Lundi

Les rues de Pré-au-lard grouillent littéralement de créatures plus ou moins lupines car il y a, sans aucun doute possible, des dizaines de loup-garous dans le nombre.

Mais qu'est-ce qu'ils font là ? »

Soudain, alors que rien ne le laissait prévoir, le « troupeau » se retourne vers nous comme un seul bloc et s'élance tous crocs dehors.

Ils passèrent devant nous qui étions dos à un arbre au tronc large. Ils passèrent sans s'arrêter pourtant j'ai bien cru que mon cœur allait y rester.

On est mort »

Si c'est le cas, je risque de passer l'éternité en enfer avec toi ! Pourvu qu'on soit vivant ! » me répond la belette

Très drôle »

Yiiiip

Fit une boule de poil mal aguerrie sur ses pattes et la langue pendante à nos pieds.

Dégage » Woof « Allez, dégage ! » Yiiip

Alors Malfoy, on a peur du molosse ? »

De lui non, mais de sa mère surement. Elle doit pas être bien loin. »

Effectivement une louve s'approche de nous, nous regarde (voire si j'osais, nous toise), attrape la pelote baveuse par la peau du cou et s'en va.

On les suit ? » demande Weasley

Euh……. »

Dis, elle nous a vu malgré la cape ? » Changement de sujet. C'est OK pour moi.

Je dirais plutôt qu'elle nous as sentis. »

Et Harry, tu crois que quand il est sous sa forme humaine il a le pouvoir de nous sentir ? »

J'en sais rien. »

Et de nous reconnaître ? »

J'en sais rien. »

Parce que là on est mal question discrétion. »

Il n'a pas tord. Et merde.

On rentre au château où nous attend une (mauvaise) surprise. A la porte se tient pas moins de cinq personnes : Granger et Pansy (rouges de colère), Vince (l'air coupable), Blaise (l'air endormi) et Greg (l'air de-celui-qui-aimerait-être-ailleurs-quand-la-bombe-va-exploser). J'attend l'explosion de Pansy (légendaire) et de Granger (tout aussi légendaire)… J'attend… Rien ?

Vous êtes stupides ou quoi ? » commence Granger

Ça vous arrive d'utiliser vos cerveaux de temps en temps ? » continue Pansy

On ne peut pas hurler, on pourrait attirer Rusard mais je vous jure que si je pouvais… »

Mais… » la belette est suicidaire

QUOI ? MAIS ? TU AS IDEE DE LA PEUR QUE J'AI EU ? ATTENDS UN PEU QUE TA MERE L'APPRENNE !! » autant pour la résolution de Granger

On a fait ça pour Harry…. » mauvaise idée que j'ai eu là.

POTTER NE RISQUE RIEN LUI ! » me répond la douce Pansy

Ils voulaient juste savoir ce que Potter fait quand il sort. »Mayday, Mayday, Vince essaye d'aider.

HEIN ? » s'exclament les deux harpies

Mais c'est évident ce qu'il fait ! » Et un coup de poignard de Blaise, un.

Si c'est si évident tu pourrais nous l'expliquer. » et un air méchamment Malfoyen, un.

Il rassemble ses troupes. »

N'importe quoi ! » elle sont super synchro

Blaise, retourne te coucher au lieu de sortir des âneries pareilles. »

Je te signale Zabini que tu parles de Harry, là. »

Certes, j'en conviens mes douces » Aïe, trop poli pour être honnête « il n'empêche qu'il attaque toutes les nuits Pré-au-lard. »

Désolé mais tu as tout faux Blaise si tu penses que les loups attaquent toutes les nuits !! Il font des dégâts mais uniquement en raison de leur nombre ! C'est ce que pense les gens du Ministère.» merci, Pans'

Et comment tu sais ça ? » insiste Blaise

Je le sais par la sœur de la copine de la petite amie de Théodore Nott qui a un appartement là-bas. » Et toc

C'est pas Anna-Lisa qu'elle s'appelle ? » lui demande Granger

Si, pourquoi ? »

C'est rigolo, c'est la petite amie du cousin au second degré de Neville ! »

Non »

Si »

Les filles. Sans commentaire.

Bref, c'était pas la peine de sortir. Si vous avez des questions adressez vous à nous. »

C'est d'autant plus stupide de sortir que les loups ont un odorat et une ouïe très puissants. Il auraient pu vous attaquer. »

La honte.

Rrrrrrrrrrrr

Miss Teigne !

Dans un bel ensemble on s'enfuit dans les directions de nos dortoirs aussi vite que l'éclair.

Vendredi. J'ai mal au cœur. Potter est apparu au petit déjeuner avec une fille de Serdaigle au bras (c'est pas la Cho…se pour ceux que ça intéresse). Soudain c'est l'émeute. Un groupe de furies toutes maisons confondues se jettent sur l'heureuse élue abandonnée à son triste sort par Potter. C'est une rouquine qui l'emporte. Une rouquine ? C'est la sœur de la belette qui n'a pourtant pas l'air heureuse. Pourquoi ?

Qu'est-ce qui m'arrive ? Qu'est-ce que j'en ai à faire des états d'âme de cet abruti ? J'ai mal partout.

Que ? Un bras m'a agrippé et m'attire en direction de notre salle de classe.

Il a adopté la méthode de drague des loups, le Potter » me lance Pansy

C'est-à-dire ? » Pourquoi je demande ? Je sens que je vais encore souffrir de toute façon.

D'après Granger… »

Tu parles avec Granger, maintenant ? »

L'Information, Draco, prime sur tout.»

Le potin, tu veux dire. »

C'est pareil. »

Si tu le dis. »

Donc pour reprendre Granger, Potter est le chef de tous ces loups, sa meute. Or le chef, le loup dominant ou alpha ne peut se reproduire avec une louve trop faible, question de pérennité de la race. D'où le choix de Potter ce matin… Il va falloir te battre pour l'avoir.»

Merci, j'ai déjà essayé mais ça n'a rien donné. »

Non, il va falloir te battre au sens littéral du terme. »

… » Tabasser la sœur à Weasley ?

A ce moment là, je vois passer une rouquine en sens inverse avec son frangin et un coquard. Hein ?

Devant la porte de la salle de classe se tient Potter avec un petit brun aux yeux bleus inconnus au bataillon bien que de Serpentard. Outre qu'il est trop près de Potter à mon goût, il affiche un air mauvais.

C'est Sean MacAriair de la sixième année ! Paraît que niveau violence, il vaut Vince dans ses pires jours. » Merde, aucune chance alors.

Soudain Sean machin-chose s'approche de Potter, l'embrasse et … c'est le trou noir.

Quand la colère redescend enfin Sean est à terre et à l'air mal en point quand à moi je vaux guère mieux mais je tiens debout au moins.

Une main passe dans mes cheveux que j'imagine en désordre. C'est agréable.

Une main ? Potter passe sa main dans mes cheveux ? C'est vraiment Potter ? Il me sourit ?

Son visage se rapproche du mien pourtant j'ai pas l'impression qu'il bouge. Je me donne une claque mentale pour la stupidité de la remarque : c'est moi qui me déplace. Chaud.

Plus que quelques centimètres. Très chaud. Plus que quelques millimètres.

Pourquoi j'ai les yeux humides ? Pourquoi j'ai quand même l'impression que tout va mal ?

Non, ce n'est pas ce que je veux. »

Et je tourne le dos au bonheur qui me tend les bras et retourne aux cachots pour laisser mes larmes sortir.