de ce que j'ai compris, il avait une preuve, mais laquelle, on n'en sait rien. Alors pour s'assurer de ce qu'il avançait, il a tout organisé. Il a simulé une attaque dans le Sussex, mais à ce moment, il n'y avait que moi qui avait été mis au courant… dire que Blaise et moi avions prévu prendre après cette mission quelque jours pour se reposer… cette journée-là, un de ses hauts placés a intercepté mon courrier et a été prévenir le Mage Noir. Il lui a demandé de venir nous chercher dans nos quartiers.

– Mais quand Yaxley est venu, nous n'étions pas là, poursuivit Blaise. Alors le Seigneur des Ténèbres a ordonné notre capture. Ils nous ont cherchés et nous ont trouvés à Newhaven… Draco venait de me parler de la mission, et comme j'ai été surpris, il a rapidement compris que c'était un piège et qu'il avait été repéré. Malheureusement, on l'a réalisé trop tard. Les mangemorts nous avaient déjà retrouvés. Bien qu'on se soit défendus, on s'est quand même fait prendre et jeté nous aussi dans la cellule où se trouvait déjà Harry, Ron et Hermione. Durant le trajet pour se rendre dans les cachots, on leur a posé des questions et c'est là qu'on en a su un peu plus sur le plan que le Seigneur des Ténèbres avait élaboré pour notre capture. Mais je ne comprends pas pourquoi les mangemorts ne semblaient pas être au courant de ma traîtrise. Mais les ordres étaient les ordres et je devais également finir au cachot. Et puis, grâce à Severus, nous avons réussi à sortir de là sans trop de casse…

Blaise se retint difficilement de lancer un regard à son meilleur ami en disant cela. Le souvenir de la blessure de Draco était encore à vif dans son esprit, et quand bien même ce dernier était presque guéri, cela ne l'empêchait pas de continuer à être inquiet. Finalement, il reprit son souffle et termina :

– Après cela, nous nous sommes cachés un moment. Avec les mangemorts qui nous recherchent avec acharnement, ce n'est pas une bonne idée de sortir...

Avant de prendre la décision de venir rendre visite à l'Ordre, ils avaient un peu discuté de ce qu'ils diraient, et lorsqu'ils en étaient arrivés au sujet de leur évasion, Hermione avait voulu garder certaines choses secrètes. Elle aurait préféré leur mentir en les informant qu'il n'y avait qu'un jour ou deux depuis leur liberté et leur éviter une déception, mais Ron lui avait rappelé que, depuis le temps, la rumeur de leur fuite devait avoir atteint l'Ordre du Phénix et que leur mentir leur apporterait plus de problèmes que ce qu'ils allaient avoir lorsqu'ils leur avoueraient leur secret. Cela risquait de les faire passer pour les méchants de l'histoire, de laisser planer un doute sur eux et sur leur allégeance, ce dont ils n'avaient vraiment pas besoin.

– Une chance que vous n'ayez rien eu à subir, commenta Maugrey alors que son œil fou voyageait dans tous les sens.

Sa remarque fit descendre de quelques degrés la température dans la pièce, mais personne ne releva.

Minerva, comme quelques autres, avait pensé que les deux espions auraient parlé un peu plus, ou du moins, auraient montré des signes de bonne volonté, ainsi ils auraient pu s'arranger pour leur parler en privé.

– Comment avez-vous pris le fait que vous étiez devenu vampire? Ça a dû être dur… Intervint brusquement Molly en changeant volontairement de sujet.

– Ça a été compliqué à gérer, lui répondit Harry. Mais disons que grâce à la guerre, je suis devenu un peu plus prudent. En plus, avec tout l'entraînement que j'ai reçu à ma sortie de l'école et l'équipe qu'on m'a confiée, je crois que ça m'a permis de m'aider à m'accepter, ce n'était pas le facteur déterminant, mais ça m'a donné un coup de pouce sans ajouter que j'étais bien entouré.

Il fit une petite pause tout en laissant son regard circuler dans la pièce pour s'attarder un peu plus sur Severus.

– Heureusement que j'avais cette expérience lorsque j'ai découvert que j'étais vampire, j'ai trouvé que cela m'avait aidé à rester plus calme et plus réfléchi, continua Harry. Mes débuts en tant que vampire n'ont pas été faciles, et j'ai dû faire un gros travail sur moi pour redevenir… civilisé… si l'on peut dire.

Alors qu'il s'arrêtait une seconde fois, certains, dont Molly, purent remarquer que Ron n'était pas dans son assiette, plus blême et silencieux que la normal et ce, depuis pratiquement le début de la soirée.

– Qu'est-ce qui se passe Ron? Lui demanda sa mère avec un air inquiet.

Mais Ron ne répondit pas.

Il avait la mâchoire serrée et ses yeux se teintaient doucement de carmin. De plus, les dernières paroles du brun l'avait ramené à ses propres débuts à lui, ce qui le fit se sentir coupable. Harry le remarqua tout de suite et se raidit. Cela faisait un moment qu'ils étaient là et la réunion commençait à s'allonger. Et au vu de la tournure que prenaient les événements, il valait mieux pour eux d'y mettre un terme avant que des questions auxquelles ils ne voulaient pas répondre soient posées.

– Ron? Insista Molly. Ça ne va pas mon fils ?

Se disant, elle se leva de table et fit quelques pas en direction de son fils. Mais un grognement la fit stopper net.

– Que… comment…

– Molly, je pense que c'est bon pour le moment, reviens t'asseoir, la pria Arthur en se dirigeant vers sa femme pour la prendre par le bras. J'ai l'impression que les jeunes sont fatigués et qu'il vaudrait mieux en rester là pour ce soir.

Dans le même temps, Harry avait posé sa main sur l'épaule de son meilleur ami en guise de soutien, ce à quoi Ron lui fut reconnaissant.

Dans un sursaut, Molly se sentit honteuse de ne pas avoir réalisé qu'il était si tard, ni les visages étirés de certains sorciers dans la pièce, et encore moins que ceux qu'elle considérait comme ses enfants puissent se sentir exténués moralement. Elle s'empressa de rectifier le tir.

– Quoi? Fatigués? Il y a des chambres de disponibles là-haut s'ils le souhaitent et…

– Molly, arrêtez de rendre les choses encore plus difficiles qu'elles ne le sont déjà, intervint alors Harry, las. Nous avons changé, surtout votre fils. Vous pouviez peut-être le contrôler avant pour son bien, tout comme le reste de votre famille, après tout vous n'êtes pas la matriarche pour rien, mais maintenant, il faudra arrêter de le faire avec nous. Surtout Ron si vous voulez éviter une mort subite. Sur ce, nous allons partir, Ron a besoin de se calmer, et nous de prendre un peu l'air avant d'attaquer quelqu'un…

Aussitôt, des murmures s'élevèrent dans la pièce et certains regards se firent légèrement apeurés. Une pointe de déception traversa Harry, mais il la balaya rapidement. Il n'avait pas le temps de s'arrêter sur ça.

– Écoutez, votre présence bien que rassurante et réconfortante nous cause quelques problèmes, déclara fortement Harry en se levant, Ron à sa suite. Il vaut mieux pour tout le monde que nous partions maintenant et que nous remettions le reste à plus tard. Déjà que je commence à avoir un petit creux et que vous êtes un or d'œuvre très appétissant, déclara-t-il, tout en dévoilant une pointe de canine en fixant Molly dans le but de lui faire un peu peur, le regard un peu plus brillant et prédateur.

Peut-être que de cette façon ouvrirait-elle un peu plus les yeux sur leur nature.

– Harry a raison, la réunion de ce soir a été riche en révélations, déclara soudain Fred en se levant.

Et heureusement qu'il parla, ce qui lui changea les idées, car pendant une seconde, il avait perdu le contrôle. Harry s'était fait prendre à son propre piège c'était la première fois qu'il se transformait sans laisser à la créature le champ libre, sans entrer en transe. Enfin presque. Merci Fred.

– Je suis d'accord mon cher frère. Pour ma part, une bonne nuit me fera le plus grand bien pour faire le tri dans tout ça, enchaîna George en défiant quiconque du regard de le contredire.

Durant leur intervention, Hermione s'était mise à leurs côtés et Draco les avait rejoints. Ils étaient maintenant prêts à partir.

– Attendez! Comment pouvons-nous vous joindre? Les arrêta Minerva alors qu'ils s'apprêtaient à sortir de la pièce.

– C'est vrai ça! On ne sait même pas où vous habitez, ajouta Molly, qui voulut profiter de la situation, tout en se débattant pour échapper à la poigne de son mari.

Harry retient difficilement un soupir alors qu'il voyait du coin de l'œil Bill et Charlie s'avancer vers leur père pour lui prêter main-forte.

– Par hibou, répondit le jeune vampire d'un ton qu'il espéra calme. Mais si c'est urgent, vous pourrez appeler un de mes elfes et de là, on organisera une rencontre. Wonga sera la plus apte à se déplacer. Maintenant, si vous le permettez, nous devons partir.

– Potter, vous…

– Il suffit Maugrey! Si vous ne voulez pas assister à un bain de sang, je ne vous conseille pas de les retenir davantage! Siffla Severus en s'interposant entre les vampires et l'ancien Auror.

Discrètement, il fit un signe de la main aux plus jeunes pour qu'ils partent, ce que ces derniers ne se privèrent pas de faire.

Et alors qu'ils remontaient au rez-de-chaussée pour se retrouver à l'air libre, ils purent entendre des éclats de voix provenir de la cuisine. Molly vociférait à ses fils aînés et son mari de la lâcher, car elle ne voulait pas que son dernier fils quitte le Square Grimmaurd, et Maugrey s'entêtait à tenir tête à Severus et Minerva concernant l'arrêt brutal de la réunion.

Quand ils furent enfin dehors, Harry se tourna vers ses amis et Draco et dit :

– Allez-y, je dois attendre Severus. Je ne serai pas long.

– Tu es sûr Harry ? Car…

– Certain. Partez.

Draco hocha finalement la tête, puis suivit Ron et Hermione jusqu'au portillon qu'ils dépassèrent. Il ne leur fallut qu'une seconde de plus avant qu'ils ne disparaissent dans un craquement sonore.

Une fois seul, Harry revient sur ses pas et ouvrit légèrement la porte d'entrée. Il tendit ensuite l'oreille et écouta. Des raclements de chaises se faisaient entendre dans la cuisine ainsi que des bruits de pas qui remontaient dans sa direction. Il perçut également la cheminée être activée, signe évident que des membres de l'Ordre s'en allaient.

– Et moi qui pensais que votre nature de vampire vous aurait donné une certaine maturité, je me suis à l'évidence trompé! Vous ne pouvez pas vous empêcher de vous mêler de ce qui ne vous regarde pas!

Harry se raidit brusquement. Il n'avait pas entendu Severus arriver, et se faire prendre de cette façon l'aurait très probablement fait rougir s'il avait encore été humain.

– Tu voulais me parler ? fit le plus jeune en changeant de sujet. Il n'était pas dupe, l'aîné se moquait de lui sous ses airs sévères.

Et depuis le temps, l'élu avait réussi à le cerner un peu. Severus le vouvoyait en public, mais également quand il n'était pas très content de lui et qu'il agissait un peu trop (à son goût) comme à Poudlard. Quoique, pour cette fois, c'était pour le narguer. A chacun ses moyens de se détendre, supposa-t-il.

Le Maître des potions eut un petit rictus, mais il acquiesça.

– J'ai vu Lupin, hier, commença-t-il. Il aimerait te parler. Il ne pouvait pas le faire ce soir à cause de la pleine lune.

– N'est-ce pas trop tôt? S'inquiéta le jeune vampire. Nous avons failli le tuer hier.

– Cette rencontre sera uniquement entre Lupin et toi. Mais si vous y tenez, je peux être présent par mesure de sécurité.

– D'accord. Pour ma part je me sentirais mieux si tu venais aussi.

– Bien, dans deux jours, vingt heures à la cabane hurlante? Proposa Severus. C'est un terrain neutre. Il ignore l'adresse du cottage et c'est beaucoup trop risqué pour le moment. Le Square Grimmaurd, trop de va-et-vient, et je doute que vous puissiez obtenir l'intimité dont vous ayez besoin…

– Humm oui, la cabane est parfaite, tout le monde la craint à cause des rumeurs et personne ne penserait à nous chercher là. Personne ne l'avait fait du temps des maraudeurs à Poudlard alors je ne vois pas pourquoi ils le feraient maintenant, accepta Harry après y avoir réfléchi rapidement. J'aimerais également qu'on se parle tous les deux, j'ai des questions à propos de ma capture.

– Je vérifierai mon emploi du temps.

Ce qui donna un petit sourire au brun qui referma la porte et marcha en direction du portail pour transplaner chez lui.

– qui penses-tu mettre dans la confidentialité? demanda le plus âgé après qu'ils aient refermé le portillon.

Harry comprit aussitôt de quoi il en retournait, et à dire vrai, il y avait songé déjà depuis un moment.

– Je suis en train d'y réfléchir, répondit-il. Je ne veux pas avoir tout le monde sur mon dos, mais j'avais pensé à Remus. Mais comme on vient de le dire, il vaut mieux attendre encore un peu…

– Et pour les autres?

– Je ne pense pas le dire aux autres… J'ai peur qu'ils soient tout le temps à nous surveiller et vouloir nous protéger du monde extérieur. Du coup, on aurait de la difficulté à s'entraîner comme il le faudrait…

– C'est compréhensible, surtout si on voit comment agit Molly, laissa remarquer Severus.

Harry acquiesça.

Puis sur un dernier signe de tête, ils disparurent, chacun rentrant dans leur foyer.

À Suivre…