Voilà un petit chapitre où les choses avancent entre Charlie et Hermione, de quoi vous faire patienter pour les grandes révélations qui s'en viennent ;)

Pardonnez-moi d'avance pour la guimauve qui suit ^^

Bonne lecture :)


C'était un petit homme, courbé en deux et appuyé sur un bâton de bois. Lorsqu'il se rapprocha les deux résistants découvrirent un visage buriné par la vie et les épreuves, des tâches de vieillesse avaient envahies la main qui serrait sa canne de fortune. Il avait prononcé ces mots tout doucement, sa voix éraillée les avait sortie en murmurant. Encore sous le choc du spectacle qui s'offrait à eux ils n'avaient pas eu le réflexe de brandir leur baguette, mais sans pouvoir dire pourquoi il leur suffit d'un regard pour savoir qu'ils n'avaient rien à craindre du vieil homme. Ils restèrent un moment encore à le regarder lorsque le paysan reposa sa question. Ils acquiescèrent alors doucement puis le vieil homme leur fit signe de le suivre. Après s'être relevé Bill aida Hermione à en faire de même, ils croisèrent leur regard pour s'assurer que tout deux étaient d'accord de le suivre. Ils marchèrent aux côtés du vieillard à travers les champs et après avoir traversé le petit chemin de terre ils aperçurent une centaine de mètres plus loin une petite maison avec des fenêtres éclairées et de la fumée qui devait sortir d'une cheminée. Le vieil homme les conduisit sur un petit chemin de caillou qui conduisait à l'entrée de la maisonnette, de chaque côté des plans d'hortensias commençaient à fleurir, il ouvrit doucement la porte et invita les membres à entrer avant de s'engouffrer à son tour dans la chaleur réconfortante de son foyer.

-Caroline, appela-t'il, j'ai ramené leurs amis. Une femme âgée apparue alors dans l'encadrement d'une porte, elle portait un tablier de cuisine sur une robe très modeste, reprisée à quelques endroits. Elle transperça les nouveaux arrivants de ses prunelles puis elle parut se radoucir et les convia dans la pièce qu'elle occupait. Ils arrivèrent dans la cuisine de la maison, de l'eau bouillait sur une antique cuisinière et une table en bois brut trônait au milieu. Trois des quatre chaises étaient déjà occupées par des hommes enveloppés dans des couvertures.

-Deddalus, Sturgis, Amos! Grâce au ciel vous êtes en vie.

-Où est Charlie, interrompit Hermione. Bill scruta la pièce et l'inquiétude envahit son visage à nouveau.

-Le quatrième se repose dans la chambre. Il est pas mal amoché, répondit la femme du vieil homme. Celui-ci accompagna directement le roux au chevet de son frère.

-Il n'a rien de grave? demanda la brune anxieuse.

-Non, non, quelques contusions. Apparemment il s'est battu à mains nus avec ces mangemorts.

Pendant que Bill s'assurait de l'état de santé de son frère, les trois hommes informèrent Hermione de ce qui s'était passé cette nuit là. Ils lui expliquèrent le guet-apens dans lequel ils étaient tombés, comment Charlie s'était rué sur Lestrange qui l'avait par la suite soumis au sortilège Doloris pendant de longues minutes. Ils lui racontèrent l'exécution des déportés dont ils avaient été témoins, un par un avaient été alignés sur les bords de la route et un par un avaient subi l'Avada Kedavra. Et puis il y a eu l'apparition presque miraculeuse de ce vieux sorcier qui réussi à détourner l'attention des mangemorts suffisamment longtemps afin de permettre à Sturgis Podmore d'attaquer le mangemort qui détenait leur baguette. Le vieillard les avait immédiatement fait transplaner jusque chez lui en attrapant au passage Charlie qui était resté prostré au sol depuis la séance de Doloris. Pendant leur récit Bill était revenu, s'était accoudé au comptoir de la cuisine et les écouta en silence.

-Vous ne savez pas ce qu'est devenue la seconde équipe censée vous relayer? demanda Hermione.

-Non ils n'en ont pas parlé. Je présume qu'il ne doit pas en rester grand chose.

-Il faut que l'on vous ramène en lieu sûr, intervint Bill. Hermione ça te dérangerait de rester ici avec Charlie, il est trop faible pour transplaner, Sturgis, Deddalus, Amos et moi allons retrouver le quartier général et nous réfléchirons à un moyen de le déplacer.

-Il peut rester ici autant de temps qu'il en a besoin il ne nous gêne pas vous savez. Nous sommes heureux de pouvoir aider à notre manière la résistance. Bill sourit tristement aux propos du vieillard.

-C'est très gentil à vous mais il va falloir que l'on vous emmène dans un endroit sûr également. L'équipe de Vous-savez-qui ne tarderont pas à retrouver votre trace.

-Abandonner ma maison? Certainement pas! s'offusqua Caroline.

-Hélas vous n'avez pas beaucoup de choix maintenant. En nous venant en aide vous figurez sur leur liste noire dorénavant, répondit tristement Deddalus. Le vieux couple se regarda et hochèrent la tête signe qu'ils abdiquaient et les suivraient.

-Bien. Vous allez rester ici avec Hermione et Charlie, vous nous suivrez lorsque je reviendrai. Allons-y maintenant, j'aimerai qu'on en finisse avant que le jour se lève.

A ces mots la petite bande de l'Ordre se leva et suivirent le roux dans le petit corridor. Lorsqu'il pénétra dans la nuit fraîche il se tourna vers la maison et prononça quelques incantations pour renforcer la sécurité de la maison afin qu'ils soient tranquilles jusqu'à ce qu'il revienne. Les trois hommes remercièrent chaleureusement leurs sauveurs et firent un même mouvement avec leur baguette. Une seconde plus tard ils ne virent plus que la nuit devant eux.

**

Elle se tenait devant la fenêtre de la petite chambre à l'étage. Les mus étaient encombrés de photos représentant des enfants à différents âges souriant, grimaçant ou faisant la moue, un portrait de mariage trônait sur la table de chevet. Charlie ouvrit les yeux alors que la jeune fille contemplait le couple beaucoup plus jeune faire des coucous et de grands sourires à l'objectif, le jeune homme prenait sa femme dans ses bras et la faisait tournoyer dans les airs. Ils avaient vraiment l'air heureux.

-Nous aussi nous serons heureux lorsque ce jour arrivera. Nous afficherons les mêmes visages joyeux et riront aux éclats en compagnie de notre famille et de nos amis.

-Oh Charlie excuse-moi, je ne voulais pas te réveiller. Tu as besoin de repos. Elle esquissa quelques pas vers la sortie mais Charlie continua:

-Tu sais lorsque j'y pense, je m'imagine de petites noces avec seulement les amis intimes et la famille, dans un champs par une journée ensoleillée. Les enfants de mes frères courraient partout, le vin coulerait à flot, je porterai un costume noir avec une cravate que j'aurai emprunté à mon père et je t'attendrai devant un autel improvisé. Et tu arriverais dans une robe très simple, blanche évidemment, tes cheveux indomptables suivraient la cadence de tes pas, tes mains serreraient un bouquet de tulipes jaunes, les pieds nus tu glisserais vers moi avec ce si beau sourire qu'avant tu t'autorisais.

-Charlie... soupira Hermione.

-Arrivée à ma hauteur ton père te donnerait un baiser avant de te remettre entre mes mains. Pas un seul instant durant la cérémonie nous ne nous quitterions des yeux. Lorsque le moment de prononcer les voeux sera venu tu me feras une déclaration pleines de promesses que je saurai que tu tiendrais et je penserais alors que c'est véritablement le plus beau jour de ma vie.

-Charlie je t'en prie arrête. Hermione s'était tournée vers le mur pour cacher les larmes qui embuaient ses yeux. Charlie tu sais...

-Oui à une autre époque, dans un autre lieu. Si tu n'étais pas toi et si je n'étais pas moi... Je sais Hermione. Charlie se laissa tomber sur ses oreillers et regarda le plafond. Doucement la brune s'approcha du lit, s'assit sur le bord des couvertures et prit la main du passionné de dragons.

-A une autre époque. A une autre place. Si je n'étais pas moi et si tu n'étais pas toi ce que tu dis serait déjà arrivé depuis longtemps. Et je le regrette Charlie. Crois-moi je le regrette. Elle enfoui son visage dans les grosses mains rugueuses du roux, celui-ci en dégagea une et caressa doucement ses cheveux.

-Je t'ai dit il y a trois ans que je t'attendrais. C'est toujours vrai. Je sais qu'un jour tout cela sera fini, nous allons gagner la guerre, nous allons faire le deuil de nos familles, de nos amis et nous pourrons enfin commencer à vivre.

-Parfois je me dis que j'aurai du partir avec toi il y a trois ans lorsque tu me l'as demandé. Parfois je m'imagine aussi la vie que nous pourrions vivre loin de tout ça.

-Tu ne serais pas Hermione Granger si tu t'étais enfuie en abandonnant l'humanité à son sort. C'est ce que j'exècre le plus chez toi et c'est également ce que je chéris le plus. Il embrassa son front et essuya ses larmes. Il ne faut pas pleurer sur nous Hermione, nous avons une belle histoire qui nous attend. Après la destruction, la haine et la mort nous connaîtrons enfin le bonheur.

-Comment peux-tu être si sûr de cela Charlie?

-Parce que toutes les histoires se terminent bien.

-Et si elle se terminait bien mais pour l'autre camps?

-Alors je porterai plainte contre tous les auteurs des contes de fée que ma mère lisait à ma soeur, il éclata de son grand rire si chaleureux mais grimaça sous la douleur que lui infligeait ses côtes endolories. Hermione le força à se recoucher sur ses oreillers, ramena les couvertures sur lui, lissa les plis des draps qui l'enveloppaient et caressa ses mains.

-Raconte-moi encore comment se déroulera le jour de notre mariage, lui demanda-t'elle alors qu'elle s'allongeait à ses côtés et posait sa tête au creux de son épaule.

**

-Maintenant au moins nous sommes sûrs qu'il y a une taupe parmis nous. Malefoy ne sait rien de la seconde équipe?

-Non, il ne nous a pas encore contacté. Bill, Kingsley et Rémus se trouvaient au quartier général ils venaient d'écouter Bill relater ce qui s'était passé cette nuit comme il l'avait lui-même écouté quelques instants plus tôt.

-Nous allons devoir renforcer la confidentialité de nos propres informateurs, réduire le nombre de personnes présentes lors des rapports qu'ils nous en feront. Nous devrons également cesser de tenter de recruter du monde. L'aîné des Weasley et le loup-garou hochèrent la tête. Cela ne s'avérera pas facile de réduire encore d'avantage le cercle de l'Ordre. Il faut absolument que nous parlions à Potter; il faut que nous retrouvions ces Horcruxes. Il faut en finir maintenant, le temps presse. Je ne sais pas qui peut bien nous avoir trahis mais il doit savoir encore bien des choses et il ne gardera pas la bouche fermée si vous-savez-qui a réussi à le ou la faire parler déjà. Shacklebolt se leva et enfila sa cape de voyage. Je vais tester la température au ministère et tenter d'entrer en contact avec Drago afin de l'informer de la situation. Peut-être pourra-t'il en apprendre d'avantage que nous.

Il quitta la pièce l'air épuisé et transplana devant la cabine téléphonique du ministère. Tous les employés qui ne faisaient pas partie de l'élite de Voldemort se voyaient contraints dorénavant d'utiliser l'entrée des visiteurs. Le grand sorcier noir avait perdu sa place en tant que chef des aurors, il travaillait dans le département des jeux et compétitions sportives magiques. Il organisait les jeux cruels que les mangemorts appréciaient, des jeux qui souvent impliquaient des moldus pris dans une rafle qui devaient se battre à mains nus ou alors avec des armes auparavant sélectionnées par ces gros lourdeaux assoiffés de sang et de mort. A cette heure-ci l'atrium était encore désert, des notes de papiers voletaient près des ascenseurs et le gardien de nuit somnolait sur sa chaise. Kingsley appuya sur le bouton pour descendre, les portes s'ouvrirent instantanément alors il s'engouffra dans la cabine étroite avec les quelques notes. Il sélectionna le 6ème sous-sol, les trois premiers étant destinés aux figures les plus importantes du ministère. L'ascenseur se stoppa au second sous-sol et lorsque ses portes s'ouvrirent elle laissèrent apparaître un Malefoy très pâle et épuisé.