Salut vous.

Bon, comment vous dire? C'est Soran-M, ma fidèle acolyte, qui m'as rappeler que je devais poster aujourd'hui. Loin de moi l'idée de vous oublier, juste... le temps passe trop vite. Je suis arrivée en vacances, je me vide la tête, je ris, je pense à rien, et je fais que lire, écrire et dormir. C'est plutôt pas mal, hein?

Merci d'être encore là.

Merci à Yodrey, à Flore et à LadyElle PJO pour leurs adorables reviews.

Merci à Soran pour sa compagnie des plus agréables.

Et guess what les gens. Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de la fille pour laquelle j'écris cette histoire! Alors cœur sur Sarah.

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Le silence qui régnait dans la maison Isaac était pesant, lourd.

Mais personne n'osait le briser, de peur de briser au passage l'image de la parfaite petite famille aimante. Cette pensée tira un sourire amer à Newt, et les paroles d'une chanson résonnèrent froidement dans sa tête.

Everyone thinks that we're perfect

Please don't let them look through the curtains.

C'était devenu comme ça, maintenant. Cacher la pourriture qui les rongeait, et faire comme si de rien n'était. Comme si Chris Isaac ne prenait pas le plus de gardes possible pour fuir cette maison trop grande et joyeuse sans lui, pour fuir l'amour froid entre lui et sa femme, pour fuir son incapacité à être un bon père. Newt ne se souvenait même plus du jour où tout ça avait commencé. Du jour où son géniteur avait commencé à déraper, à arrêter de s'intéresser à eux, à ne plus se lever la nuit pour Sonya, à rentrer bien trop tard, voir pas du tout. C'était arrivé comme ça, brutalement, et aucun d'eux n'avait cherché à vraiment comprendre. Peut-être qu'ils savaient, au fond, que ça finirait ainsi. Peut-être qu'ils étaient déjà brisés avant, et que Sonya n'avait été qu'une tentative désespérée de revenir en arrière. Et ça avait marché. Au début. 3 mois, ou 4, ou peut-être était-ce 2 semaines? Il n'en savait rien, il ne s'en souvenait plus. Ca avait été si rapide, si éphémère, cet instant de grâce où tous avaient été en harmonie et en amour de le nouveau bébé Isaac.

Mais Newt savait, il savait que malgré les efforts de sa mère, malgré ses yeux fermés sur les écarts de son mari, revenir en arrière était chose perdue, inespéré. Ils s'étaient enfoncés bien trop loin dans le mutisme et le silence, chacun de leur côté, chacun dans leur quotidien, dans leur boulot, pour ne serait-ce faire un pas l'un vers l'autre. Même ce dîner "en famille" n'était qu'un hasard, qu'un coup de pute du destin.

Il posa les assiettes en porcelaine sur la table, et ignora le regard de son père dans son dos. Depuis quand était-il aussi mal à l'aise en sa présence? Pourquoi fallait-il que ce soit si gênant, si dur? Alors que c'était son père, putain. Ce n'était pas normal, ce sentiment qui lui oppressait la poitrine. Il détestait ça, et en même temps, il refusait de faire un effort de plus. Parce que ce n'était pas sa faute, c'était lui qui avait merdé, qui s'était barré.

Sonya, inconsciente du malaise ambiant, posa les serviettes sur la table et demanda de sa petite voix joyeuse :

"On mange bientôt, Newt?

-Oui mon cœur. Va jouer le temps que Mum finisse.

-D'accord!"

Elle se dirigea vers le canapé, où Chris était installé, et s'assit à ses pieds, sur le tapis moelleux du salon, et entama son aventure de princesse et de dragons. Et Newt sentit son cœur se fendre en voyant l'indifférence de leur père, et l'habitude que Sonya avait prise de jouer seule. Elle avait dû demander des milliers de fois, et recevoir des milliers de "Non" pour ne plus oser poser la question…

"Honey, viens m'aider s'il-te-plaît!"

Et cette phrase, ce ton, ce moment, cette situation… Elle aurait pû, non, elle aurait s'adresser à son mari ainsi, mais ce n'était pas à lui qu'elle demande de l'aide. C'était à son fils. Son fils qui faisait tout ce que son père était incapable de faire.

"J'arrive maman."

Il se dirigea vers la cuisine, le cœur dans les talons, et sa mère lui lança un regard interrogatif.

"Qu'est-ce qu'il t'arrive?

-Ton mari.

-Oui?"

Elle ne le reprenait plus. Depuis longtemps.

"Je déteste cette situation.

-Je sais. Je sais…"

Elle lui tendit le poulet, et lui montra la table du menton.

"Allez, faisons tous un effort, c'est ton père, votre père."

Le blond ne répondit pas, et lorsqu'ils furent tous à table, il se força à sourire et à faire comme si de rien n'était. Comme si manger ne lui donnait pas envie de vomir, à cause de cette ambiance étouffante.

"Alors, Newton, nous n'avons pas trop eu l'occasion de discuter depuis ton retour. Comment c'était Londres? Et les études?"

Cet essaie de lancement de conversation fit autant de mal que de bien à Newt. Parce que si seulement Chris avait écouter ce qu'il avait raconté un après-midi où ils étaient tous réunis, il aurait su. Mais il essayait, au moins. C'était sûrement le seul effort qu'il s'autorisait.

"C'était bien. Génial.

-Tu t'es fais des amis là-bas? Petit-ami?"

Son air concerné faillit le faire tomber dans le piège, mais au fond, même si sur le coup son père semblait s'y intéresser, il aurait oublier les informations d'ici quelques heures, voir jours, s'il était de bonne humeur.

Il haussa les épaules, et malgré tout, il ne put s'empêcher de noter que Chris était toujours aussi ouvert sur son homosexualité. Quoique, il n'en avait peut-être plus rien à foutre, maintenant. C'était peut-être devenu un détail.

"J'ai eu quelqu'un, pendant quelques temps. Mais ça s'est terminé. Mais je me suis fait de bons amis. Ils me manquent."

Et le silence reprit. Aucun d'eux ne savait quoi dire, alors ce fut Sonya qui le brisa, pour raconter son histoire qu'elle avait inventé. Newt se concentra sur ça, pour ne pas penser à tout le reste, et dans un coin de sa tête, il aurait tellement voulu que Teresa soit là pour le soutenir.

Parce que ce n'est jamais facile de voir sa famille se disloquer, se séparer, sans pouvoir rien faire. On peut juste regarder, et c'est tout. C'est tout.

Il piqua un morceau de poulet, et s'obligea à l'avaler. Il n'aimait même pas ça.

Le premier sourire sincère de la soirée étira ses lèvres lorsqu'il se souvint du jour où Thomas lui avait parler de sa passion pour cette viande, presque avec des étoiles dans les yeux.

En fait, il était presque sûr de se souvenir de chaque minute qu'il avait passée avec Thomas. Et ça l'effrayait un peu. Ça l'effrayait autant que son sentiment de solitude lorsqu'il avait passée les portes de l'école seul, cet après-midi. Ça avait été le dernier jour avant le lancement officiel des grandes vacances, la dernière fois qu'il venait chercher Sonya cette année-là. Et ce qu'ils venaient de vivre, se voir tout les jours ou presque, aller chercher sa sœur, se retrouver devant la primaire, c'était finit. Terminé. Révolu. L'année prochaine, Thomas serait dans son BTS, avec son alternance, il n'aurait plus le temps, et Newt non plus. Ils n'auraient plus le temps de se voir. Et ça l'angoissait. Et s'ils se perdait de vue? Et puis merde, comment pouvait-il être devenu aussi dépendant, si vite? 3 semaines, un mois, c'était tout ce qui le séparait de sa vie sans Thomas. Ça lui paraissait une éternité, et en même temps, rien du tout.

Mais Teresa avait raison. Le temps ne faisait rien.

A part passer à une vitesse folle, il ne faisait rien.

A part s'écouler, s'échapper, s'envoler, partir, il ne faisait rien.

Et Newt savait que courir après lui n'avait aucun sens, aucun intérêt. Alors il se contentait de le laisser passer, et d'en apprécier chaque instant, pour les graver dans sa mémoire à tout jamais. Et c'est ce qu'il faisait avec ses souvenirs concernant le brun.

Parce que merde, son cœur aimait un peu trop le sourire timide et le rire franc de Thomas Edison.

Thomas Edison qui ne l'avait toujours pas tenu au courant pour son bac. Bien sûr, Newt savait qu'il l'avait obtenu, comment un garçon aussi perspicace que Thomas pourrait rater ça? Mais il se sentait un peu vexé de n'avoir aucune nouvelle.

Alors, une fois le repas du calvaire terminé, il débarrassa les plats vite fait et monta dans sa chambre, dans l'optique d'appeler le garçon.

*BIP BIP BIP*

*Bonjour, vous êtes bien sur la messagerie de Thomas, je ne peux pas vous répondre, je suis occupé à vivre ma vie!*

Son portable à la main, Newt se sentit soudainement très con, à l'entente du message enregistré.

Il vivait sa vie.

Il fêtait sûrement la réussite de son diplôme avec ses amis, sa famille. Il avait mieux à faire que de répondre à son téléphone.

Et c'était stupide, mais Newt sentit son coeur se serrer parce que, pour la première fois, il prenait conscience que si Thomas connaissait sa famille, sa vie, ses amis, sa maison, lui ne connaissais rien de tout ça à propos du brun. Il ne connaissait pas le prénom de sa mère, ni s'il avait des frères et sœurs. Il ne savait pas comment était son salon, ni s'il avait un chat, un poisson rouge, un hamster. Il ne savait pas ce qu'il mettait dans ses écouteurs lorsqu'il était de bonne humeur, ni comment s'appelait ses amis. Et ça lui mettait un poids sur le cœur, parce qu'il n'avait jamais demandé. Il avait simplement attendu que Thomas le lui dise. Que Thomas lui parle des détails de sa vie. Mais il ne l'avait jamais fait. Peut-être par pudeur, ou peut-être parce qu'il attendait que Newt pose les questions.

Il se laissa tomber sur son lit, un sentiment d'échec et d'insatisfaction sur la langue, et lorsque son portable se mit à vibrer, il voulu le laisser sonner jusqu'à être tranquille. Mais il jeta quand même un coup d'œil curieux, et quand il vit le nom de Thomas s'afficher, il décrocha.

"Thomas?"

Un rire inconnu lui répondit, et il paniqua deux secondes.

"Nop. Minho."

Minho?

"Le meilleur pote de Thomas."

Ah.

"Thomas voulait absolument te rappeler en voyant l'appel en absence mais je crois que son discours aurait été incohérent.

-Est-ce qu'il va bien?

-Mais oui, stresse pas. On est à une fête, et le gâteau de nos potes était space, si tu vois ce que je veux dire.

-Ah, je vois.

-C'est toi Newt alors.

-Oui.

-D'accord."

Un bruit se fit entendre en fond, et la voix de Thomas parvint à ses oreilles, suivie d'un :

"Pourquoi t'as mon téléphone Min? Tu parles à qui ? - A Newt. Bon, Newt, je vais raccro- Thomas arrête! Arrête ça! -Laisse moi lui parler! -T'es pas en état! -Mais si! J'veux lui dire que j'ai mon bac! -Il a entendu! T'as entendu?

-Oui.

-Il a entendu.

-Dis lui que je le rappelle demain.

-Il a dit qu'il allait venir vous voir.

-D'accord. Dis lui de faire attention.

-Ouais, ça marche. T'inquiète pas, je le surveille."

Et cette affirmation était dite sur un ton si sérieux, comme si Minho cherchait à le rassurer, que Newt le cru.

"Merci."

*BIP BIP BIP*

Il avait raccroché.

Newt reposa son portable.

2 minutes à peine s'étaient écoulées.

Et il sentait chamboulé. Perturbé.

Thomas avait parlé de lui à son meilleure ami.

Thomas était à une fête.

Thomas mangeait du gâteau au cannabis.

Et pendant ce temps-là, lui il s'inquiétait de ne pas avoir eu de nouvelles avant. Il savait que les résultats avaient été le matin, alors pourquoi Thomas ne lui avait-il pas dit?

Puis merde, il avait très bien le droit d'avoir oublié. Il avait dû être content, rassuré, il avait dû être embarqué dans la foule et l'euphorie.

Mais malgré ça, malgré qu'il tente par tout les moyens de relativiser, il se sentait désagréablement et définitivement vexé.

Et il détestait sentir que ça le touchait autant.

Que Thomas le touchait autant.

Merde.

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"Eh, les gars, regardez, un revenant!

-Waaah, Thomas Edison nous fait l'honneur de sa présence!

-Oh, merde, j'avais presque oublié ta tête de con, Edison!"

Thomas leva les yeux au ciel, et laissa son meilleur ami lui taper dans le bras.

"Comment ça va? T'étais mort ou quoi?"

Il haussa les épaules, et Frypan lui sourit.

"Il s'est peut-être fait une petite-amie!

-Ouais, regardez sa tête!

-Mais laisser ma tête tranquille!"

Winston, alias Pak-Pak, éclata de rire.

"C'est ça les mecs!

-Mais non!

-Mais si!"

Mais c'était peine perdue, maintenant qu'ils avaient l'idée en tête, pour leur faire lâcher, c'était mort.

Le brun checka ses amis, et laissa Minho le bousculer en le charriant, avant qu'ils ne se laissent tomber sur un banc. Il s'assit sur le dossier avec l'asiatique, et Frypan ainsi que Winston se posèrent normalement. C'était leur disposition habituelle, et ce depuis des années. Il faut dire qu'ils traînaient ensemble depuis un certain temps maintenant, suffisamment pour avoir des habitudes récurrentes, du genre de celles qui sont instinctives. Aucun d'eux n'avaient besoin de réfléchir à où il allait s'asseoir, que ce soit sur un banc ou autour d'une table. Ils se posaient toujours pareil. C'était toujours Thomas à côté de Minho, toujours. Peut-être parce qu'aucun d'eux n'imaginait sa vie sans l'autre, bien qu'ils ne se le disent pas. Ils ne se disaient jamais ce genre de chose, c'était pour les filles, ça. Ou les fragiles.

C'était ce que Thomas pensait, avant. Il pensait que les mecs, les vrais mecs, ne se disaient pas leurs sentiments, leur amour. Puis, il avait rencontré Newt, et tellement de choses avaient changés. Sa vision du monde, de l'amitié, de la famille. C'était comme si le garçon blond s'était insinué dans ses veines, dans son cerveau, et avait tout chambouler pour lui montrer comme sa conception du monde entier était mauvaise. Et il avait l'impression très perturbante d'avoir eu une sorte de révélation, et de s'être ouvert, brutalement, à des milliards de détails qui lui avait semblé insignifiants. Comme les yeux de Minho, qui disparaissaient quand il riait, juste quelques secondes. Ou la main amicale de Frypan, posée sur son genou ou son épaule. Ou les jambes de Winston, qui tressautaient quand il parlait. Comment avait-il pu passer à côté de tout ça, pendant des années? Ne pas remarquer comme une fusion les liait? Il avait toujours vu le groupe comme un groupe, évidemment, mais il s'était toujours dit qu'il était bien plus proche de Minho que des autres. Et il se rendait compte que c'était lui même qui s'était enfermé dans cette croyance, et en parallèle, qui s'était fermé aux autres.

Et ça le faisait chier de réaliser qu'il aurait pu faire pleins de choses s'il avait compris ça avant. Mais non, il lui avait fallu Newt, pour comprendre. Newt, qui n'avait rien fait de plus que déteindre sur lui, et presque trop.

"Thomas! On y va?

-Ouais, ouais!"

Ils se levèrent d'un bel ensemble, et pendant quelques secondes, les images du samedi avec Teresa, Brenda, Newt et Alby se superposèrent à la réalité. Pendant toute l'après-midi, il s'était dit "si seulement je connaissais cette fusion moi aussi", et ce n'était que maintenant qu'il comprenait qu'il l'avait, cette fusion. Ils l'avaient tous. Il avait juste été trop bête pour le voir et le ressentir avant. Il avait été trop bête pour voir qu'en 5 années d'amitié, ils avaient eu plus que le temps de créer cette unification, ce lien entre eux.

Il se souvint de sa rencontre avec Frypan, un midi, à la cantine. Tout les deux seuls à une table, ils avaient finis par discuter à propos de la bouffe ignoble du self, et c'était comme ça que Thomas avait apprit que le père de son camarade tenait un restaurant, et que Fry allait le reprendre quand il serait grand. Et aujourd'hui, il allait enfin travailler officiellement là-bas. Il avait fait un bac stmg pour apprendre la gestion, et il était à deux doigts de valider son projet.

Il se souvint de sa rencontre avec Winston. Ami de Frypan, matheux solitaire, il avait pour rêve de devenir biologiste. Il s'était bien entendu avec Minho, et bien que Thomas avait eu du mal à comprendre son charabia sur la chimie, il avait finit par l'apprécier. La timidité l'avait empêché longtemps de se faire des amis, mais au contact de l'asiatique extraverti et du brun joyeux, il s'était ouvert, comme une fleur qui éclot, et maintenant, il en était là. A le pousser pour passer avant lui, et a draguer des filles dans les bars.

Il se souvint de sa rencontre avec Minho. En fait, non, il ne s'en souvenait pas. C'était il y avait si longtemps, et en même temps, c'était hier. Maternelle, première année, petite section. Trop jeune pour avoir le moindre souvenir, et pourtant, ils étaient déjà trop âgées pour la classe. Tout les deux 4 ans, soit une année de trop. Ils étaient devenus amis vite, d'après leur parents, et 1 mois après la rentrée, ils étaient déjà inséparables. Et personne n'aurait pensé que 15 ans après, ce serait exactement la même chose. Minho n'était pas son meilleur ami, non, c'était son frère. Après tout ce qu'ils avaient vécus et traversés ensembles, c'était plus qu'un ami. Après que Minho soit présent dans ses premiers souvenirs, et il savait que c'était réciproque, c'était bien plus qu'un simple ami. Ils avaient grandis ensemble, parfois séparés par une classe mais ils étaient restés comme les deux doigts de la main.

"Thomaaaas!"

L'asiatique lui donna un coup d'épaule.

"Dans dix minutes on saura mec. Si tout ce qu'on a fait n'était pas pour rien.

-Je flippe.

-Même moi. Si on l'a pas, on peut dire adieu à la fac, et au bts pour toi.

-Rach' va me tuer si je le loupe."

Minho éclata de rire.

"Toujours son caractère de cochon?

-Ouais, toujours. Même ma mère sera moins déçue qu'elle."

Et pendant que Minho parlait des châtiments qu'il subirait s'il ne l'avait pas, et que Winston et Frypan énuméraient les notes qu'ils pensaient avoir, Thomas voulu se gifler d'avoir un pincement au cœur en réalisant que Newt, le garçon qui lui avait fait ouvrir les yeux, ne connaissait pas sa mère et ne savait pas qu'il avait une sœur. A quel moment il avait merdé à ce point?

"Thomas?"

Le ton sérieux de son meilleur ami et son interruption dans son monologue le surprit, et il redressa la tête.

"Oui?

-En vrai, avec qui tu étais ces dernières semaines?"

Et là, tout de suite maintenant, il sut qu'il devait parler de Newt. C'était le moment, le moment où jamais. Un des seuls moments où Minho n'allait pas se moquer de lui, parce qu'il voulait savoir, savoir avec qui son meilleur ami avait été au lieu de sortir s'amuser avec eux.

"Newt.

-Newt."

Il avait répété le prénom, comme une fatalité. Et peut-être un peu de désarroi. Parce qu'il ne savait pas qui était Newt.

"Ouais, Newt.

-C'est qui?

-Un gars.

-J'avais deviné, je crois. Mais tu le connais d'où ce mec?

-C'est le frère de Sonya.

-Elle avait un frère tout ce temps?

-Visiblement.

-Alors pourquoi t'as servi de larbin pendant deux ans?

-J'ai pas servi de larbin!

-Ouais, comme tu veux. C'était pas ça la question.

-Il était pas en France. Il était à Londres. Pour ses études.

-Mais pourquoi tu traînes avec lui?"

Il avait froncé les sourcils, comme s'il ne parvenait pas à comprendre. Et c'était sûrement le cas. Parce que ça n'avait aucun sens, et Thomas s'en rendait soudainement compte. Lui, qui se mettait à passer des heures entières avec un mec qu'il ne connaissait pas il y avait un mois?

"Je… je sais pas. Je l'aime bien. Et il m'aime bien aussi, je crois.

-Tu crois? Thomas, arrête les insinuations. Tu me sors que tu as passé 3 semaines avec un gars qu'on connaît même pas, comme si c'était normal! Pourquoi tu m'as pas parlé de lui?

-J'ai rencontré ses amis.

-Thomas!"

Son ton était indigné à présent.

"Quoi? Il est pas comme nous, Minho! Il est… différent. Je crois pas que vous l'aimeriez.

-Dis tout de suite que tu veux pas partager ton mec.

-Mais c'est pas mon mec, bordel!

-Mais tu craques pour lui.

-Mais n'importe quoi! Qu'est-ce que vous avez tous avec ça?

-Je suis pas le seul à le dire?"

Et merde.

"...

-Thomas.

-Rachel aussi.

-Même ta sœur jumelle pense ça! Tu crois pas qu'on te connaît assez pour savoir quand tu crush sur quelqu'un?

-Ça n'a rien à voir. Pourquoi je flasherais sur un gars?

-Pourquoi pas?"

Putain.

Pourquoi pas? Mais parce qu'il n'était pas putain de gay!

"Je t'entends penser des trucs de merde d'ici, tu sais.

-Pourquoi tout le monde semble penser que y'a pas de soucis à ça? Comme si c'était normal de … crusher sur un gars alors que j'ai toujours aimé les filles!

-Parce que y'en a pas. Et parce que c'est toi.

-Quoi, moi?

-T'es le mec le moins stable émotionnellement que je connaisse. Sans vouloir te vexer. Combien de copine t'as gardé plus de 2 semaines? Aucune. Combien de fois t'as eu envie d'arrêter de sortir avec des filles? Des milliards de fois. Combien de fois tu nous a sortit qu'on était cons de fermer les yeux quand des gays s'embrassaient dans la rue? Pareil, beaucoup de fois.

-C'est pas pareil! Tu confonds tout.

-Non. Tu veux juste pas admettre que t'avais un terrain favorable à ça. La bisexualité."

Et ça le faisait chier. Parce que Minho le connaissait très -trop- bien, et que Thomas était forcé d'admettre qu'il avait peut-être un petit peu raison. Peut-être, et un tout petit peu.

"C'était les autres…"

Sa voix faiblissait, comme ses arguments, qui devenaient, il le savait, de plus en plus débiles.

"C'était pas … c'était pas moi.

-Je vois pas ce que ça changes. Si t'accepte les autres, pourquoi tu t'accepte pas toi?"

Et c'était sûrement le truc le plus censé que Minho n'ai jamais dit.

Et ce truc censé résonna en Thomas, comme une timbale frappée trop fort.

"Promet moi d'y réfléchir, ok?"

Et qu'aurait-il pu faire d'autre qu'hocher la tête? Parce que oui, il allait y réfléchir.

Il était grand temps de se pencher sur la question.

"Les gars, les panneaux sont en train d'être retournés!"

Frypan déboula dans leur champ de vision, et l'ambiance presque tendue qui s'était installée entre eux explosa, et Winston leur cria, déjà plus loin :

"VOUS VENEZ OU QUOI?

-OUAIS!"

Minho attrapa le bras de Thomas, et ils se dirigèrent tout les quatres vers les grandes affiches, où des têtes connues ou non se poussaient déjà. Ils furent séparés quelques minutes, et lorsque Thomas parvint à lire son nom sur une des feuilles, suivit du mot ADMIS et MENTION BIEN, il oublia tout le reste. Il oublia ses inquiétudes, ses questionnements, ses peurs. Il oublia les cris, les pleurs et les bousculades environnantes.

Ce n'était que le début, que le commencement, mais il avait réussis le départ, et c'était le principal. Il n'avait plus qu'à tracer jusqu'au bout, maintenant.

Et avec Newt à ses côtés, avec Minho, avec sa soeur, il ne pouvait pas rêver mieux.

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Voilà. J'espère que vous avez aimer.

A bientôt mes amours.