L'Artiste.

Dislaimer: Les personnages d'Esprit Criminel ne m'appartiennent pas et je ne gagne pas d'argent avec cette fiction.

Rating: M.

Pairing: Spencer/OC au début pour devenir un Spencer/Derek par la suite.

Note de l'auteur: Je suis désolée du retard dans la publication puis la correction de ce chapitre des problèmes administratifs pesant dans mes études m'ont beaucoup retenus et continuent de le faire… Et ça a eu pour conséquence que je n'avais pas non plus la motivation pour avancer la correction (et la rédaction du chapitre suivant) surtout que c'est une tâche fastidieuse. Je reposte donc ce chapitre corrigé (du mieux que j'ai pu malgré le manque de temps, de motivation et la fatigue) et avec lui, la suite!


Chapitre 10:


Derek se réveilla et alla sous la douche laissant Spencer dormir ne sachant pas que ce dernier était réveillé depuis longtemps. Il prit une longue douche chaude pour détendre tout ses muscles, il était encore tendu depuis hier soir. Son sommeil avait été agité par la peur que ses mauvais pressentiment se réalisent. Spencer écoutait l'eau couler et toujours tourné vers le mur, il décida de continuer à faire semblant de dormir afin de pouvoir réfléchir encore. Il voulait rester sur place par amour pour un tueur et il voulait à la fois qu'Hotch l'en empêche en le renvoyant à Quantico. Aussi, lorsque Derek sortit de sous la douche et qu'après s'être sommairement séché il était entré dans leur chambre portant une simple serviette autour de la taille, il s'était statufié. Le plus sportif rechercha ses vêtements et commença à s'habiller. Il se dirigea vers le lit de son collègue et ami et s'installa proche de lui. Il posa doucement une main sur son bras et le poussa légèrement pour savoir s'il était réveillé. Ne constatant rien, il parla faiblement pour demander s'il était réveillé.

-Si tu dors encore, saches que même si cette affaire est compliqué, je veillerai toujours sur toi. Je te protégerai de L'Artiste parce qu'il est hors de question qu'il t'emmène loin de nous. Tu comptes beaucoup pour moi… pour nous tous.

Spencer écouta ces mots difficilement, une boule coincée dans la gorge. Que devait-il faire? Il aimait le tueur. Il lui avait proposé un marché et un tueur en série érotomane avait une psychologie borderline au point où la fin de ces histoires ne menaient généralement pas à une bonne conclusion. Il ne voulait pas que Victor blesse ou tue un membre de son équipe. Encore moins Derek. Sa gorge était obstrué de tristesse et de ressentiment, ses yeux s'embuaient de larmes de gratitude et de peur et son corps s'agita des soubresauts de sa peine contenus. Derek sentit le bras de Spencer être secoué de spasmes. Il devina immédiatement que Spencer ne dormait pas mais pleurait.

-Eh… Pretty-boy, mon beau, ça va aller… On va faire de notre mieux, nous allons arrêter L'Artiste et ensuite nous pourrons rentrer à la maison ensemble. Tu verras, tout se passera bien.

-Derek... Je ne sais pas quoi faire… J'ai peur. Je ne comprends plus rien… Mon instinct me dit une chose mais ma tête m'en confirme une autre.

-Qu'est-ce qu'il y a? C'est ce que Hotch t'a dit hier? Sur le fait que si tu ne te reprends pas il te sors de l'affaire? Si c'est à ce propos je dois t'avouer que Hotch n'était pas sérieux. Tu vas rester sur cette affaire à moins que tu ne le veuilles pas? Si tu ne le veux pas, nous pouvons toujours nous arranger, ça n'est pas un problème.

-Je... J'aime Victor…

Le cœur de Derek rata un battement. Il se dit cependant que ce n'était pas le moment. Spencer était en pleine détresse et il devait l'aider. Quelque soit la raison de ce problème cardiaque, il n'avait pas le temps de s'en occuper sur l'instant.

-C'est une bonne chose, non? Il t'aime aussi et tu as le droit d'aimer quelqu'un.

-Si... S'il est L'Artiste, que dois-je faire?

-Rien, je l'arrêterai et il ira en prison et tu l'oublieras avec le temps. Ce sera dur mais tu y arriveras, tu es fort. Tu rencontreras quelqu'un d'autre, la bonne personne, une gentille personne et vous vivrez le grand amour.

-Mais... J'ai peur. Je sens que si nous essayons de l'arrêter, tu seras blessé.

-Ce qui importe Pretty-boy, c'est toi. Je vais bien et j'irai bien. C'est bien connu, Derek Morgan est bullet-proof! Enfin… Je veux dire pare-balle.

-Derek...

-Ce que je veux dire, c'est que nous allons nous en sortir, nous veillerons les uns sur les autres. Ensuite, rien ne garantit que Victor soit L'Artiste, nous avons un deuxième suspect qui se trouve être véritablement sérieux également. Victor agit avec toi de façon tout à fait respectueuse et sincère. S'il est bien L'Artiste alors il ne mérite pas ton amour et tu l'oublieras. S'il ne l'est pas alors ce sera un début de romance tout à fait… hors du commun mais ce sera une belle relation. Souris Pretty-boy. T'as peut-être touché le gros lot! Il est riche, intelligent et par dessus le marché, il est plutôt pas mal. Pour un mec je veux dire! Pas que je m'y connaisse vraiment en mecs! J'aime les femmes moi! Enfin… Ouai… euh… Je m'enfonce c'est ça?

-Un peu. Mais pas de problème. Même si tu venais à flacher pour un mec ça ne me dérangerait pas. Je suis suffisamment bien placé pour le comprendre. Mieux encore, ça expliquerait le manque de relations stables et suivies que tu as eu. Ou… en l'occurrence pas eu.

-Dans tous les cas, tu n'as pas à t'en faire. Toute l'équipe ira bien. Nous sommes parfaitement entrainés à ce genre de situation.

-Vraiment?

-Oui! Quand même j'espère que tu n'en doutes pas réellement! Je suis quand même celui qui te fait passer tes examens physiques!

-Sauf que ça c'était une mauvaise plaisanterie de ta part! Non, je voulais dire… Vous vous en sortirez?

-Toujours.

-Supposons que tu doives faire un choix… Déménager et quitter tout le monde contre le fait de sauver la vie de quelqu'un d'une manière ou d'une autre. Tu ferais quoi?

-Quelle question! Je déménagerai bien sûr! Mais ne me dis pas que tu réfléchis à ce genre de choses! Il est hors de question que l'équipe te laisse partir!

-Non, bien sûr que non. C'est juste… J'en ai marre de ce travail. Je l'adore! Vraiment! C'est juste que… Je ne sais plus pourquoi je le fais. En fait, je n'ai pas d'objectif de vie particulier. Je voudrais pouvoir te dire que je m'imagine dans dix ans avec une maison, un chien et quelqu'un qui m'attendrait à chaque fois que je rentrerais d'une affaire ou même dans cinq ans… Sauf que je ne me projette plus du tout. Je ne sais plus si je veux continuer à faire ce que nous faisons… Je n'arrive même plus à me dire que je vais survivre suffisamment longtemps pour… je ne sais pas… Je ne sais pas ce dont j'ai envie ni besoin pour être heureux.

-Ouah... Tu en as gros sur le cœur, effectivement. Tout ce que je peux te dire c'est qu'il est normal de douter et d'avoir peur, c'est humain. Je n'ai pas de réponse à te donner mais j'ai peut-être une bonne méthode à te conseiller. Lorsqu'on en aura finit ici, poses tous tes jours de repos, tes congés même ceux de maladies et autres. Fais-toi faire une ordonnance s'il le faut. Prends-toi du temps pour toi, pour te retrouver vraiment. Bien sûr, on peut s'organiser des marathons de séries et d'autres choses mais l'objectif c'est que tu respires le large. Il faut que tu réfléchisses à tête reposée et, avec ce que tu as dans le crane, c'est loin d'être la chose la plus facile! Donc, il te faut du temps. Et puis ensuite, si tu veux rester nous t'accueillerons sans problème et si tu veux partir, nous t'y aiderons. Cela signifie-t-il que nous perdrons contact? Bien sûr que non, Pretty-boy! Tu es notre petit génie, notre petit frère ou petit-fils pour le vieux! Ne dis pas à Rossi que j'ai parlé de lui comme ça. Ce que je veux dire c'est que tu te poses beaucoup de questions mais tu ne prends pas de temps pour toi pour essayer de trouver tes réponses. Tu as autant de temps que tu en as besoin pour les trouver!

-Merci Derek… mais j'ai bien peur de ne pas avoir autant de temps que ça pour y réfléchir…

-Ne parle pas de malheur mon beau… Ne parle pas de malheur… Je serais toujours là quoique tu décides de faire. Tu peux compter sur moi.

Les yeux de Spencer se réembuèrent. Il aimerait que ce soit vrai. C'était impossible.

-Aller, maintenant nous devons nous préparer pour ce dernier jour d'exposition! Normalement L'Artiste devrait se pointer ce soir pour voler le tableau qui me représente en Apollon ce qui nous permettra de l'attraper et de retourner aussi vite à Quantico que possible pour que tu prennes de bonnes vacances bien méritées!

-Oui, empêchons le vol de L'Affaire…

-En fait, mon mignon, je t'ai déjà dit que tu peignais vraiment bien?

-Oui? Non… Je crois.

-Tant pis alors. Saches juste que si tu voulais peindre encore une fois un être divin, je suis à disposition. Ton tableau me mets vraiment en valeur, à croire qu'il me fallait quelques retouches par ci par là pour être pas mal...

-Pas mal?! Tu es magnifique naturellement, Derek! Tu n'as pas besoin de retouches pour être pas mal! Tu es mieux que pas mal naturellement!

-Au moins maintenant je sais que même pour les hommes je suis un tombeur!

-... Malheur à moi… J'ai gonflé ton égaux à bloc. Tes chevilles ne vont plus tenir…

-Eh!

Finalement, l'humour de Derek et ses efforts pour le rassurer finirent par le soulager un peu. Il était toujours dans une véritable situation problématique mais puisque rien ne ferait changer cette situation, il valait mieux la prendre avec calme plutôt qu'avec désespoir avant que la situation prenne fin d'une façon ou d'une autre. Le désespoir pourrait au contraire empirer la situation.

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Après s'être préparé, ils prirent le chemin du bureau et, parce qu'ils devaient être les derniers à arriver vu l'heure, ils passèrent acheter des cafés pour tout le monde. Derek sortit du SUV et en fit le tour pour ouvrir à Spencer qui était trop concentré sur ses calculs pour démontrer à son ami une thèse sur… quelque chose dont Derek ne se souvenait pas. Il lui ouvrit la portière et le prit sous le bras rigolant et se moquant de ses discours interminables. Ils entrèrent donc dans ce bar à café bras dessus bras dessous. Spencer avait décidé de profiter de chaque instant jusqu'à sa prise de décision forcée. Ils s'avancèrent donc vers le comptoir et Derek passa commande pendant que Spencer regardait autour attendant qu'il ait finit pour demander son café spécial.

-Bonjour hum… Lucy, je voudrais trois cappuccino, deux expresso, un café frappé, un chocolat chaud avec une mousse caramel sur le dessus et... un mokaccino avec beaucoup de chocolat au lait, une crème fouettée au caramel et recouvert de copeaux de chocolat noir en plus de la poudre au chocolat noir. Ajoutez aussi trois sucres de plus dans ce mokaccino.

-Tu connais mon café favoris?

-Par cœur!

Spencer était étonné mais après tout, cela faisait des années qu'il prenait ce café dès qu'il le pouvait durant les enquêtes sinon il se contentait du café dégueulasse de la police avec une très grande quantité de sucre. La serveuse en revanche était plutôt irritée par la précision de cette commande mais s'exécuta avec le sourire en espérant avoir un bon pourboire. Cependant, le traitement qu'elle accordait aux clients du café était loin d'être un traitement exemplaire ou du moins respectueux contrairement à sa collègue et cela les deux profileurs l'avaient parfaitement remarqué. Elle ne fut d'ailleurs pas celle qui leur prépara les boissons chaudes. En même temps, comment pouvait-elle faire ça pour deux pédérastes comme eux, ils ne se cachaient même pas. Son sourire faux fut terriblement désagréable pour les deux hommes aussi, lorsque la collègue de la serveuse lui tendit la commande et que cette dernière s'attribua son travail en attendant manifestement un pourboire, Derek sortit son portefeuille et se dirigea vers la gentille collègue exploitée pour lui donner directement le pourboire en mains propre.

-Merci beaucoup mademoiselle pour ces cafés et avec un agréable sourire en plus, vous êtes absolument charmante! Moins que mon Pretty-boy évidement mais tout de même charmante!

-C'est tout à fait normal monsieur, fit-elle avec le sourire, le client est roi! Et puis, il faut reconnaître que vous êtes vraiment charmants tous les deux!

-Et moi je suis la reine des connes peut-être?

-Non, bien sûr que non Lucy!

-Et bien, il est agréable de remarquer que vous êtes déjà au courant de ce fait miss. Ne vous forcez pas à sourire si vous ne souhaitez que cracher dans notre café.

-Je n'ai pas besoin de me forcer pour cracher dans votre café en tout cas.

-Serait-ce la façon dont vous traitez vos clients? Vous crachez dans le café de ceux que vous n'aimez pas? J'imagine que non, bien sûr, conclu Spencer.

-Je ne suis pas conne à ce point!

-Mais vous l'êtes tout de même, reprit Derek. Maintenant, je suis désolé de vous l'avoir fait comprendre ainsi mais, même si vous souriez, vous n'avez pas besoin de nous tuer des yeux. Votre sourire seul montre tout le dégoût que vous avez pour nous. Vous faites bien votre travail, ne gâchez pas tout en ayant des préjugés sur vos clients, ni en affichant clairement votre dégoût ou votre haine à leur égard. Je ne doute pas Lucy que vous êtes une bonne personne, un peu étriquée sur les bords mais une bonne personne au fond. Soyez un peu plus ouverte et jugez moins les autres, vous serez parfaite.

-Comment osez-vous me dire ça? Je ne me laisserai pas dicter ma conduite par un pédéraste pervers.

-Et bien, cela tombe bien je ne suis pas homosexuel mais bien hétérosexuel. Mon Pretty-boy est juste mon meilleur ami.

-Vous? … Vous n'êtes pas homosexuel?

-Non.

-Excusez-moi, je croyais…

-C'est ce que je disais miss, vous avez non seulement des idées homophobes mais aussi des préjugés, ce qui vous entraine nécessairement à commettre de nombreuses erreurs et à surtout malmener de total innocents à tous les coups. Qu'ils s'agissent d'homosexuels qui n'ont rien fait contre vous ou des hétérosexuels que vous jugez mal.

-Mais, j'étais persuadée… Je suis désolée.

-Vous n'êtes pas perdue, vous pouvez encore changer, ajouta Spencer.

-Tu sais Lucy, même si tu ne souhaites pas changer d'opinion, au moins laisse tout le monde en paix. Je veux dire… Tant qu'on ne te fait rien, ne te permets pas de juger, conseilla sa collègue. L'important ce n'est pas d'aimer tout le monde mais de leur permettre de vivre tranquillement tout comme ils se foutent de savoir ce que tu fais. Chacun sa vie et tout le monde sera content. Personnellement, j'aime savoir que les gens font ce qui les rend heureux et c'est tout, peut importe ce qui les rend heureux. Et puis, tiens, je te donne ce pourboire.

Spencer et Derek profitèrent que les deux barista discutent pour sortir du café bras dessus bras dessous. Cependant, avant qu'ils aient eu le temps de monter dans le SUV, ils se firent rattrapé par la serveuse à qui ils avaient donné le pourboire.

-Excusez-moi messieurs. J'étais persuadée que vous étiez homosexuels. Je ne suis pas mieux que ma collègue, je vous ais également jugée. Je n'ai pas de leçon à lui donner.

-Ne vous inquiétez pas. Même si vous nous avez mal jugé, ce n'était pas avec un quelconque dénigrement que vous nous avez traité. De fait, votre erreur de jugement n'était qu'une erreur humaine exactement comme si vous vous étiez trompé sur notre âge.

-Et puis d'ailleurs, vous ne vous êtes pas totalement trompé. Je suis moi-même homosexuel, mon ami ne parlait que pour lui en disant qu'il était hétérosexuel.

-Oh! Je vois! Si je puis me permettre, "Pretty-boy", ce qui m'a le plus dérouté, ce n'est pas vous mais bien votre ami. Son attitude envers vous est ce qui m'a fait penser que vous étiez homosexuels. En tant qu'amis, votre relation est plus proche de celle d'un couple pour les tierces personnes de ce que j'ai pu en voir. Surtout en ce qui concerne la possessivité de votre ami. "Mon Pretty-boy" n'est pas un surnom habituel pour des amis. Cependant je reconnais mon erreur et je tenais sincèrement à m'excuser.

-Comme nous vous l'avons déjà dit, vous êtes toute excusée. Et surtout, merci pour vos cafés! Je viens de goûter le mien, ce mokaccino est excellent!

-Il doit être très sucré tout de même! Pensez à vous brosser les dents.

-Je n'y manquerai pas!

-Je veillerai à ce que mon Pretty-boy le fasse!

Ils rirent ensemble le temps que chacun reprennent sa route. Entrés dans la voiture et la barista retournée dans son café, ils rigolèrent de plus belles. Quelle aventure! Spencer pensa qu'il ne pouvait pas se passer une journée sans un accrochage ces temps-ci. Enfin, cet accrochage-ci était plutôt ridicule par rapport aux autres. Il regarda en direction du café avec un petit sourire alors que Derek démarrait la voiture et observa les alentours.

Il arrêta presque de respirer lorsqu'il vit à l'angle des deux rues un homme dans l'ombre. Reconnaissant sa corpulence et les traits de son visage, il sut qu'il s'agissait de Victor et qu'il n'était pas là par hasard. Victor l'observait. Sa voiture et ce qu'il pensait être son majordome était à ses côtés. Le majordome essayait de le faire partir de là où il était apparemment mais Victor ne le voulait pas. Il était assez sec avec cet homme. Spencer pouvait le remarquer grâce à sa posture nonchalante callée contre le mur mais également à son comportement.

Le jeune docteur était particulièrement mal à l'aise. Il n'était pas habitué du tout à cette attitude de la part de Victor. Il voulut descendre de la voiture pour aller le voir et le confronter sur son ultimatum mais la voiture démarra à ce moment là laissant derrière eux Victor qui se retournait pour aller à sa propre voiture suivant son chauffeur. Spencer se retourna dans son siège pour essayer de l'apercevoir plus longtemps mais son coéquipier changea de trajectoire faisant perdre Victor de vue à Spencer de façon définitive. Il se rassit dans le siège passager déstabilisé. Victor le suivait? Pourquoi? C'était particulièrement malsain. Mais sachant qui était Victor, Spencer était moins perturbé par cette filature qu'autre chose. Il restait cependant incertain concernant son attitude précédente. Elle ne lui ressemblait pas. Victor était intelligent les œuvres de L'Artiste le lui avait prouvé cependant, il ne lui avait pas semblé mégalomane et rien dans son profil n'indiquait qu'il le fut. Mais, Victor était suffisamment intelligent pour leurrer son comportement et se faire passer pour quelqu'un qu'il n'était pas. Pourtant… Spencer avait été persuadé que Victor était réellement ce qu'il laissait paraitre. Pire que cela, il en était encore persuadé. Victor ne pouvait pas être juste L'Artiste, il devait être au moins un peu le Victor qu'il avait connu à l'exposition et avec lequel il avait discuté. Il ne pouvait pas être juste un tueur en série qui assassinait de sang-froid de nombreuses personnes dans le seul but de les positionner à l'image d'une peinture et d'en faire son œuvre. Il n'était sans doute pas non plus qu'un voleur de tableaux talentueux qui ne trouvait dans ses vols que prétexte à la tuerie. Victor devait être au moins un peu un homme ouvert et romantique, drôle et passionné, charmeur et gentil. Malgré tout, ce qu'il avait aperçu de lui à l'instant lui semblait presque incohérent. Il était profileur tout de même! Il l'aurait su si Victor jouait un rôle depuis le début de leur rencontre! Il avait été attentif dès le tout début pour repérer des signes physiques d'un jeu d'acteur ou des lapsus langagiers pour révéler un menteur manipulateur. Rien ne l'avait fait tiquer. Rien. Au contraire, il avait repéré des signes de sincérité et d'honnêteté au point d'en avoir été surpris! Il était rare que les hommes soient aussi sincère dans une première approche. Non, Spencer ne croyait pas que Victor, celui qu'il avait appris à aimer, n'existe pas. Il devait être là quelque part. Il ne pouvait pas s'être autant trompé! Ses collègues et amis au moins auraient aperçu quelque chose, n'importe quoi.

Victor avait-il une double personnalité? Cela ne correspondait pas vraiment avec le profil. Ils avaient évoqué cette possibilité et ils y avaient bien sûr trouvé un peu de cohérence cependant, l'hypothèse bien qu'en suspend n'était pas validée. De même, si Victor avait eu une double personnalité, des incohérences auraient été découvertes dans son histoire ou dans ces propos. Non, Victor était spécial mais le jeune docteur ne croyait finalement pas vraiment à la théorie de la double personnalité. Il la laissait de côté sans l'invalider et même si son instinct lui dictait qu'il était sur le bon chemin, il savait qu'il y avait une erreur dans son raisonnement. Aussi, Spencer décida-t-il de classer ce souvenir de deux façons. Dans un premier temps, il allait le classer comme une simple vision surprenante de Victor. Il était bien là, il l'avait bien suivit mais son attitude devait être différente. Spencer l'avait mal vu, il était dans l'ombre ou encore ce comportement avait pour origine une chose dont il n'avait pas connaissance mais demeurait sans importance. Dans un second temps il allait classer ce souvenir comme une anomalie dans le comportement de Victor. Ce comportement pouvait être la clef de l'affaire et il fallait creuser autour de celui-ci pour l'arrêter. Les deux possibilités demeuraient ouvertes, à la surface de son esprit.

-Ca va Spencer? Tu as l'air d'être dans tes pensées. C'est par rapport à ce matin ou hier soir?

-Non, non. C'est bon, je vais bien. Je pensais juste à Victor…

-Tu es vraiment amoureux alors… demanda Derek mais il s'agissait plutôt d'une triste constatation.

-Oui… constata également Spencer avec tristesse.

Ces sentiments étaient cause de beaucoup de douleurs.

Ils arrivèrent finalement au poste de police et ils apportèrent les cafés à l'équipe savourant le savoir faire de la barista avec laquelle ils avaient ris. Elle était douée pour faire du bon café. Ils peaufinèrent le profil de L'Artiste comme ils en avaient prit l'habitude et tinrent au courant Spencer des avancées de l'enquête. Apparemment la voiture qui avait été utilisé par L'Artiste pour fuir sa scène de crime avait été retrouvée. Cependant, son état ne permettrait pas du tout de tirer des indices à son sujet sur L'Artiste au travers de trace biologique. En effet, la voiture avait été démantelée, brulée puis sa carcasse avait été jetée à l'eau dans un marais. Ainsi, non seulement la voiture n'était pas entière mais l'ADN avait été détruit et les quelques choses qui auraient pu survivre à la combustion avait été contaminé par l'eau. La carcasse de la voiture avait été retrouvée par un ornithologue, de toutes les personnes possibles, et malgré la joie de sa découverte, son état supprima toute réjouissance pour les forces de l'ordre. Ils espéraient tout de même pouvoir se servir des décombres du véhicule pour comprendre comment L'Artiste avait disparu du tunnel, le trajet qu'il avait parcouru et peut-être qui il était. Bien sûr, il ne fallait pas s'attendre à un miracle de ce genre mais ils feraient de leur mieux pour récolter de nouvelles informations. Garcia et l'équipe technique y veilleraient!

Hotch et Reid eurent une petite conversation privée juste ensuite afin de réintégrer Spencer dans l'équipe cependant Aaron ne s'était pas attendu à ce que Spencer ne souhaite pas vraiment revenir sur l'enquête. Il n'avait pas dit le contraire, mais Aaron l'avait deviné facilement à sa gestuelle. Spencer abhorrait cette enquête au plus haut point. Elle l'avait obligé à se révéler à l'équipe, elle le mettait dans la position inconfortable de probable victime et il était amoureux d'un potentiel tueur. A sa place, Aaron aurait immanquablement quitté l'enquête depuis longtemps mais ce n'était pas le cas du Spencer classique. Peut-être que Derek avait raison et que l'affaire était vraiment trop mauvaise pour Spencer? Peut-être était-il réellement au plus bas niveau de son moral? Cependant, il était nécessaire qu'il travaille sur cette affaire encore quelques temps. Au moins pour tenter d'arrêter le tueur pensa Aaron. La discussion fut rapidement clause et l'équipe retourna à ses occupations.

Aujourd'hui était le dernier jour de l'exposition. Il fallait absolument que tout le monde se tiennent près, L'Artiste allait passer à l'œuvre et voler L'Affaire, le tableau de Spencer représentant Morgan. Cela allait être le grand-jour, pour Spencer et son tableau comme pour le FBI et L'Artiste. Soit le FBI arrêtait L'Artiste et Spencer brulait ensuite son tableau soit L'Artiste volait le tableau et il ne serait pas brulé sur un bucher. Tout avait été prévu pour que seule la première hypothèse puisse survenir. Il ne fallait pas grand chose pour le garantir, du temps. Cependant, Hotch ne savait pas comment il agiraient ensuite si la seconde option se produisait. Dans tous les cas, les policiers étaient prêt. Ils avaient revus leur tactique plusieurs fois, leur positionnements ainsi que leurs actions dans diverses alternatives. Dans l'hypothèse ou L'Artiste ne se montrait pas, le tableau serait transferé dans un entrepôt avec les autres tableaux de la galerie pour essayer de s'assurer de la volonté de L'Artiste de le voler, il le brulerait le lendemain soir. Il serait brulé sur un feu de joie au bord de l'eau si vraiment L'Artiste ne tentait rien.

Spencer était particulièrement perturbé par cette possibilité, bruler une œuvre, il ne l'avait jamais fait. Il ne savait pas ce qu'il pourrait ressentir. Oui, ce tableau avait été peint pour l'enquête avec l'intention de bruler le tableau dès le début mais il devait reconnaître ne pas y avoir réellement songé. Ce qui devait servir uniquement d'appât se trouvait être finalement un peu plus que cela, son œuvre. Son chef d'œuvre comme l'avait qualifié plusieurs personnes dont Ethan qui était le seul à avoir vu l'ensemble de ses créations. Il était le seul à pouvoir parler de façon éclairée du talent de Spencer pour la peinture. Il connaissait ses qualités comme ses défauts dont sa fragilité et il savait mieux que quiconque quelles œuvres Spencer aimait et quels tableaux il n'aimait pas. Il savait mieux que quiconque jusqu'où allaient ses capacités et quelles œuvres parmi celles que son ami avait peint méritaient qu'on leurs prête attention. Aussi, lorsqu'Ethan lui même avait qualifié "L'Affaire" de chef d'œuvre cela avait marqué le peintre. Son avis comptait beaucoup plus pour lui en tant que peintre que l'avis de quiconque. Même les propos emportés d'un critique reconnu tel qu'Harry-Stark Belstamp avait moins de valeur à ses yeux. Comment pouvait-on qualifier en toute conscience de chef d'œuvre le tableau d'une personne dont on ne connaissait que quelques œuvres? C'était proprement impossible. Si on ne connaissait de Vinci que l'un de ses tableaux sans connaître l'homme de Vitruve ou La Joconde, comment serait-il possible de le qualifier de chef d'œuvre? Sans connaître toutes ses autres œuvres?! C'était justement parce que l'on connaissait l'ensemble des œuvres d'un artiste qu'on pouvait qualifier une de ces œuvres de chef d'œuvre. Ce terme ne pouvait s'appliquer que pour l'œuvre principale, la plus importante et la plus réussie de toutes. Une réussite si grande qu'en la voyant et du premier coup d'œil on en restait subjugué par sa splendeur. Non, Spencer ne comprenait pas qu'on qualifie son nu de chef d'œuvre mais que son ami Ethan l'ait ainsi qualifié était fabuleux et gratifiant. Il était même forcé de reconnaître que ce tableau était pour l'instant le meilleur de sa collection. Bien sûr, il était impossible qu'il s'agisse d'un chef d'œuvre au sens propre du terme mais… Spencer s'y était attaché. Bien sûr, il s'agissait d'un nu, c'était déstabilisant qu'il s'agisse par ailleurs du nu de son collègue… Bruler l'œuvre… Ce serait bruler Derek… Bruler un peu de lui aussi… Il n'avait pas réellement comprit ce que cela impliquait. S'il devait le faire, il serait certainement peiné.

Dans tous les cas, il fallait arrêter L'Artiste et prendre une décision pour le dilemme que lui avait donné Victor au cas où le vol du tableau réussirait…

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La journée s'était écoulée dans l'agitation et l'excitation. L'exposition touchait à sa fin ce jour là, cela signifiait que L'Artiste allait certainement tenter de voler le tableau. De fait, pour la police et le FBI, cela signifiait que chaque agent devait être prêt. Un problème au niveau de la salle d'exposition avait été soulevé par Ethan qui avait été contacté par la propriétaire du salon, la photographe qui devait exposer ces œuvres après Spencer avait besoin de plus de temps pour préparer sa propre exposition. De fait, la propriétaire avait accepté d'avancer la mise en place de l'exposition suivante et pour cela, elle avait expressément demandé à Ethan d'enlever les œuvres du Renard dès la fin de l'exposition. La fin de l'exposition avait lieu durant la soirée alors il devrait en fin de soirée transporter les tableaux, les mettre en lieux sûr dans un nouvel endroit. Ethan était arrivé au poste de police rapidement après cette nouvelle et avec JJ, ils cherchèrent un nouveau bâtiment en se servant des relations d'Ethan et de la notion d'intervention des forces de l'ordre de JJ. Ils purent trouvé un bâtiment relativement bien protégé et Spencer étudia les plans du bâtiment que Garcia lui avait déniché pour définir un plan d'action pour la police et l'équipe du FBI. Par la suite, Gideon réserva un camion de la police pour déplacer les tableaux le soir-même tandis que Rossi et Hotch s'accordait sur le chemin à suivre avec le camion pour aller jusqu'au bâtiment tout en restant sous surveillance. Emily se chargea de briefer les équipes une fois la totalité du plan de transfert des tableaux défini.

Ces choses faites, la matinée s'était déjà écoulée et l'équipe dut manger très rapidement et se préparer à retourner à l'exposition pour la dernière fois jusqu'à la clôture de cette dernière. Ainsi, ils seraient déjà sur place pour organiser le déplacement des œuvres.

La fin de l'exposition fut aussi incroyable que son ouverture et le nombre de personnes qui étaient venus admirer les œuvres avaient été impressionnant. Spencer n'en revenait pas d'avoir suscité un tel intérêt mais il se garda bien de l'afficher sur son visage. L'équipe admira encore une fois les tableaux tout en étant distrait par leur travail de surveillance. Des policiers surveillaient toutes les entrées dans le bâtiment puisqu'au vue de la quantité de personnes présente le maire remplaçant avait demandé cette présence pour assurer la sécurité des citoyens ce que la police n'avait bien évidemment pas pu refuser. L'équipe passa donc une bonne après-midi quoique tendue. Les caméras corporelles avaient été mises de côté car la foule rendait les images inutilisables.

Finalement, l'heure de dire adieu à cette exposition était arrivée et Victor n'était pas venu à la clôture de l'exposition comme s'y était attendu Spencer au vue des derniers faits. Cela n'inquiéta pas l'équipe mais cela les confirma dans la possibilité que Victor soit L'Artiste et qu'il se prépare au vol du tableau. Ethan en profita pour annoncer la fin de l'exposition du Renard Argenté dans un beau discours dans lequel il devait également annoncer l'exposition qui arrivait le lendemain conformément à leur accord avec la propriétaire du salon mais également et surtout l'endroit où le tableau serait brulé le lendemain. Ceci était un stratagème mis en place par Gideon et Prentiss et évidemment, Ethan avait décidé de largement broder autour de ce qui devait être dit pour glisser ces faits dans le discours à sa sauce sans que cela ne soit perçu comme un piège.

-Mes chers amis, Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, j'ai l'immense devoir de vous annoncer la fin de cette merveilleuse exposition… Oui, nous devons nous quitter, hélas! Mais ce n'est que pour mieux nous retrouver à la prochaine exposition! En fais-je un peu trop pour vous, miss Bredge? Pourtant, lorsque nous nous retrouvons chaque fois c'est toujours un plaisir. Non, je ne vais pas aller dans le mélodramatique, même si ça me connaît!

Il y eut quelques rires dans l'assistance d'habitués à n'en pas douter.

-Bien, nous nous quittons donc sur cette belle exposition et sur ce chef d'œuvre du Renard qu'est "L'Affaire", un nu saisissant et captivant. Comme il l'a toujours été prévu, nous allons brûler ce nu…

L'assistance commença à murmurer puis finalement à réclamer que la toile et sa représentation ne soient pas détruite par le feu. Certains s'agitèrent un peu trop et furent rappelés à l'ordre par les policiers présents à l'entrée et qui n'étaient pas contrairement à l'équipe du FBI en civils.

-Allons, allons. Ce qui est dit est dit et nous allons devoir le faire quel qu'en soit les réclamations. L'Artiste est maître de son œuvre, il a le droit et le pouvoir d'en faire ce qu'il souhaite.

-Mais vous, vous le connaissez! Vous devez bien pouvoir le faire changer d'avis!

-... Cela prouve bien que vous ne le connaissez pas. Il n'y a pas plus têtu que lui! Il est même plus têtu que moi, c'est dire! Après tout, je n'ai jamais révélé son identité, n'est-ce pas journaliste Sour?

-Je ne perds pas espoir!

-Vous devriez! Je disais donc que nous allions bruler ce chef d'œuvre. Ce tableau avec son pouvoir extraordinaire a touché la corde sensible de notre peintre et il considère ce tableau comme diabolique. Sa capacité à nous envouter et à nous pervertir est soit l'œuvre de Dieu soit celle du Diable. C'est une tentative de sa part pour nous protéger de son pouvoir que de détruire dans les flammes une création infernale et pernicieuse…

Ethan en faisait toujours beaucoup trop, décidément pensa Spencer…

-J'étais cependant heureux de pouvoir vous la faire partager durant cette exposition car il a bien faillit la brûler avant même que je la vois! Pire encore, après que je l'ai vue, il a failli la bruler malgré mes demandes répétées pour l'exposer! Je suis néanmoins parvenu à le convaincre d'exposer cette œuvre pour vous…

-Merci!

-... sans néanmoins parvenir à le faire changer d'avis sur sa destruction. Ce matin encore, je tentais une approche à ce sujet mais le Renard est catégorique, l'œuvre doit partir en fumée. Cependant, nous ne pouvons agir dans l'ombre, je le lui ais déconseillé! Non, ce chef d'œuvre, s'il doit absolument quitter nos yeux de façon définitive ne peut pas bruler loin d'eux, de nos yeux, de nous, de vous. Ainsi, nous allons bruler ce chef d'œuvre sous vos yeux demain. Nous ne le ferons évidemment pas dans cette galerie sous peine de créer un incendie, de devoir payer moultes dommages et intérêts à la propriétaire des lieux et passer quelques temps en prison sous les barreaux pour incendie criminel! Non, nous ne ferons pas ça. Nous allons bruler ce tableau à la vue de tous, au bord de l'eau au lieu dit de la croupe de Vénus! Après tout, quel meilleur endroit que celui-ci, lieu légendaire où naquis Aphrodite, déesse de l'amour, de la luxure et surtout de la sexualité, sous le doux nom de Vénus en latin et Aphrodite en grec, elle est également la déesse de la fécondité. Elle est née de l'écume et fut bercée par un coquillage et "L'affaire" mourra à cet endroit précis dans les flammes de la passion ou de l'enfer, emportant avec elle le pouvoir de l'amour et de la luxure que le tableau contient. L'eau et le feu, de si tragiques amoureux. L'amour est un torrent que l'on ne peut arrêter et la passion un incendie qu'on ne peut éteindre. Peut-être que bruler ce tableau à cet endroit nous permettra-t-il de nous en souvenir à jamais, gravé dans nos mémoires… Puisse Aphrodite bénir le Renard Argenté pour rendre ses œuvres fécondes et son talent divin!

Ethan devait vraiment être romancier… Si tout se terminait bien, Spencer lui paierait lui-même les cours pour qu'il le devienne!

-Je vais donc dès à présent sceller le sort de ce pauvre tableau… Vous ne le verrez plus jusqu'à demain…

Ethan prit donc le fameux draps blancs qui avait caché le tableau lors de l'ouverture de l'exposition et invita un spectateur à l'aider pour couvrir la tableau. Ce fameux spectateur était bien évidemment Spencer! Spencer en était fier et heureux, il avait un rôle bien réel dans cette exposition, la sienne. Il avait l'honneur de couvrir cette toile. Cependant comme l'avait dit son ami, ils scellaient son sort. Cela était troublant et Spencer fut légèrement rattrapé par ses émotions malgré tout son professionnalisme.

-Enfin... Il n'est plus l'heure de parler de ce moment terrible que sera celui de demain lorsque nous verrons le corps tentateur de "Patte de velours" succomber à la chaleur, se dévêtir de sa toile et se faire dévorer par les flammes… Non, je dois cesser à présent de songer à cela pour aller de l'avant… Aller de l'avant, comme le feront ces murs après notre passage. Comme le feront ce bâtiment et sa propriétaire… Il faut par ailleurs que vous sachiez que je ne dis pas cela sans y croire, je sais que cette exposition sera remplacée par une autre… Oui, demain, déjà, ces murs n'abriteront plus aucune toile du Renard, comme s'il n'y avait jamais posé la patte… Non, demain, les murs seront recouvert de photographies fabuleuses réalisées par la célèbre Glacey Gladys! Je ne doute pas que cette exposition sur le thème de "petits moments glacés" saura… vous rafraichir? … Bon, je dois reconnaître ne pas vraiment être amateur du travail de Glacey, de fait, je ne sais pas véritablement comment lui faire de la publicité sans paraître… ironique et foutrement faux-cul! Cependant, cette exposition ne peut être qu'une bonne expérience et se faire sa propre opinion est la meilleure chose à faire! Loin d'apprécier son œil artistique, j'apprécie l'effort qu'elle met dans son travail et lui reconnait des qualités de photographes indéniables, allez voir cette exposition et sans doute comprendrez-vous mieux que moi le parti-pris artistique de Glacey dans ces photographies de "petits moments glacés".

L'équipe fut véritablement étonnée d'entendre dans un premier temps Ethan déprécier le travail de la personne dont il devait faire la publicité conformément à un accord cependant, après l'avoir entendu parler de son point de vue puis vanter les qualités de la photographe elle-même avant d'ouvrir la porte à ses auditeurs de se faire leur propre opinion, les membres de l'équipe se dirent que c'était sans doute une publicité bien meilleure que ce à quoi ils étaient habitués de la part d'un homme pour l'œuvre de la concurrence.

-Voila mes amis, c'est fini. Nous allons tous pouvoir passer une excellente nuit même si la mienne sera plus longue vue que demain il y a pleins de choses de prévus! Bonne soirée! Faites de beaux rêves! Remplis de Patte de velours en chocolat prêt à fondre sur vous et pour vous!

Les spectateurs sortirent petit à petit de la salle d'exposition du nu. Ils étaient si nombreux qu'ils ne remarquèrent pas que les agents ne sortirent pas avec eux. D'une arrière salle Ethan alla chercher les vêtements de rechange de l'équipe et les leurs apporta. Il s'occupa ensuite avec Spencer de décrocher tous les tableaux aidé par JJ et Rossi à la condition pour ce dernier qu'il puisse en conserver un pour lui. Le traquenard fut mit en place rapidement autour du bâtiment le temps d'installer les tableaux dans le coffre d'un camion de police pour les transporter vers l'entrepôt de substitution sécurisé par leur bon soin. Ensuite, les SUV du FBI prirent la direction du bâtiment selon un trajet particulier afin de repérer les environs du bâtiment à l'avance, le camion partant un peu plus tard escorté par trois voitures de police. Garcia en suivait la progression à l'arrière d'un des SUV via les caméras de la ville pour vérifier que tout ce passe bien sur l'itinéraire définit par Spencer.

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Durant la matinée, Victor avait tenu à s'assurer que tout serait prêt pour lui et Spencer si ce dernier décidait d'accepter sa proposition et surtout, Victor avait tout mit en œuvre pour qu'aucun évènement particulier et étranger ne puisse intervenir pour interrompre ses plans. Il passa quelques coups de fils et s'assura de certains réglages supplémentaires par pure angoisse, il voulait faire les choses biens et plus que cela encore, il voulait que tout soit parfait. Son majordome et chauffeur entra dans sa suite et s'avança vers lui.

-Je suis parvenu à régler la situation.

-Je te remercie, je ne sais pas ce que je ferais sans toi. Essayons de faire en sorte que ce genre de choses n'arrivent plus jamais. J'ai pensé qu'en étant indulgent et en prenant quelques moyens les choses se calmeraient mais puisque cela n'a fait aucun effet, passons aux grands moyens. Je ne voulais pas en arriver là mais c'est trop tard. Peu importe à quel point je l'aime, il ne doit plus pouvoir agir sans que nous ne le sachions. Et je dirai même plus, sans que nous ne soyons à l'initiative du moindre de ses gestes. ... Suivez Spencer cet après-midi et dites-moi s'il va à l'exposition. Mon plan ne doit pas être mis en échec.

-Je veillerai sur lui.

-Merci, tu peux partir.

Victor était de nouveau devant le tableau que Spencer avait peint pour Ethan avec son dossier en mains.

-Spencer, je ferais tout pour toi. Tout. Et peut-être beaucoup plus encore. Trop, surement.

Victor tourna en rond un certain temps pensant à Spencer et à leur avenir si tout se passait bien. Il ne voulait qu'une seule chose, que Spencer et lui vivent heureux et amoureux. Pour l'heure, Spencer était certes entouré de ses amis, presque sa famille, mais il était aussi entouré de massacre et de nombre de souvenirs de toutes les victimes et puisqu'il ne relevait jamais la tête de ces dossiers et de ces crimes, il n'arrivait plus à respirer. Il ne fallait pas être devin pour voir sa détresse, il suffisait d'y prêter un minimum attention. Ce que voulait avant tout Victor c'était protéger Spencer, y comprit de lui-même. Seuls sa timidité et son manque de confiance en lui l'empêchaient de prendre du temps pour lui et retrouver le bonheur qui parcourait les rues.

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La nuit était noire, opaque, impénétrable. Garcia suivait l'avancée du camion jusqu'à l'entrepôt de stockage temporaire sur son moniteur. Elle fut perturbée lorsque le camion et les voitures rencontrèrent des travaux qui n'étaient pas prévus initialement cependant elle oublia bien vite cela lorsqu'elle identifia que la déviation ramènerait le camion rapidement sur la trajectoire prévue cependant, il fallait qu'elle recommence à le suivre des yeux, grâce aux caméras de surveillance de la ville surtout, à partir de ce point-ci puisque la luminosité inexistante dans certaines ruelles et un tunnel l'empêcheraient de suivre ce qu'il se passait directement. Un peu plus tard, Garcia récupéra le contact visuel avec le camion en toute tranquillité, le camion ne s'était donc pas arrêté sur le chemin. Il avait roulé lentement mais au vue de la déviation et du nombre de véhicules sur les routes, cela était parfaitement normal. Tu es folle ma pauvre, pensa la femme haute en couleur. Tu commences à voir le mal partout! Mine de rien, le ralentissement et la déviation avaient eu pour impact d'entraîner un retard d'une demi-heure sur la livraison des tableaux. Rien d'inquiétant en somme mais c'était tout de même stressant. Les policiers qui accompagnaient le camion en voiture l'escortaient toujours. Il n'y avait aucun signe de L'Artiste sur le chemin. L'Artiste passerait sans doute à l'œuvre quand les tableaux seraient installés dans le bâtiment et que la police et le FBI se seraient installés aux alentours pour mieux l'attraper.

Finalement, le camion et les voitures l'accompagnant arrivèrent avec du retard mais sans aucun problème. Spencer s'occupa avec Rossi et Gideon de sortir les tableaux et de les mettre en sécurité dans le bâtiment. Ils étaient tous protégés aussi, ils n'eurent besoin que de peu de précautions pour les transporter. Les portraits et paysages furent placés dans une pièce à part et cadenassés. Le nu fut placé dans une autre salle un peu plus centrée dans le bâtiment et beaucoup mieux protégée. Le bâtiment était un ancien entrepôt pour les cargaisons fragiles transportant des œuvres rares, des statues presque intactes et d'autres objets millénaires pour un musée local cependant le musée avait fermé puisqu'il avait été couplé à un autre musée plus grand dans une ville plus éloignée. Les œuvres avaient été emmenées et le local vidé sans être revendu. Ethan était parvenu à obtenir l'autorisation pour utiliser ce bâtiment justement parce qu'il s'agissait d'y transposer des tableaux. Ainsi, si les tableaux qui n'étaient pas la cible de L'Artiste avaient une faible sécurité, celui qui était au cœur de l'affaire, "L'Affaire", serait placé dans une salle avec deux entrées bien protégées, la première étant une porte d'acier verrouillée par un tableau numérique et la seconde étant une porte battante qui servait de sécurité coupe feu qui se fermait hermétiquement en cas de flammes. Les couloirs menant à cette pièce possédaient quelques caméras et bien que l'angle de ces caméras ne couvrent pas la totalité des couloirs, ils permettaient un minimum de surveillance intérieure. Les policiers situés aux sorties de secours du bâtiment à l'arrière servaient juste de décoration puisque les agents savaient que L'Artiste saurait se débrouiller pour qu'ils ne puissent les attraper. Ils maintenaient également l'illusion d'une surveillance classique et non pas renforcée des tableaux.

Les préparations étant toutes faites et les agents étant tous en place, la surveillance définitive commença. Il s'agissait désormais de prendre son mal en patience et de la patience, il leur en fallait beaucoup. En effet, il n'y eu aucun mouvements suspects durant plusieurs heures ce qui libéra en quelques sortes la parole de l'équipe dans les SUV. Pénélope se trouvait avec Emily, Derek et Aaron dans le premier SUV alors que JJ, Spencer, Jason et David se trouvaient dans le second. Les talkies-walkies étant allumés, chacun profita du temps d'attente pour raconter sa petite histoire, le jour le plus gênant de leur vie. Pénélope avait beaucoup d'anecdotes à ce sujet et Spencer hésitait entre différents moments ne sachant réellement trop quel moment avait été gênant et drôle et lequel avait été uniquement honteux et catastrophique car né d'une volonté d'humiliation farouche de la part d'un camarade… Enfin, il ne dut pas réfléchir plus longtemps à cela lorsque la déesse de l'informatique leur signala avoir vu du mouvement dans le bâtiment. Elle avait aperçu dans l'angle d'une caméra un bout de chaussure et après avoir revérifié ce fait trois fois, elle était sûre d'elle, quelqu'un était dans le bâtiment. Ils prévinrent tout le monde que L'Artiste était dans le bâtiment et qu'il fallait se tenir prêt à intervenir pour l'intercepter. Tous furent surpris de n'avoir pas même repéré un moindre petit mouvement ou détails concernant l'entrée de L'Artiste dans les locaux. Après qu'Hotch ait revérifié cette vidéo, il fit part à tout le monde que la direction que prenait le tueur n'était pas dirigé vers le nu mais bien dans la direction opposée, il s'en éloignait. Cela signifiait que le voleur avait pu pénétrer dans le bâtiment sans que personne ne le voit et pire encore, avait pu voler le tableau avant de tenter de suivre le chemin inverse avec la même précision que sur le chemin aller mais heureusement, Garcia avait un œil de lynx!

Sur l'ordre de David après un accord avec Aaron, les policières avancèrent. Ils pénétrèrent dans les locaux en direction de la dernière position connue du voleur. Ils ne le virent pas mais purent retrouver sa trace facilement. Ils se précipitèrent dans sa direction et le virent assommer succinctement deux d'entre eux avant de sauter par une fenêtre. Les policiers se précipitèrent alors à sa suite cependant, le voleur n'avait pas sauté pour atteindre le sol et se retrouver bloqué par la police qui encerclait les lieux, non, il avait sauté et s'était ensuite agrippé à un rebord de mur pour grimper sur le toit. Il courrait sur le toit du bâtiment et sauta sur un autre courant le plus rapidement possible pour éviter que des agents de police ne le rattrape. Il fit quelques acrobaties pour assouplir les passages compliqués de toits en toits et cela lui permit de semer quelques policiers supplémentaires. Les agents dont Morgan criaient au voleur de s'arrêter mais il n'en fit rien. L'un d'eux sortit même son arme de service et lui tira dessus malgré les ordres qu'ils avaient reçu et il le toucha au bras droit ne l'arrêtant pas pour autant dans sa course. Morgan cria à l'encontre du policier en question tout en continuant la course poursuite, l'ensemble des forces de police s'efforçant d'arrêter un homme.

-Bon sang, il fuit, il n'est pas armé! Pourquoi lui avoir tiré dessus?!

-C'est un tueur!

-Pour l'instant, nous devons l'arrêter pas le tuer d'une balle dans le dos alors qu'il est désarmé! Vous seriez l'assassin!

La course poursuite continua jusque dans des quartiers peut accueillant de la Nouvelle-Orléans. Le voleur entra dans une voiture et tenta de s'enfuir avec elle seulement le SUV conduit par Jason lui barra la route et Derek ayant tiré dans les pneus, le voleur ne put pas faire grand chose de plus et fut arrêter par JJ qui sortait de l'arrière du SUV conduit par son collègue. Elle lui lu ses droits et l'emmena ensuite au poste de police. Là-bas, le voleur reçu des soins.

L'Artiste était enfin attrapé. L'équipe allait pouvoir enfin se détendre… Derek récupéra la boite qui contenait le tableau de son nu et le tendit à Spencer. Il l'ouvrit à peine mais vérifia qu'il s'agissait bien de son tableau d'un coup d'œil. Il vit bien la tête de Derek malgré que la toile soit enroulée sur elle-même et referma la boite. Ils devaient clore cette affaire jusqu'au bout, de fait, ils allaient devoir procéder à l'interrogatoire de L'Artiste et si possible, lui arracher des aveux ou des informations sur ses meurtres.

-Bien, vous savez pourquoi vous êtes ici?

-...

-Je vois que vous avez été informé de votre droit de garder le silence… C'est simple, nous vous avons prit sur le fait pour le vol d'un tableau autrement dit, vous êtes déjà dans une belle situation. Ce n'est qu'une question de temps avant que nous découvrions tout, nous vous conseillons de passer immédiatement aux aveux, ça vaut mieux pour vous.

-...

-Bien. De toute façon, j'ai tout mon temps.

Cette phrase prononcée par Jason Gideon était aussi mensongère qu'elle était sincère et cela sans le savoir…

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En Caroline du Nord, un autre drame se jouait au même instant. Un jeune homme sortait du commissariat en pleine nuit, il dépêcha un taxi en courant presque pour le rattraper. Il monta dans la voiture et indiqua sa destination avec empressement. L'homme était grand et blond. Il avait le tain pale, les cheveux hirsutes, le visage mal rasé et un corps trapu. Habillé d'une simple chemise blanche froissé par les deux jours qu'il venait de passer avec elle sur le dos, l'homme était particulièrement pressé. Il sortit son téléphone portable de sa poche de jean et composa un numéro avec difficulté puisqu'il avait les doigts tremblant.

-Décroches... décroches… décroches… Allez…

Il tomba finalement sur le répondeur son correspondant n'ayant pas daigné répondre. Il rappela une seconde fois avec empressement et agitation et finalement à sa troisième tentative il réussit.

-Bon sang, Ryan… Tu as intérêt à être aux portes de la mort pour m'appeler à cette heure là!

-J'ai mieux que ça!

-Quoi?

-Ramènes-toi au journal, j'ai les titres de demain en exclusivité. Un scoop important!

-Et qu'est-ce que c'est ton scoop? Si c'est juste bon à faire parler les bonnes femmes tu peux raccrocher.

-Un quinzième meurtre!

-Signé par notre tueur en série ou par une femme éplorée?

-Tueur en série!

-Tu m'intéresses…

-Et en prime, tu auras l'interview de la personne qui a découvert le corps en exclusivité!

-Vraiment? Comment tu as réussi ce tour de force?

-Je suis cette personne.

-Bah merde… Tu veux dire que tu as vu le corps de la quinzième victime?

-Sous mes yeux.

-Tu l'as signalé à la police?

-Bien sûr! Pour qui tu me prends quand même!

-Je ne sais pas, c'est perturbant comme truc… J'en reviens même pas que la police te laisse parler de ça…

-La police n'a pas fait ça. Elle m'a strictement dit de ne pas en parler. Mais c'est bon pour notre journal! Nos ventes étaient en baisse depuis un moment mais avec ça, on re-rentre dans la course. Bien sûr, pour des questions de sécurité on ne va pas donner mon nom complet et il n'y aura pas ma photo. Mais je vais pouvoir te donner des informations toutes fraiches et palpitantes!

-Tu te rends compte Ryan de ce que tu vas devoir faire? Tu vas devoir parler de ce que tu as vu… Du cadavre… Ce tueur c'est pas un enfant de cœur, il a du mutiler cette victime comme toutes les autres… ça… a du être sanglant. Tu veux en parler?

-On pourra en parler un autre jour. Pour l'instant j'ai beaucoup d'adrénaline dans le sang. Suffisamment pour pondre un bon article et l'imprimer pour demain en des milliers d'exemplaires!

-... D'accord. Mais Ryan… Je veux vraiment que tu en parles avec quelqu'un après ça. C'est… quelque chose de traumatisant et des journalistes traumatisés j'en ai connu plein. J'ai passé l'âge de voir un collaborateur s'effondrer à cause du sujet dont parlent les journaux.

-Je t'en pris… Carla, tu n'as que cinquante-six ans.

-Et toi, tu n'en as que vingt-six Ryan. Tu es encore trop jeune pour t'arrêter de bosser à cause d'un traumatisme juste parce que tu as refusé d'en parler.

-Compris... On en discutera et j'irai voir un psy s'il le faut. En attendant, je suis bientôt arrivé sur place. Je démarre l'article sans toi et on en rediscute quand tu arrives.

-Je me dépêche. S'il ne s'agissait pas d'un scoop, je t'aurais botté le cul en arrivant! J'appelle l'imprimeur sur le trajet. A cette heure là de toute façon, il doit encore être au bar ce poivrot de Richard.

-Ce poivrot de Richard… Celui qui t'intéresse c'est ça?

-C'est pas parce que tu es un super bon assistant et journaliste en devenir, et en devenir seulement, que tu peux te permettre de parler de ma vie sentimentale!

-Je t'en prie… Nous parlons bien cadavres à longueur de journée ces derniers temps, ce n'est pas un béguin qui va nous faire peur.

-Fermes-là Ryan, tu as vu un cadavre aujourd'hui, je suis sûre que tu as déjà eu assez peur pour la semaine! Et tu ne voudrais pas que je te réduise en bouillie!

-Que de la gueule…

-Tu vas voir ça quand je vais arriver mon gars!

La journaliste et son assistant journaliste avaient du pain sur la planche, rire un peu leur avait permit et surtout à Ryan de décompresser, elle, du travail qu'il lui restait à faire et lui, de ce travail ainsi que du fait d'avoir été celui qui avait trouvé le cadavre d'une nouvelle victime du tueur en série qui sévissait dans les rues de la ville.

Ce qu'il s'était passé était tragique et ce qu'il se passerait le serait encore plus mais aucun protagoniste, de la Caroline du nord ou de la Nouvelle-Orléans ne le savait et ne s'y était préparé pas même Spencer ou Derek…

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Jason était toujours en train de faire son interrogatoire cependant, son interlocuteur ne montrait aucune volonté d'être coopératif. Il utilisait son droit de garder le silence et ne faisait pas pour autant appel à un avocat. Cela commençait réellement à l'agacer jusqu'à…

-Jason! Nous avons un problème!

Gideon sortit de la salle d'interrogatoire et se tourna vers JJ pour avoir des réponses à ses questions.

-Quoi?

-Nous connaissons l'identité de cette personne: Cinthya Defée dite Doigt-de-fée. Garcia a trouvé pas mal de chose sur elle.

-Cinthya? Elle?

-Oui, contrairement à son apparence relativement masculine, il s'agit d'une femme.

-Mais le profil…

-Oui, L'Artiste est un homme et la voleuse du tableau est une femme. Ce n'est pas L'Artiste. Elle n'a pas tué ces personnes.

-Alors nous avons prit le problème dans le mauvais sens. Il faut l'interroger pour savoir ce qu'elle sait de L'Artiste. Il lui a peut-être demandé de voler ce tableau pour lui.

-On ne peut pas en être sûr. En plus, L'Artiste n'a pas du tout le profil de quelqu'un qui engage un autre voleur.

-C'est vrai… J'ai un mauvais pressentiment… Quelqu'un a vérifié le tableau volé?

-Spencer l'a regardé tout à l'heure.

-Montres-moi immédiatement cette foutu toile!

Gideon et JJ allèrent donc récupérer la toile et la posèrent sur une table du poste de police après en avoir poussé tout le reste. Alertés par son éclat de voix, le reste de l'équipe et quelques policiers qui fêtaient leur victoire sur L'Artiste les entourèrent.

-Et merde! Putain de bordel de merde!

-Quoi Gideon? Je ne comprends pas, c'est bien le tableau de Spencer, non?

-Regardes-bien! Regardez tous mieux que ça!

Ils scrutèrent le tableau. La représentation de Morgan était toujours aussi belle. Le coup de patte était celui de Spencer à n'en pas douter.

-Quoi?! C'est bien le nu représentant Morgan!

-Oui! C'est bien un nu représentant Morgan mais ce n'est pas celui de Spencer!

-Pourquoi dis-tu ça voyons?

Spencer arriva finalement autour de la table et regarda sa toile en fronçant les sourcils…

-Je… pourrais presque jurer que c'est le mien sauf que… Il y a quelques coups de pinceaux que je sais ne pas avoir peint.

-Ce tableau n'a pas "Le Truc"! Il n'a pas "Le Truc" de Spencer qui nous donne envie de nous jeter sur la première personne venue pour avoir un orgasme!

-Bon sang! Oui! Je ne ressens aucune excitation! Ce tableau est un faux! Tu as raison Jason!

-Je retourne interroger Cinthya Defée, nous devons en apprendre plus sur cette histoire. Pourquoi a-t-elle volé un faux tableau? Où est le vrai? Où est L'Artiste?!

-Vas-y Gideon. Je me charge de demander aux policiers encore présent sur les lieux d'aller vérifier si le tableau original est encore là-bas ou si L'Artiste est sur place.

Le poste de police fourmilla toute la nuit. La salle d'interrogatoire fut envahie par toute l'équipe, un membre après l'autre pour tenter au mieux de faire parler la voleuse professionnelle mais jusqu'au matin, elle ne parla pas. Ce n'est qu'à l'aube qu'elle daigna enfin prendre la parole.


Bonjour ou Bonsoir mes trésors!

Voilà le dixième chapitre de cette histoire! Enfin corrigé! Je suis contente d'avoir pu en arriver là! Cela a prit du temps et en prendra encore mais c'est la première fois où je vais aussi loin! Je ne sais pas vraiment combien de chapitres il reste à cette histoire mais il y en aura je crois au moins dix de plus! … Rien qu'en pensant à ça je me dis que je me suis lancée dans une sacrée histoire mais j'en suis contente. :)

J'ai toujours en tête mes idées du début et je suis assez fière du résultat que ça donne pour l'instant. En ce qui concerne la suite de l'histoire je crois que beaucoup d'entre vous vont vouloir me tuer! En attendant, je vais profiter des derniers jours qu'il me reste à vivre :P

J'ai lu tous vos commentaires même si je n'ai pas eu le temps de répondre à chacun comme je le fais d'habitude alors je vais prendre le temps de le faire bientôt, promis! Dans tous les cas, merci beaucoup pour votre soutien et votre enthousiasme! Je suis ravie de voir les impressions que je laisse dans un chapitre à des personnes bien vivantes!

Je vais continuer d'écrire jusqu'au bout cette histoire pour que vous ne restiez pas sur votre faim ;) L'Artiste est Victor, tous vos doutes ont été levé dans les derniers chapitres, c'est à la fois drôle et fabuleux de voir comment vous détestez une personne que j'ai inventé de toutes pièces. J'adore cette réaction parce que ça prouve que ce que je voulais faire passer est actuellement passé! Le pauvre Spencer se pose beaucoup de questions, que croyez-vous qu'il va faire? Que va faire Victor? Qui est Cinthya Defée? Comment le tableau de Spencer a-t-il été volé? Avez-vous une idée là dessus?

Bonnes vacances à vous, ou bon courage si vous travaillez ou reprenez!

à bientôt,

YYY