Et un autre petit chapitre. Je vous offre du John, du Carson, de l'Evan et du Rodney ; z'êtes gâtées, hein ? Biz à toutes et bonne lecture !
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10 – //Roger. Nous avons la cible en vue !//
Carson sursauta en entendant la voix du pilote du premier hélico. Comment était-ce possible ? Il fixa Sheppard dans le rétroviseur. Le militaire tenait un petit instrument à la main que Carson reconnut tout de suite.
« Un détecteur ! Vous avez récupéré un détecteur ? »
« Yep, et vous savez quoi ? Cette petite merveille ne permet pas uniquement de détecter des sources d'énergie, humaines ou non, correctement programmée, vous pouvez aussi en faire un récepteur d'ondes courtes distances, et longues aussi … probablement. »
Carson avait la bouche ouverte en un O de surprise. Sheppard haussa les épaules. « Et bien quoi, vous croyez être le seul à avoir appris un ou deux trucs au contact du super génie d'Atlantis ? »
Carson sourit puis soupira. « Ok, nous savons que ces types sont après nous mais cela ne me dit pas comment nous allons les semer et --»
« Oh, mais nous n'allons pas les semer. »
« Comment ça nous n'allons pas les semer ! » s'exclama Carson.
« Nope. Je vous ai dit que nous avions besoin d'un autre moyen de transport et il se trouve que ça fait une éternité que je n'ai pas piloté un hélico. J'aime bien les Jumper mais les inhibiteurs inertiels diminuent un peu le plaisir du pilotage. » Sheppard remua les sourcils et sourit. « Pas d'effet « papillons » dans l'estomac, si vous voyez ce que je veux dire. »
Oho, Carson n'aimait pas ça. Pas du tout, du tout. Il détestait voler, point. Et l'effet « papillons » ne lui disait rien de bon. « Et comment comptez vous vous y prendre ? » demanda t-il. Il avait un peu peur de la réponse. Avec Sheppard on ne savait jamais …
« Oh, c'est très simple. Nous allons avoir un accident de voiture, » lui répondit Sheppard, son petit sourire toujours sur les lèvres.
Et merde, pensa Carson.
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Woooooooaaaaouuu. Un kaléidoscope de couleurs explosait derrière ses paupières. Des couleurs genre années 70. Orange et jaune vifs, rose fushia et vert prairie. Ouais, comme au temps des hippies. Des couleurs sous acide. Huuuuu, il était complètement, mais alors complètement High, comme auraient dit les sus mentionnés Hippies. Encore que pour le moment, il était plutôt bas que haut.
Sa tête ballottait contre les fesses du type qui le portait et à chaque mouvement, les couleurs jouaient à redéfinir les nuances de l'arc en ciel. Trop cooooooooooooool ! Sauf que … non. Ce n'est pas cool du tout lui souffla une petite voix émanant de la partie de son cerveau qui n'était pas complètement droguée. Et possédait un fort instinct de survie. Ah, pas cool ? Non, ces types vont t'éliminer. ELI-MI-NER chantonna la petite voix. Oh. Oui, oh soupira la petite voix. Huuu, pas cool, pas cool du tout … en fait, c'était surtout un peu inquiétant ce dialogue avec lui-même.
Ouch ! Il fut balancé sans grande précaution sur un lit, ou un matelas, ou bien un divan. Huuu, pas important. Ce qui était important en revanche, c'était ce qu'il voyait maintenant qu'il avait décidé d'ouvrir les yeux.
L'homme – l'agent Jones ou l'agent Smith ? – qui l'avait si gentiment déposé là tenait une arme à la main et arborait un sourire pas sympathique du tout, sur le visage.
DANNNNNNNNNNNGERRRRRR ! Hurla la petite voix.
Et Evan réagit automatiquement. Son pied gauche partit comme une fusée, faisant sauter l'arme des mains de l'homme. Sans laisser à ce dernier le temps de se remettre de sa surprise, le pied droit d'Evan s'écrasa sur son visage, lui explosant le nez. L'homme tomba comme une masse. Les pieds d'Evan aussi. Il ferma les yeux et poussa un long soupir.
Ok, tout ce qui lui restait à faire, c'était de se lever et de ficher le camp d'ici. Simple comme bonjour, non ?
Evan ouvrit un œil, puis l'autre. La pièce dans laquelle il se trouvait était plongée dans l'obscurité. Ou alors, c'était lui qui avait un problème … toutes les couleurs éclatantes de tout à l'heure l'avaient peut-être rendu aveugle. Hey, on se concentre mec ! Lui cria la petite voix. Se concentrer, yep, facile, les doigts dans le nez … à condition qu'il retrouve son nez ! Merde, on lui avait volé son nez ! Ou bien était-ce ses doigts ?
DEBOUT SOLDAT ! Hurla la petite voix qui avait pris le ton de son sergent instructeur.
Debout, debout … plus facile à dire qu'à faire. Evan se roula sur le côté et son nez (hey, il l'avait retrouvé ! La ferme, répondit la petite voix) heurta l'accoudoir. Hu, c'était donc un divan. Il finit par se mettre par terre à quatre pattes. Les effets de la drogue qui lui avait été administrée avaient du mal à se dissiper. Le monde avait une étrange atmosphère, très Tim Burtonesque : du flou, des formes bizarres, des arabesques, beaucoup d'arabesques et … ah, il venait de toucher quelque chose de froid, plein d'angles et incroyablement familier.
Une arme.
Les choses progressaient.
Il continua sa petite exploration et bingo ! Cette fois c'était mou et chaud. Ouais … Evan vérifia si le gros dur qu'il avait étendu était encore en vie et poussa un juron. Le type respirait encore ce qui était plus un problème qu'une bonne nouvelle. Il le fouilla et trouva une autre petite chose froide et pleine d'angles. Et en plus, celle-ci laissait entendre de mignons petits cliquetis lorsqu'on la remuait.
Des menottes.
Une fois la question de la grosse brute réglée (ce type avait fait honneur au vieux dicton « plus ils sont gros, plus ils tombent facilement »), Evan, tout en s'agrippant au mur, parvint à se relever. Il explora le mur à tâtons. Ah, un évier.
Evan ouvrit le robinet et s'aspergea longuement le visage pour finir par mettre tout simplement la tête sous le jet d'eau. Lorsqu'il se releva, les choses étaient un peu plus claires.
Il était temps ! fit la petite voix.
« La ferme, » répondit Evan tout en se glissant hors de la pièce.
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Elie trouva David en grande conversation avec Léo. Si on pouvait appeler ça une « conversation ». Léo avait tendance à ne pas laisser le temps à ses interlocuteurs de répondre.
« … et donc, j'ai une idée pour récupérer vos ailes, » disait Léo. Et Elie n'avait aucun doute sur le fait que c'était vrai. Son fils avait toujours été ingénieux. A sa manière …
« Alors tous les deux, qu'est-ce que vous complotez, hein ? » Elle essayait d'avoir l'air détendu mais savait que sa voix trahissait ses émotions.
David leva les yeux vers elle et répondit en lui souriant. « Nous allons bien. Léo a promis de prendre les médicaments que lui a prescrits le médecin. N'est-ce pas Léo ? »
La question élicita un petit grognement de la part de Léo. Elie connaissait bien l'aversion que Léo avait pour tout ce qui touchait au médical : traitements, docteur, infirmier. Il en avait vus tellement lorsqu'il était enfant, ballotté d'institutions en institutions, vivant comme un reclus. Soustrait aux yeux du monde comme s'il était une tare, une chose honteuse, une chose qu'il fallait oublier. Il avait fallu presque quatre ans avant qu'Elie ne décide que c'était fini, qu'elle n'avait pas peur de lui, qu'elle aimait son fils … ses fils. Elle ferma les yeux. Jamais elle n'avait eu à prendre une décision aussi difficile que le jour où elle avait décidé de partir seule avec Léo.
« … maman ? » fit une voix inquiète.
Une main se posa sur la joue d'Elie. Quelque chose d'humide coulait sur son visage. « MAMAN ! Tu pleures ! » Elie se trouva soudainement dans les bras de Léo, son visage enfouit dans la poitrine de son fils. « Ne pleure pas, ne pleure pas, ne pleure pas … » répétait-il. Elie dégagea sa main et la porta au visage de Léo, caressant doucement sa joue.
« Ca va mon chéri, je ne suis pas triste, je suis heureuse … heureuse que tu n'aies rien de grave, c'est tout. »
Elie aurait aimé rester dans les bras de son fils encore un moment mais elle savait que cet instant ne durerait pas. Avec Léo, tout était soudain, rapide, laissant une impression de fugitivité.
« Oh. Et David non plus, il n'a rien, hein David ! » S'exclama Léo, lâchant sa mère pour se tourner une fois de plus vers son mystérieux sauveur. « Sauf les ailes … » continua Léo, un air désolé sur le visage.
La chaleur des bras de Léo disparue, une impression de froid envahit Elie. Elle frissonna puis sursauta lorsqu'une main se posa sur son épaule. Une paire d'yeux bleus la fixait.
« Et si nous allions tous dans la cuisine, un bon verre de lait chaud nous fera à tous le plus grand bien, non ? »
Elie hocha la tête.
« Oh, et des marshmallow ! Du chocolat chaud et des marshmallow ! Je vais m'en occuper,» s'écria Léo. Il se leva d'un bond et disparut dans la cuisine, laissant Elie seule avec David. Ce dernier fixait le tapis devant lui.
« Je … je suis désolé pour … pour les ennuis que --»
« Arrêtez ça tout de suite, » le stoppa Elie. « Sans vous, je ne suis pas sûr que Léo serait … » Elle soupira. « Merci … pour ce que vous avez fait. Quoique vous ayez fait. »
Elie fixa son regard sur David. Elle aurait aimé pouvoir le laisser tranquille mais il fallait qu'elle sache alors, à contre cœur, elle demanda. « Et d'ailleurs, j'aurai quelques questions à vous poser si … si cela ne vous gêne pas ? »
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Si cela le gênait ? David réprima un rire. Elle lui demandait si cela le gênait de répondre à une question … Il avait eu à répondre à des centaines de questions là-bas, des questions qui n'avaient pas toujours revêtu grand sens. Des questions sur ce qu'il ressentait après chaque expérience. Ils voulaient tous des réponses … mais jamais, pas une seule fois on ne lui avait demandé s'il avait envie de les donner.
La faculté de choisir, de dire oui ou non, voilà ce qu'on lui avait refusé … ça et le simple fait d'être traité comme un être humain, mais c'était certainement un tout, non ? Pour ces gens, il n'avait été qu'un … animal. Un cobaye. L'idée d'être à nouveau traité comme un être humain le remplissait à la fois de joie et de terreur.
Oh, oui, il était terrorisé. Et si elle avait eu raison. Elle lui avait dit qu'il avait mérité ce qui lui arrivait, qu'il n'était pas digne d'avoir un nom, une vie, d'être libre. S'il était … un criminel de guerre ? Un monstre tueur d'enfants ? Un -- David sentit sa respiration se faire plus difficile, saccadée.
« David ? Vous allez bien ? » Demanda Elie, le ton de sa voix cachant mal son inquiétude.
Non. Non, ça n'allait pas. Il était en pleine crise de panique.
Deux mains se posèrent sur ses épaules et l'obligèrent à se pencher en avant. Une voix lui murmurait des encouragements à l'oreille. Une des mains se mit à caresser son dos, dessinant des cercles. La tête entre les genoux, David sentit sa respiration reprendre un rythme normal. Lorsqu'il leva les yeux vers Elie, celle-ci lui offrit un sourire tout maternel. Un sourire qui lui en rappelait un autre --
Je t'aime.
La voix était rauque, chargée de désir. Un feu semblait briller dans les yeux vert mais c'était le sourire qu'il fixait, comme ensorcelé. Un sourire si différent de celui qu'il offrait aux autres … un sourire vrai, sans masque. Juste pour lui, juste pour eux deux.
Je t'aime …
« … Rodney, » murmura David terminant la phrase du mystérieux inconnu. OhMonDieu. C'était son vrai prénom : Rodney. Il s'appelait Rodney ! Et cet homme, cet homme était … son amant ! La tête lui tournait et sa respiration se bloqua une fois encore.
« David, calmez vous ou vous allez de nouveau vous rendre malade.» Cette fois, la voix était un peu plus autoritaire.
Lorsqu'il se fut calmé, Dav – non, Rodney, il s'appelait Rodney – leva les yeux vers Elie. Le sourire était toujours là. Il savait qu'il pouvait faire confiance au propriétaire de ce sourire, comme il faisait confiance à son mystérieux double, cet homme dont le visage hantait ses flash-back.
« Je … » Rodney déglutit péniblement. Sa gorge était plus sèche que le désert de Gobi. « Je vais répondre à vos questions. »
TBC …
