Coucou tout le monde. Hier je suis allée voir New Moon. Ironiquement, le livre que j'aime le moins est le deuxième (et oui je suis une fan d'Edward et quand il n'est pas là, loin de Bella, je n'aime pas ça du tout) et pourtant, je préfère le deuxième film. Les effets sont beaucoup mieux que dans Twilight. Et Jacob est tellement beau quand il a les cheveux courts que je l'ai presque apprécié (Pour celles qui ne sont pas au courant, je n'aime pas vraiment Jacob). Emmett m'a bien fait rire lors de la fête de Bella lorsqu'il a dit à Edward quelque chose du genre « Comme ça maintenant tu sors avec des filles plus vieille que toi ». Si je n'aurais pas su qu'Edward reviendrait lorsque qu'il a dit à Bella qu'il l'a quittait, je crois que j'aurais versé une larme. Dans son ensemble, je trouve que l'histoire a été respectée. Alors voilà, c'était mon avis sur New Moon.

Merci à : Isabellamisa – lapiaf83 – alliecullen4ever – eliloulou – Marie – Elisect32 – linhea – alice'n'tomRORO78250 – chris

Bienvenu aux nouvelles lectrices et nouveaux lecteurs s'il y en a.

Disclamer 1 : Tous les personnages appartiennent à SM.

Disclamer 2 : Ce magnifique POV Edward est écrit par ForksVampireGirl.

Bon, assez blablater. Bonne lecture!


CHAPITRE 17 – LE MATCH

Tout au long du trajet pour retourner chez Bella, elle me regardait prudemment, comme si elle s'attendait à ce que je lui fasse une surprise. J'essayai de lui expliquer que c'était vraiment juste du base-ball. Eh bien, du base-ball avec des vampires, mais essentiellement c'était presque qu'identique. Nous courrions juste un peu plus vite en nous rentrant dedans juste un peu plus fort que les humains. Je ne comprenais pas pourquoi elle était si nerveuse.

J'avais prévu de renter à l'intérieur avec elle. À cause de ce qu'Alice avait vu, je ne voulais pas la quitter, même pour un instant, mais lorsque je vis la familière Ford garée dans son entrée, un faible sifflement s'échappa de ma gorge. Je n'entendais rien d'autre que le dégoût de Billy et ses insultantes pensées dirigées vers moi. Elles étaient comme un avertissement, une menace. Cela me fit grincer des dents. C'était comme s'il connaissait mes capacités, comme s'il savait que je pouvais l'entendre et qu'il voulait que je l'entende.

Ma famille n'a rien fait, exceptée être respectueuse en honorant le traité d'une manière que vous ne sembler pas être capable de faire. Pourquoi ne peux-tu pas rester sur tes terres, nous laisser tranquille Bella et moi et rester en dehors de tout ça, marmonnai-je rapidement et trop faiblement pour que Bella puisse m'entendre.

Je ne pouvais pas en vouloir à Jacob pour tout ça. Il ne voulait pas faire parti de cette situation. Ses pensées me disaient qu'il était irrité et mortifié à un tel point que je me sentais presque désolé pour lui. Il s'était fait entraîné dans une bataille qui ne lui appartenait pas. S'il te plaît papa, ne m'embarrasse pas et faisons ce que nous avons à faire, l'entendis-je penser distinctement. Ce que j'entendis par la suite ne me plu pas du tout. Qu'est-ce que ce Cullen à que je n'ai pas? Je la connais depuis que nous sommes enfant et nous avons eu beaucoup de plaisir ensemble. Je ne comprends pas sa fascination pour…

J'essayai d'éloigner la jalousie qui faisait rage en moi – après tout, il était juste un enfant – et je me concentrai sur Billy. Il était déterminé à parler à Charlie pour le convaincre que Bella reste loin de moi, bien qu'il soit obligé de travailler en ma faveur, toujours lié par le traité. Il ne devait pas révéler notre nature. C'était très utile que Jacob pense que son père soit excentrique et un peu trop superstitieux avec les légendes. Son incrédulité maintiendrait Charlie détendu tout au long de l'échange. C'était quand même très exaspérant que Billy veuille intervenir.

« Il dépasse les bornes », grognai-je. Les yeux de Bella fixèrent instantanément les miens.

« Il est venu pour avertir Charlie, tu crois? », haleta-t-elle.

J'hochai la tête en pensant à la meilleure façon de gérer les choses. Heureusement, Charlie n'était pas encore arrivé. Donc le moyen le plus simple serait que j'arrive à les convaincre de partir avant son arrivée. Je pensais qu'il me serait difficile de rester calme et rationnel face à Billy qui était déterminé à détruire mon bonheur. Devrais-je intervenir? Aussi peu orthodoxe que ma relation avec Bella puisse paraître, je ne voulais pas briser les règles.

Consciente de l'intensité de mon état, Bella prit une fois de plus les choses en main.

« Laisse-moi gérer ça », dit-elle et je ne pus m'empêcher d'être soulagé. Je baissai mes yeux vers elle – elle était tellement aimable et pure – en essayant d'effacer la colère de mon visage.

« C'est sûrement plus raisonnable », avouai-je. Je détestais l'idée de savoir ce que lui dirait Billy sans Charlie à ses côtés. Surtout s'il trouvait un moyen de faire sortir Jacob de la pièce afin de parler ouvertement. J'étais soudain heureux d'avoir partagé tous mes secrets avec Bella. Au moins, elle l'avait appris de moi en premier. Je ne pouvais imaginer que Billy puisse lui dire quelque chose qui la bouleverserait, surtout après ce qu'elle avait appris au cours des deux derniers jours. En fait, ce sera probablement lui qui sera contrarié qu'elle puisse accepter tout ça aussi bien. « Mais sois prudente. L'enfant ne se doute de rien », ajoutai-je pour veiller à ce que Bella n'aille pas, par inadvertance, révéler quelque chose à Jacob. Non pas que je croyais qu'il allait y croire. Il avait depuis longtemps abandonné l'idée de prendre au sérieux les histoires de sa tribu. Pour lui c'était tout simplement amusant.

Bella me regarda, légèrement irritée. « Jacob est à peine plus jeune que moi », dit-elle sur un ton enfantin. Ce qui était ironique. Elle avait encore réussi à me débarrasser de ma frustration. Je lui fis une grimace, en oubliant presque le regard noir de Billy braqué sur moi.

« Je sais », la taquinai-je.

Elle soupira en bougeant pour quitter la camionnette. Soudainement, je ressentis son absence et je considérai l'idée de l'attendre là-haut dans sa chambre tandis qu'elle traitait avec Billy, mais je savais que j'avais besoin de consulter Alice pour savoir ce que cette complication allait causer. Malheureusement, je devais la quitter. Je voulais faire ça le plus vite possible pour pourvoir revenir tout de suite après. Je ne voulais pas rester loin d'elle trop longtemps.

« Invite-les à entrer pour que je puisse m'éclipser », dis-je doucement. « Je reviendrai à la tombée de la nuit ».

« Tu veux garder ma camionnette? », offrit-elle aimablement. Elle connaissait tant de choses à propos de moi, sans toute fois les comprendre.

« Je serai rendu plus vite pied que dans cet engin », dis-je en riant. À plein régime, je pourrais probablement faire l'allée retour avant que sa camionnette soit rendu sur la route principale.

« Tu n'es peut-être pas obligé de t'en aller, non? », dit-elle tristement tandis qu'elle me suppliait du regard. J'en oubliais presque pourquoi je devais y aller. Je lui souris chaleureusement en espérant quel comprenne à quel point il m'était difficile de la quitter, même pour une courte période.

« Oh que si! », soupirai-je avant d'ajouter : « Et quand tu te seras débarrassée d'eux, n'oublie pas de préparer Charlie à l'idée de rencontrer ton nouveau petit ami. »

Elle me regarda, exaspérée. Je savais qu'elle aimait l'idée que je sois son petit ami. « Merci du cadeau! »

« Je serai bientôt de retour », lui promis-je avec un tendre sourire. Je jetai rapidement un regard vers Billy qui me regardait toujours intensément. C'était de la folie, mais je ne pus me retenir de me pencher vers Bella afin de l'embrasser dans le cou. Les pensées de Billy se transformèrent rapidement en rage. Il m'accusait tandis qu'il me regardait. Je pouvais dire à la façon qu'avait le cœur de Bella de battre, qu'elle était nerveuse, mais tout de même ravie de mon baiser.

Tandis qu'elle se dirigea vers un Billy furieux, elle murmura un : « Reviens vite ». Je la regardai tandis qu'elle les saluait avec désinvolture. C'était douloureux de la laisser seule avec eux. J'espérais que Jacob resterait toujours dans la même pièce qu'elle. Au moins de cette façon, Billy ne serait pas en mesure de dire quoi que ce soit de trop pénible. Je ne pouvais pas supporter l'idée qu'il allait la sermonner. Déjà qu'elle devait annoncer à Charlie que nous étions ensemble, elle n'avait pas besoin d'avoir d'autres soucis.

Dès qu'ils furent à l'intérieur, je sortis rapidement de la camionnette pour courir jusqu'à la maison. Ce fut une des rare fois où je n'éprouvai pas de plaisir à courir. J'étais en mission et plus tôt je serais en mesure d'établir la menace que représentait Billy, plus vite je pourrais revenir près de Bella. J'avais à peine ouvert la porte qu'Alice sautillait déjà vers moi.

Que fais-tu ici? Je pensais que vous viendriez nous rejoindre? Qu'est-ce qui ce passe?

« Il ne se passe rien Alice », mentis-je. « Eh bien je crois. J'ai juste besoin que tu essaie de voir quelque chose pour moi. »

« Est-ce que Bella va bien? », me demanda-t-elle, inquiète.

« Elle va bien. Elle est juste… en train de se faire interroger en ce moment ». Je m'arrêtai une seconde. « Par les Blacks. »

Je la regardai tandis que son expression changeait d'inquiétude à l'irritation pour finalement se transformer en rage presque aussi forte que la mienne.

Il n'a pas sa place. Il n'a pas d'affaire à ce mêler de ça. Tu n'as rien fait de mal!, pensa-t-elle, incapable de former les mots à haute voix.

« Je sais », dis-je d'un ton que je voulais normal pour essayer de la calmer. J'avais besoin qu'elle se concentre, sinon elle serait incapable de voir quelque chose de clair. « Je ne sais pas exactement ce qu'il avait planifié de faire. Tout ce que je sais, c'est qu'il ne veut pas que je m'approche de Bella et il semble avoir prit sur lui pour que ce soit possible. »

J'attendis pendant que ses pensées ralentissaient et rationalisaient et elle finit par me demander : « Comment puis-je aider? »

« J'ai juste besoin que tu t'assure qu'il ne prévoit pas quelque chose de gros. Dans le genre de nous dévoiler ou quelque chose comme ça. »

« Tu crois vraiment qu'il pourrait rompre le traité à cause de ça? »

« Je ne sais pas. Il n'en avait pas l'air. Il pensait plutôt dire des mensonges à mon sujet sans enfreindre les règles, mais si Charlie n'est pas convaincu par ses propos, je ne sais pas jusqu'où il pourrait aller pour essayer de protéger Bella. »

Alice ferma les yeux en ralentissant sa respiration. Elle essayait de se concentrer sur l'avenir de Bella et sur la notre. Elle se tut quelques instants et j'écoutai attentivement les pensées qui affluaient. Nous étions ensemble Bella et moi, riant et souriant, complètement à l'aise. Elle essayait de voir au-delà de ça pour voir s'il y avait quelque chose qui pourrait nous séparer, mais rien ne vint briser l'équilibre de sa vision. Quand elle ouvrit les yeux, elle me souriait et moi aussi d'ailleurs.

« Vous êtes si heureux », dit-elle rêveusement.

« Merci », soupirai-je. « Y a-t-il autre chose? »

Elle plissa le nez en levant les yeux au ciel avant de les fermer à nouveau. Cette fois, sa respiration s'arrêta complètement. J'essayai de suivre ses pensées qui étaient frénétique, tandis qu'elle tentait de se concentrer sur Charlie. Il était aussi flou pour elle que ses pensées l'étaient pour moi et je me demandais si je devrais les présenter pour qu'elle puisse avoir de meilleures visions de son avenir. Pouvoir anticiper ses réactions, serait d'une grande utilité. Ça m'aiderait à mieux me préparer. Si je pouvais gagner la confiance de Charlie, Billy ne serait pas une aussi grosse menace.

« Je suis désolée », dit-elle finalement en me regardant. « Je ne peux pas voir grand chose sur Charlie, mais je ne vois rien qui indique qu'il va avoir un problème avec toi, hormis le fait que tu sors avec sa fille unique bien sûr », sourit-elle. « Quand aux Blacks, je n'arrive pas à voir quoi que ce soit. Peut-être parce que je ne les connais pas vraiment. Ou peut-être parce que Billy n'a pas encore pris de décision sur la façon qu'il veut agir. Ou peut-être… »

« Tes peut-être ne m'aide vraiment pas, Alice », dis-je plus sèchement que je l'aurais voulu. Le regard qu'elle me lança, me fit immédiatement sentir coupable, mais elle ne me donna pas le temps de prononcer un seule mot.

« Va te procurer une voyante, Edward », cracha-t-elle. « Je fais du mieux que je peux. Regarde Bella, ne regarde pas Bella. Tu veux que je la regarde quand tu n'es pas avec elle, quand tu es avec elle, mais pas quand tu es sur elle. Je ne peux pas vous suivre et me concentrer quand tu es constamment dans ma tête. »

Elle se détourna pour s'élancer dans l'escalier avant de claquer la porte derrière elle. En quelques secondes, je pus entendre les pensées de toute ma famille se diriger vers moi. Bien sûr, je savais qu'ils écoutaient, mais c'était tout de même très frustrant.

Qu'attend-il de moi? Que je la surveille 24 heure sur 24?

Les Blacks sont juste inquiets pour Bella. Il l'a surprotège.

Je voudrais voir le regard de Charlie lorsqu'il ira la chercher ce soir…

Tout ça est ridicule, complètement ridicule.

Je montai les escaliers pour aller frapper à la porte de la chambre de Rosalie et Emmett. Il y avait quelque chose que j'avais besoin de leur dire, et au moins, durant quelques minutes, ça me permettrait de ne pas fouiller dans l'esprit d'Alice. Elle avait besoin de temps pour réfléchir, et je me sentais déjà assez mal comme ça pour l'avoir contrariée à ce point.

« Entre », me dit gentiment Rosalie et Emmett se mit à rire. Ils étaient assis ensemble sur le bord du lit, déjà dans leur tenu de base-ball et prêt pour le match.

« Pourquoi n'es-tu pas descendu plus tôt aujourd'hui? », lui demandai-je en essayant de garder un ton calme.

« Eh bien, je sais que tu ne veux pas que je rencontre Bella, sauf si je suis polie ».

« Et? »

« Et j'ai décidé que je ne pouvais pas », me sourit-elle innocemment. Mon irritation revint immédiatement à la charge.

« Bien », dis-je pas sûr d'être en mesure de continuer à lui parler calmement, alors je me tournai vers Emmett. « Et toi? »

« Quoi, et laisser Rose toute seule ici? Elle aurait probablement fini par briser quelque chose et j'ai pensé que Bella n'avait pas besoin de ça. Visiter une maison remplie de vampires est assez stressant pour une journée. »

Je secouai la tête en souhaitant trouver un moyen de leur faire accepter Bella. Je voulais qu'elle se sente la bienvenue ici, par tout le monde. J'étais sûr qu'Emmett restait à l'écart seulement par amour pour Rose. Ça me dérageait qu'elle ne semble pas disposée à changer d'attitude. Ses pensées ne me donnaient aucun signe de changement et je me demandais si elle serait capable de se retrouver dans la même pièce que Bella un jour. Après quelques minutes de silence, je partis pour aller frapper à la porte de la chambre d'Alice.

« Oui! Tu peux entrer », marmonna-t-elle. Elle était recroquevillée sur le torse de Jasper tandis qu'il lui caressait les cheveux. Il avait les yeux braqués sur moi.

« Je m'excuse Alice. Je ne voulais pas mettre autant de pression sur toi. Je sais que tu l'aimes aussi. »

« Bien sûr que je l'aime », dit-elle en s'assoyant. « Ta paranoïa pour elle me préoccupe. D'abord les vampires que j'ai vu approcher, et ensuite les pensées de Billy Blacks que je n'arrive pas à voir. Bien sûr tu veux que je sois constamment à l'affût d'une catastrophe qui pourrait arriver à Bella. Tu sais, je ne suis pas en mesure de prévoir toutes les fois où elle tombera et s'écorchera un genou », ajouta-t-elle sarcastiquement.

« Je sais, et je suis vraiment désolé. C'est juste que… », je m'arrêtai souhaitant pouvoir dire ce que je voulais dire à Alice, seulement, sans le regard ennuyeux de Jasper sur moi. « Je ne pourrais plus exister sans elle. Si quelque chose devait arriver et que je ne sois pas assez près pour l'empêcher, ou parce que je n'étais pas assez attentif… ». Ma voix s'éteignit, incapable de terminer ma pensée. C'était irrationnel, je le savais, mais j'espérais qu'Alice comprenne mon besoin intense de la protéger.

Je la regardai tandis qu'un chaleureux sourire fendit son visage. Elle se leva lentement – Alice ne se déplaçait jamais lentement – pour se diriger vers moi. Elle s'arrêta à quelques centimètres de mon visage se mettant sur la pointe des pieds pour me regarder droit dans les yeux.

Bella et toi serez toujours ensemble. Je sais que tu ne veux pas y penser, mais tu sais ce que j'ai vu. L'image de sa mort à complètement disparue et je vois maintenant qu'un seul avenir pour vous deux. Ignore le si tu veux, mais moi je sais que Bella fait déjà partie de notre famille. Et pour toujours.

J'aurais voulu être en colère après elle. J'avais envie de lui crier après pour avoir mit cette image horrifiante dans mon esprit. Pourtant, l'idée que Bella et moi, ensemble… pour toujours… éloignait toutes mes autres pensées. Je regardais Alice pendant que ses visions inondaient mon esprit. Je ne pouvais pas accepter la vérité, mais je ne pouvais pas les combattent. Je les laissai venir me révéler que je n'aurai plus à m'en faire pour sa sécurité, que je serai heureux – plus qu'heureux même – de savoir qu'elle sera avec moi pour l'éternité.

Sérieusement, vous allez me rende fou. Pourquoi n'allons-nous simplement pas jouer au base-ball.

Les pensées de Jasper me ramenèrent au présent et je me retournai pour le regarder.

Quoi?

« Allez. Jasper commence à être impatient », dis-je à Alice. « Je vais prendre la Jeep pour aller chercher Bella et je vous rencontre là-bas ». Alice commença à me tourner le dos, mais je lui pris la main pour qu'elle me fasse face. « Merci », dis-je et elle me fit un large sourire.

En revenant vers Bella, je ne laissai pas mes pensées dériver vers celles qu'Alice m'avait montrées. Je refusais de passer une seconde de plus à penser à un avenir que j'étais déterminé à ne pas laisser arriver. Tous mes soucis semblèrent disparaître dès que la maison de Bella fut en vu. Je garai rapidement la Jeep pour ensuite me diriger rapidement vers la porte. J'aurais probablement dû vérifier pour être sûr que personne ne me regardait.

Je sonnai à la porte en écoutant les pensées confuses de Charlie devenir de plus en plus préoccupées. Elles ne semblaient pas sortir de l'ordinaire et rien ne m'indiquait que Billy l'avait effrayé. Il était seulement préoccupé comme un père l'était parce qu'il n'était pas prêt à laisser aller sa fille.

Il ouvrit la porte avec un sourire forcé et je pus voir Bella, légèrement nerveuse, derrière lui, tandis que son cœur s'emballait. Elle le regardait étrangement, presque comme si elle ne voulait pas qu'il l'humilie. C'était curieusement attachant.

« Entre, Edward », dit-il poliment, bien que son esprit n'allait pas dans le même sens.

Bella poussa un soupir de soulagement, bien que nous sachions que le plus dur restait à venir. J'espérais qu'il comprenne à quel point je désirais prendre soin de Bella et que cela puisse le mettre à l'aise.

« Merci, Chef Swan », dis-je avec un ton formel.

« Appelle-moi Charlie. Donne-moi ta veste. »

« Merci. »

« Assieds-toi Edward », dit-il. J'entendais dans son esprit qu'il voulait m'interroger. Il l'a surprotégeait. C'était remarquablement mignon et complètement amusant.

Je me laissai aller dans le fauteuil à côté du canapé en me préparant à répondre à ses questions. Bella me regardait. Cela aurait été très maladroit de m'asseoir avec elle sur le canapé tandis que Charlie me regardait avec des poignards dans les yeux. Je lui fis un clin d'œil pour lui dire : S'il te plaît, fait moi confiance. J'ai un aperçu de son esprit.

« Alors, comme ça, j'apprends que tu emmènes ma petite fille jouer au base-ball? », dit-il avec scepticisme. Évidemment, il pensait que c'était une couverture pour quelque chose de beaucoup plus espiègle.

« C'est ce qui est prévu, en effet », répondis-je avec sincérité, et étonnamment, il sembla me croire.

« Quel exploit! », dit-il en riant tandis que son esprit se détendit. Au moins, il avait trouvé un côté positif au fait que je sois son petit ami. Bella avait toujours eu une aversion pour le sport et Charlie espérait que je puisse lui montrer les joies du sport.

Pendant une ou deux minutes, nous restâmes assis, en silence, jusqu'à ce que Bella prenne une profonde inspiration.

« Bon », dit-elle en se relevant pour mettre fin à ce pénible moment. « Vous avez assez ricané à mes dépens. Allons-y ». Elle passa devant nous et je pus sentir l'anxiété de Charlie refaire surface.

« Ne rentre pas trop tard, Bella », l'avertit-il, mais il regardait directement vers moi. Lorsque Bella poussa un soupir exaspérée, je dus étouffer un rire.

« Elle ne risque rien avec moi ». J'essayai d'insuffler à ma voix la même sincérité que lorsque je me l'étais promis. Il me regarda prudemment, mais il sembla me croire. J'étais extatique d'avoir au moins gagné son approbation partielle.

Tout les deux, nous regardâmes Bella sortir de la pièce pour cacher sa frustration et son humiliation. Elle était adorable et ça nous fit rire Charlie et moi. Ce qui fut encore plus amusant, c'était son expression lorsqu'elle vit la Jeep. Avait-elle vraiment pensée j'allais prendre ma Volvo pour aller au milieu de nulle part dans la boue? Il était vrai que je ne lui avais pas dit où nous allions exactement.

Charlie siffla derrière nous en partie pour masquer ses soucis.

« N'oubliez pas vos ceintures de sécurité », murmura-t-il d'une voix tendue.

Bella sembla mal à l'aise tandis qu'elle s'approchait du véhicule. Elle ressemblait à un chat prêt à bondir lorsqu'elle se prépara à sauter dans le siège. Est-ce si difficile de me demander de l'aide?

Je marchai lentement vers la porte du conducteur tandis que je regardai Bella, impuissante face au harnais. Son visage était crispé et elle semblait essayer de résoudre un cube Rubik.

« Qu'est-ce que c'est que tous ces machin? », me demanda-t-elle, visiblement frustrée.

« Un harnais tout-terrain », répondis-je calmement.

« Ah! » Son pouls s'accéléra et ses yeux s'agrandirent d'horreur. Je souris en pensant à comment je pouvais la calmer et attacher le harnais dans un même geste. De là où était Charlie, je savais qu'il pouvait voir que je voulais que sa fille soit en sécurité. C'était probablement un acte qu'il aurait approuvé.

Je me penchai vers Bella pour commencer à attacher le harnais avec une main en lui caressant le cou avec l'autre. Mes doigts frôlèrent sa clavicule et elle frissonna. Cette fois, je ne me demandais pas si elle avait froid, car son soupir m'assura que c'était l'homme qui l'avait fait frissonner.

À contre cœur, je me replaçai sur mon siège tandis que les battements de son cœur me faisait toujours sourire. Je démarrai la Jeep et cela fit sursauter Bella.

« Tu as une… sacrée grosse Jeep », dit-elle, tentant de masquer son anxiété.

« Elle appartient à Emmett. J'ai pensé que tu n'apprécierais pas de faire tout le chemin en courant ». Je retins mon souffle, attendant sa réaction, mais elle était trop distraite par le véhicule pour réaliser ce que je venais de dire.

« Où gardez-vous cet engin? »

« Nous avons transformé une des dépendances en garage ». Il avait surtout été conçu pour Emmett et Rose, durant la période où ils avaient décidés de passer du temps seul de leur côté. Bien sûr, il ne leur avait pas fallu longtemps pour comprendre – quand ils nous avaient faire part de leur décision – que le garage n'était tout simplement pas assez loin. Pour eux… et pour nous.

« Tu ne mets pas ta ceinture? », me demanda-t-elle d'une voix légèrement désapprobatrice. Je me tournai vers elle en fronçant les sourcils. N'avait-elle pas compris?

Tandis qu'elle me regardait, quelque chose dans son expression changea. Elle sembla nauséeuse et je craignis que la route soit trop cahoteuse. Je faillis ralentir lorsqu'elle me dit : « Tout le chemin? » Ah! Ça y était. « Cela signifie-t-il que nous allons devoir courir une partie du chemin? » Sa voix était prise de panique et je me demandais comment se faisait-il que cette expérience soit si effrayante pour elle. Elle me faisait confiance pour tout, mais courir avec moi dans la forêt était trop pour elle. J'essayai de lui sourire, même si j'étais contrarié que ça la gêne autant. Nous avions un long chemin à parcourir et si elle refusait de courir avec moi nous allions manquer le match. Emmett et Jasper ne me lâcheraient jamais avec ça.

« Pas toi », la taquinai-je légèrement.

« Mais ça me rend malade. »

« Tu n'auras qu'à fermer les yeux, et tout ira bien ». Honnêtement, si elle ne voyait pas à quel point nous allions vite, j'étais sûr de pouvoir courir avec suffisamment d'attention pour qu'elle ne remarque même pas le mouvement.

Encore une fois, elle se mordit la lèvre et j'eus une urgente envie d'y presser mes lèvres. Sans même une seconde de doute sur mon contrôle – et ce fus un soulagement de savoir que je pouvais être aussi près d'elle – j'embrassai doucement son front. Son odeur emplit mes sens et un gémissement sortit de ma gorge. Je ne pouvais pas me résoudre à être désolé pour ce que j'avais fait. La douleur en valait la peine. Elle sentait si bon dans l'air froid et humide. Elle me jeta un regard interrogateur et j'étais heureux de pouvoir lui expliquer les choses sans avoir peur de l'effrayer.

« Tu sens tellement bon sous la pluie ».

« C'est bien ou pas bien? », me demanda-t-elle en rougissant. Elle semblait se sentir coupable pour des raisons que je ne comprenais pas.

« Les deux », soupirai-je. « Comme toujours, les deux. »

Nous venions de tourner sur la route cacher qui était beaucoup plus houleuse lorsque Bella commença à rebondir sur son siège. Elle ne protestait pas, mais je pouvais l'entendre prendre de grande inspiration pour se calmer. Je me demandais si elle était consciente que si nous aurions fait ce trajet en courant, ça aurait été beaucoup plus facile. Si seulement je pouvais trouver un moyen de la guérir de sa peur de courir avec moi. Peut-être que si je la détendais avant de décoller… Je me souris à moi-même en m'apercevant que je me donnais des excuses pour l'embrasser.

Lorsque nous atteignîmes le point où la Jeep ne pouvait plus continuer, j'avais déjà perfectionné mon plan. Tout comme Alice l'avait prédit, la pluie avait diminuée et le ciel laissait passer quelques rayons de soleil à travers la tempête. Cela donnait un effet éthéré aux arbres et je me mis à anticiper ce moment de plus en plus.

« Désolé, Bella, mais à partir d'ici, nous continuons à pied », dis-je, vraiment anxieux de sa réaction.

« Tu sais quoi? Je crois que je vais t'attendre. »

« Où est passé ton courage? Tu n'en as pas manqué pourtant, ce matin », dis-je en souriant à la pensée de Bella, parfaitement confortable et entourée par ma famille chez moi.

« Je n'ai pas oublié notre dernière balade », dit-elle en me donnant la réplique que je m'étais attendue. J'ai fis le tour de la Jeep en courant pour ensuite défaire son harnais en prenant une inspiration de ses cheveux trempés par la pluie.

« Je m'en occupe. Vas-y, toi, je te rejoins », dit-elle avec ardeur. Comme si j'allais la quitter. Pas même pour une seconde.

« Hmmm », dis-je en me demandant quels mots utiliser. Je voulais qu'elle soit prête. Comme ça, nous avions plus de chance qu'elle réagisse rationnellement. J'étais parfaitement en contrôle et je n'avais pas envie de lui demander de s'éloigner de moi pour que je me calme. « J'ai bien l'impression que je vais devoir falsifier ta mémoire. »

Espérant qu'elle puisse sentir l'électricité entre nous, qu'elle puisse avoir une idée de ce qui allait arriver, je la débarquai rapidement de son siège pour la poser soigneusement devant moi.

« Comment ça, falsifier ma mémoire? », me demanda-t-elle d'une voix tremblante tandis que je me demandais comment faire pour la distraire. Je voulais qu'elle oublie tout. Tout, sauf nous

« Quelque chose comme ça », marmonnai-je en la regardant avec tout le désir que je ressentais depuis un moment déjà. Mon besoin d'être près d'elle, de la goûter encore écrasait toutes mes autres envies.

Elle me regardait comme si elle n'avait aucune idée de ce que j'allais faire et je me battis pour cacher l'amusement que sa naïveté déclenchait chez moi. Voulant lui faire comprendre, je posai mes mains sur la Jeep de chaque côte d'elle, et tandis que je m'approchais d'elle, je pus sentir son dos s'accoter contre la porte. Elle était encore perplexe comme j'inclinai mon visage vers elle en laissant son parfum envahir mes sens

« Maintenant », dis-je en prenant une inspiration parfaitement agonisante. « Explique-moi de quoi tu as peur exactement. »

« Euh… eh bien entrer en collision avec une branche… », dit-elle dans un murmure. Son cœur s'emballa et cela m'excita un peu plus. « …et de mourir. De vomir partout. »

Supprimant le sourire qui menaçait de rompre l'intensité du moment, je laissai mes lèvres effleurer le creux de sa gorge. Sa peau était si douce. Je goûtai son adrénaline, sentis son pouls sous mes lèvres. C'était fantastique et tortueux à la fois. Je ne pouvais pas m'arrêter. J'avais besoin de plus.

« Toujours anxieuse? », marmonnai-je avec les lèvres posées sur sa peau qui était de plus en plus chaude.

« Oui », dit-elle d'une voix tendue.

Je laissai mon nez glisser jusqu'à son menton que je respirais profondément. Complètement intoxiqué.

« Et maintenant », continuai-je en captant chacun de ses souffles. Je sentais son corps réagir à moi. C'était beaucoup plus agréable et exaltant que tout ce que j'avais déjà expérimenté.

« Les arbres, le mal des transports », murmura-t-elle et je pouvais dire que toutes ses pensées cohérentes avaient disparue depuis longtemps

Je pressai mes lèvres sur chacune de ses paupières, émerveillé de constater qu'elles avaient une odeur particulière. Chaque endroit sur son corps avait son propre mystère.

« Bella, tu ne penses tout de même pas que je heurterais un tronc, non? », murmurai-je.

« Pas toi, moi ». Toute détermination avait quittée sa voix et je pus sentir son menton se relever à la recherche de mes lèvres. Je parsemai ses joues de baisers, en m'arrêtant juste avant que mes lèvres rencontrent les siennes, ce qui prolongea cet instant un peu plus longtemps. Sa respiration saccadée fit tomber la dernière miette de volonté qu'il me restait.

« Crois-tu que je laisserais un arbre t'attaquer? », murmurai-je, ce qui permis à mes lèvres de toucher sa lèvre inférieure. Je pouvais déjà goûter sa douceur et je voulais laisser tomber mes défenses. Cependant quelque part, loin dans mon esprit très assombrit, je me rappelai que pour sa sécurité, c'était impossible.

« Non », soupira-t-elle.

« Tu vois », souris-je en prononçant les mots contre sa bouche. « Tu n'as aucune raison d'avoir peur, non? »

« Non », murmura-t-elle. Toutes ses craintes étaient oubliées. Comme je l'avais prévu. Sachant cela, je finis par céder et je l'embrassai avec tout l'amour et toute la passion qui s'étaient accumulé en moi. Je caressai son visage, ravi de la façon qu'elle avait de trembler dans mes bras. Je ne pu l'empêcher de verrouiller son bras autour de mon cou et de me tirer plus près d'elle. Je pouvais sentir chaque centimètre de son corps si fragile pressé contre le mien. Je remerciai ma petite voix intérieure qui criait par-dessus le désir que je ressentais, de rester doux et de faire très attention.

J'avais laissé le peu de pensées rationnelles que j'avais en moi se concentrer pour ne pas la blesser et lorsqu'elle poussa un profond soupir dans ma bouche, je fus pris au dépourvu. Je fus agressé par son souffle chaud et le monstre refit surface, furieux d'avoir été maintenu à l'écart pendant si longtemps.

« Nom d'un chien, Bella! », criai-je, bien que la colère fut uniquement dirigée contre ma faiblesse. « Tu as juré ma mort ou quoi? »

Lorsque je fus capable de tourner mon regard vers elle, je la vis accroupie, comme si elle n'avait plus la force de se tenir debout. J'aurais pu être légèrement satisfait de moi-même si ça n'avait pas tourné comme ça.

« Tu es indestructible », haleta-t-elle les yeux fixés sur le sol.

« Ça, c'était avant que je te rencontre. Allez, filons avant que je ne m'autorise un geste vraiment stupide. »

Le monstre n'était pas complètement réduit au silence et je me sentais de plus en plus frustré à chaque souffle brûlant que je prenais. Je l'attrapai pour la mettre sur mon dos, souhaitant l'avoir relaxée plutôt que d'avoir poussé les limites. J'étais égoïste. Tout ce que j'avais voulu, c'était qu'elle soit à l'aise de courir avec moi.

Je pouvais vaguement entendre le reste de ma famille se réchauffer dans la boue. Je pistai leurs traces et ça m'appris qu'ils étaient tous là, à nous attendre. Ils se demandaient probablement pourquoi nous n'arrivions pas. Ou peut-être qu'Alice leur avait expliqué dans les moindres détails. J'avais désespérément besoin du vent et de la vitesse de la course pour m'éclaircir les idées. Je ne pouvais pas croire que j'avais été si présomptueux. Je ne pouvais jamais baisser ma garde avec Bella, même pour une seconde. Bien sûr, c'était merveilleux et fascinant de ce concentrer seulement sur elle.

Je sentais son emprise sur moi, ce qui me fit savoir qu'elle était prête.

« N'oublie pas de fermer les yeux », l'avertis-je, désireux de faire disparaître la férocité de ma voix. Je voulais être en mesure de lui parler doucement, peu importe que mon comportement ait été inexcusable.

Elle enfouit sa tête dans mon épaule, suivant mes instructions. Je courrai légèrement moins vite que d'habitude pour être particulièrement prudent. J'espérais que le fait qu'elle ait les yeux fermés la rende moins nauséeuse cette fois. L'air fais sur mon visage m'aidait vraiment et volontairement, je pris de lentes et stables inspiration en essayant de mettre l'accent sur la forêt. Lorsque nous fûmes sur le point d'arriver, j'étais toujours dégoûté par moi-même et ma seule consolation était de savoir que Bella m'avait sans doute déjà pardonné.

Je tendis la main pour lui caresser les cheveux en espérant qu'elle puisse sentir que j'avais repris le contrôle. Que je l'aimais et que j'étais désolé.

« C'est fini, Bella », lui dis-je doucement. Après un bref instant, je la sentis me libérer de son emprise. Elle n'était pas encore tout à fait stable, et j'aurais préféré qu'elle me tienne encore un peu, mais têtue plus que jamais, elle tenta de descendre toute seule et finit par terre sur les fesses.

« Ouille! », murmura-t-elle, irritée par son manque habituel d'équilibre.

Je la regardai attentivement en me demandant pourquoi elle ne m'avait pas demandé de l'aide comme la dernière fois. Elle semblait confuse, peut-être même légèrement désorientée, puis totalement perturbée par l'ensemble des choses. Elle n'essaya même pas de se relever. Je n'aurais pas ri si son expression n'était pas été si drôle, mais je ne pus me retenir.

Avec un grognement, elle se releva avant de commencer à secouer les débris qui s'étaient accumulés sur son manteau en n'en manquant environ la moitié. Je ne pouvais pas m'arrêter de rire, même si je me sentais mal. Il était évident qu'elle était contrariée et elle commença à marcher dans les bois dans la direction complètement opposée. Je me ressaisis en enveloppant mes bras autour de sa taille.

« Pas si vite. Où vas-tu? », demandai-je en m'assurant que ma voix reste neutre. Elle avait l'air si mal et je me sentais coupable d'empirer les choses au lieu de les améliorer.

« Assister à une partie de base-ball. Ça n'a plus l'air de beaucoup t'intéresser, mais les autres sauront sûrement s'amuser sans toi ». Le ton furieux qui sortit de sa bouche fut déconcertant. Encore une fois je ne comprenais pas pourquoi une si petite chose la dérangeait, mais pas ce qui était vraiment inquiétant. Elle était tombée et j'avais ri. Ça ne me semblait pas si terrible que ça. Ok peut-être que j'avais eu l'air insensible, mais pour ma défense, j'avais ri davantage par soulagement que de n'importe quoi d'autre. L'incident avant notre course avait été très déstabilisant.

« Tu te trompes de chemin », dis-je très doucement pour ne pas la perturber davantage. Sans un mot, elle se retourna pour aller dans l'autre direction, vers le champ. Je tendis la main pour la rattraper en la tenant doucement, mais fermement. « Ne sois pas fâché », la suppliai-je. « Ça a été plus fort que moi. Si tu t'étais vue! », dis-je en riant encore une fois, plus par joie de la tenir dans mes bras.

« Tu estimes sans doute être le seul à avoir le droit d'être en colère, c'est ça? », dit-elle les sourcils froncés et la voix accusatrice.

« Je ne l'étais pas contre toi », clarifiai-je en me demandant comment elle pouvait penser que je puisse être en colère contre elle. C'était ma faute. Une horrible faute d'ailleurs.

« À d'autres. Bella, tu as juré ma mort ou quoi? » Il y avait une tristesse que je ne pouvais pas m'expliquer en l'écoutant répéter mes propres mots.

« Simple constatation », dis-je en me haïssant moi-même d'avoir pu dire quelque chose – même si c'était par inadvertance – qui l'ait blessée.

« Tu étais furieux. »

« Oui », admis-je. D'ailleurs, j'étais encore furieux contre moi-même. Toujours contre moi.

« Pourtant tu viens de dire… »

« Que je ne l'étais pas après toi ». N'avait-elle pas compris? Je l'aimais, je la chérissais, j'étais séduis par chacune de ses respiration, mais j'étais conscient que je ne méritais rien de tout ça. « Oh, Bella, tu ne comprends donc pas? », demandai-je. Ça sonnait plus comme si je mendiais. Peut-être étais-je un mendiant? J'avais besoin qu'elle comprenne que je ne la blâmais pas, même si mes paroles avaient été répugnantes.

« Comprendre quoi? », me demanda-t-elle avec colère. Ses yeux cherchaient les miens pour trouver la réponse. Elle n'arrivait pas à comprendre.

« Je ne t'en veux jamais. C'est une chose que je n'arrive même pas à envisager. Tu es si courageuse, confiante… aimante. »

« Alors pourquoi… »

Elle inspira, déterminée à comprendre à quel point j'avais désespérément besoin d'elle. Je tendis mes bras pour prendre son visage – si doux et si parfait – dans mes mains, de nouveau écrasé par l'amour que j'avais pour elle.

« C'est après moi que j'en ai », chuchotai-je. Instantanément son expression s'adoucit, comme si elle était surprise d'entendre mes mots. « Cette façon que j'ai de toujours te mettre en péril. Ma seule existence représente un danger pour toi. Des fois, je me hais. Je devrais être plus fort, capable de mieux… »

Miraculeusement, son désir de m'empêcher de parler du fait que je devrais la quitter était toujours là, malgré mon comportement, et je sentis ses doigts contre mes lèvres pour me faire taire.

« Chut! », dit-elle simplement. Comment pouvais-je refuser? Il n'y avait rien que je ne désir plus que de rester avec elle. Pour toujours. Je pris sa main qui était contre mes lèvres dans la mienne pour la poser sur ma joue. Je ne voulais pas laisser aller sa chaleur. Je la pressai contre mon visage, émerveillé de la sensation que ça me procurait.

« Je t'aime », lui dis-je en la regardant profondément dans les yeux pour m'assurer qu'elle comprenne à quel point. « C'est une bien piètre excuse à mon comportement, mais c'est vrai. »

Juste lorsque je pensais ne pas pouvoir l'aimer plus fort, son expression si belle et le rougissement de sa peau me rendit encore plus heureux, parce qu'elle sembla excitée par ma confession. J'espérais que mes mots ne cesseraient jamais de lui donner ce sentiment. Moi je n'arrêterai jamais de lui dire. Son sourire et son rougissement me rappelaient qu'elle était heureuse.

« Et maintenant, tâche de te tenir correctement », dis-je à moitié taquin et à moitié sérieux pour qu'elle reste tranquille cette fois. J'avais besoin de savoir si je pouvais l'embrasser sans que ça se transforme en épreuve.

Je l'embrassai tout doucement, priant silencieusement pour qu'elle puisse garder son contrôle comme je m'accrochais désespérément au mien. Les secondes où mes lèvres se déposèrent contre les siennes furent divines, et je fus déçu de sentir son soupir lorsqu'elle s'écarta de moi. Je la fixai du regard, perplexe.

« Tu as promis au Chef Swan de me ramener tôt, tu te souviens? On ferait mieux d'y aller. »

« À vos ordres », dis-je en souriant, même si j'aurais voulu que ce baiser ne ce termine pas si vite. Elle avait été la plus raisonnable de nous deux lorsqu'elle avait répondu à mon baiser, mais j'aurais aimé avoir pu être en mesure de le prolonger.


J'espère que vous avez apprécié ce chapitre parce que – comme vous le savez – les choses se gâtent dans la suite de celui-ci.

Bisous xoxo

Miss Lunatik