Coucou tout le monde !

Comme d'habitude, la suite !

Un peu plus centrée sur les personnages et moins sur l'action mais indispensable pour les prochains chapitres

Mery-Alice Gilbert : comme toujours merci de ton commentaire !

L : si tu aimes la tournure tant mieux, les prochains chapitres seront plus intenses !

ElwynCloud : je n'en dis pas plus sinon je vais trop en révéler haha mais il faut bien que le caractère de cochon de Malefoy ressorte un peu ! C'est ce qui le caractérise et ça pimente tout ça :D

Swangranger : Réconciliation au prochain chapitre promis ! Mais profitons un peu du caractère borné des deux personnages :D il faut bien un peu de conflit entre eux niahaha

Charlie3216 : j'espère que tu ne seras pas déçue par ce que tu vas lire ! Car malgré tout, n'oublions pas que Drago n'est pas franchement facile à vivre… mais ne t'inquiète pas, pas de batifolage, enfin pas avec d'autres filles )

PlumeDeSerpent : je te laisse découvrir par toi-même si Drago va faire de vilaines choses haha et tu me diras si j'ai brisé ton petit cœur ! Et merci pour ton commentaire et comme tu me le faisais remarquer, je ne m'en fais pas par rapport aux déceptions mais c'est toujours bien de savoir ce qui ne va pas pour essayer de contenter tout le monde, histoire que chacun prenne plaisir à lire :D j'espère que la suite te plaira !

June Green : j'adore l'écrire et j'ai même le scénario pour la prochaines mais ne nous avançons pas trop ! Je suis contente que ça t'ai plu et j'espère que tu aimerais aussi celle-là !

IzzieJenkins : merci de ta critique c'est ce que je me suis dit aussi c'est pour ça que j'ai compliqué les choses entre eux, ça me permet de mettre l'accent sur le mauvais caractère de Drago que jusqu'à présent, j'avais mis de côté. Et puis comme tu dis, pas facile de penser comme un mec, ils sont compliqués en plus ! Sinon pour te répondre, je lis beaucoup de classiques mais je n'ai jamais trouvé le temps de finir orgueil et préjugé, j'ai seulement lu les premières pages (honte à moi)…

Carocks : Mais siiiiiii, ça pimente un peu tout ça et puis ça le mènera aussi à réfléchir sur ses sentiments ! Aller, va vite lire la suite :D

Julieben : merci à toi de prendre la peine d'écrire un commentaire et contente que tu aimes cette histoire !

Kim : oui si vous pouviez attendre la fin de l'histoire avant de me tuer ça pourrait être bien :D et ne pleure pas voyons, encore bien des suites sont prévues tu auras de quoi lire !

LulluBREIZH : pas la peine d'être désolée ! Laisser des commentaires n'est pas obligatoire mais je suis ravie que tu l'aies fait. Connaitre vos avis est important aussi pour l'écriture et je suis contente de voir que ça te plait ! J'espère que le reste te plaira :D


Drago regrettait déjà d'avoir appelé Blaise dans son moment de colère. Il s'était laissé emporter et avait demandé à son ami de lui changer les idées. Très mauvaise idée. Son acolyte était toujours le même fêtards et se démarquait par ses talents d'organisateur. Les fêtes de Zabini étaient incroyables, très populaires mais toujours sources d'ennuis.

Embarqué dans une énième soirée organisée par son ami dans l'espoir de raviver ses vieux démons, Drago était dans son coin, buvant du whisky pur feu, contemplant la salle d'un regard las. Le lieu choisi pour l'occasion respirait la jeunesse et la modernité mais la renommée du bar ne convenait pas vraiment à la discrétion que Malefoy désirait dans sa vie. A présence de célébrités du monde sorcier rendait évident la présence des journalistes et le blond tentait à tour prix de les éviter. Comme autrefois, l'homme à la peau ébène avait tout prévu, les filles, l'alcool et l'ambiance. Mais celui-ci désespérait de voir son meilleur ami rester de marbre.

- Tu es encore plus difficile à satisfaire qu'à l'époque, se plaignit Blaise. Je pensais qu'au moins l'une d'entre elle te suffirait !

Jetant un coup d'œil sur la salle, Drago affichait un air blasé.

- Il faut croire que je ne fais plus dans le bas de gamme, répondit le blond, laconique.

- Toujours cette haute estime de toi à ce que je vois, sourit son meilleur ami.

Avalant son verre d'un trait, Drago planta son regard acier dans celui, plus sombre, de Blaise.

- On ne change pas les bonnes choses.

- Tu es vraiment insaisissable ! Il y a une heure tu me demandais de te sortir de ton trou pour un moment à la Zabini et voilà que maintenant, tu rumines dans ton coin.

- Je ne rumine pas Blaise ! S'énerva Drago.

Son ami explosa de rire, contrariant davantage le jeune sorcier.

- Toujours aussi mauvais caractère !

Le serpentard reprit ses esprits et se calma. Il n'aimait pas qu'on lui rappelle ses mauvais traits. Car malgré tous les efforts qu'il déployait, au fond, il était resté Drago Malefoy. Une version améliorée certes, mais il conservait toujours ses défauts. Ce n'était pas faute d'être gentil, courtois et moins glacial, il n'en restait pas moins lunatique, colérique, possessif, arrogant et borné. Autant d'ingrédients pour un mélange aussi explosif qu'intéressant.

Tout ce qu'il avait tenté de refouler depuis des années… cela lui revenait désormais en pleine figure. Pourquoi perdait-il ainsi ses moyens ? Il avait toujours eu pour habitude de se contrôler. Dès sa plus tendre enfance, il avait appris à ne pas se laisser dépasser par ses émotions alors pourquoi se contrariait-il aussi facilement ? Cela le frustrait d'autant plus qu'il refusait de s'avouer la réponse. Par Morgane comme il aurait payé cher pour revenir au moment de sa vie où il n'y avait que lui et sa carrière qui comptaient.

La musique lui parut soudain bien fade et l'atmosphère oppressante. Le monde tournait top vite devant ses yeux et l'agitation lui donnait mal au crâne. Se levant d'un bond, il se dirigea vers la sortie du bar et rejoignit la rue afin de prendre l'air. Malgré la multitude de femmes aguicheuses dont certaines très entreprenantes à la demande de Blaise, le blond n'avait pas la tête à ça. Il pensait pouvoir faire ça mais il avait changé pour de bon. Il n'était plus le genre de type à se rabaisser à sauter sur la première venue. L'adolescent puéril et pathétique qu'il avait été lui avait au moins appris qu'il méritait mieux que ça. Un Malefoy n'avait pas besoin de s'abaisser à ça.

Il entendait presque la voix de son père résonner dans sa tête. Cela le répugnait autant que cela le fascinait. Cela semblait presque être une autre vie que celle où il était ce jeune torturé qui avait vu son monde s'écrouler. Il avait expérimenté la peur, le désespoir, vu ses parents souffrir de leur allégeance et leurs croyances s'effondrer.

Il lui avait fallu du temps pour se remettre de tout ça et se découvrir sous un nouveau jour. Il n'était pas devenu parfait, il ne sauvait pas des vies, il ne changeait pas le monde, mais au moins il avait foi en ce qu'il croyait et vivait pour lui, sans se laisser corrompre. Alors l'idée de replonger dans son passé sombre et se comporter comme l'abruti qu'il était auparavant le révulsait.

Laisser sa colère le guider était une mauvaise idée. Et puis pourquoi tant d'agitation pour une simple histoire de femme ? Il était contrarié mais il fallait aller de l'avant. Car c'était ça être un Malefoy. Ne pas se laisser marcher dessus et ressortir plus fort des épreuves de la vie. Rien ni personne ne se jouait de Drago. C'était lui le joueur de l'histoire.


Trois jours sans nouvelles de lui. Trois jours, cela ne représentait rien dans une vie mais depuis le début de leur amitié peu banale, il ne se passait pas un jour sans que l'un des deux n'ait une petite attention pour l'autre. Une lettre, un passage éclair… cela se traduisait par des gestes simples, amicaux mais c'est ce qui composait leur amitié si étrange.

Et pourtant depuis sa lettre, Drago restait silencieux. Hermione tentait de se rassurer en se disant que les entrainements prenaient tout son temps mais elle n'était pas naïve. S'il avait voulu lui écrire, il l'aurait fait. Mais ce qui la décontenança le plus fut la une de la Gazette publiée le quatrième jour depuis sa lettre.

En première de couverture, pleine page, s'affichait un article sur lui. Le titre en gros caractère gras s'affichait devant ses yeux, dansant, la narguant de par son intitulé.

Attrapeur d'Angleterre ou attrapeur de cœurs ?

Une photo montrait brièvement le serpentard dans un bar, entouré de femmes, en pleine discussion avec une personne qu'elle reconnut comme étant Blaise Zabini. Le cliché avait été pris à leur insu, le montrant dans un établissement très populaire et prisé du chemin de traverse. Clairement pas le meilleur endroit pour être discret comme il lui avait prétendu être. L'article en profitait pour dévoiler un peu plus d'informations sur sa vie privée. Vie privée qui ne l'incluait pas elle.

L'article expliquait que l'attrapeur d'Angleterre avait été surpris dans un pub de Londres, faisant une pause dans ses entrainements pour sortir avec de vieux amis. Rita Skeeter, dont le portrait narquois faisait enrager Hermione, était toujours à l'affût d'infos croustillantes et rappelait que le serpentard n'était pas engagé. Elle expliquait que le célibataire était toujours sur le marché mais probablement pour peu de temps car selon une source : « les femmes ne cessent de l'approcher. Drago dégage cette aura autoritaire et ce magnétisme qui les fait toutes craquer ». La journaliste en rajoutant une couche en parlant de la réputation du serpentard qui lui collait la peau depuis l'école.

Hermione était en colère. Elle n'était pas triste ou blessée, non, elle était en colère. Contre lui et contre elle-même. Contre lui car il s'était servi d'elle, usant de son charme et de douces paroles, afin d'obtenir d'elle ce qu'il obtenait de toutes les femmes. Puis contre elle-même car elle s'était bêtement laissée faire. Elle n'avait rien vu venir.

Certes il ne lui avait rien promis mais elle pensait qu'il la respecterait suffisamment pour se conduire avec un minimum de bienséance et non pas en l'ignorant une fois qu'il se lassait d'elle. À la place de ça, la presse ne faisait que lui révéler ce qu'elle avait tenté d'ignorer jusque-là. Drago Malefoy était et est toujours, un manipulateur égoïste. Au fond, il était resté le même.

Quelle naïveté elle avait eu de croire qu'on pouvait agir librement sans subir de conséquences. Hermione pensait simplement profiter de la vie sans prise de tête, mais voilà que les répercussions de son comportement puéril revenaient lui exploser en pleine figure. À trop s'écarter du droit chemin, on finir par trébucher. Au moins, elle avait compris la leçon et ne se laisserait plus avoir.

*•*•*

Deux semaines passèrent sans que l'un ou l'autre ne se reparle. Hermione avait renoncé à lire la presse et Drago passa le plus clair de son temps sur le terrain, préférant se concentrer sur autre chose que la jeune femme qui hantait maintenant ses nuits. Cela le rendait fou de voir qu'il était plus affecté que ce qu'il pensait. Jamais auparavant il ne se serait laissé distraire par une femme. Jamais.

Mais pourtant, il était obligé de reconnaitre que sa présence lui manquait et comme auparavant, il n'avait plus goût à rien, se contentant de vivre au jour le jour, n'ayant que sa carrière pour le faire se sentir vivant. Se savoir aussi faible le rendait furieux et il compensait aux entrainements en poussant son corps dans ses derniers retranchements.

Hermione de son côté, s'étaient renfermée dans le travail et les rares moments de liberté qu'elle s'accordait, la jeune femme se plongeait dans les derniers détails à résoudre avant le jour du mariage. Il ne restait que quelques jours, cinq précisément avant l'échange de vœux et le soir du nouvel an. Cela déprimait la sorcière autant que cela la réjouissait. Elle était envahie d'émotions contradictoires, la joie, pour ses amis notamment, mais aussi la frustration et la nostalgie. Que s'était-il passé pour qu'ils en arrivent là ? Drago lui avait pourtant semblé tellement sincère lorsqu'il lui avait parlé de pardon et d'amitié…

Malgré ses préoccupations, elle tenta de faire abstraction de tout ça et célébra Noël le soir du 24 décembre avec tout le monde au terrier puis le lendemain en compagnie de ses parents. Cela lui rappela à quel point elle était seule. Entourée de couples unis au sein d'une grande famille et voir l'amour qui unissait ses parents… Hermione regretta presque de se trouver avec eux. Elle était entourée d'amour et d'affection mais se sentait plus seule que jamais.

Drago passa cette soirée avec Blaise, se contentant d'un repas simple et sans prétention. Il n'avait jamais aimé cette période de l'année, cela lui rappelait les ambiances sinistres qui régnaient au manoir à chaque Noël. Il avait son meilleur ami pour lui tenir compagnie mais au fond, ce n'était pas avec lui qu'il avait espéré réveillonner.

Hermione n'avait pas tenté de le recontacter et il en pait frustré autant qu'il était soulagé. Que lui aurait-il dit de toute façon ? Il ne pouvait pas exiger quoique ce soit d'elle, encore moins qu'elle ne voit que lui. Pour quoi passerait-il ? Un homme désespéré. Et ça, il en était hors de question.

Mais l'heure n'était plus à la réflexion et au passé, il était temps de penser à autre chose. Notamment pour Hermione et son boulot. À quelques semaines du début de la compétition mondiale, de multiples menaces avaient été proférées à l'encontre des différentes équipes, remettant en question la sécurité au sein du stade, celle des supporters mais aussi celle des joueurs. Des attaques étaient à prévoir et rien ne devait être laissé au hasard.

Mais avec les vacances, le ministère était en sous-effectifs, la majorité des employés avec une famille étant rentrés chez eux. Cela ne fit que rappeler à Hermione sa condition. Désignée avec Harry pour aller patrouiller au stade, les deux amis se retrouvèrent donc en pleine nuit à arpenter les gradins déserts du complexe sportif, s'assurant que tout était normal.

Le froid à cette hauteur était saisissant et Hermione gelait sur place. Elle maudissait le ministre de l'avoir réquisitionné et se demanda à quoi donc cela lui avait servi d'atteindre le poste de directrice si c'était pour retourner deux ans en arrière et faire le boulot des Aurors débutants. Harry, tout comme la nuit, était calme et patrouillait tranquillement. Il était toujours fidèle à lui-même, d'une nature posée et ne se plaignant jamais. Cela faisait déjà plus d'une heure qu'ils arpentaient les différents étages et le vent s'était levé, soufflant en bourrasque dans les cheveux bruns de la sorcière. Voyant bien que la jeune femme n'appréciait pas la situation, Harry s'approcha doucement alors qu'elle examinait une rangée de sièges.

- Va donc vérifier les vestiaires et les loges, je m'occupe de finir l'extérieur.

- Tu es sûr ? Il fait froid et on irait plus vite à deux.

- Étant donné ton degré de motivation, cela me prendrait le même temps de couvrir l'ensemble terrain seul. Autant que tu fasses le reste.

Hermione hocha la tête et regagna l'intérieur du stade, ravie de retrouver la chaleur réconfortante du bâtiment. C'était complètement frustrant de se retrouver dans une mission inspection. Que pouvait-elle bien trouver de suspect ici ? La compétition n'avait pas encore commencée et le stade n'était pour le moment, ouvert qu'aux diverses équipes du pays.

Déserté de ses supporters et de son ambiance, l'édifice, plongé dans l'obscurité, était effrayant. Ses nombreux couloirs et salles avaient de quoi la perdre. Le silence qui régnait était seulement perturbé par le claquement des talons d'Hermione sur le sol bétonné. Des lumières vacillantes brillaient faiblement à certains endroits mais lorsqu'elle rejoignit l'aile des vestiaires, le noir se fit complet.

Lumos.

Le bout de sa baguette s'illumina pour diffuser son auréole de lumière blafarde. Des ombres inquiétantes apparurent et Hermione raffermit sa prise. Elle ne l'avait jamais avoué à qui que ce soit mais elle n'aimait pas le noir. Encore plus maintenant qu'elle savait ce qui pouvait s'y cacher.

Un claquement sec, comme une porte qu'on ferme, résonna entre les murs et la jeune femme s'immobilisa. Des bruits de pas se firent entendre et elle ne tarda pas à voir une silhouette se dessiner. Le cœur battant, Hermione comprit que quelque chose clochait. Ce ne pouvait pas être Harry, il l'aurait appelé en la voyant. Malgré l'obscurité, elle vit l'ombre esquisser un mouvement et sortir une baguette. Dans une même voix, les deux individus s'exclamèrent :

Incarcerem !

Expelliarmus !

Son sort ne parvint pas à désarmer l'intrus et Hermione vit jaillir des cordes de la baguette de l'adversaire. Avant de se retrouver prisonnière des liens, elle hurla :

Incendio !

Une flamme intense sortit de sa baguette pour aller calciner l'encordage. Son sort fut si puissant que le couloir s'éclaira tout entier, révélant le visage de son opposant. Prise par surprise, elle n'entendit pas le dernier sortilège prononcé et un immense serpent apparut devant elle, menaçant. Le reptile se dressa et s'apprêta à attaquer lorsqu'une voix dure interrompit le sort, faisant disparaître l'horrible animal.

S'en suivit des jurons et finalement :

- Granger bon sang mais qu'est-ce que tu viens faire ici au beau milieu de la nuit ?!

- C'est moi qui devrait te poser cette question Malefoy ! Réagit Hermione après avoir repris ses esprits. Je suis aussi Auror, c'est mon boulot d'inspecter les lieux publics en cas de menaces.

- Depuis quand la directrice du département de la justice doit-elle faire les tâches ingrates ?

Perdant patience, Hermione renchérit :

- Tu n'as pas répondu à ma question, pourquoi es-tu ici ? Le stade est fermé au public.

Haussant son sourcil de sa manière habituellement dédaigneuse, le blond eut un rictus narquois.

- Je ne suis pas le public Granger, au cas où tu l'aurais oublié je suis un joueur. Quand je n'arrive pas à dormir je viens voler, acheva-t-il en désignant son balai.

- Dans ce cas, préviens quelqu'un du ministère de ta présence ! Un autre que moi aurait lancé un sortilège impardonnable d'office et tu ne serais plus en mesure de jouer à l'insolent.

- D'ailleurs à ce propos, je n'en reviens pas qu'ils t'envoient toute seule en mission alors que tu utilises un sort inoffensif en défense ! Sérieusement, tu veux te faire tuer ?!

- Non. Mais je ne veux plus avoir à tuer, répondit-elle le visage soudain fermé

Visiblement il avait touché un point sensible. Se radoucissant, il changea de sujet :

- Pourquoi t'envoyer seule ici ? Tu n'es pas très familière des lieux et cela te prendra un temps fou à faire le tour.

- Je suis ici avec Harry, il s'occupe de l'extérieur pendant que je me perds entre ces murs, avoua-t-elle.

Soufflant d'exaspération, Drago comprit qu'il allait regretter ce qu'il s'apprêtait à dire.

- Dans ce cas, je viens avec toi.

Puis devant le regard qu'Hermione posa sur lui, il se sentir obligé d'ajouter :

- Plus vite on ira à deux, plus vite tu partiras.

*•*•*

Ensemble ils sécurisèrent le périmètre, veillant à ce que rien de suspect ne soit laissé. Les sorts étant facilement détectables par le ministère, les sorciers avaient de plus en plus recourt aux objets ensorcelés ou maudits, qu'ils laissaient dans des points stratégiques. Face aux menaces proférées dernièrement, aucune mesure n'était épargnée pour garantir la sécurité de tout le monde.

Hermione prenait toujours son travail à cœur. Pourtant ce soir, en plus de détester la tache attribuée, elle se retrouvait seule avec Drago, dans un tête à tête glacial. Elle aurait donné cher pour retrouver leur complicité. À les voir ainsi, on aurait pu penser que rien n'avait changé depuis Poudlard, c'était comme remonter cinq ans en arrière.

Cela contrariait la jeune sorcière et elle ne savait pas comment entamer la conversation pour essayer d'arranger les choses. Le blond se tenait à distance, comme si se rapprocher trop près d'elle risquait de le dégouter et à voir son air, il attendait clairement qu'elle s'en aille rapidement. N'y tenant plus, Hermione l'agrippa pour le forcer à lui faire face.

- C'est quoi ton problème Malefoy !?

- M'enfin de quoi est-ce que tu parles ? De nous deux c'est toi qui est en train de m'agresser !

Il la regardait, ahuri, comme s'il la prenait pour une folle.

- Je parle que ça fait presque trois semaines que tu ne m'as pas adressé la parole et maintenant que tu me vois t'es aussi agréable que l'était Fol-œil au réveil ! Je peux savoir ce qui ne va pas ?

Se dégageant sèchement de son emprise, il lissa le tissu, où l'empreinte de ses doigts avait tracé des plis, et se contenta de rétorquer :

- Pourquoi est-ce que je t'aurai parlé ? On a plus besoin de ça. C'était juste de l'amitié provisoire. Et puis maintenant tu as Krum et moi je n'ai franchement pas besoin de ça, je suis un Malefoy.

Hermione fronça les sourcils. En plus de son arrogance hors norme, l'évocation de Viktor la fit réfléchir. De quoi est-ce qu'il parlait ? Et comment pouvait-il parler ainsi alors qu'il y a si peu de temps encore, il était totalement différent.

- Drago… que veux-tu dire par maintenant j'ai Krum ?

- Tu t'es enfin trouvé un mec. Je vous ai vu au chemin de traverse avec Potter et la rouquine. J'espère que ça durera avec celui-là, fit-il moqueur.

Son air suffisant lui donnait envie de le gifler mais elle se retint à temps. En se concentrant sur son regard, elle vit qu'au fond de lui il était blessé et son mécanisme de défense était la méchanceté. Jamais il n'avait été autorisé à se montrer faible. Et pourtant, elle voyait en lui un petit garçon qu'il n'avait pas pu se permettre d'être.

- Attends… est ce que c'est de ça dont il s'agit ? Tu es… jaloux ? Bafouilla-t-elle, surprise elle-même d'insinuer une telle chose.

- Tu es définitivement stupide Granger…

- Parce que d'après mes souvenirs on n'était pas ensemble, le coupa-t-elle. Rien dans notre « relation » ne disait qu'il ne fallait voir personne d'autre !

- Je ne pensais pas avoir à la préciser étant donné que tu m'avais moi ! S'énerva Drago, peu conscient de ce qu'il lui révélait. Qui pourrait aller voir ailleurs tout en étant avec un Malefoy ? D'autant plus s'il s'agit d'une grosse brute à l'accent nordique ridicule !

- Est.

Se passant une main dans les cheveux, le blond la toisa avec dédain.

- Quoi ?

- Accent de l'est.

- Es-tu sérieusement en train de me reprendre sur un détail aussi insignifiant ?!

À la manière qu'il avait de s'emporter, la jeune femme le sentait à bout de patience mais cela ne l'impressionnait pas et sans se démonter elle continua :

- De toute façon je ne vois pas pourquoi on parle de Viktor étant donné qu'il n'y a rien entre lui et moi. Et quand bien même, ça ne te regarde pas. Tu as vraiment le don d'être un idiot Malefoy ! Il ne t'es jamais venu l'envie de grandir et d'arrêter de piquer tes colères comme un enfant de six ans !?

Furieux qu'elle lui parle ainsi, il attrapa son bras mais la proximité soudaine entre eux le perturba autant qu'elle. C'était comme si le manque des dernières semaines se comblait au contact de sa peau. La sensation qu'il ressentit au creux de la poitrine lorsqu'il sentit la chaleur de son corps sous ses doigts lui donna le vertige et il la relâcha brusquement, comme s'il s'était brûlé.

Avec moins de détermination, Hermione essaya de reprendre le fil de la conversation mais elle était chamboulée par ce contact inattendu. Puis en voyant qu'il avait retrouvé son air hautain, elle reprit confiance, décidée à ne pas se laisser écraser.

- Et puis je ne te fais pas de scènes sur les filles que tu peux bien draguer en soirée ! Et pourtant à en croire Skeeter, tu ne chômes pas !

- Encore heureux, je ne laisserai personne me dicter ma conduite, encore moins une miss-je-sais-tout exaspérante.

Les deux se toisaient en colère, trop bornés et fiers pour reconnaître leurs torts. L'égo démesuré de Drago n'aidait franchement pas dans l'affaire.

- Est-ce qu'on peut faire la paix ? Capitula finalement la sorcière. Tu ne vas pas me faire croire que tu ne pensais pas un mot quand tu disais vouloir enterrer la hache de guerre entre nous.

- Mais bon sang Hermione, ouvre les yeux ! Tu n'as toujours pas compris ? Je ne veux pas être un simple ami pour toi ! Hurla-t-il, sa voix se répercutant dans le vide.

Pour la première fois, il venait de l'appeler par son prénom. C'était si nouveau pour elle qu'elle en resta bouche bée une seconde, cherchant à s'imprégner du son que cela donnait lorsque c'était prononcé par une voix aussi rauque et suave que la sienne. Il la regardait, lui-même choqué, comme s'il n'avait eu aucun contrôle sur ce qu'il dosait et qu'il découvrait pour la première fois les effets de son prénom sur sa langue.

- Mais alors… qu'est-ce que tu veux ?!

Exaspérée par la naïveté de la sorcière, Drago attrapa son visage et planta ses lèvres sur les siennes, lui arrachant un baiser passionné, mêlant ses doigts à sa chevelure tout en lui arrachant des gémissements de surprise mêlée au plaisir. Sans réfléchir, il la plaqua contre le mur, collant son corps au sien, lui empêchant toute possibilité de fuir. De toute façon, l'aurait-elle pu même si elle le voulait ? Probablement pas.

Puis elle eut comme une piqure de rappel, une révélation. Ce n'était pas la première fois qu'il l'embrassait sur un coup de tête. Qu'est-ce qui lui garantissait qu'il n'allait pas se défiler encore une fois ou agir en parfait crétin ? Rien ne pouvait lui garantir qu'il ne la mettrait pas de côté une fois de plus. Si c'était encore un de ses caprices, il risquait de le regretter. Cette constatation la blessa et sans même comprendre ce qu'elle faisait, elle le repoussa et le gifla. Il avait l'air consterné et se tenait la joue, la regardant avec stupeur.

- Qu'est-ce qui te prend ?!

- Ce qui me prend ? Je pense que j'ai parfaitement le droit d'être en colère après toi ! C'est bien beau de sortir des grands discours mais si c'est pour te défiler par la suite, je ne veux pas retomber là-dedans !

Il s'apprêtait à répondre lorsque la voix d'Harry résonna dans le couloir.

- Hermione ?

Il l'appelait et semblait se trouver à quelques mètres d'ici. Drago se rapprocha mais Hermione l'arrêta d'une main. Elle jeta un coup d'œil affolé en direction de la source du bruit puis reporta son attention sur le blond.

- Pas maintenant. Pars.

Les prunelles acier du serpentard la suppliaient mais elle détourna les yeux et partit, dans la direction opposée, rejoindre son ami. Elle ne se retourna pas, elle ne voulait pas le voir. La brulure de son baiser encore présente sur ses lèvres, elle tenta d'ignorer les élancements de son cœur. Lorsqu'enfin elle croisa Harry, elle fut soulagée de retrouver sa présence réconfortante.

- Tu as fini ici ?

Elle hocha la tête, silencieuse.

- Alors quelque chose d'intéressant ?

Se tournant afin de regarder derrière elle, elle respira un grand coup et reporta son regard sur son meilleur ami. Plantant un sourire factice sur son visage, elle lui prit le bras et répondit :

- Rien d'intéressant. Allons-y.

Tadaaaaaam. Pas de pleurs Hein !